Tugdual Derville, délégué général d’Alliance VITA, était l’invité d’Etienne Loraillère, le 9 juillet 2019, dans l’émission « À la Source » pour aborder le projet de loi bioéthique qui sera présenté au Parlement en septembre.

 

Quelques verbatim issus de l’émission :

« On a complètement passé sous silence les résultats des Etats généraux de la bioéthique par le fait que les conclusions ne correspondaient pas à ce que le gouvernement voulait faire passer. »

« Aujourd’hui il n’y a que 5% des enfants nés de Procréation médicalement assistée qui naissent d’un donneur. A partir du moment où on l’ouvre à des femmes qui n’ont pas de problème d’infertilité, on casse tout ce qu’on avait construit avec la loi bioéthique précédente comme régulation a minima de cette procréation artificielle. N’importe qui pourra demander la PMA désormais. On passe à un marché de la procréation étatisé. C’est un changement radical. »

« Il y a un grand paradoxe : on est dans une culture de l’ultra-individualisme mais nous sommes extrêmement dépendants les uns des autres. Nous avons fait faire, à Alliance VITA, des sondages d’opinion successifs sur l’attachement des Français au père, et voilà qu’une loi va amputer définitivement toute idée de père pour certains enfants ! Cette loi méprise l’intérêt fondamental du plus fragile, l’enfant. Les générations futures nous jugeront peut-être sur les très graves dérives qu’on leur aura fait subir en ne transmettant pas des repères essentiels dont nous avons tous hérité dans notre généalogie : nous sommes tous nés d’un homme et d’une femme. »

« Les Français, s’ils étaient pleinement conscients, seraient totalement effarés de voir que, alors qu’il n’y a pas de problème d’infertilité, on va utiliser des techniques qui sont dites « médicales » qui vont être remboursées par nos impôts ; on va rembourser, financer l’injustice – plusieurs milliers d’euros pour chaque PMA – et puis ensuite, toutes ces personnes auront droit, si nous ne résistons pas, à toutes les allocations qui sont prévues pour aider des familles monoparentales qui vivent avec le poids de devoir élever seules des enfants, et ce sont souvent des femmes. Nous allons créer des situations sociales de précarité que nous allons devoir financer. On marche sur la tête. »

« La gestation par autrui est la conséquence inéluctable de cette procréation médicalement assistée dont on nous disait, il y a 5 ans, qu’elle n’adviendrait pas. Les gouvernements successifs font des promesses de digues qui ne tiennent pas avec le suivant. Il faut voir les conséquences : une forme d’atomisation de la société dans l’individualisme, dont le plus fragile fait toujours les frais. L’embryon humain qui n’a pas de voix, l’enfant qui est sans défense. »

« La loi est extrêmement complexe : sur l’embryon, il n’y a plus d’interdiction explicite d’embryons chimère-animal, dans leur fabrication ; il n’y a plus d’interdiction d’embryons génétiquement modifiés (la naissance sera interdite, mais pas l’embryon). L’interruption médicale de grossesse pourra être pratiquée sur des mineures, sans que les parents soient prévenus de cette situation très douloureuse….. »

« C’est un glissement qui provoque une vraie colère. Nous espérons que beaucoup de Français de toutes sensibilités se mobiliseront pour l’enfant, sans se laisser prendre de court par un gouvernement qui a envie de passer très vite à autre chose pour éviter un mouvement social qu’il redoute. »

 

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