19-05-2016

Portugal : nouvelle loi PMA et GPA adoptée par le parlement


Nouveau-né

Le parlement portugais a adopté le 13 mai 2016 une loi autorisant la gestation pour autrui (GPA) pour les femmes ayant des problèmes d’utérus, ainsi que l’accès à la procréation médicalement assistée (PMA) pour toutes les femmes.

La loi portugaise réservait jusqu’à maintenant l’accès à la PMA aux couples homme-femme mariés ou vivant ensemble depuis au moins deux ans. Elle entend l’ouvrir à toutes les femmes hors condition d’infertilité, célibataires ou vivant en couple de même sexe. Concernant le recours aux mères porteuses, il sera possible en cas d’infertilité médicale liée à l’absence ou au dysfonctionnement d’utérus, et sans contrepartie financière.

Les observateurs ne s’y trompent pas, y voyant un premier pas pour une ouverture plus large ultérieurement,  comme le souligne le quotidien Libération : « Le Portugal met ainsi un pied dans le club des pays européens qui ne font pas de la GPA un tabou » 

La loi a été votée par une courte majorité, les communistes ayant voté contre. Pour être définitivement adoptée, sous réserve de recours au Conseil Constitutionnel, elle doit encore recevoir la signature du président de la République.

Pour Caroline Roux, directrice de VITA International, membre de la coordination No Maternity Traffic, engagée pour l’abolition universelle de la GPA :

 « Le recours aux mères porteuses est une grave atteinte aux droits des femmes, quelles que soient les restrictions qu’entend apporter le parlement portugais. Alors que le parlement européen vient de condamner le recours à la GPA sous toutes ses formes, le Portugal viole gravement le droit des femmes mais aussi celui de l’enfant en instituant un abandon programmé de la mère qui l’a porté. Un enfant ne se cède pas comme un objet, une femme n’est pas à louer, même plus ou moins gratuitement. En ce qui concerne les évolutions de l’accès à la PMA, la société valide désormais que les enfants puissent être délibérément privés de père. Dans tous les cas prévus par cette loi, il est gravissime de constater que les enfants sont victimes d’injustice et de maltraitance originelles pour répondre à des désirs d’adultes. »