Deux études récentes – faites par l’association américaine « Break the Cycle » et par l’école polytechnique fédérale de Zürich – montrent qu’un adolescent sur trois « en couple » serait victime de violences.

Or, beaucoup de jeunes tolèrent cette violence, voire la banalisent. Même s’il n’y a pas encore eu d’étude en France sur le sujet, il semble que le problème soit bien réel également dans l’hexagone et ne dépende pas du milieu social dans lequel le jeune évolue.

Pour Iman Karzabi, chargée de mission à l’Observatoire régional des violences faites aux femmes, la pornographie pourrait  être une des causes explicatives du recours aux violences sexuelles par les jeunes « Dans les films pornographiques, les femmes sont très souvent montrées comme soumises, asservies. » Or les jeunes, notamment les garçons, sont très exposés à ces images qu’ils regardent de plus en plus jeunes. C’est principalement par le biais de la pornographie qu’ils découvrent ce qu’est la sexualité. Déjà en 2010, selon une enquête menée dans 1.132 collèges par Calysto, 82 % des 11-13 ans avaient été confrontés à une image pornographique via la Toile. Inutile de dire que cinq ans plus tard, ce pourcentage a explosé !

Avec les réseaux sociaux et les smartphones, une nouvelle forme de violence est également apparue : la cyber-violence, subie par 17% de filles et 11% de garçons qui va même jusqu’au « revenge porn » : les jeunes n’hésitent pas à publier des photos ou vidéos intimes sur les réseaux sociaux pour se venger de leur partenaire.

Les jeunes hommes peuvent aussi être victimes de violences. Une étude suisse montrait qu’un quart des garçons de 15 à 16 ans subissaient des violences de la part de leur amie.

Une véritable prévention de l’exposition des jeunes à la pornographie devient urgente : le CSA s’était emparé de la question en 2012, mais il semble que ses velléités soient restées lettre morte. Pourtant, selon la loi, les images pornographiques sont bel et bien interdites aux moins de 18 ans !