Avortement : offensive idéologique, aucune réflexion sur la prévention

Avortement offensive idéologique

Les tenants de l’avortement mettent une nouvelle fois la pression pour modifier la loi sur l’avortement et faire voler en éclat son encadrement, sans étude, ni réflexion sur les moyens de l’éviter aux femmes.

La délégation aux droits des femmes de l’Assemblée nationale a remis, le 16 septembre, un rapport pour le moins partial sur l’accès à l’interruption de grossesse.

Pas moins de 25 recommandations visant à réduire l’encadrement de l’avortement sont présentées, dont les plus emblématiques sont :

  • l’allongement des délais légaux de 12 à 14 semaines de grossesse,
  • l’ajout du critère de « détresse psychosociale » pour recourir à une interruption médicale de grossesse sans délai,
  • l’allongement des délais de l’avortement médicamenteux à domicile de 5 à 7 semaines et
  • la suppression de la clause de conscience spécifique des personnels de santé.

Aucune proposition sur la prévention de l’avortement n’est avancée, alors que la France détient un taux élevé d’avortement avec 224 300 IVG pratiquées en 2018. Ce rapport est pour le moins partial, ne s’appuyant sur aucune étude fiable, ni données vérifiées, spécialement concernant le nombre d’avortements hors délais qui seraient effectués à l’étranger, ni sur leurs causes.

Ce rapport est remis alors qu’une proposition de loi sur « le renforcement du droit à l’avortement » a été déposée, le 26 août dernier, par la députée Albane Gaillot (LREM), cosignée par une quarantaine de députés de différents partis de gauche. Y figurent deux articles :

  • l’allongement des délais de l’IVG de 12 à 14 semaines et
  • la suppression de la clause de conscience spécifique des soignants.

Elle devrait être examinée le 8 octobre prochain à l’occasion d’une niche parlementaire du groupe Ecologie Démocratie Solidarité. Cette proposition a toutes les chances de ne pas être adoptée, mais elle participe à faire avancer l’idéologie de l’avortement sans limite.

En embuscade durant la crise sanitaire

Cette nouvelle offensive a démarré dès le mois de mars, lors de l’examen de la loi d’urgence sanitaire par le Sénat ; un amendement sur l’allongement des délais de 12 à 14 semaines de grossesse avait alors été rejeté par le Sénat. En cause, la réduction du nombre d’avortements au début du confinement, interprétée comme potentiellement provocatrice de dépassement des délais à terme. Mis sous pression, le ministre de la santé Olivier Véran, avait dit étudier, selon les réelles demandes à la fin du confinement, la proposition de qualification d’IMG pour « détresse psychosociale », (autorisant à avorter pendant 9 mois) si la pandémie avait retardé l’IVG.

Finalement, un arrêté publié le 14 avril 2020 autorisait, pendant la crise sanitaire, de porter les délais d’administration de l’avortement médicamenteux à domicile de 5 à 7 semaines de grossesse. Alliance VITA avait alors introduit une requête en excès de pouvoir remettant en cause une pratique qui met en danger les femmes physiquement et psychologiquement.

A nouveau, deux amendements discutés au Sénat avaient été rejetés dans la nuit du 28 mai, lors de l’examen du projet de loi relatif à diverses dispositions liées à la crise sanitaire.

C’est finalement par surprise, pendant la nuit du 1er août, qu’un amendement, ajoutant la « détresse psychosociale » comme critère de recours à l’IMG, a été voté, sans étude ni débat, par moins de 20% des députés. Cette disposition très controversée devrait être remise en cause lors de la seconde lecture du texte par le Sénat. Si la condition des femmes enceintes faisant face à une détresse mérite toute l’attention et le soutien de la société, l’avortement ne doit pas devenir l’issue obligée de toute grossesse imprévue ou vécue dans une situation difficile.

Sur un sujet aussi sensible, Alliance VITA, appelle à une véritable prévention de l’avortement et à la conduite d’une étude épidémiologique sur les 20 dernières années, pour analyser les causes, les conditions et les conséquences de l’avortement. L’avortement ne peut faire l’objet de mesures de circonstance.

D’autre part, Alliance VITA rappelle qu’il n’y a pas de double clause de conscience pour les médecins : cette clause de conscience spécifique concerne non seulement les médecins mais tous les professionnels de santé participant à la pratique de l’avortement (voir à ce sujet notre dossier).

velit, odio dictum Donec massa facilisis ipsum
Share This