Marchons Enfants ! : discours de Caroline Roux le 10 octobre 2020

 

Caroline Roux, déléguée générale adjointe d’Alliance VITA, sur le podium de la mobilisation “Marchons Enfants !” contre le projet de loi bioéthique.

Le nouveau Premier ministre et le président de la République, ont tenté de se débarrasser de ce texte, en plein été, dans la nuit du 31 juillet au 1er août, alors que notre pays était confronté à tant d’urgences politiques, économiques, sanitaires et sociales.

Les Français ont été mis hors-jeu, privés d’informations sur certaines mesures qui n’avaient jamais été inscrites dans le projet de loi, ni débattues dans la phase de consultation. On s’est moqué de nous. On a joué avec le fonctionnement de la démocratie.

On a surtout ignoré, nié et piétiné, l’intérêt des plus fragiles.

Le texte, totalement remanié en seconde lecture, n’a été voté que par 60 députés sur 577, à la sauvette.

Ce texte passe à côté de trois grandes urgences, qui devraient être trois grandes causes nationales :

  • la véritable lutte contre l’infertilité,
  • l’arrêt de l’engrenage eugéniste,
  • le respect de l’intégrité de l’espèce humaine.

 

Cette loi crée des injustices et discriminations à rebours des impératifs écologiques :

  • avec une procréation toujours plus artificielle, qui cautionne « un droit à l’enfant » :
    PMA sans père, bouleversement de la filiation rendant la paternité optionnelle, double don de gamètes… (On va donc jusqu’à promouvoir la « fabrication » d’enfants privés de toute origine), mais aussi congélation des ovocytes de femmes jeunes pour une hypothétique maternité tardive par PMA, risquée pour la santé des femmes.
    Un pas de plus a été franchi cet été avec l’adoption d’un amendement ouvrant la collecte et la conservation des gamètes humains à des établissements lucratifs. Cela ouvre la porte au « marché de la procréation ».
  • discrimination aussi avec une sélection accrue des enfants avant la naissance, y compris sur des critères génétiques en complète contradiction avec la politique de société inclusive que le gouvernement prétend développer en faveur des personnes en situation de handicap. Comment oser leur dire, les yeux dans les yeux, « prenez toute votre place dans la société » si, en même temps, on leur fait comprendre que tout est fait pour les empêcher de naître, car leur vie ne vaudrait pas la peine d’être vécue ?

Enfin, plusieurs lignes rouges ont été réintroduites sans précaution pour l’intégrité même de l’espèce humaine avec :

  • cette création de chimères homme/animal qu’à Alliance VITA, nous avons dénoncé dès le début en tant que lanceur d’alerte,
  • mais aussi la création d’embryons humains génétiquement modifiés. Ce serait jouer aux apprentis sorciers, à l’heure où la naissance d’enfants génétiquement modifiés en Chine a provoqué une réprobation mondiale et éclabousse le monde de la recherche.

 

Pourquoi cette obstination à rejeter tout principe de précaution ? 

La crise sanitaire a changé la donne et nous devons en tenir compte : elle nous a fait prendre conscience que l’humanité est fragile, qu’elle est à protéger autant que la nature.

 

Enfin, au nom d’Alliance VITA que je représente ici, j’ajoute un dernier point : nous sommes particulièrement mobilisés contre l’adoption, sans aucun débat préalable, en pleine nuit du 31 juillet qui fait exploser l’encadrement de l’avortement en France. Il ajoute un critère de « détresse psychosociale » pour avoir recours à l’interruption médicale de grossesse et avorter pendant les 9 mois de la grossesse.

 

Cet ajout a créé un électrochoc chez des personnes de toute sensibilité, choquées à l’idée de ces avortements tardifs de foetus en pleine santé, pour des femmes confrontées à une situation de vulnérabilité ou de précarité.

 

A Alliance VITA, notre expérience d’aide aux femmes en situation de vulnérabilité nous a appris :

  • qu’une détresse s’écoute. Mais qui peut prétendre l’évaluer ? La réponse à une détresse c’est d’en combattre les causes et de la soulager.
  • que l’avortement ne devrait jamais s’imposer comme une solution de fatalité. C’est en réalité discriminatoire, culpabilisant et d’une grande violence pour les femmes sans véritable politique de solidarité.

 

Avec ce projet de loi bioéthique, ce qui restait de la protection de l’être humain est gravement mis en souffrance.

Nous appelons le gouvernement à prendre ses responsabilités et à retirer ce projet de loi.

Si nous sommes mobilisés dans toute la France, avec les autres associations de Marchons enfants!, c’est pour défendre les droits des plus fragiles et alerter les sénateurs qui sont maintenant en première ligne sur ces enjeux qui, je le rappelle, nous concernent tous, ainsi que les générations futures.

ipsum sem, massa neque. adipiscing dictum mattis pulvinar
Share This