PPL avortement au Sénat : le gouvernement au cœur de manœuvres politiciennes

 

Après son adoption en seconde lecture par les députés, l’avenir de la proposition de loi relative au renforcement de l’avortement semblait incertain en raison du refus des sénateurs en marche et socialistes de l’inscrire à l’ordre du jour du Sénat et alors qu’Emmanuel Macron avait, à plusieurs reprises, exprimé des réserves à propos de l’allongement du délai légal de recours à l’IVG.

Le gouvernement qui estimait le 3 décembre par la voix de son ministre en charge des relations avec le Parlement que c’était « au Parlement de s’en saisir » a finalement changé d’avis et va inscrire le texte à l’ordre du jour du Sénat pour un examen le 19 janvier prochain.

Ce revirement, résultat de manœuvres politiciennes et d’un bras de fer avec le gouvernement fait peu de cas de la réalité de ce que vivent les femmes.

La mesure phare de la prolongation des délais constitue une grande violence pour les femmes dans la mesure où elle ne s’accompagne d’aucune mesure de soutien pour celle qui pourrait l’éviter. Lors de l’examen du texte en seconde lecture, la revendication constante d’un « droit à l’avortement » a empêché de faire entendre la voix des femmes enceintes confrontées à une grossesse inattendue et qui se tournent vers l’IVG à contrecœur. Le silence sur ces situations rendues invisibles est une grave injustice, alors qu’il s’agit d’un acte irréversible qui met des vies en jeu.

Selon des sources parlementaires, la réintroduction de la clause de conscience spécifique à l’IVG pour les soignants, aurait également joué un rôle dans ce changement de pied gouvernemental. Si l’on ne peut que se réjouir du maintien de la clause de conscience, l’allongement des délais auquel s’opposent l’Académie nationale de médecine et le Collège national des gynécologues obstétriciens de France (CNGOF), est une réponse indigne aux besoins des femmes.

La question délicate de l’avortement mérite mieux qu’un débat escamoté et des arrangements politiciens

L’urgence est au contraire à la protection des femmes enceintes contre les violences et les pressions par la mise en œuvre d’une véritable politique de prévention de l’avortement. 

Share This