03-02-2016

Assemblée nationale : des Assises pour l’abolition de la GPA


GPA

Des Assises pour l’Abolition Internationale de la Maternité de substitution se sont tenues le mardi 2 février 2016 à l’Assemblée nationale, alors que la question émerge au sein des institutions internationales.

Organisé par plusieurs mouvements féministes nationaux et internationaux sous la forme de deux tables rondes, cet événement avait comme objectif de mobiliser les élus de gauche pour qu’ils saisissent la gravité des enjeux et l’urgence d’agir. L’enjeu crucial est que les Etats européens prennent leurs responsabilités pour qu’une initiative européenne parvienne à interdire la pratique de gestation pour autrui sous toutes ses formes, commerciales ou non.

Plusieurs intervenants français et étrangers ont fait l’analogie avec la prostitution, expliquant clairement qu’il n’y a pas de gestation pour autrui « éthique ». Louer un corps à usage sexuel ou reproductif est en pleine contradiction avec le principe d’indisponibilité du corps et la dignité des femmes. Concernant les enfants, ils ne sont pas des objets qui se vendent ou se donnent.

La manière dont la Gestation pour autrui s’inscrit dans une « économie » de la reproduction a été fortement dénoncée également, à l’origine d’un « business » qui se compte aujourd’hui en milliards de dollars.

Plusieurs parlementaires de gauche se sont succédés à la tribune :  des députés PS, parmi lesquels Laurence Dumont, Benoît Hamon, Elisabeth Guigou, mais aussi Marie-George Buffet (Parti communiste) ou encore le député européen José Bové.

Les Assises ont été clôturées par l’invitation à signer une charte demandant « à agir avec fermeté pour faire abolir cette pratique au niveau international, notamment en promouvant la rédaction, l’adoption et la mise en œuvre efficace d’une convention internationale d’abolition de la maternité de substitution ».

Un premier pas vient d’être accompli, qui donne l’espoir que les choses évoluent :  le Parlement européen vient de voter une résolution en décembre 2015 pour condamner la pratique de la Gestation par autrui sous toutes ses formes.

Par contre, une autre initiative reste préoccupante : le rapport en cours au Conseil de l’Europe préempté par la sénatrice belge Petra de Sutter, gynécologue qui pratique la GPA en Belgique, pays où cette pratique est tolérée, sans être pour autant légale. La question du conflit d’intérêt du rapporteur a été soulevée et demeure source de controverses. Les membres de la commission des questions sociales, réunis le 27 janvier dernier lors de la session  plénière du Conseil à Strasbourg, ont refusé d’examiner la question. Mais l’affaire n’est pas close, d’autant qu’ont été mis en lumière les liens qu’entretiendrait professionnellement le docteur de Sutter avec une firme indienne, pourvoyeuse de services de GPA dans une pratique très commerciale.

Alliance VITA, engagée activement dans le collectif No Maternity Traffic pour l’interdiction universelle de la gestation  pour autrui, appelle à une mobilisation citoyenne accrue dans les prochaines semaines pour interpeller les parlementaires du Conseil de l’Europe.

Signer la pétition sur le site www.nomaternitytraffic.eu