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Comme le révèle une étude de l’Ined (Institut national d’études démographiques) parue le 11 janvier 2017, la proportion du nombre de femmes sans enfant ne cesse d’augmenter en Europe puisqu’une Européenne sur 7 n’a pas d’enfant. On parle d’infécondité pour décrire une femme qui ne met pas d’enfant au monde, volontairement ou non.

Dans toute l’Europe, les couples sans enfant sont de plus en plus nombreux. Les chercheurs expliquent ainsi ce phénomène : « la plupart des évolutions économiques et culturelles de la deuxième moitié du XXe siècle semblent également avoir éloigné les femmes et les hommes de la parentalité ».

L’Ined fait remonter ses études à l’après Première Guerre mondiale, époque où bon nombre de femmes se retrouvent célibataires à cause des décès entraînés par la guerre. Chez les femmes nées entre 1900 et 1910, l’infécondité est alors très forte : 17 à 25% d’entre elles n’ont pas d’enfant. Après la deuxième guerre mondiale, il y a un boom des mariages et des naissances, une pression sociale incitant à avoir des enfants, seule une femme sur dix née au début des années 40 en moyenne reste sans enfant.

L’évolution de la fécondité en Europe varie ensuite selon les régions.

Jusqu’aux années 60 en Europe de l’Ouest, on revient à des taux semblables à ceux du début du siècle, pour des raisons à la fois sociétales et économiques : montée de l’individualisme, plus grande tolérance envers les façons de vivre non conventionnelles, contraception plus efficace, début de vie en couple et arrivée des enfants plus tardifs, plus grande stabilité de l’emploi. L’infécondité se stabilise ensuite au début des années 70, « probablement grâce à une conciliation plus facile entre travail et famille« .

En Europe du Centre et de l’Est, le schéma est semblable quoiqu’un peu décalé dans le temps en raison d’une plus forte pression sociale poussant à avoir des enfants. Mais dès les années 60, l’infécondité augmente aussi. En cause : « La transition brutale vers le capitalisme, les nouvelles incertitudes du marché de l’emploi mais aussi la progression des études supérieures et les nouvelles opportunités de carrière« , écrivent les chercheurs de l’Institut.

L’infécondité augmente de façon encore plus importante dans les pays du sud de l’Europe: 20% des femmes nées au début des années 70 en Grèce sont sans enfant. En Italie, la situation est encore plus préoccupante : le taux de fécondité est l’un des plus bas du monde avec 1,37 enfant par femme (25% des Italiennes n’ont pas d’enfant et 25% n’en ont qu’un seul), une véritable démographie de temps de guerre pour le pays le plus âgé du monde après le Japon ! Les raisons principales sont le taux de chômage élevé, ainsi que des politiques familiales peu développées. Les chercheurs estiment, d’après leurs analyses, que l’infécondité va encore progresser dans ces pays.

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