Le 11 septembre 2015, la Chambre des Communes a étudié une proposition de loi sur le suicide assisté, the Assisted Dying Bill (No 2) 2015, sujet qui divise les britanniques. Le texte a été rejeté massivement par 330 voix contre et 118 pour.

Cette proposition de loi présentée par le député Rob Marris (Labour)  reprend une proposition introduite en 2014 à la Chambre des Lords par Lord Falconer  (Labour), qui n’avait pas abouti et qui visait aussi à légaliser l’assistance au suicide.

Depuis le Suicide Act de 1961, la Grande-Bretagne considère comme un délit le fait d’encourager ou d’aider une personne à se suicider. En 2010, une politique spéciale a cependant été publiée précisant les critères de poursuites pénales des cas de suicides assistés.

La loi Assisted Dying Bill (No 2) 2015 proposait d’autoriser le suicide assisté à des personnes en phase de maladie terminale avec un pronostic vital inférieur à 6 mois. Les produits létaux devaient être donnés par le médecin traitant et pris par le patient lui-même. Par délégation et à la demande du patient, un autre médecin ou une infirmière autorisée par le médecin traitant aurait pu également fournir les produits.

En juillet dernier, the British Geriatrics Society, la principale organisation représentant les personnels de santé en gériatrie, s’est exprimée clairement contre l’euthanasie. Les instances professionnelles, telles que le Royal College of Physicians, le Royal College of General Practitioners ou la British Medical association maintiennent la même position.

Différents mouvements ont alerté ces dernières semaines sur les dangers d’une telle proposition.

L’institut de recherche Living and dying well explique que les lois ne sont pas juste des instruments de régulation : « Elles envoient un message à la société. Ainsi, une loi sur le suicide assisté envoie le message que, si vous êtes malade en phase terminale, supprimer votre vie peut être envisagé. Il s’agit de suicide et cela ne doit pas être encouragé ni assisté. La plupart des médecins ne souhaitent pas être impliqués dans l’assistance au suicide des patients. Le constat que l’on peut faire dans les rares pays qui ont légalisé ces pratiques n’est pas rassurant. Notre préoccupation doit se focaliser sur l’accompagnement des personnes en phase terminale à vivre et mourir dignement, et pas les inciter à se supprimer ».

Not Dead Yet UK, un réseau de personnes handicapées opposées au suicide assisté et à l’euthanasie, dénonce également une loi qui mettrait une pression sur les personnes vulnérables en phase terminale et les personnes handicapées. Cette association souligne qu’il est plus dangereux que jamais d’introduire une législation qui encourage le suicide comme une solution aux obstacles auxquels doivent faire face les personnes handicapées pour vivre, au lieu de leur donner les moyens de les surmonter.

Care not Killing, un mouvement qui rassemble des citoyens, associations et personnels de santé opposés à l’euthanasie, appelait le jour du vote à une manifestation devant le parlement : celle-ci a rassemblé de nombreuses personnes touchées par le handicap ou des maladies invalidantes,  brandissant des affiches « Assist us to live not to die » (aidez-nous à vivre, pas à mourir) .

Le porte-parole de David Cameron avait indiqué la veille que la position du Premier ministre était claire : « Il n’est pas convaincu qu’il faille prendre de nouvelles mesures et il n’est pas favorable à une proposition qui conduirait vers l’euthanasie. »