Des chercheurs chinois ont modifié les gènes d’un embryon humain. Des scientifiques avaient pourtant alerté la communauté internationale sur cette grave transgression éthique désormais rendue possible, Alliance VITA s’en faisait l’écho le 17 mars 2015.

La technique génétique en question, CRISPR / Cas9,  consiste à modifier le matériel génétique d’une personne, une transformation qui est donc transmissible aux générations suivantes. Les résultats de cette expérimentation ont été publiés dans Protein & Cell. L’équipe chinoise a tenté de modifier un gène défectueux codant pour une maladie du sang, la Béta-Thalassémie, dans plusieurs embryons humains dits « non viables » provenant de cliniques de Fécondation in vitro (FIV).

Les résultats sont mitigés, certains des embryons humains n’ont pas survécu, d’autres ont subi des mutations inattendues, l’effet espéré n’a été observé que dans 28 embryons sur 86. Cette technique est donc pour l’instant inexploitable chez l’homme. Mais elle pourrait se perfectionner rapidement, d’autres équipes y travaillent, notamment 4 en Chine, qui est « très permissive » sur ce sujet et surtout « ultra-eugéniste » comme le soulignait le Dr Laurent Alexandre.

Les questions éthiques soulevées par ces expériences sont nombreuses, c’est la raison pour laquelle la revue scientifique Nature en aurait refusé la publication. La communauté scientifique s’interdisait jusque-là de manière consensuelle à ne pas toucher au génome humain. Aboutir à modifier l’ADN d’un embryon humain avant son implantation dans l’utérus serait un bouleversement inédit : il s’agit de modifier un être humain et l’impact sur les générations futures est difficilement mesurable. Sous couvert d’éviter des maladies génétiques héréditaires, la technique pourrait aussi conduire à créer des bébés à la carte. De plus on ne peut pas passer sous silence l’utilisation et la suppression d’embryons humains qui rendent ce type de technique hautement contestable.

Les avancées vertigineuses de la science nécessitent une régulation législative urgente face aux conséquences eugéniques et scientistes soulevées. Pour préserver l’intégrité de l’humanité.