Bioéthique : principales modifications adoptées par le Sénat en 1ère lecture

Bioéthique : principales modifications adoptées par le Sénat en 1ère lecture

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Le Sénat a adopté la loi bioéthique à quelques voix près (153 voix pour, 143 contre) le 4 février 2020.

Entre tentatives d’améliorations qui peuvent être saluées et aggravations, l’économie du texte ne change pas fondamentalement.

Les sénateurs ont multiplié les votes contradictoires. A l’arrivée, ce texte demeure inacceptable, en raison des graves injustices qu’il fait peser sur les générations à venir en cédant à l’individualisme et au scientisme. Jamais un texte bioéthique n’a été aussi éloigné de l’éthique, qui se doit d’être garante des droits humains, de la protection de la vie, de son intégrité et de la dignité humaine.

Toutes ces nouvelles dispositions pourront être remises en cause par les députés en seconde lecture. Le texte modifié a été transmis à l’Assemblée nationale : la date de l’examen en seconde lecture n’est pas encore connue, sans doute courant avril 2020.

Maintien de la “PMA sans père”, sans remboursement

L’article 1 qui étend l’assistance médicale à la procréation (aussi couramment dénommée PMA) avec donneur aux femmes seules ou à deux, sans partenaire masculin, a été l’objet d’une longue discussion pour être finalement adopté avec des modifications notables déjà votées en commission spéciale pour certaines : le critère d’infertilité médicale a, en effet, été réintroduit en commission spéciale pour les couples composés d’un homme et d’une femme, assorti de la prise en charge par l’assurance maladie. En revanche, les sénateurs ont supprimé le remboursement de la PMA avec donneur pour les femmes seules ou en couple. La mention « nul n’a le droit à l’enfant » ajoutée à juste titre en amont de ce même article perd de son effectivité, avec l’adoption de la « PMA sans père ».

Dans ce contexte évolutif de la pratique de la PMA, des sénateurs ont plaidé en vain pour qu’une clause de conscience soit instaurée pour les médecins et personnels de santé qui ne souhaitent pas participer à sa pratique, quelles qu’en soient les raisons d’y recourir. De plus, la commission spéciale a supprimé la mesure d’instauration d’un plan national infertilité, introduite par les députés pour favoriser les recherches sur les causes de l’infertilité et leur prévention, au prétexte que cela ne relevait pas de la loi. L’infertilité étant un enjeu sanitaire majeur, cette focalisation sur les seules techniques de procréation artificielle, contraignantes physiquement et psychologiquement, pour la femme et le couple ne peut qu’interroger, alors que la moitié des couples qui y ont recours n’auront pas d’enfants.

Les sénateurs sont, par contre, revenus en séance sur le double-don de gamètes pour l’interdire. De même, les sénateurs ont adopté un amendement du gouvernement, pour que seuls les centres à but non lucratif soient autorisés à accueillir, stocker et congeler les embryons. Cette mention avait été supprimée en commission spéciale, porte ouverte à la mise en place progressive du marché de la procréation.

Suppression de l’autoconservation des gamètes

L’article 2 ouvrant l’autoconservation des ovocytes pour les femmes, sans raison médicale, pour procréer plus tard par fécondation in vitro a été rejeté.

Remise en cause de la levée de l’anonymat des donneurs de gamètes

La levée de l’anonymat du don de gamètes, autre mesure phare de ce texte, a, par contre, été fortement remise en cause par le Sénat. Le texte de loi initial, voté en 1ere lecture par l’Assemblée nationale, prévoyait que le donneur devait consentir à lever son identité à la majorité de l’enfant s’il en fait la demande. Les sénateurs ont modifié cet article pour faire primer la volonté du donneur qui pourrait décider ou non de divulguer son identité au moment où l’enfant en ferait la demande. Cette modification majeure vide en partie l’effectivité de cette levée. Cela constitue une véritable bombe à retardement au détriment des enfants et une terrible hypocrisie.

Suppression de deux filiations maternelles

Concernant les règles d’établissement de la filiation dans le cadre de PMA réalisées par des couples de femmes, le texte de loi a été également largement modifié. Les sénateurs ont réécrit presque intégralement l’article. Le texte prévoyait originellement l’établissement d’une filiation par reconnaissance anticipée de deux « femmes ». Désormais, l’établissement de deux filiations maternelles ou paternelles à l’égard du même enfant est rendu impossible. Une distinction est opérée entre la femme qui accouche (automatiquement considérée comme mère de l’enfant) et l’autre femme (qui doit adopter l’enfant). Par ailleurs, les couples pacsés ou en concubinage peuvent désormais adopter, et la procédure d’adoption pour le deuxième conjoint serait facilitée.

Interdiction de retranscription à l’état civil – Gestation par Autrui (GPA)

La question de la Gestation par Autrui (GPA), qui avait été introduite en Commission spéciale, a été de nouveau évoquée. Si l’interdiction de la retranscription à l’état civil français des enfants nés de GPA à l’étranger a bien été maintenue (après avoir été adoptée par la Commission), un amendement de la rapporteur, Muriel Jourda, autorise en revanche la retranscription des jugements d’adoption, sans mention de l’injustice que constitue cette pratique. Pour rappel, une jurisprudence de la Cour de cassation avait récemment autorisé la retranscription automatique de ces actes de naissance, alors que la GPA constitue une fraude à la loi.

Les articles 5, 6 et 7, portant respectivement sur la greffe, le don de cellules souches hématopoïétiques et le consentement des personnes sous mesure de protection, ont été adoptés.

Principe de précaution bioéthique rejeté

En début de discussion, un amendement demandant d’inscrire un principe de précaution dans la loi a été rejeté. L’argumentation de la garde des Sceaux, Nicole Belloubet, est révélatrice « le principe de précaution est à la fois un système d’évaluation et la mise en place de mesures proportionnées et provisoires en cas d’atteinte grave et irréversible. Or en matière de bioéthique je pense que nous nous interrogerions à l’infini sur ce qui est une atteinte grave et irréversible, nous aurions ici une difficulté. » C’est justement ce qui mobilise tous ceux qui alertent sur ce texte et c’est aussi ce qui justifie notre opposition.

Suppression des tests génétiques « récréatifs » et de dépistage pré-conceptionnel

Le Sénat a également voté la suppression des articles 10bis et 10ter, qui avaient été adoptés en Commission spéciale. L’article 10bis, à l’initiative du sénateur et rapporteur Olivier Henno (Groupe Union Centriste) ouvrait la possibilité d’avoir recours à des tests génétiques récréatifs. Le même sénateur avait déposé un amendement créant un article 10ter, pour permettre à des couples d’avoir recours à un dépistage préconceptionnel « à titre expérimental », c’est-à-dire une analyse des caractéristiques génétiques des deux membres d’un couple, sans raisons médicales préalables, afin de savoir s’ils sont « compatibles » ou s’il y a un risque potentiel de transmission d’une maladie génétique connue à leurs futurs enfants. Dans la loi actuelle, le dépistage préconceptionnel est très rarement pratiqué, seulement lorsqu’il existe des maladies génétiques héréditaires dans la famille. Défendant la suppression de cet article, la ministre de la Santé, Agnès Buzyn, a déclaré : « Tout le monde se sentira obligé un jour de faire ce genre de test. […] cela donne l’image d’une société où le génome contrôle tout, où l’humain contrôle sa descendance, le mythe de générations futures indemnes. »

Suppression de création d’embryons transgéniques et chimères

Moins évoquée dans les médias, la recherche sur les embryons humains est pourtant un enjeu de taille du projet de loi. Les sénateurs ont finalement voté la suppression de l’article 17, qui autorisait la création d’embryons chimères et transgéniques. Alliance VITA a été lanceur d’alerte pour dénoncer la création de chimères, dans l’ignorance générale, alors que leurs promoteurs tentaient de dissimuler ce basculement derrière des changements de vocabulaire, tels que : l’introduction de cellules embryonnaires humaines ou de cellules souches pluripotentes induites (IPS) dans des embryons d’animaux..

D’autre part, le projet de loi entend autoriser la recherche sur les gamètes artificiels. Au Sénat, un amendement est venu préciser que les gamètes artificiels (créés à partir de cellules humaines reprogrammées, dites IPS, ou à partir de cellules souches embryonnaires humaines) ne peuvent pas être fécondés pour constituer un embryon.

Allongement du délai à 21 jours pour la recherche sur l’embryon

En revanche, toutes les demandes pour que soient limitées et davantage encadrées les recherches sur les cellules souches embryonnaires ou les embryons humains ont été rejetées. La recherche sur les cellules souches embryonnaires ne sera plus soumise qu’à déclaration, et non pas à demande d’autorisation préalable, comme si la provenance de ces cellules, un être humain au commencement de sa vie, n’avait plus d’importance. Quant aux pré-requis pour obtenir une autorisation de recherche sur l’embryon, ils n’ont de cesse d’être fragilisés à chaque révision de la loi. Le Sénat propose que ce qui « vise à améliorer la connaissance de la biologie humaine » devienne une raison suffisante ; nous sommes loin de l’exigence des progrès thérapeutiques majeurs exigés lors des premières autorisations accordées par la loi de 2004. Le Sénat propose que la recherche sur l’embryon humain soit autorisée jusqu’au 21ème jour, un stade de développement très avancé, d’un point de vue de la mise en place du système nerveux notamment. Les députés avaient voté 14 jours. La pratique actuelle est de 7 jours maximum, date symbolique majeure où l’embryon est implanté dans l’utérus maternel dans les conditions naturelles.

Rejet de l’extension du Diagnostic préimplantatoire (DPI)

Le DPI-HLA (aussi appelé « bébé médicament »), qui avait été réintroduit en commission spéciale après avoir été supprimé par l’Assemblée nationale, a été confirmé par les sénateurs, qui ont refusé la demande de suppression. Cette pratique hautement controversée éthiquement n’est plus pratiquée depuis 2014. Elle consiste à effectuer une double sélection d’embryons obtenus par fécondation in vitro : d’une part pour sélectionner les embryons indemnes de la maladie d’un membre d’une fratrie et d’autre part choisir parmi ceux-ci les embryons génétiquement compatibles avec lui, afin de greffer les cellules souches de cordon ombilical prélevées sur le nouveau-né à son ainé malade. La constitution de stock de cellules de sang de cordon, offrant une grande variété de typage, décidée lors de la dernière loi de bioéthique avait comme objectif notamment d’éviter cette pratique.

Par contre, le Sénat a voté la suppression de l’article 19ter, introduit par la Commission spéciale, qui rendait possible le DPI-A (le diagnostic préimplantatoire pour la recherche d’aneuploïdies, c’est-à-dire la recherches d’anomalies chromosomiques sur des embryons issus de Fécondation in vitro, dont la trisomie). Cette question est centrale, puisque cela aboutirait à multiplier le recours à cette pratique (moins de 200 enfants naissent chaque année après DPI) et à accroire l’eugénisme : la sélection d’embryons s’élargirait à des critères non héréditaires, et donc imprévisibles.

Clause de conscience revue, pour les médecins en cas d’Interruption médicale de grossesse (IMG)

Le Sénat en commission spéciale a supprimé la clause de conscience spécifique à l’IMG des personnels de santé dans la mesure où elle est assurée pour tout type d’interruption de grossesse (art. par l’art L2212-8 du code de la santé publique : « Aucune sage-femme, aucun infirmier ou infirmière, aucun auxiliaire médical, quel qu’il soit, n’est tenu de concourir à une interruption de grossesse pour motif médical. »). Concernant les médecins, la commission a retenu cependant la mesure contenue dans le texte du gouvernement, c’est à dire l’alignement sur la clause de conscience concernant l’IVG qui oblige à référer la patiente à un autre praticien. « Un médecin n’est jamais tenu de pratiquer une interruption de grossesse pour motif médical mais il doit informer, sans délai, l’intéressée de son refus et lui communiquer immédiatement le nom de praticiens susceptibles de réaliser cette intervention. ». Les sénateurs ont confirmé également la suppression de l’autorisation parentale pour les mineures et la suppression de la proposition d’un délai d’une semaine de réflexion, mesures contenues dans le projet de loi initial présenté par le gouvernement.

Supprimer la proposition d’un délai de réflexion d’une semaine pour avoir recours à une IMG, et ne plus exiger le consentement des parents pour les mineures, conduit à banaliser davantage un acte qui a de lourdes conséquences humaines et psychologiques, au détriment des alternatives que constituent l’accueil et la prise en charge des nouveau-nés malades ou handicapés et de leurs familles.

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Pour aller plus loin :

[su_button url= »https://www.alliancevita.org/2020/02/cp-pjl-bioethique-alliance-vita-denonce-le-vote-transgressif-du-senat/ »]Réaction d’Alliance VITA au vote du PJL en 1ère lecture au Sénat[/su_button]

 

[su_button url= »https://www.alliancevita.org/2019/11/pjl-bioethique-decryptage-du-texte-vote-a-lassemblee-nationale/ »]Décryptage du PJL voté en 1ère lecture à l’Assemblée nationale[/su_button]

 

GPA : décès d’une mère porteuse aux Etats-Unis

GPA : décès d’une mère porteuse aux Etats-Unis

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Michelle Reaves, une jeune femme américaine, est tragiquement décédée des suites de son accouchement, après une gestation effectuée pour un couple. C’était la deuxième fois que cette femme, mariée et mère de deux enfants, était engagée comme mère porteuse par le couple en question.

L’annonce de sa mort a été relayée grâce à la cagnotte en ligne lancée par une de ses amies, pour venir en aide à son mari veuf et ses enfants désormais orphelins de mère, et pour payer les frais des obsèques.

Ce cas rappelle ceux emblématiques de Premila Vaghela, une femme indienne également mariée et mère de deux enfants, décédée des suites de son accouchement après avoir servi de mère porteuse à une femme américaine, et de Brooke Browns, une américaine décédée suite à des complications de grossesse lors d’une GPA effectuée par un couple d’espagnols.

Rappelons que malgré l’interdiction de la GPA en France, la Cour de cassation a ordonné en décembre dernier la retranscription à l’état civil français des actes de naissance d’enfants nés à l’étranger par PMA avec tiers donneurs et par GPA.

Université de la vie 2020 : 4ème soirée “Prendre sa place”

Université de la vie 2020 : 4ème soirée “Prendre sa place”

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À l’occasion de la quatrième et dernière soirée de l’Université de la Vie organisée par Alliance VITA, les 8 500 participants à cette édition inédite se sont retrouvés dans près de 200 villes pour réfléchir au thème « Prendre sa place ».

Tugdual Derville a offert le premier enseignement de la soirée en évoquant Le sens de l’humanité. Pour le délégué général d’Alliance VITA, le monde moderne de l’individualisme intégral est en train de passer.  « A nous de construire le monde qui vient, en luttant contre l’idéologie par le retour au réel » car l’homme est un acteur de la société, un embellisseur, un réparateur du tissu social, appelé à faire preuve d’humanité.

François-Xavier Pérès, a ensuite proposé une réflexion sur la place de chacun, de manière à la fois très personnelle et collective. « Prendre sa place n’est pas simplement choisir le rouage qu’on souhaite être dans la grande machine de l’Histoire ou du monde. C’est bien plus riche que ça. C’est accomplir sa vie, dans toutes ses dimensions ». Pour le Président d’Alliance VITA, il faut joyeusement « tenir son poste en considérant comme une aventure, un devoir et un honneur d’être associé à la marche du monde ».

Caroline Roux a proposé un décodeur bioéthique sur la manière dont Alliance VITA prend sa place, en conjuguant trois appels : une action humanitaire à l’écoute des personnes confrontées aux épreuves de la vie, une expertise bioéthique et un engagement citoyen en solidarité avec les plus fragiles. Pour la déléguée générale adjointe d’Alliance VITA, « Pour prendre notre place, trois attitudes sont essentielles : s’enraciner dans le réel, agir dans la durée sans se décourager, se relier et avoir de l’audace. »

Les grands témoins de la soirée, Thierry et Frédérique Veyron la Croix, ont parlé de leur engagement au sein de l’association « Maison des familles » qu’ils ont fondée. Ils ont suivi leur appel et leur intuition à offrir un lieu incarné pour éduquer à la vie affective et relationnelle, à tous les âges de la vie. Cette association propose un accompagnement des familles, des couples, mais aussi des enfants et des jeunes, et propose des formations à la communication, à l’estime de soi, à la gestion des conflits. Devenue désormais fédération, de nombreuses maisons des familles ouvrent en France. Par leur exemple simple, incarné et engagé, Ils ont encouragé les participants : « Prenez le soin de ralentir, de creuser en vous, de savoir là où vous vous sentez appelés »

Pour la dernière intervention de la soirée, Blanche Streb a proposé six clés pour prendre sa place. Pour la directrice de la formation et de la recherche d’Alliance VITA, « l’enjeu n’est pas tant de créer ou d’inventer de toutes pièces notre mission, mais de laisser la place, en nous, pour se laisser révéler notre mission ». L’auteur de « Eclats de vie » (Emmanuel, 2019) a conclu ce cycle de formation par cet envoi : « Ce que nous apportons à la vie, c’est cela qui donne du sens à notre vie. Peut-être que nous ne comprendrons jamais pleinement quel est le sens de la vie, ou de notre vie. Mais si c’était la Vie, le sens ? »

Au terme de quatre belles soirées d’enseignement et de témoignages autour du thème du sens de la vie, les participants sont invités à partager une cinquième soirée, facultative, pour rencontrer les équipes locales du réseau d’Alliance VITA.

Certaines des interventions de cette Université de la vie « QUEL SENS A LA VIE » sont disponibles dans la médiathèque du site et sur la page YouTube d’Alliance VITA.

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© Benjamin Rémon

[CP] PJL Bioéthique: Alliance VITA dénonce le vote transgressif du Sénat

[CP] PJL Bioéthique: Alliance VITA dénonce le vote transgressif du Sénat

senat

 

Ce 4 février 2020, le Sénat a voté en séance plénière le projet de loi bioéthique. Néanmoins, ce texte ne mérite pas d’être appelé bioéthique. Il remet en cause les droits des plus fragiles de notre société, en ignorant des principes fondamentaux d’écologie humaine.

Alliance VITA avait pourtant explicité les contradictions et injustices de ce texte :

Comment affirmer que « nul n’a droit à l’enfant », et à l’article suivant étendre la PMA avec donneur à toute femme sans partenaire masculin, instituant de facto une « PMA sans père » tout en contenant son recours pour les couples homme/femme, uniquement pour des raisons médicales ? Il n’y a plus aucune logique, et les couples confrontés à l’infertilité sont paradoxalement les plus discriminés. Pire, l’instauration d’un plan national infertilité, introduit à l’Assemblée nationale pour la recherche des causes et la prévention de l’infertilité, a été supprimé.

Comment prétendre à la levée de l’anonymat du don de gamètes et faire dépendre du bon vouloir du donneur la divulgation de son identité quand l’enfant le demandera à sa majorité ? C’est une véritable bombe à retardement au détriment des enfants et une terrible hypocrisie.

Comment concilier le respect dû au traitement de l’embryon humain avec, à juste titre, l’interdiction de la levée de l’interdit de la création d’embryons transgéniques et chimériques, tout en allongeant la durée de recherche sur l’embryon humain à 21 jours ?
Enfin, si les sénateurs ont rejeté la mesure ultra eugénique de DPI-A, ils ont réintroduit le DPI-HLA, ou bébé médicament, qui avait été supprimé à juste titre par les députés. Ce refus de supprimer une mesure antérieure signe l’incapacité d’évaluer la loi et de revenir sur des choix particulièrement contraires à l’éthique.

 

Pour Caroline Roux, déléguée générale adjointe d’Alliance VITA :

« Les débats au Sénat ont enfin fait la lumière sur les enjeux de ce projet de loi et sur ses dangers. A plus grande distance du parti présidentiel, de nombreux experts de multiples sensibilités politiques, ont dénoncé les graves entorses à l’éthique du projet de loi. Les sénateurs ont multiplié les votes contradictoires, prouvant si c’était encore nécessaire que le relativisme en matière bioéthique tend à dissoudre l’éthique. A l’arrivée, ce texte est inacceptable en raison des graves injustices qu’il fait peser sur les générations à venir en cédant à l’individualisme et au scientisme. Nous nous battrons pour que le processus parlementaire, qui n’est pas achevé, n’aboutisse pas à ce résultat. Les équipes d’Alliance VITA seront présentes sur tout le territoire national pour poursuivre leur travail d’information, d’alerte et de mobilisation. »

Belgique : l’euthanasie en procès

Belgique : l’euthanasie en procès

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Dans la nuit du 30 au 31 janvier, a été prononcé le verdict du procès de trois médecins belges, qui avaient euthanasié la jeune Tine Nys en 2010 alors qu’elle endurait des souffrances psychiques : ils sont tous les trois acquittés.

Ce procès, que la presse belge nomme « le procès de l’euthanasie » a été le premier du genre depuis sa légalisation en Belgique en 2002. Il s’était ouvert le 17 janvier à la Cour d’assises de Gand.

Tine Nys souffrait d’une dépression à la suite d’une rupture sentimentale qui avait entraîné chez elle un comportement suicidaire ; elle avait alors demandé l’euthanasie à son médecin, la Belgique étant l’un des rares pays au monde qui autorisent l’euthanasie dans les cas de souffrances psychiques.

Selon la loi belge, l’intervention requiert l’accord de trois médecins qui doivent certifier que la demande du patient est claire, volontaire et réfléchie ; la personne qui demande l’euthanasie doit se trouver dans « une situation médicale sans issue et un état de souffrance physique ou psychique constante et insupportable qui ne peut être apaisée et qui résulte d’une affection accidentelle ou pathologique grave et incurable ».

A la suite de l’euthanasie de Tine Nys, sa famille s’était constituée partie civile, tandis que le ministère public estimait également que les conditions de la loi sur l’euthanasie n’avaient pas été respectées. L’’indépendance des médecins, entre autres, était remise en cause. La famille reprochait aux médecins d’avoir pris une décision hâtive et précipitée, d’autant plus qu’un diagnostic d’autisme venait tout juste d’être rendu en ce qui concernait Tine Nys, deux mois avant son euthanasie, alors qu’elle n’avait même pas été traitée pour cette maladie.

Certains témoignages entendus pendant le procès tendent à remettre en question les parties de la loi belge qui permettent l’euthanasie dans le cas de maladies psychiatriques. « On ne peut jamais être sûr que la situation d’un patient psychiatrique est sans espoir » a déclaré le neuropsychiatre, Ivo Uyttendaele, ex-président de l’Ordre des médecins.

Ariane Bazan, professeur de psychologie clinique à l’Université libre de Bruxelles, qui a témoigné au procès en faveur des familles, considère que le devoir d’informer le patient de son droit à l’euthanasie, qui incombe au personnel médical, nuit souvent aux traitements psychologiques. « Dans ce domaine, il n’est jamais possible de dire à un patient qu’aucun traitement n’est plus possible. Il y a toujours un traitement possible. La possibilité de l’euthanasie sabote même notre capacité de traiter les patients les plus fragiles. Car elle les incite à en finir plutôt qu’à persévérer. Or, la clé d’un traitement, c’est de garder espoir ».

Alors que de nombreuses initiatives fleurissent un peu partout dans le monde pour prévenir le suicide, telles que des journées ou des semaines de prévention du suicide, la société belge se trouve en porte-à-faux : quel message est envoyé aux personnes suicidaires lorsqu’elle propose l’euthanasie aux personnes souffrant de troubles psychiques ?

Selon Carine Brochier de l’Institut européen de bioéthique, « la loi est devenue incontrôlable. On a commencé par les patients en phase terminale. On l’a ensuite élargie aux personnes âgées souffrant de plusieurs pathologies. Ensuite aux personnes menacées de démence, puisqu’une fois la démence en place, l’application de la loi n’est plus possible. Enfin, à la détresse psychologique. On ne s’est pas rendu compte de ce qu’on faisait ».

[CP] PJL Bioéthique au Sénat : Alliance VITA prévoit de nouvelles mobilisations

[CP] PJL Bioéthique au Sénat : Alliance VITA prévoit de nouvelles mobilisations

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L’examen, par le Sénat, des articles de la loi bioéthique, qui vient de se terminer, démontre que cette loi est impossible à amender correctement.

Le projet de loi doit être voté solennellement le 4 février prochain. Jamais un texte bioéthique n’a été aussi éloigné de l’éthique, qui se doit d’être garante des droits humains, de la protection de la vie et de la dignité humaine.

Pour Caroline Roux, déléguée générale adjointe d’Alliance VITA :

[su_quote]Les sénateurs aboutissent à un texte contradictoire qui consacre une éthique à géométrie variable. Si des tentatives peuvent être saluées pour amender le texte, les sénateurs ne sont pas parvenus à revoir l’économie globale de cette loi : elle produit de nouvelles injustices et discriminations.[/su_quote]

Pour Alliance VITA, cette loi est incohérente.

 

  • Comment affirmer que « nul n’a droit à l’enfant », et à l’article suivant étendre la PMA avec donneur à toute femme sans partenaire masculin, instituant de facto une « PMA sans père » tout en contenant son recours pour les couples homme/femme, uniquement pour des raisons médicales ? Il n’y a plus aucune logique, et les couples confrontés à l’infertilité sont paradoxalement les plus discriminés. Pire, l’instauration d’un plan national infertilité, introduit à l’Assemblée nationale pour la recherche des causes et la prévention de l’infertilité, a été supprimé.
  • Comment prétendre à la levée de l’anonymat du don de gamètes et faire dépendre du bon vouloir du donneur la divulgation de son identité quand l’enfant le demandera à sa majorité ? C’est une véritable bombe à retardement au détriment des enfants et une terrible hypocrisie.
  • Comment concilier le respect dû au traitement de l’embryon humain avec, à juste titre, l’interdiction de la levée de l’interdit de la création d’embryons transgéniques et chimériques, tout en allongeant la durée de recherche sur l’embryon humain à 21 jours ?
  • Enfin, si les sénateurs ont rejeté la mesure ultra eugénique de DPI-A, ils ont réintroduit le DPI-HLA, ou bébé médicament, qui avait été supprimé à juste titre par les députés. Ce refus de supprimer une mesure antérieure signe l’incapacité d’évaluer la loi et de revenir sur des choix particulièrement contraires à l’éthique.

Pour Tugdual Derville, délégué général de l’association :

[su_quote]Ce résultat confirme les alertes que nous avons lancées dès le début du processus de cette révision et qui sont désormais largement reconnues après avoir été ignorées. A ce stade, la loi reste profondément régressive. Les sénateurs, habituellement présentés pour leur sagesse, ont une grave responsabilité devant les générations futures. S’ils votent ce texte en l’état, nous demanderons à l’Assemblée nationale de l’améliorer en seconde lecture ou au gouvernement de le retirer. Nous poursuivrons, sous de multiples formes notre mobilisation, au nom des générations futures. [/su_quote]

 

Université de la vie 2020 : 3ème soirée sur le thème « Progresser »

Université de la vie 2020 : 3ème soirée sur le thème « Progresser »

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Les 8 300 participants de l’Université de la vie d’Alliance VITA se sont retrouvés dans plus de 200 villes en France et à l’étranger pour la troisième soirée du cycle de formation, sur le thème « Progresser ».

Jean-Noël Dumont, philosophe et enseignant, a ouvert la soirée en parlant du progrès personnel, du progrès collectif et du progressisme. « Le progrès fait passer du subi au voulu ; la naissance et la mort deviennent pour nous des choix possibles, maintenant placés du côté de la puissance. Mais garderai-je le souvenir du plus faible ? » a-t-il interrogé.

Blanche Streb, directrice de la formation et de la recherche d’Alliance VITA, et auteur du livre Bébés sur mesure – Le Monde des meilleurs (Artège, 2018) a ensuite questionné le sens du progrès en bioéthique. « Les découvertes scientifiques utilisées à bon escient constituent au contraire une occasion de croissance pour tous. Progresser : c’est notre vocation personnelle et collective. Mais l’immense progrès technologique ne s’accompagne pas suffisamment du progrès de l’être humain en responsabilité, en valeurs et en conscience ».

Valérie Boulanger, responsable du service d’information et d’écoute SOS Bébé, a proposé un décodeur sur la dynamique des réseaux qui permettent la mise en commun et le partage de compétences, pour trouver des solutions ajustées. « Il est bon de voir des personnes faire progresser le champ des possibles. La culture de vie passe par cette mise en réseaux. Nous pouvons en être les relais et les faciliter. »

Le docteur Laure Lallemand, médecin, logothérapeute et formée aux NaProTechnologies était le grand témoin de la soirée. Elle a parlé de la logothérapie comme méthode d’accompagnement qui regarde l’homme dans toutes ses dimensions et lui permet de se dépasser et de faire des choix. Il faut passer de « qu’est-ce que j’attends de la vie » à « qu’est-ce que la vie attend de moi » ?

Caroline Roux, déléguée générale adjointe d’Alliance VITA, a conclu la soirée en offrant des « clés pour progresser. » Face à la vitesse des progrès technologiques, Caroline Roux a appelé à « revenir au réel » ainsi qu’à « cultiver l’intériorité. »

Rendez-vous le 3 février pour la dernière soirée « Prendre sa place. »

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© Benjamin Rémon

PJL Bioéthique au Sénat : examen des premiers articles

PJL Bioéthique au Sénat : examen des premiers articles

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Depuis mardi 21 janvier, le Sénat examine en séance le texte du Projet de loi relatif à la Bioéthique. 7 articles ont été examinés sur les 34. Entre tentatives d’améliorations et aggravations, l’économie du texte ne change pas fondamentalement.

L’article 1 du PJL Bioéthique : la « PMA sans père »

L’article 1 qui étend la PMA avec donneur aux femmes seules ou à deux, sans partenaire masculin, a été l’objet d’une longue discussion pour être finalement adopté avec des modifications notables déjà votées en commission spéciale pour certaines : le critère d’infertilité médicale a, en effet, été réintroduit en commission spéciale pour les couples composés d’un homme et d’une femme, assorti de la prise en charge par l’assurance maladie. En revanche, les sénateurs ont supprimé le remboursement de la PMA avec donneur pour les femmes seules ou en couple. La mention « nul n’a le droit à l’enfant » ajoutée à juste titre en amont de ce même article perd de son effectivité, avec l’adoption de la « PMA sans père ».

Dans ce contexte évolutif de la pratique de la PMA, des sénateurs ont plaidé en vain pour qu’une clause de conscience soit instaurée pour les médecins et personnels de santé qui ne souhaitent pas participer à sa pratique, quelles qu’en soient les raisons d’y recourir. De plus, la commission spéciale a supprimé la mesure d’instauration d’un plan national infertilité, introduite par les députés pour favoriser les recherches sur les causes de l’infertilité et leur prévention, au prétexte que cela ne relevait pas de la loi. L’infertilité étant un enjeu sanitaire majeur, cette focalisation sur la PMA alors que la moitié des couples qui y ont recours n’ont pas d’enfant, ne peut qu’interroger.

Les sénateurs sont, par contre, revenus en séance sur le double-don de gamètes pour l’interdire. De même, les sénateurs ont adopté un amendement du gouvernement, pour que seuls les centres à but non lucratif soient autorisés à accueillir, stocker et congeler les embryons. Cette mention avait été supprimée en commission spéciale et faisait courir le risque de marchandisation des êtres humains.

L’article 2 du PJL Bioéthique : l’autoconservation des gamètes

L’article 2 ouvrant l’autoconservation des ovocytes pour les femmes, sans critère médical, pour procréer plus tard par PMA a été rejeté par les sénateurs.

La levée de l’anonymat des donneurs de gamètes

La levée de l’anonymat du don de gamètes, autre mesure phare de ce texte, a, par contre, été fortement remise en cause en commission spéciale et confirmée en séance : le consentement du donneur à donner son identité n’interviendrait pas ab initio au moment du don, mais seulement de façon aléatoire, selon la volonté du donneur, au moment où l’enfant en ferait la demande, ce qui vide en partie l’effectivité de cette levée.

La filiation

Concernant les règles d’établissement de la filiation dans le cadre de PMA réalisées par des couples de femmes, le texte de loi a été également largement modifié. Si la commission spéciale n’avait pas touché au texte adopté par l’Assemblée nationale, les sénateurs ont, quant à eux, réécrit presque intégralement l’article en question. Le texte prévoyait originellement l’établissement d’une filiation par reconnaissance anticipée de deux « femmes ». Désormais, l’établissement de deux filiations maternelles ou paternelles à l’égard du même enfant est rendu impossible. Une distinction est opérée entre la femme qui accouche (automatiquement considérée comme mère de l’enfant) et l’autre femme (qui doit adopter l’enfant). Par ailleurs, les couples pacsés ou en concubinage peuvent désormais adopter, et la procédure d’adoption pour le deuxième conjoint serait facilitée.

La Gestation par Autrui (GPA)

La question de la Gestation par Autrui (GPA), qui avait été introduite en Commission spéciale, a été de nouveau évoquée. Si l’interdiction de la retranscription à l’état civil français des enfants nés de GPA à l’étranger a bien été maintenue (après avoir été adoptée par la Commission), un amendement de la rapporteur, Muriel Jourda, autorise en revanche la retranscription des jugements d’adoption, sans mention de l’injustice que constitue cette pratique. Pour rappel, une jurisprudence de la Cour de cassation avait récemment autorisé la retranscription automatique de ces actes de naissance, alors que la GPA constitue une fraude à la loi.

Les articles 5, 6 et 7, portant respectivement sur la greffe, le don de cellules souches hématopoïétiques et le consentement des personnes sous mesure de protection, ont été adoptés.

Le principe de précaution

En début de discussion, un amendement demandant d’inscrire un principe de précaution dans la loi a été rejeté. L’argumentation de la garde des Sceaux, Nicole Belloubet, est révélatrice « le principe de précaution est à la fois un système d’évaluation et la mise en place de mesures proportionnées et provisoires en cas d’atteinte grave et irréversible. Or en matière de bioéthique je pense que nous nous interrogerions à l’infini sur ce qui est une atteinte grave et irréversible, nous aurions ici une difficulté. » C’est justement ce qui mobilise tous ceux qui alertent sur ce texte et c’est aussi ce qui justifie notre opposition.

A noter que toutes ces nouvelles dispositions pourront être remises en cause par les députés en seconde lecture. Les débats se poursuivent à partir de mardi 28 janvier et le vote solennel aura lieu le 4 février.

 

Euthanasie au Québec : annonce d’une grave dérive

Euthanasie au Québec : annonce d’une grave dérive

euthanasie quebec

 

La ministre de la Santé canadienne, Danielle McCann, a annoncé, le 22 janvier lors d’une conférence de presse, une extension de la loi sur l’euthanasie (dénommée « aide médicale à mourir ») au Québec.

La Cour supérieure avait donné raison, le 11 septembre dernier, à deux personnes, toutes deux atteintes d’une maladie dégénérative incurable qui réclamaient l’euthanasie, alors qu’elles n’étaient pas en fin de vie. Dans ce jugement, la juge Christine Beaudoin déclarait inconstitutionnelles les lois québécoise et fédérale.

La juge avait alors fixé un délai de 6 mois pour l’application de ce jugement, soit à partir du 11 mars. Bien que cette décision ne s’applique qu’au Québec, le gouvernement du Canada s’est engagé à modifier la loi sur l’euthanasie pour l’ensemble du pays.

L’abandon du critère de « fin de vie » ouvrira donc la porte à de nombreuses nouvelles conditions qui seront désormais admissibles à l’ « aide médicale à mourir », dont des maladies dégénératives incurables, mais également des maladies mentales graves, telles que la démence ou la maladie d’Alzheimer.

A la suite de cette décision de justice, un rapport d’experts « Filion-Maclure », sur la question des directives médicales anticipées, avait été déposé le 29 novembre dernier : ce rapport recommandait que le malade « conserve son droit à recevoir l’aide médicale à mourir préalablement consentie » dans les cas où il deviendrait tardivement inapte. L’association « Vivre dans la dignité«  s’est levée contre la portée de ce rapport, par ces mots : « Se contraindre par avance à se suicider (par l’intermédiaire d’un autre) est une violence grave faite à un soi futur qu’il est impossible de connaître, violence qui ne devrait pas être autorisée. »

Pour Alliance VITA, ce qui se passe au Canada rejoint les situations belge et néerlandaise. L’euthanasie ne peut réellement s’encadrer, et menace gravement les plus fragiles.

PPL pour l’allongement du congé des parents endeuillés

PPL pour l’allongement du congé des parents endeuillés

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La proposition de loi pour l’allongement du congé des parents endeuillés de 5 à 12 jours a été étudiée, le 22 janvier, à la commission des affaires sociales de l’Assemblée nationale et sera discutée dans l’hémicycle le 30 janvier.

Cette proposition de loi est à l’initiative du député UDI de Cambrésis, Guy Bricout. A l’heure actuelle, les entreprises ne peuvent autoriser de congés d’une durée inférieure à 5 jours. Le député est soutenu par plusieurs associations, Grandir sans cancer et Le Sourire de Lucie.

Les parents totalement démunis par ce deuil se retrouvent sous le poids des formalités administratives à accomplir, ce qui ne leur permet pas de reprendre leurs esprits.

Selon le député UDI, « Nombre de salariés sont obligés, pour régler ces formalités, de prendre des jours de congé supplémentaires » et « S’ils demandent un arrêt maladie à leur médecin, ils subissent les trois jours de carence, avec les conséquences financières que cela implique. » A propos du partage des RTT avec d’autres collègues, quand un salarié a un enfant gravement malade il ajoute : « Toutes les entreprises n’ont pas de RTT! Pour moi, il vaut mieux légiférer; »

Université de la vie 2020 : 2ème soirée sur le thème « Endurer »

Université de la vie 2020 : 2ème soirée sur le thème « Endurer »

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Plus de 8 000 participants de l’Université de la vie d’Alliance VITA se sont retrouvés dans plus de 200 salles en France et à l’étranger, ce lundi 20 janvier, pour la deuxième soirée de formation intitulée « Endurer ». De très beaux témoignages et interventions se sont succédé tout au long de la soirée.

Jean-Guilhem Xerri, psychanalyste et biologiste médical, est intervenu en premier. Il a proposé une réflexion sur la dignité, la compassion et l’écoute comme vecteurs pour grandir en humanité. Pour lui, « La souffrance ne vient jamais seule, elle est toujours accompagnée par un appel à un surcroît de présence les uns aux autres ».

Eric Vermeer, infirmier éthicien belge en soins palliatifs, a pris le relais pour aborder la question des soins palliatifs et de la fin de vie. Témoignant d’expériences vécues, il a expliqué que les soins palliatifs ont pour objectif, non pas de « faire mourir » mais d’aider une personne à « bien vivre » jusqu’au bout, et que ce n’est pas parce qu’une personne est en perte d’autonomie qu’elle est en perte de dignité.

Tugdual  Derville, délégué général d’Alliance VITA, a ensuite proposé un décodeur sur la législation française concernant la fin de vie. il nous a particulièrement invité à trois points de vigilance : Gare au simplisme : protocoliser la mort est une illusion. Gare au choix truqué abusif entre souffrir ou mourir et gare à l’euthanasie sociale par abandon, à laquelle nous sommes appelés à répondre par la solidarité.

Blanche Streb, directrice de la formation et de la recherche d’Alliance VITA, est intervenue pour témoigner autour de son livre « Eclats de vie » paru en octobre 2019 aux Editions Emmanuel. « L’épreuve révèle aussi nos forces de vie ». Pour elle « nous sommes les uns pour les autres des relais d’espérance ».

Pour le dernier enseignement de la soirée, Valérie Boulanger, responsable de SOS bébé, a proposé des « clés pour endurer ». Elle a mis en avant l’importance de « renouer avec le temps » et de se tourner vers les autres.

Rendez-vous lundi 27 janvier pour la troisième soirée « Progresser ».

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© Benjamin Rémon

[CP] Bioéthique : Alliance VITA appelle les sénateurs à un sursaut éthique

[CP] Bioéthique : Alliance VITA appelle les sénateurs à un sursaut éthique

 

Alors que démarre aujourd’hui l’examen du projet de loi bioéthique en séance au Sénat, Alliance VITA demande aux sénateurs de faire preuve de sagesse, de prudence et d’audace pour réorienter le texte tant qu’il en est encore temps.

Pour Caroline Roux, déléguée générale adjointe : « Nous demandons aux sénateurs de revoir l’économie de ce texte en profondeur. C’est leur responsabilité. Pour cela, ils ne doivent pas céder à l’illusion d’un progrès qui tend à artificialiser ou sélectionner les humains plutôt que de protéger les plus fragiles, les droits de l’enfant et l’humanité elle-même. Ce qui est en jeu, c’est la dignité et les droits humains. Les sénateurs doivent être à l’avant-garde d’une société qui ne fait pas du progrès une cause de discriminations et d’injustices. »

Est-ce un progrès d’effacer la paternité derrière les techniques de procréation ?

Est-ce un progrès de résumer la place de l’homme à ses gamètes et de le supprimer délibérément de la filiation d’un enfant ?

Est-ce un progrès d’artificialiser la maternité, d’imposer aux femmes des traitements hormonaux, sans raison médicale, pour congeler leurs ovocytes derrière la promesse illusoire d’une maternité par PMA, impossible à garantir plus tard ?

Est-ce un progrès de fermer les yeux sur la fraude à la loi que constitue la marchandisation des corps de femmes étrangères, réduites à être des mères porteuses ?

Est-ce un progrès de « traquer » les anomalies et de supprimer les êtres fragiles plutôt que de les accueillir et de tenter de les guérir ?

Est-ce un progrès enfin d’utiliser l’embryon humain, celui que nous avons tous été, comme un matériau de laboratoire, de le modifier génétiquement, de créer des chimères qui associent ses cellules avec des cellules animales ou encore de fabriquer des gamètes artificiels ?

Est-ce un progrès de ne plus respecter l’intégrité de l’espèce humaine et de s’autoriser des expériences d’apprenti-sorciers ?

Pour Alliance VITA la société progressera si on respecte la paternité, la maternité, la différence et l’intégrité de l’espèce humaine.

Alliance VITA appelle avec Marchons Enfants ! à se rassembler ce soir mardi 21 janvier et mercredi 22 janvier à 19h devant le Sénat pour appeler les sénateurs à un sursaut éthique contre cette loi qui ne mérite pas en l’état de s’appeler bioéthique.

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©Michel Pourny

Marchons Enfants ! : discours de Caroline Roux le 19 Janvier

Marchons Enfants ! : discours de Caroline Roux le 19 Janvier

Caroline Roux, déléguée générale adjointe d’Alliance VITA, sur le podium de la mobilisation « Marchons Enfants ! » contre le projet de loi bioéthique.

Si nous sommes là aujourd’hui, bravant le froid, venant de loin pour certains, ce n’est pas pour
défendre un pré carré.

Nous sommes aujourd’hui ici pour défendre les plus fragiles et un monde qui accueille la biodiversité humaine comme une chance.

Cette loi nous concerne tous et impacte fortement les générations à venir : alors que nous prenons conscience des dégâts infligés à la nature et à l’environnement, cette loi vient percuter l’écologie première qui est celle à garantir aux humains.

Les parlementaires discutent de progrès, de maternité, de paternité, de handicap et de vie humaine. Il est essentiel de distinguer ce qui relève du progrès de ce qui provoque discrimination et injustice.

Est-ce un progrès d’effacer la paternité derrière les techniques de procréation ?

Est-ce un progrès de résumer la place de l’homme à ses gamètes et de le supprimer délibérément de la filiation d’un enfant ?

Est-ce un progrès d’artificialiser la maternité, d’imposer aux femmes des traitements hormonaux, sans raison médicale, pour congeler leurs ovocytes derrière la promesse illusoire d’une maternité par PMA, impossible à garantir plus tard ?

Est-ce un progrès de fermer les yeux sur la fraude à la loi que constitue la marchandisation des corps de femmes étrangères, réduites à être des mères porteuses ?

Est-ce un progrès de « traquer » les anomalies et de supprimer les êtres fragiles plutôt que de les accueillir et de tenter de les guérir ?

Certains veulent interdire que l’on s’exprime.

Ce n’est pas un climat de débat mais bien d’intimidation. C’est inacceptable. Et nous ne nous tairons pas.

La société progressera si on respecte la paternité et les hommes dans toutes leurs dimensions, la maternité et les femmes dans toutes leurs richesses, et la différence en accueillant la vulnérabilité.

La société progressera si chaque être humain est pris en considération et pas sélectionné, ou source de profit. Si les enfants ne sont pas fabriqués en kit, hors sol, sans racine. Les humains ne sont pas des machines, ni des objets qui se marchandent ou qui se jettent.

Est-ce un progrès enfin d’utiliser l’embryon humain, celui que nous avons tous été, comme un matériau de laboratoire, de le modifier génétiquement, de créer des chimères qui associent ses cellules avec des cellules animales ou encore de fabriquer des gamètes artificiels ?

Est-ce un progrès de ne plus respecter l’intégrité de l’espèce humaine et de s’autoriser des expériences d’apprenti-sorciers ?

Nous demandons que le principe de précaution qui concerne à juste titre l’environnement s’applique aussi prioritairement à l’espèce humaine.
En tant que lanceurs d’alerte, en posant ces questions cruciales, nous sommes des précurseurs.
Précurseurs d’un monde qui saura protéger les êtres humains en même temps que leur environnement.

Ne nous y trompons pas, si nous sommes partis de la Place de la Résistance, ce n’est pas pour revenir en arrière. C’est pour aller de l’avant.

Le gouvernement doit arrêter ce processus qui va à l’encontre de la dignité et des droits humains.

Nous demandons aux parlementaires d’avoir le courage de s’opposer à cette loi qui, en l’état, ne mérite pas de s’appeler bioéthique.

Leur responsabilité est immense, dès maintenant, et pour les générations à venir. Et la nôtre aussi.

Votre présence est une immense chance ainsi que celle de ceux qui nous suivent de loin.

Quoi qu’il arrive, rappelez-vous que nous sommes les acteurs de la société. Nous ne baisserons pas les bras pour combattre les injustices et les discriminations.

Le progrès, c’est d’insuffler à la bioéthique une écologie qui soit véritablement humaine.

Bilan démographique 2019 : la natalité en baisse

Bilan démographique 2019 : la natalité en baisse

natalité en baisse

 

L’INSEE a publié son bilan démographique pour l’année 2019. La natalité est en baisse pour la 5ème année consécutive.

753 000 enfants sont nés en 2019, soit 6 000 de moins que l’année précédente. L’INSEE indique cependant que « la fécondité se stabilise », puisque « l’indicateur conjoncturel de fécondité (ICF) s’établit à 1,87 enfant par femme, après 1,88 en 2018 […], après quatre années de baisse entre 2015 et 2018. » On comptait en moyenne deux enfants par femme en 2014.

« Ces quatre dernières années, et de manière moins marquée en 2019, c’est la baisse de la fécondité qui explique les naissances moins nombreuses » explique Sylvie Le Miniez, responsable des études démographiques et sociales de l’Insee.

De plus, l’âge moyen de la maternité ne cesse de croître : il a atteint 30,7 ans en 2019 alors qu’il était à 28,8 ans vingt-cinq ans plus tôt. De même, le taux de fécondité des femmes de moins de 30 ans est en baisse depuis les années 2000.

Selon Gérard-François Dumont, géographe et professeur à l’université Paris-IV Sorbonne, le facteur politique joue un rôle majeur dans l’explication de ces chiffres : « la confiance dans la politique familiale a été mise à mal. La conciliation entre la vie professionnelle et familiale est également moins facile car les 13 milliards d’euros de réductions des dotations aux collectivités territoriales ont entraîné l’abandon de projets de crèches. »

Par ailleurs, l’INSEE indique qu’un enfant sur trois vit dans une famille monoparentale ou recomposée.

La France reste malgré tout le deuxième pays le plus peuplé de l’Union européenne, après l’Allemagne.

[CP] Pourquoi se mobiliser avec « Marchons Enfants » ?

[CP] Pourquoi se mobiliser avec « Marchons Enfants » ?

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Le vote du projet de loi bioéthique en commission spéciale du Sénat incite à intensifier la mobilisation contre les graves dérives de ce texte.

L’article 1, le plus controversé, instaurant la « PMA sans père » n’a pas été supprimé par la commission spéciale du Sénat.

Alliance VITA dénonce les injustices et discriminations du projet de loi :

  • Injustices pour les enfants privés de père et pour ceux privés volontairement de toute origine avec la mesure du double don de gamètes ;
  • Défaite pour les femmes à qui l’on impose une emprise médicale croissante avec la technique de la congélation ovocytaire, fausse promesse d’une assurance maternité ;
  • Pression pour intensifier la pratique de PMA avec tiers donneur, très minoritaire actuellement (moins de 5% des enfants nés par PMA chaque année), porte ouverte au marché de la procréation pour acquérir des gamètes.  La levée de l’anonymat ne supprimera pas l’injustice d’une filiation éclatée et peut se révéler une bombe à retardement.

Par ailleurs, l’interdiction de transcription totale des états civils étrangers votée en commission ne vient que très partiellement compenser la portée de l’interdiction de la Gestation par autrui (GPA), régulièrement bafouée.

De nombreuses dérives ont été ajoutées au texte des députés : notamment l’allongement des délais d’expérimentation sur les embryons (21 jours) ; l’ajout de nouveaux procédés eugéniques par le tri des embryons par diagnostic préimplantatoire et la réintroduction du procédé de double-tri dit « bébé-médicament ».

Ce projet de loi fait l’impasse sur 3 enjeux fondamentaux

  • La lutte contre l’infertilité : la commission a supprimé l’instauration d’un plan infertilité qui est pourtant une urgence sanitaire ;
  • La lutte contre l’eugénisme et une réelle prise en compte du handicap avec l’intensification des diagnostics génétiques anténataux ;
  • L’enjeu majeur de la protection de l’intégrité de l’espèce humaine. Le texte lève des interdits majeurs, celui de créer des embryons transgéniques et des embryons chimère (mélangeant homme-animal).

Pour Caroline Roux, Déléguée générale adjointe d’Alliance VITA, présente à la conférence de presse de la plateforme Marchons enfants ! du 15 janvier : « Le principe de précaution qui ne s’applique qu’à l’environnement devrait s’appliquer en priorité à l’espèce humaine. Ce qui se joue, c’est le traitement accordé aux plus fragiles, aux droits des enfants, au respect de la paternité, de la maternité, de la différence et l’humanité elle-même. On ne peut laisser la bioéthique être vidée de l’éthique et du respect des droits humains. Nous demandons aux sénateurs d’avoir le courage de s’opposer dans l’hémicycle à cette loi qui ne mérite pas de s’appeler bioéthique ».

Alliance VITA appelle, avec Marchons enfants !, à la mobilisation nationale du dimanche 19 janvier 2020 et au rassemblement devant le Sénat les mardis 21 et mercredi 22 janvier.

 

Coup d’envoi de la 15ème Université de la vie d’Alliance VITA : QUEL SENS A LA VIE ?

Coup d’envoi de la 15ème Université de la vie d’Alliance VITA : QUEL SENS A LA VIE ?

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Ce sont pas moins de 200 villes en France et à l’étranger qui accueillent près de 8000 participants pour cette formation inédite.

Cette première soirée a permis une réflexion pour « se situer » dans notre société, en particulier autour des questions bioéthiques.

Gilles Hiérard Dubreuil, président et co-initiateur du Courant pour une écologie humaine, a ouvert la soirée en proposant une réflexion sur les défis de la modernité. Pour lui, nous quittons ce temps du « tout technique » pour entrer dans « le temps des hommes », où doit s’ouvrir un chemin d’écologie humaine pour construire un « monde aimable » qui prenne soin des plus faibles.

Caroline Roux, déléguée générale adjointe d’Alliance VITA, est intervenue ensuite pour aborder les paradoxes actuels de la bioéthique, autour du désir d’enfant, de l’infertilité, de l’accueil du handicap, de l’instrumentalisation de l’embryon humain et de la prise en charge de la fin de vie. Elle a mis en lumière les tensions qui traversent notre société, révélatrices des conséquences que provoque la bioéthique quand elle se détache de l’éthique.

Puis Esther Pivet, polytechnicienne et fondatrice de Vigigender, est intervenue ensuite pour un « Décodeur bioéthique » abordant la question de la théorie du genre.

Yves Meaudre, vice-président des Enfants du Mekong, était le premier grand témoin. Pour lui, « tout Homme se sent appelé à quelque chose, a envie de se réaliser, se dépasser, c’est au fond de notre être« .

Pour le dernier enseignement de cette soirée, Tugdual Derville, le délégué général d’Alliance VITA, a partagé « des clés pour se situer ». Il a notamment invité les participants à se reconnaître héritiers du passé pour faire « ici et maintenant » des choix responsables en tant qu’acteurs de l’histoire.

La prochaine soirée sera intitulée « Endurer ».

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© Benjamin Rémon

Bébés OGM : condamnation du chercheur chinois

Bébés OGM : condamnation du chercheur chinois

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La justice chinoise a condamné à trois ans de prison le chercheur qui avait fait naître des bébés OGM.

En novembre 2018, le scientifique chinois He Jiankiu avait provoqué un véritable tollé mondial en annonçant la naissance de deux jumelles dont il avait modifié l’ADN. L’opération, réalisée avec l’outil Crispr-Cas 9, avait pour but de les immuniser contre le virus du Sida dont était atteint leur père. Depuis cette annonce, un troisième enfant ayant subi le même traitement est né d’une autre femme.

Les autorités chinoises, qui avaient été accusées de laxisme à la suite de cet événement, ont finalement condamné le chercheur à trois ans de prison ferme et à une amende de trois millions de yuans (385 000 euros) pour « avoir illégalement procédé à la manipulation génétique d’embryons à des fins de reproduction », d’après Chine Nouvelle. L’homme est également accusé d’avoir « produit de faux documents d’évaluation éthique » et d’avoir utilisé « des technologies à la sécurité et à l’efficacité douteuses ». Par ailleurs, des extraits du résultat de l’expérience publiés dans le MIT Technology Review montrent qu’il n’est même pas certain que les enfants soient réellement immunisés contre le Sida.

La révision du Code civil chinois, qui devrait avoir lieu en mars, prévoit l’ajout d’un article pour réglementer la recherche sur le génome.

[CP] Bioéthique : la Commission spéciale du Sénat acte de nouvelles dérives

[CP] Bioéthique : la Commission spéciale du Sénat acte de nouvelles dérives

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Le texte de loi a été modifié et traité en moins deux jours par la commission spéciale du Sénat.

Pour Tugdual Derville, délégué général d’Alliance VITA : « Les votes de la commission spéciale appellent la plus grande réserve et nous espérons qu’en séance les sénateurs auront davantage de prudence et de sagesse. L’article 1, instaurant la « PMA sans père » n’a malheureusement pas été supprimé, à 4 voix près. Certes les membres de la commission ont supprimé le remboursement de la PMA hors cause d’infertilité, ce qui ne manquera pas de provoquer des levées de bouclier. Mais ce point spectaculaire ne doit pas occulter les nombreuses dérives ajoutées au texte des députés : notamment allongement des délais d’expérimentation sur les embryons (21 jours) ; ajout de nouveaux procédés eugéniques par le tri des embryons par DPI ; réintroduction du procédé de double-tri dit « bébé-médicament » ; suppression ambigüe de la clause de conscience des médecins pour l’IMG. Si le Sénat ne prend pas en compte l’eugénisme accru induit par ce texte, il passera à côté d’un rendez-vous devant l’histoire. Par ailleurs, le verrouillage contre les risques de la GPA (refus d’une transcription totale des états civils étrangers quand ils ne mentionnent pas la mère porteuse ou quand ils font figurer deux « pères ») ne vient que très partiellement compenser ces aggravations. Au total, nous demandons aux sénateurs d’avoir le courage de s’opposer dans l’hémicycle à l’économie générale de cette loi qui, en l’état, ne mérite pas de s’appeler bioéthique.
La société progressera à condition de respecter ses membres les plus fragiles, et les murs porteurs de l’écologie humaine que sont la paternité et la maternité. C’est dans cet esprit que nous appelons à intensifier la mobilisation nationale du dimanche 19 janvier 2020 avec la plateforme Marchons enfants ! ».

« La Société Progressera » : Caroline Roux, invitée de KTOTV le 7 janvier 2020

« La Société Progressera » : Caroline Roux, invitée de KTOTV le 7 janvier 2020

Caroline Roux, déléguée générale adjointe d’Alliance Vita, était, ce 7 janvier, l’invitée de l’émission « A la source » de KTO TV, pour parler de la censure de la récente campagne d’affichage d’Alliance Vita.

Pour rappel, à la suite d’un tweet de la maire de Paris, Anne Hidalgo, qui se disait « indignée » par la campagne et appelait à son retrait, la société en charge de l’affichage avait décidé de retirer certaines des affiches.

 

 

Quelques verbatim extraits de l’émission :

« Nous avions décidé de faire une campagne d’affichage, notamment dans les gares parisiennes, pour interroger sur le sens du progrès, de la paternité, de la maternité, de la différence. »

« Aujourd’hui nous commémorons Charlie Hebdo et les attentats. On a vu la France se lever pour la liberté d’expression, et la maire de Paris en premier. Mais on voit aujourd’hui que sa position est ambiguë, et que si les opinions ne lui plaisent pas, elle est capable de demander de retirer des affiches. Cela est très grave, c’est pourquoi nous sommes allés jusqu’au bout pour le respect de la liberté d’expression. »

« Est-ce un progrès d’effacer la paternité, de réduire des hommes à leurs gamètes ? Est-ce un progrès « d’artificialiser » la maternité, de pousser les femmes vers la PMA, notamment grâce à la congélation ovocytaire qui est prévue par la loi pour permettre d’avoir des enfants plus tard par PMA, ce qui est une fausse promesse de maternité ? Est-ce un progrès que la filiation soit bouleversée et que les mères ne soient plus forcément celles qui ont accouché ? Est-ce un progrès cette sélection anténatale pour des raisons de santé ? Des enfants ne naîtront pas parce qu’on leur aura dépisté un handicap, on voit combien cela touche la capacité d’acceptabilité du handicap dans notre société. »

« Il ne faut pas que la technique prenne le pouvoir sur les personnes, et il faut que l’on continue de respecter la parité homme-femme dans l’engendrement. »

« L’embryon humain est le plus fragile d’entre nous : nous avons tous été des embryons, et si nous n’avions pas été protégés, nous ne serions pas là. Si la science s’empare de l’embryon, c’est justement à cause de son humanité. C’est pour pouvoir expérimenter dessus, pour pouvoir éviter l’expérimentation animale »

[CP] URGENT : le juge des référés ordonne la reprise de l’affichage de la campagne d’Alliance VITA par Mediatransports

[CP] URGENT : le juge des référés ordonne la reprise de l’affichage de la campagne d’Alliance VITA par Mediatransports

mediatransport handicap et paternité

 

Alliance VITA salue la décision de justice demandant que soient replacées les affiches censurées de sa campagne « La société progressera« .

Alliance VITA salue cette décision du tribunal judiciaire de Paris, saisi en référé. Reconnaissant l’arbitraire de la censure subie par sa campagne La société progressera, il demande à la régie Mediatransports de replacer les deux affiches (de soutien à la paternité et à la maternité) qu’elle avait retirées jeudi 2 janvier sans préavis, et sans même alerter l’association.

Alliance VITA demande au second réseau d’affichage, Exterion Media qui, lui, a cru devoir céder aux injonctions de Madame Hidalgo, maire de Paris, en retirant vendredi 3 janvier des rues de la capitale la totalité des trois visuels de la même campagne, de les réinstaller immédiatement, en application d’un contrat dûment signé, faute de quoi l’association lancera une seconde action en référé.

Pour Tugdual Derville, délégué général de l’association : « Cette décision de justice est certes une victoire pour Alliance VITA et les causes qu’elle défend avec dignité ; c’est aussi, et surtout, une victoire pour la liberté d’expression contre toute police de la pensée. Plus généralement, que les mots paternité et maternité sobrement promus aient pu être interdits de cité alors que tant de visuels publicitaires agressifs ou consuméristes s’imposent aux Français appelle un sursaut de la conscience auquel nous espérons contribuer par cette campagne et son retentissement imprévu. »

A cet égard, Alliance VITA tient à dénoncer la pratique de certains comptes Twitter qui fonctionnent sur la délation et la dénonciation anonyme sans que leurs auteurs assument leur identité. Leur pouvoir d’intimidation et de nuisance, qui s’est à nouveau manifesté dans cette affaire, est nuisible au débat démocratique.

 

[CP] Censure de « La société progressera » : Alliance VITA dépose un recours en référé

[CP] Censure de « La société progressera » : Alliance VITA dépose un recours en référé

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Sur injonction par Twitter d’Anne Hidalgo, maire de Paris (qui dénonçait au passage un visuel qui n’était pas affiché), deux régies d’affichage, Media Transports puis Exterion ont annoncé le retrait partiel ou total de la campagne d’affichage d’Alliance VITA qui se déroulait jusqu’ici paisiblement depuis le 31 décembre en région parisienne.

La campagne « La société progressera » prône, en forme de vœux pour 2020, le respect de la paternité, de la maternité et de la différence.

La rupture unilatérale de ces contrats dûment signés porte un lourd préjudice à l’association, doublé d’accusations injustes qui salissent son image.

En conséquence, Alliance VITA a aujourd’hui même déposé, par les mains de son avocat maître Antoine Beauquier, un recours en référé d’heure à heure auprès du tribunal judiciaire de Paris pour que soit assurée sans délai la poursuite de cette campagne, et que soit mis fin à la censure dont elle fait l’objet.

L’association se réserve par ailleurs la possibilité de saisir la justice pénale en raison de la discrimination qu’elle subit.

Alliance VITA demande aux personnes attachées à la liberté d’expression contre toute police de la pensée de soutenir son action, afin qu’aucune voix ne soit arbitrairement étouffée quand il est question de débattre de l’humanité.

CP-Alliance VITA lance une campagne d’affichage urbain contre le projet de loi bioéthique

CP-Alliance VITA lance une campagne d’affichage urbain contre le projet de loi bioéthique

A quelques jours de la reprise, au Sénat, du débat bioéthique, le 8 janvier 2020 en commission, Alliance VITA a choisi d’alerter l’opinion sur les dangers de cette réforme par une campagne d’affichage inédite, avec, pour commencer, 400 panneaux d’affichages dans les gares parisiennes, transiliens et dans les rues de Paris.

Pour réviser la loi bioéthique, les parlementaires discutent de maternité et de paternité, du handicap et de la vie humaine. Pour Alliance VITA, il est essentiel que notre bioéthique distingue ce qui relève du progrès de ce qui provoque discrimination et injustice. Car ce qui est faisable n’est pas toujours souhaitable.

Congeler ses ovocytes et artificialiser la maternité

Est-ce un progrès d’imposer aux femmes des traitements hormonaux, sans raison médicale, derrière la promesse illusoire d’une maternité impossible à garantir ?

Sélectionner des enfants à naître selon des critères génétiques ou de capacités physiques

Est-ce un progrès de supprimer les êtres fragiles plutôt que de les accueillir et de tenter de les guérir ?

Effacer la paternité derrière les techniques de procréation

Est-ce un progrès de résumer la place de l’homme à ses gamètes ?

Utiliser l’embryon humain comme un matériau de laboratoire, le modifier génétiquement, associer ses cellules avec des cellules animales

Est-ce un progrès de ne plus respecter l’intégrité de l’espèce humaine et de s’autoriser des expériences d’apprenti-sorciers ?

[su_box title= »Pour Tugdual Derville, délégué général d’Alliance VITA  » box_color= »#de0498″] « Les messages que nous affichons devraient être consensuels en démocratie, et ils le sont d’ailleurs pour la plupart des Français. Nous rappelons quatre principes d’écologie humaine qui fondent la vie en société : respect de la paternité, de la maternité, de la différence et de la vie. Faire preuve d’humanité, n’est-ce pas en effet encourager et protéger les conditions d’épanouissement de chaque vie, en exprimant surtout notre solidarité vis-à-vis des plus fragiles ? Si nous avons voulu rappeler au gouvernement, au législateur et à chaque Français ces principes vitaux, c’est pour qu’ils résistent aux dérives bioéthiques qui nous menacent aujourd’hui : marginalisation du père, dévalorisation de la maternité, eugénisme croissant, manipulation de l’embryon humain. Nous rappelons en particulier au président Macron que la France, pays des droits de la personne, ne doit pas livrer la procréation humaine aux lois du marché qui conduisent inévitablement à l’emprise des plus forts et des plus riches sur les plus pauvres et les plus faibles.»[/su_box]

Alliance VITA, membre de la plateforme Marchons enfants !, appelle à la mobilisation nationale du 19 janvier 2020 à Paris.

Directives anticipées : la CAF en collusion avec le lobby de l’euthanasie

Directives anticipées : la CAF en collusion avec le lobby de l’euthanasie

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La Caisse d’allocations familiales a publié, ce vendredi 20 décembre, sur son site d’actualité et d’information une page de présentation des directives anticipées, mettant en avant le lobby pro euthanasie.

Cette association revendicatrice qui a édité son propre formulaire de directives, y mentionne explicitement la possibilité de demander « à bénéficier d’une aide active à mourir dans l’hypothèse où cela deviendrait légalement possible ».

Qu’est-ce qui a pu pousser l’organisme public à citer dans ce court article d’information dédié aux directives anticipées une membre de l’Association pour le droit de mourir dans la dignité (ADMD) comme « spécialiste des démarches anticipées » ?

[su_box title= »Pour Tugdual Derville, délégué général d’Alliance VITA :  » box_color= »#de0498″] « La CAF doit retirer cette mention de toute urgence au risque de créer une grave confusion dans le très large public que l’organisme est censé informer. Alors que notre loi fin de vie écarte à la fois acharnement thérapeutique et euthanasie, et s’attache à promouvoir un juste accompagnement par les soins palliatifs, il est inadmissible que la CAF fasse la promotion d’un lobby qui diffuse des directives qui anticipent explicitement… l’euthanasie ».[/su_box]

GPA : retranscription d’actes de naissance d’enfants nés à l’étranger

GPA : retranscription d’actes de naissance d’enfants nés à l’étranger

acte de naissance

 

La Cour de cassation a ordonné, ce mercredi 18 décembre, la retranscription à l’état civil français des actes de naissance d’enfants nés à l’étranger par PMA avec tiers donneurs et par GPA.

Les arrêts rendus par la Cour concernent deux femmes ayant eu recours à une PMA avec tiers-donneur en Angleterre, ainsi que deux hommes et un couple homme-femme ayant fait appel à des mères porteuses aux Etats-Unis.

Les actes de naissance établis aux Etats-Unis et en Angleterre mentionnent à chaque fois les requérants comme parents des enfants. Ces derniers demandaient que ces actes soient retranscrits tels quels à l’Etat civil français. La Cour de cassation a finalement tranché en ce sens.

La Cour considérant que les actes de naissance respectent les lois des pays où ils ont été établis, ils doivent être retranscrits à l’état civil français. La France s’y opposait, à juste titre, jusqu’alors, la GPA constituant une fraude à la loi. .

La Cour s’aligne de fait sur la décision qu’elle avait prise dans l’affaire Mennesson qui a conduit à la retranscription des actes de naissance de jumelles nées de GPA. Cette décision avait été pourtant présentée comme particulière et exceptionnelle : le même type de jugement avait ensu​ite été rendu, le 25 novembre dernier, pour quatre affaires de GPA.

On peut s’interroger sur les raisons d’un tel revirement en cascade, qui aboutit à ne plus sanctionner les atteintes aux droits de l’enfant et à la dignité des femmes. L’avis rendu par la Cour européenne des droits de l’homme (CEDH) le 10 avril dernier, à la demande de la Cour de cassation, indiquait que « les Etats n’ont pas l’obligation de procéder à la transcription de l’acte de naissance d’un enfant né d’une GPA à l’étranger pour établir son lien de filiation avec la mère d’intention, l’adoption pouvant être une modalité de reconnaissance de ce lien ». Le 12 décembre dernier, la CEDH soulignait que les juridictions françaises avaient le droit de refuser de retranscrire l’intégralité d’un acte de naissance étranger pour les cas de Gestation pour autrui.

[su_box title= »Pour Caroline Roux, déléguée générale adjointe d’Alliance VITA :  » box_color= »#de0498″]« La Cour de cassation défait la loi au gré de ces décisions. En cautionnant la GPA la justice française se détourne de la protection des plus vulnérables pour privilégier des demandes individuelles. Il s’agit d’une grave manipulation de l’intérêt supérieur de l’enfant au profit de volontés d’adultes, et d’une atteinte sans précédent au droit des femmes. Nous appelons les sénateurs à réagir vigoureusement, lors de l’examen de la loi bioéthique en janvier, pour réaffirmer l’interdiction de la GPA. Nous leur demandons d’en tirer toutes les conséquences, y compris l’interdiction de la retranscription d’état civil pour des GPA réalisées à l’étranger, en contradiction totale avec la loi nationale. »

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