Caroline Roux, coordinatrice des services d’écoute d’Alliance VITA, dont SOS Fin de vie, était invitée à un débat sur l’affaire Vincent Lambert, face à Marie-Dominique Trébuchet, vice-présidente de la SFAP, théologienne et bénévole en Soins palliatifs et Loup Besmond de Senneville, journaliste.

Quelques verbatim extraits de l’émission :

« Depuis 2013, premier arrêt d’alimentation, les parents ont pris conscience que Vincent n’était pas pris en charge de façon adaptée. Cela a été un basculement dans la confiance envers les soignants. »

« Les parents demandent son transfert dans une unité adaptée à sa situation EVC-EPR (état végétatif chronique et pauci-relationnel). Pourquoi ce blocage ? Pourquoi ce transfert ne se fait-il pas ? Ce serait une façon de dénouer le noeud du problème. »

« Il s’agit d’accompagner le mieux possible dans un projet de vie les patients lourdement handicapés. C’est une approche différente des soins palliatifs. Vincent Lambert n’est pas en fin de vie ; il n’est pas dans le coma, n’est pas bardé de tuyaux. »

« On est dans l’obstination déraisonnable quand les traitements ne sont pas au bénéfice du patient. La question est : qu’est-ce qui est dû à une personne lourdement handicapée ? »

« Le risque est de se projeter dans ces situations. Il faut regarder les situations particulières et les soins qui sont dus à ces personnes lourdement handicapées dans les états EVC-EPR, notamment Vincent Lambert. »

« Peut-on, pour quelqu’un qui n’est pas en fin de vie, arrêter les soins de base que sont l’hydratation et l’alimentation ? »

« Vincent Lambert ne peut pas s’exprimer, il n’est pas en fin de vie. La question est de savoir comment accompagner au mieux ces situations sans se projeter ? Quelle est la vie la mieux appropriée pour la personne ? »

« Dans notre service SOS Fin de vie, on a vu se dégrader au fil des années la confiance soignants/soignés. Nous accompagnons les personnes pour retrouver cette confiance. Un vrai dialogue est nécessaire. »

« Ce qui protège dans notre loi, c’est l’interdit de tuer. Dans les décisions collégiales, cet interdit de tuer doit stimuler la créativité pour accompagner le mieux possible les personnes. »

« Dans les soins palliatifs, on accompagne les personnes dans un projet de vie vers la mort. Vincent Lambert n’est pas en fin de vie. Il faut accompagner la famille pour accueillir ce qui est possible pour le prendre en charge le mieux possible. »

« Pour s’en sortir par le haut et par le coeur, je plaide pour le transfert de Vincent dans une unité adaptée. Je rappelle que depuis 5 ans Vincent n’a plus de kiné, ne sort pas …alors qu’il pourrait être accueilli dans sa famille.« 

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