Etude Insee : hausse des naissances après 40 ans

Dans une récente étude, l’INSEE analyse en détail l’évolution de la fécondité après 40 ans. Le constat majeur est que cette fécondité, dite « tardive », est en hausse depuis 1980, après une baisse continue depuis la fin des années 1940. En 2019, 42800 bébés sont nés de mère ayant 40 ans ou plus, soit 5.7% des naissances.

L’INSEE explique la baisse de la fécondité tardive observée après 1945 jusqu’en 1980 par deux facteurs successifs : jusqu’en 1965, parce que les femmes avaient leurs enfants plus jeunes, quel que soit le nombre. Après 1965, et jusqu’au point bas en 1980, c’est la baisse des familles nombreuses qui est le principal facteur.

La remontée de la fécondité tardive depuis 1980 va de pair avec la hausse de l’âge moyen à l’accouchement, une tendance de fond de la société depuis le milieu des années 70. Parmi les facteurs cités : l’allongement des études, la « mise en couple » plus tardive, le désir d’être professionnellement stabilisée avant d’envisager une grossesse. L’INSEE souligne que « la médicalisation de la contraception a pu également faciliter ce report ». En conséquence, « la fécondité tardive est 3.4 fois plus élevée en 2019 qu’en 1980 ». L’INSEE donne quelques détails sur les catégories sociales et les situations familiales. Ainsi, les femmes nées à l’étranger ont des maternités tardives plus fréquentes, ces femmes étant plus souvent mères de famille nombreuses. Par ailleurs, les femmes cadres ou à l’inverse sans profession ont également une fécondité tardive plus forte. Pour un quart des mères de 40 ans ou plus, cette naissance est leur premier bébé. Enfin, concernant la situation familiale, la remise en couple est aussi un facteur de fécondité tardive : 32% des naissances sont issus de couples n’ayant pas d’enfant commun vivant avec eux.

Ces données rejoignent une tendance lourde de notre société : l’âge moyen pour un premier enfant est passé de 24 ans à 28.5 ans de 1974 à 2015 (INSEE).

Cette tendance peut être reliée à l’activité de procréation artificielle au-delà de 40 ans qui représente 14% des cycles d’assistance médicale à la procréation.   La prévalence de recours aux techniques d’AMP due à l’âge plus tardif de la maternité, est confirmée par des professionnels et relayéedans un avis du CCNE :  « Le caractère tardif de la première maternité a pour conséquence de majorer la fréquence des infécondités liées à l’âge de la femme et le nombre des consultations dans les centres agréés pour l’AMP » . Cependant les taux de succès de recours à l’AMP diminuent considérablement avec l’âge alors qu’augmentent les complications pour les femmes et les risques pour les enfants. Alliance VITA a alerté sur cette situation lors de la révision de la loi bioéthique (voir dossier ici ) et émis des propositions pour :

–        assurer une meilleure information par des campagnes auprès des jeunes « sur les risques d’une grossesse tardive, pour les femmes elles-mêmes et pour l’enfant à naître, sur la diminution du taux de succès des AMP tardives et l’incertitude sur le devenir des enfants nés d’une AMP tardive »

–        et améliorer les conditions de vie et de travail pour que les couples puissent procréer à un âge plus jeune.

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