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Recherche sur l’embryon

La recherche sur l’embryon

La question de la recherche sur l’embryon humain a commencé à émerger principalement pour des raisons liées à l’existence d’un stock d’embryons dit « surnuméraires ». Ces embryons surnuméraires ont été conçus dans le cadre de protocoles d’assistance médicale à la procréation (PMA), et (aban)donnés par les couples dont ils sont issus.

Nous parlons ici d’une recherche bien particulière, puisqu’elle implique un être humain au commencement de sa vie. Considérer l’embryon humain comme un matériau de recherche comme un autre pose ainsi de graves questions éthiques.

L’EMBRYON HUMAIN est toujours issu d’un cycle de PMA. Les embryons peuvent être mis à disposition de la recherche dans 2 cas :

  • soit parce qu’ils ne font plus l’objet d’un « projet parental », selon la formule consacrée,
  • soit parce qu’à l’issue d’un tri embryonnaire (après un diagnostic préimplantatoire), il a été décidé de ne pas les implanter.

Lois encadrant la recherche sur l’embryon

Le droit encadrant cette recherche n’a cessé d’évoluer à chaque révision de la loi bioéthique.

  • 1994 : Interdiction totale de la recherche sur l’embryon
  • 2004 : Interdiction avec dérogations pour 5 ans et sous conditions
  • 2011 : Interdiction avec dérogations sans limite de temps et sous conditions
  • 2013 : Suppression du principe d’interdiction
  • 2021 : Assouplissement de nombreux critères

Les premières lois de bioéthique de 1994 avaient logiquement introduit l’interdiction de toute recherche sur l’embryon humain.

L’humanité de l’embryon a été réaffirmée par le législateur dans les lois bioéthiques de 2004 et 2011 même si l’interdiction de la recherche souffrait déjà d’exceptions à titre dérogatoire et temporaire.

Depuis 2013, ce principe d’interdiction de la recherche sur l’embryon a été supprimé. Enfin, en 2021, la loi bioéthique a considérablement réduit la protection due à l’embryon humain en facilitant sa mise à disposition et son instrumentalisation.

La recherche sur les cellules souches embryonnaires

  • LES CELLULES SOUCHES EMBRYONNAIRES HUMAINES (CSEh) sont des cellules directement issues de l’embryon et prélevées à un stade très précoce de son développement. Ces cellules suscitent l’intérêt des chercheurs et des industriels car elles sont dotées de la capacité de se multiplier à l’infini et également de se spécialiser en la plupart des types de cellules de l’organisme (c’est ce qu’on appelle la pluripotence).
  • LES CELLULES IPS : CELLULES SOUCHES PLURIPOTENTES INDUITES sont des cellules souches induites artificiellement à partir de cellules adultes différenciées, dans lesquelles sont introduites quatre gènes de pluripotence. Cette reprogrammation leur redonne l’habilité à se différencier en n’importe quel type de cellules et à se multiplier indéfiniment. Toutes les cellules adultes qui prolifèrent peuvent être utilisées pour générer des cellules iPS. Sont particulièrement utilisées les cellules du sang, de peau.

Avant 2021, les cellules souches embryonnaires étaient soumises au même cadre juridique que l’embryon, ce qui avait du sens, puisqu’elles en sont issues. Mais la loi du 2 août 2021 leur a créé un régime juridique spécifique en facilitant considérablement leur accès et les dispositions encadrant les protocoles de recherches.

On peut donc aujourd’hui distinguer dans ce cadre juridique plusieurs types de recherches :

  • La recherche sur l’embryon humain lui-même,
  • La recherche sur les cellules souches embryonnaires, issues de l’embryon,
  • La recherche sur les cellules souches « induites » dites IPS.
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Alertes éthiques

La recherche sur l’embryon pose en elle-même de graves questions éthiques, traitant l’embryon humain comme un matériau de recherche et un cobaye.

Certaines expérimentations doivent par ailleurs être dénoncés et interdites :

  • La création d’embryons chimères homme-animal (à partir notamment de cellules souches embryonnaires humaines) en vue de « cultiver » des organes humains à l’intérieur d’animaux et d’obtenir des greffons, par exemple.
  • La modification génétique d’embryons humains avec l’utilisation de techniques de type CRISPR-Cas9, qui ouvre la possibilité de donner naissances à des bébés génétiquement modifiés.
    embryon
  • Ces expérimentations incitent à de nouvelles transgressions éthiques, telles que celle de créer des embryons humains spécifiquement pour la recherche, ou d’allonger le délais légal d’utilisation des embryons fixé aujourd’hui en France à 6 jours de développement.

Recommandation VITA

Rétablir un régime d’interdiction protégeant l’embryon humain (et ses cellules souches) de toute recherche provoquant sa destruction.

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