Après un an de travail sur les directives anticipées, le Centre National des soins palliatifs et de la fin de vie (CNSPFV) a rendu public, le 6 février 2018, un double sondage* commandé à l’institut BVA intitulé « Les directives anticipées, le regard des Français et des médecins généralistes. »

Ce sondage révèle que 85% des médecins généralistes et 60% des Français âgés de 50 ans et plus connaissent l’existence d’une loi sur la fin de vie. C’est par les médias qu’ils en ont entendu parler pour une grande majorité, ce qui laisse à penser que la loi de 2016 commence peu à peu à être connue.

Si 42% de cette catégorie de Français savent que la loi sur la fin de vie a mis en place les directives anticipées, seulement 19% savent précisément de quoi il en elles retourne. De même, 85% des médecins généralistes savent que la loi a mis en place ces directives, mais seulement 36% savent vraiment de quoi il s’agit.

La plupart des Français sondés (77%) pense que la possibilité de rédiger des directives anticipées est un dispositif intéressant. Pourtant, seulement 11% de ces Français de 50 ans et plus (et 4% des médecins généralistes) disent avoir déjà rédigé leurs propres directives anticipées. Les personnes qui les ont rédigées sont une majorité de femmes (13%), des personnes de 65 ans et plus (14 %), des personnes en plutôt mauvais état de santé (22%) et des personnes dont les revenus mensuels du foyer sont inférieurs à 1 500€ (16%).

Ce chiffre de 14% de personnes âgées de 65 ans et plus ayant rédigé des directives anticipées semble relativement cohérent, compte tenu des marges d’erreur des sondages, avec les 14% des Français qui déclaraient l’avoir fait dans un sondage Ifop commandé par VITA en octobre 2017 (ce sondage donnait plus précisément 15% des 50-64 ans et 17% des 65 ans et plus).

Parmi les autres Français du sondage BVA qui n’ont pas rédigé leurs directives anticipées, 32% se déclarent prêtes à le faire, mais 51% ne le souhaitent pas et 6% ne se prononcent pas.

Parmi les freins à leur rédaction, 47% disent faire confiance à leur proche pour décider de ce qu’il y aura de mieux pour leur fin de vie et 33% n’ont pas envie de se projeter dans ce futur-là. De leur côté, les médecins généralistes sont 44% à se dire ne pas savoir ce qu’ils voudront à l’heure où la question se posera.

77% des médecins généralistes abordent le sujet des directives anticipées avec leurs patients, dont 60% sont directement interrogés par leurs patients. 30% s’estiment plus questionnés à ce sujet que les années précédentes.

61% des médecins qui abordent le sujet avec leurs patients jugent que c’est un sujet facile à aborder et 85% ont le sentiment que la conversation est bien reçue.

Le CNSPFV a notamment mené en 2017 une première campagne nationale d’information vers le grand public intitulée « La fin de vie, et si on en parlait ? », ainsi qu’un cycle de soirées dans les régions pour recueillir les questions et les réactions sur les directives anticipées. Il entend renouveler l’expérience en 2018. Un groupe de travail chargé d’évaluer l’impact sur le terrain de la promotion des directives anticipées a souligné qu’elles commençaient à devenir un sujet de préoccupation pour les citoyens. Point important à noter également, les directives anticipées permettraient la possibilité de discussions autour des valeurs auxquelles tiennent les malades et qui peuvent influencer leurs choix de prise en charge en fin de vie.

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*Le sondage a été réalisé sur un échantillon de 201 médecins généralistes du 8 au 12 janvier 2018 et de 964 Français âgés de 50 ans et plus du 19 au 23 janvier 2018, tous représentatifs de la population française.

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Pour en savoir plus :

Sondage IFOP : les Français et les Directives anticipées

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