Le 22 Septembre 2026, la Direction de la recherche, des études, de l’évaluation et des statistiques (Drees) a publié son enquête annuelle sur l’IVG qui, au-delà de l’augmentation du nombre d’avortements, montre :
- La hausse des principaux indicateurs.
- Des taux de recours à l’IVG différents selon les départements.
- L’augmentation des IVG hors établissement de santé.
- L’augmentation du nombre de praticiens de l’IVG.
I – Tous les principaux indicateurs sont à la hausse
En 2025, 259 400 interruptions volontaires de grossesse (IVG) ont été enregistrées en France, soit 8130 de plus qu’en 2024. Cela représente une augmentation de + 2,9 % par rapport à 2024 et de + 19% depuis 2021. Parmi ces avortements, 81% sont effectués par voie médicamenteuse (+1 point par rapport à 2024).
Outre le nombre absolu d’IVG en France, les autres indicateurs comme le ratio d’avortement et le taux de recours à l’IVG sont à la hausse.
Le ratio d’avortement qui mesure le rapport entre le nombre d’IVG et le nombre de naissances vivantes, augmente encore en 2025 (0.40 en 2025 c’est-à-dire 40 IVG pour 100 naissances contre 0,38 en 2024. La hausse de cet indicateur illustre la baisse des naissances conjuguée à la hausse des IVG. En 2025, 645 000 bébés sont nés en France soit 2,1 % de moins qu’en 2024 et 24 % de moins qu’en 2010, année du dernier pic des naissances. (Source INSEE).

Le taux de recours à l’IVG, c’est-à-dire le nombre d’IVG pour 1000 femmes en âge de procréer, s’établit à 17.8 IVG pour 1000 femmes, contre 17.3 en 2024.
II – LES DISPARITÉS GÉOGRAPHIQUES DES TAUX DE RECOURS A L'IVG SONT TRÈS MARQUÉS
Le taux de recours à l’IVG est très différent d’un département à un autre avec des taux variant du simple (en Vendée et dans le Bas-Rhin, le taux s’établit à 11,6 IVG pour 1000 femmes) à plus du double (dans le Var le taux est de 24,5 IVG pour 1000 femmes). Cette situation n'est pas nouvelle. La disparité des indicateurs est une constante dans les récentes publications de la Drees.
En 2025, le taux de recours à l’IVG pour l’ensemble des DROM est de 33,0 ‰, le double du taux en France métropolitaine (17,0 ‰). Ce taux s’élève à plus de 45 ‰ en Guadeloupe et en Guyane.
Les taux de recours se stabilisent ou augmentent dans toutes les régions de France à l’exception de la Guyane et de Mayotte où la baisse amorcée en 2023 se poursuit.
III – LES IVG HORS ÉTABLISSEMENTS DE SANTÉ SONT EN FORTE AUGMENTATION
En 2025, 122 646 IVG ont été réalisées hors établissement de santé soit 47 % des IVG. Il s’agit d’une augmentation de +8% par rapport à 2024 et de 60% par rapport aux 76 756 de 2021.
Les IVG pratiquées hors établissement de santé se répartissent ainsi :
- 12 788 en centre de santé ou centre de santé sexuelle,
- 109 858 dans un cabinet libéral.
1 400 IVG ont été réalisées à la suite d’une téléconsultation, soit 180 de moins qu’en 2024.
La téléconsultation, autorisée en 2020, permet d’obtenir les médicaments en pharmacie : 516 pharmacies ont délivré des médicaments pour réaliser une IVG en 2025.
La part d’IVG réalisées hors établissement de santé est plus fréquente dans le Sud de la France, en Île-de-France et dans les DROM. Par exemple en 2025, 56,6% des IVG réalisées par des femmes résidant en Provence-Alpes-Côte d'Azuront eu lieu hors d'un établissement de santé.
Les chiffres par département indiquent des écarts territoriaux très importants. Par exemple, en Haute-Vienne et dans la Creuse, ces IVG représentent 5,8% et 6,6% des IVG. A l’inverse, en Haute-Corse et dans les Alpes Maritimes, ils pèsent respectivement 82,1% et 70,8% et en Guyane et en Guadeloupe, la part des IVG hors établissement de santé atteint respectivement 84,1% et 72,5%.
VI – LE NOMBRE DE PRATICIENS DE L'IVG A NOTABLEMENT AUGMENTÉ
En cabinet libéral, plus de la moitié des IVG sont réalisées par des sages-femmes. En 2025, trois catégories de professionnels effectuent des IVG en cabinet libéral :
- 1 690 sages-femmes ont effectué 59 680 IVG. La pratique de l’IVG par les sages-femmes libérales continue de se développer à un rythme soutenu (+ 15 % par rapport à 2024). Ces 59 680 IVG représentent 54% des IVG effectuées en cabinet libéral.
- 970 médecins généralistes 970 ont pratiqué 22 208 IVG soit 23% des IVG en cabinet libéral.
- 910 gynécologues, médicaux ou obstétriciens ont réalisé 26 490 IVG soit 23% des IVG en cabinet libéral.
En centre de santé ou centre de santé sexuelle :
- 5 510 IVG ont été réalisées par des sages-femmes (43 %),
- 5 450 par des généralistes (44 %),
- et 1 710 par des gynécologues, médicaux ou obstétriciens (13 %).
Ces chiffres montrent que l'offre de professionnels de santé pour pratiquer l'IVG a considérablement augmenté de l’ordre de 59% entre 2020 où on comptait 2358 praticiens et 2025 où ils sont 3749 à réaliser des IVG.
La hausse du nombre d’avortements et de tous les indicateurs qui mesurent l’IVG, conjuguée à l’augmentation du nombre de praticiens montre que l’accès à l’interruption volontaire de grossesse loin d’être freiné est au contraire de plus en plus facilité. Il manque malheureusement des indicateurs et des données qui permettraient d’approcher plus finement la réalité de l’avortement en France. Parce qu’il s’agit d’un acte irréversible qui met des vies en jeu, l’avortement ne devrait jamais s’imposer aux femmes. Face à l’augmentation observée chaque année, il est urgent de conduire une véritable étude sur les causes et les conséquences de l’avortement en France.
Sources :
https://data.drees.solidarites-sante.gouv.fr/explore/dataset/3647_ivg/information