Figaro Magazine, parue le 11 février 2012 (extraits sur Europe1.fr)
Sur la fin de vie, souhaitez-vous une évolution législative ?
Nicolas Sarkozy :
“Non. L’euthanasie légalisée risquerait de nous entraîner vers des débordements dangereux et serait contraire à nos conceptions de la dignité de l’être humain. La loi Leonetti est parfaitement équilibrée, elle fixe un principe, celui du respect de la vie. Pour le reste, laissons place au dialogue entre le malade, sa famille et le médecin. Cela s’appelle faire preuve de compréhension et d’humanité. On n’est pas obligé de légiférer sur tout et tout le temps”.
Lire aussi sur le sujet : Tribune de Jean Léonetti : “La proposition de François Hollande n’est rien d’autre que la légalisation de l’euthanasie” Source: Tribune parue dans la Vie.fr du 06 février 2012]]>
Source : Source : interview donnée au Figaro Magazine, parue le 11 février 2012 (extraits sur Europe1.fr)
Etes-vous favorable au mariage homosexuel ?
NS : « Je n’y suis pas favorable. J’avais proposé en 2007 un contrat d’union civile. Nous ne l’avons pas mis en oeuvre parce que nous nous sommes rendu compte qu’il était inconstitutionnel de réserver ce contrat aux seuls homosexuels. Ce contrat d’union civile aurait porté atteinte à l’institution du mariage. Cependant, j’ai veillé à garantir aux homosexuels les mêmes avantages en termes de succession et de fiscalité qu’aux couples mariés, mais dans le cadre du Pacs. En ces temps troublés où notre société a besoin de repères, je ne crois pas qu’il faille brouiller l’image de cette institution sociale essentielle qu’est le mariage. »
Et l’adoption par les couples de même sexe ?
NS : « C’est une des raisons pour lesquelles je ne suis pas favorable au mariage homosexuel. Il ouvrirait la porte à l’adoption. Je sais qu’il existe, de fait, des situations particulières avec des hommes et des femmes qui assument parfaitement leur rôle parental. Mais elles ne m’amènent pas à penser qu’il faudrait inscrire dans la loi une nouvelle définition de la famille ».
« Prendre en charge collectivement la dépendance.
Une cinquième branche du régime général de Sécurité sociale dédiée à la dépendance doit être créée, consistant à permettre la prise en charge collective de la dépendance, sans que le système ne repose sur des mécanismes assurantiels privés.Cette cinquième branche se verra confier la responsabilité de l’ensemble des moyens financiers et humains actuellement mis en œuvre par les départements (allocation personnalisée d’autonomie) et les établissements de santé. Elle aura pour mission principale d’améliorer les conditions de prise en charge de la perte d’autonomie et de l’hébergement en établissement médico-social. Elle sera également en charge d’évaluer scientifiquement les besoins liés à la dépendance afin d’adapter les politiques publiques et les modes de vie et d’organiser la formation à la gestion de la dépendance.
A court terme, le reste à charge des personnes dépendantes sera diminué pour permettre à tous de vivre dans la dignité.
Une analyse approfondie des besoins liés à la dépendance dans tous les domaines (santé et médecine, urbanisme, architecture, ergonomie, équipements, accès aux services publics, etc.) devra parallèlement être engagée pour être en mesure, à moyen terme, d’adapter les politiques aux évolutions démographiques.
L’ensemble des professionnels concernés et les aidants familiaux de personnes dépendantes doivent par ailleurs pouvoir bénéficier de formations spécifiques. »
Source : site officiel de campagne bayrou.fr « Respectons la vie des enfants nés dans le cadre d’une gestation pour autrui, en leur donnant des droits »
Les couples de femmes homosexuelles ont-ils accès à l’insémination artificielle ? Oui, il suffit d’aller en Belgique. Alors l’idée qu’une chose serait autorisée et légale là et interdite en France n’est plus de ce temps. Reste la gestation pour autrui (GPA). C’est très compliqué. J’ai des amis, des couples d’hommes, militants au Modem, qui y ont eu recours. Cela pose d’abord la question du rapport marchand. Alors, j’adopte une ligne de conduite : essayons de faciliter une chose qui, pour moi, est précieuse, la vie des enfants. Des gens, que je respecte, sont très révulsés par la gestation pour autrui, et en même temps, il y a des enfants qui naissent de cette manière. Respectons leur vie, et donnons-leur des droits.
Source : site officiel de campagne bayrou.fr
Beaucoup d’hommes et de femmes ont eu des enfants avant d’avoir découvert ou avant d’avoir révélé leur homosexualité. Ils les élèvent et ils y arrivent le plus souvent. L’homoparentalité existe et l’adoption homosexuelle existe, il ne reste donc qu’une question en suspens : le partage de la parentalité. « L’homoparentalité est un droit logique et de bon sens »
Je ne comprends pas le débat sur l’homoparentalité. Elle existe. Il y a des centaines de milliers d’enfants, nés de pères ou de mères qui se sont, au cours de leur vie, découverts homosexuels, après avoir vécu en tant qu’hétérosexuels. Alors, dire « l’homoparentalité, c’est affreux »… Excusez-moi, mais c’est la vie de tous les jours ! Ensuite, l’adoption homosexuelle, elle existe, puisque j’ai été président de Conseil général et je suis moi-même intervenu pour qu’il n’y ait pas de distinction sur le sujet.
Le fait que deux personnes élevant des enfants ensemble, les ayant adoptés ensemble, soient reconnues toutes les deux comme parents est un droit logique et de bon sens. Il y a le cas tout à fait particulier des enfants élevés dans le seul cadre d’un couple homosexuel et qui n’ont pas d’autre parenté que les deux personnes homosexuelles qui les élèvent. Je suis pour que, dans ce cas-là, on reconnaisse le lien entre l’enfant et le deuxième parent. Parce que si la personne, la mère généralement, par qui il a été conçu, ou par qui il a été adopté meurt, l’enfant se retrouve orphelin alors qu’il a été élevé par ces deux personnes. Ce n’est pas juste.
« Parfois, une famille, ce n’est pas un papa et une maman »
Parfois, j’entends des personnes expliquer que pour pouvoir élever des enfants, il faut obligatoirement avoir un papa et une maman. Je trouve cela profondément choquant. Il y a en France des millions de mamans, toutes seules, qui élèvent leurs enfants. Ne sont-elles pas des mères qui méritent d’être respectées ? On ne peut pas dire : « n’est acceptable que la famille où il y a un papa et une maman. » Tant mieux si on les a. C’est une chance. Mais ce n’est pas toujours possible et il faut le prendre en compte.
« Respectons la vie des enfants nés dans le cadre d’une gestation pour autrui, en leur donnant des droits »
Les couples de femmes homosexuelles ont-ils accès à l’insémination artificielle ? Oui, il suffit d’aller en Belgique. Alors l’idée qu’une chose serait autorisée et légale là et interdite en France n’est plus de ce temps. Reste la gestation pour autrui (GPA). C’est très compliqué. J’ai des amis, des couples d’hommes, militants au Modem, qui y ont eu recours. Cela pose d’abord la question du rapport marchand. Alors, j’adopte une ligne de conduite : essayons de faciliter une chose qui, pour moi, est précieuse, la vie des enfants. Des gens, que je respecte, sont très révulsés par la gestation pour autrui, et en même temps, il y a des enfants qui naissent de cette manière. Respectons leur vie, et donnons-leur des droits.
Si vous êtes élue, quelle sera votre première mesure comme présidente de la république?
CB : « Ma première mesure sera la mise à l’étude du revenu de base, et l’inscription dans la constitution du mariage composé d’un homme et d’une femme ».
En tant que politique vous faites obstruction aux droits des homosexuels, je comprends que votre confession catholique vous oriente mais la république est laïque et doit le rester. Allez-vous essayer de créer une ouverture là ou vous avez mis des serrures tant au débat qu’à votre carrière?
CB : « Mon opposition au mariage homosexuel n’a rien à voir avec mes convictions religieuses. Toutes les sociétés, qu’elles soient démocratiques, développées, totalitaires, monarchiques, se sont toutes construites sur l’altérité pour une raison simple : un enfant est le résultat de la rencontre d’une cellule féminine et d’une cellule masculine. De plus, si je peux comprendre que l’on puisse s’aimer entre personnes de même sexe, le désir d’enfant n’a pas à être légalisé. Je défends le droit de l’enfant, pas le droit à l’enfant. Si l’on rentrait dans cette logique, on avancerait encore vers l’objetisation de l’homme ».
« Vivre mieux, vers la société écologique » (pdf) « …D’organiser les soins palliatifs et la possibilité de mourir dans la dignité : chaque personne doit pouvoir mourir dans la dignité là et au moment où elle le souhaite. Cela implique l’installation dans chaque département d’une unité de soins palliatifs assurant aussi la logistique des réseaux à domicile et dans les résidences de personnes âgées. »
Voici les propositions de Marine Le Pen, candidate du Front National, sur la famille et la protection de l’enfance
Source : site de campagne de Marine Le Pen
« Protéger et valoriser la famille
•Suicide des enfants : une récente étude effectuée par le psychiatre Boris Cyrulnik indique de façon très alarmante que le suicide touche désormais de très jeunes enfants (26 suicides dénombrés en 2008 chez des enfants âgés de 5 à 14 ans). Rappelons que le suicide est la deuxième cause de mortalité chez les adolescents. Cet état dépressif et cette grave détresse des jeunes et des enfants sont le résultat de la destruction de la cellule familiale, ayant perdu ses repères, sa valeur d’exemple, d’absences de limites clairement définies (autorité, respect mérite), de la situation économique précaire particulièrement des mères seules pour élever leurs enfants, de l’isolement moral et psychique créé par internet, face book et autres jeux vidéo sans surveillance. Il est donc tout à fait impératif de remettre la protection familiale au centre des préoccupations gouvernementales.
• Défendre la structure familiale : institution irremplaçable, la famille représente le caractère central de la société, la famille doit se fonder exclusivement sur l’union d’un homme et d’une femme et accueillir des enfants nés d’un père et d’une mère. Nous nous opposerons donc à toute demande de création d’un mariage homosexuel et/ou d’une adoption par des couples homosexuels. Pour autant, la vie commune suscitant des intérêts matériels communs, le PACS apporte une solution suffisante et ne sera pas remis en cause.
•Défendre l’enfant contre la violence : la loi de juillet 1949 sur les publications destinées à la jeunesse et l’action renouvelée et encouragée des associations familiales doivent permettre une meilleure protection des enfants contre toutes les formes de violence, y compris la violence pornographique et la violence morale via internet. Tout acte de maltraitance, de violence, a fortiori de pédophilie envers les enfants devront être très sévèrement punis. »
source : Le Figaro.fr du 11 janvier 2012
Nicolas Sarkozy a justifié, aujourd’hui, la prudence de son gouvernement en matière de bioéthique en estimant qu’il fallait en la matière « avant tout préserver les valeurs qui fondent notre société », dans un entretien accordé à l’hebdomadaire médical Le Généraliste.
« Sur des sujets qui touchent au coeur de la condition humaine, il faut avant tout préserver les valeurs qui fondent notre société et notre conception de la personne humaine. Tout ce qui est techniquement possible est-il humainement souhaitable ? Évidemment non », estime le Chef de l’Etat. Dans cet entretien, il assure que les Français sont attachés aux principes du « respect de la dignité humaine » et du « refus de toute forme de marchandisation et d’exploitation du corps humain », qui ont présidé à la révision des lois de bioéthique adopté par le Parlement en juin.
Cette révision a entériné le maintien du principe de l’interdiction, avec dérogations, de la recherche sur l’embryon et les cellules souches embryonnaires, au grand dam d’une majorité de sénateurs, toutes tendances confondues, qui souhaitaient « faire évoluer le droit ».
« Certains nous disent que nos voisins vont plus loin que nous sur tel ou tel sujet. Je ne me résous pas à l’idée que nos règles éthiques devraient être copiées sur celles existant à l’étranger », justifie Nicolas Sarkozy dans Le Généraliste, « restons fidèles à nos valeurs ! ».
Programme « L’humain d’abord » du Front de Gauche de la plate-forme commune Placeaupeuple2012.fr (p.22 sur 38)
« ÉGALITÉ FEMMES-HOMMES : SE DÉBARRASSER DU PATRIARCAT
La « Directive (clause) de l’Européenne la plus favorisée » Soutenue par l’association Choisir la cause des femmes et par le Front de Gauche, elle consiste à harmoniser par le haut les droits des femmes européennes, en adoptant au niveau communautaire les lois nationales les plus progressistes : lois néerlandaises sur la contraception et les droits des homosexuel(le)s, française sur le viol, belge sur la parité, suédoises sur l’avortement et le congé parental, danoise sur l’éducation sexuelle…
Contre-exemples : les lois polonaise et irlandaise sur l’avortement, cette dernière l’interdisant de fait par la reconnaissance des « droits de l’enfant non-né ».
Adoptée le 18 février 2010, une résolution de l’Assemblée nationale ne demande encore qu’un rapport informatif. Il est temps de passer aux actes! À partir de la loi contre les violences faites aux femmes votée en juillet 2010, nous ferons adopter une loi cadre sur ces questions incluant les propositions élaborées par les associations du mouvement féministe.
Nous donnerons les moyens nécessaires à l’application de cette loi en matière d’éducation, de prévention et d’information, ainsi qu’aux mesures à prendre en faveur des victimes de violence.
Un texte de loi anti-sexiste sera élaboré, définissant moyens et sanctions, condamnant les discriminations et insultes à caractère sexiste, ainsi que la banalisation et l’omniprésence de la pornographie et l’instrumentalisation des corps à des fins marchandes. Nous agirons auprès de nos partenaires européens pour que la « Directive de l’Européenne la plus favorisée » voie le jour. »
Extrait d’une interview donnée par François Hollande à la Vie.fr du 15 décembre 2011
Source : La vie.fr du 15 décembre 2011
« La Vie : Rouvrirez-vous le débat sur les lois de bioéthique pour élargir les possibilités de recherche sur l’embryon ?
F.H : « La recherche doit se faire dans une seule perspective de santé. Toute exploitation marchande doit être prohibée. La science doit être au service de l’Humanité ». » Prise de position de François Hollande sur la procréation assistée
Source : questionnaire proposé au candidat par l’association Homosexualité et socialisme (version pdf) (p.11)
« 9 Ouvrirez-vous la procréation assistée à toutes les femmes – par donneur anonyme ou par donneur connu – sans discrimination ? Si oui, quand ?
F.H : Oui, dès 2012, dans le cadre du maintien du principe de l’anonymat du don de gamètes.
10 Comment répondrez-vous aux difficultés rencontrées aujourd’hui par les enfants nés d’une GPA ? Mettrez-vous fin à l’interdiction de la gestation pour autrui (GPA) en France ? Si oui, quand ?
F.H : J’ai déjà exprimé ma position à ce sujet. Je suis conscient, néanmoins, du fait que cette pratique est légale dans de nombreux pays et que certains de nos concitoyens font ainsi appel à des « gestatrices» à l’étranger. Aussi, dans ce cas, lorsque des enfants nés suite à une GPA légale à l’étranger reviennent en France avec leurs parents, il me semble nécessaire, au nom de l’intérêt supérieur de l’enfant, de permettre la transcription sur les registres de l’état civil français de leur acte de naissance et de faciliter la reconnaissance du lien parent-enfant. » Prise de position du PS sur l’Assistance Médicale à la Procréation
Source : programme du PS : « Redresser la France, retrouver la justice, rassembler les Français » (p.72)
« 2.1.5 Accès à la parentalité : encadrer et accompagner les évolutions de la société
Le rôle d’un gouvernement responsable est de promouvoir de nouveaux droits pour permettre des avancées médicales et sociétales tout en protégeant la dignité des êtres humains. En matière d’Assistance médicale à la Procréation (AMP) et d’accès à la parentalité, notre société doit trouver une équilibre entre les revendications des individus en souffrance et le respect de la dignité de la personne humaine, tout en réaffirmant la primauté de la filiation sociale sur la filiation biologique.
L’accès à l’AMP doit être ouvert aux femmes sans condition de situation de couple ou d’infertilité. A l’inverse, face aux risques que représentent l’instrumentalisation du corps de la gestatrice et sa possible marchandisation, l’interdiction de la gestation pour autrui doit être maintenue.
Concernant les dons de gamètes, le triptyque anonymat, gratuité, consentement doit être maintenu. Enfin, les règles applicables aux dons d’embryons doivent être simplifiées car la complexité des procédures actuelles freine la solidarité et l’aide aux couples infertiles. Les inséminations et les transferts d’embryons post mortem doivent être autorisés dans les cas où le décès du partenaire a interrompu un projet parental en cours.
Source : site officiel de campagne Boutin 2012 Promouvoir la famille comme fondement de la société
L’existence d’une structure familiale et affective stable est déterminante pour l’épanouissement personnel et l’intégration sociale. La précarité du lien familial a un coût social élevé pour la collectivité quand cette dernière doit se substituer à la famille défaillante. Une politique familiale ambitieuse est par exemple la première des mesures en faveur de la prévention de la délinquance. Réaffirmer l’importance civique et sociale du mariage
◦Définir le mariage dans la Constitution comme l’union d’un homme et d’une femme.
◦Instaurer en mairie une préparation au mariage civil et aux engagements moraux et sociaux qu’il implique. Faire de la famille le pivot de toutes les politiques publiques
◦Créer un ministère de la Famille rattaché au Premier ministre.
◦Penser le logement social, les infrastructures et les équipements publics en fonction des besoins des familles : mixité générationnelle, proximité des écoles.
◦Rendre justice aux familles en matière de retraites : attribuer des points en fonction du nombre d’enfants élevés, dans le cadre d’une réforme globale qui assure l’équilibre des richesses entre les générations.
◦Abolir la loi permettant à une personne seule d’adopter : l’enfant a le droit d’avoir un père et une mère.
Source : Billet « Rosebuzz » du 16 juin 2011, posté sur le site Villepin2012
« Face au tir croisé des critiques et face au buzz, je reprends ma plume. Sur ma prise de positions concernant l’ouverture du mariage civil aux personnes de même sexe, j’ai été accusé soit de conservatisme soit d’opportunisme : autant dire que je suis parvenu à un équilibre, soucieux du respect des principes et de la prise en compte du mouvement de la société.
Il ne s’agit pas pour moi de prendre position pour ou contre l’homosexualité. Ce débat là est tranché depuis longtemps maintenant. Il s’agit de savoir rester fidèle à mes principes républicains.
Les homosexuels sont des citoyens comme les autres. Ils sont égaux devant la loi.
Le mariage n’est plus aujourd’hui l’institution qu’elle a été, organisée exclusivement autour de la fondation d’une famille. Il suffit de voir le nombre de personnes âgées qui décident de convoler. Dès lors, refuser aux personnes de même sexe de voir reconnue leur vie de couple me paraîtrait discriminatoire. Voilà pourquoi je pense qu’aujourd’hui, il faut avancer vers l’ouverture du mariage civil aux couples de même sexe.
La famille connaît des transformations radicales. Elle a plus changé en une génération dans notre pays qu’en deux mille ans auparavant. La réalité, ce sont désormais des familles recomposées, des familles monoparentales choisies ou non, des familles homoparentales. Ne nous aveuglons pas sur les réalités au nom de modèles idéaux qui ne sont plus la règle. Cela ne signifie pas pour autant s’engouffrer dans la nouveauté parce qu’elle serait moderne. Cela signifie faire droit au réel. Rendre la réalité la plus vivable possible.
La nouvelle famille ne tourne ni autour du père, ni autour de la mère, ni autour de la maison. Elle s’articule désormais autour de l’enfant, de ses besoins affectifs, de son épanouissement. Ce doit être la seule ligne directrice des grands choix de société. C’est pourquoi je suis favorable à la création d‘un statut du beau-parent, pour consolider les familles homoparentales existantes en faveur de l’enfant.
Ouvrons les yeux et avançons ensemble. Faisons évoluer les mentalités en douceur vers plus de justice et plus de respect pour tous. »
Marine Le Pen répond à une interview pour La Croix le 14 février 2011.
« Souhaitez-vous revenir sur la loi Veil ? Revenir sur ou à la loi Veil, car cette loi qui prévoyait que l’avortement soit l’ultime choix a été dénaturée. Aujourd’hui, lorsqu’une femme se rend au Planning familial, on lui propose l’avortement ou… l’avortement ! Il est impératif de rétablir les conditions d’un véritable choix, ce qui passe par l’information, des aides financières aux familles et l’adoption prénatale. Je pense également qu’il faut cesser de rembourser l’avortement. Il existe suffisamment de moyens de contraception aujourd’hui. D’une manière générale, il faut promouvoir le respect de la vie dans notre société. »
Extrait du programme présidentiel 2012 Source: site officiel de campagne marinelepen2012
Le libre choix pour les femmes doit pouvoir être aussi celui de ne pas avorter : une meilleure prévention et information sont indispensables, une responsabilisation des parents est nécessaire, la possibilité d’adoption prénatale doit être proposée, une amélioration des prestations familiales pour les familles nombreuses doit être instaurée.
François Hollande répond à un questionnaire de l’association Homosexualité et Socialisme du 29 septembre 2011 Retrouvez ici l’intégralité du questionnaire (version pdf)
Au sujet du droit des couples de même sexe, voici sa réponse
« 5 Améliorerez-vous le pacs, en ouvrant aux partenaires pacsés le bénéfice de la pension de réversion et de l’allocation veuvage ? Délivrerez-vous un titre de séjour à tout étranger lié par un pacs à un-e Français- e ? Changerez-vous la loi pour que les pacs s’enregistrent en mairie et non plus au tribunal ? Si oui, quand ?
F.H Nous renforcerons le Pacs, grande réforme de la gauche, qu’il s’agisse des congés pour événements familiaux, de la protection sociale complémentaire, du droit au séjour ou de l’enregistrement à la mairie.
6 Ouvrirez-vous le mariage civil à tous les couples ? Si oui, quand ?
Oui, en 2012. Rappelons-nous que dès 2004, alors que j’étais Premier secrétaire du Parti socialiste, notre Bureau national avait pris position en faveur de l’ouverture du mariage aux couples de même sexe, décision qui s’est traduite par le dépôt en juin 2006 d’une proposition de loi en ce sens dont j’étais le premier signataire. »
Au sujet des familles homoparentales, voici ses propositions
« 7 Comment protégerez-vous les liens qui se tissent entre un enfant et l’homme qui l’élève aux côtés de son père ou la femme qui l’élève aux côtés de sa mère ?
F.H : Un ensemble de dispositions viendront traduire notre vision moderne et ouverte de la famille en reconnaissant le statut (et protégeant les droits, notamment les liens affectifs créés avec l’enfant) des beaux-parents, engagés dans l’éducation d’un enfant sans en être parent (biologique ou adoptif). Comme une proposition de loi déposée également par le groupe socialiste le prévoit, un assouplissement des conditions de délégation de l’autorité parentale sera, notamment, opéré.
8 Ouvrirez-vous l’adoption conjointe aux couples de même sexe ? Permettrez-vous l’adoption d’un enfant par le compagnon de son père ou par la compagne de sa mère ? Si oui, quand ?
Oui, dès 2012, comme le prévoit aussi la proposition de loi précitée (réponse à votre question 7). »
Au sujet de la procréation assistée et de la Gestation pour autrui
« 9 Ouvrirez-vous la procréation assistée à toutes les femmes – par donneur anonyme ou par donneur connu – sans discrimination ? Si oui, quand ?
F.H : Oui, dès 2012, dans le cadre du maintien du principe de l’anonymat du don de gamètes.
10 Comment répondrez-vous aux difficultés rencontrées aujourd’hui par les enfants nés d’une GPA ? Mettrez-vous fin à l’interdiction de la gestation pour autrui (GPA) en France ? Si oui, quand ?
J’ai déjà exprimé ma position à ce sujet. Je suis conscient, néanmoins, du fait que cette pratique est légale dans de nombreux pays et que certains de nos concitoyens font ainsi appel à des « gestatrices» à l’étranger. Aussi, dans ce cas, lorsque des enfants nés suite à une GPA légale à l’étranger reviennent en France avec leurs parents, il me semble nécessaire, au nom de l’intérêt supérieur de l’enfant, de permettre la transcription sur les registres de l’état civil français de leur acte de naissance et de faciliter la reconnaissance du lien parent-enfant. »
« Marine Le Pen a déclaré vendredi dans une interview à Rue 89 que le Planning Familial était un « centre d’incitation à l’avortement » et que l’avortement devrait se voir refuser la priorité du remboursement face à d’autres traitements. Je suis indignée de voir une femme candidate à la présidentielle revenir sur ce qui a été l’une des conquêtes sociales des plus importantes pour nous, les femmes : Le droit à l’interruption volontaire de grossesse.
Le droit à l’IVG est ce qui a permis aux femmes de pouvoir disposer de leur corps et de choisir leur vie. C’est également ce qui a permis à toutes, sans distinction de situation ou de revenus, de bénéficier d’une IVG dans des conditions de sécurité et de délais décents. En imposant des restrictions au droit à l’IVG, ce n’est pas le nombre d’avortement que l’on fait reculer, mais bien une des libertés fondamentales acquise de haute lutte par les femmes.
C’est aussi renvoyer vers la clandestinité et l’insécurité des milliers de femmes et en exclure d’autres qui n’auront plus les moyens d’avoir recours à une IVG. Aujourd’hui la victoire c’est celle de la Maternité des Lilas, en Seine Saint Denis, en lutte depuis un an. L’établissement, ses patientes, leurs familles, employées, viennent enfin de recevoir la réponse de l’ARS concernant la reconstruction de la maternité et de son centre IVG. […]Il en va du choix, du droit, de la santé, de la sécurité et du bien-être des patientes, de leurs familles et de celles et ceux qui en assurent le déroulement : Les sages femmes, infirmier-es, médecins… Aujourd’hui, le droit à l’avortement est fragilisé.
Fragilisé par un regard culpabilisant à l’égard des femmes qui en bénéficient. Fragilisé par le désengagement des centres privés car l’opération ne leur est pas assez rentable. Fragilisé par le démantèlement de l’hôpital public sur lequel repose injustement la grande majorité des demandes et crée des délais d’attente inadaptés à toutes les femmes en situation d’interrompre leur grossesse. Dans la perspective de l’élection présidentielle, je tiens à m’engager solennellement pour la défense du Planning Familial.
Plus que cela, je tiens à engager mon combat politique pour : > la réouverture des centres de proximité > une meilleure éducation sexuelle de nos concitoyen-nes > la gratuité effective de l’IVG et de l’ensemble des moyens de contraceptions. Je souhaite également qu’un débat public national puisse être engagé autour de la pertinence de maintenir la clause de conscience pour les médecins et personnels du système de santé. Le droit à l’IVG ne s’adresse pas à une minorité de personnes. Se battre pour un accès facilité à l’IVG est constitutif du combat pour les femmes. »
« 2.1.2 Nous ferons respecter la loi qui oblige chaque structure hospitalière à disposer d’un centre IVG. Nous souhaitons que les mineures et les mineurs aient accès à une contraception gratuite et anonyme auprès des médecins généralistes. Pour toutes les femmes, les différents moyens de contraception seront remboursés pour permettre un choix réel du contraceptif. »
« Pour garantir le droit à disposer de son corps, le PS propose: – de garantir pour les mineur-e-s, l’accès à une contraception gratuite et anonyme auprès des médecins généralistes, – de garantir l’accès à l’IVG, notamment en veillant à ce que la loi obligeant chaque structure hospitalière à disposer d’un centre IVG soit appliquée, – de mettre en place dans la formation des médecin, un cursus obligatoire portant sur l’interruption de grossesse. »
« Permettre le droit de finir sa vie dans la dignité (P.73) Agir pour l’égalité, c’est aussi garantir la dignité de chaque personne du début de la vie jusqu’à son terme. De nombreux Français, leurs familles et leurs proches, sont confrontés chaque année, en fin de vie, à une souffrance physique ou psychique très douloureuse.
D’importants progrès scientifiques et médicaux ont été réalisés : les traitements antidouleurs, les soins palliatifs, l’arrêt de l’acharnement thérapeutique autorisé par la loi de 2005. Dans de nombreux cas, ils apportent des réponses et ils doivent être encouragés. Malheureusement, d’autres demeurent sans solution de cette nature. Ces malades doivent avoir la liberté et le droit de partir dans la dignité, entourés de ceux qu’ils aiment, sans avoir à se placer eux-mêmes, leurs familles et les équipes soignantes, dans l’illégalité.
Nous proposerons, comme cela existe dans plusieurs pays européens, que toute personne majeure, en phase avancée ou terminale d’une affection grave et incurable infligeant une souffrance physique ou psychique qui ne peut être apaisée et qu’elle juge insupportable, puisse demander à bénéficier d’une assistance médicalisée pour mourir dans la dignité.
Ce droit devra s’appliquer dans un cadre très strict et protecteur sous le contrôle d’un collège de médecins. Nous proposerons d’inscrire ce droit dans la loi. »
“Je proposerai que toute personne majeure en phase avancée ou terminale d’une maladie incurable, provoquant une souffrance physique ou psychique insupportable, et qui ne peut être apaisée, puisse demander, dans des conditions précises et strictes, à bénéficier d’une assistance médicalisée pour terminer sa vie dans la dignité ».
Extrait d’une interview donnée par François Hollande à La Vie
Le programme du PS préconise le « suicide médicalement assisté », qu’en pensez-vous ?
F.H :
“Le programme n’emploie pas ce mot mais du droit de mourir dans la dignité. Sur ce sujet, des progrès ont été faits, notamment avec la loi Léonetti. Nous devons poursuivre cette réflexion sur un sujet qui concerne beaucoup de familles et qui place le corps médical devant des décisions difficiles”.
Quelle est votre position personnelle sur l’euthanasie ?
F.H :
“J’ai été confronté à l’agonie de ma propre mère et je sais les phases que peut traverser une personne confrontée à une terrible maladie. Mais elle ne peut pas être seule à en décider. En soins palliatifs, à quel moment arrête-t-on un traitement ? Qui en décide ? Quel est le rôle de la famille et le devoir du corps médical ? Ces questions méritent un débat maîtrisé”.
“Je proposerai que toute personne majeure en phase avancée ou terminale d’une maladie in-curable, provoquant une souffrance physique ou psychique insupportable, et qui ne peut être apaisée, puisse demander, dans des conditions précises et strictes, à bénéficier d’une assistance médicalisée pour terminer sa vie dans la dignité “.
François Hollande répondait aux questions de La Vie le 15 décembre 2011.
Source La Vie.fr du 15 décembre 2012
« […] La Vie : Dans votre équipe de campagne, une personne est chargée des questions sociétales, avec un sous-pôle LGBT (lesbien, gay, bisexuel, transgenres), mais personne n’est chargé spécifiquement de la famille, pourquoi ?
F.H : Je veux que la famille soit un élément transversal de l’action gouvernementale. Cette thématique doit se retrouver dans l’éducation, le logement, l’emploi. La famille sera donc traitée par un ministère spécifique mais à vocation large. L’originalité de la politique familiale française, au-delà du niveau des prestations, c’est une conciliation entre vie professionnelle et vie familiale. Nous sommes en avance par rapport à de nombreux pays européens mais nous pouvons faire davantage. J’ai proposé que nous ouvrions 500 000 places d’accueil dans tout le réseau de garde (des crèches aux assistantes maternelles). Je suis également très préoccupé par la situation des familles monoparentales dont on sait qu’elles sont les plus exposées à la pauvreté et à la précarité.
Comptez-vous faire comme Zapatero en Espagne des premières mesures symboliques, sociétales, comme le mariage homosexuel ?
F.H : C’est un engagement. Il sera tenu. Mais, les premières lois que je soumettrai au parlement seront des lois de redressement de nos finances publiques et de notre système productif.
Avec le mariage homosexuel va de pair l’homoparentalité ?
F.H : Les couples – de même sexe ou non – doivent avoir les mêmes droits et les mêmes devoirs. La question de l’homoparentalité est liée non pas au droit à l’enfant, mais au droit de l’enfant. Aujourd’hui, une personne seule –homosexuelle ou non – peut adopter. Pourquoi un couple ne le pourrait-il pas ? Nous sommes dans l’hypocrisie. Ce qui doit compter dans la décision de confier un enfant, c’est son bonheur, son éducation, sa réussite. » Voici la position de François Hollande (proposition 31) dans le projet présidentiel présenté le 26 janvier 2012 Proposition 31 du projet présidentiel : « J’ouvrirai le droit au mariage et à l’adoption aux couples homosexuels. »
Eddy de Somer est ce jeune homme de 33 ans, tétraplégique, pour lequel sa mère avait écrit au Président de la République avant de mourir d’un cancer le 1er juillet 2011. Elle demandait un “droit de mourir” pour Eddy, ou au moins de lui trouver une place dans un centre.
La préfecture de l’Eure avait alors très rapidement trouvé une place dans un centre spécialisé dans la rééducation fonctionnelle.
Le 7 septembre 2011, Nicolas Sarkozy a reçu la sœur et le frère d’Eddy de Somer, en compagnie de leur avocat, Maître Fabien Picchiotino.
“Lors de cet entretien, le président a estimé qu’une loi sur l’euthanasie active risquerait d’entrainer des dérives. Il ne souhaite pas non plus prendre exemple sur la Suisse où le suicide assisté est autorisé”, rapporte Me Fabien Picchiotino.
“Il a expliqué que c’était un sujet difficile et que la loi ne pouvait pas tout régler. Il a évoqué la “zone grise” qui existe actuellement et qui permet aux médecins, aux patients et aux familles de s’adapter à chaque cas. »
« Nous adopterons une loi pour l’égalité qui éradiquera toute discrimination. Les droits du PACS seront renforcés. Le droit au mariage et à l’adoption sera reconnu aux couples homosexuels. Les femmes lesbiennes auront accès à la procréation médicalement assistée.
Tout le champ des discriminations sera pris en compte (lieux publics, école, travail, logement, accès aux biens et services…), qu’elles soient fondées sur l’engagement syndical ou politique, qu’elles soient racistes, sexistes, fondées sur les convictions religieuses, l’orientation sexuelle ou l’identité de genre, qu’elles stigmatisent des jeunes, des immigrés, des gens du voyage, des personnes en situation de handicap, qu’elles touchent à l’âge ou à l’origine sociale. »
Un bilan annuel sera présenté au Parlement, suivi de décisions pour mieux faire appliquer les lois prévues à cet effet.
Dans un entretien publié dans le Figaro Magazine diffusé le 9 février 2012, le président de la République se dit défavorable à un changement de législation sur l’euthanasie :
« L’euthanasie légalisée risquerait de nous entraîner vers des débordements dangereux et serait contraire à nos conceptions de la dignité de l’être humain ».
Il estime :
« La loi Leonetti est parfaitement équilibrée, elle fixe un principe, celui du respect de la vie. »
Dans la même interview, le chef de l’État se dit « pas favorable » au « mariage » homosexuel, se refusant à « brouiller l’image de cette institution ».
Nicolas Sarkozy – qui n’est toujours pas officiellement candidat – évoque par ailleurs son intention de recourir au référendum sans inclure ces deux thèmes dans ce projet.
Il faut aussi améliorer la prise en charge des pathologies des personnes « âgées ». La question de la dépendance devient de plus en plus prégnante et la définition des périmètres respectifs de la dépendance et du soin est une nécessité.
La maladie d’Alzheimer en est un exemple significatif : où commence le soin et où s’arrête la « garde » du malade ? Plus généralement, dans les pathologies du vieillissement comme dans celles du handicap, l’objectif est d’assurer des conditions de vie décentes. Cela permettra de faire la juste part de ce qui relève du soin et de la dépendance.
Pour que cela soit possible, il faut permettre aux familles de ne pas avoir à assurer la totalité de la dépendance de leur parentèle.