UN DE NOUS : plus de 700 000 français ont signé

Tugdual Derville, Délégué général d’Alliance VITA

En une vingtaine de pages argumentées par le menu, c’est une fin de non-recevoir que la Commission européenne a donnée le 28 mai 2014 aux quelque 2 millions de signataires de l’initiative européenne Un de nous (« One of us »). Les députés de Strasbourg ne seront donc pas saisis de la question du financement de la recherche sur l’embryon.

Cette réponse a eu un écho particulier en France, un peu plus d’un an après un autre refus, celui du Conseil Economique Social et Environnemental (CESE) qui avait écarté une autre pétition magistrale, de plus de 700 000 Français, elle aussi inscrite dans une démarche officielle récemment mise en place pour offrir aux citoyens la capacité d’intervenir dans les décisions politiques. Dans les deux cas, le rejet de ces pétitions inédites ruine dans l’œuf le concept même de « démocratie participative ». Comme s’ils étaient tétanisés par la liberté octroyée, la technocratie (française dans le cas du CESE, européenne pour la Commission) reprend la main.

Dans son rapport, la Commission européenne commence par rappeler les fondements de l’initiative citoyenne européenne : « Introduite par le traité de Lisbonne pour encourager une plus grande participation démocratique des citoyens aux affaires européennes [elle] permet à un million de citoyens de l’Union européenne (UE) provenant d’au moins sept États membres d’inviter la Commission européenne à présenter une proposition législative dans des domaines relevant de la compétence de l’UE. » Puis elle insiste, lourdement, pour se justifier et, donc, contester toute la démarche de Un de nous. Car l’intention de ses initiateurs était bien de désavouer la pratique du financement par la Commission, d’une part des recherches détruisant l’embryon humain et d’autre part des programmes d’avortement dans les pays émergents.

En se prononçant au dernier jour de son mandat, et quelques jours après l’élection du nouveau Parlement européen, la Commission donne l’impression de faire un dernier pied de nez aux citoyens. Faut-il en conclure qu’il y aurait de « bonnes initiatives », dignes de l’Europe, et d’autres indignes d’être retenues ? La Commission est incontestablement juge et partie.

Mais où est la véritable vitalité démocratique ? Se lancer dans la collecte d’autant de signatures dans tous les pays de l’Union en saisissant le procédé neuf, relevait du défi. La technique de recueil et de validation des signatures n’avait pas encore été étudiée par les instances européennes, au point qu’il a fallu proroger le délai du recueil. Occasion pour les initiateurs de Un de nous de mettre en relation des associations de tous les pays, et à l’intérieur de chacun.

En France, ce sont les savoir-faire de la Fondation Jérôme Lejeune, des Associations familiales catholiques, du Comité protestant pour la dignité humaine et d’Alliance VITA qui ont été partagés. Et le Français Grégor Puppinck, le directeur de l’European Centre for Law and Justice (ECLJ), a été au cœur de la coordination européenne.

Malgré les apparences, derrière ce nouveau rejet s’ouvrent des perspectives prometteuses pour la cause de la vie : le succès d’une opération européenne de mobilisation de grande ampleur dénote la vitalité démocratique des associations de défense de la dignité humaine et leur unité. Dans l’élan de l’initiative, émerge une fédération des associations ayant travaillé ensemble pour Un de nous. Le refus de la Commission aura transformé l’initiative Un de nous en utopie mobilisatrice : ses initiateurs s’en servent déjà de tremplin.

Académie de médecine et Vincent Lambert

L’Académie nationale de médecine (ANM) a publié le 15 mai 2014 ses observations sur la prise en charge des patients en état pauci-relationnel, en réponse à la demande du Conseil d’État saisi de la situation de Vincent Lambert.

Suite au recours déposé par l’épouse de Vincent Lambert et le CHU de Reims, le Conseil d’Etat a en effet décidé le 14 février 2014 de demander plusieurs contributions avant de statuer sur la situation douloureuse et complexe de Vincent Lambert :

– une expertise médicale à réaliser par trois spécialistes en neurosciences : un pré-rapport a été diffusé le 5 mai dernier, sur lequel les avocats des différentes parties devaient émettre des avis avant le 16 mai ;

– des « observations écrites (…) sur les notions d’obstination déraisonnable et de maintien artificiel de la vie » de la part de l’Académie nationale de médecine, du  Comité Consultatif National d’Ethique, du Conseil national de l’Ordre des médecins et du député Jean Leonetti.

L’ANM est donc la première à exprimer des observations sur la situation des personnes dans un état comparable à celui de Vincent Lambert, mais sans prononcer de jugement sur son cas précis.

Concernant l’enjeu fondamental du rôle du médecin, l’ANM exprime sa position de principe avec fermeté : «L’arrêt de vie, en réponse à une demande volontaire à mourir alors que la vie en elle-même n’est ni irrémédiablement parvenue à son terme, ni immédiatement menacée ne peut être assimilée à un acte médical. Sans équivoque, quand bien même il s’agirait «seulement» d’une aide au suicide, il n’est pas dans la mission du médecin de provoquer délibérément la mort ».

L’ANM souligne également un risque réel et inquiétant  dans les débats actuels : ne considérer la dignité d’une personne qu’en fonction de sa capacité relationnelle : « Aucun médecin ne peut accepter que le droit de la personne (…) à l’alimentation, aux autres soins (kinésithérapie, prévention des escarres, hygiène) et mesures appropriées à la qualité de vie, soit subordonné à sa capacité relationnelle ».

L’ANM se refuse en outre à considérer que «les personnes qui n’ont pas retrouvé une capacité relationnelle, si minime soit-elle, (…) sont maintenues artificiellement en vie». Ils estiment donc que l’absence de communication avec une personne cérébro-lésée ne saurait justifier l’arrêt de son alimentation. Une des raisons avancées par les académiciens est qu’il est très difficile de distinguer entre état végétatif  chronique (EVC) et état de conscience minimal (ECM), dit communément état pauci-relationnel.

Une question prioritaire est enfin posée sur les structures d’accueil pour ces personnes : les problèmes « ont plus de risque de surgir (…) lorsque ces personnes demeurent dans des structures inadaptées à l’intensité des soins qu’ils requièrent, voire sont revenues en milieu familial. Une évaluation précise des services d’accueil des personnes cérébro-lésées (…) devrait permettre de répondre à la question : y a-t-il encore des personnes en E.V.C. ou E.C.M. dans des structures inadaptées, telles que les indiquait la circulaire de 2002 ? »

L’ANM prend ainsi à son compte la réflexion d’Emmanuel Hirsch, directeur de l’Espace éthique de l’Assistance publique-Hôpitaux de Paris : « L’approche des modalités d’accueil et de suivi des personnes cérébro-lésées n’y est à aucun moment conditionnée par une réflexion portant sur la fin de leur vie (…). Des professionnels compétents ont su développer une expertise indispensable dans un contexte douloureux, complexe et incertain qui sollicite une qualité d’attention et de retenue tant à l’égard de la personne en état de conscience minimal que de ses proches. L’existence de ces personnes se poursuit sans le recours aux moyens qui « apparaissent inutiles, disproportionnés ou n’ayant d’autre effet que le seul maintien artificiel de la vie » que réprouve la loi du 22 avril 2005 relative aux droits des malades et à la fin de vie ».

Le rapport de l’ANM constitue donc une contribution essentielle au débat. Les autres rapports sont attendus dans les semaines à venir, et le Conseil d’Etat aura ensuite à prendre une décision en principe définitive.

Le Figaro – Loi Famille : donnons la priorité à l'intérêt supérieur de l'enfant

FIGAROVOX/TRIBUNE- Un collectif d’associations dont La Manif pour Tous s’en prend aux dispositions de la loi famille et notamment au principe de la résidence alternée.


Anne-Claude Venot, Porte-parole des Adoptés pour l’Enfance; Tugdual Derville, Délégué général d’Alliance Vita; Jérôme Brunet, Porte-parole de L’Appel des professionnels de l’Enfance; Françoise Caron, Vice-présidente des Associations familiales protestantes; Kadhija Aït Amou, Porte-parole des Familles musulmanes de Gironde;Chantal Desmoulins, Présidente de la Fédération des Associations catholiques Val-de-Marne; Camel Bechikh, Président de Fils de France; Aude Mirkovic, Porte-parole des Juristes pour l’Enfance; Ludovine de La Rochère, Présidente de La Manif Pour Tous; Franck Meyer, Porte-parole des Maires pour l’Enfance; Marie-Laure des Brosses, Présidente du Mouvement mondial des mères-France.


Depuis quelques jours, le député Erwann Binet, s’exprimant comme co-auteur de la proposition de loi «relative à l’autorité parentale et à l’intérêt de l’enfant» (APIE), déclare à qui veut l’entendre que l’ensemble des associations familiales est d’accord sur ce texte.

Nous sommes un certain nombre de représentants d’associations à nous étonner de cette affirmation puisque, en réalité, nous avons fait part, notamment à Laurence Rossignol, secrétaire d’Etat à la famille, de réserves importantes sur ce texte.

Certes, il est indiqué dans l’exposé des motifs que «l’intérêt de l’enfant est la pierre angulaire» de cette proposition de loi, ce qui bien-sûr nous réjouit. Hélas, après cette encourageante introduction, la suite du texte est décevante: les mesures proposées sont, dans le meilleur des cas, inutiles et, pour les plus importantes, contraires à l’intérêt supérieur de l’enfant.

Le chapitre premier du texte, qui dit clarifier les règles applicables à l’exercice conjoint de l’autorité parentale pour assurer des relations équilibrées de l’enfant avec son père et sa mère, est en fait un patchwork de mesures ne faisant qu’exprimer ce que le droit positif dit déjà, même si c’est de façon implicite ou à travers la jurisprudence. Ces précisions inutiles sur l’exercice de l’autorité parentale et l’imposition de principes comme la résidence alternée semblent en fait répondre davantage à l’amour-propre des parents séparés qu’au besoin de stabilité et de sécurité des enfants. Ce texte apparaît en réalité comme une «législation de Salomon» tentant maladroitement de couper l’enfant en deux pour satisfaire toutes les parties, quitte à en faire un jeune SDF.

Le deuxième chapitre de la proposition de loi est autrement problématique. Il précise les droits et devoirs des tiers qui concourent à l’éducation de l’enfant, ceci étant prévu, d’après l’exposé des motifs, comme une «palette d’instruments souples, évolutifs et adaptables».

Tout d’abord, le fait de vivre avec un enfant et de contribuer à son éducation ne confère aucun droit sur lui! D’autre part, les droits dont il s’agit ne sont pas définis dans le temps si ce n’est par le fait qu’ils sont révocables à tout moment! Où est le bénéfice pour l’enfant?

Le «mandat d’éducation quotidienne» peut être confié au «concubin, partenaire ou conjoint avec lequel il réside de façon stable» et «permet d’accomplir les actes usuels de la vie quotidienne pour la durée de la vie commune». Que signifie ce «de façon stable» sans précision et surtout lorsque le «partenaire» est inclus?

Ce mandat est en outre inutile parce que, en l’état actuel du droit, le seul fait de confier son enfant à un tiers emporte l’autorisation tacite d’accomplir les actes usuels, c’est-à-dire les actes de la vie quotidienne évoqués par la proposition de loi.

Il est également problématique parce que le fait de dire qu’un des parents peut donner ce mandat à son conjoint, concubin ou partenaire semble exclure que, en l’absence de mandat, un tiers puisse accomplir ces actes de la vie quotidienne. Faudra-t-il désormais délivrer des mandats à tout l’entourage de l’enfant, du baby-sitter aux grands-parents en passant par la nounou?

Hélas, d’autres articles constituent des régressions importantes, en particulier l’article 11, qui supprime la priorité donnée jusque là à la famille lorsque la garde de l’enfant doit être confiée à un tiers par le juge. Cette seule mesure, conséquence du «mandat d’éducation quotidienne», révèle à elle seule la philosophie de cette proposition de loi. Quant à l’article 14, il renonce à justifier l’éventuel partage de l’autorité parentale par les besoins de l’enfant!

En réalité, le fond du problème dans ce texte, c’est la conception qu’il implique de la place et de la responsabilité du père et de la mère: ils sont relativisés. Et cela conduira l’enfant à se trouver entouré d’adultes ayant des droits divers sur lui, non justifiés par son intérêt supérieur. Ce dernier terme, d’ailleurs, n’est pas utilisé dans ce texte au contraire de tous les textes nationaux et internationaux dans ce domaine, textes dont la France est signataire. Or, à l’évidence, rien n’est anodin dans un texte législatif!

Les enjeux sont importants et chacun de nous doit en être conscient: comment l’enfant se retrouvera-t-il au sein de cette sorte de multi-parentalité ? Comment la vie familiale sera-t-elle possible dans un tel maelström juridique ? Peut-on réellement penser que l’existence commune en sera facilitée ?…

A moins que ce mandat ne soit en fait un moyen de reconnaître l’affection que le beau-parent et l’enfant peuvent avoir l’un pour l’autre dans certaines familles recomposées? Ou au contraire régler d’éventuelles difficultés entre le beau-parent et l’enfant? Mais non, ce n’est pas du ressort d’une loi, ni dans un cas, ni dans l’autre!

Au fond, le troisième chapitre, portant sur la médiation familiale, aurait suffi. Cette voie très intéressante de règlement des conflits familiaux mérite en effet un texte et une réflexion spécifique, afin que les aspects pratiques mais cruciaux, telle la formation des médiateurs puissent être repensés. En effet, notamment en raison du manque de formation des médiateurs, la médiation familiale peut devenir le lieu d’un chantage affectif, ou de la loi du plus fort ou du «meilleur» manipulateur.

Nous tous, représentants d’associations et mouvements divers, nous appelons les responsables politiques à se montrer enfin véritablement ambitieux. Cette proposition de loi APIE évoque, à juste titre en l’occurrence, «l’augmentation du nombre des divorces et des séparations». Nous savons le très lourd tribut que payent les enfants, les adultes et la collectivité dans son ensemble. Plutôt que d’en prendre acte pour en tirer des mesures inutiles ou nocives, il est grand temps de réfléchir à de véritables mesures d’aide comme à une politique de prévention des difficultés familiales: sensibilisation des jeunes à la responsabilité de parents, préparation au mariage civil, accompagnement des tous jeunes parents, maisons d’accueil des familles… autant d’idées et de pistes, pas forcément coûteuses d’ailleurs, qu’il faut promouvoir et mettre en œuvre urgemment, ou généraliser quand elles existent ici où là.

Donnons réellement la priorité à l’intérêt supérieur de l’enfant, si totalement dépendants de nous, adultes!

 

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Décodeur n°37 – «L’élection du Parlement européen, 25 mai 2014»

Décodeur n°37 – «L’élection du Parlement européen, 25 mai 2014»

Le décryptage d’Alliance VITA sur l’actualité politique : « L’élection du Parlement européen, 25 mai 2014 »

 

L’EVENEMENT

Le Parlement européen va être renouvelé au cours d’élections qui se dérouleront entre le 22 et le 25 mai 2014, en fonction des règles électorales nationales.

 

LE CHIFFRE

751 députés européens vont être élus pour 5 ans au suffrage universel direct, dans les 28 pays de l’Union Européenne rassemblant plus de 500 millions de citoyens.

Parmi eux, 74 députés représenteront la France, dans le cadre de 8 circonscriptions électorales constituées uniquement pour cette élection.

 

LES ENJEUX DE L’ELECTION

 

1)    Le Parlement européen en bref

Le Parlement européen, constitué à partir de 1957 de représentants des parlements nationaux, avait au départ un rôle purement consultatif. A partir de 1979, les députés européens ont été élus au suffrage universel direct, et leurs pouvoirs ont été progressivement accrus par les traités.

Aujourd’hui, le Parlement européen dispose de larges prérogatives. Il  partage avec le Conseil (représentant les chefs d’Etat ou de gouvernement) le pouvoir de « voter les lois », selon des procédures complexes. Il assure un contrôle croissant de l’action de la Commission européenne et va notamment élire, pour la première fois de son histoire, le Président de cet organisme (celui qui succèdera à M. Barroso).

Sur le site officiel du Gouvernement, des informations complémentaires présentent de façon pédagogique le rôle du Parlement européen, son fonctionnement et l’organisation du scrutin du 25 mai 2014. Le Parlement européen a également ouvert un espace spécifique sur son site internet, permettant d’avoir une vision plus globale pour l’ensemble des pays, notamment la prévision de répartition des sièges par groupe politique.

2)    Un paradoxe : beaucoup de listes, peu de participation

Dans les 8 circonscriptions de l’Hexagone, 24 listes ont été déposées en moyenne (31 en Ile-de-France). Cet engouement peut en partie s’expliquer par le mode de scrutin proportionnel, qui a tendance à susciter de nombreuses « candidatures de témoignage » pour défendre des convictions peu relayées par les grands partis. Ce large panel de choix possibles devrait en théorie multiplier les chances de trouver des candidats proches de ses convictions, et donc être incitatif pour aller voter.

Pourtant, déjà forte en 2009, l’abstention risque de battre un nouveau record : à peine 4 électeurs sur 10 se déclarent prêts à aller voter. Les causes en sont multiples : méconnaissance du rôle du député européen, circonscriptions électorales largement artificielles, beaucoup de candidats peu connus, sentiment historiquement élevé de déception à l’égard de l’Europe (45% des Français, contre seulement 18% exprimant de l’espoir), etc.

3)    Les « petites listes » pénalisées par le mode de scrutin

L’élection a lieu au scrutin de liste à la représentation proportionnelle, suivant la règle de la plus forte moyenne. Les sièges attribués à chaque circonscription sont répartis entre les listes y ayant obtenu au moins 5 % des suffrages exprimés. Cette règle peu connue va de facto éliminer une grande partie des petites listes pour la répartition des sièges.

En 2009, pour mémoire, les électeurs pouvaient voter pour 37 partis ou mouvements divers. Mais les sièges n’ont été répartis qu’entre 8 listes, avec une très forte concentration ; près de 90% des sièges ont été attribués à 4 partis principaux : UMP (29), PS (14), Europe Ecologie (14) et le MoDem (6).

 

LA POSITION DES PRINCIPALES LISTES SUR LES ENJEUX ETHIQUES

 

L’Union européenne a des compétences spécifiques et limitées, principalement économiques et sociales, qui lui ont été déléguées par les Etats-membres. Elle ne peut donc pas exercer son pouvoir dans tous les secteurs, même si, dans les faits, fonctionnaires et élus européens ont tendance à élargir leur domaine d’action.

Les programmes électoraux contiennent donc prioritairement des propositions dans les domaines économiques et sociaux : la croissance et l’emploi, la finance et l’euro, la concurrence et les politiques sectorielles, l’environnement et l’énergie, etc. Par extension, ils expriment des orientations dans d’autres domaines considérés comme prioritaires à l’heure actuelle : par exemple la politique migratoire, la lutte contre la pauvreté, les relations avec les pays en développement, l’éducation et la culture, la politique de santé publique, etc.

Les éléments qui suivent ne prétendent pas être exhaustifs, mais peuvent servir de points de repère sur les enjeux éthiques liés au respect de la vie et de la dignité humaines.

1)    Les partis institutionnels

 Sont mentionnés ici les partis qui ont déjà des élus au Parlement européen et qui présentent des candidats dans l’ensemble des circonscriptions. Ces partis sont classés par ordre alphabétique (le lien sur leur nom permet d’accéder à leur programme électoral).

  • Debout la République a résumé son programme synthétique en « 10 Orientations pour libérer les peuples et relancer l’espérance européenne ». La 9e consiste à « sanctuariser au niveau national la politique de la famille : pour préserver nos sociétés des dérives de la marchandisation du corps et de l’extension abusive de la procréation médicalement assistée (…), les questions familiales et éthiques devront demeurer du ressort strict et exclusif des démocraties nationales ».

 

  • Europe Ecologie a rédigé un document très dense, « Donnons vie à l’Europe », résumé en 20 propositions. Plusieurs contiennent des enjeux éthiques, dont la proposition 16 qui vise à protéger les droits et libertés : « En luttant contre toutes les formes de discrimination, qu’elles soient fondées sur le sexe (…), l’orientation sexuelle ou l’identité de genre. En garantissant l’égalité femme-homme, le droit à l’avortement et un accès libre et gratuit à la contraception (…) ».

 

  • Le Front de gauche, qui regroupe principalement le Parti communiste et le Parti de gauche, a prévu une plateforme électorale « Rompre et refonder l’Europe ». Pour lui,  l’Europe doit garantir « l’égalité entre les femmes et les hommes (…) et le droit fondamental des femmes à disposer de leur corps. Le droit européen doit garantir l’accès de toutes à l’IVG (…) et l’instauration de la clause de l’Européenne la plus favorisée ». 

 

 

  • Le Front National a construit un programme, « Non à Bruxelles, Oui à la France », entièrement centré sur les domaines de compétence de l’Union européenne et qui n’aborde donc pas des enjeux éthiques. Sa présidente a confirmé, de façon incidente dans la campagne électorale, son engagement de supprimer la loi Taubira sur le mariage de personnes de même sexe, sans rétroactivité.

 

  • Le Parti Socialiste a établi 50 propositions principales, consultables sur son site « Choisir notre Europe ». Les mesures suivantes sont recensées dans le thème « Démocratie et valeurs » : l’égalité entre les femmes et les hommes ; l’harmonisation des droits des femmes par le haut, avec « la clause de l’Européenne la plus favorisée » ; la protection contre les discriminations, notamment au titre de l’orientation sexuelle ; la garantie du droit à l’avortement dans toute l’Europe (un des dix engagements principaux figurant sur le tract de campagne).

 

  • L’UDI-MoDem a détaillé un programme de 65 mesures précises, « L’Europe notre force », couvrant l’ensemble des sujets d’intérêt commun pour les pays européens. Plus particulièrement, la mesure 47 vise à mieux lutter contre les trafics d’êtres humains, comme la prostitution ou la mendicité infantile ; la mesure 61 propose d’amplifier l’application de la Charte des Droits fondamentaux, pour mieux préserver « la dignité de la personne et le respect des libertés individuelles ».

 

  • L’UMP est exclusivement centrée, dans son projet « Pour la France, agir en Europe », sur les questions qui relèvent de la compétence de l’Union européenne. Elle considère qu’il est « indispensable de redéfinir la répartition des missions entre les Etats membres et l’Union européenne (…) » et en conclut que « l’Europe ne doit pas intervenir dans les politiques familiales et sur les questions de société ».

 

2) Dans le prolongement du mouvement social de 2013, un focus sur deux listes

Le vaste mouvement social de l’an dernier a conduit à des prises de conscience inédites sur les valeurs fondamentales à défendre en France et en Europe. De nombreux citoyens, souvent issus de la société civile, ont décidé de s’engager sur des listes qui veulent « faire de la politique autrement », souvent parce qu’ils n’ont « plus confiance dans les partis traditionnels ». Deux mouvements sont plus particulièrement actifs :

  • Force Vie a présenté une Charte « Jamais en Europe la vie n’a été aussi forte », avec des candidats dans les 8 circonscriptions françaises. Ses convictions sont d’abord « fondées sur la défense de la dignité de la personne humaine ». Dans sa mission, « Force Vie s’appuie sur une vision de l’Europe héritée des pères fondateurs : le projet d’une civilisation européenne, fondée sur la chrétienté, qui mette au centre la personne humaine (…) » et la famille comme « premier lieu de la transmission (…).

 

  • Nous Citoyens a rédigé un programme de 50 propositions « pour remettre l’Europe en marche », avec des candidats dans les 7 circonscriptions de la Métropole. La mesure 45 souligne « qu’il n’est pas de la responsabilité du Parlement européen de légiférer sur des questions sociétales : nous veillerons à ce que (…) ces questions soient traitées dans chaque pays, dans un climat apaisé ». La mesure 46 « invoque l’héritage culturel, religieux et humaniste de l’Union européenne », tel que prévu dans le préambule du traité de Lisbonne.

 

3)    Des initiatives citoyennes novatrices pour interpeller les candidats

Ces dernières semaines, plusieurs initiatives ont vu le jour pour inviter les candidats à se prononcer sur des valeurs éthiques liées à la bioéthique et à la promotion de la famille en général :

 

  • Le comité Un de Nous / One of Us a interpellé les candidats sur L’Europe, la protection de la vie et le respect de la dignité humaine. Cette initiative européenne a réuni l’année dernière près de 2 millions de signatures autour du respect de l’embryon humain, et est animée en France par Alliance VITA, la Fondation Jérôme Lejeune, les AFC et le Comité Protestant Evangélique pour la Dignité Humaine.

 

  • La Manif Pour Tous a conçu un questionnaire intitulé Europe For Family, centré sur les principes à promouvoir pour la famille et pour l’enfant.

 

  • Les Associations Familiales Catholiques en Europe (la FAFCE) a diffusé un Manifeste à faire signer, Vote For the Family.

 

 

La nouveauté vient aussi du caractère international de ces démarches, car elles s’adressent aux candidats de nombreux pays européens en même temps.

Action VITA « Parlons la mort »

Du 14 mai au 30 juin 2014, Alliance VITA conduit un projet national innovant sur l’ensemble de la France, « Parlons la mort, pour la vie », en allant à la rencontre du public.

Dans une société qui parle de moins en moins de la mort, Alliance VITA apporte aujourd’hui sa contribution pour mieux appréhender cette réalité qui nous concerne tous : ce que la mort nous apprend pour notre vie mérite d’être partagé.

Pour cela, VITA s’appuie sur son expérience d’écoute des personnes confrontées aux épreuves de la vie. Comment se déroule cette action ? Dans un esprit d’écoute et de bienveillance, les équipes VITA vont dans la rue à la rencontre du public pour recueillir, au fil des échanges, des témoignages personnels sur le thème : « Partagez ce que votre expérience de la mort d’un proche a éveillé ou touché dans votre vie ».

A l’issue de ces échanges et si elles le désirent, les personnes sont invitées à écrire sur un losange de papier un verbatim à propos de cette expérience, puis à se faire photographier en le montrant.

Comment suivre cette opération ? L’ensemble composera un grand album de photos-témoignages, largement accessible sur le Web par différents moyens :

Pour participer au projet, ou envoyer votre photo avec verbatim, ou poser une question sur le sujet, vous pouvez également envoyer un mail à contact@parlonslamort.fr >> Voir le tract de l’opération

PMA : refus d'adoption homosexuelle

Le TGI de Versailles a refusé dans un jugement du 29 avril 2014, pour un couple de femmes mariées, l’adoption d’un enfant par la conjointe de la mère biologique, au motif que celui-ci avait été conçu par PMA à l’étranger, pratique interdite en France.
L’enfant a été conçu par PMA en Belgique par l’une des femmes du couple, alors que la France autorise le recours à la procréation artificielle uniquement aux couples composés d’un homme et d’une femme confrontés à une stérilité médicalement reconnue.
Le tribunal a estimé «que le procédé qui consiste à bénéficier à l’étranger d’une assistance médicale à la procréation interdite en France, puis à demander l’adoption de l’enfant, conçu conformément à la loi étrangère mais en violation de la loi française, constitue une fraude à celle-ci et interdit donc l’adoption de l’enfant illégalement conçu. »
Dans sa décision du 17 mai 2013 sur la conformité de la loi Taubira à la Constitution, le Conseil constitutionnel a rappelé que la PMA n’est pas ouverte aux couples de femmes en France. Or, selon la jurisprudence de la Cour de cassation, les juges sont tenus de vérifier que la situation juridique qui leur est soumise « ne consacre pas une fraude à la loi ».
La loi Taubira du 17 mai 2013 a autorisé le mariage et l’adoption  par des couples de même sexe. Comme pour les couples composés d’un homme et d’une femme, l’adoption simple ou plénière n’intervient qu’après requête en adoption au Procureur de la République du TGI du lieu de résidence du couple, et intervient après un jugement du tribunal qui vérifie que les conditions requises par la loi sont bien remplies.
Quelques cas d’adoptions par des couples composés de personnes de même sexe ont été recensés depuis la nouvelle loi, avec des interprétations différentes suivant les tribunaux. Certains procureurs se sont déjà opposés à des adoptions ces derniers mois dans des cas similaires, notamment à Aix, Marseille ou Toulouse. Le tribunal n’a pas suivi cet avis, au moins à Toulouse. L’issue des autres dossiers n’est pas encore connue.
Alliance VITA souligne une fois de plus toute l’ambiguïté de la loi Taubira, qui a pu donner l’illusion qu’on pourrait valider des arrangements individuels de procréation en détournant l’esprit de l’adoption. Rappelons l’essentiel : la démarche d’adoption n’est pas faite pour « procurer » un enfant à un couple qui l’aurait conçu illégalement, mais pour donner une famille à un enfant déjà né et qui a subi un traumatisme important en étant privé accidentellement de son père et/ou de sa mère.

IVG : le Sénat supprime la détresse

Le Sénat a adopté en seconde lecture le projet de loi sur l’égalité femmes-hommes dans la nuit du jeudi 17 avril, tout en maintenant l’article supprimant la notion de détresse pour l’IVG.

Des sénateurs ont déposé un amendement demandant de revenir sur cette mesure controversée ; mais celui-ci a été rejeté.

Jusqu’à présent l’art 2212-1 du Code de la santé publique disposait que la femme enceinte que son état plaçait « dans une situation de détresse » pouvait demander à un médecin l’interruption de sa grossesse. Désormais, cette mesure précise que c’est possible pour toute femme ne souhaitant pas poursuivre une grossesse.

Alliance VITA rappelle qu’outre le changement symbolique que revêt la suppression du mot « détresse » de la loi pour un acte qui met en jeu le destin d’un être humain, l’information faite aux femmes confrontées à un dilemme souvent douloureux s’est dégradée. Elle appelle à une prise de conscience de ce qui constitue un véritable scandale sanitaire et social.

Alliance VITA dénonce un véritable abandon de la politique de prévention de l’IVG et une déresponsabilisation de la société, tout spécialement des hommes, ce qui est paradoxal dans un projet de loi qui entend traiter de l’égalité entre les femmes et les hommes.

Alliance VITA demande à nouveau solennellement que soit introduite dans la loi une mesure garantissant une information équilibrée sur les droits, aides et démarches pour les femmes enceintes, seules ou en couple, ainsi que le descriptif de leur protection sociale. Cela pourrait contribuer à résoudre un grand nombre de drames personnels, en présentant aux femmes des perspectives autres que l’avortement.

Pour en savoir plus sur les enjeux : Amendements IVG dans le projet de loi Egalité Femmes-Hommes : mesures inadaptées et malvenues

Voir aussi  IVG: VITA dénonce une grave régression pour les femmes

[CP] Lycée Gerson : Alliance VITA réagit à la polémique qui enfle et porte plainte pour diffamation

  • La loi : les textes législatifs et les rapports gouvernementaux.
  • La politique de prévention de l’IVG chez les adolescentes (qui a fait l’objet de plusieurs rapports ministériels et parlementaires).
  • Les chiffres officiels (INSEE).
  • Une analyse des pratiques de la société : Comment se pose la question de l’avortement aujourd’hui en France pour les femmes, à partir de l’analyse des rapports gouvernementaux, des sondages, et de l’expérience d’écoute de VITA.

Habituellement, ces interventions alternent plénière et ateliers, qui permettent aux jeunes de s’exprimer et de poser leurs questions.  L’avortement est un vrai sujet de société, qui les concerne et les intéresse. L’expérience d’écoute et d’accompagnement de VITA permet à tous ses intervenants de prendre la parole avec délicatesse et bienveillance, plus particulièrement en ce qui concerne l’IVG. 2.

Alliance VITA réagit aux mises en cause dont elle est l’objet dans le cadre de cette intervention à Gerson, qui s’est déroulée dans le cadre d’un cycle bioéthique, en présence de l’infirmière scolaire de l’établissement. Deux membres de l’association ont été accusées anonymement de propos outranciers qu’elles n’ont jamais tenus. Ces termes sont étrangers non seulement au vocabulaire de VITA mais aussi à son état d’esprit et à son approche des questions liées à la vie.

VITA dénonce donc fermement le mensonge, et le procédé lâche visant à salir son image et à jeter le discrédit sur son travail ; elle va porter plainte pour diffamation. Les accusations anonymes sont inquiétantes et inacceptables, et VITA souhaite que la lumière soit faite sur ces propos calomnieux.

RAPPEL : IDENTITE D’ALLIANCE VITA Alliance VITA est une association fondée en France fin 1993 au moment des premières lois bioéthiques. Elle agit selon deux axes : la sensibilisation du public et des décideurs à la protection de la vie humaine et l’aide aux personnes confrontées aux épreuves de la vie.

Alliance VITA est régulièrement auditionnée par les autorités publiques et au Parlement sur les questions bioéthiques et de fin de vie. L’association effectue un travail d’étude, d’échanges et de réflexion sur les questions inédites posées à la société par l’évolution de la science, des techniques et des modes de vie.

Son mode d’action et de réflexion se décline en diverses publications, articles, tribunes, conférences et débats, rencontres, témoignages, collaboration avec des experts scientifiques, médicaux, juridiques et des institutions sociales. Elle anime deux services d’écoute et d’aide, coordonnés par des professionnels, ces services sont animés par plusieurs dizaines de volontaires formés à l’écoute et supervisés : « SOS bébé » pour les questions liées au début de la vie : grossesses imprévues ou difficiles, deuils pré et postnataux, annonce de handicap, fausses-couches, IVG, IMG, infertilité ; « SOS fin de vie » pour les questions liées à la dépendance et à la mort : risque d’acharnement thérapeutique, d’euthanasie, d’épuisement des proches ou des soignants, deuil, suicide.

[CP] Alliance VITA : mise au point sur des interventions au Lycée Gerson

Alliance VITA souhaite réagir aux mises en cause dont elle est l’objet dans le cadre d’interventions au lycée Gerson. Deux membres de l’association ont été accusés anonymement de propos outranciers qu’elles n’ont jamais tenus.

VITA dénonce fermement le mensonge, la calomnie et le procédé lâche visant à salir son image et à jeter le discrédit sur son travail.

Alliance VITA a accepté l’invitation du Lycée Gerson pour intervenir auprès des élèves sur des thématiques liées à son activité et son expertise : bioéthique, PMA, GPA, personnes en difficultés dont celles confrontées à l’avortement.

Pour Henri Desoos, directeur des études d’Alliance VITA : « Alliance VITA est régulièrement invitée à prendre la parole sur ses sujets d’expertise depuis des années ; ces interventions suscitent toujours l’intérêt des jeunes et donnent lieu à des échanges ouverts et fructueux. Les personnes qui se sont exprimées à Gerson sont formées, responsables et respectueuses. Or, après l’intervention à Gerson, différents écrits, certains anonymes, ont circulé, prêtant aux deux intervenantes des propos outranciers qu’elles n’ont jamais tenus.

D’une part, les accusations anonymes sont inquiétantes et inacceptables, et VITA souhaite que la lumière soit faite sur ces propos calomnieux.

D’autre part, on dirait que certains souhaitent que le sujet de l’interruption volontaire de grossesse reste tabou. Pourtant, le sujet de l’avortement est un vrai sujet de société qui mérite d’être abordé auprès des jeunes. La prévention de l’IVG des mineures est une préoccupation nationale qui a donné lieu à plusieurs rapports ministériels et parlementaires ces dernières années. Alliance VITA aborde cette réalité sans stigmatiser personne, à partir de son expérience d’écoute et d’accompagnement des femmes et des couples. »

 

Communiqué de presse – Paris , le 14 avril 2014]]>

Avortement : la surenchère permanente

La future loi Santé a été votée le 14 avril à l’Assemblée nationale et ses 57 articles vont passer devant le Sénat. Mais bien peu ont relevé ce qui concerne l’avortement. Tugdual Derville, délégué général d’Alliance Vita, nous éclaire sur ce point.

Comment analysez-vous les dispositions de la loi Santé sur l’avortement ?

Tugdual Derville : D’une façon générale, le gouvernement a laissé la main libre aux parlementaires les plus idéologues de sa majorité, comme s’ils étaient abrités par le débat plus visible suscité par le tiers payant. Sous l’influence de Catherine Coutelle, présidente de la délégation de l’Assemblée nationale aux droits des femmes, le délai de réflexion d’une semaine prévu jusqu’ici avant de recourir à l’IVG a donc été supprimé.

La disposition a été officiellement votée contre l’avis du gouvernement, mais sans que Marisol Touraine ait vraiment résisté. L’exécutif soutenait en revanche d’autres dispositions votées : la possibilité d’une pratique de l’IVG instrumentale dans les centres de santé et l’accès sans condition à la prétendue « contraception d’urgence » pour les mineures. Rappelons qu’on occulte le caractère partiellement abortif de ces pilules du lendemain très répandues. Une mineure qui a besoin d’une signature parentale pour prendre un cachet d’aspirine peut donc obtenir un avortement précoce en tout anonymat. Pas facile dans ces conditions de demander aux parents d’exercer leur responsabilité ; et si leur fille décompense psychiquement, ils seront en première ligne, sans savoir la raison de sa détresse…

Quel est le mobile de telles évolutions ?

Toutes ces dispositions s’inscrivent dans l’obstination à « faciliter l’avortement » toujours davantage, en faisant peu à peu tomber toutes les limites, jusqu’à avoir même voté un amendement définissant pour les établissements de santé un « quota » d’IVG à réaliser dans l’année. Le Planning familial parvient à faire passer le même argument victimaire depuis plus de quarante ans, que démentent les statistiques : l’accès à l’IVG serait « un parcours du combattant pour les femmes ». Beaucoup seraient « encore condamnées à se rendre à l’étranger » ! Seul changement de cap : le Planning n’envisage plus que la contraception rende l’IVG « marginale » et refuse d’ailleurs désormais l’idée que le nombre d’avortements devrait baisser. Il affirme : « Les femmes avortent ; il ne faut pas en faire un drame. » Il faut dire que près de quatre Françaises sur dix en âge de procréer recourent au moins une fois à l’IVG…

La façon dont est considérée la loi dite Veil, tant dans les manuels d’histoire que par la classe politique, s’apparenterait presque à une entorse à la laïcité tant elle est sacralisée. C’est l’idole archétypale de notre démocratie qui l’encense comme un acte privé de salut public, étrange synthèse de la devise républicaine appliquée aux femmes. Mais le dispositif légal aujourd’hui en vigueur n’a plus grand-chose à voir avec celui qu’on promettait « équilibré » en 1975. Par glissements successifs, l’avortement est devenu la norme incontestable.

Que s’est-il passé pour les sages-femmes ?

Si le texte est voté en l’état, il entrera bientôt dans la profession des sages-femmes l’habilitation à délivrer les produits pour réaliser l’avortement médicamenteux. C’est un changement de paradigme car, jusqu’à aujourd’hui l’essence de ce métier est de prendre soin à la fois d’une femme enceinte et de son enfant jusqu’à sa naissance. Ces dernières années, le Conseil constitutionnel avait invalidé la même réforme votée par la majorité précédente, pour des raisons de forme.

Jusqu’où peut-on encore aller dans cette logique ?

C’est une politique des petits pas, qui va toujours aussi loin que possible, pour « avancer » sans braquer la société. La ministre de la Santé a avoué n’avoir renoncé à soutenir son option de rac-cour-cissement du délai légal à 48 heures que pour une raison alambiquée : ne pas donner l’impression de profiter de l’esprit du 11 Janvier pour faire passer des dispositions « difficiles à accepter pour certains » !

En ce qui concerne les aggravations encore envisageables, ce n’est pas à moi de donner de nouvelles idées au lobby libertaire. L’exemple de certaines législations encore plus transgressives que la nôtre (anglaise, américaine…) est pour lui une source suffisante d’inspiration. Ce qui est triste, c’est que cette soif libertaire est d’autant plus inextinguible qu’elle ne peut produire d’apaisement… Elle est donc vouée à l’échec. L’acte irrémédiable qui scelle le destin d’un être humain en provoquant sa mort prématurée aura beau être noyé sous toutes sortes de justifications, il ne sera jamais source de paix intérieure et de vraie liberté pour les femmes. La France ne se libérera d’un tel déni que par une prise de conscience…

Comment Alliance VITA peut-elle y contribuer ?

En libérant la parole des femmes, sans jamais les juger. Tout l’enjeu, pour nous qui avons déjà accompagné plus de dix mille femmes concernées par ce sujet de l’avortement, c’est que cette prise de conscience ne soit pas source de désespérance mais d’une vraie consolation.

Car ce qui nous préoccupe, c’est la fatalité qui pèse sur de nombreuses femmes qui se découvrent enceintes de façon imprévue. Et également sur beaucoup de celles qui ont déjà l’expérience de l’IVG. Les femmes enceintes nous disent de plus en plus : « J’ai honte de ne pas savoir ce que je dois décider ! » ; et beaucoup de celles qui ont vécu l’IVG nous confient : « J’ai honte de souffrir ! » C’est dire l’injonction d’aller bien qui pèse sur toutes. La société leur dit en substance  « Avorte et tais-toi ! »

En leur refusant le droit à l’hésitation, on nie la complexité des émotions liées à la grossesse ; on occulte l’ambivalence naturelle face aux bouleversements de l’existence qu’on sait pourtant reconnaître pour des actes bien plus anodins de la vie courante… Ultimement, en niant leur souffrance, on les condamne à souffrir en silence. C’est très violent. Pour paraître affranchies, les femmes doivent renoncer à leur identité, dans le domaine où elle est la plus spécifique : la maternité. Vous parlez d’une libération !

Qu’attendez-vous d’une alternance politique sur ce sujet ?

Du courage mais surtout de la lucidité politique… Il faut encore un certain courage pour prendre à contre-pied le lobby encore très médiatisé qui monopolise ce qu’il proclame être « la cause des femmes », et tétanise encore la classe dirigeante.

Mais il suffirait aux leaders politiques d’un zeste de lucidité pour comprendre qu’un autre discours politique est possible pour rejoindre les Français et plus encore les Françaises. Elles sont majoritaires — nous l’avons vérifié dans plusieurs sondages d’opinion — à attendre que les pouvoirs publics les aident à éviter l’IVG. Je l’ai dit à Nathalie Kosciusko-Morizet : son analyse sur ce sujet m’avait paru indigente, comme si, dans un pareil domaine, on devait faire coexister des convictions privées et publiques antinomiques. Comme si, par ailleurs, le débat sur l’avortement était l’apanage des religions. Aurait-on idée d’avancer la même chose sur la peine de mort ? Quel que soit l’avis que l’on peut avoir sur les intentions de Simone Veil, il faut avoir l’honnêteté de reconnaître que la brèche ouverte par sa loi s’est révélée incontrôlable : l’argument de l’exception pour détresse fut un leurre. Jusqu’à maintenant, les gouvernements de droite — je pense à Roselyne Bachelot lors du précédent quinquennat — se sont d’ailleurs largement inféodés à la doctrine du Planning familial, alors que ce dernier appelle systématiquement à voter pour la gauche…

Nous faisons avec Alliance VITA un important travail social d’aide aux femmes enceintes et à celles qui ont besoin d’écoute à cause d’un avortement qui les trouble. La diffusion de notre guide Je suis enceinte est une mission de service public que nous réalisons en lieu et place des gouvernements successifs qui ont abandonné cette mission.

Nous comptons bien convaincre les politiques de mettre enfin en œuvre une vraie politique de prévention de l’IVG. Cela passe à nouveau par une libération vis-à-vis des carcans de la pensée unique. Du côté du gouvernement actuel, on en est très loin. C’est plutôt la surenchère. La légalisation — heureusement controversée — des salles de consommation de drogue relève de la même logique libertaire…

Propos recueillis par Frédéric Aimard

Rapport Théry et loi Famille

Le rapport Théry intitulé « Filiation, origines et parentalité », commandé en octobre 2013 par la ministre Dominique Bertinotti afin d’élaborer une Loi Famille, lui a été remis le 10 février 2014, mais n’a été rendu public que le 9 avril dernier.

Le groupe de travail était composé d’une vingtaine d’experts : sociologues, juristes, psychanalystes, médecins de diverses spécialités, etc. Très homogènes dans leur vision de la société de demain, ces experts veulent désormais faire coexister à égalité de droits toute modalité de « faire famille » et toute forme de filiation. Le rapport se présente ainsi comme une vaste réflexion sur les mutations de la famille en France depuis plus de 50 ans, pour aboutir à une série de propositions qui bouleverseraient le droit actuel de la famille et de la filiation.

Le premier volume rassemble sur près de 200 pages une « réflexion prospective sur la filiation ». Le fil conducteur consiste à vouloir démontrer que l’axe du droit commun de la famille ne doit plus être le mariage mais la filiation. La réforme demandée doit aboutir à « faire coexister à égale dignité trois modalités d’établissement de la filiation : l’engendrement par procréation charnelle, l’adoption, l’engendrement avec tiers donneur. »

Le second volume, sur plus de 100 pages, vise à faire des propositions plus opérationnelles pour le projet de loi Famille. On y retrouve toutes les revendications des partisans du lobby LGBT, et en particulier :

–       Adoption possible pour tous les couples, mariés, pacsés ou concubins, de sexe différent et de même sexe ;

–       Ouverture de la PMA aux couples de femmes ;

–       Création d’une « déclaration commune anticipée de filiation », permettant sans doute d’obtenir les mêmes avantages que la présomption de paternité ;

–       Droit d’accès aux origines pour les enfants nés de PMA ou nés sous X ;

–       Ensemble de mesures à la carte pour les beaux-parents dans les familles recomposées : « mandat d’éducation quotidienne », « certificat de recomposition familiale », possibilité de léguer des biens à son bel-enfant avec la même fiscalité que pour un enfant ;

–       Transcription sur l’état civil français des enfants nés par GPA à l’étranger.

Que va devenir ce rapport ? Visiblement le long laps de temps pris à sa publication semble montrer une gêne du gouvernement face à une batterie de mesures si controversées.

Dans son discours de politique générale le 8 avril dernier, le Premier ministre Manuel Valls avait déclaré à propos des réformes sociétales : «Je souhaite l’apaisement, et c’est la volonté du Président de la République. (…) Je pense à la famille, sujet sur lequel nous devons continuer à légiférer dans le seul intérêt de l’enfant ». Le problème, et il est majeur, c’est de savoir ce que l’on entend par « intérêt de l’enfant »…

Une loi dans l’intérêt de l’enfant ?

Une proposition de loi « relative à l’autorité parentale et à l’intérêt de l’enfant » a été déposée à l’Assemblée nationale le 1er avril par des députés socialistes et écologistes. Elle devrait être examinée en Commission des lois à partir du 9 avril prochain.

L’initiative des députés avait été évoquée dès février dernier, quand le Gouvernement avait décidé de reporter l’examen de la loi Famille à début 2015. Elle vise à reprendre une partie des mesures étudiées, les autres concernant notamment l’adoption ou l’accès aux origines.

Pour les auteurs de la proposition de loi, il faut modifier la législation pour tenir compte des évolutions récentes des différentes formes de famille, liées à l’augmentation du nombre des divorces et des séparations : « D’après l’Insee, 1,5 million d’enfants, soit plus d’un enfant sur dix, vivent dans 720 000 familles recomposées. (…) 940 000 d’entre eux vivent avec un parent et un beau parent. »

L’exposé des motifs affirme ainsi d’emblée : « Le droit de la famille doit s’adapter à ces nouvelles configurations familiales, dans l’intérêt de l’enfant qui est la pierre angulaire de la présente proposition de loi. Celle-ci a pour ambition d’apporter des réponses pragmatiques et les outils juridiques pour garantir l’intérêt de l’enfant dans les situations du quotidien comme en cas d’accident de la vie. Elle réaffirme les repères. »

Les principales évolutions proposées sont les suivantes :

–        Diverses mesures visent à « renforcer l’exercice conjoint de l’autorité parentale en cas de séparation des parents, afin que l’enfant puisse conserver des relations équilibrées et régulières ». La résidence de l’enfant serait désormais par principe au domicile de chacun de ses parents, et non pas d’un seul. La notion de « droit de visite » de l’un des parents disparaîtrait en conséquence. La notion d’ « acte important » serait également précisée, et les sanctions contre le parent qui ne respecte pas les règles convenues seraient facilitées.

–        Sans vouloir instaurer au sens strict un « statut du beau-parent », la proposition de loi crée un « mandant d’éducation quotidienne » qui, quand les parents sont d’accord, permettrait à un beau-parent d’accomplir les actes usuels à l’égard de l’enfant. Ce document serait en réalité de portée toute symbolique, car cette faculté existe déjà dans les faits. Par ailleurs, le « partage de l’autorité parentale » serait facilité, tout en restant soumis à une convention homologuée par le juge.

–        Le recours à la médiation familiale, en cas de conflit entre les ex-époux ou parents, serait facilité et encouragé.

Ces propositions soulignent toute l’ambiguïté du statut du beau-parent. Pour tenter de sécuriser certaines situations, on envisage des solutions artificielles avec de multiples référents parentaux, concurrençant inéluctablement l’autorité des parents biologiques. On risque d’aboutir à faire peser sur les mineurs des modes d’organisation familiale ressentis comme à la fois intrusifs, arbitraires et confus.

La Justice enquête sur la GPA

Sur plainte de l’association Juristes pour l’Enfance, une enquête visant Extraordinary Conception, société américaine vendant des prestations de gestation pour autrui (GPA), vient d’être confiée à la Brigade de Répression de la Délinquance sur la Personne.

Cette enquête, ouverte le 12 mars dernier à Paris, fait suite à une plainte déposée en janvier 2014 par cette association face aux agissements illégaux d’une des entreprises américaines intervenant dans ce domaine sur le territoire français. Celle-ci mettait en relation des couples et des mères porteuses en vue d’une GPA.

Cette action juridique est une grande première en France où la GPA est strictement interdite. Le Code pénal (art. 227-12).dispose que « le fait, dans un but lucratif, de s’entremettre entre une personne désireuse d’adopter un enfant et un parent désireux d’abandonner son enfant né ou à naître est puni d’un an d’emprisonnement et de 15 000 € d’amende ».

A ce jour, d’après l’association, les enquêteurs disposent de preuves permettant d’établir les faits constitutifs de l’infraction : lieu et dates de réunions de démarchage, modalités contractuelles, catalogue de mères porteuses, tarifs, etc. Ce type de société ne se cache pas ; Extraordinary Conception dispose même d’un site Internet en français.

Ces derniers jours, le Défenseur des Droits a saisi la Ministre de la Justice pour s’inquiéter de ce phénomène en plein développement, et la Cour de cassation a, pour la troisième fois, invalidé la délivrance de la nationalité française à un enfant né à l’étranger d’une mère porteuse. « Le parquet réagit, le Défenseur des droits aussi, la Cour de cassation confirme sa jurisprudence… L’étau se resserre autour de ces sociétés ! », souligne Me Adeline Le Gouvello, à l’origine de la plainte déposée auprès du Parquet de Paris.

Décès du philosophe Jean-François Mattéi

Le philosophe Jean-François Mattéi s’est éteint le lundi 24 mars à Marseille à l’âge de 74 ans.

Il était un grand spécialiste de la philosophie grecque et de la philosophie politique. Né le 9 mars 1941 à Oran, en Algérie, il a enseigné la philosophie à Nice, à Sophia-Antipolis, pendant de nombreuses années et animait de multiples conférences et colloques.

Il a été élu également membre de l’Institut universitaire de France et a beaucoup œuvré au rayonnement de l’université de Nice. Il laisse derrière lui une œuvre abondante. Son prochain livre à paraître d’ici quelques mois portera sur le transhumanisme.

Alliance VITA rend hommage à ce grand philosophe humaniste pour son soutien au respect de la dignité humaine en toute circonstance. Il est notamment intervenu lors du tour de France organisé par VITA autour du thème de «  La tentation de l’euthanasie », en avril 2012, aux côtés du docteur Xavier Mirabel.

Tout récemment, il est aussi intervenu sur la question du transhumanisme lors des sessions de formation de « l’Université de la Vie » de VITA, à Nice, en février 2014.

Enquête sur les schémas familiaux

Une enquête a été réalisée par internet fin février 2014, à l’initiative du Journal des Femmes, pour interroger un panel de Français sur les différentes mesures faisant débat dans le cadre d’un éventuel projet de loi sur la famille.

Cette étude est basée sur un échantillon d’environ 2/3 de « familles traditionnelles » et 1/3 d’autres schémas familiaux (familles monoparentales, recomposées, homoparentales). Elle cherche  à mettre l’accent sur l’évolution des mentalités quant à la conception de la famille au sens « traditionnel » du terme. Si 7 personnes interrogées sur 10 pensent que «  les schémas familiaux doivent évoluer avec la société », le sociologue Christophe Giraud souligne cependant, dans son analyse du sondage, l’ambivalence de cette réponse : « Les Français sont d’accord pour que la société prennent en compte les différentes familles, mais en tant qu’individus, ils ne se sentent pas forcément concernés ».

En 2011, l’INSEE dénombrait 1,5 million d’enfants de moins de 18 ans (sur environ 13,5 millions) vivant dans 720 000 familles recomposées, dont 940 000 enfants avec un parent et un beau-parent. Dans ce contexte, 57% des personnes interrogées se prononcent en faveur d’un statut légal pour le beau-parent, sans que l’on sache précisément ce que contiendrait ce statut. Christophe Giraud  évoque principalement «  le droit de visite d’un beau-parent pour maintenir ce lien qui s’est créé avec l’enfant, même après que le lien conjugal s’est brisé ».

Concernant les personnes favorables à la Procréation Médicalement Assistée (PMA), 50%  sont « pour, mais uniquement pour les couples homme-femme », et 22% « pour, pour tout le monde, après examen du dossier par des spécialistes ». Seulement 22% le sont « pour tout le monde, y compris les couples homosexuels ». Cette répartition des choix possibles reste cependant assez confuse.

Sur la Gestation Pour Autrui (GPA), seulement 10% se déclarent « à 100% pour » et 46% « pour, mais à certaines conditions ». La principale raison de l’opposition à la GPA est que « le corps d’une femme n’est pas à louer ou à vendre ».

Pour les  enfants nés sous X, 55% estiment que l’enfant devrait connaître l’origine de ses parents et éventuellement ses antécédents médicaux. Ils sont 52% à penser que cet enfant puisse « accéder à son dossier et savoir qu’il a été adopté », et 40% qu’il devrait « pouvoir connaître ses parents surtout s’ils sont d’accord ». Christophe Giraud explique ces résultats par le fait que, pour les Français, « l’origine familiale est perçue comme une composante importante de l’individu. Pour autant, ils ne sont pas prêts à supprimer la possibilité pour une femme d’accoucher sous X, mais semblent favorables aux solutions médianes consistant à faciliter l’accès à une certaine information sur eux-mêmes ».

Ces réponses sont à mettre en perspective avec une autre enquête réalisée en 2011 par l’INSEE, selon laquelle 90% des Français estiment que « pour grandir en étant heureux, un enfant a besoin d’un foyer avec un père et une mère ».

IVG forcée en Espagne ?

La police aux frontières de Perpignan a interpellé, dans la nuit du 11 au 12 mars 2014, trois personnes soupçonnées de vouloir faire avorter contre son gré en Espagne une femme enceinte de plus de 5 mois.

Selon le Midi Libre, ce sont les sapeurs-pompiers de Grenoble qui ont été alertés peu avant minuit par la mère d’une jeune femme de 31 ans : celle-ci aurait été emmenée vers l’Espagne par son compagnon, ainsi que par le frère et la sœur de celui-ci, sans savoir le but du voyage. Elle aurait compris leurs motifs au cours du trajet. C’est alors qu’elle aurait prévenu ses proches en profitant d’un arrêt. Deux heures après l’alerte, la police aux frontières a intercepté les voitures juste avant la frontière, près de Perpignan. Les motifs de l’avortement ne sont pas connus.

Si cette affaire se confirme, elle révélerait que les filières d’avortements tardifs perdurent en Espagne, alors qu’elles avaient été fortement dénoncées en 2006 par la presse danoise à la suite d’un reportage dans une clinique espagnole : « Ce reportage, diffusé (…) par la 1ère chaîne de télévision danoise DR1, dénonce le fait que des médecins d’une clinique de Barcelone réalisent des interruptions de grossesse illégales jusqu’à la 32e semaine sur des femmes venues de toute l’Europe, notamment de France. Munie d’une caméra cachée, une journaliste de DR1, entamant son huitième mois de grossesse, avec un fœtus sain, s’est vu proposer pour 4.000 euros un avortement par un médecin espagnol, le Dr Carlos Morin, directeur de la Clinica M.C, à Barcelone » (AFP 30 septembre 2006).

Cet évènement intervient alors qu’en Espagne, le gouvernement a présenté un projet de loi le 20 décembre 2013, visant à revenir aux principes en vigueur entre 1985 et 2010, avec des conditions plus strictes : l’IVG serait possible soit « en raison du grave danger pour la vie ou la santé physique ou psychologique de la femme », soit si la grossesse est une « conséquence d’un délit contre la liberté ou l’intégrité sexuelle de la femme ». Un des objectifs affichés est de respecter la Convention de l’ONU relative aux droits des personnes handicapées du 13 décembre 2006, qui interdit les pratiques eugéniques.

Précieuse altérité ?

Précieuse altérité ?

Chers amis (1),

Avant d’entamer le vif du sujet, je voudrais partager avec vous une petite réflexion préalable. Dans cette salle de la Mutualité, j’ai senti comme une impatience à l’approche des échéances électorales : nous voulons que les choses changent, et vite. Cette impatience, je la partage… Mais je me soigne. Depuis dix-huit mois, chers amis, nous avons duré, confrontés à la loi Taubira et à ses suites. Ensemble, nous avons tenu sans rien lâcher sur le fond, et sans rien abandonner de notre ton. C’est-à-dire en gardant notre sang-froid. Et je veux rendre hommage à Ludovine, Albéric et à tous nos porte-paroles depuis le début. Alors que certains commençaient à nous traiter de « bisounours » en constatant que les bonnets rouges avaient obtenu le retrait de l’écotaxe par la destruction de ses portiques électroniques, c’est bien notre ténacité paisible, c’est-à-dire non-violente, qui a fait plier le gouvernement le 3 février 2014. Les grandes foules défilant pacifiquement à Paris et à Lyon le 2 février ont légitimé nos 18 mois de lutte. Ce résultat appelle bien sûr toute notre vigilance. Et surtout notre engagement durable. Mais pourquoi allons-nous durer des années ? Parce que nous sommes engagés dans une mutation culturelle à long terme : celle du retour au réel.

En effet – et j’en arrive au sujet de l’altérité – si nous sommes descendus si nombreux dans la rue à tant de reprises, c’est pour contrer un grave mensonge anthropologique, qui est devenu, par le vote de la loi Taubira, un mensonge d’Etat. Il s’agit de la prétendue interchangeabilité entre père et mère. Voilà qu’on impose à certains enfants, par la procédure de l’adoption plénière, deux mères ou deux pères. C’est-à-dire une filiation impensable. Priver délibérément certains enfants de la précieuse altérité sexuelle à la source de tout engendrement, c’est faire fi des données intangibles qui fondent l’écosystème dans lequel l’enfant trouve son origine : la famille, père-mère-enfant.

Même si nombre d’entre nous n’en ont pas bénéficié pour grandir, cet écosystème reste à l’origine de toute vie humaine. Faut-il rappeler la donnée naturelle de base qui fonde l’altérité du couple de parents : la « dissymétrie des corps sexués » selon l’expression de Sylvianne Agacinski ? Je n’insisterai donc pas sur ce qu’enseignent encore les manuels de SVT à propos de la procréation humaine. La différence des sexes est une des clés de la biodiversité. L’être humain, homme ou femme, est incapable de prétendre à lui tout seul incarner l’humanité, de se reproduire seul ou avec « le même »… Lionel Jospin le souligne quand il rappelle – pour récuser le mariage entre personnes de même sexe et l’adoption homosexuelle – que « l’humanité se compose d’hommes et de femmes et non pas d’homosexuels et d’hétérosexuels ».

Que pouvons-nous faire de cette réalité universelle ? Je vois deux possibilités.

  1. Nous pouvons la contester, comme une dure limite à dépasser, effacer, éradiquer grâce à un mélange de technique, de loi et d’idéologie. C’est alors la confusion des genres. Et je pense au premier accouchement « paternel » de mars 2013, en Allemagne. Il s’agissait d’une personne transsexuelle. Considérée comme un homme par l’état civil allemand, bien qu’elle ait conservé son utérus, c’est en tant que « père » légal que cette personne a accouché à Berlin d’un enfant, enfant dont elle n’a d’ailleurs pas voulu révéler le sexe pour qu’il le choisisse ultérieurement… Derrière la souffrance de la transsexualité, nous voyons la gravité de la transgression que constitue l’effacement de la complémentarité père – mère, ici par une fiction juridique.
  2. Nous pouvons au contraire consentir à cette interdépendance, pour en creuser le sens, voire nous en émerveiller. Il s’agit de reconnaitre aux parents des rôles distincts et complémentaires, en partant d’un constat : « Tous enfantés d’une femme ! » Ce constat induit des spécificités multiples, par articulation entre le biologique et le culturel, à partir de la fusion originelle mère/enfant, avec l’irruption du rôle spécifique du père, notamment pour ouvrir l’enfant sur le monde… Mais pour reconnaitre tout cela il faut admettre être inachevé, incomplet, incapable d’incarner à soi seul l’humanité ; j’ai besoin d’une femme pour devenir père, et réciproquement…

Comme vous tous certainement, j’ai beaucoup réfléchi depuis le début de notre mouvement à la spécificité de l’homme et à celle de la femme. Au moins, la loi Taubira nous en a-t-elle donné l’opportunité. Que signifie donc la virilité ? Que signifie la féminité ? Ce qui paraissait évident, être homme ou femme, nous devons désormais en rendre compte. Mais comment reconnaitre ce qui reste d’essentiel lorsque nous avons discerné et écarté les stéréotypes sexistes qui ont pu polluer notre conception de la complémentarité homme-femme ? Avouons qu’il n’est pas facile d’objectiver l’altérité sexuelle à la source de la famille. Comment expliquer l’altérité sexuelle, alors que c’est largement elle qui nous explique ?

Il est donc plus facile, dans un premier temps, de mesurer l’absurdité de son effacement.

  1. Nous pouvons d’abord constater que notre société souffre de deux maux familiaux qui, a contrario, attestent de la complémentarité hommes-femmes : l’errance des pères, dont beaucoup se retrouvent « satellisés », qu’ils en soient ou non responsables (je ne veux jeter la pierre à personne) et la solitude des mères qui, trop souvent, portent tout. Les spécialistes de l’enfance savent que les mères seules peinent à canaliser la violence naturelle des enfants ou des adolescents.
  2. Nous voyons bien que la situation la plus favorable pour l’enfant est d’être élevé par ses deux parents biologiques ; il ne s’agit aucunement de stigmatiser les familles dites monoparentales, mais de dénoncer les tentatives d’affirmer comme « équivalentes » ces situations accidentelles où l’enfant se retrouve privé de son père ou de sa mère. Ce sont des situations moins favorables à son épanouissement « toutes choses égales par ailleurs » (avec des conséquences douloureuses pour les enfants concernés). Les parents idéaux n’existent pas, mais renoncer à encourager l’organisation familiale qui est la plus favorable à l’enfant, c’est tirer la société vers le bas. C’est par ailleurs nier que certaines familles où manque l’altérité homme/femme ont besoin d’aides spécifiques…
  3. Nous pouvons aussi ajouter que nier l’altérité homme/femme, en décrétant père et mère interchangeables, c’est ipso facto remettre en cause le fait qu’il y ait deux parents et deux seulement… La porte est alors ouverte à la coparentalité, ou à la multi-parentalité, systèmes artificiels qui font injonction aux enfants de dépendre du bon vouloir d’adultes qui se les partagent. Pourquoi pas trois, quatre, six parents etc. au gré des recompositions et accidents de vie ?
  4. La Gestation par autrui (GPA) est l’exemple type de la multiplication des parents… Ce procédé organise l’éclatement de la maternité en deux voire trois fonctions (génitrice, gestatrice, éducatrice). Et s’il s’effectue “au profit” de deux hommes, ce procédé escamote une mère au moins, biologique et gestatrice, qui est pourtant bien réelle.
  5. Enfin, en marge d’un débat que nous avions eu à la radio, Françoise Milewski, responsables des études de genre à Sciences-po Paris, m’a livré deux indices de l’idéologie sous-jacente à son militantisme. Selon elle, l’oppression sexiste est par essence à sens unique, des hommes contre les femmes. Et jamais inversement… Or, j’ai été témoin (et je pense ne pas être le seul dans cette salle) d’oppressions endurées par des hommes de la part de femmes… Par ailleurs, l’ultra-féminisme (qui ne correspond pas à notre féminisme) de Madame Milewski suppose l’absolue maîtrise par la femme de la maternité, condition sine qua non de sa libération, ce qui nécessite de nier toute humanité de l’être humain non encore né.

A partir de ces indices, je crois qu’il faut reprendre conscience d’une réalité anthropologique aussi étrange qu’évidente : tout être humain, homme ou femme, séjourne longuement dans le corps d’UNE autre, avant de naître. Etre longuement habité par le corps d’un autre, c’est une expérience unique, réservée aux femmes. Engendrer un être qui ne nous habitera pas, qui nous sera étranger pendant des mois, c’est une autre expérience, unique également, réservée aux hommes.

De même que l’idéologie de l’indifférenciation passe par l’éradication de la maternité, jusque dans le vocabulaire (classes maternelles, langues maternelles, et pourquoi pas lait maternel…), il est utile de partir de la maternité pour prendre conscience de la spécificité de l’altérité sexuelle. Chacun se construit à partir d’une origine. L’origine du monde, pour chaque homo sapiens, c’est le corps d’une femme. Il n’y a pas de quoi s’en plaindre. Maternité physiologique mais aussi psychique, sociale, politique et spirituelle en découlent. Et pourquoi devrions-nous balayer l’apport des courants de pensées des sciences sociales qui ont contribué à découvrir la richesse des apports spécifiques du père et de la mère (je pense à la façon dont Freud nous a ouvert à leurs rôles distincts) ? Le docteur Rouyer nous a montré qu’on ne les escamote pas impunément. De même les incessants progrès de la biologie nous aideront à articuler nature et culture humaines : comme cette récente et surprenante découverte de la spécificité du lait maternel selon le sexe de l’enfant.

Ultimement, savez-vous que c’est la matrice artificielle qui se profile dans le prolongement de la loi Taubira, comme l’a parfaitement explicité Jacques Attali dans sa tribune de Slate.fr du mois de janvier 2013 ? Mécaniser la gestation pour aller « vers une humanité unisexe » (c’est le titre de cette tribune) n’est-ce pas jouer avec le feu ? C’est comme tester le feu nucléaire contre l’homme.

Bien loin de corroborer le fantasme de l’indifférenciation homme-femme, les services d’écoute d’Alliance VITA constatent chaque jour leurs différences. Nous aidons les couples à comprendre et accueillir ces différences, notamment dans les appréhensions réciproques de la paternité et de la maternité. En effet, la magnifique différence psychologique entre hommes et femmes creuse régulièrement entre eux un abîme d’incompréhension.

Gertrud von Le Fort, dans son livre La Femme éternelle, ose méditer sur les deux destins distincts, quoique d’égale dignité, de la femme et de l’homme. Pour elle, la femme tend à s’offrir, à se donner dans la transmission, quitte à s’effacer. Elle privilégie le temps… C’est une passeuse de vie, et de culture. L’homme, quant à lui, a tendance à se consumer dans sa “mission”, à vivre dans l’instant présent, quitte à se mettre en avant exagérément. Attribuer aux femmes une propension à la générosité, déduite de l’expérience maternelle, hérisse le poil des ultra-féministes. Serait-il indécent de rendre hommage, en ce 8 mars, au cadeau de la vie que nous ont fait les femmes ? Et s’il y avait deux générosités réciproquement fécondes ? L’une masculine, l’autre féminine. Avec, pour chacune le revers de la médaille. L’homme risque de se défigurer en tombant dans un nombrilisme narcissique ; la femme peut la perdre en sombrant dans une dérive sacrificielle. L’un et l’autre ont besoin de l’autre sexe pour découvrir leur identité spécifique.

Et l’enfant dans tout ça ? Il a besoin des deux. Et le sait parfaitement. L’an dernier, nous avons organisé des « groupes quali » pour mieux comprendre l’appréhension que les jeunes avaient de la différence sexuelle. Ils furent composés de jeunes de 17 à 24 ans issus de toutes les configurations familiales. Ce qui m’a le plus frappé fut d’entendre ces jeunes, interviewés de façon neutre, qualifier les mots « mère » et « père » (même quand ils n’avaient pas connu les leurs) de façon complètement complémentaire. Autrement dit, les champs lexicaux de la paternité et de la maternité sont extraordinairement typiques et différents. Tous nés d’un père et d’une mère : faut-il être coupé du réel, voire du bon sens, pour avoir à démontrer désormais que l’enfant a besoin de leur complémentarité ! Elle est simplement précieuse. Non pas sur le mode de la guerre des sexes, mais de leur harmonie, et – osons un gros mot – de leur amour.

(1)Texte complet à partir duquel Tugdual Derville est intervenu le 8 mars 2014, à la Mutualité à Paris, dans le cadre des conclusions du Grenelle de la Famille

Grenelle Famille : 38 propositions

Dans la prolongation du mouvement social qui s’est levé en 2013 pour s’opposer à la loi Taubira, la Manif pour Tous a entamé une phase de propositions en présentant le 8 mars 2014 un « Manifeste pour la famille et l’enfant ». Ce document est le fruit d’un large travail de concertation conduit ces derniers mois, pour permettre un meilleur épanouissement des enfants et des familles dans la société actuelle.

Ces 38 propositions sont les conclusions du Grenelle de la Famille, une consultation inédite conduite dans toute la France, rassemblant  5000 Français qui ont participé activement à 100 réunions publiques.

L’enfant qui « a le droit d’être élevé par son père et sa mère » et l’État qui «ne peut en aucun cas priver délibérément un enfant de ce droit », sont au cœur de cette réflexion. « L’enfant n’étant la propriété de personne, il ne peut faire l’objet d’aucun commerce ni d’aucun don, ni avant, ni après sa conception » : ce rappel est la base de trois propositions concrètes pour que les enfants ne soient pas privés de père par PMA, ou ne soient pas l’objet d’un contrat avec une mère porteuse (GPA).

Tenant compte des réalités humaines, parmi lesquelles l’altérité sexuelle Homme-Femme, la filiation père-mère-enfant et l’éducation des enfants, les responsables* de La Manif pour Tous ont souligné que « ces principes doivent inciter l’État à constituer l’environnement légal et administratif qui permettra le meilleur épanouissement de la famille et des enfants sans oublier la prise en compte, aux niveaux social et humain, des familles séparées et/ou recomposées ainsi que les enfants privés d’un environnement familial stable. »

Tous les défis actuels de la famille sont abordés : couple, filiation, éducation, solidarités intergénérationnelles, fiscalité, logement… Tournées vers l’avenir, ces propositions entendent former la base d’une politique familiale stable pour faciliter la vie des familles ; elles doivent évoluer dans les prochaines semaines en proposition de loi.

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*Ludovine de la Rochère, présidente de La Manif pour Tous, a présenté ces propositions à la presse, en présence notamment de Tugdual Derville, délégué général d’Alliance VITA et porte-parole de La Manif pour Tous, qui a mis l’accent sur l’altérité sexuelle.

[CP] François-Xavier Pérès, nouveau président d’Alliance VITA

[CP] François-Xavier Pérès, nouveau président d’Alliance VITA

Le Conseil d’Alliance VITA a élu dimanche 23 février 2014 un nouveau président, François-Xavier Pérès, jusqu’à présent délégué départemental de l’association en Loire-Atlantique. Il succède au docteur Xavier Mirabel, cancérologue, président de VITA depuis 2003. Le Conseil VITA compte quatre-vingt-dix membres ; il est composé des délégués départementaux, des responsables régionaux et des experts de VITA.

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François-Xavier Pérès, 33 ans, a rejoint l’équipe VITA de Montauban (82) en 2010. En 2012, il accepte la responsabilité de délégué de Loire-Atlantique, à l’occasion d’une mutation dans ce département. Marié, père de 3 enfants, il exerce son activité professionnelle de ressources humaines dans le domaine de la construction.

« C’est en tant que simple citoyen et aussi que père de famille que j’ai choisi de m’engager au sein de VITA. Confronté à un deuil familial, j’avais pris conscience des failles de notre société sur cette réalité, et de « l’urgence humanitaire » d’y apporter des réponses justes. En découvrant Alliance VITA, j’ai apprécié son approche et sa délicatesse pour évoquer les questions bioéthiques et les problèmes liés à la maternité, à la paternité, à la fin de vie. C’est alors que je me suis engagé dans VITA, en suivant ma femme, Tiphaine, qui avait lancé la première équipe du Tarn-et-Garonne en 2010. Notre monde souffre d’une approche trop technique de la naissance et de la mort, comme si l’on avait perdu de vue la personne et sa fragilité. Les services d’aide et d’écoute de VITA lui confèrent un ancrage « dans la vraie vie », lui donnant aussi l’occasion d’intervenir auprès des décideurs, des parlementaires. Je crois profondément à ce mode d’engagement, car je pense qu’il est toujours temps de proposer des voies plus respectueuses des personnes, plus proches de ce qu’elles vivent et de ce à quoi elles aspirent. Je me sens profondément concerné par la vie publique et l’impact qu’elle peut avoir sur le destin et le bonheur des personnes. Nous savons pouvoir compter sur Xavier Mirabel : il nous a donné pendant 11 ans un exemple d’engagement plénier ; il continuera d’apporter à notre mouvement ses magnifiques talents. Sous son impulsion, et en étroite harmonie avec Tugdual Derville, délégué général d’Alliance VITA, l’association s’est considérablement développée, aussi bien dans les départements, en Europe, sur Internet qu’auprès des étudiants. »

Alliance VITA est une association fondée en France fin 1993 au moment des premières lois de bioéthique, engagée pour le respect de la vie et de la dignité humaine. Elle agit selon deux axes : l’aide aux personnes confrontées aux épreuves du début et de la fin de vie ; la sensibilisation du public et des décideurs à la protection de la vie humaine. Elle est actuellement présente dans toute la France.

 

Crédit photo : ©frsalefran

Vincent Lambert, une expertise demandée par le Conseil d’Etat

Le Conseil d’Etat a ordonné le 14 février 2014 qu’un collège de trois médecins spécialistes des neurosciences réalise dans un délai de deux mois une expertise sur la situation de M. Vincent Lambert, afin d’avoir un bilan complet et à jour de son état de santé.

Le Conseil d’État a également invité l’Académie nationale de médecine, le Comité consultatif national d’éthique, le Conseil national de l’ordre des médecins ainsi que M. Jean Leonetti à présenter des observations écrites.

Cette décision est conforme à ce que le rapporteur public avait proposé la veille, lors de l’audience publique.

Voir ci-dessous le compte rendu de cette audience et l’analyse réalisés hier :

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Le 13 février 2014

Il n’y a pas d’urgence, il faut une nouvelle expertise avant de décider de la vie ou de la mort de Vincent Lambert. Telle est en résumé la position, exprimée ce 13 février 2014, par le rapporteur public lors d’une audience solennelle du Conseil d’Etat. Ce magistrat est chargé d’éclairer les 17 juges du Conseil d’Etat qui vont prendre demain une décision très attendue : ils doivent statuer sur l’appel formé contre la décision du tribunal administratif de Châlons-en-Champagne prise le 16 janvier dernier, ce dernier ayant suspendu la décision d’arrêt d’alimentation et d’hydratation que le CHU de Reims voulait mettre en œuvre pour mettre fin à la vie de Vincent Lambert.

La plus haute autorité administrative de notre pays est confrontée à une situation sans précédent, douloureuse  et extrêmement complexe. Vincent Lambert est en état pauci-relationnel depuis plusieurs années, il n’est donc pas en fin de vie. Il est gravement handicapé, il ne peut pas s’exprimer, on ne peut savoir ce qu’il souhaite vraiment, sa famille est divisée, et les médecins ne sont pas tous d’accord sur la décision à prendre.

Le rapporteur public s’est longuement interrogé sur la question centrale : en continuant d’alimenter et d’hydrater Vincent Lambert, s’agit-il d’une obstination déraisonnable ? Devant la difficulté de se forger une conviction ferme, notamment sur la capacité de ce patient d’établir un lien relationnel avec son entourage, il en a conclu qu’une nouvelle expertise était nécessaire pour permettre au Conseil d’Etat de prendre la meilleure décision.

Une première expertise avait été réalisé par le CHU de Liège en août 2011, concluant à un état de conscience « minimale plus », impliquant « la persistance d’une perception émotionnelle et l’existence de possibles réactions à son environnement ».

L’avocat représentant  l’Union nationale des associations de familles de traumatisés crâniens, qui fédère 53 associations locales, a souligné qu’environ 1700 personnes étaient en France dans un état comparable à celui de Vincent Lambert (en état végétatif chronique ou pauci-relationnel). Il a affirmé avec émotion que leurs familles sont angoissées dans l’attente du jugement du Conseil d’Etat, car elles considèrent que donner à manger est un soin élémentaire qui n’a rien d’artificiel. Dans les 91 établissements où ces patients sont pris en charge au quotidien, refuser d’alimenter et d’hydrater serait considéré comme une forme de maltraitance, un acte inhumain conduisant à une euthanasie interdite par la loi, comme l’explique un communiqué publié par cette association le 10 février dernier. Une autre association parallèle, qui regroupe des professionnels en charge de ces patients, France Traumatisme crânien, a pris des positions similaires.

Pour sa part, le docteur Xavier Mirabel, président d’Alliance VITA,  met en garde contre les dangereuses simplifications faites autour de la situation de Vincent Lambert.

Euthanasie, directives anticipées, sédation : synthèse et analyse de VITA sur ces questions

Euthanasie, directives anticipées, sédation : synthèse et analyse de VITA sur ces questions

Euthanasie, directives anticipées, sédation : synthèse et analyse de VITA sur ces questions

 

A l’occasion de l’examen le 13 février 2014 de la PPL n° 182 relative au choix libre et éclairé d’une assistance médicalisée pour une fin de vie digne, Alliance VITA souhaite apporter une analyse de ce texte.

Cette proposition de loi part du postulat que si la loi n° 2005-370 du 22 avril 2005 relative aux droits des malades et à la fin de vie a répondu à beaucoup d’interrogations et a permis d’indéniables avancées, elle serait mal appliquée par les professionnels. De plus elle ne suffirait pas à répondre à de nombreuses situations et il conviendrait de légaliser l’euthanasie, y compris lorsque le pronostic de fin de vie des patients n’est pas prévu à brève échéance.

 

  • Le 5 février 2014, à l’occasion de la journée nationale de prévention du suicide, il a été rappelé que 27 personnes se donnent volontairement la mort chaque jour, faisant du suicide la 8ème cause de mortalité en France. La société tout entière est mobilisée contre le suicide et y consacre d’importants moyens financiers et humains. Légaliser le suicide assisté ou l’euthanasie sous une forme ou une autre, serait donc en complète contradiction avec les politiques que notre pays déploie depuis de longues années, au nom du respect de la dignité humaine et de la solidarité avec les personnes  très fragilisées.

Cela constituerait aussi un contre-sens majeur pour tous ceux qui se dévouent à longueur d’année au service des personnes tentées par le suicide, depuis les jeunes adolescents jusqu’aux personnes âgées.

  • En votant la loi fin de vie en 2005, la France a choisi d’écarter à la fois l’acharnement thérapeutique et l’euthanasie, et de s’orienter vers la poursuite du développement des soins palliatifs. Rares sont les pays qui ont aujourd’hui légalisé l’euthanasie ou le suicide assisté.

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A titre d’exemple, la Belgique connaît de multiples dérives, constatées tant par le Comité Consultatif  National d’Ethique (dans son avis n°121 du 1er juillet 2013 sur la fin de vie) que par de nombreux organismes privés :

  • euthanasies médiatisées qui correspondent en fait à des suicides assistés ;
  • persistance d’euthanasies clandestines : jusqu’à 42% en Wallonie, selon une étude de 2012 réalisée auprès de médecins belges) ;
  • inefficacité et manque d’impartialité de la Commission fédérale de contrôle : depuis 2002, aucune euthanasie n’a fait l’objet de contestation auprès de la justice ;
  • extension de l’euthanasie aux mineurs, sans limite d’âge : la loi sera vraisemblablement votée le 13 février 2014 à la Chambre.

 

De quoi parle-t-on ?

 

– L’acharnement thérapeutique consiste à administrer à un patient des traitements devenus inutiles ou disproportionnés.

– L’euthanasie consiste à provoquer intentionnellement la mort quel que soit le moyen utilisé: injection létale ou abstention délibérée de traitements indispensables à la vie. Pour le suicide assisté, l’intention est la même – provoquer la mort- mais c’est la personne elle-même qui accomplit le geste.

– Les soins palliatifs sont des soins actifs délivrés dans une approche globale de la personne atteinte d’une maladie grave, évolutive ou terminale, visant à soulager les douleurs physiques et les autres symptômes, mais aussi à prendre en compte la souffrance psychologique et sociale du patient et de ses proches.

Trop de Français croient encore que l’unique façon d’échapper à l’acharnement thérapeutique serait de pratiquer l’euthanasie.

Beaucoup ignorent la réalité des soins palliatifs qui permet d’éviter ces deux excès. Acharnement thérapeutique et euthanasie sont en effet des réponses qui, l’une et l’autre, portent atteinte au respect dû aux personnes malades ou en fin de vie.

Certains imaginent qu’on pourrait légaliser une euthanasie d’exception, « solidement encadrée ». C’est une illusion comme le révèle, avec quelques années de recul, ce qui se passe dans les rares pays étrangers qui l’ont mise en œuvre.

 

I – Les exemples étrangers montrent que la légalisation de l’euthanasie constitue une triple menace.

 

1)      L’euthanasie brise la confiance entre soignants et soignés

Légaliser l’euthanasie instille un climat d’insécurité et de méfiance entre les personnels de santé, ceux qu’ils soignent et leurs proches. Supprimer l’interdit de tuer, c’est porter profondément atteinte à notre système de santé fondé sur la relation de confiance entre soignants et soignés. Cette confiance permet, sans suspicion, d’administrer les soins antidouleurs, de limiter ou d’arrêter des traitements disproportionnés ou inutiles.

Elle permet d’engager sereinement l’accompagnement médical, social et psychologique adapté à chaque personne dépendante ou malade, jusqu’au terme naturel de sa vie. C’est ce qu’offrent les soins palliatifs.

 

2)      L’euthanasie pousse à l’exclusion des personnes les plus vulnérables

La légalisation de l’euthanasie a un impact social majeur, dépréciant l’image que les personnes fragiles et dépendantes ont d’elles-mêmes. Proposer l’euthanasie, en réponse à une grande souffrance physique ou psychique, incite les personnes malades à ne voir que la mort comme issue possible à leur épreuve. C’est oublier que les personnes en fin de vie peuvent être sujettes à un sentiment d’abandon lié à la défaillance de leur entourage ou à un état dépressif et que leur besoin prioritaire est l’accompagnement et l’attention. C’est dans ces moments que la solidarité sociale doit s’incarner.

La demande de mourir d’un malade, qui reste en réalité exceptionnelle, implique la société tout entière par la notion de dignité qu’elle renvoie : mourir dans la dignité signifie exactement le contraire de l’euthanasie et du suicide assisté. En provoquant la mort, la société cautionnerait l’idée qu’une personne a perdu sa dignité. Les autres patients dans le même état seraient-ils devenus indignes de vivre ?

 

3)      L’euthanasie n’est pas compatible avec le développement des soins palliatifs

 Notre société reconnaît le droit d’accéder aux soins palliatifs et de refuser l’acharnement thérapeutique (loi relative aux droits des malades de 2002 et loi relative à la fin de vie de 2005). Toute personne en fin de vie a donc le droit de bénéficier de soins « proportionnés ».

Les soins palliatifs permettent aujourd’hui de répondre à toutes les situations, y compris les plus douloureuses, et aux souffrances extrêmes des grands malades. Au contraire, l’euthanasie est une réponse brutale, en contradiction avec les immenses progrès accomplis pour améliorer la prise en charge de la fin de vie. La Société française d’accompagnement et de soins palliatifs (SFAP) exprime clairement l’incompatibilité entre ces soins et la pratique de l’euthanasie.

Le Conseil de l’Europe appelle les pays européens à développer leurs structures de soins palliatifs et à réfléchir sur l’élargissement de ce concept aux maladies chroniques non mortelles, souhaitant faire des soins palliatifs « un pilier essentiel du droit des patients ».

Avec un budget de 230 millions €, le plan de développement des soins palliatifs 2008-2012 prévoyait un doublement du nombre de patients pris en charge (passer de 100 000 à 200 000 personnes), et le renforcement de la formation des soignants pour mieux diffuser la culture palliative dans notre pays.

 

II – Autres questions soulevées par cette proposition de loi

 

1)      Les directives anticipées

 

a. Définition des directives anticipées

 

Article L. 1111-11 du code de la santé publique. « Toute personne majeure peut rédiger des directives anticipées pour le cas où elle serait un jour hors d’état d’exprimer sa volonté. Ces directives anticipées indiquent les souhaits de la personne relatifs à sa fin de vie concernant les conditions de la limitation ou l’arrêt de traitement. Elles sont révocables à tout moment. A condition qu’elles aient été établies moins de trois ans avant l’état d’inconscience de la personne, le médecin en tient compte pour toute décision d’investigation, d’intervention ou de traitement la concernant. »

 

b. Un très faible nombre de directives anticipées

 

Le rapport Sicard souligne que « les directives anticipées n’ont été rédigées que par un nombre infime de personnes en fin de vie » en se référant à l’étude de l’INED publiée en 2012 qui révèle que « seules 2,5% des personnes décédées en avaient rédigé ». Les raisons repérées par la mission Sicard sont diverses, allant du manque total de publicité à la volonté de certaines personnes de ne pas s’en saisir.

C’est ce que révèle une étude conduite à l’hôpital Cochin publiée en 2011 concernant des personnes âgées de plus de 75 ans : « 83% des personnes ne voulaient pas s’en saisir, 42% parce que c’était trop tôt, trop compliqué, ou déjà confié aux proches (en situation réelle leurs directives anticipées seraient différentes), 36% car ils percevaient les directives anticipées comme inutiles voire dangereuses, et 22% refusaient d’anticiper ou de parler de ce sujet. »

A noter que dans un certain nombre de cas, ces directives sont l’aboutissement d’une démarche militante qu’il convient d’interroger pour que ces dispositions ne s’inscrivent pas dans une rupture de confiance entre soignants et soignés mais, au contraire, soient un instrument pour renforcer cette confiance.

Le rapport relève : « En revanche, il semble évident que ces directives apparaissent comme essentielles quand, dans une famille, une personne est touchée par une maladie particulièrement grave et que l’entourage découvre alors la non prise en compte de ces directives. »

 

c. La complexité de l’établissement de directives anticipées

 

L’article L.1111-4 du code de la santé publique explicite le sens de la relation de soins : « Toute personne prend avec le professionnel de santé et compte tenu des informations et des préconisations qu’il lui fournit, les décisions concernant sa santé ».

Le rapport Sicard décrit avec pertinence la complexité des directives anticipées, tout en cherchant à concilier le respect de la volonté des patients : « la question reste toujours plus complexe qu’elle ne le semble. Souvent, quelques malades souhaitent, à juste titre, au moment même de l’accident ou au cours d’une maladie grave, que leurs directives anticipées soient oubliées ou méconnues. En effet, des sursauts de volonté de vivre peuvent toujours se substituer à un renoncement anticipé.

De la même façon, les médecins souhaitent garder la liberté de leur jugement et il est vrai que dans certains cas rares, un traitement simple peut venir à bout rapidement d’une situation jugée particulièrement désespérée par le malade lui-même. »

Les auteurs du rapport aboutissent à cette conclusion : « Les directives anticipées ne résolvent donc pas la maitrise du choix, elles en sont un élément important et il semblerait nécessaire de leur conférer un pouvoir contraignant plus fort et facilement disponible. »

Dans cette perspective, ils préconisent la possibilité d’élaborer un document plus précis et plus contraignant dans certaines situations : « En cas de maladie grave diagnostiquée, ou en cas d’intervention chirurgicale pouvant comporter un risque majeur, un autre document de volontés concernant spécifiquement les traitements de fin de vie, devrait être proposé en sus du premier, notamment dans le cadre d’un dialogue avec l’équipe médicale et soignante. »

C’est cette capacité de dialogue qui pourrait être plus clairement instituée, alliant la mission des soignants (qui ne sont pas des simples prestataires de service mais dont la mission est orientée vers le soin et le soulagement des patients) et la capacité des personnes à maîtriser leur vie.

 

2)      La sédation

 

  1. a.      Définition de la sédation

 

La sédation consiste en « la recherche, par des moyens médicamenteux, d’une diminution de la vigilance pouvant aller jusqu’à la perte de conscience, dans le but de diminuer ou de faire disparaître la perception d’une situation vécue comme insupportable par le patient, alors que tous les moyens disponibles et adaptés à cette situation ont pu lui être proposés et mis en oeuvre sans permettre d’obtenir le soulagement escompté par le patient ».

La sédation peut être appliquée de façon intermittente, transitoire ou continue.

Comme pour tout traitement, la loi actuelle précise que le consentement et/ou les directives anticipées du patient doivent être recherchés ou, s’il est hors d’état de s’exprimer, que la personne de confiance ou à défaut les proches doivent être consultés.

 

b. Des situations exceptionnelles

 

«Les situations dans lesquelles la question d’une sédation se pose sont exceptionnelles, singulières et complexes. Elles sont d’autant plus rares que l’évaluation et le traitement des symptômes ont été mis en place de façon rigoureuse et précoce. Dans la pratique, deux catégories de situation se distinguent:

– les situations à risque vital immédiat en phase terminale ;

– les symptômes réfractaires en phase terminale ou palliative.

 

Dans les situations à risque vital immédiat, la sédation a pour but de soulager la personne malade de la pénibilité et l’effroi générés par ces situations. En phase terminale, la sédation est alors un geste d’urgence pouvant influer sur le moment de la mort (précipiter ou retarder). Le médecin prescripteur assume la responsabilité de cette décision avec la part d’incertitude qu’elle comporte. Dans la mesure du possible, la prescription de la sédation doit être une prescription anticipée. » Recommandations de la Haute Autorité de Santé 2009.

 

c. Les questions éthiques spécifiques liées à la sédation en phase terminale

 

L’altération du processus cognitif

La question se pose de priver une personne de sa conscience et de toute communication, la rendant dépendante dans un état de grande vulnérabilité. C’est pourquoi ce soin de soulagement doit être réservé à des situations exceptionnelles, en suivant les recommandations émises en 2009 par la Haute Autorité de la Santé.

 

Le risque euthanasique

Dans l’article[1] «Questions éthiques associées à la pratique de la sédation en phase terminale», Jean-Claude Fondras et Suzanne Rameix analysent la frontière entre sédation et euthanasie.

« Comment juger si une sédation profonde, continue jusqu’au décès, est sédative ou euthanasique ? Les critères le plus souvent retenus pour la validité éthique d’une décision de sédation sont l’intention du prescripteur, le respect de l’autonomie du patient et le principe de proportionnalité. L’intention d’une personne étant partiellement inaccessible aux autres et, parfois, à la personne elle-même, la valeur morale de la décision est plus facilement mise en évidence par l’examen de l’action et de son contexte que par les explications avancées.

De fait, un traitement sédatif, titré, réversible est matériellement et objectivement discernable d’une injection volontairement létale : dans ce cas, nul besoin d’analyser les intentions puisque les données factuelles suffisent à différencier les actes.

Il n’en reste pas moins que, devant des effets secondaires problématiques (« abréger la vie » du patient ou porter atteinte à son autonomie), la détermination de la véritable intention —au sens de l’objectif fixé par le prescripteur— et de sa légitimité reste un point crucial. »

Les auteurs précisent que la sédation profonde et continue constitue une décision particulièrement lourde qui appelle à la réserver aux malades qui présentent un pronostic vital de courte durée, de quelques heures à quelques jours.

 

Nos préconisations

 

• Refuser la légalisation de l’euthanasie

L’interdit de tuer doit rester l’élément fondateur de notre pacte social : les dérives constatées à l’étranger sont de puissantes alertes pour que nous restions fermes sur ce principe essentiel.

 

• Appliquer pleinement la loi « fin de vie » de 2005

Cette loi clarifie en particulier le refus de l’acharnement thérapeutique, en visant davantage la recherche de la qualité de vie que la survie.

 

• Développer vraiment les soins palliatifs

Tel était l’engagement pris lors du vote de la loi du 22 avril 2005 relative à la fin de vie. En juin 2008, un plan national en faveur des soins palliatifs a été lancé pour la période 2008 – 2012. Il est urgent d’accroître les moyens et de la mettre en œuvre sur l’ensemble du territoire national.

 

Combattre la solitude et l’euthanasie sociale des personnes âgées par la solidarité intergénérationnelle.

L’épisode de la canicule en 2003 a éveillé l’opinion sur la solitude des personnes âgées et a permis de mettre en évidence que la dynamique du lien social, l’intégration dans la ville et le quartier, dans les réseaux sociaux, qu’ils soient familiaux ou amicaux, sont des composantes essentielles du bien vieillir et de la prévention de la perte d’autonomie.

 


[1] Elsevier Masson www.em-consulte.com
euthanasie sédation directives anticipées

[CP] Belgique, euthanasie des mineurs votée

Communiqué de presse : Paris, le 13 février 2014

Belgique – euthanasie des mineurs : Alliance VITA appelle à un profond sursaut éthique 

Pour Xavier Mirabel, président d’Alliance VITA : « La légalisation de l’euthanasie des mineurs, votée ce jour par les députés belges est la suite logique des dérives successives que nous avons observées depuis 2002, date de la première loi autorisant l’euthanasie. Pourtant, plus de 200 pédiatres belges se sont opposés, sans être entendus, à une loi qu’ils considèrent comme inutile et violente pour les enfants et leurs familles. L’euthanasie des enfants, fondée sur une articulation confuse entre leur consentement et celui de leurs parents, demeure un acte extrêmement choquant, un acte de démission et d’abandon. Comment une démocratie peut-elle à ce point perdre le sens de la dignité de toute vie ? A partir d’une loi soi-disant très encadrée pour des cas exceptionnels, on assiste à une interprétation de plus en plus large des conditions fixées. Les derniers cas médiatiques d’euthanasie sont la preuve de ces graves dérives : deux frères jumeaux sourds de 45 ans qui risquaient de devenir aveugles, une personne de 44 ans en dépression après une opération ratée de changement de sexe, une femme qui souffrait d’anorexie, etc. Demain, d’autres lois sont en attente, notamment pour légaliser l’euthanasie des personnes dites « démentes » (type maladie d’Alzheimer) ou limiter l’objection de conscience. »

Alliance VITA appelle à un profond sursaut éthique de l’opinion publique, en France et dans toute l’Europe, pour faire barrage à l’euthanasie et au suicide assisté. D’autant que ce même jour, en France, une proposition de loi de sénateurs du groupe écologiste vient d’être renvoyée à la commission des affaires sociales du Sénat : ce texte prône l’euthanasie non seulement pour des cas de fin de vie, mais également pour des personnes dont le pronostic vital à brève échéance n’est pas menacé.

La réponse à la souffrance d’une personne ne peut être de provoquer sa mort. Alliance VITA soutient la troisième voie choisie par la France : ni acharnement thérapeutique, ni euthanasie, mais développement des soins palliatifs et soulagement de la douleur.

2 février 2014 : manifestations capitales !

Trois questions à Tugdual Derville, délégué général d’Alliance VITA et porte-parole de la Manif pour tous
Comment se sont décidées les manifestations du 2 février 2014 ?
En étroite concertation au sein de la Manif pour tous, où VITA a toute sa place. Depuis le tout début de ce mouvement, nous sommes témoins et acteurs d’un élan populaire qui dépasse notre propre compréhension. En 2013, nous avons déjoué tous les pronostics en réussissant quatre énormes manifestations malgré l’apparente défaite législative. Je dis « apparente », parce que, en effet, la loi Taubira n’a pas satisfait ses promoteurs : nous sommes parvenus à en faire sortir la PMA avec « donneur de sperme » pour les femmes homosexuelles, qui prive l’enfant de toute référence paternelle.
L’annonce d’une nouvelle date de manifestation en 2014, sur ce point précis de la PMA, que des députés pensaient intégrer à la « Loi famille », était un pari risqué. En principe, les mouvements sociaux ne durent qu’une année scolaire. Et le pouvoir en place avait tout fait pour nous démobiliser, d’abord en nous ignorant, ensuite en nous provoquant par une répression disproportionnée. Monsieur Valls avait même annoncé par avance une « radicalisation » et des violences le 2 février…
 
Pourquoi un tel succès ?
D’abord parce que les manifestants ont répondu présents, dans une magnifique autodiscipline, c’est-à-dire sans céder à la tentation de la violence… Pour ma part, je pense que la ténacité paisible n’est pas seulement le seul mode d’action légitime, dans un contexte démocratique : c’est aussi le plus efficace, dans la durée. Même si le pouvoir semble parfois céder devant la violence.
Par ailleurs, nos manifestations sont arrivées dans le contexte d’une controverse très médiatisée sur l’idéologie du Genre à l’école : l’éducation nationale, prise la main dans le sac, en flagrant délit d’endoctrinement des élèves dont elle trouble les repères dans le dos des parents… De quoi les mobiliser !
 
Quelle est la portée des manifestations du dimanche 2 février 2014 ?
A court terme, le gouvernement a reculé. Peut-il perdre ses forces dans cette bataille idéologique quand l’emploi est le souci prioritaire pour l’immense majorité des Français ? Mais pour le moyen terme nous devons rester très vigilants car les idéologues qui influencent le pouvoir comme Caroline Fourest (et ses amies Femen) ne désarment pas. Je l’ai constaté en débattant avec elle sur la Chaîne parlementaire le 3 février ; de même face au porte-parole du PS David Assouline le même soir sur I-Télé. Les parlementaires les plus idéologues vont tout faire pour revenir par le biais d’amendements.
C’est à long terme que notre ténacité donnera ses fruits. Les journalistes sont stupéfaits : ils savent que personne d’autre que notre famille de pensée n’est capable de se mobiliser ainsi ; ils parlent d’une « troisième force » avec laquelle il faudra compter durablement. Comprendront-ils que l’altruisme est la source d’une extraordinaire énergie ? Elle anime les volontaires de nos équipes VITA et c’est dans cet esprit que des générations nouvelles se préparent aujourd’hui à s’engager. Pour bâtir une société respectant toute l’humanité, avec une priorité pour les plus fragiles. Autrement dit pour une écologie humaine.

La Manif Pour Tous du 2 février 2014

Répondant à l’appel du mouvement « La Manif Pour Tous », 500.000 personnes se sont rassemblées dimanche 2 février à Paris (80.000 selon la police) et 40.000 personnes à Lyon (20.000 selon la police).
A l’occasion de ces deux manifestations, Tugdual Derville, délégué général d’Alliance VITA et porte-parole de la Manif Pour Tous, était l’invité de plusieurs émissions :
 
1°) Le 2 février, en direct de la Manif Pour Tous à Lyon, sur BFMTV :

 
2°) Le 2 février, au JT de 20h sur TF1 :

 
3°) Le 3 février, sur iTélé dans « le Grand Décryptage » avec David Assouline, sénateur PS  :

 
4°) Le 3 février, dans l’émission « Ca vous regarde » sur LCP, avec Sergio Coronado, député EELV, Caroline Fourest,  journaliste essayiste, et Claude Greff, députée UMP d’Indre-et-Loire  :

Ça Vous Regarde – Le débat : Projet de loi… par LCP
 
5°) Le 4 février, sur France 2 dans « l’Emission pour Tous », face à Sergio Coronado, député EELV-PS