31-10-2014

Alliance VITA publie le sondage IFOP ‘’Les Français et la mort’’

Sondage IFOP ‘’Les Français et la mort’’ : un besoin d’écoute sur un sujet trop souvent tabou dont 51% des Français ne parlent pas ou rarement.

A l’approche du 2 novembre, jour des défunts, Alliance VITA rend public le sondage « Les Français et la mort » réalisé à sa demande par l’IFOP (résultats complets et analyse en PJ), à l’issue de la grande enquête Parlons la mort  qui a donné lieu à 36 expositions (1) à travers la France tout au long de cette semaine.

Le sondage demandé par Alliance VITA met en évidence l’importance du besoin d’écoute sur un sujet dont 51% des Français « parlent rarement ou jamais » : ils sont 37% à estimer qu’ils n’ont pas suffisamment pu se confier à une oreille attentive après la mort d’un proche. Les Français gardent principalement en mémoire de leurs proches disparus les derniers moments passés auprès d’eux (43%) et ce que leur vie leur donne comme exemple (40%). Lorsqu’ils pensent à eux, les deux premiers ressentis sont : « de l’amour pour la personne » (38%) et « la fragilité de l’existence » (25%). Et ils sont 81% à exprimer un regret après la mort d’un proche : « ne pas avoir pris assez de temps pour être présent à ses côtés (34%) », « ne pas avoir davantage osé lui exprimer votre affection/amour » (29%) et « ne pas avoir su lui dire au revoir/adieu » (18%).

L’écoute dont les Français attestent le besoin a été déployée de façon inédite à travers l’enquête « Parlons la mort » par les équipes d’Alliance VITA depuis mai 2014. 1021 photographies verbatim ont été recueillies à l’issue de « conversations essentielles » avec des passants abordés dans la rue. Publiées sur les réseaux sociaux, elles ont alimenté la réflexion et les échanges sur un sujet très souvent occulté. Une sélection de ces images a été présentée au cours de cette semaine dans toute la France. Alliance VITA a tiré 12 mots-clés de cette large collection de verbatim : paix, fragilité, intensité, mains, larmes, présence, merci, rencontre, unité, transmission, amour, vie. Ils convergent vers un message essentiel : libérer la parole sur la mort aide à mieux vivre.

Tugdual Derville, Délégué général d’Alliance VITA, explique la raison de ce sondage et son avis sur ses résultats :

« Nous avons réalisé ce sondage dans l’élan de notre enquête nationale Parlons la mort qui vient de s’achever. Ses résultats viennent confirmer les messages que nous ont confiés à cette occasion les personnes rencontrées à propos de la mort d’un proche ; ils rappellent aussi ceux que livrent chaque jour les personnes qui s’adressent à notre service d’aide SOS Fin de vie : la mort est encore un sujet trop souvent tabou ; des millions de nos concitoyens (37%) souffrent de ne pas avoir pu être écoutés en profondeur dans un moment de deuil. On craint trop souvent d’aborder ce sujet alors que, comme nous le constatons dans ce sondage, les personnes qui évoquent leurs souvenirs ou leurs émotions après la mort d’un proche ont des choses positives à partager. Comme si la mort donnait sa valeur à la vie, et spécialement à la relation. Des différences hommes femmes notables que Jérôme Fourquet, directeur de l’IFOP, a soulignées dans sa propre analyse, je retiens celle qui concerne les regrets : les femmes sont davantage centrées sur l’expression de l’affection, et les hommes sur le temps passé ensemble. C’est cette dernière question qui a la valeur d’un message, puisque 81% des personnes regrettent de ne pas avoir fait plus pour leurs proches décédés. Ne passons pas à côté des moments précieux de relations, pendant la vie, jusqu’à sa fin. Parler de la mort donne envie de vivre ces moments plus pleinement. Nous pensons finalement, et ce sondage le confirme, que l’occultation de la mort est une importante source de souffrance et de perte de vitalité pour notre société. D’où la valeur du jour des défunts pour nous donner l’occasion de faire mémoire de nos disparus ».

Plus d’informations sur www.parlonslamort.fr

Les regards croisés sur cette enquête de plusieurs experts (outre Tugdual Derville : Jacques Ricot, philosophe ; Christian de Cacqueray, professionnel du domaine funéraire ; Anne Davigo, spécialiste de l’accompagnement du deuil ; Tanguy Châtel, sociologue spécialiste de la fin de vie) ont été compilés dans un livre à paraître la première quinzaine de novembre : ‘’Parlons la mort : qu’est-ce que la mort nous dit de la vie ?’’. Quelques extraits sont révélés en avant-première dans le dossier de presse (en pièce jointe).

 

(1)    Paris, Lille, Lyon, Toulouse, Strasbourg, Rennes, Tours, etc.