09-03-2016

La différence homme-femme n’est-elle qu’affaire de sexe ?


Benoît Dacre-Wright

Hommes et femmes, sommes-nous si différents ? Et d’où viennent nos différences ? De l’existentialisme de Simone de Beauvoir à la théorie du genre de Judith Butler, et jusqu’au combat pour l’égalité entre garçons et filles de Najat Vallaud-Belkacem, se répand l’idée qu’elles seraient surtout le résultat d’un conditionnement culturel, pire même, un asservissement sournois de la femme à un patriarcat séculaire. A l’appui de cette thèse, il faut bien constater de nombreuses injustices faites aux femmes, et qu’il faut savoir dénoncer. Il est juste de revendiquer que les femmes soient respectées, mais faut-il les respecter à l’identique des hommes, ou en reconnaissant leurs différences ? La justice sera-t-elle de reconnaître les mêmes aspirations et aptitudes aux hommes et aux femmes, ou de leur reconnaître des aspirations et des talents spécifiques ?

Et d’abord, pourquoi serions-nous si différents ? Ce qui distingue l’homme et la femme c’est leurs sexes différents en raison de la reproduction sexuée. Un détail morphologique et biologique sans conséquence sociale ? La complémentarité sexuelle est essentielle à la conception, la gestation et la naissance des enfants. Mais l’histoire de l’enfant ne s’arrête pas à sa naissance, elle ne fait alors que commencer. Et les parents le savent bien, pour faire un homme, une femme, il faut à l’enfant des années d’éducation, de lent apprentissage. Et ainsi, le rôle du père et de la mère ne s’arrêtent pas au sevrage de l’enfant.

Les penseurs de l’éducation nationale considèrent bien souvent que l’entrée à l’école devrait marquer le début d’un apprentissage de la vie citoyenne, service public fondateur de notre cohésion sociale, dont une des missions serait d’affranchir l’enfant de ses conditionnements familiaux trop rétrogrades. A tel point que les enseignants se montrent ombrageux lorsque les parents revendiquent leur rôle de premier éducateur, et s’intéressent au contenu pédagogique des enseignements. Mais dans la pratique, l’école se retourne bien vite vers les parents, jugés défaillants, lorsque le comportement de l’enfant révèle un mal-être, que ce soit par l’agressivité, les tendances dépressives voire suicidaires, l’indiscipline ou même le décrochage scolaire.

Oui, le père et la mère continuent d’avoir un rôle essentiel à jouer dans l’éducation de l’enfant, jusqu’à son accession à l’âge adulte. Dans ces conditions, dans la logique même de la reproduction sexuée, pourquoi les rôles du père et de la mère devraient-ils être identiques, indifférenciés ? De fait, qu’attend-on d’un père, qu’attend-on d’une mère ? Et si la nature a inscrit en nous des différences pour la conception, n’a-t-elle pas fait de même pour l’éducation, tant du point de vue physique que psychique ? Et si les rôles de père et de mère sont en partie transmis aussi par notre culture, osons le dire : quoi de plus naturel ? Il nous faut sans doute redécouvrir ces rôles fondamentaux de père et de mère pour comprendre ce qui fonde la différence entre l’homme et la femme.