[CP] Tour de France de la solidarité : coup d’envoi

[CP] Tour de France de la solidarité : coup d’envoi

Paris, le 6 mars 2012

Tour de France de la solidarité d’Alliance VITA

2012 : la tentation de l’euthanasie

Salle comble le 5 mars à Toulouse pour le coup d’envoi du Tour de France.

Hier soir à Toulouse, plus de 250 personnes sont venues à l’Espace Duranti (mairie de Toulouse) pour rencontrer Tugdual Derville, délégué général d’Alliance VITA et auteur de La Bataille de l’euthanasie (Salvator, 2012), ainsi que le docteur Monique d’Hautefeuille, gériatre, médecin coordinateur en maison de retraite. Comment se passe la fin de vie en France ? Quels sont les besoins et les attentes des personnes âgées ? Comment l’euthanasie avance-t-elle ? Ces questions ont été le fil rouge de cette soirée, dont la conclusion fut la présentation de l’initiative «Accueil en région Toulousaine» une réponse solidaire locale aux besoins de personnes âgées.

Cette soirée est le coup d’envoi du Tour de France de la solidarité qu’entreprend Alliance VITA dans 50 villes de France avant les élections présidentielles du 5 mars au 4 mai 2012 (voir le programme sur www.alliancevita.org). Il s’agit d’un moment historique : plusieurs candidats à l’élection présidentielle ont inscrit la légalisation de l’euthanasie dans leur programme au moment même où l’Assemblée parlementaire du Conseil de l’Europe a explicitement demandé, le 25 janvier 2012, que l’euthanasie soit interdite dans ses 47 Etats membres.

Alliance VITA souhaite sensibiliser les Français aux enjeux de solidarité autour de la fin de vie, face à la tentation de l’euthanasie.

Sur le thème « 2012 : la tentation de l’euthanasie », les intervenants VITA, associés à des témoins et experts de chaque ville-étape éclaireront le débat et répondront à des questions-clés :

  • L’euthanasie est-elle vraiment le dernier recours face à une douleur physique ou psychique jugée « insupportable » ?
  • Comment les soignants et accompagnants qui agissent au quotidien auprès des personnes dépendantes ou en fin de vie vivent-ils les pratiques médicales de fin de vie?
  • Comment décrypter la tentation de l’euthanasie et comment y répondre dans le respect de la dignité de chaque personne ?

 

Les intervenants reflèteront les appels et témoignages reçus par le service SOS fin de vie d’Alliance VITA qui offre une écoute aux personnes confrontées à une fin de vie difficile, au deuil, au suicide… Selon les villes-étapes, interviendront pour Alliance VITA :

  • Le docteur Xavier Mirabel, cancérologue, président, et coordinateur médical de SOS fin de vie ;
  • Tugdual Derville, délégué général. Il a fondé le site d’écoute SOS fin de vie et publie La Bataille de l’euthanasie (Salvator, février 2012) où il décrypte l’orchestration médiatique des 7 grandes affaires d’euthanasie qui ont bouleversé la France ; Le Tour de France de la Solidarité présentera ce livre à chaque étape.
  • Caroline Roux, secrétaire générale et coordonatrice des services d’écoute de VITA ; elle anime des sessions sur le deuil ;
  • Ségolène du Closel, directrice de la communication et du développement, responsable du réseau des équipes VITA.
  • Henri de Soos, directeur des études de VITA ; il est l’animateur du site SOS fin de vie ;

Parce que les actions solidaires pour soutenir les personnes âgées ou en fin de vie sont nombreuses et inventives, VITA saisit l’occasion de son Tour de France pour mettre à l’honneur 50 initiatives locales en faveur des personnes les plus vulnérables.

A suivre sur Twitter : #VITATour
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La gauche condamnée au suicide ?

La gauche condamnée au suicide ?

On peut se féliciter que le débat politique se soit emparé d’un sujet aussi essentiel que l’accompagnement en fin de vie.

Car lorsque les personnes les plus faibles sont menacées, le devoir de l’Etat est de les protéger.

Mais les promesses de campagnes binaires de certains candidats ont conduit à enfermer ce sujet dans les clivages partisans. A tel point qu’il suffit de récuser la logique de l’euthanasie pour se voir reprocher vertement d’appeler à voter à droite et de récupérer politiquement un sujet sensible. Le détracteur pousse parfois jusqu’à enjoindre d’abandonner tout débat et de réserver sa compassion aux sans-abri et aux chômeurs !

Ainsi, l’opposition à la logique d’euthanasie vous classerait immédiatement à droite. Faut-il en déduire que les électeurs de gauche ne peuvent qu’être favorables au suicide assisté ? Les électeurs socialistes auront-ils droit à l’objection de conscience, ou leur bulletin de vote les condamnera-t-il à signer un chèque en blanc à la terrifiante logique de la mort administrée ?

Un alignement des consciences sur l’appartenance politique serait terrifiant et dramatique. Car les victimes de cette logique seraient les malades et les mourants, dont le désespoir serait bradé contre des bulletins de vote.

Alors en faisant des promesses qui engagent la conscience de leur électorat, les candidats ne seraient-ils pas allés trop loin ? Souhaitons qu’ils soient rattrapés par leur conscience ou leurs électeurs avant d’engager le destin de la France.

Euthanasie : Brigades de la mort aux Pays-Bas

A partir du 1er mars 2012, six équipes itinérantes sont mises en place aux Pays-Bas pour pratiquer des euthanasies refusées par les médecins traitants soulevant l’inquiétude de la Société royale des médecins (KNGM).

Financées par l’association néerlandaise de fin de vie volontaire (NVVE), ces équipes composées d’un duo médecin-infirmière s’intègrent dans un projet « macabre » plus vaste de cette association qui compte aussi installer une clinique d’euthanasie à La Haye qui pourrait donner la mort à 1000 patients par an. De sérieuses réserves sont émises par la Société royale de médecins qui regroupe 53 000 médecins : « l’euthanasie est un processus compliqué, à l’issue d’un traitement à long terme d’un patient, basé sur la relation de confiance » confie un des responsables selon l’AFP.

Pour Alliance VITA, cette nouvelle évolution montre combien donner un cadre légal à l’euthanasie est une illusion. Dans les rares pays qui l’ont légalisée, spécialement aux Pays-Bas et en Belgique, on assiste actuellement à des graves dérives.

Aujourd’hui 3100 euthanasies sont officiellement effectuées chaque année dans ce pays où elles ont augmenté de 74% entre 2007 et 2010, sans compter le développement parallèle des euthanasies non déclarées.

Jean-Luc Mélenchon :"Quelle objection opposer au mariage homosexuel ? Aucune."

Source : extrait d’une interview donnée par Jean-Luc Mélenchon au magazine La Vie le 23 janvier 2012

 

« La Vie : Le programme du Front de gauche, c’est « l’humain d’abord ». N’y a-t-il pas une contradiction à être antilibéral sur le plan économique, mais libéral sur les questions de mœurs ? À être pour le mariage et l’adoption homosexuels ?

Jean-Luc Mélenchon : L’orientation sexuelle n’est pas un choix. Elle a même posé de grandes difficultés aux homosexuels compte tenu de l’opposition de la société sur la base de préjugés tels que : « l’homosexualité est un choix individuel » ou « un vice ». Ils assument leur situation et pensent que les amours sont égales en dignité. Dès lors que des gens s’aiment, ils doivent pouvoir vivre ensemble normalement. En 1988, le hasard de la politique m’a mené dans une réunion avec une association appelée Gays pour la liberté. Les membres m’avaient interpellé sur les drames affreux que certains vivaient à la mort de leur compagnon. C’est pourquoi j’ai déposé le premier texte de loi sur le partenariat civil, devenu le pacs. J’ai répondu à un appel humain. Ces gens s’étaient choisis d’amour. Quand des homosexuels ont commencé à me parler de mariage, ça m’a bien fait sourire, car je ne suis pas partisan du mariage pour moi-même ! Ce n’est pas pour le proposer aux autres ! Mais raisonnablement, quelle objection opposer au mariage des homosexuels ? Aucune. La communauté humaine a intérêt à ce que les démarches d’amour soient reconnues et validées par elle. »

Jean-Luc Mélenchon : "Je suis partisan du suicide assisté"

Jean-Luc Mélenchon : "Je suis partisan du suicide assisté"

Interview de Jean-Luc Mélenchon donnée au magazine La Vie le 23 février 2012

“La Vie : La question de l’euthanasie ne figure pas dans le programme du Front de gauche, quelle est votre position personnelle sur le sujet ?

JL Mélenchon : Nous sommes actuellement sous l’empire de la loi Leonetti qui a permis d’améliorer notre humanité. Cette question n’est pas politique au sens étroit du terme. Elle touche à nos convictions les plus profondes. Il y a un devoir de doute. Il faut accepter de s’interroger, de remettre en question ses certitudes. Pour moi, le suicide est l’ultime liberté.

La Vie : Le devoir de l’État est-il d’instaurer un droit à la mort ?

JL Mélenchon : Nous explorons des questions nouvelles. C’est pourquoi il faut s’astreindre au doute méthodique et se méfier des emportements. Pour ma part, je voudrais pouvoir éteindre moi-même la lumière. À supposer que j’en sois empêché, j’aimerais être aidé à passer avec amour par une main fraternelle. C’est pourquoi je suis partisan du suicide assisté. J’ai conscience que cela pose des difficultés. Par exemple : qui doit le faire ? Pour l’avortement, certains médecins ne souhaitent pas pratiquer l’acte. Je le comprends. Mais le droit à l’avortement doit être garanti.”

Dépêche AFP : Euthanasie, des personnalités s’engagent pour "une loi d’ultime liberté"

Paris, 21 février 2012,

Plusieurs personnalités, parmi lesquelles Nathalie Baye, Guy Bedos, Boris Cyrulnik, Benoîte Groult ou Patrick Sébastien, se sont engagées pour la légalisation de l’euthanasie, a indiqué mercredi un communiqué de l’Association pour le droit de mourir dans la dignité (ADMD).

Le texte, signé par une cinquantaine de personnalités, demande aux candidats à la présidentielle de « prendre l’engagement solennel », s’ils sont élus, « de déposer très rapidement un texte de légalisation devant le Parlement, afin que la France rejoigne les pays de liberté qui ont déjà légiféré ».

L’ADMD cite notamment, parmi les premiers signataires de ce texte « pour une loi d’ultime liberté », les comédiennes Nathalie Baye et Mylène Demongeot, les chanteurs Hugues Aufray, Sheila, Stone, les humoristes Guy Bedos et Patrick Sébastien, les écrivains Noëlle Châtelet, Christiane Collange, Régine Deforges, Gilles Perrault, le psychanalyste Boris Cyrulnik et le philosophe André Comte Sponville, les politiques Anne Hidalgo, Jean-Paul Huchon, Noël Mamère…

L’association, présidée par Jean-Luc Romero, organisera le 24 mars un rassemblement pour le droit de mourir dans la dignité place de la République à Paris, suivi d’une réunion publique au Cirque d’Hiver-Bouglione.

De son côté l’Alliance Vita, opposée à l’euthanasie, lancera, du 5 mars au 27 avril, un « Tour de France de la solidarité », dans 50 villes, « afin de sensibiliser le grand public aux enjeux de solidarité autour de la fin de vie ».

F. Hollande pour l'embryon cobaye

François Hollande a rendu visite au Génopole d’Evry ce mercredi 22 février 2012. Cet ensemble regroupe un hôpital, 70 entreprises et 20 laboratoire sur un même site.
A cette occasion, il s’est prononcé pour la modification de la loi bioéthique du 7 juillet 2011, de façon à autoriser la recherche sur les cellules souches embryonnaires. Cette recherche est aujourd’hui interdite dans son principe, mais avec de larges dérogations.
Lire plus d’informations.
[su_spoiler title= »Voici la transcription de son discours »]
[…]Et le XXe siècle, hélas, est l’histoire tragique de l’instrumentalisation de la science, pour une cause funeste. L’homme a toujours été, à la fois tenté par le dépassement de lui-même, et parfois par la folie qui s’empare de lui, lorsqu’il s’agit justement de l’éternité. Il a volé parfois le feu pour de très mauvais usages, et en même temps, ça n’a pas empêché que l’humanité avance. Donc il convient de distinguer la science des usages qui peuvent en être faits. C’est tout l’enjeu de l’éthique. Pour donner une illustration à mon propos, la crise environnementale que nous connaissons, tient, à l’évidence, à un mauvais usage, du progrès, de la croissance. Et en même temps, elle ne sera réglée que par le progrès, la science, la technologie. Tout est affaire, à la fois de connaissance humaine, et de décision politique pour maîtriser la marche en avant, vers le progrès. La science, ces dernières années, à la fois fascine et fait peur, surtout quand la méfiance est entretenue par des nostalgiques, des frileux, des apeurés, des conservateurs ou euh les porteurs de dogme, qui posent des tabous, et qui empêchent la science, de connaître de nouvelles étapes, de son accomplissement. Nous vivons une forme de crise de l’avenir et, pour partie, elle est liée à cette montée de l’irrationnel, lorsque l’émotion se substitue à la raison, lorsque l’invective se substitue à l’argumentation. Donc je veux revenir à ce qu’exige la science : une humilité, une obstination, une imagination, une liberté, et en même temps, l’esprit critique. C’est cette alliance, c’est cette conjugaison, qui va nous permettre d’avancer. Vous savez que j’ai voulu consacrer à cette campagne une priorité. Priorité à l’éducation, à l’enseignement supérieur, à la recherche, à la connaissance. C’est à la fois pour des raisons de compétitivité, c’est ce qui permettra à l’économie française d’être meilleure qu’elle n’est aujourd’hui dans la mondialisation. C’est aussi pour des raisons de progrès humain, d’amélioration de la qualité de notre société, et enfin, c’est pour une cause, la plus belle qui soit, qui est celle de la promotion de chacun, de sa réussite, de son accomplissement, de son émancipation. Voilà pourquoi le choix de la connaissance, de l’éducation, du savoir, de la recherche, est à la fois un choix de valeurs et une certaine idée de la France. Je fais donc confiance à la science, ce qui signifie de donner aux chercheurs les moyens financiers, matériels, législatifs pour qu’ils aient la considération qu’ils méritent de la part de la nation. (3’26 »)Et en même temps, je veux poursuivre le débat éthique. La France a toujours été à l’avant-garde de cette réflexion, il y a de ce point de vue des principes intangibles, et qui ont toujours été posés, à travers les grandes lois que nous avons pu faire voter, ou dont nous avons été à l’origine. Ces deux principes, je les rappelle, c’est le respect de la dignité humaine et la non-marchandisation du vivant. Sur le plan médical, développement embryonnaire, procréation, neurosciences, vieillissement, nutrition, maladies infectieuses, nous avons besoin des sciences de la vie pour faire des sauts très importants dans les niveaux de connaissance. La valorisation des connaissances recèle un potentiel économique considérable. On évalue à 20% du PIB la part des biotechnologies dans les pays développés à l’horizon 2030-2040, c’est considérable. Or, nous le savons, dans les sciences de la vie, il y a beaucoup à attendre de ce que l’on appelle les cellules souches embryonnaires. Notamment pour comprendre le processus de la fécondation, pour étudier la conservation des embryons, et pour faire progresser la compréhension des mécanismes de certains cancers. A long terme, pour ouvrir la voix des thérapies de médecines régénérative utilisant les capacités de différenciation des cellules souches. (4’55 ») J’ai donc compris, dans ce qui m’était présenté, que nous avions besoin de ces cellules souches, qui sont en plus euh éternelles, pour reconstituer ce qui va manquer dans l’organisme humain. La recherche sur ces cellules est donc riche de promesses. Pour améliorer la compréhension des mécanismes biologiques des tout premiers instants de la vie, et permettre à terme de soigner, et de sauver des vies. Pourtant, la recherche sur ces cellules est contrariée aujourd’hui dans notre pays par un dispositif législatif adopté par la majorité sortante. Il affiche officiellement une interdiction. Certes, c’est vrai, il autorise au final des recherches par un système de dérogation, mais où est la clarté ? Où est le courage dans cette façon de faire ? Nous en payons déjà le prix fort. C’est-à-dire [que] nous perdons l’avance que nous avons dans des domaines de l’innovation thérapeutique, ce qui est une excellence française, plébiscitée par tant de chercheurs, chercheurs auxquels je veux rendre hommage. Il y avait une loi bioéthique qui avait été votée en 2002, à l’assemblée nationale et au sénat, et qui permettait ces recherches. La loi définitive, adoptée en 2004, les a interdites, en assortissant cette interdiction de dérogations et d’un moratoire. La loi de 2011 a supprimé le moratoire, mais a continué à maintenir l’interdiction avec dérogation. Je ne veux pas me satisfaire de cette situation. Et puisque je suis devant les Français, à l’occasion de cette campagne, je veux prendre un engagement : Si les Français m’accordent leur confiance le 6 mai prochain, je demanderais au parlement de modifier la loi de bioéthique de 2011 afin d’autoriser la recherche sur les cellules souches embryonnaires. Aucune raison sérieuse ne s’y oppose. Une cellule souche embryonnaire n’est pas un embryon et il n’y a aucune objection, au nom de l’éthique, à refuser à des chercheurs de travailler sur des cellules qui sont de toute façon destinées à être éliminées. Certes, des limites sont toujours nécessaires, et la recherche sur ces cellules devra être encadrée, soumise à des autorisations préalables, délivrées par l’agence de biomédecine, de manière à éviter toute marchandisation du corps humain. Cet encadrement se fera d’ailleurs dans le respect des bonnes pratiques internationales. Ainsi, en modifiant la loi bioéthique, en permettant donc la recherche sur les cellules souches embryonnaires, nous rattraperons notre retard sur d’autres pays qui ont clarifié depuis plus longtemps que nous leur position. Je pense au Royaume-Uni, à la Belgique, aux Etats-Unis, au Japon, à la Suède, au Brésil. Nous favoriserons aussi le retour de post-doctorants, qui sont hélas partis effectuer leur recherche dans ces pays-là, au détriment de connaissances qui auraient pu être déployées ici. Voilà le message que je voulais prononcer dans ce lieu hautement symbolique et avec tout le poids de la recherche qui est derrière moi, c’est dire la pression… Et en même temps, c’est dire aussi l’enjeu. C’est un enjeu à la fois de recherche, mais aussi de santé publique et aussi d’accès à des technologies qui nous permettront demain d’être encore meilleurs dans les soins. Il nous faudra faire, je le sais, beaucoup plus en matière d’efforts de recherche, de simplification, de sécurisation des financements, de décloisonnement des disciplines, ou encore de développement d’écosystèmes comme ici. Nous avons la preuve qu’ils sont favorables à l’innovation. Mais je veux, à travers cette rencontre avec les Français, sur un sujet qui est celui de la science, qui est celui de la connaissance, qui est celui de la recherche, qui est celui aussi de l’éthique, de savoir ce qui est possible et ce qui ne l’est pas dans une société organisée, je veux faire débattre, mais je veux faire avancer notre pays, et donc, pour cette belle cause de la recherche, mais aussi de l’amélioration de la condition humaine, pour faire en sorte que ceux qui sont atteints par des maladies, ou ceux qui ont besoin de soins, de sollicitude ou tout simplement d’espérance, puissent savoir que dans certaines limites, qui sont posées
par le législateur, des recherches seront possibles, notamment à partir de ces cellules souches embryonnaires, qui sont, c’est vrai, un vecteur de recherche et une source d’espérance. Donc merci à vous chercheurs d’y contribuer, merci de m’avoir invité, et je souhaite que, les français me donnant leur confiance, nous puissions faire évoluer les lois de bioéthique avec toujours le souci de respecter les principes qui sont les nôtres de dignité de la condition humaine, de non-marchandisation du vivant, et en même temps, du souci du progrès de la recherche. Et de la connaissance. Merci. »
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F.Hollande : "Il faut autoriser les recherches sur les cellules souches embryonnaires"

François Hollande, en visite au Génopole d’Evry mercredi 22 février 2012, s’est prononcé pour la recherche sur les cellules souches embryonnaires.
Extraits de son discours :
« …Et le XXe siècle, hélas, est l’histoire tragique de l’instrumentalisation de la science, pour une cause funeste. L’homme a toujours été, à la fois tenté par le dépassement de lui-même, et parfois par la folie qui s’empare de lui, lorsqu’il s’agit justement de l’éternité. Il a volé parfois le feu pour de très mauvais usages, et en même temps, ça n’a pas empêché que l’humanité avance. »
 » C’est […] pour des raisons de compétitivité, c’est ce qui permettra à l’économie française d’être meilleure qu’elle n’est aujourd’hui dans la mondialisation. »
« Et en même temps, je veux poursuivre le débat éthique. La France a toujours été à l’avant-garde de cette réflexion, il y a de ce point de vue des principes intangibles […]. Ces deux principes, je les rappelle, c’est le respect de la dignité humaine et la non-marchandisation du vivant. »
« Sur le plan médical, développement embryonnaire, procréation, neurosciences, vieillissement, nutrition, maladies infectieuses, nous avons besoin des sciences de la vie pour faire des sauts très importants dans les niveaux de connaissance. La valorisation des connaissances recèle un potentiel économique considérable. On évalue à 20% du PIB la part des biotechnologies dans les pays développés à l’horizon 2030-2040, c’est considérable. »
« Or, […] il y a beaucoup à attendre de ce que l’on appelle les cellules souches embryonnaires. Notamment pour comprendre le processus de la fécondation, pour étudier la conservation des embryons, et pour faire progresser la compréhension des mécanismes de certains cancers. A long terme, pour ouvrir la voix des thérapies de médecine régénérative utilisant les capacités de différenciation des cellules souches. »
« La recherche sur ces cellules est donc riche de promesses. »
« Pourtant, la recherche sur ces cellules est contrariée aujourd’hui dans notre pays par un dispositif législatif adopté par la majorité sortante. Il affiche officiellement une interdiction. Certes, c’est vrai, il autorise au final des recherches par un système de dérogation, mais où est la clarté ? Où est le courage dans cette façon de faire ? Nous en payons déjà le prix fort. C’est-à-dire [que] nous perdons l’avance que nous avons dans des domaines de l’innovation thérapeutique, ce qui est une excellence française. »
 » La loi [continue] à maintenir l’interdiction avec dérogation. Je ne veux pas me satisfaire de cette situation. »
 » Si les Français m’accordent leur confiance le 6 mai prochain, je demanderais au parlement de modifier la loi de bioéthique de 2011 afin d’autoriser la recherche sur les cellules souches embryonnaires. Aucune raison sérieuse ne s’y oppose. »
« Une cellule souche embryonnaire n’est pas un embryon et il n’y a aucune objection, au nom de l’éthique, à refuser à des chercheurs de travailler sur des cellules qui sont de toute façon destinées à être éliminées. »
« Certes, des limites sont toujours nécessaires, et la recherche sur ces cellules devra être encadrée, soumise à des autorisations préalables, délivrées par l’agence de biomédecine, de manière à éviter toute marchandisation du corps humain. Cet encadrement se fera d’ailleurs dans le respect des bonnes pratiques internationales. Ainsi, en modifiant la loi bioéthique, en permettant donc la recherche sur les cellules souches embryonnaires, nous rattraperons notre retard sur d’autres pays qui ont clarifié depuis plus longtemps que nous leur position. Je pense au Royaume-Uni, à la Belgique, aux États-Unis, au Japon, à la Suède, au Brésil. Nous favoriserons aussi le retour de post-doctorants, qui sont hélas partis effectuer leur recherche dans ces pays-là, au détriment de connaissances qui auraient pu être déployées ici. »
 » […] je veux faire avancer notre pays, et donc, pour cette belle cause de la recherche, mais aussi de l’amélioration de la condition humaine, pour faire en sorte que ceux qui sont atteints par des maladies, ou ceux qui ont besoin de soins, de sollicitude ou tout simplement d’espérance, puissent savoir que dans certaines limites, qui sont posées par le législateur, des recherches seront possibles, notamment à partir de ces cellules souches embryonnaires, qui sont, c’est vrai, un vecteur de recherche et une source d’espérance.  »
 » […] je souhaite que, les français me donnant leur confiance, nous puissions faire évoluer les lois de bioéthique avec toujours le souci de respecter les principes qui sont les nôtres, de dignité de la condition humaine, de non-marchandisation du vivant, et en même temps, du souci du progrès de la recherche. Et de la connaissance. »

F. Hollande pour "mourir dans la dignité"

F. Hollande pour "mourir dans la dignité"

Extrait d’une interview de François Hollande sur BFM TV le 19 février 2012 (à partir de 9’50”)

Source : BFM-TV Q : Monsieur Hollande, je change de sujet, je dois dire que je n’ai pas compris votre position sur l’euthanasie, je n’ai pas compris.

R : Vous savez que, dans le texte sous les yeux, le mot euthanasie n’est pas utilisé, ma position, c’est le droit de mourir dans la dignité, qu’est-ce que ça veut dire…

Q : Quelle est l’évolution par rapport à la loi actuelle ?

R : La loi actuelle, parlons-en : la loi Léonetti, c’était un progrès, puisqu’elle a permis que des personnes qui sont en fin d’existence puissent avoir un soulagement de leur souffrance. Ce qu’on appelle les soins palliatifs. J’ai moi-même une expérience personnelle là-dessus. J’ai vécu une situation, de ma mère en l’occurrence, qui était dans cette situation de soins palliatifs. Il y a trop peu de soins palliatifs en France ; il y a 110 unités, il en faudrait davantage. Il y a trop peu de lits de soins palliatifs. Il y a trop peu de soins palliatifs au domicile. Ça c’est déjà de mettre davantage de soins pour soulager la souffrance et terminer la vie dans des conditions dignes. Ensuite il y a la question d’une souffrance prolongée, insupportable, souffrance psychologique qui ne peut pas être atténuée et avec là une décision d’intervention, c’est là que nous sommes dans un débat extrêmement sensible, et qui supposera donc que nous ayons une réflexion qui conduira à ce que dans certaines conditions, avec bien sûr l’avis de la personne, bien sûr la décision de la personne…

Q : Quand elle est en état de…

R : Quand elle est en état de, la famille, quatre médecins, pour à ce moment-là décider. Ce sont des décisions exceptionnelles mais vous savez qu’il y a eu des cas, des cas très douloureux, qui ont été d’ailleurs l’objet d’affaires retentissantes, vous savez qu’aujourd’hui …

Q : C’est vraiment de l’euthanasie, ça…

R : Non, c’est l’intervention d’un acte, qui intervient, parce que le médecin intervient, parce qu’il y eu la décision qui a été prise, commune. Mais vous savez qu’aujourd’hui nous sommes dans l’hypocrisie. On cite un chiffre, je ne sais pas s’il est vrai parce que personne ne peut le connaître, il y a 7 à 8000 cas où il y a l’intervention aujourd’hui, hors tout cadre légal.

Q : C’est le chiffre gris…

R : C’est le chiffre gris. Je pense que nous méritons sur ces questions-là…, et je pense que là nous ne sommes pas sur la gauche, sur la droite, nous sommes sur des sujets qui peuvent d’ailleurs concerner chacun d’entre nous, dans sa famille, nous sommes sur des sujets d’honneur et de dignité de la personne humaine, et donc nous devons faire un grand débat, améliorer les soins palliatifs et trouver les réponses les plus appropriées.

—————————————————————————- Ces précisions complètent celles données sur Marianne2.fr le 17 février, pour expliquer la proposition n° 21 de son programme présidentiel. Voir également le communiqué de presse d’Alliance VITA du 17 février 2012, sur ce même sujet.

 

[CP] Tour de France VITA dans 50 villes

Communiqué de presse

Paris, le 21 février 2012

50 villes accueillent le Tour de France de la solidarité d’Alliance VITA 2012 : la tentation de l’euthanasie

Alors que plusieurs candidats à l’élection présidentielle ont inscrit la légalisation de l’euthanasie dans leur programme et que certains se sont exprimés ces derniers jours sur ce sujet ; alors que l’Assemblée parlementaire du Conseil de l’Europe a explicitement demandé, le 25 janvier 2012, que l’euthanasie soit interdite par ses 47 Etats membres, Alliance VITA lance le Tour de France de la solidarité, sur la fin de vie. Le Tour passera dans 50 villes de France (voir le programme sur www.alliancevita.org) afin de sensibiliser le grand public aux enjeux de solidarité autour de la fin de vie. Le Tour de France se déroule avant l’élection présidentielle, du 5 mars au 27 avril 2012.

Coup d’envoi à Toulouse, le 5 mars à 20h30.

Sur le thème « 2012 : la tentation de l’euthanasie », les intervenants VITA, associés à des témoins et experts de chaque ville-étape éclaireront le débat et répondront à des questions-clés :

• L’euthanasie est-elle vraiment le dernier recours face à une douleur physique ou psychique jugée « insupportable » ?

• Comment les soignants et accompagnants qui agissent au quotidien auprès des personnes dépendantes ou en fin de vie vivent-ils les pratiques médicales de fin de vie?

• Comment décrypter la tentation de l’euthanasie et comment y répondre dans le respect de la dignité de chaque personne ?

Les intervenants reflèteront les appels et témoignages reçus par le service SOS fin de vie d’Alliance VITA (www.sosfindevie.org) qui offre une écoute aux personnes confrontées à une fin de vie difficile, au deuil, au suicide…

Selon les villes-étapes, interviendront pour Alliance VITA :

• Le docteur Xavier Mirabel, cancérologue, président, et coordinateur médical de SOS fin de vie ;

• Tugdual Derville, délégué général. Il a fondé le site d’écoute SOS fin de vie et publie La Bataille de l’euthanasie (Salvator, février 2012) où il décrypte l’orchestration médiatique des 7 grandes affaires d’euthanasie qui ont bouleversé la France ;

Le Tour de France de la Solidarité présentera ce livre à chaque étape.

• Caroline Roux, secrétaire générale et coordonatrice des services d’écoute de VITA ; elle anime des sessions sur le deuil ;

• Henri de Soos, directeur des études de VITA ; il est l’animateur du site SOS fin de vie ;

• Ségolène du Closel, directrice de la communication et du développement, responsable du réseau des équipes VITA.

Parce que les actions solidaires pour soutenir les personnes âgées ou en fin de vie sont nombreuses et inventives, VITA saisit l’occasion de son Tour de France pour mettre à l’honneur 50 initiatives locales en faveur des personnes les plus vulnérables.

A suivre sur Twitter : #VITATour

Nicolas Sarkozy: "la fin de vie ne doit pas être instrumentalisée"

Nicolas Sarkozy: "la fin de vie ne doit pas être instrumentalisée"

Extrait du discours tenu par Nicolas Sarkozy à Marseille le 19 février 2012, lors de son premier meeting de campagne présidentielle, concernant la fin de vie et le débat sur l’euthanasie.

 

Sourcevidéo du discours (34ème minute) (…)

“Un jour on annonce la légalisation de l’euthanasie. Un autre jour, on déclare que l’on a mal compris. Mais la fin de la vie, mes chers amis, est un sujet trop douloureux ; c’est un sujet dont je suis certain qu’il ne doit pas être instrumentalisé. Parce que l’euthanasie, c’est une question qui engage tant de choses profondes et intimes. C’est un dilemme profondément humain que la loi sans doute, comme elle le fait déjà, cher Jean Leonetti, peut encadrer mais qu’à mes yeux elle ne doit pas trancher.”

Voir également le communiqué de presse d’Alliance VITA du 17 février 2012, sur ce même sujet.

Eva Joly : « Pas de position arrêtée sur le recours à la GPA »

Extrait d’une réponse d’Eva Joly sur la question de la GPA à l’Association des parents et futurs parents gays et lesbiens, publiée le 17 février 2012.

 

« La gestation pour autrui

EELV, comme la plupart des formations politiques françaises, n’a pas de position arrêtée sur le recours à la GPA. C’est une question très polémique et les parlementaires, tout comme les militants et les militantes, sont très partagés.

Le débat existe au sein de notre parti, et nous souhaitons qu’un tel débat puisse être lancé au niveau national, afin que cette question puisse être débattue de manière démocratique.

En tout état de cause, nous considérons qu’il est absolument nécessaire de résoudre la situation juridique des enfants nés par GPA à l’étranger devenus de véritables fantômes de l’état civil en France.

Nous considérons que la nullité des conventions de gestation pour autrui ne saurait pénaliser l’enfant et le priver de l’établissement de sa filiation sur le territoire français.

Nous souhaitons donc rendre automatique la transcription des actes de naissance de ces enfants, afin de résoudre les situations terribles dans lesquels certains parents, qui ont recouru à une telle pratique, se trouvent aujourd’hui.

Ainsi, certains parents se trouvent bloqués durant plusieurs mois dans le pays de naissance de l’enfant à défaut d’avoir pu obtenir un titre de circulation (laisser-passer consulaire), les privant ainsi non seulement du droit de mener une vie familiale normale, mais également de leur activité professionnelle.

Les enfants nés par gestation pour autrui doivent pouvoir bénéficier, comme tous les enfants, quel que soit leur mode de conception, de la citoyenneté française.

C’est pourquoi EELV prône la mise en œuvre d’instructions strictes en direction des représentations françaises à l’étranger, aux termes desquelles la transcription des actes de naissance d’enfant né d’une GPA à l’étranger ne pourra pas être refusée.

Ainsi, ces enfants, dont l’un ou l’une des parents au moins est français, pourront légitimement bénéficier de la citoyenneté française, qui aujourd’hui, leur est refusée. »

Eva Joly : "L'ouverture du mariage pour tous les couples"

Source : Extrait d’une réponse d’Eva Joly  à l’Association des parents et futurs parents gays et lesbiens, publiée le 17 février 2012.
 
« L’ouverture du mariage pour tous les couples, indépendamment de leur orientation sexuelle
EELV est la première formation politique a s’être prononcée, dès le début des années 2000, pour le droit pour les couples de même sexe de se marier et de fonder une famille dans les mêmes conditions que les couples de sexes différents.
Le mariage de Bègles, célébré le 5 juin 2004 par le maire écologiste Noël Mamère, constitue à cet égard l’illustration de notre volonté de faire avancer non seulement la loi mais également les mentalités sur cette question en créant les conditions d’un débat public.
La même année, les parlementaires écologistes déposaient une proposition de loi modifiant le code civil et prévoyant que « Le mariage est l’union célébrée par un officier d’état civil entre deux personnes de même sexe ou de sexe différent, ayant toutes deux dix-huit ans révolus ».
Nous considérons que l’interdiction du mariage des couples de même sexe constitue une discrimination institutionnelle qui fait perdurer une inégalité de traitement intolérable uniquement fondée sur l’orientation sexuelle.
Les couples de même sexe doivent pouvoir bénéficier de tous les droits conférés aux couples de sexes différents : le mariage, mais également le droit d’adopter et de fonder une famille dans les conditions qu’ils auront choisies.
L’ouverture du mariage conditionne l’accès à tous les autres droits dont sont aujourd’hui privés les couples de même sexe : l’adoption conjointe, l’adoption simple de l’enfant du conjoint ou de la conjointe, et l’accès aux techniques de procréation médicalement assistées.
 
L’accès à l’adoption conjointe par les couples de même sexe
L’égalité de tous les couples ne saurait être effective sans l’ouverture du droit pour les couples de même sexe d’adopter de manière conjointe, sans distinction liée à l’orientation sexuelle.
EELV ne conçoit pas d’égalité des droits entre personnes homosexuelles et personnes hétérosexuels sans ouverture complète du droit d’adopter pour tous les couples, quelque soit l’orientation sexuelle de ceux ou de celles qui le composent.
 
L’adaptation de notre droit aux réalités des familles homoparentales
La reconnaissance du lien de filiation des enfants vis-à-vis de tous leurs parents dans les différentes configurations homoparentales est un enjeu majeur notre formation politique.
Les familles homoparentales présentent aujourd’hui un visage protéiforme et la parenté découle le plus souvent de situations divers, que ce soit dans les modes de conception de l’enfant (insémination artificielle, adoption, gestation pour autrui, rapport hétérosexuel) que dans la configuration familiale (projet de coparentalité entre deux couples de même sexe, entre un couples de même sexe et une femme, ou entre une personne homosexuelle célibataire et une personne hétérosexuelle).
Un enfant peut ainsi avoir deux pères et deux mères, deux pères et une mère, ou deux mères, ou deux pères.
Cette singularité de la construction des familles homoparentales nécessite une adaptation de notre droit, qui ne reconnaît malheureusement que l’existence exclusive d’un seul père et d’une seule mère.
Ainsi, notre droit nie aux autres membres du foyer toute existence juridique, en dépit de l’existence de liens affectifs et sociaux forts entre eux ou elles et l’enfant. EELV appelle de ses vœux, depuis plusieurs années, une reconnaissance juridique des liens affectifs et sociaux qui peuvent s’établir dans le cadre des familles homoparentales.
Nous prônons des aménagements de la loi fondés sur l’éthique de la responsabilité et sur la co-parentalité afin d’offrir à l’enfant une réelle protection de ses liens en le faisant appartenir à un cercle familial élargi.
Nous sommes sensibles à la souffrance du parent non biologique et souhaitons que notre droit puisse répondre à ces souffrances par des outils juridiques adaptés.
C’est d’ailleurs pour cette raison que nous avons développé, au côté d’une amélioration du cadre juridique de la délégation partage d’autorité parentale, une position cohérente et équilibrée sur la possibilité d’autoriser l’adoption simple de l’enfant du partenaire.
Nous considérons que la délégation d’autorité parentale, procédure souple qui permet de bénéficier de prérogatives (emmener l’enfant chez le médecin etc..) doit impérativement être complétée par la possibilité pour le co-parent ou la co-parente d’adopter l’enfant biologique de son partenaire ou de son concubin.
Seule une reconnaissance légale d’un lien de parenté, au delà de la parentalité, est de nature à offrir à l’enfant une protection complète et solide conforme à son intérêt et garantissant, que ce soit du vivant de ses parents ou à leur mort, une protection affective et matérielle garantissant son épanouissement.
Ce dispositif ne privera pas le parent biologique de ses droits, dans la mesure où il pourra être complété d’une délégation partage d’autorité parentale.
Aujourd’hui, cette possibilité est refusée par la Cour de cassation, qui considère que l’adoption de l’enfant est réservée aux couples mariés.
Nous considérons qu’une telle discrimination est absolument injustifiée, et que la reconnaissance légale du deuxième parent ne saurait être conditionnée par le statut matrimonial des parents. Seuls doivent être pris en considération l’intensité des liens qui, au sein d’un foyer, lient l’enfant à son deuxième parent.
D’ailleurs, les parlementaires écologistes sont les premiers à avoir déposé une proposition de loi dans ce sens au Sénat. »
 

Nicolas Sarkozy: "la fin de vie ne doit pas être instrumentalisée"

François Bayrou et l’euthanasie : "La loi Leonetti, équilibre à préserver"

Le Généraliste le 17 février 2012 (extraits sur le Figaro.fr du 16 février 2012)

Le candidat centriste François Bayrou propose la mise en place d’un “bouclier santé” pour les “faibles revenus” et se dit contre la légalisation de l’euthanasie, dans un entretien à l’hebdomadaire Le Généraliste.

Le candidat centriste se prononce contre une évolution de la législation sur la fin de vie mais pour une meilleure information des patients et de leur famille.

La loi Leonetti en vigueur, relative aux droits des malades et à la fin de vie “constitue un équilibre qu’il faut préserver car elle évite deux écueils que je ne souhaite pas : d’un côté l’acharnement thérapeutique et de l’autre l’euthanasie qui porte un risque non négligeable de comportements contraire à nos valeurs”, déclare-t-il.

F. Hollande pour "mourir dans la dignité"

[CP] François Hollande et l’euthanasie : VITA appelle à la clarification

Communiqué de presse

Paris le 17 février 2012

Alliance VITA réagit aux déclarations de François Hollande au magazine Marianne 2 ce 17 février 2012. Dans cette interview, le candidat socialiste ne serait « pas favorable à l’euthanasie » (Voir note 1). Une telle posture ne peut qu’entretenir le flou, puisque la mesure 21 du même candidat, publiée le 25 janvier 2012 (Voir note 2), comporte bel et bien le projet d’une légalisation de l’euthanasie. De plus, une proposition socialiste pour légaliser l’euthanasie vient à nouveau d’être déposée au Sénat (Voir note 3).

Par ailleurs, la déclaration de François Hollande sur Marianne 2 assortit sa posture « défavorable » d’une adhésion « dans quelques très rares cas » (Voir note 1). « Or, comme pour la peine de mort, l’interdit du meurtre perd tout son sens à partir du moment où il connait certaines exceptions. C’est en effet toujours par de prétendues exceptions qu’adviennent les plus graves transgressions, et, d’exception en exception, l’on glisse inéluctablement vers leur banalisation » explique Tugdual Derville, Délégué général d’Alliance VITA et auteur de La Bataille de l’euthanasie (Salvator, février 2012). « Lorsque François Hollande s’interroge : « A quel moment décider ou non d’arrêter les soins palliatifs, même si la souffrance, grâce à eux, est amoindrie ? », il révèle sa totale ignorance de ce que sont les soins palliatifs. »

C’est pourquoi le docteur Xavier Mirabel, président d’Alliance VITA et expert médical du site d’écoute SOS fin de vie, « demande solennellement au candidat socialiste de :

• clarifier son opposition à l’euthanasie ;

• se désolidariser de la proposition de loi du 31 janvier 2012 déposée par des sénateurs socialistes ;

• ne pas céder à la revendication de l’Association pour le droit de mourir dans la dignité. Son président, Jean-Luc Romero, élu du Conseil régional d’Ile-de-France apparenté PS, s’était publiquement félicité de l’adhésion de François Hollande à l’euthanasie. »

 

Les citations :

 

1. Extrait de Marianne 2 – 17 février 2012 – ITV de François Hollande

http://www.marianne2.fr/Exclusif-Hollande-replique-a-Sarkozy-sur-les-valeurs_a215568.html

– L’euthanasie :

« Je n’y suis pas favorable »

« L’euthanasie, je n’y suis pas favorable. Je suis pour le droit de mourir dans la dignité. Aujourd’hui, il y a de 10 000 à 15 000 lits pour les soins palliatifs, il en faudrait le double. A quel moment décider ou non d’arrêter les soins palliatifs, même si la souffrance, grâce à eux, est amoindrie ? Il faut avoir une expression de la personne, de la famille, des médecins qui doivent être consultés, et à ce moment-là, dans quelques très rares cas, il s’agit de faire un acte de compassion qui va soulager non la famille, mais la personne. »

2. La proposition 21 du programme de François Hollande du 25 janvier 2012 :

« Je proposerai que toute personne majeure en phase avancée ou terminale d’une maladie incurable, provoquant une souffrance physique ou psychique insupportable, et qui ne peut être apaisée, puisse demander, dans des conditions précises et strictes, à bénéficier d’une assistance médicalisée pour terminer sa vie dans la dignité. »

3. Proposition de Jean-Pierre Godefroy, sénateur PS

http://www.senat.fr/dossier-legislatif/ppl11-312.html

Texte n° 312 (2011-2012) de M. Jean-Pierre GODEFROY et plusieurs de ses collègues, déposé au Sénat le 31 janvier 2012

Extrait de la Proposition de loi

PROPOSITION DE LOI

Article 1er

L’article L. 1110-9 du code de la santé publique est complété par un alinéa ainsi rédigé :

« Toute personne capable majeure, en phase avancée ou terminale d’une affection accidentelle ou pathologique grave et incurable, lui infligeant une souffrance physique ou psychique qui ne peut être apaisée ou qu’elle juge insupportable, peut demander à bénéficier, dans les conditions prévues au présent titre, d’une assistance médicalisée permettant, par un acte délibéré, une mort rapide et sans douleur. »

F. Hollande pour "mourir dans la dignité"

François Hollande : "L’euthanasie, je n’y suis pas favorable"

Extrait d’une interview donnée par François Hollande à Marianne2.fr

Source : Marianne2.fr du 17 février 2012

« L’euthanasie, je n’y suis pas favorable. Je suis pour le droit de mourir dans la dignité. Aujourd’hui, il y a de 10 000 à 15 000 lits pour les soins palliatifs, il en faudrait le double. A quel moment décider ou non d’arrêter les soins palliatifs, même si la souffrance, grâce à eux, est amoindrie ? Il faut avoir une expression de la personne, de la famille, des médecins qui doivent être consultés, et à ce moment-là, dans quelques très rares cas, il s’agit de faire un acte de compassion qui va soulager non la famille, mais la personne. »

Rappel de la proposition n°21 du projet présidentiel de François Hollande

“Je proposerai que toute personne majeure en phase avancée ou terminale d’une maladie incurable, provoquant une souffrance physique ou psychique insupportable, et qui ne peut être apaisée, puisse demander, dans des conditions précises et strictes, à bénéficier d’une assistance médicalisée pour terminer sa vie dans la dignité “.

Eva Joly : "Autoriser la PMA sur le territoire français pour toute femme qui le désire."

Source : Extrait d’une réponse d’Eva Joly  à l’Association des parents et futurs parents gays et lesbiens, publiée le 17 février 2012.

 

« L’ouverture de la Procréation Médicalement Assistée (PMA) à toutes les femmes

EELV est favorable à l’ouverture de la PMA à toutes les femmes quelle que soit leur orientation sexuelle ou leur statut matrimonial.

Il s’agit avant tout pour EELV de légaliser une situation de fait qui amène de nombreuses femmes à recourir à de telles techniques à l’étranger et notamment en Belgique où l’insémination artificielle est autorisée.

Il s’agit également de permettre à des femmes qui ont fait le choix de porter un enfant, qu’elles soient hétérosexuelles ou homosexuelles, de pouvoir disposer d’un protocole sécurisé sur le territoire français sans recourir à des procédés artisanaux.

Nous considérons que l’accès aux PMA, de manière générale, devrait être ouverte à tout couple qui désire fonder un foyer, indépendamment de son orientation sexuelle.

Ainsi, il nous semble intolérable qu’un couple hétérosexuel non marié puisse y avoir accès et pas un couple de femmes.

Afin de mettre un terme à cette discrimination fondée exclusivement sur l’orientation sexuelle, nous souhaitons autoriser la PMA sur le territoire français pour toute femme qui le désire. »

[CP] La contraception anonyme n’est pas la solution

[CP] La contraception anonyme n’est pas la solution

Communiqué de presse

Paris, le 16 février 2012

Pour Alliance VITA, proposer l’anonymat de la contraception pour les mineures constitue un nouveau rapt de la responsabilité parentale, qui n’apporte pas de réponse aux accidents de contraception.

Alliance VITA soutient les propositions du rapport Nisand qui visent à protéger les plus jeunes contre la pornographie (Rapport pour le secrétariat d’Etat à la Jeunesse sur la contraception et l’IVG des mineures rendu public le 16 février 2012). VITA reconnait que la pornographie entraine une maltraitance des filles et la montée des violences sexuelles chez les garçons.

En revanche, Alliance VITA conteste les propositions d’anonymat de la contraception des mineures. En effet, l’association rappelle que depuis plusieurs années les études montrent qu’en France coexistent un nombre élevé d’avortements avec un recours record à la contraception. (Selon le baromètre Santé 2010, 91,2% des filles sexuellement actives entre 15 et 19 ans utilisent un moyen de contraception.) Selon le rapport de l’IGAS de janvier 2010, 72% des femmes qui avortent déclarent avoir utilisé un mode de contraception quand elles ont découvert leur grossesse. Si la surenchère des propositions de contraception a échoué, c’est que les avortements sont essentiellement dus à des accidents de contraception.

Pour Caroline Roux, secrétaire générale et coordinatrice des services d’écoute d’Alliance VITA : «Tout se passe comme si la société laissait les jeunes « jouer au sexe » en utilisant une contraception, mais qu’on les fait avorter quand elle échoue. Dans nos services d’écoute, nous constatons régulièrement la détresse des jeunes mineures qui ont eu recours à l’IVG sans le dire à leurs parents : l’anonymat institue un secret de famille qui laisse les parents démunis. Proposer l’anonymat de la contraception cristalliserait un tabou sur la sexualité ; ce serait une nouvelle intrusion de l’Etat dans la vie intime des familles. »

Selon le sondage IFOP 2010 “Les femmes et l’IVG”, pour 55% des Françaises “les relations sexuelles trop précoces”, sont la première de cause de l’IVG chez les plus jeunes. « Globalement, les jeunes ne sont pas correctement informés des accidents possibles de contraception et des situations délicates auxquelles ils sont confrontés en cas de survenue d’une grossesse, commente Caroline Roux. Dans ces cas, l’IVG est souvent considérée par l’entourage, les professionnels et les jeunes eux-mêmes comme l’ultime recours, qui s’impose comme une fatalité. Or les conséquences d’avortements précoces sur les jeunes filles ne sont pas anodines : pour elles-mêmes et pour leurs relations futures ».

Pour Alliance VITA, seule une information sur la sexualité intégrant une éducation à l’affectivité et à la responsabilité est à même d’enrayer l’IVG précoce.

Rapport Nisand : mineures et IVG

Le rapport sur l’IVG des mineures, demandé par le Secrétariat d’Etat à la jeunesse au Professeur Israël Nisand, prône l’anonymat et la gratuité de la contraception comme mesure phare pour faire diminuer le nombre d’IVG.

Les pouvoirs publics, alertés sur l’augmentation de l’IVG des mineures ( + 25% entre 2002 et 2006), cherchent depuis quelques années à enrayer le phénomène. L’anonymat et la gratuité de la contraception  ont déjà été proposés par plusieurs rapports récents : l’Igas en 2010,  la députée UMP Bérengère Poletti en mai 2011, et le Centre d’analyse stratégique en juillet 2011.

Cette intention divise le gouvernement. La secrétaire d’Etat à la Santé, Nora Berra, avait exprimé son opposition le 26 octobre 2011 lors d’une conférence de presse présentant une campagne sur la contraception : elle rappelait le caractère potentiellement toxique de la pilule et soulignait les risques de complications thrombotiques graves, voire de décès chez des femmes ayant des facteurs de risque. D’autre part elle refusait de remettre en question l’autorité parentale, soulignant l’importance des parents pour « l’encadrement, l’éducation, le coaching » des adolescentes dans une période où elles seraient « fragiles, en construction identitaire ».

Alliance VITA rappelle que depuis plusieurs années, les études montrent qu’en France coexiste un recours record à la contraception (selon le baromètre Santé 2010, 91,2% des filles sexuellement actives entre 15 et 19 ans utilisent un moyen de contraception) avec un nombre d’avortements qui demeure élevé. Si la surenchère des propositions de contraception n’a pas fait ses preuves, c’est que les avortements sont essentiellement dus à des accidents de contraception. Selon l’Igas, 72% des femmes qui avortent déclarent avoir utilisé un mode de contraception quand elles ont découvert leur grossesse. Pour Alliance VITA, seule une information sexuelle intégrant une éducation à l’affectivité et à la responsabilité est à même d’enrayer l’IVG précoce. Selon le sondage IFOP 2010 « Les femmes et l’IVG », pour 55% des Françaises « les relations sexuelles trop précoces » sont la première de cause de l’IVG chez les plus jeunes.

Rapport Aubry sur la fin de vie

L’Observatoire national de la fin de vie vient de remette au Premier ministre un rapport faisant un premier état des lieux sur la fin de vie en France : il vise à nourrir le débat en s’appuyant sur des données factuelles. Ce rapport a le mérite de constituer un état des lieux précis des questions qui se posent en fin de vie en rassemblant les données récoltées ces dernières années. Il remet notamment en question la médiatisation excessive de sondages et d’affaires de demande d’euthanasie qui brouillent la réflexion. Il conteste notamment (page 151 et 152) les expressions qui troublent le débat comme « euthanasie volontaire », « euthanasie active ou passive », « aide à mourir »…

L’Observatoire national de la fin de vie a été crée en février 2010, à la suite du rapport d’évaluation de la loi fin de vie de 2005 rendu en 2008. Présidée pendant 5 ans par le docteur Régis Aubry, cette instance a pour mission d’indiquer « les besoins d’information du public et des professionnels de santé à partir de l’étude des conditions de la fin de vie et des pratiques médicales qui s’y rapportent. « 

Marine Le Pen : Vers un déremboursement de l’IVG

Rétablir les conditions d’un véritable choix

Marine Le Pen répond à une interview pour  La Croix le 14 février 2011. Souhaitez-vous revenir sur la loi Veil ? Revenir sur ou à la loi Veil, car cette loi qui prévoyait que l’avortement soit l’ultime choix a été dénaturée. Aujourd’hui, lorsqu’une femme se rend au Planning familial, on lui propose l’avortement ou… l’avortement ! Il est impératif de rétablir les conditions d’un véritable choix, ce qui passe par l’information, des aides financières aux familles et l’adoption prénatale. Je pense également qu’il faut cesser de rembourser l’avortement. Il existe suffisamment de moyens de contraception aujourd’hui. D’une manière générale, il faut promouvoir le respect de la vie dans notre société.”

On peut éviter l’avortement

Source : interview donnée au site Rue89.fr  , 25 janvier 2012 Marine Le Pen est moins catégorique sur ce qui n’est pas évoqué dans sa plateforme présidentielle : elle envisage toujours un déremboursement de l’IVG et de mettre au pas le Planning familial, ce « centre d’incitation à l’avortement », « en lui donnant des instructions ». « Je dis, s’il y a un choix à faire, s’il y a vraiment des économies à faire, l’avortement est quelque chose qu’on peut éviter après tout, il y a des modes de contraception qui permettent d’éviter d’avoir une grossesse non désirée. Si j’ai un choix à faire, je vais l’assumer. »

Extrait du programme présidentiel 2012

Source: site officiel de campagne marinelepen2012 Le libre choix pour les femmes doit pouvoir être aussi celui de ne pas avorter : une meilleure prévention et information sont indispensables, une responsabilisation des parents est nécessaire, la possibilité d’adoption prénatale doit être proposée, une amélioration des prestations familiales pour les familles nombreuses doit être instaurée.

Déjouer la victimisation

Déjouer la victimisation

A force d’être confronté, dans les débats médiatiques, aux accusations de contradicteurs, j’ai fini par sentir grossir au fond de mon estomac… une petite bulle de culpabilité.

Je l’ai laissé remonter pour comprendre. Sans trop m’étonner, car nous savons que l’objectif ultime des maîtres de la dialectique manipulatrice est de conduire leurs adversaires à la conscience malheureuse, grâce au lavage de cerveau. Cette conscience malheureuse, c’est ce qui explique que dans les grand procès staliniens, les prévenus soient allés jusqu’à s’auto-accuser.

Toute proportion gardée, il n’est pas toujours facile d’avoir la conscience tranquille quand on se retrouve seul contre tous, dans un dîner ou un débat, objet de ricanements, accusé des malheurs du monde, comme, par exemple de laisser souffrir les mourants en refusant l’euthanasie…

Posons-nous donc quelques questions de conscience.

  1. En nous opposant à l’euthanasie, sommes-nous vraiment coupable de toutes les maladies et des souffrances physiques ou morales endurées par les personnes dépendantes ou en fin de vie ?

Non. Nous sommes pour qu’on lutte contre la douleur et qu’on soulage la souffrance, et considérons d’ailleurs que l’euthanasie est une mort violente dont les auteurs et les témoins ont du mal à se remettre.

2. En contestant le mariage homosexuel, sommes-nous vraiment coupable de toute la souffrance morale des personnes qui désirent donner naissance à un enfant alors que les relations qu’ils entretiennent rendent biologiquement impossible l’assouvissement d’un tel désir ?

Non. Nous ne sommes pas maitres de la nature qui empêche ces relations d’être fécondes. Entretenir un fantasme d’homoparentalité n’est pas un service à rendre aux personnes homosexuelles, ni aux enfants qu’on priverait d’un père ou d’une mère.

3. En récusant la gestation pour autrui, sommes-nous vraiment responsable de la souffrance d’une femme que sa physiologie empêche d’enfanter ?

Non. Nous en sommes désolés. Cependant, une telle maladie n’est pas une raison pour décider pour un enfant, avant même sa conception, qu’il aura sa vie saucissonnée entre deux voire trois mamans. De quel droit lui imposer cette injustice ? Et de quel droit faire du corps d’une femme et de la vie de l’enfant qu’elle porte un objet de contrat ?

Chacun peut continuer thème par thème, afin de résister à cette « victimisation » qui consiste à faire porter la responsabilité d’un mal dont quelqu’un souffre sur celui dont on veut éliminer le point de vue gênant.

Partout où l’on revendique une transgression avec comme argument une souffrance, il convient de revenir à la réalité :

  • d’abord je ne suis pas la cause de cette souffrance.
  • ensuite, supprimer une épreuve n’est légitime, qu’à condition que cela ne provoque pas d’injustice. Simplement parce que la fin ne justifie pas les moyens, tous les moyens n’étant pas bons.

Certains revendicateurs n’en finissent pas de gémir sur leurs épreuves personnelles comme si nous devions en endosser la responsabilité. Amis de la vie, pour ne pas se laisser pigeonner par cette victimisation, il ne faut pas oublier que nous avons, nous aussi, une vraie vie, une vraie mort, des joies, des peines et des deuils. Des souffrances et des frustrations. Comme tout le monde ! Sans oublier nos engagements solidaires : n’hésitons pas à en témoigner car la technique de victimisation vise à nous isoler comme si nous n’étions pas des vraies personnes.

Euthanasie, régression historique

Euthanasie, régression historique

La date du 25 janvier 2012 devrait marquer une étape importante dans l’histoire de l’humanité : par sa résolution 1985, le conseil de l’Europe condamne très clairement toute légalisation de l’euthanasie, « dans le sens de l’usage de procédés par action ou par omission permettant de provoquer intentionnellement la mort d’une personne dépendante dans l’intérêt allégué de celle-ci. »

Ce pas important s’inscrit dans la suite de tous ceux franchis, y compris dans l’histoire récente avec l’abolition de l’esclavage ou de la peine de mort, pour faire progresser le respect fondamental accordé à toute personne, quels que soient sa condition, son origine, son âge, ses capacités.

Tous ces pas ont jalonné l’humanisation de nos civilisations, et leur sortie de la barbarie.

Mais souvenons nous aussi que ce progrès n’est pas encore général, et peut même connaître de graves régressions. Aujourd’hui encore, les lois autorisant la peine de mort, ou les châtiments corporels jusqu’à la mutilation, nous rappellent que le respect de la personne n’est pas le même partout et que des progrès restent à faire. Et le XXe siècle nous a démontré que des nations démocratiques pouvaient renier les valeurs fondant leur civilisation, et de compromissions en transgressions, basculer dans l’infamie.

C’est dans cette perspective que la proposition 21 du programme de François Hollande, ouvrant à la légalisation de l’euthanasie, fait craindre une grave régression de notre société. Elle engagerait la France à contresens de l’histoire, en opposition avec l’Europe, et sur la voie des dérives observées dans les rares pays où l’euthanasie a été légalisée.