Les positions pro-GPA du défenseur des droits se multiplient

Les positions pro-GPA du défenseur des droits se multiplient

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Le Défenseur des droits, Jacques Toubon, s’est prononcé ce 17 novembre 2016 pour « la reconnaissance par la France de la filiation du parent d’intention », c’est-à-dire la reconnaissance comme « parent »  des personnes qui ont eu recours à des gestations par autrui (GPA) à l’étranger pour obtenir des enfants.

C’est au cours d’un « colloque scientifique »,  fortement controversé en raison du manque de diversité des intervenants, sans remise en cause de la pratique même  de la GPA, que Jacques Toubon a fait cette annonce.  Actuellement, la GPA est interdite en France. Certains couples ou personnes y ont recours à l’étranger.

Mais la « circulaire Taubira » ainsi que la jurisprudence a pour effet de faciliter la reconnaissance à l’état civil du parent biologique commanditaire. Depuis juillet 2015 et suite à  un arrêt de la Cour de cassation, un enfant né de mère porteuse à l’étranger doit pouvoir être inscrit à l’état civil français.

Le défenseur des droits ne cache pas son souhait de voir désormais également reconnaître la filiation du ou des parents d’intention. Pour lui, « Ce sera sûrement la prochaine question soumise à la Cour de cassation et à la Cour européenne des droits de l’homme (CEDH) ».

Cela reviendrait, finalement, à enregistrer sur l’acte de naissance de l’enfant, toute personne (seule, en couple, en couple de même sexe etc.) ayant commandé un enfant par l’intermédiaire d’une mère porteuse comme parent(s), sans qu’aucun lien biologique ne soit nécessaire.

Cette intervention de Monsieur Toubon fait suite à une série d’interventions sur le même sujet.

En octobre 2014, quelques jours après une déclaration de Manuel Valls, restée d’ailleurs lettre morte, Jacques Toubon l’avait contredit : « Nous pensons, nous le Défenseur des droits, qu’il faut effectivement mettre en application en France, et c’est la responsabilité du gouvernement, la transcription à l’état civil »

En effet, déjà lors du procès en cassation de juillet 2015, il était intervenu spontanément dans l’instance. Par l’intermédiaire de son avocat, Maître Spinosi, il avait plaidé pour l’inscription de la filiation sur l’état civil des enfants. Durant cette audience, l’avocat du Défenseur des droits était allé jusqu’ à déclarer « qu’il n’y a aucun lien maternel entre l’enfant et la femme qui l’a porté… »

Le conflit d’intérêt de son avocat n’a pas empêché Monsieur Toubon d’avoir recours à lui. En effet, Maître Spinosi est par ailleurs avocat de M. et Mme Mennesson, qui ont obtenu en juin 2014 une condamnation de la France devant la Cour européenne des droits de l’homme. Il est également l’avocat de leur association militante, le «Comité de soutien pour la légalisation de la gestation pour autrui et l’aide à la reproduction» (CLARA) et est intervenu à ce titre devant le Conseil d’État.

[su_box title= »Pour Caroline Roux, coordinatrice des services d’écoute d’Alliance VITA,  spécialisée sur les questions de grossesse et maternité et engagée dans la coordination internationale No Maternity Traffic :  » box_color= »#de0498″]

« Il est stupéfiant que Monsieur Toubon travestisse son rôle au point de devenir l’anti « Défenseur » des droits en bafouant le droit des femmes et des enfants. Rappelons qu’il s’agit d’une pratique particulièrement transgressive : des enfants sont objets de contrat, le corps des femmes est marchandisé, considéré comme un incubateur, des enfants sont délibérément séparés de la mère qui les a portés. Si la pratique des mères porteuses est interdite sur notre territoire, c’est bien en vertu des graves questions éthiques qu’elle soulève. Mais comment prétendre interdire une pratique, tout en validant ses effets ? »

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Grande soirée de conférence-rencontre-dédicaces avec Tugdual Derville

Grande soirée de conférence-rencontre-dédicaces avec Tugdual Derville


Le 1er décembre à 20h30, Alliance VITA organise une grande soirée de conférence-rencontre-dédicaces avec Tugdual Derville, son délégué général, pour la sortie de son livre « Le Temps de l’Homme – Pour une révolution de l’écologie humaine », paru aux Editions Plon.

Cette soirée aura lieu à l’Asiem, 6 Rue Albert de Lapparent, 75007 Paris. L’entrée est gratuite, mais sur inscription car le nombre de places est limité.

letempsdelhomme
Pour s’inscrire, cliquer ici.

Rendez-vous sur le site www.letempsdelhomme.com pour y découvrir des extraits du livre, les retombées médiatiques ainsi que les dates des prochains événements (conférences et dédicaces).

Débat sur le suicide assisté : Tugdual Derville, invité de Sud Radio

Débat sur le suicide assisté : Tugdual Derville, invité de Sud Radio

Tugdual Derville était l’invité de Philippe David sur Sud Radio, le 14 novembre 2016, dans l’émission « Seul contre tous » pour débattre du suicide assisté, suite à l’affaire Mercier.

Verbatim extraits de l’émission :

« Ce qui nous fait peur à tous, c’est de souffrir (…) Tout l’enjeu est de manifester à tous ceux qui sont devenus les plus faibles, les plus fragiles, qu’ils ont toute leur place parmi nous. »

« Cet interdit du passage à l’acte doit demeurer le fondement de notre fraternité.  »

« Ma vie je l’ai reçue, je ne l’ai pas demandée. Est-ce que ma vie est un projet ou est-ce un consentement ? Il y a quelque chose qui est assez violent et douloureux dans notre société quand elle évolue vers l’idée que chaque vie est un projet qui doit être réussi ; alors qu’une bonne part de ma vie est de consentir à tous ces enracinements qui me définissent. Ce que je fais de mon corps et de ma vie ne concerne pas seulement moi-même. Ca concerne également mes proches. Le suicide est un drame social qui nous concerne tous

« Quel courage faut-il aux aidants de proximité pour accompagner et aider jusqu’au bout sans jamais passer à l’acte malgré les tentations ! (…) Je voudrais qu’on salue les personnes qui accompagnent les malades en fin de vie et qui ne font pas la Une des journaux. »

« Dans les pays qui ont légalisé le suicide assisté, des personnes en bonne santé le demandent. »

« Le suicide assisté est-il une vraie liberté si la personne souffre ? A-t-elle eu tous les soins qu’elle méritait ? »

« La médecine a fait des progrès techniques considérables. La technique est importante mais il faut qu’elle soit humaine.  (…) Il serait ingrat de dénigrer globalement la médecine. Philippe Pozzo di Borgo ne serait pas en vie si la médecine n’existait pas.  »

« Il y a un drame de la solitude : notre société souffre davantage de solitude que de souffrances physiques.  »

« Les personnes en état de crise suicidaire ont besoin d’être protégées du passage à l’acte.  »

« Dans l’idée de suicide « courageux », il y a le risque de dire que le courage serait la mort alors que bien souvent le courage c’est la vie.  »

« Les exemples de la Belgique, des Pays-Bas, de la Suisse sont pour nous des contre-exemples : après avoir entrouvert la porte pour des cas considérés comme exceptionnels, on en arrive à des lois qui prévoient qu’une personne fatiguée de vivre pourrait avoir accès à une fin de vie qu’on prétend digne.  Dès qu’on a franchi cet interdit de tuer, on ne sait plus où s’arrêter… »

Espérance de vie et longévité : de plus en plus de centenaires ?

Espérance de vie et longévité : de plus en plus de centenaires ?

centenaire

L’Institut national de la statistique et des études économiques (Insee) a publié, le 4 novembre 2016, une étude consacrée aux centenaires.

La France est le pays européen qui compte le plus de centenaires, devant l’Espagne, l’Italie, la Suisse et le Portugal, soit 21 000 en 2016. C’est vingt fois plus que dans les années 1960-1970. Depuis 1975, l’effectif des centenaires augmente régulièrement au rythme de 7% par an.  Si cette tendance se poursuit, la France pourrait atteindre, en 2070, le nombre de 270 000 centenaires, soit treize fois plus qu’aujourd’hui.

Quel est le profil des centenaires ?

Parmi les centenaires, la majorité sont des femmes (84 %). Un sur deux vit encore à domicile (dont une majorité d’hommes). 29% habitent seuls, 3% résident en couple et 15% sont logés avec une autre personne, la plupart du temps avec un de leurs enfants. Les personnes nées dans les années 70 ont plus de chances de dépasser les 100 ans que leurs aînés. Selon l’Insee, en 2070, neuf femmes sur dix et huit hommes sur dix nés en 1990 deviendront octogénaires, tandis que 13 % des femmes et 5 % des hommes nés en 1970 et avant atteindraient leur centième anniversaire. Les  « supercentenaires » – personnes âgées de plus de 110 ans – sont quasiment tous des femmes. 

Mais, aurions-nous atteint un plafond de l’espérance de vie ?

Une autre étude menée par l’Insee sur le Bilan démographique, montre que le nombre de décès en 2015 fut le plus haut depuis l’après-guerre. les chiffres dévoilés par l’institut public mettent en avant la baisse notable de l’espérance de vie par rapport à l’année 2014. L’Insee estime que le recul de l’espérance de vie en France l’an dernier est lié pour l’essentiel à la hausse de la mortalité chez les personnes âgées de plus de 65 ans. L’Insee analyse cela par trois facteurs : le long et sévère épisode grippal de trois mois au premier semestre 2015 qui a fait 24.000 décès, ainsi que la canicule de juillet et l’épisode de froid du mois d’octobre 2015. Ainsi, au cours de l’année 2015, une femme vivait en moyenne 85 ans et un homme 78,9 ans contre 85,4 ans et 79,2 ans en 2014.

Egalement, une étude publiée dans Nature le 13 octobre 2016, menée par la faculté de médecine Albert Einstein de New York, analyse qu’il y aurait un « plafond » à l’âge maximum des humains, et que nous l’aurions atteint. L’enquête réunit une masse imposante de données sur une quarantaine de pays ou de régions, notamment les États-Unis, le Royaume-Uni, le Japon et la France. Pour Jean-Louis Serre, Professeur de génétique qui analyse cette étude : « N’en déplaise aux illusionnistes ou aux illuminés, l’homme ne peut échapper à sa condition naturelle et il est vraisemblable qu’en combinant les meilleurs paramètres du milieu favorables à sa santé, il ne puisse dépasser individuellement une valeur limite de la longévité, évaluée par ces auteurs autour de celle de Jeanne Calment ».

CRISPR-Cas9 : un essai clinique pour soigner la drépanocytose ?

CRISPR-Cas9 : un essai clinique pour soigner la drépanocytose ?

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Le gène causant la drépanocytose pourrait être « corrigé » en utilisant la technique CRISPR-Cas9, c’est ce qu’ont démontré les scientifiques de l’Ecole de Médecine de l’Université de Stanford dans une étude publiée dans la revue Nature.

La drépanocytose est une maladie génétique répandue qui affecte l’hémoglobine des globules rouges. Elle est liée à une seule mutation du gène qui code pour l’hémoglobine, et se manifeste notamment par une anémie, des crises douloureuses et un risque accru d’infections. C’est une maladie génétique autosomique récessive: pour qu’elle se déclare il faut que chacun des parents transmette un allèle muté à leur enfant. Très répandue dans le monde, touchant jusqu’à 5 millions de personnes, elle est apparue indépendamment en Afrique et en Inde, et touche tout particulièrement les populations de ces régions. Mais les mouvements de populations l’ont rendue en outre présente en Amérique, tout particulièrement aux Antilles et au Brésil, et en Europe de l’Ouest. En France, 441 enfants drépanocytaires ont vu le jour en 2013, soit une prévalence d’un enfant atteint pour 1 900 naissances.

Les traitements actuels ont permis d’augmenter grandement l’espérance de vie des patients affectés, mais ils restent limités.La technique CRISPR-Cas9 pourrait traiter le problème «  à la source », là où naissent les globules rouges. Ainsi ce sont les cellules souches des malades qui pourraient être traitées pour corriger le gène défectueux, celles qui sont dans la moêlle osseuse, à l’origine des globules rouges.

L’équipe américaine a testé cette technique de modification de gènes dans les cellules souches de quatre patients atteints de drépanocytose. Ils ont montré qu’ils pouvaient corriger la mutation dans 30 à 50 % de ces cellules malades. Les scientifiques commencent à planifier leur premier essai clinique humain qu’ils espèrent pouvoir mener en 2018 et devraient déposer prochainement une demande à la Food and Drug Administration (FDA).

Si les essais se confirmaient, la technique de modification des gènes, CRISPR-Cas9 serait une véritable avancée en médecine humaine pour soigner ou améliorer la qualité de vie de nombreux patients.

Alliance VITA rappelle les enjeux éthiques liés à cette technique, si elle venait à être utilisée sur les cellules germinales ou sur l’embryon humain. La campagne d’alerte et d’information Stop Bébé OGM lancée en mai 2016 a pour ligne de base : « Oui au progrès thérapeutique, non à l’embryon transgénique ».

[su_box title= »Pour Tugdual Derville, délégué général d’Alliance VITA et porteur de cet appel : » box_color= »#de0498″]

« Nous encourageons les véritables progrès scientifiques et médicaux, ceux qui prennent soin de l’humanité. Ici, nous sommes dans une perspective de progrès thérapeutique , à soutenir et encourager ».

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[CP] Affaire Mercier : Les dangers d’une relaxe "compassionnelle"

[CP] Affaire Mercier : Les dangers d’une relaxe "compassionnelle"

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La Cour d’appel de Lyon a rendu son arrêt ce jeudi 10 novembre. Jean Mercier, jugé en appel pour avoir aidé sa femme à mourir en 2011, a été relaxé.

Le 27 octobre 2015, l’octogénaire avait été condamné pour non-assistance à personne en danger à une « peine de principe »  d’un an de prison avec sursis, bien en-deçà des trois ans avec sursis requis en première instance, mais il avait fait appel de sa condamnation, ainsi que le parquet, et était donc rejugé à Lyon.

L’avocate générale, Fabienne Goget, avait rappelé que Josanne Mercier « n’était pas en fin de vie, elle n’était pas atteinte d’un mal incurable, elle souffrait d’arthrose, d’anxiété, et que la mort n’était pas la seule issue » pour cette femme de 83 ans. Précisant que Jean Mercier « a agi au nom de convictions philosophiques et il qu’il revendique son geste », évoquant l’adhésion du couple à l’Association pour le droit de mourir dans la dignité (ADMD), omniprésente dans ce dossier. En marge de l’audience du 8 septembre dernier, Jean Mercier avait déclaré : « La peine infligée je m’en moque, je préférerais l’acquittement mais ce qui compte, c’est le combat que je mène pour faire avancer les choses ».

[su_box title= »Pour Tugdual Derville, délégué général d’Alliance VITA et auteur de La Bataille de l’Euthanasie * :  » box_color= »#de0498″]

« Sans chercher à charger Monsieur Mercier, dont nous connaissons la fragilité, il est essentiel de récuser tout type de dépénalisation jurisprudentielle du suicide assisté : elle constituerait d’abord un non-sens politique, par grave abus de pouvoir judiciaire face au pouvoir politique ; ce serait ensuite une catastrophe humanitaire, dans la mesure où cela laisserait croire qu’il n’y a plus une prévention universelle du suicide mais qu’au contraire certaines formes de suicide assisté seraient encouragées. Ce que nous devons constater dans ce cas d’espèce, savamment utilisé par les promoteurs de l’euthanasie, c’est que le grand-âge et la maladie de Jean Mercier ont été retenus pour motiver sa relaxe. Son avocat a aussi rappelé que Jean Mercier et son épouse vivaient une relation de « dominant-dominé ».  Le plus dangereux avec cette issue serait de laisser croire que Jean Mercier n’avait pas d’autres solutions que de passer à l’acte. Rappelons l’affaire Lydie Debaine : elle avait été dédouanée en première instance, mais, devant la levée de boucliers des associations de personnes handicapées, elle avait reçu et accepté en seconde instance une peine symbolique, qui signifiait « qu’il aurait pu en être autrement ».  L’exploitation de ce type d’affaires pour faire « craquer les digues » a des conséquences dramatiques pour les personnes les plus fragiles et les plus vulnérables, celles qui doutent de leur utilité, mais aussi pour tous les aidants de proximité, qui sont en première ligne. Exonérer un passage à l’acte sur une personne qui, faut-il le préciser, n’était pas en fin de vie peut générer de la confusion chez les aidants en situation difficile. C’est dans ces circonstances que l’interdit de tuer est protecteur.

La question de l’accompagnement social et collectif des personnes fragiles est posée. C’est tout l’enjeu d’une prévention universelle du suicide que nous revendiquons, contre toute exploitation émotionnelle des drames familiaux ».[/su_box]

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*La Bataille de l’Euthanasie (Salvator 2012)

Suicide assisté en Suisse : devoir d’assistance ou droit à l’autodétermination ?

Suicide assisté en Suisse : devoir d’assistance ou droit à l’autodétermination ?

suicide assisté

Deux informations récentes sont venues illustrer les dérives du suicide assisté en Suisse, confirmant les pressions croissantes pour sortir du cadre légal au nom de l’autonomie individuelle, même en l’absence de maladie grave ou terminale.

Tout d’abord, l’Office Fédéral des Statistiques a annoncé que 742 cas de suicides assistés avaient eu lieu en 2014. Le nombre de décès pour cette cause a été multiplié par 2,5 par rapport à 2009, et représente désormais 1,2% de l’ensemble des décès dans ce pays.

D’autre part, début octobre, deux frères ont saisi le tribunal civil de Genève en urgence contre l’association Exit, l’une des deux principales associations organisant ces suicides (l’autre étant Dignitas). Cette démarche visait à stopper le suicide assisté demandé par un troisième frère de 83 ans : d’après les deux frères, ce dernier ne souffre d’aucune pathologie grave, et son souhait serait le fait d’une dépression passagère. L’homme qui souhaite mourir évoquait par contre « les handicaps » dus à son âge et la tristesse d’avoir perdu « une femme merveilleuse ».

Le suicide assisté, qui était programmé le 18 octobre, a donc été suspendu par le tribunal. Une audience a eu lieu le 24 octobre, et la famille est en attente de la décision des juges.

Ce conflit familial grave met en lumière ce que les deux frères appellent « l’idéologie Exit » : « La population doit savoir qu’il existe des cas comme celui-ci ». Ils ajoutent qu’ils préfèrent « être en conflit avec un frère vivant plutôt qu’en harmonie avec un frère mort ».

C’est la première affaire qui est portée devant la justice depuis que l’association Exit a décidé, en avril 2014, d’élargir ses conditions et de prendre en charge les personnes souffrant de multiples maladies handicapantes souvent liées à l’âge. Pour l’avocat des deux frères, les normes d’éthique de l’Académie suisse des sciences médicales ne sont plus respectées : « Les critères sont très stricts. Il faut que la fin de vie soit proche et que tous les traitements aient échoué. »

Exit estime au contraire que ces normes « n’ont pas force de droit ». D’après son avocat, « le droit à mourir de cette personne est bien plus fort que le droit à l’affection de ses deux frères. La mort est une affaire personnelle, autant que ce soit fait dignement ».

Bertrand Kiefer, rédacteur en chef de la Revue médicale suisse, analyse l’affaire ainsi : « Lorsqu’un désir de suicide est exprimé, il devrait se créer une tension entre, d’une part, l’obligation d’assistance et, d’autre part, le respect de l’autodétermination. (…) Ces affaires sont toujours complexes. Annoncer son désir de suicide peut être un message ambivalent. L’entourage est en droit de se demander si elle ne signifie pas un appel à l’aide. (…) L’entourage vit le suicide assisté comme un traumatisme, il en est aussi victime. »

[CP] Entrave IVG : Alliance VITA dénonce l’irresponsabilité du gouvernement

[CP] Entrave IVG : Alliance VITA dénonce l’irresponsabilité du gouvernement

Alliance VITA dénonce la précipitation avec laquelle le gouvernement, relayé par le PS, s’acharne sur la question de l’avortement par l’instauration d’un nouveau délit d’entrave numérique, en accusant des « faux sites Internet » de tromper les femmes.

Ce texte, qui sera examiné le 1er décembre en procédure accélérée, indique qu’il s’agit de sites Internet qui « détournent les internautes d’une information fiable et objective ». Alliance VITA, dont le service d’écoute SOS Bébé (www.sosbebe.org) a été cité par le gouvernement, dénonce la manière dont il tente de censurer les opposants à la banalisation de l’avortement en ciblant les sites qui informent les femmes sur les alternatives à l’IVG.

Pour Alliance VITA, la question de l’objectivité de l’information est réellement en jeu.

[su_box title= »Caroline Roux, coordinatrice des services d’écoute, souligne que :  » box_color= »#de0498″]

« En réalité, l’information des pouvoirs publics en matière d’IVG s’est dégradée depuis 15 ans. Ils ont renoncé à indiquer aux femmes, qui consultent en vue d’une IVG, les aides aux femmes enceintes auxquelles elles auraient droit. Le gouvernement sur son propre « site officiel » n’en fait aucune mention. De plus sur ce site, un prétendu expert affirme qu’il n’y a pas de séquelles psychologiques à long terme après un avortement. Cela va à l’encontre de notre expérience et de ce que vivent un certain nombre de femmes. Le sondage IFOP « les Français et l’IVG », publié fin septembre, révèle la sensibilité des Français sur ce sujet.  La Haute Autorité de Santé regrette le manque d’évaluation sur ce point.  L’immense majorité des femmes souhaite une véritable politique de prévention de l’IVG. Il est donc irresponsable de cacher la réalité d’un acte qui n’a rien d’anodin dans la mesure où c’est, à chaque fois, le destin de vies humaines qui est en jeu. Et nous accompagnons des femmes qui en endurent souvent des conséquences difficiles, dans la solitude. »

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[su_box title= »Tugdual Derville, délégué général :  » box_color= »#de0498″]

« Au-delà du scandale que constitue, dans le contexte que nous connaissons, le fait de décider un état d’urgence législatif sur un sujet nécessitant discernement, recul et vrai débat, il est irresponsable de mettre sur la sellette notre service d’écoute. Depuis plus de 20 ans, il fait un travail de service public déserté par les pouvoirs publics. Notre site SOS Bébé a été cité à maintes reprises par les médias depuis qu’a éclaté la polémique lancée par Madame Rossignol, sans que nous ayons été appelés par ses services pour connaître les informations qui seraient en cause, ou s’intéresser à notre expérience de terrain. Nous avons demandé un rendez-vous à la ministre qui n’a toujours pas répondu. L’urgence est d’instaurer un débat dépassionné sur les conditions d’une véritable politique de prévention de l’avortement, spécialement pour les femmes confrontées à des grossesses inattendues. »

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Alliance VITA a lancé une pétition d’une part contre la censure gouvernementale et d’autre part, pour une meilleure information sur les aides financières et sociales aux femmes enceintes. Celle-ci a déjà recueilli plus de 30 000 signatures. L’association dévoilera prochainement sa nouvelle campagne nationale de sensibilisation destinée à pallier le défaut d’information gouvernemental sur ce sujet sensible.

Débat sur l’IVG : Caroline Roux invitée de Sud Radio

Débat sur l’IVG : Caroline Roux invitée de Sud Radio

Caroline Roux, directrice générale adjointe d’Alliance VITA, était l’invitée de Philippe David sur Sud Radio dans l’émission « Seul contre tous » du 2 novembre pour débattre de l’IVG.

Verbatim extraits de l’émission :

 » Beaucoup de femmes sont culpabilisées de se sentir mal par rapport à l’avortement, tant il y a une obstination en France de faire croire que cet acte n’aurait pas de portée intime, sociale ou éthique. Or, les femmes le savent bien, ce sont des vies humaines qui sont en jeu. D’où des questionnements qui peuvent être douloureux… »

« Il faut revenir à la réalité : l’avortement est d’abord un problème social et humanitaire. Aujourd’hui, il faut comprendre pourquoi les femmes avortent. Il y a un chiffre qui est très important à connaître : 72% des femmes qui avortent disent avoir suivi une méthode de contraception quand elles ont découvert leur grossesse. A-t-on le droit à l’erreur ? C’est à la source d’ un grand malentendu entre les hommes et les femmes. »

« Des femmes sont culpabilisées d’être dans l’ambivalence, d’être tiraillées entre la joie et la panique par rapport à la situation. Les femmes sont sous la pression de faire un choix, à un moment où il y a besoin de temps pour ouvrir tous les possibles »

« Il y a la pression du temps dont on ne parle pas. C’est paradoxal puisqu’on a rallongé les délais de 10 à 12 semaines de grossesse. Aujourd’hui, la majorité des avortements sont médicamenteux et doivent survenir avant 5 ou 7 semaines de grossesse. »

« Cela invite les politiques mais aussi toute la société à avoir un autre regard sur les grossesses inattendues pour queLes femmes ne se sentent pas stigmatisées, comme certaines le sont : beaucoup se sentent rejetées, jugées quand elles sont confrontées à une grossesse inattendue ; c’est extrêmement violent pour elles. »

« La question qui se pose aujourd’hui, c’est d’avoir une véritable politique de prévention de l’IVG, que celles qui souhaitent l’éviter, puissent l’éviter.  Le sondage IFOP Les Français et l’IVG, publié en septembre 2016 révèle que 72% des Français pensent que la société devrait faire plus pour éviter aux femmes l’IVG et 89% pensent que l’avortement laisse des traces psychologiques difficiles à vivre. Cela doit nous inviter à ne pas nous résigner. »

 » Il y a un grand silence, un grand déni sur ce qui s’est passé après l’avortement. Même sur le site du gouvernement dédié à l’IVG, on trouve une vidéo d’un gynécologue qui affirme, de manière très péremptoire, qu’il n’y aurait pas de séquelles psychologiques à long terme après un avortement. Je ne prétends pas que toutes les femmes souffrent , ni avec la même intensité. Mais je constate que certaines femmes souffrent, ont besoin d’en parler, parfois longtemps après. »

« On donne plein d’informations techniques aux jeunes : ayez des relations sexuelles mais surtout pas d’enfants ! C’est très violent pour les jeunes qui se retrouvent enceintes. »

« Il faut pouvoir écouter les dilemmes des femmes pour qu’elles ne soient pas conduites à l’avortement par fatalité. »

« J’ai accompagné des femmes qui avaient choisi l’option de l’accouchement sous X. C’est toujours un moment difficile et douloureux ; je me rappelle une femme qui disait : en fait, la société nous juge, mais pour moi c’est un enfant à qui je fais le cadeau de la vie. »

Fausse-couche : la fin d’un tabou ?

Fausse-couche : la fin d’un tabou ?

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Une récente étude anglaise parue dans la revue BMJOpen a montré que 38% des femmes souffraient de stress post-traumatique suite à une fausse-couche.  20 % d’entre elles ont souffert d’anxiété et 5 % de dépression.

La fausse-couche est un phénomène assez fréquent puisqu’elle est le lot de 15 à 20% des grossesses au cours du premier trimestre, la majorité survenant avant 10 semaines de grossesse. Mais aucune aide psychologique n’est prévue pour aider les femmes qui ont connu cette « interruption subite de leur grossesse » et qui reconnaissent en être impactées. « Nous possédons des outils pour repérer les dépressions post-partum, mais nous ne disposons de rien pour le traumatisme et la dépression qui ont suivi la perte d’un enfant », souligne le Dr Jessica Farren, principal auteur de cette étude.

Les symptômes psychologiques d’une fausse-couche se manifestent soit par une angoisse latente, par des pensées intrusives, des cauchemars, et également des comportements d’évitement des situations qui rappellent la grossesse.

La fausse-couche, sujet jusque-là resté souvent tabou, commence à apparaître au grand jour. Récemment au Canada, un tribunal ontarien a classé la fausse-couche comme une invalidité, décrétant qu’ « elle était un état inhabituel qui avait un impact sur la capacité d’une femme à fonctionner au sein de la société ».

La vice-présidente du Tribunal avait conclu qu’ « Une fausse couche n’est pas une maladie commune et n’est certainement pas passagère. Il paraît clair à l’écoute du témoignage de la plaignante que cette dernière continue, même aujourd’hui, à ressentir de la détresse émotionnelle en lien avec sa fausse couche. »

Il y a donc urgence à procurer une aide psychologique aux femmes qui en auraient besoin : un tiers des femmes ayant subi une fausse-couche affirment que les symptômes affectent leur vie professionnelle et 40% leurs relations personnelles. Pour soigner le syndrome du stress post-traumatique, la thérapie cognitivo-comportementale apparaît efficace. Mais, selon des experts, il faut maintenant étudier si « ce traitement peut être adapté aux femmes qui ont perdu leur enfant ». faussecouche 1

Vers l’interdiction de la GPA au Cambodge ?

Vers l’interdiction de la GPA au Cambodge ?

cambodge femme gpa

Après l’Inde, la Thaïlande et le Népal, le gouvernement du Cambodge souhaite interdire la Gestation par Autrui (GPA) commerciale.

C’est ce qu’a révélé le porte-parole du ministère de la Justice, ce mercredi 26 octobre 2016, au cours d’une réunion rassemblant des membres du gouvernement, des ONG et des experts.

D’après les investigations du ministère, une GPA coûterait au Cambodge entre 20 000 et 50 000 dollars. Le ministère invoque son inquiétude de voir des cambodgiennes exploitées en mères porteuses par des agences sans scrupule. 40 sociétés commerciales de GPA ont été dénombrées, dont certaines se seraient localisées dans ce pays depuis la fermeture de la GPA aux étrangers par l’Inde (en cours) et de la Thaïlande (loi du 19 février 2015).

Cette annonce confirme le mouvement de réprobation de la pratique de la GPA dans les pays asiatiques pour protéger les femmes en situation de précarité de ce trafic indigne.

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>> Pour en savoir plus :

GPA : les enjeux à l’international

GPA : éthique ou pas ?

Inde : le gouvernement veut restreindre la GPA

[CP] 2 novembre : l’indécence d’une récupération par le lobby de l’euthanasie

[CP] 2 novembre : l’indécence d’une récupération par le lobby de l’euthanasie

Alliance VITA dénonce la récupération du 2 novembre, jour de la commémoration des proches défunts, par le lobby de l’euthanasie en France, alors que des actualités récentes en provenance de Belgique et de Hollande montrent dans quel engrenage conduit la logique de l’euthanasie.

En Belgique, selon le rapport officiel publié ce mois-ci, plus de 2000 euthanasies ont été recensées en 2015, soit le double de 2010. Les personnes vulnérables sont de plus en plus concernées (malades d’Alzheimer, personnes dépressives, etc.) ; et les mineurs, sans aucune limite d’âge, peuvent être euthanasiés depuis une loi de 2014.

En Hollande, plus de 5500 euthanasies ont été pratiquées en 2015, soit une hausse de 75% en 5 ans ; le gouvernement vient d’annoncer qu’il souhaitait légaliser le suicide assisté des personnes âgées, « fatiguées de vivre », même si elles ne sont pas malades.

Le 2 novembre doit être réservé au recueillement

et préservé de toute instrumentalisation.

[su_box title= »Pour Tugdual Derville, délégué général d’Alliance VITA et auteur de La Bataille de l’euthanasie (Salvator) :  » box_color= »#de0498″]

« Les Français sont particulièrement attachés à cette journée de pause, pour faire mémoire de la peine liée à leur deuil et, souvent, en tirer des forces de vie. Fleurir les tombes des cimetières et accomplir certains rites de mémoire peut nous aider à relier la société d’aujourd’hui à ceux qui nous l’ont léguée. Il est particulièrement indécent de prétendre détourner ce jour au profit d’une idéologie qui présente la mort comme un projet. Aucun groupe de pression ne devrait se permettre d’inventer, à la place des traditions populaires, des journées dédiées à une revendication mortifère. »

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La face cachée de la FIV-3 parents

La face cachée de la FIV-3 parents

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La « FIV-3 parents » fait beaucoup parler d’elle depuis que la revue « New scientist » a annoncé fin septembre 2016 la naissance du premier enfant génétiquement modifié, conçu par cette technique très controversée qui utilise deux ovules et un spermatozoïde pour concevoir un embryon in-vitro.

Le scientifique ayant réalisé cette transgression sans précédent est le Dr John Zhang, du Centre de fertilité New Hope de New York. Il s’est rendu dans un laboratoire au Mexique, pour se soustraire à toute réglementation, et fabriquer dans le plus grand secret ce bébé à la demande d’un couple venant de Jordanie.

Eviter la transmission d’une pathologie par la mère liée à des organites présents dans l’ovule, les mitochondries,  est depuis toujours le mobile évoqué par les promoteurs de cette pratique. Ce fut notamment le cas lors des débats qui ont eu lieu en Grande Bretagne et qui ont abouti à sa légalisation en 2015, malgré de très nombreuses mises en garde. L’innocuité de cette pratique pour l’enfant à naître n’est pas prouvée.

Lors du meeting annuel de “l’American Society for Reproductive Medicine”, qui s’est tenu le 19 octobre 2016 à Salt Lake City, le Dr Zang, qui a toujours présenté cet enfant comme étant en bonne santé, a révélé que ce n’était finalement pas le cas : une quantité non négligeable de mitochondries défectueuses a été transmise dans la première cellule embryonnaire, et se retrouve donc présente dans chaque cellule du petit garçon. Quels seront les impacts sur sa santé future ?  Le Dr Zhang assure qu’il va bientôt effectuer un examen médical complet du bébé, y compris pour vérifier si les niveaux de mitochondries malades se maintiennent.

Pour de nombreux scientifiques, il y a de fortes préoccupations au sujet de l’innocuité et l’efficacité de la technique. Mais finalement, le mobile compassionnel pour éviter la naissance d’enfants porteurs d’une maladie, très rare par ailleurs, pourrait n’être qu’un alibi pour faire avancer cette technique. Il semble que d’autres motivations soient en cause. L’hypothèse serait la suivante : utiliser un ovule « jeune » pour y intégrer le matériel génétique de certaines femmes, notamment celles chez qui l’âge pourrait expliquer leurs difficultés à être enceinte, permettrait d’augmenter la survie ou la croissance des embryons in vitro.

En février 2016, le Dr John Zhang avait publié une vidéo dans laquelle il saluait l’utilité de la technique en tant que traitement de la fertilité, ne mentionnant que très brièvement son utilisation potentielle dans la prévention de la maladie mitochondriale. Une publication d’octobre 2016 révèle qu’il aurait déjà tenté cette procédure en 2003 en Chine. Trois embryons traités auraient été implantés, la grossesse aurait démarré mais aucun des fœtus n’a survécu : l’un d’eux aurait été avorté par « réduction embryonnaire » au 33ème jour, les deux autres seraient morts respectivement à 24 et 29 semaines de grossesse, par rupture des membranes.

D’autres enfants vont naître prochainement en Ukraine, issus de cette même technique mise en œuvre par le Dr Valery Zukin de la Clinique Nadiya de Kiev. Ces enfants n’ont pas été conçus dans le but de leur éviter une maladie, leurs mères n’en étaient pas porteuses. La FIV-3 parents a ici été utilisée pour améliorer la fertilité du couple. Une femme attend une petite fille, âgée de 28 semaines de grossesse, les modifications génétiques apportées à cette petite fille toucheront également ses propres gamètes, et seront transmissibles aux générations suivantes. Une autre est enceinte de 22 semaines d’un garçon.

Le Dr Zukin a procédé de la façon suivante : l’ovule de la mère et de la donneuse ont tous les deux été fécondés par le sperme du père. Puis, les « pronucleus » (le noyau paternel et maternel contenant le matériel génétique) ont été retirés de l’ovule de la mère et transférés dans l’ovule de la donneuse, duquel les deux pronucléus avaient été retirés. L’idée avancée est que le cytoplasme (le contenu de l’ovule de la donneuse), supposé de meilleure qualité, pourrait améliorer la survie ou la croissance de l’embryon.

Pour le Dr Dean Betts de l’Université Western au Canada, « les raisons pour lesquelles la croissance des embryons des couples en question se stoppait ne sont pas connues, et nous ne pouvons pas affirmer qu’elles ont disparu ; peut-être que c’était un phénomène qui évitait le développement d’embryons anormaux. Cette procédure est trop risquée. Plus de recherches sont nécessaires, et je recommande que nous l’interdisions sur les humains tant que nous n’en saurons pas plus sur la sécurité ».

Le mobile thérapeutique évoqué pour éviter la transmission de maladies rares est donc déjà dépassé. Désormais il semble que le « marché de la fertilité » soit la cible.

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>> Pour en savoir plus sur la technique et les questions éthiques qu’elle soulève, relire la Notexpert d’Alliance VITA.

Les nouvelles biotechnologies – Audition de Blanche Streb à l'OPECST

 

Blanche Streb, directrice des études d’Alliance VITA, est intervenue pendant l’audition publique du 27 octobre 2016 de l’OPECST (Office Parlementaire d’Évaluation des Choix Scientifiques et Technologiques). Le thème  était : « Les nouvelles biotechnologies : quelles applications, quel débat public ? » et son intervention portait sur les enjeux éthiques et thérapeutiques sur les embryons.

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« Je voudrais examiner avec vous les enjeux éthiques qui émergent avec l’utilisation des nouvelles biotechnologies au travers de leur impact sur l’embryon humain.

1er point

Le 1er enfant génétiquement modifié est déjà né, conçu dans le secret d’un labo, en dehors de tout radar éthique et réglementaire dans un pays où cela n’est pas explicitement interdit. Conçu in-vitro par la technique controversée la FIV-3 parents, par transfert nucléaire pour éviter les maladies mitochondriales.

La communauté internationale s’est retrouvée comme mise « devant le fait accompli », devant le « bébé accompli ». Une fois là, il devient plus difficile de contester la manière dont il a été conçu. Pourtant au moins 5% de mitochondries malades seraient « passées » dans la première cellule fécondée. Cela, et beaucoup d’autres inconnues, pèsent sur la santé future de cet enfant, cobaye à vie de la technique qui a contribué à le concevoir. Le risque est pris : pour cet enfant, pour cette famille. Ne sont-ils pas un peu instrumentalisés ? Le scientifique américain, ayant réalisé cette technique, l’envisage principalement pour pallier à des raisons d’infertilité.

Cette technique n’a guéri personne : elle a fabriqué quelqu’un.

Nous avons été étonnés la manière dont cela a été orchestré, médiatisé, et de ne voir pratiquement pas de contestation d’une telle transgression de la part de la communauté scientifique.

D’autres enfants vont naître en Ukraine par la technique de la FIV-3 parents, mise en œuvre non pas pour éviter une pathologie, mais pour « augmenter la fertilité » du couple commanditaire. Le transfert nucléaire a eu lieu dans des ovocytes de donneuses. Une fille doit naître: les modifications génétiques ainsi enclenchées seront transmissibles aux générations suivantes. Personne n’est en mesure d’en anticiper les conséquences.

Qu’on le veuille ou non, il s’agit d’un précédent. Comment enrayer cette fuite en avant ?

2ème point

Alliance VITA a fait réaliser un sondage par l’Ifop en mai « les français et la technique CRISPR-Cas9 ».

67% des français se disent inquiets devant l’accélération de l’intervention des scientifiques sur le génome humain. Il faut l’entendre : seuls des cadres éthiques clairs et fondateurs éviteront que la science ne soit discréditée injustement.

Ils sont très majoritairement opposés (78%) à une intervention sur le génome d’un ou de leur propre embryons in-vitro.

À 68%, ils demandent que la France s’engage pour demander un encadrement international de ces pratiques.

La France, pays de droits de l’homme et de la dignité de la personne est dotée de lois bioéthiques, d’institutions capables de débattre. Nous n’avons pas la vision utilitariste de l’être humain que peuvent avoir d’autres pays. Crispr-Cas9 est mis en œuvre sur l’embryon humain dans des laboratoires dans un cadre de recherche: déjà en Chine, Angleterre, Suède. A ce jour, ni sûre, ni efficace, la technique se perfectionnera, est-ce que la tentation n’ira pas un jour jusqu’à l’implantation d’un embryon transgénique, comme avec la fiv 3 parents ?

3ème point

Le régime de recherche sur l’embryon en France a inexorablement évolué depuis que le principe éthique fondateur de l’interdiction totale, présent dans les premières lois bioéthique a sauté. A savoir, « La loi assure la primauté de la personne, interdit toute atteinte à la dignité de celle-ci et garantit le respect de l’être humain dès le commencement de sa vie ».

Le nouveau régime institué par la loi Santé permet la réalisation de recherches biomédicales dans le cadre de l’AMP « sur des gamètes destinés à constituer un embryon ou sur l’embryon in vitro avant ou après son transfert à des fins de gestation. Dans le but d’améliorer l’efficacité des méthodes d’AMP ou de prévenir ou soigner des pathologies chez l’embryon ». Mais de quoi parle-t-on ? On est en droit de s’interroger.

Une saisine faite au Conseil Constitutionnel a soulevé l’opacité de la formulation « il n’y a aucune précision quant au but de ces recherches. L’encadrement semble imprécis, équivoque et incohérent.

Ce nouveau régime appliqué à l’embryon relève du droit commun des recherches biomédicales, cad du droit commun de la recherche sur la personne humaine.

La science nous enseigne que rien ne change dans la nature de l’embryon. Comment expliquer qu’il passe du statut de matériau de laboratoire à celui de personne, et vice versa, selon que la recherche intervient dans le cadre d’une AMP ou non.  Au fond : cette loi Santé n’a-t-elle pas révélé l’artifice de le considérer comme un matériau de laboratoire ?

Comment prétendre se prémunir dans le futur des risques de voir appliquer des modifications génétiques sur l’embryon humain, dans un système flou, variable, ne reposant pas sur des principes éthiques cohérents, stables, ancrés sur la dignité humaine ?

4ème point

Ces nouvelles technologies nous questionnent et nous obligent à approfondir les buts qu’elles poursuivent. Mais aussi les moyens : dont l’un d’eux est l’utilisation de l’embryon humain.

Le débat éthique sur la production, la manipulation, et la destruction d’embryons humains reste ouvert. L’humanisation du regard sur l’embryon est possible, et plus que jamais, nécessaire.

Nous voyons les limites à ne réfléchir à une éthique qui ne concernerait que les applications.

Notre position est de rappeler la nécessité de protéger l’intégrité de l’être humain, dès son stade embryonnaire, contre toute exploitation, qu’elles soient motivées par des intérêts particuliers ou collectifs.

La responsabilité envers les générations futures n’est-elle pas de tout mettre en œuvre dès aujourd’hui, pour que soient garantis le respect les droits de ceux qui verront le jour plus tard ?

Et la nécessité de préserver la sécurité, la santé et le traitement éthique des techniques de procréation. C’est un enjeu sanitaire.

Alors que la thérapie génique avec CRISPR Cas 9 et éventuellement d’autres techniques peuvent se révéler prometteuses pour soigner des maladies, manipuler l’embryon humain, en vue de corriger, transformer, améliorer ses caractères conduit à l’instrumentaliser et à entretenir l’illusion de la suppression de la fragilité. Commencer par vouloir « éviter le pire » conduira inévitablement à prétendre rechercher le meilleur, le bébé parfait ? La sélection des gènes par ces techniques glisse vers un eugénisme dont nous sentons tous la menace.

Ces technosciences appellent un état de vigilance éthique maximal. Le seul véritable « progrès » recherche, de manière indissociable, le bien de l’homme et de l’humanité entière. Il doit être choisi, partagé, raisonné, juste et viser à améliorer la qualité de vie de l’homme sans altérer son environnement et, désormais, sa nature même. »

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>> Retrouvez la 2ème vidéo de l’intervention sur la chaîne YouTube d’Alliance VITA :

[CP] 1000 photos verbatim pour faire mémoire des défunts. Et si parler des morts nous aidait à vivre ?

[CP] 1000 photos verbatim pour faire mémoire des défunts. Et si parler des morts nous aidait à vivre ?

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A l’occasion du 2 novembre 2016, jour des défunts, où l’on fait mémoire dans le recueillement des êtres chers qui nous ont quittés, Alliance VITA publie un album d’images et de réflexions tirant les conclusions de sa grande enquête de rue « Parlons la mort ».
A l’issue de cette enquête, Alliance VITA a estimé que le fruit des quelque 2 000 rencontres avec des personnes dans la rue et des plus de 1 000 photographies verbatim recueillies méritait d’être valorisé et partagé tant les messages recueillis sont de véritables « trésors ».
D’où le contenu de cet ouvrage de 72 pages, avec :

  • une sélection de 27 photographies verbatim en pleine-page de personnes qui ont partagé ce que « la mort d’un proche » leur a « appris sur la vie ».
  • cinq contributions de personnalités reconnues pour leur réflexion et leur engagement sur les sujets de la fin de vie, de la mort et du deuil.

Consulter le livre en ligne : parlons la mort pour la vie


 

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 Livre : Parlons la mort pour la Vie

 

Les cinq contributions :
A partir de ces conversations « essentielles », Tugdual Derville, délégué général d’Alliance VITA et fondateur du service d’écoute SOS Fin de vie, constate que la conscience de la mort favorise le sentiment d’une fraternité universelleChristian de Cacqueray tire de son expérience du service funéraire l’importance des rites de deuil qui humanisent et permettent la croissance personnelle. Anne Davigo-Le Brun travaille avec ceux qu’elle accompagne pour qu’ils puissent tirer des deuils, aussi douloureux ou violents soient-ils, des forces vitales, en leur donnant le sens d’un précieux héritage immatérielTanguy Chatel revient, en sociologue, sur le tabou incontournable de la fin de vie en montrant qu’il s’est largement déplacé vers les rites de deuil, trop souvent escamotés. Enfin, le philosophe Jacques Ricot explique comment peut se conjuguer le verbe mourir, mot qui incite à consentir aux limites de la condition humaine.

Par cette publication, Alliance VITA souhaite :

  • alerter sur l’appauvrissement et l’accélération des rites de deuils dont souffrent de plus en plus nos contemporains ;
  • encourager la libération de la parole et l’accompagnement des personnes endeuillées, afin de mieux envisager la mort, pour mieux vivre.

Edition limitée : pour obtenir cet album, écrivez-nous !
Plus de 1000 photos verbatim ont été recueillies lors de la campagne « parlons la mort »
– Visiter le site de la Campagne parlonslamort.fr
– Découvrez le compte Instagram avec plusieurs centaines de photos publiées

Lancement du baromètre BIOpolitique d’Alliance VITA

Lancement du baromètre BIOpolitique d’Alliance VITA

Les débats pour l’élection présidentielle de 2017 s’intensifient : dans ce contexte, Alliance VITA souhaite éclairer les électeurs sur les prises de position des candidats concernant les principaux enjeux bioéthiques qui mobilisent l’association.

De la protection de l’embryon humain à l’accompagnement de la fin de vie, en passant par la défense des droits de l’enfant ou l’accueil des personnes handicapées, les convictions sont exprimées de façon plus ou moins homogènes.

Alliance VITA a créé un Espace « Présidentielle 2017 » dans lequel on peut déjà trouver :

  • Le calendrier électoral, avec les dates des différentes Primaires des partis politiques et celles de l’élection présidentielle elle-même.
  • La liste de tous les candidats officiellement déclarés, classés par tendance politique.
  • Pour chaque candidat(e) de la Primaire de la droite et du centre, en cliquant sur son nom ou sa photo, une page entièrement dédiée à ses prises de position sur une dizaine de thèmes liés à la bioéthique : des citations précises et des liens vers les sources de ces déclarations permettent d’approfondir l’analyse. Des pages similaires par candidat seront prochainement ouvertes pour les étapes ultérieures des autres Primaires.
  • Un baromètre BIOpolitique qui permet une comparaison des prises de position sur les différents thèmes.

Ces différents documents seront enrichis tout au long de la campagne présidentielle. D’autres initiatives viendront compléter, avec des analyses et des décryptages plus précis par thème.

A chacun de discerner la place qu’il fait aux différents enjeux bioéthiques, à nos yeux essentiels, dans son vote.

 

Mariage et adoption : échanges musclés entre Tugdual Derville et Audrey Pulvar

Mariage et adoption : échanges musclés entre Tugdual Derville et Audrey Pulvar

A l’issue de la Manif pour tous du 16 octobre, Tugdual Derville, délégué général d’Alliance VITA, était l’invité d’iTélé pour répondre aux questions d’Audrey Pulvar sur cet événement.

Verbatim extraits de l’émission :

 

« Notre mouvement social dure depuis quatre ans ; il est toujours vivace et aucun parti politique n’est capable de mettre autant de personnes dans la rue sur une cause qui nous tient à coeur. »
 
« D’après le sondage d’Opinion Way qui vient d’être révélé : 79 % des Français sont favorables à ce que l’Etat garantisse à chaque orphelin le droit d’être adopté par un père et une mère. »

 

« Je suis frappé de voir qu’alors que la loi Taubira organise la possibilité pour deux hommes ou deux femmes d’adopter, les Français y sont très majoritairement défavorables, c’est toujours un vrai sujet politique. »
 
« J’ai toujours contesté toute forme de violence (…) mais je trouve l’attitude des Femens ignoble. Elles viennent pour provoquer, puis vous m’interrogez dessus, cela sert juste à éviter les vrais sujets ».

« L’enfant a besoin d’être protégé. »

Délit d’entrave IVG : le PS dépose une proposition de loi

Délit d’entrave IVG : le PS dépose une proposition de loi

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Comme ils l’avaient annoncé, les députés socialistes ont déposé une proposition de loi (PPL) pour élargir le délit d’entrave à l’interruption volontaire de grossesse (IVG) aux sites internet accusés de donner des informations qui détourneraient de l’avortement.

Cette proposition de loi  déposée le 13 octobre 2016 a pour but de pallier l’échec du gouvernement à imposer un amendement dans le projet de loi Egalité et Citoyenneté, celui-ci ayant été déclaré irrecevable par la commission spéciale chargée d’examiner le projet de loi. C’est d’ailleurs la même formulation qui a été reprise et qui constitue l’unique article de la PPL.

Dans l’exposé des motifs, il est indiqué qu’il s’agit de sites internet qui « détournent les internautes d’une information fiable et objective. » Alliance VITA, dont le service d’écoute SOS Bébé (www.sosbebe.org) a été cité par le gouvernement, dénonce la manière dont le gouvernement tente de censurer les opposants à la banalisation de l’avortement en ciblant les sites qui informent les femmes sur les alternatives à l’IVG.

[su_box title= »Pour Caroline Roux, Déléguée générale adjointe et coordinatrice des services d’écoute d’Alliance VITA :  » box_color= »#de0498″]

« Cet acharnement gouvernemental, maintenant relayé par les députés socialistes, est stupéfiant. En réalité, l’information des pouvoirs publics en matière d’IVG s’est dégradée depuis 15 ans. Ils ont renoncé à indiquer aux femmes, qui consultent en vue d’une IVG, les aides aux femmes enceintes auxquelles elles auraient droit. Le gouvernement sur son propre « site officiel », n’en fait aucune mention. De plus sur ce site, un prétendu expert affirme qu’il n’y a pas de séquelles psychologiques à long terme après un avortement. Cela va à l’encontre de notre expérience et de ce que vivent un certain nombre de femmes et aussi du sondage IFOP « les Français et l’IVG », publié fin septembre. La Haute Autorité de Santé regrette le manque d’évaluation sur ce point.  L’immense majorité des femmes souhaite une véritable politique de prévention de l’IVG. Il est donc irresponsable de cacher la réalité d’un acte qui n’a rien d’anodin dans la mesure où c’est, à chaque fois, le destin de vies humaines qui est en jeu. Et nous accompagnons des femmes qui en endurent souvent des conséquences difficiles, dans la solitude. » [/su_box]

Alliance VITA a lancé une pétition contre la censure gouvernementale et pour une meilleure information sur les aides financières et sociales aux femmes enceintes.

Pour aller plus loin : Sondage IFOP septembre 2016 :  les Français et l’IVG.

Tous responsables politiques !



Discours de Tugdual Derville. 

16 octobre 2016. Podium de La Manif Pour Tous – Parvis des Droits de l’Homme – Trocadéro.

Chers amis,

Quatre ans ! Quatre ans de fidélité paisible et tenace à nos convictions, au service de l’enfant et de la famille… et qui sont plus que jamais d’actualité.

Alors que tant de paroles éphémères, qu’on dit « politiques » s’envolent comme des feuilles d’automne dans les vents superficiels, nous avons tenu ! Vous avez tenu !

Tous les observateurs honnêtes – qu’ils soient ou non en accord avec ce qui nous porte à agir – le reconnaissent : notre immense mouvement social a déjà changé la donne. Il a déjà porté, chez amis, un coup d’arrêt aux visées des déconstructeurs qui, depuis des années, avançaient pas à pas, jusqu’à « atomiser » la société.

Faut-il rappeler ce que cachait la conquête du mot mariage qu’ils ont prétendu offrir aux personnes de même sexe ? A l’image d’un Jacques Derrida qui se prononçait, dès 2004, pour le simulacre du mariage de Bègles, tout en prônant l’abolition du mariage, nous avons  aujourd’hui l’avocate Caroline Mécary qui a révélé la stratégie du Cheval de Troie (je la cite) : « Pour pouvoir abolir le mariage, il faut d’abord que tout le monde puisse en bénéficier ».

Notre mouvement social est aussi et surtout une promesse ! Promesse de construction d’une société fondée non plus sur les désirs tyranniques, mais sur l’altruisme, le souci et le respect du plus fragile. Cette société, nous la construisons, vous la construisez déjà ! Elle est fondée sur trois murs porteurs de l’anthropologie du don, les murs porteurs de l’écologie humaine.

–  D’abord la maternité : cette gestation corporelle que nous voulons préserver, pour les générations futures, contre son éclatement, sa marchandisation, son effacement, celui que veulent organiser les transhumanistes.

–  Ensuite l’altérité sexuelle : cette parité originelle homme-femme à la source de tout engendrement, alors que les déconstructeurs entendent multiplier les prétendus « parents sociaux » ; alors que les scientistes commencent déjà à fabriquer des embryons OGM et désormais des bébés « à trois parents »…

–   Et enfin, la famille, cet écosystème durable fondé sur – n’ayons pas peur des mots – l’amour, intégré à la fidélité sexuelle et à l’engagement. Cette famille, chers amis, c’est elle qui fonde la fraternité. C’est elle la toute première structure « politique », source de toute autorité légitime, amortisseur de crise, valeur refuge du début à la fin de la vie, où l’on apprend la liberté, l’égalité et la fraternité véritables.

A l’heure, chers amis, où notre société doute sur son identité, sur ses racines, sur ses perspectives, nous plaidons tout simplement, non pas pour un homme hors-sol, à la merci des désirs des forts, mais pour des hommes enracinés, reliés, assumant leur interdépendance et leur vulnérabilité, et respectant les limites propres à la nature humaine.

Aux gouvernants d’aujourd’hui et de demain, nous disons : il n’y a pas de politique digne de ce nom sans conception ajustée de l’homme, sans respect des fondamentaux de l’écologie humaine.

À vous tous, mes amis, ceux qui sont présents comme ceux qui n’ont pu l’être, je voudrais adresser un appel solennel ! Je voudrais nous mettre en garde contre la tentation d’attendre les bras ballants un leader providentiel. Avec tout le respect et la gratitude que nous devons aux élus qui nous ont accompagnés et soutenus durant ces années, et que je salue, je voudrais dire que :

–  Nous sommes tous des responsables politiques, agissant à proximité pour la justice !

–  Nous sommes tous des travailleurs sociaux, agissant autour de nous auprès des plus fragiles.

–  Nous sommes tous des entrepreneurs de l’humanitaire prenant des initiatives pour soulager, consoler, soutenir nos concitoyens en difficulté.

Ceux qui ont tout fait dès 2012 pour minimiser et éteindre notre mouvement social, ceux qui ont tout fait pour prédire son extinction, ne le voient pas. Ils ne peuvent pas voir ce qui continue de foisonner dans l’humus de notre société !

Face à la pensée dominante, au vide totalitaire qui ne souffre pas la contestation, nous sommes là, INDERACINABLES. À l’image du dissident tchécoslovaque Vaclav Benda, nous occupons tous les espaces laissés vacants par le pouvoir en place, ces lieux délaissés où il est défaillant, impuissant, en échec, pour y instaurer ce que son ami Vaclav Havel appelait : LA VIE DANS LA VERITE.

Voilà notre programme politique pour 2017 !

Voilà ce que nous allons défendre et instaurer ensemble sans faiblir, sans attendre, et en comptant sur de nombreux élus pour nous épauler !

Je vous remercie !

Tugdual Derville

La procréation « post-mortem », les enjeux du débat

La procréation « post-mortem », les enjeux du débat

insémination artificielle

Le tribunal administratif de Toulouse a rendu, jeudi 13 octobre, sa décision dans une nouvelle affaire d’insémination post-mortem et confirme l’interdiction. Les conclusions de son rapporteur public, présentées lors de l’audience du jeudi 29 septembre, ont donc été suivies. Le tribunal donne ainsi raison au CHU de ne pas faire droit à la demande de restitution de la requérante. Les échantillons de sperme de son défunt mari, actuellement congelés au Centre d’étude et de conservation des œufs et du sperme de Toulouse, ne devraient pas être conservés.

La décision du tribunal administratif de Toulouse, semble réaffirmer, par principe, l’interdiction de l’insémination post-mortem.

En revanche, une autre affaire, cette même semaine, était traitée par le tribunal de Rennes qui, lui, a accordé pour la première fois à une jeune femme de nationalité française le droit d’exporter le sperme congelé de son mari décédé en vue d’une insémination post-mortem à l’étranger.

L’insémination ou la fécondation in vitro post-mortem, c’est-à-dire après la mort du père, en utilisant ses gamètes conservés, est une pratique controversée et interdite en France depuis les premières lois de bioéthique de 1994.  En effet, le Code de la santé publique précise que la procréation médicalement assistée (PMA) est réservée aux couples pour remédier à une infertilité dont le caractère pathologique a été médicalement constaté. La loi précise que l’homme et la femme formant le couple doivent être vivants, en âge de procréer et consentir préalablement au transfert d’embryons ou à l’insémination.

Le 31 mai 2016, un cas similaire avait été traité par le Conseil d’Etat, pour une jeune veuve d’origine espagnole. L’avis rendu avait suscité une polémique.  En effet, dans ce cas cité, le conseil d’état s’était affranchi de l’interdit légal.

Blanche Streb, directrice des études, et Maître Gilbert Collard, avocat, qui avait plaidé dans une affaire similaire, ont débattu de cette question à l’antenne de Sud Radio ce jeudi 14 octobre.

 

Pays-Bas: l’aide au suicide après "une vie accomplie" ?

Pays-Bas: l’aide au suicide après "une vie accomplie" ?

 

personne agee fin de vie suicide

Les Pays-Bas envisagent d’autoriser l’aide au suicide pour les personnes âgées qui ont le sentiment d’avoir « accompli » leur vie, même si elles sont en parfaite santé.

Les ministres de la santé et de la justice ont adressé une lettre en ce sens au Parlement dans laquelle ils expriment que « les personnes qui pensent, après avoir mûrement réfléchi, avoir achevé leur vie, doivent, sous de strictes conditions et selon des critères très précis, être autorisées à finir leur vie d’une manière qui leur semble digne ». Les personnes concernées « ne voient plus de possibilité pour donner un sens à leur vie, vivent mal leur perte d’indépendance, ont un sentiment de solitude », assure le gouvernement.

Ce futur texte, qui n’est pas encore finalisé, ne concernerait que les personnes âgées, mais le gouvernement n’a pas évoqué d’âge spécifique. Un « assistant à la mort », une personne avec une éducation médicale et des formations spécifiques, devra autoriser la procédure après avoir exclu qu’un traitement puisse effacer ce « souhait de mort ». Le processus sera examiné après le décès par une commission spécialisée.

Plusieurs partis de l’opposition ont critiqué le projet, craignant qu’un éventuel texte conduise à « une pression sur les autres personnes âgées qui vont se sentir de trop dans la communauté ». Certains Néerlandais éprouvent la même inquiétude évoquant « les personnes fragiles, solitaires, désespérées ».

Les Pays-Bas ont légalisé l’euthanasie en 2002. Les dispositions mises en place sont régulièrement sujettes à interprétations et génèrent des polémiques, en particulier concernant l’euthanasie des personnes souffrant de maladies mentales ou de démence, et celle des enfants à partir de 12 ans.

Depuis que l’euthanasie est légalisée, leur nombre ne cesse d’augmenter : en 2015, les Pays-Bas ont enregistré 5.516 cas d’euthanasies, soit 3,9% des décès dans le pays, contre 3.136 cas cinq ans plus tôt. Parmi ces personnes, plus de 70% souffraient de cancer et 2,9% de maladies psychiatriques ou de démence.

[su_box title= »Pour Henri de Soos, Secrétaire général d’Alliance VITA :  » box_color= »#de0498″]

« Ce pays est sur une pente glissante. La légalisation de l’euthanasie imprègne inévitablement la culture de fin de vie d’un pays. Il est inquiétant de voir que selon un sondage publié début 2016, 64% des Néerlandais seraient favorables à la mise à disposition d’une « pilule de fin de vie » ! Selon ce projet de loi, les personnes pourraient demander le suicide assisté, sans aucune raison médicale, seulement en démontrant que leur opinion est mûrement réfléchie, et que leur vie est terminée ? Il y a urgence qu’un sursaut éthique s’exprime pour accompagner et soutenir les personnes seules, âgées, dépendantes. Celles-ci ont certes besoin d’aide, mais il est indigne d’une société de n’avoir que le suicide à proposer comme solution à leurs difficultés. [/su_box]

Pourquoi se mobiliser dimanche ? Tugdual Derville, Grand invité de La Matinale de RCF


A l’avant-veille de la mobilisation du 16 octobre, Tugdual Derville était le grand invité de La Matinale de RCF, ce vendredi 14 octobre, interviewé par François Ballarin.

 

« Nous sommes mobilisés, dans le cadre de la ténacité paisible de cet immense mouvement social qui s’est levé au travers de la Manif pour tous. Nous sommes fidèles dans nos convictions à ce qui nous a mobilisés depuis 2012, et qui demeure plus que jamais d’actualité ».

« Dans un temps troublé que nous connaissons, les repères fondamentaux, notamment celui de la parité dans le mariage, sont essentiels. Ces repères, le gouvernement n’en finit plus de les casser. Il est important de le rappeler. A partir du moment où l’on porte atteinte à cette politique familiale si importante, on va vers plus de précarité et plus de malheur. Il est extrêmement important qu’un mouvement social qui a réveillé la France se rassemble afin de rappeler aux politiques que la première de leurs priorités est de protéger l’enfant et le plus fragile ».

« La politique d’aujourd’hui et celle de demain doivent respecter ces repères au lieu de les détruire. Certaines lois ont porté atteinte à la politique familiale, pourtant si importante, car la famille structure la société ».

« Le gouvernement n’a plus que quelques jours pour faire appel d’une décision de la CEDH sur la GPA. Le gouvernement s’était engagé à prendre des initiatives internationales pour contrer le trafic d’enfants en 2014, mais le premier ministre n’a rien fait. Nous voulons lui rappeler ses engagements. La parole des politiques ne doit pas être éphémère, sinon les citoyens sont découragés ».

« Nous courons le danger de la vacuité d’une société où l’enfant n’est plus respecté dans ses besoins fondamentaux, où des désirs d’adultes se réalisent aux dépens de l’intérêt profond des enfants ».

« Une société dans laquelle on casse les murs porteurs de l’anthropologie, où la maternité peut être éclatée entre plusieurs femmes, où on cautionne l’idée de procréation médicalement assistée pour des femmes seules, ou homosexuelles… tout cela contribue à l’insécurité de l’identité de notre pays ».

« La théorie du genre est bien dans la tête d’idéologues qui nous gouvernent. Je vous cite Mme Najat Vallaud-Belkacem* : «Le féminin et le masculin sont avant tout des constructions sociales (…)  La cible des enfants de moins de trois ans se doit d’être au cœur des préoccupations des politiques publiques dans la mesure où les assignations à des identités sexuées se jouent très précocement. »

 
(*lettre de mission de N. Vallaud-Belkacem à l’IGAS, 21 juin 2012).

Débat sur l’insémination post-mortem : Blanche Streb invitée de Sud Radio

Blanche Streb, directrice des études d’Alliance VITA, était l’invitée de Philippe David sur Sud Radio dans l’émission « Seul contre tous » du 13 octobre pour débattre de l’insémination post-mortem, aux côtés de Maître Gilbert Collard.

 

Verbatim extraits de l’émission :

« L’intérêt d’un enfant ne peut être d’être conçu orphelin ».

« On observe une inquiétante mutation du rôle du juge. Est-ce que le juge outrepasse ses droits, le droit ? Le juge évoque des « circonstances exceptionnelles », pour s’autoriser à ne pas respecter la loi qui pourtant s’impose à tous –et à lui en tout premier lieu. Le juge ne respecte pas la loi, qui pourtant est claire dans sa lettre et son esprit. C’est inquiétant, cela soulève une grave insécurité juridique pour notre pays ».

« La loi n’est pas là pour répondre aux désirs individuels, mais pour protéger les plus faibles ».

« On peut observer une mutation culturelle vers un droit à l’enfant, mais il faudrait parler du droit DE l’enfant ».

« Il est complètement différent d’accompagner un enfant qui est déjà conçu et d’organiser à l’avance un préjudice ».

« Ca n’est pas parce qu’il existe des situations dramatiques qu’il faut en créer d’autres ».

Débat sur le couple et la famille : Tugdual Derville sur France Culture

Tugdual Derville, délégué général d’Alliance VITA, était l’invité de France Culture dans l’émission « le Grain à Moudre » du 11 octobre 2016, pour débattre, avec Marcela Iacub, sur le thème : « l’Etat doit-il abolir le couple ? »

Verbatim extraits de l’émission :

« L’épanouissement est possible dans la fidélité, grâce à une sexualité intégrale : c’est à dire qui n’est pas déconnectée de l’affectivité ». « Il faut écouter le désir des cœurs, le désir profond : c’est celui de l’amour durable. Et complet. (…) 68% des français croient qu’il est possible d’être fidèle à une seule personne toute la vie. » « Le sexe est d’une telle importance, qu’il est fait pour le don global, l’engagement. » « On parle d’une «crise du couple», mais n’oublions pas qu’en France 70% des mineurs vivent encore avec leurs deux parents. » « L’Etat, en liquéfiant la société, désavantage les enfants. L’étatisation de la procréation est le pire qui puisse leur arriver. » « La dissymétrie constatée au sein du couple n’est pas une discrimination mais provient de la réalité de notre corps. Naître du corps d’une femme induit des relations spécifiques qui différencient la maternité de la paternité. » « Le couple fidèle structure la société. Le sexe est sacré ; il résonne dans l’identité profonde de chacun. »    « Si le couple qui dure est si important, c’est en raison du besoin de tout enfant de vivre et grandir longtemps grâce à la présence et à l’autorité conjointe du père et de la mère. »