L’équipe médicale de Newcastle, en Grande-Bretagne, vient de recevoir l’autorisation de créer les « premiers bébés à trois parents » du pays pour deux femmes atteintes de maladies mitochondriales.

Le HFEA (Human Fertilisation and Embryology Authority), l’autorité éthique du pays sur les sujets de procréation humaine, a approuvé, jeudi 1e février, la procédure de fécondation in vitro (FIV) à trois parents. En février 2015, le Parlement britannique avait donné son feu vert pour cette technique de procréation afin d’éliminer le risque de transmission d’une maladie génétique par la mère biologique. Et le centre de Newcastle a obtenu, en mars 2017, sa licence pour effectuer cette opération.

Après avoir étudié les antécédents médicaux et familiaux des deux femmes – qui souhaitent rester anonymes -le comité du HFEA a estimé que « tous les enfants conçus pouvaient être atteints d’une maladie évolutive grave qui affecterait grandement leur qualité de vie ». Dans ce contexte, la technique du diagnostic préimplantatoire (DPI) ne serait pas opérationnelle selon ce comité car aucun embryon ne pourrait être indemne de la maladie.

La technique de la FIV à trois parents consiste à créer in vitro un embryon humain à partir des gamètes de trois personnes différentes, un homme et deux femmes (la mère et une donneuse d’ovocyte), dans le but de faire naître un enfant exempt d’une maladie pouvant se transmettre par des organites présents dans l’ovule de la mère : les mitochondries (voir la Notexpert).

Les mitochondries sont des éléments indispensables au bon fonctionnement de toutes les cellules de l’organisme humain. Par ailleurs, elles contiennent de l’ADN, 1% du génome total d’un individu. L’embryon ainsi conçu contient donc un triple ADN parental : les chromosomes parentaux ainsi que l’ADN transmis par les mitochondries de l’ovocyte de la donneuse.

Cette technique, suscitant des questionnements éthiques vertigineux, est très controversée. Elle présente des risques non négligeables pour la santé de l’enfant, qu’on lui impose délibérément. L’ADN nucléaire et l’ADN mitochondrial dialoguent entre eux, d’une manière encore mal identifiée. L’intervention de l’ADN mitochondrial d’une tierce personne s’avère donc périlleuse. Par ailleurs, selon les techniques utilisées, des mitochondries anormales peuvent se retrouver malgré tout dans l’embryon ainsi fabriqué, n’éliminant donc pas les risques de pathologies liés aux mitochondries défectueuses. Ainsi, rien n’indique que l’enfant sera en parfaite santé ni exempts de dégâts collatéraux imprévisibles. Des vérifications cliniques préalables sont impossibles, puisque l’enfant sera son propre test grandeur nature.

De sources connues, un premier enfant a vu le jour au Mexique en avril 2016. Depuis, cette technique a été également utilisée pour faire naître plusieurs autres enfants en Ukraine en 2017 pour des raisons n’ayant plus rien à voir avec les maladies mitochondriales, mais pour pallier certaines formes d’infertilité. L’injection de mitochondries d’ovocytes de femmes jeunes serait présentée comme une solution pour tenter de « rajeunir » des ovocytes de femmes plus âgées.

Alliance VITA rappelle que cette technique n’a aucunement fait la preuve de son innocuité.
S’il y a une certitude sur le fait que ces embryons seront porteurs d’une maladie grave, il est inconcevable qu’une technique de procréation assistée soit utilisée pour les concevoir à tout prix. Faire prendre de tels risques à un enfant et à sa famille en bricolant un embryon-OGM est irresponsable. La communauté internationale devrait massivement condamner une telle atteinte aux droits de l’Homme.

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Pour en savoir plus sur la FIV à 3 parents