Une étude de la Drees pointe le lien entre suicide et pauvreté

Une étude de la Drees pointe le lien entre suicide et pauvreté

Une étude de la Drees pointe le lien entre suicide et pauvreté

Le 29 janvier 2026, la Direction de la recherche, des études, de l’évaluation et des statistiques (Drees) a publié une étude croisant des données socioéconomiques et le taux de mortalité par suicide. Il en ressort que les hommes se suicident trois fois plus que les femmes et que le taux de mortalité par suicide augmente avec la pauvreté. Le veuvage et la solitude sont des facteurs majeurs de suicide. Enfin, les personnes souffrant d’un trouble psychiatrique sont les plus à risque.
Publiée quelques jours avant la Journée nationale de la prévention du suicide le 5 février, l’étude de la Drees s’est intéressée aux facteurs de risques démographiques et socioéconomiques de la mortalité par suicide. Cette étude a été conduite en croisant la base des causes médicales de décès (BCMD) de l’Inserm et les données de l’échantillon démographique permanent (EDP), une cohorte d’environ 4 millions d’individus vivant ou ayant vécu en France depuis 1968.
Sur la période étudiée, entre 2011 et 2021, et sur l’échantillon étudié (3,2 millions d’individus avec des données sociofiscales renseignées), 3 812 décès par suicide sont décomptés, soit un taux de mortalité par suicide de 13,5 pour 100 000 personnes en vie.
L’étude montre l’impact considérable des différentes variables démographiques et socioéconomiques sur le taux de suicide. Celui-ci augmente fortement en fonction du sexe, du niveau de vie, de l’âge, de la catégorie socio-professionnelle, de la structure du foyer et de l’origine démographique.
  • Le suicide est trois fois plus fréquent chez les hommes.

Sur la période 2011-2021, le taux de mortalité par suicide atteint 20,5 suicides pour 100 000 personnes en vie chez les hommes contre 6,3 chez les femmes.
  • Les personnes les plus modestes se suicident deux fois plus que les personnes les plus aisées.

Le taux de suicide des 10 % d’hommes les plus modestes atteint 25,7 pour 100 000 contre 11,3 pour les 10 % les plus aisés. Chez les femmes, le taux tombe de 9,0 chez les plus pauvres à 4,1 chez les 10 % les plus aisées.
L’écart de mortalité par suicide entre les plus aisés et les plus modestes tend à se réduire après 75 ans. Or c’est cette catégorie d’âge qui se suicide le plus.
L’étude rappelle que le lien entre pauvreté et suicide n’a pas toujours été dans ce sens. Au XIXe siècle, les régions françaises pauvres et rurales affichaient les taux de suicide les plus bas.
On peut expliquer le retournement du lien entre pauvreté et suicide par l’hypothèse selon laquelle la pauvreté contemporaine serait plus excluante. Les personnes pauvres seraient moins intégrées dans les réseaux de solidarité. A l’inverse, les plus favorisés bénéficient généralement de plus de relations professionnelles, associatives et familiales.
  • Les hommes agriculteurs, ouvriers et employés se suicident plus que les cadres.

Les taux de suicide les plus élevés se retrouvent chez les personnes sans activité professionnelle, jusqu’à 56,2 chez les hommes. L’étude précise que le lien de causalité peut agir dans les deux sens : d’un côté, l’absence d’activité professionnelle peut détériorer la santé mentale par l’isolement, la privation et la honte qu’elle génère, de l’autre, les troubles psychiatriques limitent les possibilités d’intégration au marché du travail.
Parmi les personnes qui exercent une activité professionnelle, les agriculteurs sont les plus à risque. Le fait d’être ou d’avoir été agriculteur est associé chez les hommes à un risque surélevé de près de 40 % par rapport aux cadres et aux professions intellectuelles supérieures. Le risque est également 30 % et 29 % plus élevé chez hommes ouvriers et employés.
Contrairement à ceux des hommes, les taux de suicide diffèrent peu selon la catégorie socioprofessionnelle parmi les femmes âgées de 25 à 64 ans. Chez les femmes de 65 ans ou plus, les anciennes cadres se suicident le plus.
  • Le contexte familial joue un rôle essentiel sur la mortalité par suicide.

Le décès d’un conjoint double le risque de suicide chez les femmes et le multiplie par neuf chez les hommes. Ce facteur expliquerait largement la surmortalité par suicide des hommes âgés de 65 ans ou plus.
Les personnes veuves, célibataires ou divorcées présentent des taux de suicide plus élevés que celles qui sont en couple. La présence d’enfants dans le foyer diminue le risque de suicide, en particulier chez les femmes.
  • Les personnes nées à l’étranger se suicident moins que les personnes nées en France.

L’étude montre également de fortes disparités en fonction du lieu de naissance :
  • Les femmes et les hommes nés en France présentent des taux de suicide supérieurs à ceux des personnes nées à l’étranger.
  • Parmi les hommes nés en France, ceux qui sont nés en Martinique et Guadeloupe se suicident le moins. Ce sont les hommes originaires de l’Ouest et du Nord de la France qui se suicident le plus.
  • Les femmes originaires de Normandie et de Bretagne se suicident le plus.
  • Les personnes souffrant d’un trouble psychiatrique sont les plus à risque.

A côté de toutes ces variables d’ordre démographique ou socioéconomique, l’étude montre le rôle majeur joué par la présence ou non d’un trouble psychiatrique. Les taux observés chez les personnes concernées sont jusqu’à trente fois plus élevés que pour l’ensemble de la population, notamment pour les troubles addictifs, la bipolarité, les troubles anxieux et dépressifs. Sur la période 2015-2020, la moitié des suicides observés dans l’échantillon concernent des personnes identifiées comme présentant un problème de santé mentale.

Développer la solidarité pour prévenir le suicide

Cette étude doit attirer notre attention sur les facteurs qui conduisent au suicide afin de mieux le prévenir. En particulier, une attention toute particulière doit être portée aux personnes isolées, subissant des conditions de vie précaires ou ayant perdu récemment un conjoint. Le 3e Baromètre solitude et isolementpublié par Les Petits Frères des Pauvres en septembre 2025, révèle que 750 000 personnes âgées vivent aujourd’hui en situation de « mort sociale », c’est-à-dire sans aucun lien avec famille, amis, voisins ou réseaux.
Ces chiffres prennent également une résonnance particulière avec l’examen en cours de la proposition de loi Falorni pour autoriser l’euthanasie et le suicide assisté. Comme on le voit à l’étranger, la peur de peser sur ses proches peut jouer un rôle déterminant dans la demande d’euthanasie ou de suicide assisté.
Cette étude met aussi en lumière la vulnérabilité particulière des personnes souffrant d’un trouble psychiatrique. Le 1er décembre 2025, l’Association internationale pour la prévention du suicide (IASP) a alerté sur le risque majeur de chevauchement entre les législations relatives au suicide assisté et les politiques de prévention du suicide. Dans sa prise de position, l’IASP s’oppose fermement à l’accès au suicide assisté et à l’euthanasie pour les personnes dont la souffrance est exclusivement liée à une maladie mentale.
En mai dernier, plus de 600 psychologues, psychiatres et psychanalystes avaient alerté sur les conséquences délétères d’une loi autorisant le suicide assisté pour la prévention du suicide dans un appel : « Comment convaincre une personne désespérée de s’accrocher à la vie si la société elle-même admet que, dans certains cas, la mort est une issue légitime ? »
Dans une lettre ouverte publiée ce jeudi 5 février 2026, Florian Dosne, atteint de bipolarité, témoigne : « Je suis bipolaire, mais heureux. Très heureux. Pourtant, je serais probablement mort aujourd’hui si la loi sur le droit à l’aide à mourir avait été votée à l’époque où mes crises étaient incessantes ».
Les chiffres publiés par la Drees doivent alerter le législateur alors qu’il s’apprête à débattre en deuxième lecture d’une proposition de loi qui va à l’encontre de la prévention du suicide. On ne peut à la fois prévenir le suicide et dans certains cas l’autoriser. Aujourd’hui, c’est la solidarité et le soin qui doivent être développés et encouragés, en aucun cas la mort provoquée.
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Loi fin de vie : les critères d’accès encore élargis

Loi fin de vie : les critères d’accès encore élargis

Loi fin de vie : les critères d’accès encore élargis

Loi fin de vie : la commission des affaires sociales a de nouveau aggravé la proposition de loi relative au « droit à l’aide à mourir » en élargissant les accès à l’euthanasie et au suicide assisté au détriment de la protection des plus fragiles.

 

Un contexte de précipitation inédit

Dès le 4 février 2026, à peine une semaine après le rejet du texte  par les sénateurs en première lecture, la commission des affaires sociales de l’Assemblée nationale a démarré sa seconde lecture. Les députés ont eu à peine trois jours pour déposer des amendements. Certains ont exprimé leur désaccord devant une telle précipitation défavorable à un débat de fond sur une question aussi vitale et sensible. Ce calendrier est soutenu par le gouvernement qui a alloué les semaines réservées à ses propres textes alors qu’il s’agit de propositions de loi.

Cet examen s’est fait par un curieux ordre de priorité. Par ailleurs, en commençant par examiner le texte sur l’euthanasie avant celui sur les soins palliatifs, la commission accrédite l’idée qu’une nouvelle loi sur les soins palliatifs n’est en réalité que l’excipient pour faire passer la pilule létale de l’euthanasie et du suicide assisté.

 

Un débat de fond rendu impossible

Des députés ont tenté à nouveau de clarifier le terme « aide à mourir » en demandant à nommer les actes que cela recouvre – le suicide assisté et l’euthanasie. Ils ont fait face à un refus obstiné des rapporteurs au prétexte que le mot « euthanasie » a été souillé par l’histoire et que l’expression « suicide assisté » se mêle avec la prévention du suicide. Pourtant le terme de « aide à mourir » consiste bien selon l’article 2 à « autoriser et à accompagner » un malade qui le souhaite à s’administrer une substance létale, ou à se la faire administrer par un médecin ou un infirmier, s’il n’est « pas physiquement en mesure de le faire ».

 

Des critères flous encore élargis

D’après ce texte, cinq critères flous et invérifiables devraient être cumulés pour être éligible :

  1. Être majeur y compris sous protection juridique
  2. Être de nationalité française ou résider de façon stable et régulière en France.
  3. Être atteint « d’une affection grave et incurable, quelle qu’en soit la cause, qui engage le pronostic vital, en phase avancée » ou « terminale ». La situation de fin de vie est écartée ce qui conduit potentiellement à faire entrer dans le champ éligible des centaines de milliers de personnes.
  4. Présenter « une souffrance physique ou psychologique constante » qui est « soit réfractaire aux traitements, soit insupportable selon la personne » lorsqu’elle a « choisi de ne pas recevoir ou d’arrêter » un traitement.
  5. Être « apte à manifester sa volonté de façon libre et éclairée ».

 

La commission a supprimé, par des amendements socialistes et LFI, une disposition qui était venue un peu clarifier la notion de « souffrance psychologique » en spécifiant qu’elle seule ne pouvait «  en aucun cas permettre de bénéficier de l’aide à mourir ». Comme le souligne Claire Fourcade, ancienne présidente de la Société française d’accompagnement et de soins palliatifs (SFAP) dans le Figaro, « un patient à qui on annonce une affection grave et incurable engageant son pronostic vital (comme un cancer en phase avancée sans aucun symptôme) peut présenter une détresse psychologique majeure et devenir éligible. » (…)  « Le risque, c’est qu’on réponde par une mort provoquée à une période d’angoisse alors qu’un accompagnement global (psycho oncologie, anxiolyse, temps, soutien familial…) peut permettre d’atténuer cette souffrance. »

C’est la prévention du suicide qui est menacée par cette proposition : on ne peut pas en même temps conduire une prévention du suicide et répondre à une souffrance psychique par la mort…

Le rapporteur Olivier Falorni s’est défendu d’une collusion avec la prévention du suicide. Il se réfère à un dossier publié par l’Observatoire national du suicide qui avançait qu’il n’y aurait pas d’interaction entre « suicide et assistance à mourir ». Or les auteurs soulignent « qu’il existe quantitativement peu de recherches et de données sur les liens entre suicide et Aide à mourir ».

 

Le texte qui sera examiné en séance à partir du 16 février prochain est particulièrement grave, avec une clause de conscience restreinte qui ne s’applique pas à tous les professionnels concernés (pharmaciens, aide-soignants, etc.) ni aux établissements. Un comble alors que le législateur se révèle incapable d’assurer l’accès aux soins, et spécialement aux soins palliatifs, pour tous et sur tout le territoire. Le délit d’entrave en fait la loi sur la fin de vie la plus répressive au monde.

 

Alliance VITA appelle à un rassemblement interassociatif à proximité de l’Assemblée nationale le 16 février et a lancé une campagne d’interpellation auprès des députés et du Premier ministre.

vers une loi sur la fin de vie la plus répressive au monde ?

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« Faire corps » : 3e séance de l’Université de la vie 2026

« Faire corps » : 3e séance de l’Université de la vie 2026

« Faire corps » : 3e séance de l’Université de la vie 2026

 

« FAIRE CORPS » : c’est sur ce thème que l’Université de la vie s’est achevée. Les près de 10 000 participants présents à cette dernière séance ont exploré la question du corps comme le lieu premier de la relation.

 

Louis-Marie d’Ussel, psychiatre addictologue, a entamé cette séquence en présentant les principaux critères de l’addiction : perte de contrôle, symptômes de sevrage ou encore désintérêt pour les autres sources de plaisir. Derrière les symptômes visibles, l’exploration des causes profondes, souvent méconnues, comme les blessures personnelles ou la faible estime de soi, sont essentielles pour prévenir les rechutes et agir de manière durable.

« L’addiction est une problématique qui concerne à la fois la personne, son entourage, le corps médical, mais aussi l’ensemble de la société », a souligné le psychiatre, pour qui « FAIRE CORPS » prend alors tout son sens. Il a aussi insisté sur l’importance de la prévention, du soutien et d’un regard de compassion indispensables à une sortie durable de l’addiction.

Le chirurgien cardiaque Stefano Mastrobuoni, membre du Comité consultatif belge de la transplantation thoracique, a décrit « le don d’organes comme un acte de solidarité majeur, capable de sauver de nombreuses vies » dont le caractère éthique est conditionné à la certitude du décès, au consentement, à la gratuité et à l’anonymat du don. Si la noblesse du geste est largement reconnue, le médecin a néanmoins alerté sur les dérives possibles, comme la tentation utilitariste consistant à considérer le donneur comme un simple moyen au service d’une finalité médicale.

Cette question se pose avec une acuité particulière dans les rares pays autorisant l’euthanasie, où le don d’organes après euthanasie se développe, soulevant des risques de pression sur les décisions de fin de vie. Parce qu’il est à la fois précieux et fragile, le don d’organes exige une transparence totale et une éthique rigoureuse, garantes de la liberté et de la dignité du donneur, comme du receveur et du soignant.

"faire corps" : 3e séance de l'université de la vie 2026

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[CP] – Succès record pour l’édition 2026 de l’Université de la vie

[CP] – Succès record pour l’édition 2026 de l’Université de la vie

COMMUNIQUE DE PRESSE le 4 février 2026

Succès record pour l’édition 2026 de l’Université de la vie

L’édition 2026 de l’Université de la vie s’est achevée au terme de trois séances riches et profondes, rassemblant chacune près de 10 000 participants. Il s’agit d’un record de participation, confirmant son statut de premier événement de formation bioéthique en France.

Depuis plus de vingt ans, l’Université de la vie propose à tous un parcours de réflexion unique pour mieux comprendre les grands enjeux humains et sociétaux de notre époque.

Cette année, le cycle était consacré au thème « Le corps dans tous ses états », exploré à travers trois grandes séances complémentaires :

–             Prendre corps
–             Vivre en corps
–             Faire corps

Au fil des interventions et des témoignages, les participants ont pu approfondir des questions essentielles sur des sujets variés comme l’addiction, le don d’organes, le regard sur la mort et le vieillissement, la fertilité et la vie in utero.

Les retours enthousiastes des participants témoignent de l’impact profond des interventions et de l’intérêt suscitée par cette formation unique en son genre, qui associe expertise, témoignage, science et humanité.

Par son ampleur, la qualité de ses interventions et la profondeur des échanges suscités, l’Université de la vie 2026 confirme plus que jamais sa mission : offrir à chacun des clés de compréhension et de réflexion pour mieux appréhender les grandes questions bioéthiques et humaines de notre temps.

cp succès record pour l’édition 2026 de l’université de la vie

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Euthanasie : rupture de consensus au Sénat (décryptage)

Euthanasie : rupture de consensus au Sénat (décryptage)

Fin de vie et euthanasie : rupture de consensus au Sénat (décryptage)

 

Par un vote solennel, les sénateurs ont approuvé en première lecture la loi relative à l’égal accès de tous à l’accompagnement et aux soins palliatifs et rejeté la loi sur « l’aide à mourir » dans une grande confusion.

Plusieurs sénateurs et observateurs ont regretté que l’examen de la loi sur la mort administrée se fasse avant l’examen du texte censé renforcer l’accès aux soins palliatifs, relégué au second plan et pourtant prioritaire.

 

La loi sur l’«assistance médicale à mourir » vidée de sa substance

 

Le texte discuté par les sénateurs était celui qui avait été remanié par la Commission des affaires sociales du Sénat. Les rapporteurs avaient présenté un texte qui se voulait « de compromis » et ouvrait la porte à la mort provoquée en cas de pronostic vital engagé à court terme. Le décryptage d’Alliance VITA sur ce texte relevait une confusion dangereuse entre euthanasie et sédation profonde et continue jusqu’au décès. D’autre part si ce texte se présentait comme restrictif, il consacrait en réalité la mort donnée intentionnellement comme réponse à la souffrance, contribuant à dénaturer le sens du soin.

 

Cette posture confuse a conduit à un coup de théâtre lors de l’examen en séance :

  • Les sénateurs ont d’abord supprimé l’article 4 qui fixait les conditions d’accès au suicide assisté et à l’euthanasie par 144 voix pour et 123 contre. Ce vote a été le fruit d’une convergence des opinions contraires : les uns opposés au principe même de la mort administrée, les autres revendiquant au contraire le retour aux conditions définies par les députés.
  • Ils ont ensuite redéfini l’article 2 qui prévoyait une « assistance médicale à mourir » par suicide assisté et par euthanasie. Cet article central de la proposition de loi disposait que : « À la demande d’une personne remplissant les conditions mentionnées à l’article L. 1111-12-2 d’éviter toute souffrance et de ne pas subir d’obstination déraisonnable, un médecin peut prescrire une substance létale afin que la personne se l’administre ou, si elle n’est pas physiquement en mesure d’y procéder, se la fasse administrer par un médecin ou un infirmier ». Ce passage, les sénateurs l’ont supprimé et remplacé par : « Toute personne a le droit au meilleur soulagement possible de la douleur et de la souffrance. Toute personne peut bénéficier de ce droit jusqu’à son décès sans qu’aucune intervention volontaire ait pour intention de provoquer la mort ou d’aider à mourir. En présence d’une souffrance réfractaire telle que mentionnée à l’article L. 1110-5-2, le médecin a l’obligation, avec le consentement de la personne, de mettre en œuvre les moyens adaptés et disponibles, dans le cadre des données acquises de la science, même lorsque ces moyens sont susceptibles d’altérer la conscience ou de raccourcir la vie, dès lors qu’ils ont pour finalité exclusive le soulagement de la souffrance. Ce droit est opposable et constitue l’une des composantes du droit au soulagement de la souffrance mentionné aux articles L. 1110-5 et L. 1110-5-2. »

Le texte a été ainsi vidé de sa substance. Mais les sénateurs ont maintenu les articles 11, 14,15, 16, 17 et qui se rapportaient à une « assistance médicale au suicide ». Le texte final était donc partiellement incohérent même si les débats ont eu le mérite de confirmer qu’on était loin d’un consensus pour légaliser l’administration de la mort.

La loi sur les soins palliatifs adoptée largement

 

Adopté à une grande majorité par 307 voix pour, 17 contre et 17 abstentions, le texte de loi maintient la plupart des dispositions adoptées par les députés en première lecture. La création de « maisons d’accompagnement et de soins palliatifs » a été confirmée par les sénateurs. Il s’agit de structures intermédiaires entre le domicile et l’hôpital.

Elles « ont pour objet d’accueillir et d’accompagner des personnes relevant d’une prise en charge palliative ne pouvant être assurée à domicile et ne nécessitant pas une prise en charge en unité de soins palliatifs. En outre, elles peuvent accueillir des personnes relevant d’une prise en charge palliative à des fins de répit de leurs proches. Elles offrent également un accompagnement aux proches aidants et aux proches endeuillés. »

Le Sénat a intégré la prise en charge des soins palliatifs pédiatriques dans les missions des nouvelles organisations territoriales.

Deux dispositions ont été supprimées par le Sénat ; elles devraient être rediscutées par les députés en seconde lecture :

  • Un droit opposable aux soins palliatifs. Les sénateurs ont considéré qu’une telle disposition aboutirait à de simples condamnations indemnitaires de l’État tout en manquant l’objectif d’influer réellement sur l’amélioration de l’accès aux soins palliatifs.
  • La demande au gouvernement d’établir une loi de programmation pluriannuelle pour assurer et pérenniser les moyens à allouer au développement des soins palliatifs. Même si cette mesure peut sembler symbolique, les dispositions de la loi ne pourront s’appliquer que si les moyens humains et financiers sont assurés et pérennisés par une loi de programmation à l’initiative du gouvernement.

Accélération dangereuse du processus législatif

fin de vie et euthanasie : rupture de consensus au sénat (décryptage)

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Vivre en corps, 2e séance de l’Université de la vie 2026

Vivre en corps, 2e séance de l’Université de la vie 2026

Vivre en corps, 2e séance de l’Université de la vie 2026

 

Après une première soirée aux origines du corps, l’Université de la vie s’est penchée sur le corps qui vit, grandit, ressent, vieillit dans une séquence intitulée VIVRE EN CORPS.

 

Ce sont à nouveau près de 9000 personnes qui se sont retrouvées en France et à l’étranger pour cette édition de l’Université de la vie dédiée au corps dans tous ses états.

Tugdual Derville, porte-parole d’Alliance VITA, a ouvert la soirée avec la gravité de « la mort en commun ». Il a montré combien la mort, expérience universelle et inévitable, est au fondement même de notre fraternité. En effet, envisager notre mort nous fait prendre conscience de notre propre fragilité, de laquelle peut naître notre fraternité. Vivre avec cette conscience de notre finitude nous permet de « goûter à la vie de façon plus juste ».

Les mourants nous montrent que la vie reste pleine jusqu’au bout : toute personne est 100% vivante jusqu’aux derniers instants et sa dignité exige qu’on la regarde ainsi. C’est pourquoi l’approche de la mort invite à la présence, à la tendresse, à la patience. « Le dépouillement à l’approche de la mort peut devenir un chemin de vie », où la fraternité s’exerce jusqu’au bout.

 

Faisant le constat d’une peur collective de la vieillesse, la gériatre Alix Durroux nous a invités à changer nos regards en apprivoisant cette étape de l’existence avec lucidité et sérénité. Vieillir c’est apprendre la lenteur, la gratitude, la joie des souvenirs, la présence au corps et la relation vraie. C’est aussi reconnaître notre interdépendance : nous avons besoin les uns des autres, à tout âge. « Ce qu’on voit comme des “incapacités” peuvent devenir un terreau pour du partage, de la générosité, des bons moments, tout simplement. »

 

Alors que le débat fin de vie est au cœur de l’actualité, le focus de la soirée a permis d’éclaircir les nombreuses contradictions de la proposition de loi sur une prétendue « aide à mourir ». « C’est ma vie, j’en dispose comme je veux » peuvent argumenter les partisans de l’euthanasie et du suicide assisté.

En réalité, cette proposition de loi va contre le progrès inscrit dans notre devise républicaine : Liberté, Egalité, Fraternité. Par ailleurs, laisser entendre que certains suicides seraient acceptables voire souhaitables est incompatible avec les politiques publiques de prévention du suicide.

 

Cette première soirée s’est achevée avec le témoignage du docteur Pascale Mussault, médecin en soins palliatifs, sur l’accompagnement des derniers instants « face à la douleur ».

 

Depuis une trentaine d’années, les techniques médicales destinées à soulager la douleur ont connu des avancées majeures, devenant toujours plus adaptées aux besoins de chaque patient. Si la prise en charge de la douleur physique constitue un axe essentiel dans les soins palliatifs, le docteur Mussault rappelle qu’il ne faut pas oublier les autres formes de souffrance : sociales, psychologiques, existentielles, et parfois même spirituelles.

Il est donc fondamental de considérer le patient dans sa globalité, et non uniquement à travers ses symptômes physiques. Les soins palliatifs représentent avant tout un temps d’accompagnement. Un accompagnement pour le malade, bien sûr, mais aussi pour ceux qui restent après le départ de leur proche. Pour Pascale Mussault, « en tant que médecin on apprend aux familles à être, à exister auprès de leur famille, à être dans une pure présence ».

Ces derniers instants de vie peuvent se révéler profondément riches : des liens peuvent se retisser, des conflits s’apaiser, des paroles essentielles être échangées.

 

Dans de très nombreuses villes de France et de l’étranger, les soirées se sont conclues par des témoignages locaux de médecins, soignants, de bénévoles, d’associations impliquées dans les liens intergénérationnels, d’écoutants ou de parents.

 

Prochaine soirée le 2 février autour du thème « FAIRE CORPS ».

vivre en corps, 2e séance de l'université de la vie 2026

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CP – Fin de vie : la mobilisation doit s’intensifier à l’Assemblée nationale

CP – Fin de vie : la mobilisation doit s’intensifier à l’Assemblée nationale

COMMUNIQUE DE PRESSE – 28 janvier 2026

Fin de vie : la mobilisation doit s’intensifier à l’Assemblée nationale

Après le vote des sénateurs, Alliance VITA lance une mobilisation à l’Assemblée nationale.

Dans une grande confusion, les sénateurs ont rejeté le texte qu’ils avaient expurgé du principe d’une assistance médicale à mourir par suicide assisté et euthanasie, il y a tout juste une semaine. Les débats au Sénat ont clairement montré l’absence de consensus sur cette rupture éthique majeure.

Malgré les oppositions exprimées au Sénat, malgré les inquiétudes croissantes de la société quant aux conséquences de l’euthanasie sur les personnes les plus fragiles, malgré les priorités clairement exprimées par les Français qui demandent avant tout un accès effectif aux soins, le gouvernement a fait le choix d’accélérer le calendrier parlementaire. Il a inscrit à l’ordre du jour de l’Assemblée nationale l’examen en deuxième lecture des deux propositions de loi relatives à la fin de vie.

Dès le 5 février, les textes adoptés par l’Assemblée nationale en mai dernier reviendront devant la commission des affaires sociales de l’Assemblée nationale, avant leur examen en séance publique le 16 février.

Pour Tugdual Derville porte-parole d’Alliance VITA : « Dans un contexte politique, économique et social marqué par une profonde incertitude, alors que la crise du système de santé pèse lourdement sur le quotidien des Français et que près de 50 % d’entre eux n’ont toujours pas accès aux soins palliatifs, vouloir hâter ce processus législatif conduisant à lever l’interdit de tuer relève d’une irresponsabilité majeure. »

Le gouvernement doit au contraire suspendre les débats relatifs à l’autorisation d’une prétendue « aide à mourir » et proposer en urgence une loi de programmation des soins palliatifs, seule capable de garantir des moyens humains et financiers à la hauteur des besoins.

Alliance VITA appelle à un rassemblement à proximité de l’Assemblée nationale dès le 16 février et va lancer une campagne d’interpellation des pouvoirs publics.

fin de vie la mobilisation doit s'intensifier à l'assemblée nationale

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Démographie : la fin de « l’exception française »

Démographie : la fin de « l’exception française »

Démographie : la fin de « l’exception française »

 

Les chiffres de l’INSEE sont tombés et confirment la fin d’une « exception » démographique française. En 2025, il y a eu plus de décès (651 000) que de naissances (645 000) en France. Le dernier pic de naissance date de 2010, avec 833 000 bébés. En 2024 le solde naturel était déjà négatif pour le territoire métropolitain.

La France rejoint un groupe d’une vingtaine de pays en Europe qui sont dans ce solde naturel – calculé comme le nombre de naissances moins le nombre de décès – négatif. Pour 2025, il s’établit donc à -6000. En Europe, en 2014, 16 pays sur 27 affichait un solde naturel positif. En 2024, il en restait 7, dont la France.

 

Etat des lieux démographiques

« Hiver démographique », « démocalypse » – contraction de « apocalypse démographique »- les qualificatifs sont nombreux pour décrire cette situation. Les comparaisons chiffrées sont éloquentes. L’indice conjoncturel de fécondité (ICF), est tombé à 1.56 en 2025. Il était à 1.62 en 2024.

C’est l’indice le plus bas depuis 1917, selon l’INSEE. Un chiffre de fécondité en temps de paix égal à un chiffre en temps de guerre, où de nombreux hommes sont mobilisés, frappe les esprits. Il est important de noter que cet indice n’est pas une prévision pour les années futures, mais le résultat d’un calcul sur les chiffres des naissances de l’année. Sa trajectoire est fluctuante. On avait déjà atteint un point bas en 1994 à 1.66.

Cet indice était remonté ensuite, reflétant l’âge plus tardif des premières maternités. L’âge moyen au premier enfant est à 29.1 ans en 2023 contre 24 ans en 1974. Un recul de 5 ans en cinquante ans d’histoire.

Alliance VITA a proposé une analyse approfondie de cet indice et son évolution ici. Du fait des réalités biologiques humaines, repousser longtemps le choix d’avoir un enfant ne réduit pas seulement le nombre désiré d’enfants mais également la probabilité d’avoir les enfants souhaités.

Les experts soulignent par exemple que le risque d’infertilité augmente pour les femmes au-dessus de 35 ans.

 

Les explications de cette baisse de la fécondité sont multiples. Les auditions de la Mission d’information sur les causes et les conséquences de la baisse de la natalité à l’Assemblée nationale ont été l’occasion d’entendre différentes analyses. On peut citer entre autres :

 

    1. Des arguments de type économique : coût du logement accru pour les nouvelles générations, baisse du soutien de la politique familiale,
    2. Des arguments de type plus sociologique : travail salarié des femmes et difficultés à conjuguer vie professionnelle et vie familiale, nouvelles normes pour l’accueil d’un enfant (situation de couple stable, travail et logement stabilisé également…)
    3. Des arguments sur la culture de la société : prisme plus individualiste, éco-anxiété… Une étude de l’INED cette année a souligné que les Français veulent moins d’enfants que par le passé : 2.3 contre 2.7 au début des années 2000. Il reste cependant un écart non négligeable entre les souhaits et la réalité actuelle, avec l’indice de fécondité à 1.56. Un autre exemple d’impact de la culture globale de la société est visible en Chine. Après avoir imposé par la force la politique de l’enfant unique, la Chine a changé sa politique. Bien que cette politique ait pris officiellement fin en 2016 et que des règles viennent même encourager un troisième enfant, le taux de natalité poursuit sa baisse. En 2025, il est au plus bas depuis 1949, à 5.63 naissances pour 1000 habitants. En comparaison, le taux de natalité en France en 2025 est de 9.2 selon l’INSEE.

 

Notre article publié en juillet dernier donne des précisions sur cette question.

Des experts soulignent aussi l’écart entre les prévisions et la réalité. Liée au « Baby-boom » d’après-guerre, cette inversion entre naissance et décès était anticipée, mais à une date plus tardive. L’INSEE avait cité 2035 il y a quelques années. La baisse plus rapide des naissances précipite cette tendance.

 

Un « hiver démographique » aux multiples impacts

La forte baisse de la fécondité est une tendance lourde mondiale (voir sur ce sujet notre article suite au rapport de l’UNFPA cette année). Les prévisions démographiques, par définition incertaines, ont pu aussi s’appuyer sur une hypothèse contestable, que nous avons analysée en 2022.

Beaucoup de modèles de prévision estiment que l’indice de fécondité se situera à moyen terme autour de 2, chiffre représentant le renouvellement naturel – c’est-à-dire sans immigration – des générations. Cette hypothèse est démentie dans de nombreux pays à faible fécondité depuis des décennies : Corée du Sud, Italie, Allemagne etc.

Les impacts de la baisse marquée de la natalité se font sentir et les effets se poursuivront dans les années, voire les décennies à venir. Déjà, le système scolaire est impacté. On estime à un demi-million d’enfants en moins à l’école primaire, sur les dix dernières années. Regroupement de classes, fermetures d’école en milieu rural se poursuivent.

Des répercussions sont attendues aussi sur le plan économique : baisse de nombre de travailleurs, même si l’allongement des carrières peut atténuer cet effet. L’Unedic, qui gère l’assurance chômage en France a publié un sondage en mai 2025 sur le sujet, notant les inquiétudes de la population active.

 

L’équilibre de notre système social, qui repose sur le soutien des retraités par les actifs, est impacté également. La question des retraites est régulièrement commentée dans l’actualité. Certains économistes font également un lien entre vieillissement de la population et baisse des innovations.

 

Au-delà des aspects économiques, c’est le visage de la société qui change. Une accélération du vieillissement a des répercussions dans la vie quotidienne. Une anecdote pour l’illustrer : au Japon, pays où la fécondité est constamment sous le seuil de 2 depuis 1975, des villages ont installé des mannequins grandeur nature pour diminuer le sentiment d’isolement.

 

Un grand absent des débats : l’accueil de la vie et la prévention de l’avortement

Si le sujet de la « dénatalité » est largement débattu depuis quelques temps, la question de l’accueil de la vie et de la prévention de l’avortement reste un angle mort du débat. Les IVG ont atteint en 2024 un nouveau record absolu depuis que des données publiques sont disponibles : 251 270 avortements.

Ces deux chiffres concomitants – faible natalité et nombre record d’IVG – devraient interroger les décideurs.

 

Alliance VITA plaide pour une politique globale d’accueil des vies commençantes, en donnant aux femmes et aux couples les moyens et les soutiens nécessaires. L’avenir de la société – et pas seulement l’économie – se dessine avec l’accueil de chaque vie humaine.

 
démographie : la fin de "l'exception française"

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CP – Stop à l’acharnement euthanasique, priorité aux soins palliatifs

CP – Stop à l’acharnement euthanasique, priorité aux soins palliatifs

COMMUNIQUE DE PRESSE – 22 janvier 2026 

Stop à l’acharnement euthanasique, priorité aux soins palliatifs

 

Face à l’absence de consensus politique, Alliance VITA appelle le gouvernement à suspendre le débat sur l’euthanasie et le suicide assisté pour donner la priorité aux soins.

Hier, en séance publique, les sénateurs ont d’abord supprimé l’article 4 de la proposition de loi, qui fixait les conditions d’accès à l’« assistance médicale à mourir », avant de supprimer dans l’article 2 la possibilité de suicide assisté et d’euthanasie et d’y substituer un « droit au meilleur soulagement possible de la douleur et de la souffrance ».

Cette séquence parlementaire met en lumière l’absence manifeste de consensus en faveur de la légalisation du suicide assisté et de l’euthanasie. À l’inverse, les soins palliatifs — dont l’examen avait été relégué après celui de l’ « assistance à mourir », dans une inversion préoccupante des priorités — font l’objet d’un large accord.

Le gouvernement et les élus, qui invoquent sans cesse la recherche de compromis et de consensus, seraient bien inspirés de concentrer leurs efforts là où l’unanimité existe : garantir un accès effectif aux soins palliatifs sur l’ensemble du territoire. Nous en sommes pourtant encore très loin, malgré la stratégie décennale présentée en avril 2024.

 

Pour Tugdual Derville, porte-parole d’Alliance VITA :

« L’urgence est claire : voter une véritable loi de programmation des soins palliatifs, seule à même de garantir les moyens humains et budgétaires nécessaires pour tenir les engagements annoncés. En l’absence d’un accès équitable aux soins palliatifs, dans un contexte sanitaire déjà fortement dégradé, le risque est fort de voir des Français se tourner vers une mort administrée faute de soins appropriés ».

Enquête après enquête, les Français expriment avant tout leur attente d’un système de santé réparé. L’acharnement à vouloir légaliser le suicide assisté et l’euthanasie a souvent été justifié par l’argument d’une opinion publique prétendument majoritaire et d’un consensus social. Les sondages récents, comme les débats parlementaires eux-mêmes, démontrent aujourd’hui que ce consensus n’existe pas.

Les sénateurs, les députés et le gouvernement doivent désormais en tirer les conséquences : suspendre le débat sur toute forme d’« aide à mourir » et revenir à la priorité des priorités, l’accès aux soins palliatifs pour tous.

Les Français ont besoin de soins, pas d’euthanasie.

Écrivez aux sénateurs.

stop à l’acharnement euthanasique, priorité aux soins palliatifs

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« Prendre corps », la 1ère séance de l’Université de la vie 2026

« Prendre corps », la 1ère séance de l’Université de la vie 2026

« Prendre corps », 1ère séance de l’Université de la vie 2026

 

Le 19 janvier, l’Université de la vie s’est ouverte dans plus de 200 villes en France avec l’ambition de réfléchir cette année autour du thème « Le corps dans tous ses états ». Lors de cette première soirée intitulée « PRENDRE CORPS », déjà plus de 8 000 participants ont plongé aux origines du corps entre mystère et émerveillement.

Blanche Streb, directrice de la formation d’Alliance VITA, a montré combien la vie in utero est une expérience riche et complexe où corps et esprit sont liés dès l’origine. Le fœtus développe très tôt ses sens (ouïe, odorat, goût), reconnaît voix et langue à la naissance, et communique émotionnellement avec ses parents, notamment par le toucher. Des découvertes récentes montrent aussi une continuité biologique mère-enfant (échanges cellulaires et éléments du microbiote), soulignant l’empreinte profonde et durable de la grossesse.

Dans cette exploration de la vie au cœur des corps, une sage-femme a embarqué les participants à la découverte de la fertilité dont les particularités s’enracinent dès la vie in utero.

Le corps fonctionne comme un ensemble unié où émotions, mode de vie et équilibre psychique influencent directement le cycle et la production hormonale. Comprendre et connaître son corps, son fonctionnement, avoir conscience que notre mode de vie (alimentation, sommeil, stress, émotions) a un impact sur notre corps est fondamental et nous ouvre à cette réalité : corps et esprit sont intimement liés.

Alors que l’Agence de la biomédecine multiplie les campagnes pour encourager le don de sperme et d’ovocytes, affirmant que « donner ses gamètes, ce n’est pas faire un enfant, c’est faire des parents », le focus de la soirée a démontré que ce don ne saurait être banalisé. Ces cellules ont un rôle irremplaçable dans la transmission de la vie ; elles sont porteuses d’un patrimoine génétique unique et d’une histoire inscrite dans le corps de celui ou celle qui les a produits.

À travers elles, quand il y a conception et naissance, se crée un lien biologique que ni les mots ni les lois ne peuvent effacer. En vérité, donner ses gamètes, ce n’est pas faire des parents, c’est bien faire des enfants.

Cette première soirée s’est achevée sur le témoignage de Caroline Roux, directrice générale adjointe d’Alliance VITA et spécialisée dans l’écoute des personnes en difficulté. « Le corps en dit long », telle est l’expression que Caroline a retirée de sa longue expérience.

La grossesse est marquée par trois dimensions fondamentales : la surprise face à l’émergence de la vie, la relation qui se tisse avec l’enfant in utero et l’ambivalence, où joies et peurs coexistent, surtout durant les premiers mois soumis à la vulnérabilité physique et psychique. La sensibilité des femmes face aux fausses couches, à l’avortement ou au diagnostic de handicap, expériences souvent vécues dans la solitude, la tristesse et le deuil, nécessitent une écoute et un accompagnement adaptés.

Quant aux pratiques de GPA et de procréation médicalement assistée avec tiers donneur, elles induisent un éclatement du processus de procréation générant des souffrances inédites. A l’heure où la technique permet des possibles dissociations du corps, l’unité de l’être humain est plus que jamais un enjeu de dignité humaine.

Dans de très nombreuses villes de France et de l’étranger, les soirées se sont conclues par des témoignages locaux : de médecins, soignants, de bénévoles, d’écoutants, de parents…

Prochaine soirée le 26 janvier autour du thème « VIVRE EN CORPS ».

université de la vie 2026 première séquence prendre corps

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[CP] – Loi fin de vie : l’incohérence fatale

[CP] – Loi fin de vie : l’incohérence fatale

COMMUNIQUE DE PRESSE – 20 janvier 2026

Loi fin de vie : l’incohérence fatale

 

Alliance VITA lance une campagne numérique en 9 épisodes.

 

À l’occasion de l’examen au Sénat des propositions de loi sur la fin de vie, Alliance VITA lance aujourd’hui une campagne numérique en 9 épisodes pour dénoncer les contradictions majeures d’un texte qui entend faire de la mort administrée un soin.

Sous l’appellation trompeuse d’« assistance médicale à mourir », la proposition de loi examinée cette semaine, remet en cause l’interdit de tuer et entretient une confusion grave entre le soin et le geste létal, notamment avec la sédation profonde et continue jusqu’au décès. Une rupture éthique lourde de conséquences pour les soignants, les patients et la société tout entière.

Chaque jour et jusqu’au 28 janvier 2026, date du vote solennel au Sénat, Alliance VITA décryptera une incohérence centrale du projet : soigner et tuer, prévenir le suicide et l’assister, promouvoir l’autonomie tout en exigeant l’intervention d’un tiers, défendre l’inclusion des plus fragiles tout en leur proposant la mort comme issue possible.

À travers cette campagne, Alliance VITA appelle les sénateurs à refuser un choix biaisé et à suspendre toute légalisation de l’euthanasie et du suicide assisté, au profit de priorités réellement humaines : l’accès aux soins, le développement des soins palliatifs, la prévention du suicide et le respect inconditionnel de la vie.

Pour le porte-parole d’Alliance VITA, Tugdual Derville, qui a prononcé un discours devant le Sénat au moment où les débats s’ouvraient : « Une société fondée sur la fraternité ne devrait jamais répondre à la souffrance par la mort mais se donner les moyens de soigner, soulager et accompagner les plus fragiles de ses membres. » Rendez-vous sur le site d’Alliance VITA pour suivre la campagne.

 

Contact presse

Claire-Anne Brulé + 33(0)6 67 77 14 80 – contactpresse@alliancevita.org

loi fin de vie l'incohérence fatale

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Marche pour la vie pour l’accompagnement des plus vulnérables

Marche pour la vie pour l’accompagnement des plus vulnérables

Marche pour la vie pour l’accompagnement des plus vulnérables

 

La Marche pour la vie appelle à la mobilisation et donne rendez-vous à Paris sur la place Vauban le dimanche 18 janvier 2026 à 14h. « La mort n’est pas un soin !» : voici l’un des messages forts portés cette année en écho à l’actualité législative.

Organisée chaque année au mois de janvier, l’événement  aura lieu cette année à quelques jours seulement de l’examen au Sénat de deux propositions de loi majeures : l’une portant sur le droit à l’aide à mourir, l’autre sur les soins palliatifs, dont la discussion est prévue le 20 janvier.

Engagée depuis des années aux côtés des personnes confrontées aux épreuves de la fin de vie et à l’origine de campagnes nationales d’information pour sensibiliser le public à la solidarité intergénérationnelle et à la fin de vie, Alliance VITA soutient la Marche pour la vie dans sa volonté de défendre la dignité humaine des plus vulnérables et la protection de la vie jusqu’à son terme naturel.

A l’aube des discussions qui vont s’ouvrir au Sénat, Alliance VITA défend une société qui prend soin, qui écoute, qui protège. Pas une société qui ouvre la porte à l’euthanasie.

Face à la souffrance, les progrès déjà accomplis dans la lutte contre la douleur doivent être poursuivis et des réponses humaines et solidaires renforcées. Les réponses qui isolent et divisent doivent au contraire être refusées.

Les politiques doivent répondre aux difficultés croissantes rencontrées par les Français pour accéder aux soins, en faisant de la réparation du système de santé une priorité politique. Créer un guichet d’accès au suicide assisté et à l’euthanasie dans ce contexte apparaît aussi injuste qu’irresponsable.

En validant le recours à une « assistance médicale à mourir », les membres de la commission des affaires sociales du Sénat ont à leur tour entériné, sans les nommer, l’euthanasie et le suicide assisté. Quelles que soient les restrictions apportées aux conditions d’accès à ces pratiques, l’interdit de tuer est bel et bien levé et avec lui, la prévention du suicide discréditée, le pacte de confiance soignants-soignés abîmé et la solidarité avec les plus fragiles abandonnée.

Une loi fin de vie ayant l’ambition de garantir une vraie solidarité en fin de vie doit :

  • Réaffirmer le refus de l’euthanasie et du « suicide assisté » comme de l’acharnement thérapeutique. Garantir l’accès universel aux soins palliatifs en votant une loi de programmation.
  • Renforcer la politique de prévention du suicide sans exclure les citoyens les plus vulnérables, dépendants ou âgés.
  • Adapter la société aux défis du vieillissement
  • Développer les actions de solidarité intergénérationnelle pour lutter contre l’isolement des personnes âgées et soutenir davantage les aidants familiaux.

Les Français ont besoin de soin, pas d’euthanasie.

marche pour la vie pour l’accompagnement des plus vulnérables

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Suicide assisté : alerte des experts

Suicide assisté : alerte des experts

L’association internationale pour la prévention du suicide alerte sur le suicide assisté

 

L’association internationale pour la prévention du suicide (IASP) a publié une position officielle sur le suicide assisté ; elle alerte sur le risque majeur de chevauchement entre les législations relatives au suicide assisté et les politiques de prévention du suicide.

 

L’IASP a pour objectif de mettre collectivement à profit les expertises et les connaissances afin de promouvoir une prévention efficace du suicide à travers le monde.

L’association internationale considère que même face à des situations perçues comme irrémédiables, des réponses thérapeutiques, sociales, psychologiques et palliatives demeurent possibles et doivent être systématiquement proposées. La mort ne peut en aucun cas constituer une réponse qui se substitue aux soins, à un accompagnement ou à un soutien insuffisant.

 

L’IASP appelle les États qui envisagent de légaliser ou d’étendre le suicide assisté et l’euthanasie à :

  • intégrer pleinement l’expertise de la prévention du suicide dans leurs processus décisionnels ;
  • garantir un accès universel à des évaluations et interventions de prévention du suicide de haute qualité, indépendamment de l’éligibilité aux dispositifs d’aide à mourir ;
  • assurer une égalité de prise en charge pour toute personne exprimant un désir de mourir, sans jamais considérer qu’une vie puisse être jugée « indigne d’être vécue ».

L’IASP insiste sur la nécessité d’une formation croisée entre les professionnels de la prévention du suicide, des soins palliatifs, des soins de fin de vie et de l’accompagnement des personnes atteintes de maladies chroniques, terminales ou en situation de handicap.

Enfin, l’IASP s’oppose fermement à l’accès au suicide assisté et à l’euthanasie pour les personnes dont la souffrance est exclusivement liée à une maladie mentale, en raison de l’impossibilité scientifique actuelle de prédire de manière fiable l’évolution et le pronostic de ces troubles.

L’objectif de toute loi relative à la fin de vie ne devrait jamais affaiblir la prévention du suicide, ni normaliser la mort comme réponse à la souffrance humaine.

 

L’association Ultime liberté condamnée pour trafic de substances létales

Cette prise de position intervient alors que le tribunal correctionnel de Paris a condamné le vendredi 9 janvier 2026, douze militants de l’association Ultime liberté, qui réclame la « légalisation du suicide assisté ».  Ils ont été condamnés pour des délits relevant de la législation sur le trafic de substances illicites, en ayant soutenu, entre 2018 et 2020, des dizaines de personnes à importer du pentobarbital, un puissant barbiturique afin de se tuer.

Le Tribunal s’est inquiété de l' »extrémisme » de certains des militants prônant une « liberté sans limite » de mettre fin à ses jours. Dans son jugement, il a relevé que les militants « s’arrogent le droit de décider ou non de donner l’accès au produit létal, en ne disposant que de leur expérience personnelle et de leur parcours de vie ». Un basculement s’est opéré du militantisme vers un « amateurisme », qu’on peut qualifier de fatal.

 

Enfin, le Sénat français va examiner la proposition de loi relative à l’ « assistance médicale à mourir » par suicide assisté et euthanasie à partir du 20 janvier 2025. Alliance VITA ainsi que des associations de prévention du suicide et de psychiatres ont tiré la sonnette d’alarme pour dénoncer le danger de cette loi : la prévention du suicide ne souffre aucune exception.

le suicide assisté menace la prévention du suicide

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CP – L’Université de la vie : un rdv bioéthique au cœur de l’actualité

CP – L’Université de la vie : un rdv bioéthique au cœur de l’actualité

COMMUNIQUE DE PRESSE – 13 janvier 2025

L’Université de la vie : Un rendez-vous bioéthique au cœur de l’actualité

 

A Paris, l’Université de la vie aura lieu 6 rue Albert de Lapparent dans le 7ème.

L’Université de la vie ouvrira ses portes le 19 janvier, dans un contexte bioéthique particulièrement brûlant. La veille de l’examen au Sénat de la proposition de loi sur l’aide à mourir, et une semaine après le lancement des États généraux de la bioéthique, cet événement unique en son genre réaffirme son ambition : offrir un espace de réflexion exigeant sur les grandes questions qui engagent notre humanité.

 

Des lignes de fracture majeures

Au cœur des débats actuels se dessinent des lignes de fracture profondes : le déni de la valeur de la vie jusqu’à son terme, une vision toujours plus matérialiste et utilitariste de l’être humain, le glissement vers un eugénisme technologique et la marchandisation croissante du corps. Autant d’enjeux majeurs qui rendent plus que jamais nécessaire un temps de formation.

 

Un parcours pour comprendre, agir et s’engager

Cette nouvelle édition de l’Université de la vie confirme ainsi toute sa pertinence. Elle invite à prendre le temps de la réflexion, à acquérir des repères concrets pour comprendre et agir, et à nourrir l’engagement au service des plus fragiles.

« Le corps dans tous ses états » : Redonner toute sa place au corps humain

À l’heure où le corps est parfois perçu comme un simple territoire à conquérir ou un matériau à transformer au gré des désirs, l’Université de la vie mettra en lumière sa puissance, sa singularité et son unité à travers un large éventail de thématiques : les mystères de la vie in utero, la fertilité, la mémoire du corps, le don d’organes, le phénomène de l’addiction, le vieillissement et la mort.

 

Regards croisés d’experts et de témoins

Les 19 et 26 janvier, puis le 2 février, aux côtés de Blanche Streb, Caroline Roux et Tugdual Derville, interviendront :

  • Dr Alix Durroux, médecin gériatre
  • Dr Pascale Mussault, médecin, spécialiste de la douleur et de la fin de vie
  • Dr Stefano Mastrobuoni, chirurgien cardiaque, spécialiste du don d’organes, président de l’Institut européen de bioéthique
  • Dr Louis-Marie d’Ussel, psychiatre addictologue
  • Fabrice Hadjadj, philosophe et écrivain

 

Une mobilisation nationale et internationale

L’Université de la vie se tiendra dans plus de 200 villes, en France, en Outre-mer et à l’international.

 

Inscriptions et informations : www.universitedelavie.fr.

Le dossier de presse est disponible ici.

 

Contact presse
Claire-Anne Brulé
+ 33(0)6 67 77 14 80 – contactpresse@alliancevita.org

université de la vie 2026

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Les grands enjeux bioéthiques de l’année 2026

Les grands enjeux bioéthiques de l’année 2026

Les grands enjeux bioéthiques de l’année 2026

 

Fin de vie, grand âge, états généraux de la bioéthique, hausse du nombre d’avortements…plusieurs grands événements vont vraisemblablement marquer cette nouvelle année, dans un contexte social, économique et politique inédit.

 

Poursuite de l’examen de la proposition de la loi (PPL) sur la fin de vie

Dans un contexte de profonde crise de la santé, le président Macron en a fait l’une de ses priorités, l’annonçant même au cours de ses vœux de début d’année : « Nous irons, enfin, au bout du travail législatif sur la question de la fin de vie dans la dignité, sujet sur lequel je m’étais engagé, devant vous en 2022 ».

Pourtant, ce sujet est loin d’être une priorité pour les Français, et aucun consensus n’existe en France sur l’euthanasie. Cette PPL sera pourtant très prochainement examinée au Sénat (à partir du 20 janvier 2026). Elle a déjà fait l’objet d’amendements en Commission des affaires sociales du Sénat le 7 janvier qui a notamment renommé en : « assistance médicale à mourir » les mots « droit à l’aide à mourir », tel que votés en première lecture par l’Assemblée nationale.

Ainsi, la Commission, sans les nommer, entérine les graves actes d’euthanasie et de suicide assisté et a même introduit une confusion dangereuse entre euthanasie et sédation profonde et continue jusqu’au décès, prévus dans l’actuelle loi Claeys-Leonetti. Elle entérine ainsi la mort donnée intentionnellement comme réponse à la souffrance et dénature le sens du soin.

 

L’arrivée d’un plan grand âge ?

La France est aujourd’hui à un tournant démographique. Le nombre de naissance est à son taux le plus bas depuis la seconde guerre mondiale. Le nombre de décès augmente, du fait de l’arrivée à des âges de forte mortalité des générations nombreuses du baby-boom. Cet inquiétant recul de la natalité, dans un contexte économique déjà très dégradé, renforce les pressions sur le financement des retraites et de la dépendance.

Il y a une réalité démographique de vieillissement de la population avec l’arrivée à des âges avancés des baby-boomers. Certains parlent même de « mur démographique ». Les personnes nées en 1945 auront 85 ans en 2030. Le nombre des personnes âgées de 85 ans et plus va augmenter pour atteindre 5 millions de personnes en 2050. L’espérance de vie augmente mais pas forcément en bonne santé. Une étude récente estime à 3 millions le nombre de personnes âgées dépendantes en 2050, contre 2 millions aujourd’hui.

C’est dans ce contexte que le « plan grand âge », initialement prévu en 2025 puis en janvier 2026, sera finalement dévoilé début février, a annoncé le ministère chargé de l’Autonomie. Cette question gagne en urgence avec le vieillissement attendu de la population.

 

Le lancement des États généraux de la bioéthique

Le CCNE, le Comité consultatif national d’éthique pour les sciences de la vie et de la santé, a annoncé le lancement des États généraux de la bioéthique, en vue de la future révision de la loi bioéthique, qui pourrait n’intervenir qu’après la prochaine élection présidentielle. Ces états généraux consistent en l’organisation d’un débat public.

Il s’agit d’un préalable demandé par la loi bioéthique elle-même avant tout projet de réforme sur les problèmes éthiques et les questions de société. Dans les faits, les différentes lois ont avalisé des transgressions majeures : prélèvement de gamètes, congélation, tri et destruction d’embryons, extension du DPN et du DPI au risque de l’eugénisme. Alliance VITA prendra part aux débats et entend continuer son travail de formation et d’alerte sur ces sujets, en s’appuyant sur son expertise de plus de 30 ans et son expérience concrète, au travers de l’apport de son réseau, de ses témoins, de ses experts et de ses services d’écoute.

 

L’urgence d’une politique de prévention de l’avortement

 En 2024, 251 270 avortements ont été recensés en France, selon la Drees. Depuis 2018 – à l’exception des années Covid – le nombre d’IVG augmente, dans l’indifférence des pouvoirs publics qui ont renoncé de longue date à mener une véritable politique de prévention, alors qu’il s’agit d’un acte irréversible qui met des vies en jeu. Pourtant, malgré ce contexte de normalisation englobant la constitutionalisation, l’allongement des délais et un discours médiatique très favorable, les Français considèrent qu’il ne s’agit pas d’un acte banal et soutiennent massivement la mise en œuvre d’une politique de prévention. Deux tiers (65%) des Français estiment ainsi que la société devrait davantage aider les femmes à éviter d’avoir recours à l’IVG.

les grands enjeux bioéthiques de l’année 2026

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La commission du Sénat dit oui au suicide assisté et à l’euthanasie

La commission du Sénat dit oui au suicide assisté et à l’euthanasie

La commission du Sénat dit oui au suicide assisté et à l’euthanasie

 

La commission des affaires sociales du Sénat a examiné le 7 janvier 2026 la proposition de la loi sur la fin de vie. Elle valide le principe d’une « assistance médicale à mourir » par suicide assisté et euthanasie et introduit une confusion dangereuse entre euthanasie et sédation profonde et continue jusqu’au décès. Les amendements visant à réduire la portée du texte voté à l’Assemblée ne sauraient cacher l’essentiel : la commission entérine la mort donnée intentionnellement comme réponse à la souffrance et dénature le sens du soin.

Le texte amendé sera examiné par l’ensemble des sénateurs le 20 janvier prochain.

 

Détournement et confusion autour de la sédation

 

Dans l’exposé des motifs, les rapporteurs expliquent instituer « un dispositif d’assistance médicale à mourir prolongeant les dispositions de la loi Claeys-Leonetti, et réservé aux personnes véritablement en fin de vie », et « autoriser un médecin à prescrire une substance létale afin d’éviter au patient en fin de vie toute souffrance et toute obstination déraisonnable » ce qui est le cadre précisément « prévu pour la mise en œuvre de la sédation profonde et continue jusqu’au décès ».

Or la sédation telle que prévue par la loi Claeys Leonetti de 2016 et encadrée par les recommandations de la HAS vise à soulager des souffrances réfractaires aux traitements, le décès étant la conséquence de la maladie, puisque le patient se trouve « à quelques heures ou à quelques jours » de la fin de sa vie. L’intention n’est pas de faire mourir, ni de provoquer la mort par un acte létal.

L’acte proposé par les sénateurs est d’une autre nature : il vise à provoquer la mort du patient. Il s’agit clairement de suicide assisté et d’euthanasie.

 

Principales mesures adoptées par rapport au texte issu de l’Assemblée nationale.

 

  • Suppression de l’expression «  droit à l’aide à mourir », pour lui substituer le vocable d’assistance médicale à mourir réservé aux personnes ayant un pronostic vital engagé à court terme.
  • Modification des critères d’accès au suicide assisté et à l’euthanasie
    • Suppression de la condition tenant à la nationalité ou à la résidence en France
    • Alignement des conditions de recours à « l’assistance médicale à mourir » sur les critères de la sédation profonde et continue :  
  • affection grave et incurable ;
  • existence de souffrances réfractaires ou insupportables ; –
  • pronostic vital engagé à court terme.

La souffrance réfractaire est définie comme : « tout symptôme dont la perception est insupportable et qui ne peut être soulagé malgré des efforts thérapeutiques répétés, sans compromettre la conscience du patient ». Cette définition est celle utilisée par la Société Française d’Accompagnement et de soins Palliatifs (SFAP).

  • Suppression de toute notion de durée de la procédure dans la mesure où les rapporteurs considèrent que ce n’est pas nécessaire dans la cadre d’un pronostic vital engagé à court terme.
    • Ajout de l’obligation pour le médecin sollicité d’être déjà intervenu dans le traitement du demandeur ou de l’avoir déjà pris en charge
    • Information obligatoire sur la sédation profonde et continue lors de la consultation de demande d’aide à mourir
    • Obligation de présence d’un officier de police judiciaire et du professionnel de santé lors de l’administration de la substance létale, et jusqu’au décès de la personne.
  • Elargissement de la clause de conscience : inclusion de l’ensemble des professionnels de santé, dont les pharmaciens, dans le champ de la clause de conscience. Tous les professionnels susceptibles de participer à la procédure collégiale travaillant dans des établissements ou service médico-sociaux bénéficieraient de la clause de conscience même s’ils ne sont pas professionnels de santé.
  • Exclusion de tout engagement associatif relatif à l’euthanasie des membres de la commission de contrôle ce qui prévient les conflits d’intérêt en clarifiant que des militants pro-euthanasie ne peuvent être membres.
  • Suppression du délit d’entrave et prohibition de publicité pour « l’assistance médicale à mourir ».

 

Vigilance : c’est le moment d’interpeller les sénateurs !

Au total, on aboutit à un texte dangereux, stigmatisant pour les plus fragiles et en contradiction avec le soin.  Alliance VITA appelle les sénateurs à s’opposer à cette « assistance médicale à mourir » par suicide assisté et euthanasie et à s’engager résolument pour le développement des soins palliatifs.

Les Français ont besoin de soin, pas d’euthanasie : https://www.alliancevita.org/besoin-de-soin-pas-deuthanasie/

la commission du sénat dit oui au suicide assisté et à l’euthanasie

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PMA : l’accès aux origines, quelle réalité ?

PMA : l’accès aux origines, quelle réalité ?

PMA : l’accès aux origines, quelle réalité ?

 

Si la loi de bioéthique du 2 août 2021 a autorisé partiellement l’accès à leurs origines aux enfants nés par une assistance médicale à la procréation (PMA) avec tiers donneur, ce n’est qu’en … 2043 que les enfants qui en feront la demande pourront avoir systématiquement accès à l’identité du donneur.

Que dit exactement la nouvelle loi de bioéthique sur l’accès aux origines ?

La personne qui, à sa majorité, souhaite accéder aux données non identifiantes relatives au tiers donneur ou à son identité doit s’adresser à la Commission d’accès des personnes nées d’une assistance médicale à la procréation aux données des tiers donneurs (CAPADD). Opérationnelle depuis le 1er septembre 2022, elle dépend du ministère de la Santé. Elle est chargée de faire droit à ces demandes et de récupérer ces données auprès de l’Agence de la biomédecine.

La CAPADD est également chargée, d’une part de recueillir l’accord des tiers donneurs qui n’étaient pas soumis à ces dispositions et qui souhaitent donner leur identité et d’autre part de contacter les tiers donneurs si un enfant né avant ce nouveau régime souhaite connaître l’identité de son donneur.

On estime que 70 000 enfant seraient nés de PMA avec tiers donneurs depuis 1973.

Dans sa seconde mission, la CAPADD a reçu en un an 440 demandes d’accès aux données identifiantes et/ou d’identité dont 434 demandes recevables de la part d’enfants majeurs nés avant la levée de l’anonymat du don de gamètes, selon le premier rapport d’activité annuel publié le 31 août 2023.

Elle a pu identifier 101 donneurs dont 23 qui sont décédés. 19 ont accepté de dévoiler leur identité.  Elle a aussi reçu 435 consentements spontanés de donneurs ayant donné avant la loi.

Frédéric Letellier, président de l’association « Don de gamètes solidaires » a saisi la justice afin de préserver son anonymat. Auparavant, il avait transmis  à l’AP-HP une notification d’opposition de transmission des informations le concernant en s’appuyant sur le règlement européen relatif à la protection des données personnelles (règlement dit RGPD).

Le tribunal administratif de Paris a confirmé qu’un donneur peut, sur le fondement de ce règlement, s’opposer à la communication de ses données personnelles à la CAPADD. Dans un article de La Croix, M Letellier note la montée des pressions contre l’anonymat : « Ces derniers temps, des associations et des politiques multiplient les pressions pour lever à toute force leur anonymat, y compris après leur décès« . Si cette décision rassure les donneurs soumis au régime juridique antérieur à la loi de 2021sur le maintien de l’anonymat, elle ne les protège pas contre les levées d’anonymat consécutives aux tests génétiques et aux rapprochements familiaux réalisées désormais par les banques de données. Des situations qui se présentent depuis 2018.

La longue quête de certains enfants nés de PMA

La récente décision de la Cour européenne des droits de l’homme atteste du long combat de certains enfants dans la quête de leurs origines. Deux recours avaient été introduits en 2016 et 2017 par deux  trentenaires  qui reprochaient à l’Etat de cacher les informations sur leurs donneurs.

La Cour vient malgré tout de valider la conformité de l’anonymat du don de gamètes tel qu’il avait été légalisé par la France avec la convention européenne de sauvegarde des droits de l’homme. Parmi les arguments avancés par le gouvernement français pour justifier l’anonymat, « Il renvoie, s’agissant de l’intérêt de l’enfant, aux écritures du rapporteur initial du projet de loi de bioéthique de 1994 selon lesquelles l’anonymat est la « moins mauvaise solution », sa levée risquant de « créer une névrose de choix d’identité » alors que « l’identité biologique » n’a pas à l’emporter sur celle « résultant de la parenté sociale ».

C’est donc en prenant en compte l’intérêt de l’enfant que l’option de l’anonymat aurait été retenue par le législateur. »

Sauf que pour les jeunes devenus adultes, la réalité s’avère différente. L’ECLJ qui est intervenu comme tiers dans cette affaire a plaidé en ce sens en soutenant que les requérants étaient pourtant « victimes d’une discrimination en raison de leur naissance du fait de l’ignorance de leur identité biologique ou de leurs antécédents familiaux médicaux ».

Tout en déboutant les requérants, l’arrêt de la CEDH commente ce qui a orienté la nouvelle position française vers la levée de l’anonymat : « L’étude d’impact effectuée lors de la présentation du dernier projet de loi de bioéthique souligne la nécessité de légiférer car « la société a évolué depuis les premières lois bioéthiques » et parce que la France « est un des rares pays à avoir opté pour un principe absolu d’anonymat du donneur à l’égard du couple infertile et de l’enfant ». (…)

Elle relève par ailleurs que « les recherches de sociologues et de psychologues ont montré que l’application radicale du principe d’anonymat édicté en 1994 comporte des effets préjudiciables sur l’enfant, essentiellement parce que ce dernier est privé d’une dimension de son histoire qui le concerne pourtant intimement ».

 

C’est dire si toute législation autour de la PMA est sensible.

Comment a-t-on pu croire que des enfants seraient indifférents à être délibérément interdit d’accès à leurs origines ?  Pour autant les évolutions françaises laissent les enfants dans une forme d’impasse alors que la même loi a étendu l’accès à la PMA avec tiers donneurs aux femmes seules ou en couple. Les demandes ont décuplé en deux ans.

 

Une injustice persistante pour les enfants

 

Connaître l’identité d’un donneur ne donne pas l’obligation de relation avec lui comme cela avait été développé lors des débats de la loi de bioéthique. D’une façon générale, l’apport de gamètes extérieurs dans le processus de procréation cause une injustice à l’enfant. Ce dernier pourra avoir accès à la connaissance de ses origines à sa majorité quoique de façon réduite mais sera toujours privé de sa filiation biologique puisque son auteur n’a pas vocation à être son père et que le droit interdit même qu’il le soit.

Cela contredit  l’article 7 de la Convention internationale des droits de l’enfant qui reconnait leur droit de connaître leurs parents et d’être élevé par eux, dans la mesure du possible.

Avortement : ingérence du Parlement européen dans les compétences nationales ?

Avortement : ingérence du Parlement européen dans les compétences nationales ?

Avortement : ingérence du Parlement européen dans les compétences nationales ?

 

Le Parlement européen a adopté une résolution le 17 décembre 2025 demandant à la Commission européenne d’organiser l’avortement de femmes dans un autre Etat membre en raison des restrictions dans leur pays de résidence.

Le financement serait assuré directement par l’Union européenne et les Etats membres sur la base du volontariat. Cette résolution a été élaborée d’après l’initiative citoyenne européenne (ICE) « My voice, my choice : pour un avortement sans danger et accessible » lancée par des associations pro avortement et qui a recueilli 1,1 million de signatures. Toute réflexion sur les soutiens à apporter aux femmes enceintes et la prévention de l’IVG est passée sous silence.

L’ICE est un outil permettant aux citoyens de l’Union européenne d’inviter la Commission à proposer un nouveau texte législatif si l’initiative recueille au moins un million de signatures provenant d’un quart des Etats membres. La Commission doit, dans un délai de six mois à compter de la validation de l’ICE, préciser les mesures qu’elle entend prendre.

Les pays ciblés par les activistes à l’origine de ce mouvement sont plus particulièrement la Pologne et Malte, qui ont des lois restrictives sur l’avortement. Il s’agit cependant de pays qui ont voté leurs lois démocratiquement comme les autres pays de l’Union Européenne, qui ont adopté diverses législations.

Absence de compétence européenne

Des résolutions alternatives ont été proposées par plusieurs groupes politiques, dont l’une a été examinée sans obtenir de majorité, qui rappelaient que l’avortement n’est pas de compétence européenne.

En effet au terme de l’Article 168 du Traité sur le fonctionnement de l’Union européenne, l’Union dispose, dans le domaine de la santé publique, des compétences pour appuyer, coordonner ou compléter les actions des États membres. Il est précisé que « l’action de l’Union est menée dans le respect des responsabilités des États membres en ce qui concerne la définition de leur politique de santé, ainsi que l’organisation et la fourniture de services de santé et de soins médicaux. Les responsabilités des États membres incluent la gestion de services de santé et de soins médicaux, ainsi que l’allocation des ressources qui leur sont affectées ».

L’absence de compétence de l’Union européenne (UE) à l’égard de l’avortement a été confirmée à plusieurs reprises par les institutions européennes (Parlement européen, Commission européenne et Conseil européen). Le 30 avril 2012, le Commissaire européen chargé de la Santé, John Dalli, répondait à une question posée par des députés (E-002933/2012) :

« Compte tenu de la dimension éthique, sociale et culturelle de l’avortement, il appartient aux États membres d’élaborer et de faire appliquer leurs politiques et leur législation en la matière. La Commission n’entend pas compléter les politiques nationales de santé publique dans ce domaine ».

  • l’amélioration de la santé publique ;

  • l’information et l’éducation en matière de santé ;

  • la prévention des maladies et des causes de danger pour la santé physique et mentale ;
  • la lutte contre les grands fléaux, en favorisant la recherche sur leurs causes, leur transmission et leur prévention ;
  • la surveillance, l’alerte et la lutte contre les menaces transfrontières graves sur la santé;
  • la réduction des effets nocifs de la drogue sur la santé.
avortement : ingérence du parlement européen dans les compétences nationales ?

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Les Etats généraux de la bioéthique s’ouvrent en janvier 2026

Les Etats généraux de la bioéthique s’ouvrent en janvier 2026

Les Etats généraux de la bioéthique s’ouvrent en janvier 2026

 

En janvier 2026 s’ouvriront les Etats généraux de la bioéthique, prélude à un rapport du Comité consultatif national d’éthique pour les sciences de la vie et de la santé (CCNE) puis à une éventuelle révision de la dernière loi adoptée en 2021. Cette révision n’interviendrait pas avant 2028.

Les lois de bioéthique

Les lois concernant la bioéthique ont pour but d’encadrer le développement du progrès biomédical pour « protéger les droits fondamentaux de la personne ». Elles rassemblent de nombreux articles du code de la santé publique, du code civil et du code pénal et du code de l’action sociale et des familles, notamment. En France, les premières lois de 1994 sur la bioéthique ont fait l’objet de révisions / modifications en 2004, 2011, et 2013.

La loi de bioéthique en vigueur est celle adoptée en 2021. Chaque nouvelle loi a entrainé de nouvelles transgressions supplémentaires que la précédente prétendait contenir.

 

Que dit la loi de 2021 actuellement en vigueur?

La loi adoptée le 2 août 2021 formalise davantage un « droit à l’enfant » et un « droit à la recherche » au détriment d’une approche centrée sur le respect de la vie humaine dès son commencement, et sur le refus de la réification (c’est-à-dire le fait de traiter l’humain comme une chose). Le texte voté inscrit toujours plus la loi de bioéthique dans une logique d’adaptation aux nouvelles et vertigineuses capacités techniques s’éloignant des droits humains fondamentaux.

 

  • L’assistance médicale à la procréation (AMP)

Médiatisée comme la « PMA pour toutes », la loi autorise et organise un accès aux techniques de procréation médicale aux femmes, seules ou en couple. L’indication médicale d’infertilité est abandonnée : le recours à l’AMP est simplement conditionné à l’existence d’un « projet parental ».

L’autoconservation des gamètes sans indication médicale est également instituée. Les gamètes recueillis sont conservés dans des centres autorisés pour cette activité.

La filiation devient principalement basée sur la volonté, consacrée par l’existence d’un « projet parental », et non plus un lien ou une réalité biologique. Des actes de naissance mentionnent donc désormais deux femmes comme étant mères d’un enfant.

Concernant l’accès aux origines pour les enfants conçus à partir d’un don de gamètes, la loi met fin à l’anonymat du donneur.  A l’épreuve du temps, cet anonymat n’a pas résisté à la recherche des origines par des enfants conçus par ces techniques, une fois qu’ils sont devenus adultes.

Désormais, les personnes nées de PMA peuvent, à leur majorité et à leur demande, faire une requête d’accès à l’identité du donneur (le nom de naissance, les prénoms, le sexe, la date et le lieu de naissance) ainsi qu’à ses données non identifiantes.  Les premiers enfants ainsi nés ne pourront pas y accéder avant 2039 ou 2040, sans compter que cela ne donne aucun droit à la relation avec le tiers donneur.

La Gestation Par Autrui (GPA) reste interdite dans son principe en France mais une troisième voie de filiation a été ouverte par la Cour de cassation via la procédure d’exequatur. La PMA post-mortem(après le décès de l’un ou des deux membres du couple, pour lesquels des gamètes ou des embryons sont cryoconservés) le reste aussi tout comme la méthode dite ROPA (« Réception de l’ovocyte par le partenaire ») où un ovocyte de l’une est prélevé, fécondé in vitro par un tiers donneur avant d’être implanté dans l’utérus de l’autre femme.

  • La recherche sur l’embryon humain

Par ailleurs la loi de 2021 a considérablement réduit la protection due à l’embryon humain en facilitant sa mise à disposition et son instrumentalisation autrement dit en en faisant un matériau de recherche comme un autre. Par exemple des cellules humaines peuvent désormais être intégrées à des embryons d’autres espèces.

Et s’agissant des modalités d’information et de recueil du consentement au don d’embryons surnuméraires à la recherche, la loi substitue à une confirmation par écrit du consentement, la possibilité pour le couple de révoquer celui-ci par écrit dans un délai de trois mois, l’absence de révocation valant alors confirmation du consentement initial (article L. 2141-4 du code de la santé publique). 

 

  • Le diagnostic pré implantatoire (DPI)

En matière de Double DPI (ou DPI-HLA, technique dite du « bébé médicament »), la loi de 2021 a supprimé l’obligation que tous les embryons sains conservés d’un couple soient implantés avant d’envisager une nouvelle tentative de FIV (article L 1231-4 du Code de la Santé Publique) en vue de réaliser un double DPI.

 

  • Le diagnostic prénatal (DPN)

Le DPN a été étendu à une enquête génétique chez les parents en cas de découvertes fortuites lors des examens habituels.

La loi de 2021 a intégré les modalités des conditions de la « réduction embryonnaire », pratique qui consiste à éliminer arbitrairement un ou plusieurs fœtus dans le cadre d’une grossesse multiple même si ces fœtus sont en bonne santé.

La loi applique à l’IMG les dispositions existantes en matière d’IVG pour les femmes mineures et elle ajoute un article L. 2213-4 disposant qu’« un médecin qui refuse de pratiquer une IMG doit informer sans délai l’intéressée de son refus et lui communiquer immédiatement les noms de praticiens susceptibles de réaliser cette intervention ».

La loi supprime enfin l’obligation de proposer à la femme un délai de réflexion d’au moins une semaine avant d’interrompre sa grossesse en cas de forte probabilité que l’enfant à naître soit atteint d’une affection d’une particulière gravité reconnue comme incurable au moment du diagnostic.

 

Les Etats généraux de la bioéthique : modalités et calendrier

La loi bioéthique elle-même prévoit que tout projet de réforme sur les problèmes éthiques et les questions de société mentionnées par la loi soit précédée d’un débat public sous forme d’Etats généraux. Ceux-ci sont organisés à l’initiative du CCNE, après consultation des commissions parlementaires permanentes compétentes et de l’Office parlementaire d’évaluation des choix scientifiques et technologiques (OPECST).

Les Etats généraux de la bioéthique visent un double objectif :

  • « Identifier les questions éthiques émergentes liées aux avancées scientifiques et sociétales.
  • Éclairer le législateur, en amont de la révision des lois de bioéthique lorsqu’elle aura lieu, grâce à une analyse argumentée et à une vision pluraliste des enjeux. »

Dans le cadre de cette consultation nationale, plusieurs dispositifs se déploieront :

  • des débats citoyens en régions, à Paris et en outre-mer menés par les Espaces de réflexion éthique régionaux (ERER)
  • un comité citoyen organisé en partenariat avec le Conseil économique, social et environnemental (CESE) qui aura à traiter de deux questions
  • des auditions des grandes institutions, des académies, des différentes sociétés savantes, ainsi que des milieux associatifs du 12 janvier au 10 avril 2025.

Les Etats généraux de la bioéthique ouvrent trois nouvelles pistes de réflexion (Le juste soin : jusqu’où traiter ? ; la prévention en santé ; la santé en outre-mer.) qui complèteront les sujets classiques des lois de bioéthique :

  • Examens génétiques et médecine génomique ;
  • Procréation ;
  • Neurosciences ;
  • Cellules souches et organoïdes ;
  • Transplantations d’organes et xénogreffes ;
  • Numérique, IA et santé ;
  • Santé, environnement et climat.

Le CCNE devrait faire la synthèse de toutes ces contributions début juin en forme de bilan des États généraux de la bioéthique 2026 puis il donnera son propre avis sur un certain nombre de grandes questions de bioéthique à l’automne 2026 pour éclairer et préparer la future loi de bioéthique qui ne devrait pas intervenir avant 2028.

 

La voix d’Alliance VITA au service de la protection des plus fragiles

Prendre part à la révision de la loi de bioéthique représente pour Alliance VITA un nécessaire exercice de vigilance et de proposition.  Dans les faits, les différentes lois ont avalisé des transgressions majeures : prélèvement de gamètes, congélation, tri et destruction d’embryons, extension du DPN et du DPI au risque de l’eugénisme. Ainsi, Alliance VITA entend se mobiliser :

  • En étant auditionnée par le CCNE dans le cadre des Etats généraux
  • En étant présente dans les débats citoyens en régions, à Paris et en outre-mer grâce à son réseau de plus de 1000 volontaires présents sur tout le territoire.
les etats généraux de la bioéthique s’ouvrent en janvier 2026

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Solidaires des plus fragiles : la boussole d’Alliance VITA

Solidaires des plus fragiles : la boussole d’Alliance VITA

Solidaires des plus fragiles : la boussole d’Alliance VITA

 

A l’occasion de la Journée internationale de la solidarité humaine du 20 décembre 2025, Alliance VITA fait le point sur la devise qu’elle a choisie pour définir et orienter son action et faire en sorte que la solidarité soit vraiment pour tous, sans exclure ceux qui en ont un besoin vital.

La devise d’Alliance VITA repose sur deux convictions qui peuvent être partagées par tous.

La première, c’est que les êtres humains sont interdépendants. Cela ne contredit ni leur besoin de liberté, ni leur aspiration à l’autonomie. N’est-ce pas cette interdépendance qui justifie la fondation et le développement des sociétés humaines, à partir des familles, des clans et des tribus ? Vivre ensemble, à proximité les uns des autres, reliés, en relation, c’est une question de survie, par seulement d’épanouissement.

La prégnance de la technologie ne fait qu’accentuer ce constat. Plus les sociétés sont sophistiquées, plus les êtres humains se spécialisent, plus nous avons besoin des autres. Pour consommer un verre d’eau – produit vital s’il en est – il faut désormais faire confiance à une série de spécialistes qui garantissent la production et l’acheminement jusqu’à chacun d’une eau potable.

A fortiori les systèmes sophistiqués de santé, de protection sociale, d’échanges marchands etc. ne sont sains que s’ils sont fondés sur les relations de confiance. Une société digne de ce nom s’apparente donc à une chaîne de solidarité où chacun a sa place unique, et joue son rôle. Et où personne ne peut se prétendre invulnérable.

 

La solidarité, critère d’humanité

C’est là que vient s’insérer une seconde conviction : la place faite au plus fragile détermine largement le degré d’humanité d’une société. Elle vient d’un autre constat : quel est le maillon qui détermine la solidité d’une chaîne ? Réponse évidente : le plus fragile. Une chaîne rompt naturellement par son maillon le moins résistant.

D’où son caractère précieux pour tous. La protection du maillon le plus faible, l’attention dont il est l’objet, les soins dont il doit bénéficier, sont de l’intérêt de tous. La rupture du maillon faible est un signal d’alerte, car elle met en danger toute la société. Les chercheurs ont découvert que les sociétés humaines les plus primitives savaient prendre soin de leurs membres fragiles. A l’image de l’archéo-anthropologue Valérie Delattre :

« Plus on [remonte] dans la profondeur du temps, plus c’est stupéfiant de voir comment les groupes et les communautés ont pu gérer des personnes vulnérables, fragiles ou très lourdement handicapées ».

Aujourd’hui, plus encore qu’hier, la légitimité des lois tient à leur rôle protecteur des plus faibles contre la toute-puissance des plus forts, selon la célèbre formule de Lacordaire :

« Entre le fort et le faible, entre le maitre et le serviteur, c’est la liberté qui opprime et la loi qui affranchit ».

Alliance VITA défend l’éminente dignité de toute vie humaine, reconnue par la Déclaration universelle des droits de l’homme ; elle conteste toute dévaluation d’une vie humaine, qui serait alléguée en raison de sa fragilité (immaturité ou grand-âge, santé défaillante, dépendance et handicaps…). La vulnérabilité est en réalité une valeur d’humanité, un propre de l’homme qui appelle la solidarité.

 

Considérer les plus fragiles

C’est de ce constat étayé qu’Alliance VITA a tiré sa devise : solidaires des plus fragiles. Reste à « voir » et à considérer ces plus fragiles, que – parfois – les lois, même démocratiquement votées, ne parviennent plus à reconnaître ou traiter comme des citoyens, des personnes ou des êtres humains à part entière. Il s’agit de ceux dont la vie est délaissée, ignorée, menacée, méprisée.

Alliance VITA a donc choisi d’intervenir de façon privilégiée quand le principe même de vie est remis en cause. Elle sait par ailleurs que des conditions de vie minimales (dignes de l’humanité) sont à intégrer aux exigences de la solidarité. De nombreux membres de l’association sont engagés pour leur propre compte ou au sein d’autres structures, auprès des personnes porteuses de handicap, d’enfants maltraités, de jeunes en perte de repères, de personnes vivant dans la rue ou subissant des conditions de vie difficiles, vivant dans la misère, et aussi de migrants en situation de précarité, de personnes isolées, en situation de « mort sociale » etc.

Respect de la vie et conditions de vie vont de pair. Par ailleurs, nous savons qu’une société excessivement individualiste et consumériste produit à sa marge des exclus. Toutes les actions de solidarité sont nécessaires pour panser une société parfois si dure aux faibles qu’elle va jusqu’à porter une injonction particulièrement contradictoire dans le cas des personnes handicapées. On peut penser, à titre d’exemple aux personnes atteintes par la Trisomie 21 : prenez toute votre place, mais il aurait mieux valu que vous n’existiez pas…

 

De l’exclusion à l’auto-exclusion

L’association s’est donc centrée sur ces enjeux aux deux extrémités de la vie : autour de la conception et de la naissance d’une part, autour de la maladie et de la fin de vie d’autre part, car le « droit à la vie », première exigence des droits universels de l’homme, est, à ces deux extrémités, remis en cause, non seulement par des lois existantes ou en débat, mais aussi par des mentalités et des comportements. L’enjeu est culturel, social, économique, politique.

Avec les indéniables progrès technologiques et médicaux renaissent des tensions sur la vie qu’on aurait pu croire révolues depuis le rejet de l’eugénisme, en particulier le tri des êtres humains avant la naissance, l’instrumentalisation du corps des femmes, le déni de la valeur de l’existence qui s’achève. Avec le risque de l’auto-exclusion des personnes fragiles, sous la pression des normes sociales qui les dévalorisent. D’où les efforts d’Alliance VITA pour entretenir et restaurer le « goût de vivre » chez ceux qui risquent de le perdre.

Aux stades originels ou ultimes de l’existence, Alliance VITA ne se contente pas de défendre le principe du respect de la vie au nom de la solidarité par un plaidoyer destiné au public ou aux politiques ; l’association travaille à favoriser les conditions d’accueil de la vie et le soutien aux plus fragiles, au profit de toute personne concernée intimement par ces étapes : jeunes, couples, femmes enceintes, personnes concernées par le handicap ou la dépendance, patients gravement malades ou en fin de vie, personnes âgées, personnes désespérées, soignants, proches aidants… Tout l’écosystème indispensable à la solidarité doit être entendu, encouragé, soutenu.

C’est le sens de la fondation des trois services d’écoute animés par l’association. C’est aussi le sens des guides pratiques édités par l’association qui informent largement sur les besoins et dispositifs de solidarité et encouragent chacun à y prendre part. Cette expérience de terrain – des milliers de personnes écoutées se confiant chaque année à des écoutants formés et supervisés – associée au dialogue constant avec les décideurs renforce la légitimité d’Alliance VITA pour prendre la parole et réaffirmer l’urgence et l’importance de se faire solidaire des plus fragiles.

 

solidaires des plus fragiles : la boussole d’alliance vita

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Sondage sur l’euthanasie : le consensus inexistant

Sondage sur l’euthanasie : le consensus inexistant

Sondage sur l’euthanasie : le consensus inexistant

 

Et de deux ! Un nouveau sondage sur l’euthanasie montre que le consensus n’existe pas en France sur ce sujet.

Quelques jours après le sondage du Centre national des soins palliatifs et de la fin de vie (CNSPFV), la Fondapol (Fondation pour l’Innovation Politique) associée aux Associations familiales catholiques ​AFC​ publient un sondage conduit par OpinionWay sur la proposition de loi adoptée en première lecture par l’Assemblée nationale.

Trois informations importantes en ressortent :

  • Les Français s’intéressent au sujet de la fin de vie mais le connaissent peu.
  • Informés du contenu de la proposition de loi actuelle, ils s’opposent à un nombre important de ses dispositions.
  • Ils sont inquiets de l’impact de l’euthanasie sur les plus fragiles.

 

Les Français s’intéressent au sujet de la fin de vie mais le connaissent peu

Cet intérêt se manifeste en quelques chiffres. 82% des sondés se disent intéressés par le sujet de la fin de vie, 65% se sentent concernés par cette fin de vie et 65% ont été proches d’une personne en fin de vie. Cependant, 54% admettent ne pas suivre régulièrement les débats, et 60% reconnaissent ne pas rechercher d’informations sur le sujet. Enfin 48% répondent ne pas en avoir parlé, ni avec des amis, ni en famille, ni au travail.

Si l’intérêt est là, le temps manque peut-être pour approfondir ce sujet complexe.

Et si le consensus, que les partisans de l’euthanasie aiment rappeler, était bâti sur une façade, masquant des méconnaissances réelles des dispositions de la proposition de loi ?

 

Informés du contenu de la proposition de loi actuelle, ils s’opposent à un nombre important de ses dispositions

En effet, interrogés sur plusieurs dispositions prévues dans le texte, une majorité affirme son opposition. Voici quelques exemples.

  • Sur la question clé du contrôle, 68% veulent que les contrôles de respect des procédures soient réalisés avant la mort. Le texte actuel prévoit un contrôle possible a posteriori.

  • Dans le texte actuel, la procédure prévoit la consultation d’un second médecin, mais sans l’obligation d’examiner le patient. 57% des sondés jugent cette disposition « inadaptée ».

  • Une majorité (45% contre 39%) estime que l’euthanasie ou le suicide assisté devrait être refusé en cas de désaccord entre les deux médecins.  Et ils sont même 73% à demander à ce qu’un psychiatre soit consulté en cas de doute sur les capacités de discernement du patient, ce qui n’est pas prévu aujourd’hui.

  • 78% appuient le principe d’une procédure spécifique pour les personnes souffrant de déficience intellectuelle.

  • 66% affirment que la réunion du corps médical doit se tenir physiquement, et non en visio.

  • 48% désapprouvent l’absence d’un délit d’incitation, contre 34% qui l’acceptent.

  • Enfin, face à l’alternative pour un proche entre soins adaptés et euthanasie, 52% des sondés optent pour les soins palliatifs contre 38% pour l’euthanasie. Cela rejoint la priorité donnée aux soins, message porté par Alliance VITA pendant tous les débats législatifs.

 

Les Français sont inquiets de l’impact de l’euthanasie sur les plus fragiles

Au-delà du soutien ou non à l’idée de légalisation de l’euthanasie ou du suicide assisté, le sondage fait ressortir une vraie prise de conscience sur les dégâts potentiels du texte.

A la question « Si cette proposition de loi était adoptée, craignez-vous que les personnes les plus fragiles, physiquement ou psychologiquement, soient conduites à avoir plus souvent recours à l’euthanasie ou au suicide assisté que les autres ? », 64% des 18-24 ans répondent « oui ». Ils sont 62% des 25-34 ans et 53% des 35-49 ans. Sur l’ensemble des tranches d’âge, c’est 52% de « oui » contre 35% de « non ».

 

A la question « Si cette proposition de loi était adoptée, craignez-vous que l’on assiste un jour à une extension de l’euthanasie ou du suicide assisté aux mineurs ou aux personnes en situation de handicap intellectuel comme on le voit dans d’autres pays ayant adopté une loi comparable ? », ils sont 46% à répondre « oui » contre 39% « non ». L’impact sur la famille suscite une vraie opposition. 70% des personnes interrogées craignent l’apparition de graves désaccords au sein des familles ou entre les proches si la loi sur la « fin de vie » devait être adoptée.

Les Français, dans un large consensus, demandent une priorité aux soins et à un système de santé qui fonctionne. Les décideurs politiques et le Parlement ont un impératif d’écouter cette demande. La légalisation de l’euthanasie et du suicide assisté n’est ni une priorité, ni un consensus pour les Français.

sondage sur l'euthanasie : le consensus inexistant.

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Quand les entreprises promettent de choisir l’embryon idéal

Quand les entreprises promettent de choisir l’embryon idéal

Bébé sur mesure : quand les entreprises promettent de choisir l’embryon idéal

 

Utiliser des données génétiques de ses embryons pour choisir « le meilleur », celui qui fera la taille attendue, qui sera exempt de certaines pathologies ou qui présente les meilleures chances d’avoir un fort QI ?

C’est la « promesse » qu’affichent de plus en plus d’entreprises américaines, qui ont bien compris que la mentalité du « bébé sur mesure » progressait dans les sociétés industrialisées, déjà très imprégnées par la logique inhérente aux techniques de procréation artificielle.

 

Sélectionner le « meilleur » embryon

Une enquête menée par The Guardian rapporte que certains couples britanniques ont recours à une technique de sélection de leurs embryons, interdite dans leur pays, en exploitant une faille juridique. Même si au Royaume-Uni, la sélection embryonnaire est une pratique autorisée, toutes les détections ne sont pas permises.

Le diagnostic pré-implantatoire est en effet déjà pratiqué sur les embryons conçus dans le cadre de procréation assistée, dans l’objectif d’une détection d’un certain nombre de pathologies ou de prédispositions qui font l’objet d’une liste donnée. Mais certains couples souhaitent aller plus loin. En arguant de leur droit à la protection de leurs données personnelles, ces couples demandent l’accès aux données génétiques concernant les embryons qu’ils ont conçus par fécondation in vitro.

Puis ils transmettent ces données à des sociétés à l’étranger, notamment aux États-Unis, où ces pratiques ne sont pas interdites, pour se faire conseiller sur le « meilleur embryon candidat » à se faire implanter, en vue d’une grossesse. Récemment et dans ce cadre, c’est la société Herasight qui a été montrée du doigt. 

C’est une clinique de fertilité de Londres qui rapporte cette information. Deux de leurs patientes, sans l’accord de la clinique qui les accompagne dans leur parcours de procréation assistée, seraient ainsi engagées auprès de la startup américaine qui annonce être en mesure de conseiller ses clients sur le choix de l’embryon à implanter.

Un « tri » qui serait facturé 50 000 dollars… D’après Herasight, leur programme vise à donner aux parents des informations concernant le sexe biologique, les risques concernant divers cancers fréquents, la maladie d’Alzheimer ou des pathologies cardiaques ou psychiatriques. Elle affirme également que leur sélection permet de choisir un embryon ayant un gain moyen de 6 points de QI…

Ce type de révélation n’est pas nouveau. En 2024, l’organisation militante britannique Hope Not Hate avait infiltré la société américaine Heliospect Genomics qui commercialise aussi cette forme de « prestation » eugénique.

Une entreprise similaire, Nucleus Genomics a créé la polémique récemment en investissant les couloirs du métro de New York avec des publicités encourageant les futurs parents à « construire la santé générationnelle » dans le cadre de leur campagne « Have Your Best Baby » (ayez votre meilleur bébé).

0Malgré la controverse, la campagne a suscité un vif intérêt de la part des futurs parents. L’entreprise a enregistré une augmentation stupéfiante de 1 700 % des ventes depuis le début de la diffusion des publicités. « Chaque famille mérite de savoir que ces outils existent », a déclaré le PDG de l’entreprise, Kian Sadeghi, à propos des nouvelles publicités accrocheuses. « Les outils sont sûrs, et ils peuvent vous aider à prendre des décisions plus réfléchies concernant votre futur enfant. »

 

Que font ces entreprises ?

Certaines données sont facilement identifiables lors d’un diagnostic pré-implantatoire, et de manière fiable : le sexe de l’embryon, par exemple, ou la présence de tel ou tel gène, clairement identifié et connu. Mais concernant la recherche de possibles prédispositions aux maladies, c’est bien plus complexe, car la plupart de celles qui ont une composante génétique impliquent en réalité de nombreux gènes, qui peuvent être à des endroits différents du génome.

Donc ces entreprises réalisent ce que l’on appelle le « dépistage polygénique ». C’est une analyse « théorique », à l’aide d’algorithmes. Ce sont des prédictions, des indicateurs statistiques plus ou moins rigoureux selon le critère recherché ou à identifier.

Les sociétés vont attribuer, pour chaque critère étudié, ce que l’on appelle un score polygénique. Ce score est obtenu en additionnant les « allèles de risque » identifiés dans le profil génétique de l’embryon, chacun étant pondéré par un coefficient reflétant la force de son association avec la maladie considérée, et donc le niveau de risque qui lui est associé.

Pour déterminer ces coefficients, les sociétés s’appuient sur des bases de données, constituées à partir de l’analyse génétique de milliers de personnes pour lesquelles des questionnaires et des dossiers détaillés sont disponibles. En ayant accès à d’immenses banques de données génétiques — comme la UK Biobank, qui rassemble les profils génétiques et les données phénotypiques de centaines de milliers d’individus — ces sociétés cherchent à établir des corrélations entre les informations génétiques, d’une part, et les données médicales, morphologiques et sociales, d’autre part.

Ces données ont été confiées par des personnes qui ne mesurent pas toujours la valeur ni les usages futurs possibles de leurs informations personnelles.

Une fois la formule du score polygénique établie, elle peut être appliquée au profil d’un embryon donné afin d’estimer son risque génétique pour l’affection considérée, à condition que cet individu appartienne à une population comparable à celle ayant servi à l’élaboration du score.

 

Une pratique contestée et contestable

Evidemment, la légitimité scientifique du recours aux scores polygéniques pour sélectionner des embryons est largement contestée par la communauté scientifique et par les spécialités de génétique. En 2021, des experts européens avaient déjà dénoncé une pratique « non prouvée et contraire à l’éthique », dans un article publié dans la revue Nature.

Rien ne permet de garantir que le « meilleur profil » génétique aboutira à une vie en meilleure santé, tant les interactions entre gènes et environnement, ainsi que les aléas biologiques, restent complexes et souvent imprévisibles.

Mais l’inefficacité ou les illusions de perfection que présente cette technique ne sont pas les seuls problèmes. C’est la « philosophie » qu’elle sous-tend qui est le plus inquiétant. Cette manière de concevoir l’enfant à naître comme un profil génétique comme un produit ou un projet issu d’une longue, coûteuse et technique sélection a de quoi inquiéter.

Comment un enfant accueillera-t-il l’idée qu’il existe parce qu’il a obtenu le droit de naître « sous conditions », à la suite d’un tri ? Un enfant programmé génétiquement, fabriqué « sur mesure » pour s’ajuster au désir de ceux qui l’auront commandé, peut-il vivre paisiblement cette situa­tion et s’épanouir sans y penser ? Peut-il être complètement lui-même ?

Que faire si l’enfant ne « consent » pas au projet formulé sur lui ? Les questions sont abyssales. Elles se posent désormais à la communauté internationale, tant nous constatons à quel point la technologie devance, non seulement les réflexions éthiques, mais aussi les législations nationales.

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Sondage Fin de vie : priorité aux soins, pas à l’euthanasie

Sondage Fin de vie : priorité aux soins, pas à l’euthanasie

Sondage Fin de vie : priorité aux soins, pas à l’euthanasie

 

Priorité aux soins et à l’accompagnement, pas à l’euthanasie ou au suicide assisté. C’est l’enseignement clair du dernier sondage que le CNSPFV (Centre National des Soins Palliatifs et de la Fin de vie) a rendu public récemment.

Le CNSPFV est un organisme dépendant du ministère de la Santé, chargé d’une meilleure connaissance en France des sujets de fin de vie et des soins palliatifs. En 2022, alors que les débats sur la fin de vie étaient relancés, il avait publié un sondage sur la compréhension des situations de fin de vie et les attentes des Français. Ce sondage est mis à jour dans cette édition 2025. Cette enquête menée par l’Institut BVA s’est faite sur un échantillon de 1000 personnes, effectuée en mars et avril cette année. Elle cherche à décrypter :

  • Les représentations des Français sur la fin de vie
  • Leurs attentes
  • La connaissance de leurs droits
 

 

Que veut dire « fin de vie » pour les Français ?

Interrogés sur « quelle période s’étend la fin de vie pour vous », les réponses des sondés sont assez dispersées. Pour 26%, il s’agit des derniers mois, ils étaient 20% en 2022. 22% optent pour « les dernières heures de vie », un chiffre également en hausse. En 2022, ils étaient 15% à choisir cette formulation. Dire que la fin de vie concerne « les dernières années de vie » recueille 15% des suffrages, contre 30% en 2022, une baisse vraiment significative.

Au total, entre « derniers mois », « dernières semaines », « derniers jours », et « dernières heures », la fin de vie est une échéance rapprochée pour 74% des Français, contre 62% en 2022. Ce changement peut être vu comme positif. Assigner à la fin de vie des années entières est un glissement sémantique dommageable pour le regard porté sur les personnes âgées ou gravement malades.

 

Ces réponses se recoupent difficilement avec une autre question : « Pour vous à quel moment commence la fin de vie ? ». Il s’agit d’une nouvelle question comparée à 2022. Au lieu de critères relativement objectifs, la question glisse vers celle des ressentis personnels, sur des situations aux contours souvent peu définis : « Perte de votre autonomie », « diagnostic d’une maladie grave et incurable », « aggravation importante d’une maladie grave et incurable ».

Ces réponses possibles sont vagues et anxiogènes. Les médecins savent dire que des personnes atteintes de cancer grave peuvent vivre plusieurs années. Quant à la perte de l’autonomie, que désigne-t-elle : l’impossibilité de maintenir toutes ses activités, le fait de ne plus marcher, ou des déclins cognitifs ? La référence à des notions aussi imprécises et teintées de peurs entretient le discours validiste à connotation eugéniste dénoncé par le Comité des droits des personnes handicapées de l’ONU cet été.

 

Une autre nouvelle question se penche sur la définition des soins palliatifs. Après plusieurs années de débats, une Convention citoyenne, une belle campagne d’affichage de la Société Française d’Accompagnement et de soins Palliatifs (SFAP) sur le sujet, 59% savent répondre « Une approche globale pour soulager les douleurs physiques et psychologiques de la personne malade et de ses proches », contre 28% qui les associent à « Des soins accessibles uniquement en fin de vie », et 18% à « Des soins accessibles uniquement à l’hôpital ».

 

Les attentes des Français pour leur fin de vie.

Le temps de la fin reste difficile à envisager. 40% des Français disent qu’ils n’ont pas personnellement réfléchi à leurs souhaits pour la fin de vie, une proportion en baisse comparée à 2022 (45%). Les interlocuteurs préférés pour aborder ce sujet restent les proches, puis les professionnels de santé. Ce sujet reste délicat, et les Français n’ont pas envie d’en parler en avance d’un problème de santé. Seuls 13% disent qu’ils souhaiteraient en parler avant d’y être confrontés (par exemple lors d’une visite médicale de routine). Ils étaient 18% en 2022.

A la question « Quels sont les éléments qui comptent le plus pour vous dans le cadre de votre fin de vie ? En premier ? Et ensuite », les préférences sont claires. Sont citées en premier : le soulagement de la souffrance physique à 28%, le fait d’être entouré par des proches qui comptent pour vous à 21%, 14% le fait d’être assuré du respect de vos volontés et de vos droits. La « possibilité de choisir le moment de votre décès » recueille 12% comme premier choix.

Quand on additionne les choix multiples, ce choix de l’euthanasie est en cinquième place, après les trois demandes citées plus haut, et « la prise en compte des besoins des proches ». On est loin d’une demande sociale d’euthanasie, tant martelée par ses partisans dans les médias et pendant les débats au Parlement. Il est bon de le redire : il n’y a ni grande demande, ni urgence à légaliser l’euthanasie et le suicide assisté quand la demande prioritaire porte sur les soins et le soulagement de la souffrance.

 

La connaissance des droits en fin de vie.

Les autres questions de l’enquête portent sur les directives anticipées et la connaissance des dispositifs législatifs autour de la fin de vie. 46% des Français s’estiment mal informés. 59% ne savent pas ce que sont les Directives Anticipées, et 27% les connaissent mais ne savent pas précisément ce que c’est.

Même parmi ceux qui connaissent plus ou moins le dispositif, une forte majorité (81%) n’a pas envie de les rédiger. La sédation profonde et continue est connue, précisément ou pas, par 54% des répondants. La synthèse apportée par l’Institut de sondage parle de « connaissance assez lacunaire des dispositifs de la fin de vie ».

 

Le dernier volet de l’enquête porte sur les « attentes ». Les opinions sont partagées. 41% des sondés pensent que les lois actuelles concernant la fin de vie garantissent le respect de leurs volontés et préférences pour leur fin de vie, contre 44% non, et 15% qui ne savent pas. En 2022, ils étaient 46% à dire oui, 48% à dire non, et 6% à ne pas savoir.

Ainsi, après 3 ans de débats, c’est la part des incertains qui a monté. On est loin, là aussi, d’une vague de soutien à l’euthanasie. Enfin, pour les sondés qui ont été confrontés à une situation de fin de vie dans l’année écoulée (30% des sondés), ils sont deux tiers qui considèrent que l’accompagnement a été bon.

 

Compte tenu des carences en soins et notamment palliatifs sur le territoire, on peut en déduire qu’une véritable politique de soins adaptés et de soulagement de la souffrance est la réponse adéquate pour les personnes en fin de vie et leurs proches.

 

Besoins de soins, d’information, d’accompagnement. Ce sondage récuse toute demande sociétale de légalisation de la mort administrée.

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Hommage à Jacques Ricot, le penseur de la fin de vie

Hommage à Jacques Ricot, le penseur de la fin de vie

Hommage à Jacques Ricot, le penseur de la fin de vie

 

Chercheur associé à l’université de Nantes et membre de la Société française de soins palliatifs, Jacques Ricot avait humblement repris ses études à l’âge de la retraite, en bouclant une magistrale thèse de doctorat : « Penser la fin de vie ». Il avait aussi publié des solides tribunes et de précieux ouvrages permettant de décortiquer les mots clés du débat : la dignité, la compassion, le suicide etc.

Il dénonçait en toute logique le « hold up sémantique » opéré par les partisans de l’euthanasie sur le mot dignité : « C’est le propre du philosophe que de mettre de l’ordre dans les concepts. » Même travail à propos de la liberté. Comme Axel Khan il récusait avec force la caractérisation du suicide comme liberté : « On ne peut pas parler de liberté du suicide, parce que celui qui passe à l’acte n’aperçoit pas d’autre horizon, ni d’autre solution ».

Sans se départir de sa douceur, il savait alerter avec force contre les messages subliminaux véhiculés par certaines institutions : « Le fait que les mutuelles, dont la fonction est de protéger les personnes les plus vulnérables, soutiennent l’euthanasie instille le doute ». En filigrane, il voyait poindre en soubassements de l’offensive de l’euthanasie l’influence délétère, quoiqu’à ses yeux « inconsciente », des enjeux démographiques et économiques.

Récusant tout complotisme, il citait alors Marx : « Les hommes font leur propre histoire mais ils ne savent pas qu’ils la font. » Dans l’un de ses derniers livres « Faut-il sauver l’homme ou le chien ? », il s’opposait à la dissolution des frontières entre l’homme et l’animal.

L’euthanasie, soulignait-il est absente du code pénal mais présente dans le code rural, à sa place. Il ne faut pas s’étonner qu’un enseignant, fervent adepte de l’écoute se soit mué, à sa retraite, en homme de radio. Il recevait ses invités pour le compte de Radio Fidélité. Après les avoir lus ou entendus, crayon en main, il les interrogeait avec finesse pour mieux s’effacer devant leur parole. Homme de foi, Jacques Ricot laisse de nombreux écrits passionnés et passionnants, aussi intemporels que son exemple.

 

Université de la vie 2022 : Quelle liberté de « choisir sa mort » ? – Jacques Ricot

hommage à jacques ricot, le penseur de la fin de vie

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