L’expérience irremplaçable des soins palliatifs : témoignage de Nicole Quinsat
Être en lien est un besoin humain universel et intemporel, c’est l’expérience que Nicole Quinsat, présidente d’une association d’accompagnement bénévole en soins palliatifs est venue confirmer lors de l’Université de la vie 2025, sur le thème « Être humain, et le rester demain », lors de la première séquence « Être en lien ».
Nicole Quinsat est présidente de l’association « Être-là » (Puy-de-Dôme) et réalise elle-même depuis de nombreuses années des accompagnements auprès de personnes en fin de vie, aussi bien à domicile, qu’en EHPAD et en milieu hospitalier. Passionnée par l’être humain, elle attache beaucoup d’importance à une vision pluridisciplinaire de l’accompagnement de la personne. Ainsi, pour les formations continues qu’elle met en place pour les bénévoles, elle n’hésite pas à faire appel à des professionnels de différents domaines : des philosophes, psychologues, sociologues, divers professionnels de santé…
Les soins palliatifs, c’est tout ce qu’il reste à faire (pour accompagner) quand il n’y a plus rien à faire (pour guérir). Ce sont des soins actifs, prodigués au rythme du patient, en institution ou à domicile, dans une approche globale de la personne. L’objectif est de soulager les douleurs physiques, mais aussi de prendre en compte la souffrance psychique, sociale et spirituelle, dans le respect de la dignité de la personne soignée. Les soins palliatifs accompagnent également les proches et les aidants de la personne malade. Ils permettent d’améliorer le confort et la qualité de vie des patients et de leurs proches, jusqu’au décès. Ils cherchent à éviter les investigations et les traitements déraisonnables et se refusent à provoquer intentionnellement la mort. Selon cette approche, le patient est considéré comme un être vivant et la mort comme un processus naturel.
De par ses nombreuses expériences et rencontres personnelles avec des personnes sur le point de mourir, Nicole témoigne des méfaits de l’isolement. La solitude est un mal qui peut ronger le malade, ses aidants, les personnes endeuillées et même les bénévoles. La solitude d’un malade peut être affective, mais aussi sociale : quand il est en fin de vie, il ne perd pas seulement la santé, mais aussi son rôle et ses responsabilités, au sein de sa famille et de la société. Il peut voir alors son sentiment d’utilité et d’appartenance s’effondrer. C’est pourquoi il est si important de prendre soin de cette période particulière que la plupart des personnes auront à vivre, un jour.
La qualité de nos relations humaines donne sens à la vie et même à la fin de vie.
Pour cette accompagnatrice,
« la qualité de nos relations humaines donne sens à la vie et même à la fin de vie. L’humanité de la fin de vie c’est être présent, vraiment, pour permettre au malade de parler, de se sentir écouté et pour qu’il continue à se sentir vivant et comme appartenant à « un tout » jusqu’au bout de son chemin. La relation avec le bénévole produit une interaction d’égal à égal : le malade n’est plus un malade visité mais une personne à part entière, dont l’histoire compte ».
Un cercle vertueux, favorable pour toute la société
Le développement de la culture palliative est un impératif de progrès et d’humanisation de notre société. Le bénévolat en accompagnement engendre un cercle vertueux : en apaisant le malade, on apaise et rassure aussi les proches ainsi que les soignants qui souvent souffrent de ne pas pouvoir accorder assez de temps au malade. Cette humanité de fin de vie peut et doit s’appliquer à tout le monde, en tous lieux. Et Nicole Quinsat de conclure : « il nous appartient à tous de favoriser les liens concrets pour étendre le maillage de notre humanité et rester humain, aujourd’hui comme demain ».
Pour aller plus loin :
DOSSIER – Soins palliatifs https://www.alliancevita.org/fin-de-vie-dependance/soins-palliatifs/
Etre là, association
Décryptage de la proposition de loi relative à l’accompagnement et aux soins palliatifs votée à l’unanimité en première lecture le 27 mai 2025.