Fin de vie : une personnalité controversée à la tête du CESE

21/05/2021

fin de vie CESE

Le Conseil Economique, Social et Environnemental (CESE), « troisième assemblée de la République », a élu mardi 18 mai son président, Thierry Beaudet, président de la Mutualité française depuis 2016.

La réforme du CESE voulue par le président Emmanuel Macron a été adoptée en conseil des ministres en juillet dernier afin que cette institution « retrouve sa mission fondatrice qui était de créer un trait d’union entre la société civile et les instances politiques ». Le nombre de participants a été réduit d’un quart, tout en renforçant son rôle dans la démocratie participative. Le CESE aura ainsi la possibilité d’organiser des consultations citoyennes, même si les opposants à la réforme ont mis en doute sa capacité à assurer l’indépendance des futures assemblées citoyennes.

En avril 2018, le CESE avait rendu un avis hautement controversé – « Fin de vie : la France à l’heure des choix » – qui préconisait de légaliser l’euthanasie, en l’assimilant à un soin.

Alliance VITA, membre du collectif Soulager mais pas tuer, avait alors dénoncé, dans un communiqué de presse, l’irresponsabilité des conclusions de cette commission du CESE : « Le CESE déguise l’euthanasie ! ». « Par cet avis, le CESE porte gravement atteinte à l’éthique et à la sécurité des pratiques soignantes. Le CESE, pour faire avaler l’idée de l’euthanasie, invente une novlangue redoutable. Il présente l’administration de la mort comme un « dernier soin », un « soin ultime », ou encore « une sédation profonde explicitement létale ».

Alors que le débat sur la fin de vie en France remue les parlementaires, l’élection de Thierry Beaudet cette semaine à la tête du CESE est une alerte supplémentaire : en effet celui-ci avait signé en janvier 2020 une tribune plaidant pour « une aide active à mourir » dans le Journal du Dimanche, alors qu’il était encore président de la Mutualité française qui regroupe 426 mutuelles de santé du pays.

Ce plaidoyer de Thierry Beaudet pour le « droit de choisir une fin de vie digne » avait suscité de vives réactions. La psychologue Marie de Hennezel par exemple, engagée depuis plusieurs années en faveur des soins palliatifs a alors dénoncé ce qu’elle juge être un « conflit d’intérêts » entre la fonction de président d’une fédération de mutuelles et sa prise de position. « On peut légitimement se demander si les mutuelles ne pourraient pas avoir des intérêts financiers à défendre une telle évolution ».

Cette élection au CESE appelle à une vigilance accrue et à la dénonciation des risques de « dérives économiques » d’une éventuelle légalisation de l’euthanasie ou du suicide assisté.

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