Pourquoi le soutien aux couples doit devenir une politique publique

20/04/2021
soutien aux couples

Soutien aux couples : Une étude inédite menée en France met en lumière que « la stabilité des couples, quelle que soit la forme juridique de leur union, a un impact positif sur le bien-être des individus et des conséquences très tangibles pour les finances publiques ».

Cette enquête a été réalisée par VersLeHaut, un think tank dédié aux jeunes, aux familles et à l’éducation. Sa réflexion associe des acteurs de terrain, des jeunes et des familles, des experts et des personnalités de la société civile tout en appuyant son travail sur des études et des recherches scientifiques. Son objectif est de diffuser des propositions concrètes afin d’élaborer un projet éducatif adapté aux défis de notre temps.

Le rapport d’une centaine de pages qui vient d’être publié s’intitule « Prévenir les ruptures conjugales pour protéger les enfants – Pourquoi le soutien aux couples doit devenir une politique publique » et l’enquête a été réalisée avec le concours de Familya (réseau associatif de maisons spécialisées dans l’accompagnement des couples, des parents et des jeunes, et qui agit pour prévenir les ruptures familiales et contribuer ainsi à lutter contre toutes les formes de précarité qui en découlent) et avec Aire de famille (à l’origine du premier centre parental en France et de la création de la Fédération Nationale des Centres Parentaux).

Les ruptures familiales, parfois rendues nécessaires ont un coût humain indéniable. En France, même si plus de 7 enfants sur 10 vivent avec leurs deux parents, de plus en plus de jeunes sont touchés chaque année par des ruptures familiales, 380 000 mineurs sont concernés en 2020. Un chiffre qui a plus que doublé en moins 30 ans (145 000 enfants en 1993, selon l’Insee).

L’enquête explique les principales conséquences de la séparation. D’abord, sur les liens parents-enfants. 28 % des enfants résident avec un seul de leurs parents en 2018. Un quart des enfants mineurs sont privés d’au moins un de leurs parents 100 % du temps (chiffre de la Dress). La séparation a des effets sur les parcours scolaires (les enfants vivant dans une famille monoparentale redoublent davantage en primaire que ceux vivant avec leurs deux parents) mais aussi sur la santé physique et émotionnelle.

Selon l’enquête annuelle de recensement 2018 de l’INSEE, 12 % des parents isolés n’ont jamais vécu en couple. La quasi-totalité des parents isolés sont des femmes. L’impact de la séparation est fort sur le niveau de vie : un tiers des foyers monoparentaux vivent sous le seuil de pauvreté. Pour une femme après une séparation on enregistre en moyenne 20 % de perte de niveau de vie. Ce taux est nettement supérieur à la perte de niveau de vie de 3 % pour les hommes.

La monoparentalité pèse grandement sur le budget des familles, mais également sur les budgets publics. Ainsi, l’étude met en lumière les coûts publics des ruptures privées sur le registre des finances publiques. A titre d’exemple, pour une famille modeste avec un enfant, le coût CAF est d’environ 9.500 euros par an (allocations logement et RSA).

L’étude présentée met en lumière un sujet majeur : stratégiquement, la politique familiale aurait tout à gagner à se tourner vers la stabilité des unions, comme l’explique le sociologue, enseignant à Sciences Po et à HEC, Julien Damon, qui préface cette étude. Aujourd’hui la politique familiale accompagne tous les parents. Elle s’investit dans l’accompagnement des séparations, notamment en soutenant la médiation familiale.

L’étude a cherché à mesurer l’impact de l’activité du Conseil conjugal et familial (CCF), cette analyse met au jour les bienfaits privés et publics d’une intervention visant à maintenir la conjugalité.

L’enquête a été menée auprès de 254 couples qui ont consulté pour un accompagnement conjugal. Sur 101 couples qui ont consulté avec « l’intention de se séparer », 74 ont finalement décidé de rester en couple. Les autres bénéfices du conseil conjugal se mesurent également par une « amélioration de la qualité de la relation » dans 73 % des cas, et par une « baisse de la conflictualité » de 36 %.

Ainsi, on note que 73% des séparations qui étaient envisagées ont été évitées grâce à un accompagnement conjugal.

Comme le conclut Julien Damon, auteur de plus de 25 ouvrages dont les « Que sais-je ? » sur Les politiques familiales et Les familles recomposées : « La politique familiale a tout intérêt, pour le bonheur privé comme pour l’économie publique, à soutenir aussi des dispositifs promouvant la stabilité conjugale. Il en va de trajectoires de vie réussies comme de la bonne gestion des deniers publics ».

 

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