Mariage homosexuel : vendredi noir ou rose

 Tugdual Derville
Délégué général d’Alliance VITA

Deux décisions juridiques, révélées le même jour, confirment le « basculement de civilisation » auguré par la loi Taubira. La société française est fracturée selon deux conceptions antinomiques des droits de l’homme. (suite…)

Miele : une compassion à deux vitesses ?

Le film « Miele » aborde le sujet de l’euthanasie du point de vue de l’ange de la mort. Beaucoup de critiques estiment que le sujet est abordé avec délicatesse, sans parti-pris idéologique et sans chercher à répondre à la question éthique de l’euthanasie. L’itinéraire d’Irène, qui remet en question sa pratique des euthanasies clandestines suite à une rencontre, est effectivement émouvant.
Le traitement du sujet suscite pourtant deux questions. Tout d’abord, en mettant en scène un ange de la mort en pleine action, ce film, délibérément ou malgré lui, ne contribue-t-il pas à banaliser cet acte, ses motivations, et à faire entrer son principe dans la normalité, comme un aboutissement inéluctable des situations dramatiques qui sont présentées ? Mais surtout, Irène ne change son approche de la fin de vie que face à la demande de suicide d’un bien-portant. Pourquoi le bien portant mérite-t-il qu’on le détourne du suicide, et pas la personne malade, vieille ou handicapée ? Quelle est donc cette hiérarchie dans la compassion ?
Rappelons-nous que toute personne, quel que soit son état, est fondamentalement digne que l’on prenne soin d’elle, et mérite que l’on mette tout en œuvre pour que sa vie ne soit jamais ressentie comme un fardeau.

Mariage pour tous : la conscience prime-t-elle sur la loi ?

Mariage pour tous : la conscience prime-t-elle sur la loi ?

Interview de Tugdual Derville, délégué général d’Alliance Vita et porte-parole du Collectif « La manif pour tous »

« Oui, la conscience personnelle devrait primer sur la loi d’autant plus que les maires ne sont pas des fonctionnaires « comme les autres ». Ils sont élus au suffrage universel sur un programme, sur une profession de foi et des convictions. Et le Président de la République ne s’est pas trompé, François Hollande, le 20 novembre 2012, avait bien indiqué aux maires que la loi s’appliquerait à tous, néanmoins dans le respect de leur liberté de conscience. Et il avait du, peut être se dédire le surlendemain en étant sous la pression du lobby LGTB. On voit bien que c’est un sujet très délicat et que si on force les élus du peuple à abdiquer leur conscience dans ce genre de circonstances, alors il faudrait aussi le faire pour toutes les professions comme les journalistes qui ont aussi cette liberté de conscience par exemple et pas seulement les professions médicales.

Il faut voir que les maires sont aussi des situations extrêmement inconfortables, ils sont menacés de prison ferme, de 75.000 euro d’amende. Le maire d’Archange qui a subi des pressions considérables du préfet a été menacé d’une astreinte de 1000 euro par jour etc. Donc il y a une pression considérable qui, je crois, provoque à un moment donné un réveil des consciences parce qu’on ne peut pas se laisser enfermer dans un refus de la liberté de penser, la liberté de conscience sur des éléments aussi intimes, aussi profonds que ceux qui nous ont mobilisés pendant une année. »

Que répondez-vous aux partisans de la loi qui affirment qu’instaurer une clause de conscience pour les maires risquerait de porter atteinte à l’égalité des citoyens, principe fondamental de la République et de voir le risque de créer deux catégories de mariage ?

« Alors, c’est vrai que pour nous qui étions et demeurons opposés au mariage entre personnes de même sexe, ce mot mariage désormais a des guillemets puisqu’on a changé le sens même du mot. Le mariage c’est normalement marier des personnes qui sont différentes, qui sont de sexe complémentaire. Et c’est la tout le sens, en France en particulier, avec la filiation qui est attachée

au mariage, le droit-la possibilité d’adopter des enfants. Donc effectivement le mot a été complètement changé mais ca n’a pas rendu pour autant équivalent des personnes de sexe complémentaire avec des personnes de même sexe notamment dans le domaine de la capacité de procréation parce que ca ne dépend pas du droit. Ca dépend de l’essence même de l’humanité. Lionel Jospin a dit lui-même qu’elle était faite non pas d’homosexuels et d’hétérosexuels mais d’hommes et de femmes. Et c’est vrai que de ce fait, la question de l’égalité est complètement biaisée. Alors plus précisément, sur le plan juridique, on le sait bien, si un maire refuse ce type de mariage parce que c’est contraire à sa conscience profonde, à la loi inscrite au plus profond de sa conscience, à ce moment-là il y a la possibilité de déléguer à un adjoint ou de demander au préfet de trouver un autre maire. Et de ce point de vue il n’y a pas d’empêchement de célébrer ces mariages qui pour autant ont changé considérablement le sens du mot mariage dans notre pays. »

Vous affichez votre détermination. Sous quelle forme est-ce qu’elle va se concrétiser dans un futur proche ?

« Il y a peut être deux niveaux de réponse à votre question sur la détermination puisque d’abord les maires vont continuer de se mobiliser. Il y en a 400 qui ont envoyé des mémoires au Conseil Constitutionnel pour demander que leur liberté de conscience soit validée. Et pour ce qui concerne le mouvement social en lui-même, il est foisonnant, il y a des veilleurs qui se sont développés et même à l’Alliance Vita on continue à être très mobilisé sur le sujet de la procréation médicalement assistée pour laquelle il y a une très forte pression du lobby LGTB qui considère que cette loi est une loi de demi-mesure. Ils commencent à dire leur mécontentement de voir que la procréation artificielle n’a pas été un droit accordé par la loi. Ensuite il y a la gestation pour autrui, les mères porteuses. Et on voit, c’est tout un système de dominos qu’ils tentent de faire avancer pour casser finalement le mariage. Il y a même des penseurs éminents, promoteurs de ce mariage entre personnes de même sexe qui ont demandé que l’obligation de fidélité soit supprimée. Et d’autres que l’obligation d’être deux et non pas trois ou quatre, soit également supprimée. On le voit, c’est une déconstruction très grave de la famille, de l’écosystème de base dans lequel l’enfant a besoin de se retrouver pour pouvoir s’épanouir avec des repères solides. C’est cette déconstruction qui est en marche et ça, ce n’est pas demain qu’on va baisser les bras pour essayer de promouvoir une société où le plus vulnérable enfant soit vraiment protégé et soutenu dans la mesure du possible par la loi et bien sur par ceux qui sont autour ».

[CP] – Un syndrome de toute-puissance sur les consciences

Communiqué de presse d’Alliance VITA 18 octobre 2013

Réaction d’Alliance VITA au refus du Conseil constitutionnel de reconnaitre une clause de conscience aux maires en matière de mariage entre personnes de même sexe

Alliance VITA alerte les pouvoirs publics contre la tendance, confirmée par la décision du Conseil constitutionnel, à remettre en cause le droit à l’objection de conscience sur des sujets de société controversés.

Pour Tugdual Derville, délégué général d’Alliance VITA et porte-parole de La Manif pour tous : « Le Conseil constitutionnel a validé une loi  qui a écarté la clause de conscience des maires alors que le président de la République lui-même avait reconnu, devant le Congrès des maires de France le 20 novembre 2012, « le respect de la liberté de conscience » sur ce sujet.

C’est bien que ce projet pouvait provoquer des objections éthiques. Il est toujours dangereux pour la loi de faire injonction à des élus d’agir en contradiction avec leur conscience intime. La démocratie risque alors de se faire totalitaire.

N’oublions pas que le mariage en France implique la filiation et que c’est au nom du droit du plus faible, de l’enfant adoptable, pour qu’il ne soit pas privé d’un père ou d’une mère, que 20 000 maires et maires adjoints se sont unis en Collectif.

A quelques mois des élections municipales, la mise au pas des élus locaux par l’Etat central est un signe de plus d’un syndrome de toute-puissance sur les consciences, ce qui fragilise notre démocratie. Ceux qui bénéficient d’une clause d’objection de conscience devraient la demander pour les élus préférés des Français. »

Témoin au quotidien des souffrances familiales occasionnées par l’absence de l’un ou l’autre parent, Alliance VITA soutient les maires et prendra des initiatives pour aider ceux qui auront été mis en difficulté car ils n’auront pas abdiqué leur liberté de pensée.

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Pays-Bas : sédations inappropriées

Pays-Bas : sédations inappropriées

Selon une étude du Centre Intégral du Cancer néerlandais (IKNL) , les soins apportés aux patients en phase terminale ne sont pas appropriés. Chaque année, 1700 cas de sédations en fin de vie relèveraient d’une pratique inadéquate pouvant cacher des euthanasies.

L’INKL, dans un article paru dans le journal Volkrant le 8 octobre 2013, estime que la connaissance et l’expérience des médecins et des infirmières concernant la sédation ne sont pas appropriées. L’INKL explique que les médecins démarrent ce traitement trop tôt, alors que ce type de protocole  ne peut être appliqué que si le pronostic de vie du patient est de moins de deux semaines.

Selon les résultats de l’étude conduite par l’IKNL, cette technique est aussi utilisée pour réaliser des « euthanasies cachées » et les médecins se sentent sous la pression des membres de la famille du patient. Le directeur d’IKNL, Marlies Jansen-Landheer, estime que cette pratique inadéquate conduit à des souffrances non nécessaires et parfois à des expériences traumatisantes. Un médecin généraliste, Adri Jobse, témoigne de cas de patients encore capables de se lever pour ouvrir la porte lors des soins infirmiers et qui ont été orientés vers des médecins pour pratiquer une sédation.  Pour lui, les patients peuvent vivre ainsi des expériences terribles de fin de vie si on commence ce type de traitement trop précocement. De plus il souligne que l’on confie régulièrement dans les hôpitaux cette pratique aux médecins les plus jeunes et les plus inexpérimentés.

Les Pays-Bas ont autorisé l’euthanasie sous certaines conditions en 2002.  Selon les dernières statistiques néerlandaises, 4188 euthanasies ont été pratiquées en 2012. Les cas d’euthanasies ont doublé depuis 2006.

http://www.volkskrant.nl/vk/nl/5270/Zorg/article/detail/3523096/2013/10/08/Artsen-en-verpleegkundigen-schieten-tekort-bij-stervensbegeleiding.dhtml