05-02-2016

Mariage pour tous, Nicolas Sarkozy, droit à l’enfant


Nicolas Sarkozy était l’invité jeudi 4 février 2016 de  l’émission « Des paroles et des actes » sur France 2. Le président des Républicains est revenu sur de nombreuses thèses qu’il développe dans son livre « La France pour la vie ». Il a également été questionné sur le sujet de la loi Taubira et de son affirmation publique aux militants de Sens Commun au meeting de novembre 2014, au cours duquel il concéda qu’il abrogerait cette loi, ou la réécrirait complétement, s’il revenait au pouvoir. Lors de l’émission, l’ancien président de la République a dit avoir « eu tort » de faire cette promesse, précisant sa position : « nous n’allons pas démarier, ce serait cruel, injuste et impossible ». Il a également ajouté être opposé à la Gestation pour autrui (GPA).

Pour Tugdual Derville, délégué général d’Alliance VITA et ancien porte-parole de La Manif Pour Tous : « Au-delà de la confusion qu’il entretient par ses revirements, Nicolas Sarkozy ne peut continuer à fermer les yeux sur le champ d’insécurité juridique que la loi Taubira a déclenché, tant sur le droit de la famille et du couple que sur le droit de la filiation et de l’adoption. Des femmes ont déjà pu adopter l’enfant de leur conjointe, né de PMA réalisées à l’étranger ; et la GPA s’instaure insidieusement dans notre pays, facilitée et encouragée par les décisions récentes de la Cour de cassation, dans la droite ligne de la Circulaire Taubira. Ces enfants sont délibérément privés de leur père ou de leur mère, voire objet de transaction. Monsieur Sarkozy ne peut ignorer qu’une grande majorité des Français conteste le prétendu « droit à l’enfant » qui est en train de nous être imposé par ces pratiques. Par ailleurs, plutôt que de brandir le spectre du « démariage » en épouvantail, l’ancien président doit savoir que si une loi de ce type est abrogée ou révisée, cela peut n’être valable que pour l’avenir : il ne sera donc pas question d’annuler des mariages, et encore moins de « désadopter » les enfants. Faut-il rappeler à M. Sarkozy ses propres analyses, d’avant son récent revirement : « Ça ne sert à rien de dire qu’on est contre la GPA et la PMA si on n’abroge pas la loi Taubira » ? Au total, l’instabilité de la parole politique de l’ancien président ne porte pas seulement atteinte à sa crédibilité personnelle. La plupart des Français ont perdu confiance dans la capacité des responsables politiques d’agir, en conscience, pour le bien commun. »

 

Pour aller plus loin :

  • L’Institut Famille & République, think-tank de 120 juristes, vient de publier « Le mariage & la loi. Protéger l’enfant ». Cet ouvrage collectif (39 auteurs), dense (44 contributions, 480 pages) et pratique, dresse un constat de l’application de la loi du 17 mai 2013, expose qu’il est tout à fait possible juridiquement de réviser cette loi (mais pour l’avenir seulement), et propose au législateur diverses solutions de remplacement, y compris pour les « couples homosexuels ».