Bonnemaison renvoyé aux Assises

Bonnemaison renvoyé aux Assises

L’urgentiste de Bayonne, Nicolas Bonnemaison, est renvoyé devant la cour d’assises des Pyrénées- Atlantiques pour avoir pratiqué des injections létales sur sept patients en fin de vie.

Il avait été mis en examen en août 2011, et le parquet de Bayonne avait requis en août 2013 son renvoi en cour d’Assise pour huit cas.

Radié de l’Ordre des médecins en janvier 2013 sur demande des instances régionales, cette décision a fait l’objet d’un appel par le comité départemental de l’Ordre qui le soutenait.

Nicolas Bonnemaison estime toutefois avoir « agi avec pleine conscience de la gravité des actes », pour écourter des souffrances de patients condamnés et ainsi « respecter leur dignité ». Il se dit prêt à défendre la légitimité de ses actes auprès d’un jury populaire pour « poser les vraies questions de l’euthanasie sans hypocrisie » et conduire ainsi le législateur à se prononcer sur cette question.

En juillet 2013, François Hollande s’est en effet engagé à présenter un projet de loi sur la fin de vie avant la fin de l’année, en y associant l’avis du Comité consultatif national d’éthique (CCNE). Ce dernier, dans sa majorité, n’est pas favorable à la légalisation du suicide assisté ou à l’euthanasie, au regard des dérives constatées dans certains pays. Il considère « qu’une telle légalisation pourrait être perçue par des personnes vulnérables comme un risque d’être abandonnées et de voir leur vie abrégée contre leur volonté ».

Les réserves émises par le CCNE, récemment « recomposé », seront-elles les mêmes dans un prochain avis ?

Lancer d’Homo sapiens

Lancer d’Homo sapiens

 

Pour lire l’intégralité de l’article « Bêtes de lancers et dignité », rendez-vous sur le blog de Tugdual Derville
Ames sensibles, s’abstenir. La comparaison entre trois spectaculaires lancers de mammifères étaye la notion d’une dignité intangible et inaliénable propre à l’Homo sapiens et à lui seul. Petite démonstration en trois épreuves (et trois vidéos).

Epreuve n°1 : Lancer d’otarie par l’orque.
(…)
Epreuve n°2 : Lancer de chats par des hommes.
(…)
Epreuve n°3 : Lancer d’Homo sapiens.

Revenons en 1995 et en France pour régler l’affaire entre hommes. Le Conseil d’État, dans son célèbre arrêt du 27 octobre 1995, valide une interdiction édictée par un maire, au nom de l’ordre public, dans l’affaire dite du « lancer de nains de Morsang-sur-Orge ». La scène est sordide : les clients – éméchés ? – d’un établissement se voient proposer comme attraction le lancer de personnes de petite taille (atteintes de nanisme) recrutées pour l’occasion.

Les projectiles ont beau être consentants, rémunérés et casqués, les juges ont estimé qu’un tel spectacle portait atteinte à la dignité de la personne humaine.

« Considérant que l’attraction de « lancer de nain » consistant à faire lancer un nain par des spectateurs conduit à utiliser comme un projectile une personne affectée d’un handicap physique et présentée comme telle ; que, par son objet même, une telle attraction porte atteinte à la dignité de la personne humaine ;

que l’autorité investie du pouvoir de police municipale pouvait, dès lors, l’interdire même en l’absence de circonstances locales particulières et alors même que des mesures de protection avaient été prises pour assurer la sécurité de la personne en cause et que celle-ci se prêtait librement à cette exhibition, contre rémunération. »

Qu’en déduire du rapport de l’Homo sapiens à sa propre dignité ? Qu’il n’en est pas maître. Qu’elle est ontologique, intangible, inaliénable. Personne ne peut y renoncer, ni la monnayer. Elle n’a pas de prix. L’affaire du lancer de personnes de petites tailles vient nous interroger sur cette capacité qu’à l’homme de poser des actes contraires à sa dignité, la sienne comme celle des autres. La notion de dignité est donc précieuse en tant qu’exigence pour tous à respecter toute personne humaine. Elle devient moteur d’humanité.

Certes, les tenants d’une dignité relative, dépendante soit de l’état de développement ou de santé, comme Peter Singer, soit de la volonté de l’individu, ne trouvent pas leur compte dans l’idée d’une dignité s’imposant à tout homme et pour tout homme, et dont nous ne serions pas maîtres. Ceux qui prônent la notion d’autonomie, clé de voûte de l’éthique relativiste, refusent une dignité absolue. Mais c’est bien cette conception que consacre la déclaration universelle des droits de l’homme de 1948.

Échaudés par les dérives totalitaires qui l’ont précédée, ses rédacteurs savent qu’à partir du moment où un homme pourrait prétendre avoir perdu sa dignité, certains hommes risquent de se voir niée la leur… Le texte reconnaît donc dans son préambule que tous les membres de la famille humaine possèdent une « dignité inhérente » et dispose dans son article premier que « tous les êtres humains naissent libres et égaux en dignité et en droits ». Les droits de l’homme sont bien la rançon de sa dignité.

Un dernier débat surgit : d’où vient donc cette dignité propre à l’homme au point qu’elle le différencie de tout animal ? Epris d’absolu, en quête de sens, habité par une loi morale, l’homme est un animal spirituel. Les premiers hommes ont manifesté cette différence en honorant leurs morts par des rites d’inhumation qui ont perduré jusqu’à aujourd’hui dans toutes les cultures. Notre dignité ontologique se réfère visiblement à une valeur qui lui est encore supérieure : la « sacralité » de la vie humaine…

L'information sur l'IVG en question

Les deux réflexions ci-dessous analysent la récente initiative de Najat Vallaud-Belkacem de créer un nouveau site internet sur l’IVG.
 
IVG : un sujet « neutre » ?  par Valérie Pillon
Non, neutre n’est vraiment pas le mot qui convient, quels que soient les protagonistes concernés : militantes féministes ou « pro life », celles « qui vont bien merci » ou femmes hésitantes, désemparées, des hommes indifférents ou blessés.
Pourtant c’est le mot choisi par Najat Vallaud-Belkacem, ministre des Droits des femmes, pour qualifier le nouveau site gouvernemental d’information sur l’IVG, délivrant des « informations neutres et fiables », et créé sur l’avis du Haut Conseil à l’Egalité entre les femmes et les hommes qui avait souhaité un site institutionnel « clair et volontariste »…
La neutralité est le fait de ne pas prendre parti. Une information peut être neutre si elle présente toutes les possibilités de solution, en particulier celles qui sont institutionnelles. Aussi, assuré par la ministre de la fiable neutralité du site, on aurait pu imaginer y trouver aussi la liste des aides institutionnelles de l’État qui permettent aux femmes de poursuivre leur grossesse si c’est leur choix. Ces informations utiles et méconnues n’y figurent pas.
Un extrait du communiqué commun de Mmes Vallaud-Belkacem et Marisol Touraine nous éclaire :
« Ce site d’information complet et actualisé permet à chaque femme de disposer de tous les renseignements utiles pour éclairer son choix, compte tenu de la législation applicable. »
Or la « législation applicable », c’est la loi de 2001. Or Et c’est après la loi de 2001, que sans que ce soit réellement dit dans le texte, que l’information concernant les aides à la maternité remise lors des consultations pour l’IVG a disparu.
Pour nos ministres, le sens des mots « neutralité », « utilité », « choix » ne se trouve pas dans un dictionnaire mais dans le non-dit d’un texte de loi.
Cette omission d’information est une double erreur : l’État perd la maîtrise de l’info officielle, et par compensation le sujet fleuri sur la Toile ! En particulier sur les forums, pas forcément spécialisés : on parle d’avortement sur jeuxvideo.com ! L’État ne s’explique pas cette prolifération de forums et de sites, et amalgame le tout sans discernement. En ne comprenant pas qu’une information tronquée lèse le droit des femmes, le gouvernement va-t-il s’acheminer vers la censure, au mépris de la liberté des femmes ?
 
IVG : les femmes prises en otage par Benoît Dacre-Wrigh
Le gouvernement vient de lancer un site d’information sur l’IVG, en réponse aux sites existants qui proposent aux femmes des alternatives à l’avortement. Ce site, dans l’objectif affiché de défendre le droit des femmes, fait la promotion de l’IVG. Et en effet, on y trouve toutes les informations pratiques sur les diverses formes d’IVG et sur les droits associés.
Mais à aucun moment ce site ne s’intéresse à la situation réelle des femmes qui se posent la question de l’avortement. Pour assurer une réelle liberté aux femmes, peut-être faudrait-il aussi leur dire que nul n’a le droit de leur imposer d’avorter, ni leur conjoint, ni leurs parents, y compris si elles sont mineures. Peut-être aussi faudrait-il leur donner une information complète, y compris leurs droits et les aides qui leur sont proposées si elles souhaitent garder leur enfant.
Au contraire, ce site présente une information à sens unique, sans accorder de liberté de choix aux femmes qui le consultent. Pire, de récents amendements pourraient permettre d’interpréter toute information sur les alternatives à l’IVG comme un délit d’entrave à l’IVG, sans que nul n’évoque un délit d’entrave à la grossesse. L’intention est-elle de défendre le droit des femmes, ou de défendre unilatéralement le droit à l’IVG ?
Tout ceci incite plutôt à la méfiance, et face à une information aussi orientée, la sagesse recommande de diversifier les sources d’information. Heureusement, de nombreux autres sites internet existent pour informer les femmes qui se posent la question de la poursuite d’une grossesse ou de l’avortement, n’en déplaise à un gouvernement trop désireux de contrôler l’information.
 

Liberté de conscience en suspens…

Liberté de conscience en suspens…

Liberté de conscience en suspens…

Le Conseil constitutionnel a mis en délibéré au 18 octobre sa décision concernant une Question prioritaire de constitutionnalité (QPC) sur la liberté de conscience des maires dans le cadre de la loi sur le mariage homosexuel : il s’agit de se prononcer sur la conformité à la Constitution de la  liberté de conscience des officiers d’état-civil, en l’absence de toute disposition législative expresse, de refuser de célébrer des mariages entre deux personnes de même sexe.

L’audience n’a duré qu’une demi-heure, mais elle a suscité une grande mobilisation d’opposants à la loi Taubira, nécessitant l’ouverture de salles complémentaires.

« La question est de savoir si la loi Taubira sur le mariage pour tous n’enfreint pas l’une des libertés fondamentales, à savoir la liberté de conscience, et si elle n’est pas contraire aux Droits de l’homme, qui garantissent que nul ne peut être inquiété pour ses opinions, mêmes religieuses si elles ne troublent pas l’ordre public », a expliqué Franck Meyer, porte-parole du collectif des maires.

 

Liberté de conscience en suspens…

Le Conseil constitutionnel a mis en délibéré au 18 octobre sa décision concernant une Question prioritaire de constitutionnalité (QPC) sur la liberté de conscience des maires dans le cadre de la loi sur le mariage homosexuel : il s’agit de se prononcer sur la conformité à la Constitution de la  liberté de conscience des officiers d’état-civil, en l’absence de toute disposition législative expresse, de refuser de célébrer des mariages entre deux personnes de même sexe.
L’audience n’a duré qu’une demi-heure, mais elle a suscité une grande mobilisation d’opposants à la loi Taubira, nécessitant l’ouverture de salles complémentaires.
« La question est de savoir si la loi Taubira sur le mariage pour tous n’enfreint pas l’une des libertés fondamentales, à savoir la liberté de conscience, et si elle n’est pas contraire aux Droits de l’homme, qui garantissent que nul ne peut être inquiété pour ses opinions, mêmes religieuses si elles ne troublent pas l’ordre public », a expliqué Franck Meyer, porte-parole du collectif des maires.