Couples, des facteurs qui poussent à la séparation ?

Couples, des facteurs qui poussent à la séparation ?

Couples, des facteurs qui poussent à la séparation ?

 

L’Unaf (Union Nationale des Associations Familiales) vient de publier un rapport étudiant les causes de séparation dans les couples. L’objectif de cette étude réalisée en 2021-2022 était de « comprendre le processus conjugal qui conduit à la séparation ».

Cette enquête est qualitative. L’auteur, sociologue au CNRS, a mené des « entretiens biographiques » d’une vingtaine de couples séparés, en interrogeant la femme et l’homme sur leur vécu commun jusqu’à la séparation. Outre sa taille limitée, l’échantillon constitué comporte des biais notés dans le rapport :

« les couples appartenant aux classes moyennes-supérieures sont sur-représentés, et ils sont quasiment tous bi-actifs« . C’est-à-dire que la femme et l’homme ont un emploi, auquel se rajoute la charge des activités familiales.

 

Des facteurs qui pèsent sur le couple

La sociologue mentionne une des hypothèses qu’elle a cherché à vérifier par cette enquête : « que les couples peuvent être malmenés par les conditions de vie liées au rythme imposé par les situations professionnelles, les déplacements domicile-travail, la peur de perdre son emploi, la nécessité de disposer de revenus monétaires en hausse etc« . Des entretiens biographiques menés, un facteur supplémentaire ressort : le poids de normes sociales pour ces couples des classes moyennes-supérieures. Ainsi « les normes de confort matériel (avoir un logement à soi, disposer d’une belle maison, pouvoir gâter ses enfants, s’offrir des loisirs…) et de « bonne parentalité » qui imposent des exigences en hausse et accentuent le caractère « hyper tendu » des vies contemporaines ».

L’enquête pointe sur un enchainement déstabilisateur pour ces couples : 

« L’agrandissement de la famille génère aussi un travail domestique et parental en hausse, qui conduit à un surinvestissement des femmes dans la sphère domestique et des hommes dans la sphère professionnelle« .

D’une part cette asymétrie est plus insatisfaisante aujourd’hui, en particulier pour les femmes dans une société où la demande « d’égalité des rôles » est forte.

D’autre part, il devient plus difficile pour le couple d’avoir des projets communs, « ce qui contribue à éloigner les deux conjoints« .

L’auteur conclut que  » les difficultés des couples rencontrés semblent moins résulter d’un éloignement en raison d’envies, de valeurs, de projets qui divergeraient au fil du temps que d’une absence de disponibilité pour continuer de les partager et pour formuler des projets pour soi« .

 

Des propositions pour aider les couples

 

« On s’aimait plus », « on a pris chacun un chemin différent », « on a changé et on ne se comprend plus »… Ces expressions entendues pour parler d’un divorce peuvent dire une certaine fatalité. Cette enquête s’inscrit dans une vision différente pour le couple. Le divorce n’est pas le constat d’un désamour inévitable, le signe d’une fragilité intrinsèque à l’amour. Dans cette enquête, les causes de la séparation se comprennent plutôt par  » la manière dont les individus se représentent ce que devrait être le couple et de la place de chacun dans ce dernier« .

Selon une enquête statistique, les femmes sont plus souvent à l’origine de la séparation (75% des cas) que les hommes. Les entretiens ont conduit la sociologue à faire ce constat également :

« Dans la réalité de la vie conjugale, les femmes sont plus nombreuses que les hommes à remettre en cause la pérennité de la relation conjugale quand elles font le constat que la relation conjugale ne répond plus à leurs attentes« .

Tout en révoquant une vision naïve de l’amour « romantique » qui dure sans « besoin d’une attention particulière« , le rapport se termine avec quelques pistes pour aider la construction d’un couple durable.

  • Au niveau de la société, favoriser l’éducation affective et sexuelle en tenant compte des aspirations personnelles à l’égalité, pour les femmes comme pour les hommes.
  • Au niveau de chaque couple, favoriser la « conversation conjugale » pour « exprimer ses attentes dans la relation« .

 

Dans sa conclusion, la sociologue estime que « « la fin du couple » est moins le résultat d’une société individualiste que le fait d’une société qui demeure inégalitaire« . Pourtant, dans son analyse, elle pointe la représentation plus récente dans notre société du « couple-soi » défini comme « la possibilité de se réaliser soi tout en vivant à deux« .

Dans une récente émission, la sociologue des sentiments et du couple Eva Illouz affirme « croire en l’amour heureux » et rappelle que « le progrès moral consiste en reconnaitre l’autre comme notre égal« .

Un programme à vivre à deux pour chaque couple ?

 

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Belgique :  croissance du nombre des euthanasies et extension des cas

Belgique : croissance du nombre des euthanasies et extension des cas

Belgique : croissance du nombre des euthanasies et extension des cas

 

La commission fédérale de contrôle et d’évaluation de l’euthanasie a rendu fin janvier 2025 son rapport sur le détail des euthanasies effectuées en 2022-2023. Ce 11ème rapport prévu dans la loi belge sur l’euthanasie rend compte, au-delà des statistiques, des évolutions des cas de demande d’euthanasie.

Les statistiques brutes pour 2023 ont déjà été publiées en février 2024. Le nombre d’euthanasies a plus que décuplé en vingt ans. 3 423 déclarations d’euthanasies ont été reçues en 2023, en progression de 15% par rapport à 2022, ce qui représente 3,3% des décès.

 

Extension des cas d’euthanasie

Parmi les évolutions les plus notables, on constate qu’après les cas de cancer qui représentent 57,5% des affections, la part des « polypathologies » liées à l’âge ne cesse d’augmenter pour atteindre 23% des cas en 2023. Dans son communiqué, la commission indique que ce pourcentage devrait augmenter car « la polypathologie est associée au processus de vieillissement que subissent les patients ». Cette réflexion pose question : peut-on associer comme une évidence que les personnes âgées devraient se tourner vers l’euthanasie du fait du cumul normal de leurs pathologies ?

Les cas d’affections psychiatriques et de troubles cognitifs en hausse de 78%

Les euthanasies en cas d’affections psychiatriques (dépressions récurrentes) et troubles cognitifs (comme les maladies d’Alzheimer) représentent 2,5% des cas, soit 161 personnes euthanasiées, qui pour la plupart n’avaient pas de pronostic engagé à brève échéance. Il s’agit d’une forte progression par rapport à la période 2020-2021 où 91 cas avaient été répertoriés.

Ont ainsi été euthanasiées :

  • 36 personnes souffrant de troubles d’humeur (dépression, bipolarité…) ;
  • 83 personnes atteintes de troubles cognitifs (démence, Alzheimer…) ;
  • 10 personnes souffrant de troubles de la personnalité et du comportement ;
  • 9 personnes souffrant de trouble de stress post-traumatique, de trouble dissociatif et de trouble anxieux ;
  • 6 personnes souffrant de schizophrénie et troubles schizo-affectif et de troubles délirants ;
  • 3 personnes souffrant de troubles mentaux organiques comme l’autisme ;
  • 1 personne souffrant de syndrome post-commotionnel ;
  • 3 personnes atteintes de syndromes comportementaux comme l’anorexie.

Dans leurs commentaires, les auteurs soulignent que les affections psychiatriques concernent un groupe limité de patients, et une tranche d’âge qui peut être plus jeune mais que « l’euthanasie chez les personnes atteintes de troubles psychiatriques suscite encore beaucoup de controverses, non seulement dans les médias, mais aussi au sein de la profession psychiatrique.

De nombreuses questions sont soulevées concernant l’évaluation de la capacité de ces patients à exprimer leur volonté, la définition du caractère sans issue de leur situation, ainsi que la détermination de leur état comme étant incurable ou résistant aux traitements. » Pour autant ils ne les remettent pas en question.
Dans 40% des cas, les patients avaient fait des tentatives de suicide et 22% des personnes avaient eu des antécédents d’abus sexuels et/ou de violence durant l’enfance.

Sur la période 2022-2023, 19% des euthanasies (1126) ont été pratiquées sur des personnes dont le pronostic vital n’était pas engagé à brève échéance. D’autre part, parmi les médecins consultés pour la demande d’euthanasie pour des décès évalués à « brève échéance », seuls 4,9 % sont formés en soins palliatifs. Un tiers des médecins (33%) consultés, ont reçu une formation spécialisée en « soins fin de vie » LEIF-EOLE, en collaboration avec l’Association pour le Droit de mourir dans la dignité (ADMD), militante de l’euthanasie.

Comme on l’a constaté déjà les années précédentes, au fil des rapports de cette commission, un glissement s’opère vers l’acceptation de cas d’euthanasie pour des pathologies mentales ou des polypathologies avec une interprétation de plus en plus large de l’incurabilité et de la notion de souffrance qui ne pourrait être soulagée. Des psychiatres alertent sur cette tendance qui percute les politiques de prévention du suicide.

Face à la croissance du nombre de dossiers d’euthanasie, la Commission de contrôle demande une augmentation des effectifs et des rétributions des membres, comme si l’augmentation des euthanasies était une fatalité.

 

Pour aller plus loin :
Analyse détaillée du 11e rapport par l’Institut européen de bioéthique
Bilan de l’euthanasie en Belgique de 2002 à 2023 par Alliance VITA.

 

 

 

 

belgique croissance du nombre des euthanasies et extension des cas

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Forum VIVA, 2 journées exceptionnelles au service des fragilités, de la vie et de la famille

Forum VIVA, 2 journées exceptionnelles au service des fragilités, de la vie et de la famille

Forum VIVA, 2 journées exceptionnelles au service des fragilités, de la vie et de la famille

 

Aux côtés d’une vingtaine d’associations, Alliance VITA organise Le Forum VIVA, un événement inédit, pour découvrir des initiatives positives au service des fragilités, de la vie et de la famille et qui se tiendra au Parc floral de Paris les 22 et 23 mars prochains.

Fortes de leur attachement au respect de la personne humaine, à la famille et à la solidarité, les associations organisatrices ont voulu créer un espace d’entraide et offrir une expertise de terrain autour de 5 thématiques :

  • Fragilités : La reconstruction après une épreuve, l’équilibre vie familiale et professionnelle, la santé mentale et la souffrance psychique, les difficultés économiques, les addictions, le handicap, la résilience des aidants, les métiers au service des fragilités…
  • Vie : La vie naissante, la conception, l’infertilité, la prévention de l’avortement, le « prendre soin », la régulation des naissances…
  • Famille : La transmission, le choix de l’école, l’éducation à la confiance et les repères éducatifs (écrans, prévention des abus, etc.…), l’éducation à la vie relationnelle, affective et sexuelle, l’écologie humaine, le budget familial, les relations intergénérationnelles…
  • Couple : La conjugalité, communication et gestion des conflits, l’équilibre du couple et l’épanouissement professionnel, grossesse et accueil de l’enfant, l’accompagnement du couple, la sexualité…
  • Fin de vie : Le maintien à domicile, le soutien aux aidants, la perte d’autonomie, l’accompagnement de la fin de vie, les soins palliatifs…

Au long de ces deux jours exceptionnels, les participants trouveront auprès des 50 associations réunies dans le village des exposants des points écoute et des expertises de terrain. Au programme aussi, plusieurs formats de rencontres et d’échanges lors desquels interviendront philosophes, médecins, entrepreneurs, mais aussi sportifs, artistes et humoristes :

  • 8 plénières dont la première lancera le forum le 22 mars à 10h : le Directeur du département Opinion et stratégies d’entreprise de l’Ifop, Jérôme Fourquet y révèlera les résultats d’un sondage exclusif sur des questions liées à la famille.
  • 23 conférences et 81 ateliers seront proposés sur les thématiques citées plus haut. Vous pouvez découvrir le riche programme sur le site du Forum.

Le forum propose aussi un parcours pour les lycéens-étudiants, et un parcours pour les jeunes professionnels.

Parmi les intervenants, sont attendus des experts d’Alliance VITA, Blanche Streb, Directrice de la Formation, Tugdual Derville, Porte-Parole, Caroline Roux, Directrice Adjointe, Eric Chouteau, Directeur Général et Mathilde de Bourmont, Responsable des Interventions Jeunes, des membres bénévoles de VITA, soignants, conseillers conjugaux, et des porte-parole de Soulager mais pas tuer, Caroline Brandicourt qui a traversé la France en vélo en 2023 pour alerter sur le manque de soins palliatifs, et Alix Durroux, gériatre.

Votre participation est modulable : une journée, ou les deux, seul ou en famille…

Rendez-vous les 22 et 23 mars 2025 au Parc floral de Paris.

 

forum viva, 2 journées exceptionnelles au service des fragilités, de la vie et de la famille

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Handicap, logement et discrimination

Handicap, logement et discrimination

Handicap, logement et discrimination

Vingt ans après la loi du 11 février 2005, les personnes handicapées subissent une injonction paradoxale. D’un côté ils reçoivent des message officiels de plein respect et de solidarité comme celui que leur adresse Charlotte Parmentier-Lecocq, ministre chargée de l’Autonomie et du Handicap à l’occasion de cet anniversaire : « Nous voulons imaginer, avec tous les acteurs, une société où chacun trouve pleinement sa place. » Mais d’un autre le compte n’y est pas : logement, mobilité, emploi, accessibilité… C’est la protestation publique portée par les centaines de personnes en situation de handicap réunies à l’appel de leurs associations à Paris, place de la République, le 10 février pour marquer la commémoration de cette « belle loi ».

A l’occasion de la publication de son 30ème rapport sur le mal logement, la fondation pour le logement des défavorisés (anciennement la fondation Abbé Pierre) a également choisi de souligner les difficultés quotidiennes des personnes en situation de handicap sur ce thème du logement. La fondation décrit une réalité qu’elle dit « peu visible et méconnue ». Elle concernerait pourtant « 550 000 personnes qui vivent dans un logement inadapté à leur handicap, en surpeuplement accentué ou privé de confort. »

Ce constat confirme une situation contradictoire. « Prenez toute votre place ! » C’est le discours officiel adressé aux personnes vivant avec un handicap. Il a pris soin d’abandonner depuis longtemps le mot « intégration » pour lui préférer celui d’inclusion, afin de ne pas laisser entendre qu’il y aurait, d’un côté une société de valides, et, de l’autre, des personnes qu’il faudrait y intégrer – comme si elles étaient étrangères – à cause de leur handicap. Mais en réalité, beaucoup de personnes en situation de handicap constatent effectivement que la société n’est, dans une large mesure, pas faite pour elles, malgré les efforts et les progrès législatifs indéniables.

Les difficultés d’accès au logement (adapté) sont emblématiques. Alors que le handicap devrait être un facteur accélérateur pour obtenir un logement social, c’est l’inverse qui se produit : le besoin d’un domicile adapté augmente le délai d’attente. Quant aux bailleurs privés, même si c’est illégal, certains excluent ces demandeurs, dont les revenus sont faibles. Aux obstacles administratifs ou techniques s’ajoute donc la permanence d’une discrimination délibérée.

Elle est même comme instinctive chez une partie de nos concitoyens. Il ne s’agit plus de logements inadaptés mais de propriétaires ou de voisin indignes, qui trouvent mille prétextes pour empêcher l’arrivée dans un logement d’une personne porteuse de handicap. Parce que le handicap fait peur, parce qu’on estime qu’il gênera, que sa présence pourrait provoquer une dévalorisation des logements voisins ou la nécessité de travaux. La loi de 1989 précise pourtant qu’« aucune personne ne peut se voir refuser la location d’un logement pour un motif discriminatoire ».

La loi Elan permet quant à elle, depuis 2019, aux locataires en situation de handicap ou en perte d’autonomie de demander au propriétaire du logement l’autorisation de réaliser certains travaux d’adaptation. Un reportage de l’hebdomadaire La Vie ajoute un élément qui peut aider les « valides » à réaliser les conséquences d’incidents qui les affectent peu. Dominique Fonlupt y évoque « les 1,5 million de pannes d’ascenseurs annuelles, recensées par Ascenseurs en colère, un collectif citoyen lancé en septembre 2024. La durée moyenne d’immobilisation de quatre jours se traduit en une sorte d’assignation à résidence pour les personnes à mobilité réduite. » https://www.lavie.fr/actualite/societe/logement-et-handicap-la-discrimination-sevit-encore-a-tous-les-etages-97984.php

Certaines formes d’exclusion subies par les personnes en situation de handicap s’apparentent au racisme. Elles expliquent la montée des « antivalidistes ». Ce courant protestataire, porté par certaines personnes en situation de handicap se veut politique et radical. Ses membres estiment en substance que c’est le monde de ceux qui se prétendent valides qui crée leur handicap en les excluant d’une société conçue pour être inadaptée à leurs capacités. Leurs représentants sont venus manifester à Paris le 10 février pour contester les associations organisatrices de la manifestation : plusieurs gèrent des centaines d’établissements spécialisés dont les antivalidistes réclament la fermeture, au nom de la désinstitutionnalisation qu’elles prônent.

Au regard de ces problématiques, l’engouement pour les jeux paralympiques fait office d’évènement en trompe-l’œil. Il faudrait plutôt s’interroger sur la logique de discrimination et d’exclusion que subissent les personnes handicapées, et ce dès leur conception. Comment ne pas voir en effet qu’une culture de rejet quasi-systématique aux frontières de la vie des embryons ou des fœtus porteurs d’un handicap relève également d’une discrimination injuste ? En quoi la perspective d’une « grave anomalie » devrait elle entraver leur droit à la vie ? Personne – et certainement pas parmi les plus vulnérables – ne devrait être exclu de la solidarité.

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La maturation in vitro (MIV) des ovocytes

La maturation in vitro (MIV) des ovocytes

La maturation in vitro (MIV) des ovocytes

 

De quoi s’agit-il ?

Il s’agit d’une technique utilisée dans le cadre de la procréation médicalement assistée. Elle consiste à prélever les ovocytes immatures au sein des ovaires et à les faire « murir » à l’extérieur du corps, in vitro, en laboratoire, de manière artificielle.

Le premier bébé né par cette technique en 1991 viendrait de Corée. Plusieurs équipes travaillent sur ce sujet dans le monde. Au Vietnam, en Belgique, aux Etats-Unis…

En 2019 en France, la naissance de jumeaux par cette technique chez une femme de 35 ans souffrant d’insuffisance ovarienne auto-immune (autrement dit de ménopause précoce) a été annoncée comme une première mondiale.

Pourquoi cette technique ?

L’objectif des techniques de MIV est de réduire le recours aux hormones. Et donc d’éviter l’étape de la stimulation ovarienne, par injections d’hormones, qui visent à maximiser les chances de récupérer plusieurs ovocytes lors du prélèvement. Celles-ci présentent en effet des risques d’inconforts et d’effets secondaires, parfois graves. Pour certaines femmes, la stimulation ovarienne est contre-indiquée. Les techniques de MIV seraient particulièrement préconisées chez les femmes souffrant du syndrome des ovaires polykystiques, chez qui le risque de développer une hyperstimulation grave pourrait mettre en jeu le pronostic vital.

Le prélèvement des ovocytes est réalisé dans deux situations : soit lorsqu’un processus de PMA avec Fécondation in vitro (FIV) est enclenché. Soit lorsqu’on souhaite procéder à la cryoconservation des ovocytes. La mise en place d’une conservation des ovocytes a lieu soit pour raisons médicales (comme avant de subir un traitement lourd type chimiothérapie, par exemple) soit pour des raisons de convenance personnelle (possible en France depuis la loi de bioéthique d’août 2021 pour les femmes âgées de 29 à 37 ans).

Dans certains pays, où la « vente » de gamètes n’est pas interdite, certaines femmes choisissent de se faire prélever leurs ovocytes dans cette optique financière. Ce marché existe, il est alimenté par la demande des femmes ayant des difficultés à procréer et par la pratique de la gestation pour autrui (GPA) où, couramment, les commanditaires ont recours d’un côté, à l’achat d’ovocytes, de l’autre, à une mère porteuse. Ce marché des ovocytes est aussi alimenté par la recherche.

Qu’est-ce que « la maturation » des ovocytes ?

La fabrication naturelle des ovocytes au sein de l’ovaire féminin est un processus très long et complexe qui débute pour la petite fille dès sa vie in utero. Si une cellule parvient à effectuer un « cycle complet », celui-ci aura débuté lors du premier mois de grossesse, par l’apparition des cellules germinales, et se conclura par sa fécondation, qui « achève » sa maturation et lui donnera le nom d’ovule.

Toutes ces étapes de maturation constituent ce qu’on appelle la méiose, et permettent d’aboutir à des cellules qui n’auront pas 46 chromosomes, comme le reste des cellules du corps, mais seulement 23. C’est la particularité des gamètes : ne contenir que 23 chromosomes, pour que la fécondation, la fusion avec la cellule de l’autre sexe, aboutisse à la conception du zygote, la première cellule du nouvel individu composée de 46 chromosomes, 23 paternels et 23 maternels.

Les ovocytes I se développent pendant les premiers mois de la grossesse. Ces cellules ont encore 46 chromosomes. On parle de « réserve folliculaire ». Celle–ci ne sera pas régénérée, et ne cessera de décroître, dès la vie in utero. A la puberté, le « stock » de follicules ne sera que d’environ 400 000 follicules. Parmi eux, seuls 400 vont arriver à maturité et aboutir à l’ovulation, pendant la période qui va de la puberté à la ménopause.

Au cours du cycle menstruel féminin, lors de l’ovulation (expulsion hors de l’ovaire), un ovocyte I (parfois plusieurs) par cycle reprend sa division de méiose. Ce processus de maturation conduit à un ovocyte II, composé de 23 chromosomes.

Ce processus de maturation lié à l’ovulation se produit en lien avec tout le microenvironnement présent chez la jeune femme. La maturation intervient en réponse à des signaux complexes, régulés dans le temps, sous l’impulsion d’hormones, de facteurs de croissance et dans une dynamique liée à la présence de nutriments dans l’environnement folliculaire. Beaucoup de ces processus sont régulés par les cellules ovariennes.

Cette lente maturation a pour objectif un fort accroissement de la cellule ; il s’agit d’une « préparation » à une éventuelle fécondation. L’ovocyte II contient la moitié du matériel génétique qui contribue au futur zygote après la fécondation, mais aussi le génome mitochondrial et l’ensemble du cytoplasme du futur zygote. Ce cytoplasme contient des réserves énergétiques nécessaires au développement du futur embryon.

Comment faire « murir » artificiellement les ovocytes ?

Gameto, une société de biotechnologie basée au Texas, utilise des cellules souches pluripotentes induites (IPS), leur « technologie de cellules de soutien ovarien (OSC) » s’appelle Fertilo.  Gameto vient d’annoncer avoir obtenu une autorisation de la Food and Drug Administration (FDA) pour procéder à un premier essai clinique de phase 3. Cette autorisation fait suite à la première naissance d’un enfant conçu en utilisant cette technologie Fertilo, dans une clinique de Lima, au Pérou, en décembre 2024. Cet essai clinique va se dérouler dans 15 sites aux États-Unis. Il évaluera les taux de grossesse (en tant que mesure de l’efficacité), le développement de l’embryon, la santé maternelle et les taux de naissances vivantes (en tant que critères d’innocuité).

Ses concepteurs mettent en avant que seuls 3 jours de stimulation sont nécessaires, contre les 2 semaines habituelles en FIV dite classique.

Pour murir les ovocytes de manière artificielle et hors du corps, Fertilo recrée un environnement ovarien et mise sur la co-culture des ovocytes immatures avec des cellules de soutien ovarien (OSC) obtenus par la technique de reprogrammation dite IPS. D’après son concepteur, Fertilo imite un environnement ovarien jeune, reproduisant le processus de maturation naturel du corps en répondant aux besoins des ovules et en produisant les hormones et les nutriments nécessaires. Pour faire simple : la technique consiste à fabriquer artificiellement un milieu qui mime les conditions d’un ovaire, et contient des cellules capables de synthétiser ce dont les ovocytes ont besoin pour murir.

Un immense marché

Ces nouvelles techniques ont un potentiel de croissance immense. Gameto a obtenu l’autorisation réglementaire au Japon, en Argentine, au Paraguay, au Mexique et au Pérou. La société a également annoncé un partenariat avec IVFAustralia.

 

Un axe de recherche prioritaire en France

La restauration de la fertilité par maturation in vitro et in vivo (greffe tissulaire ou transplantation de cellules germinales) fait partie des thèmes de recherche prioritaire identifiés au sein du Groupe de travail « restauration de la fertilité » du Rapport fourni au Gouvernement en 2022 (Rapport sur les causes d’infertilité- Vers une stratégie nationale de lutte contre l’infertilité).

Limites et enjeux éthiques

Des études ont montré des résultats mitigés en termes de taux de maturation des ovocytes, de formation d’embryons, et certaines études montrent des taux de grossesse plus faibles que ceux obtenus en FIV classique. En réalité, il est extrêmement compliqué d’établir un « degré de maturation » satisfaisant pour les ovocytes.

Les auteurs d’une étude de recherche fondamentale estiment qu’une validation importante de l’utilité clinique sera « la capacité à générer des naissances vivantes en bonne santé ».

Ici se situe une question fondamentale : celle de l’impact sur la santé des enfants à naitre. En plus des questions et des enjeux éthiques liés aux techniques de procréation artificielle (consommation d’embryons, disjonctions entre union et procréation, entre procréation et grossesse, embryons surnuméraires…), on relève ici des enjeux sanitaires. L’ovocyte est la cellule qui constitue le zygote, une fois la fécondation réalisée. Cette cellule sert « de base » à toute la construction du nouvel individu. Il est difficile d’évaluer l’innocuité de techniques qui ne permettent pas de faire de réels tests préalables mais font de chaque enfant un test « grandeur nature » de la technique qui aura contribué à le concevoir et à le faire naitre.

la maturation in vitro (miv) des ovocytes

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Prévention du suicide et santé mentale : une politique à renforcer

Prévention du suicide et santé mentale : une politique à renforcer

Prévention du suicide et santé mentale: une politique à renforcer

 

Cette année la semaine nationale de prévention du suicide qui se déroule du 3 au 7 février 2025 se conjugue avec la déclaration de la santé mentale comme grande cause nationale, occasion de maintenir un plan ambitieux.

 

Une hausse récente des décès par suicide

« Après plusieurs décennies de baisse, le taux de suicide semble avoir atteint un plancher à la fin des années 2010 », analysent les auteurs.

Les hommes âgés de 85 à 94 ans demeurent la population la plus à risque avec un taux de 35,2 pour 100 000. La grave question du suicide des personnes âgées demeure un tabou de notre société sur lequel alertent des professionnels du grand âge. Des règles de bonne pratique ont été élaborées par la Haute Autorité de santé pour repérer la souffrance psychique et l’accompagner afin de prévenir les suicides.

D’autre part les hospitalisations pour tentatives de suicide et automutilation connaissent une inquiétante hausse depuis 2020 chez les jeunes femmes de 15 à 19 ans. Ce phénomène est étudié par l’Observatoire national du suicide (ONS) qui va rendre un rapport d’ici la fin du mois de février.

Un récent rapport parlementaire de la mission d’information sur la prise en charge des urgences psychiatriques souligne également que ces hospitalisations « ont progressé de 64 % pour les jeunes femmes de 20 à 29 ans entre 2020 et 2022 et de près de 300 % (298 %) entre 2008 et 2022. Pour les hommes de même âge, elles ont respectivement augmenté de 65 % et 172 % au cours des mêmes périodes. En outre, elles présentent une sévérité supérieure à celle constatée avant la crise, en justifiant des journées d’hospitalisation plus fréquentes dans un service de soins intensifs en raison de passages à l’acte plus violents et du recours plus répandu à des moyens létaux. »

Parler du suicide sauve des vies

Deux dispositifs sont particulièrement pertinents :

  • le dispositif VigilanS a pour objectif de maintenir le contact avec les personnes qui ont fait une tentative de suicide, de garder un lien avec elles de façon à prévenir la récidive ;
  • le numéro national de prévention du suicide « 3114 » s’adresse à toute personne en détresse ainsi qu’aux professionnels de santé. Ce service est accessible 24h/24 et 7j/7. Il s’adresse à l’ensemble de la population ainsi qu’aux professionnels de santé en recherche d’informations.

Cette année, la semaine nationale pour la prévention du suicide a pour thème « La santé mentale dans tous ses états : prévention partagée, territoire et interactions sociales ». Occasion de mettre en en avant la formation actualisée au repérage, à l’évaluation et à l’intervention de crise suicidaire ; actions de prévention de la contagion suicidaire, information du public.

Avec la formation sentinelle qui rend capable de repérer et d’orienter la personne, cette prévention partagée concerne chaque citoyen.

Agir sur la santé mentale est une urgence sociale

  • Informer : Sensibiliser la population à la santé mentale, dès le plus jeune âge, en identifiant les facteurs de risque et les bonnes pratiques pour en prendre soin. Il est crucial de mieux comprendre les maladies qui y sont associées.
  • Prévenir : Mettre en place une véritable politique de promotion de la santé mentale. Cela implique de renforcer la prévention, d’améliorer le dépistage précoce et de proposer des réponses adaptées pour traiter la souffrance psychique, en formant et en informant sans relâche.
  • Déstigmatiser : Transformer les représentations des troubles psychiques pour redonner espoir. Montrer que le rétablissement est possible grâce aux avancées de la recherche, aux innovations et aux solutions mises en œuvre pour les personnes en situation de handicap psychique. Ces actions peuvent non seulement améliorer la vie des personnes souffrantes, mais aussi celle de leurs proches.

Comme Alliance VITA le rappelait lors de la journée mondiale de prévention du suicide le 10 septembre dernier, cet engagement national doit s’étendre à tout type de suicide. Les débats sur le suicide assisté et l’euthanasie sont inconciliables avec une politique active de prévention du suicide. Il serait irresponsable de présenter un suicide comme souhaitable et de prétendre que l’Etat doit l’organiser.

prévention du suicide et santé mentale : une politique à renforcer

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Université de la vie 2025 – Séquence 3 : « Rester solidaire »

Université de la vie 2025 – Séquence 3 : « Rester solidaire »

Université de la vie 2025 – Troisième soirée : « Rester solidaire »

 

Après les liens qui nous unissent, la vulnérabilité qui nous humanise, l’Université de la vie s’est conclue sur la solidarité qui nous élève. Rester solidaire pour rester humain demain, telle était la thématique de cette troisième et dernière soirée qui a rassemblé plus de 8 000 personnes en France et à l’étranger.

 

Avec Blandine Humbert, docteur en philosophie, les participants ont été embarqués dans une démonstration brillante aux sources de la solidarité. La fragilité humaine, caractéristique universelle de l’existence, révèle notre incarnation : « un composé de corps et d’esprit, une chair. » La fragilité appelle à la considération et à l’attention portée à soi et à autrui. C’est de cette double dynamique d’humilité et d’estime de soi que peuvent jaillir la magnanimité c’est-à-dire la force d’âme qui rend généreux, et la solidarité. 

Rester solidaire nécessite un engagement libre et vertueux pour se tenir au côté du souffrant, du malade, du vieillard, de l’homme mourant, des prostitués, des malades atteints d’une pathologie mentale, des migrants, des hommes touchés par la grande précarité, du vivant, du monde. Pour Blandine, rester solidaire c’est finalement « choisir d’honorer tout vivant en refusant un courage du désespoir qui peu à peu stérilise toute action. »

 

Corine Rondel, formatrice premiers secours en santé mentale et prévention du suicide, a ensuite plaidé pour la solidarité auprès de ceux qui traversent des crises suicidaires. En France, le suicide représente 9000 décès et plus de 200 000 tentatives par an. Le moment de la crise suicidaire qui peut conduire à un passage à l’acte est une acmé de douleur psychologique temporaire et réversible. « Et nous savons que nous pouvons agir avant, si nous repérons les signes avant-coureurs. »

Malheureusement, le suicide charrie non seulement un tabou puissant et de fausses représentations, mais il génère aussi de la peur face à une souffrance invisible, la peur de mal faire, de mal dire. Pour sortir de l’impasse, il s’agit d’abord d’aller à la rencontre de l’autre. L’enjeu c’est de faire prendre conscience que tout le monde peut agir sur ces premiers secours. Corine a conclu par ces mots forts : « Ne banalisons jamais une idée suicidaire. Il n’y a que le silence qui tue. »

 

Puissant écho à cet appel à la sensibilisation et à la formation de tous, le témoignage de Marie a montré combien le suicide d’un mari et d’un père, est générateur de souffrances : une plongée dans l’horreur et dans l’irréparable, dans un cataclysme difficile à supporter et à raconter. Avec les années, sa douleur personnelle s’est peu à peu atténuée. La colère qu’elle dit ressentir encore parfois à cause du mal et des dégâts provoqués par ce suicide résonne comme un puissant appel à la prévention universelle du suicide.

 

Dans un temps qui peut sembler chargé d’incertitudes, progresser en humanité passe par un triple mouvement proposé par le porte-parole d’Alliance VITA, Tugdual Derville : « Miser sur l’incalculable, progresser en sagesse et agir ensemble pour le bien commun. » La modernité dont nous sortons, si l’on en croit Romano Guardini dans La Fin des temps modernes, a enfermé l’humanité, par son scientisme exacerbé, dans une impasse autodestructrice.

Pour Tugdual, « le temps à bâtir doit miser sur l’incalculable : l’amour et l’amitié, l’art et la poésie, la décélération et la patience, la contemplation et la transcendance. » « C’est dans la fragilité et la grandeur de l’humanité, l’une et l’autre consenties, que notre puissance d’humanisation peut se déployer. »

 

Cette édition 2025 s’est achevée avec Christophe Bichet, grand témoin de cette dernière soirée. Il est grimpeur professionnel, coach, conférencier et atteint d’une maladie génétique rare. De l’escalade il a appris que dans la vie on est tous des grimpeurs et des grimpeuses : « on doit faire au mieux avec la gravité de notre existence. » Pour lui se dépasser c’est « Faire moins mais être davantage qui on est : on le sent quand on est à sa place, quand on fait des activités qui ont du sens pour nous et pour les personnes qui sont autour de nous. »

En guise de conclusion, Christophe a offert aux participants de l’Université de la vie un message d’espérance sur notre époque. Face aux événements, explique-t-il, « je peux mettre mes lunettes noires et voir que le monde est absolument horrible. Je peux aussi mettre mes lunettes roses et voir les bastions de solidarité, de bienveillance, de générosité qui sont des bouffées d’air frais pour tout le monde. »

 

Après l’Université de la vie, Alliance VITA proposera deux séminaires en ligne en février puis en mars.

université de la vie 2025 – troisième soirée : « rester solidaire »

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Fraternité oblige

Fraternité oblige

Fraternité oblige

 

4 février 2025, journée mondiale de la fraternité.

Qu’est-ce que la fraternité ? Au sens strict, sont pleinement frères ou sœurs deux êtres qui ont les mêmes parents. S’il est de plus en plus admis – consentement aidant – que les parents se sont choisis, c’est tout l’inverse pour les membres d’une même fratrie : ils n’ont rien décidé pour eux-mêmes. « On ne choisit pas ses parents, on ne choisit pas sa famille », ni son lieu de naissance, ni sa date, ni son sexe, ni son prénom, ni son nom…

On ne choisit même pas de naitre au monde. Et l’on choisit encore moins ses frères et sœurs. Tous s’imposent : cadeau ! Recevoir un frère ou une sœur – qui a la même valeur inestimable que moi – c’est faire grandir la valeur… de la fraternité, ce lien qui nous unit.

Cette fraternité qu’on exalte tant vient simplement d’une « histoire commune », généalogique d’abord (parfois seulement : voire la belle histoire de fraternité du film En Fanfare), existentielle ensuite, par l’expérience commune. Dans l’enfance, sont donc frères ou sœurs ceux qui – en principe – vivent ensemble sans s’être choisis, parce qu’ils ont les mêmes parents. A la fraternité est associée le plus souvent l’idée d’un attachement viscéral, au point que des amis se diront frères pour manifester l’intensité de leurs liens.

Certains Indiens d’Amérique se rendaient frères de sang, en mêlant leurs saignements par deux blessures délibérées. Cette blessure partagée les rendaient solidaires « à la vie, à la mort ». La blessure va bien à la fraternité car toute fraternité risque la blessure : est-il possible de vivre en frères ou sœurs sans se heurter peu ou prou ? Il faut consentir aux différences ; dans l’enfance, il a fallu partager les parents, faire de la place à l’autre, subir les contraintes qu’il impose, supporter des incompatibilités d’humeur, caler son rythme sur celui du plus fragile – pas toujours le plus jeune – ce ralentisseur qui génère de la frustration.

La fraternité apprend l’altruisme et la tolérance, et contre la toute-puissance. Elle implique l’adaptation, le consentement à ce que l’on n’a ni choisi, ni prévu. La fraternité apporte son lot de tensions. Jalousie, colère, compétition, violence, maltraitance : plus qu’on ne se l’avoue, le fratricide et le fraternel coexistent dans le cœur de bien des frères et sœurs. Sentiments qui se réveillent, régressifs, à l’âge des héritages.

C’est dans ce contexte que la République a posé la fraternité au fronton des édifices publics. Pour que la fraternité solidaire s’étende du prochain au lointain. Fraternité oblige : fraternité familiale, villageoise, de « pays » (au sens de territoire) jusqu’à la nation toute entière, et au-delà. A chaque étage, la fraternité se situe toujours en tension entre le conflit – voire la guerre – et la paix. Une guerre civile est fratricide. La première guerre mondiale le fut aussi pour l’Europe.

Il ne faut pas oublier d’où l’on vient. La République a parfois pensé concurrencer la famille ; certains idéologues ont même rêvé de la remplacer. Prenons la présence du mot fraternité dans notre devise comme un hommage – conscient ou pas – qu’elle rend à la famille stable. La promotion de la fraternité qui nous relie, adoucit ce que la liberté et l’égalité peuvent avoir de froid et d’individualiste. Ce n’est que dans la famille stable que la fraternité trouve son origine et sa perpétuation.

Insistons : la fraternité républicaine incite les citoyens à se reconnaitre durablement enfants d’une même mère patrie, sous la sécurité des mêmes lois « paternelle » qui établissent – en principe – la limite et la justice.

Ainsi les citoyens aussi sont solidaires les uns des autres, du fait qu’ils vivent ensemble sans s’être choisis. Accueil de la différence et reconnaissance de ce que l’on a en commun vont de pair.

Avec la mondialisation, l’humanité sait de plus en plus qu’elle habite une (fragile) « maison commune ». La journée mondiale de la fraternité prend alors son sens : nous sommes automatiquement solidaires les uns des autres, au sens d’interdépendants par notre condition humaine, avec ses gènes afférant. Un même sang humain coule dans nos veines. Nous sommes responsables les uns des autres, et redevables. Nous avons des devoirs de fraternité vis-à-vis de ceux qui vivent dans la misère, endurent une catastrophe naturelle, manquent de ce qui est vital, sont endeuillés. Nous devons aussi, par devoir de fraternité, léguer aux générations futures la magnificence de cette « maison » (biodiversité, paysages, patrimoine, langues…).

La fraternité devient naturellement universelle ; elle ne cesse de s’étendre : vivre tous ensemble sans s’être choisis, passagers d’une même barque nommée planète ; chercher ensemble un cap commun, qui préserve autant la vie que les conditions de vie des frères humains et des écosystèmes ; se savoir tous responsables les uns des autres, membres d’une même famille humaine, passée, présente et à venir, avec un destin de plus en plus commun.

Que le « patrimoine de l’humanité » soit de plus en plus reconnu et protégé comme commun n’efface aucune des strates à partir desquelles la fraternité naît, s’étend, se généralise et se diversifie. Née de la famille, la fraternité mérite à la fois d’être célébrée et étendue. Mais attention : son origine – la famille donc – doit être reconnue et protégée si l’on veut que la fraternité devienne universelle sans se dénaturer.

fraternite oblige

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Le Choix d’Odette : ce que ne dit pas France 2 sur l’euthanasie au Canada

Le Choix d’Odette : ce que ne dit pas France 2 sur l’euthanasie au Canada

Le Choix d’Odette : ce que ne dit pas France 2 sur l’euthanasie au Canada

 

L’émission Envoyé Spécial diffusée par France 2 le jeudi 30 janvier 2025 sur l’euthanasie d’une Québécoise pose de sérieuses questions sur la partialité de ce reportage et la militance des journalistes.

 

Orchestration médiatique 

 

Filmée pendant les 5 jours qui précédent son euthanasie, masquée derrière l’expression « aide médicale à mourir » ou AMM, Odette, une femme de 64 ans atteinte d’un cancer devenu incurable, a une démarche qui se veut militante pour « démystifier » la mort programmée.

Annoncée depuis plusieurs jours sur les réseaux sociaux, sur le JT de France 2 via un magazine spécial, information reprise par France Info notamment, la date de diffusion a été réfléchie pour coller au débat sur la fin de vie qui aurait éventuellement pu avoir lieu début février.

Invités en avant première de la projection, des promoteurs de l’euthanasie, tels que des membres du lobby ADMD, (association pour le droit de mourir dans la dignité),  le député Falorni, auteur d’une proposition de loi sur le sujet, ou encore la députée Agnès Firmin Le Bodo, rapporteure de la loi fin de vie avant la dissolution, montrent combien la diversité des opinions n’est pas de mise.

L’émission se termine par un plaidoyer d’une journaliste pour changer la loi française.

Pas l’ombre d’une parole contradictoire, ou même de réflexion alors que les excès de la loi canadienne ont été l’objet de plusieurs études ou de témoignages dans les médias.

 

Une pratique pourtant controversée

 

Le Québec détient le record mondial du nombre d’euthanasies avec 7% des décès en 2023. Inquiète de ce nombre élevé, la Commission sur les soins de fin de vie a enjoint les médecins du Québec pratiquant l’euthanasie dénommée « aide médicale à mourir » (AMM) à suivre la loi avec plus de rigueur par un rappel à la loi. Plusieurs infractions ont ainsi été relevées : des pratiques d’euthanasies non conformes ou « administrées à la limite des conditions imposées », ou encore le manque de rigueur sur l’avis d’un second médecin et le « magasinage » autrement dit le fait de se retourner vers des médecins peu regardants. Elle rappelle également que le vieillissement n’est pas une maladie incurable et ne justifie pas l’AMM.

Une étude scientifique parue en août 2023 intitulée Les réalités de l’aide médicale à mourir au Canada, alerte sur les graves lacunes du dispositif d’euthanasie. Les auteurs concluent que « Le régime canadien d’aide médicale à mourir ne dispose pas des mesures de protection, de la collecte de données et de la surveillance nécessaires pour protéger les Canadiens contre les décès prématurés. »

A noter que lors de la présentation du reportage une journaliste affirme qu’aucun médecin, aucun soignant n’a le droit de proposer l’aide à mourir » : cette affirmation, reprise par le médecin canadien lors du reportage est en réalité dénuée de tout fondement et s’avère mensongère.

Aucun texte dans la loi n’interdit de proposer l’euthanasie comme une option. L’acte létal est présenté comme « un soin » parmi d’autres. Plusieurs Canadiens ont témoigné avoir reçu cette proposition plutôt qu’un protocole de soins curatifs ou palliatifs. Comme cette femme atteinte de Spina Bifida qui en juillet 2024 témoignait avoir reçu plusieurs fois des propositions d’euthanasie alors qu’elle demandait seulement à être accompagnée et soignée correctement.

L’agence de presse AP News relayait en 2022 l’inquiétude d’experts de l’ONU qui s’alarmaient des conséquences de la loi canadienne sur l’euthanasie sur le droit des personnes handicapées. Dans un long dossier, plusieurs cas sont rapportés de personnes handicapées conduites à l’euthanasie, mais aussi de personnes qui y consentent par manque de moyens financiers.

 

Les grands absents de cet Envoyé Spécial 

 

Voici 10 ans que le Québec (avant qu’une loi soit votée au niveau fédéral) a légalisé l’euthanasie sous l’expression AMM.

Un podcast de Radio Canada intitulé « La mort libre : 10 ans d’aide médicale à mourir » fait le point dans son épisode 4 sur les craintes d’une pente glissante en donnant la parole à des avis et des expériences diverses.

Quelles sont les principales controverses ? Outre les chiffres très élevés, la modification ultra rapide de la loi avec depuis 2019 la possibilité d’euthanasie pour des personnes qui ne sont pas en fin de vie, affecte gravement les personnes handicapées dans un contexte de détérioration de l’accès aux soins. C’est ce que soulignent également deux auteurs qui dressent un état des lieux intitulé La normalisation troublante de la mort médicalement administrée au Québec et au Canada.

La mort programmée tend à devenir la nouvelle norme pour « réussir sa mort » et des considérations économiques ne manquent pas d’affleurer : une femme témoigne préférer accélérer sa mort pour que ses soins ne diminuent pas trop l’héritage de son fils.

 

Emotion et désinformation

La force du témoignage, au-delà de l’émotion suscitée, ne devrait pourtant pas empêcher l’élaboration d’une réflexion autour du sujet grave et délicat de la souffrance et de la fin de vie. Par les commentaires univoques et répétés des journalistes de France 2, on comprend que ce reportage visait en réalité à livrer un message aux politiques français pour qu’enfin ils légalisent l’euthanasie. Cette partialité est dangereuse en ce qu’elle n’offre aucun moyen au téléspectateur de réfléchir, ni de connaître la réalité canadienne. Plus qu’un reportage militant, on attend d’une chaîne publique du professionnalisme et de la responsabilité.

le choix d'odette envoyé spécial ce que ne dit pas france 2 sur l’euthanasie au canada

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Université de la vie 2025 – Deuxième soirée : « Être vulnérable »

Université de la vie 2025 – Deuxième soirée : « Être vulnérable »

Université de la vie 2025 – Deuxième soirée : « Être vulnérable »

 

Intitulée « Être vulnérable », la 2ème soirée de l’Université de la vie a montré que vulnérabilité et humanité sont intrinsèquement liées. Elle a rassemblé plus de 8000 participants.

 

Cécile Gandon, graphiste et auteur de Corps fragile, cœur vivant, a ouvert la séquence par une réflexion sur la fragilité et la différence ou comment passer de « Je suis un poids » à « J’ai du poids ». Changer de regard sur l’autre, souvent idéalisé et considéré comme plus que soi, le voir tel qu’il est, lui aussi vulnérable parce qu’humain, reconnaitre que le handicap permet aussi parfois de développer « une sensibilité et un sens de l’écoute que d’autres n’ont pas. » : autant de clés pour opérer cette conversion intérieure.

Avec Cécile on a découvert que la fécondité peut se nicher dans les moments où on se sent le plus inutile et que les contraintes révèlent le besoin qu’on a les uns des autres « et c’est justement ça qui fait qu’on forme une société vraiment humaine. »

« La grossesse nous rappelle que, pour rester humain demain, il est nécessaire de s’appuyer sur cette vulnérabilité, de la protéger, et de l’honorer comme la source même de la vie et des liens qui nous unissent. »

Pour Caroline, « Face à la complexité du désir d’enfant, la technique peut conduire à un engrenage auquel les personnes ont du mal à résister… » Tout un champ de recherche doit être exploré, sur les causes de l’infertilité, sur l’influence de nos modes de vie et sur la restauration de la fertilité pour préserver le plus possible la capacité des couples de pouvoir procréer de manière autonome.

Alors qu’environ 20% des personnes atteintes de bipolarité présentent le risque de se suicider au cours de leur vie, il y a urgence à sortir les maladies mentales du tabou qui les entoure. Pour lui, « une société sans vulnérabilité serait une société de forts et ça serait une société morte parce que la vulnérabilité crée du lien entre les gens et est un élément qui peut donner l’impulsion de la charité. »

L’Université de la vie continue ! Rendez-vous le 3 février autour du thème « Rester solidaire ».

université de la vie 2025 – deuxième soirée : « être vulnérable »

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Moindre mal et choix truqué

Moindre mal et choix truqué

Moindre mal et choix truqué

 

Depuis quelques années, le débat sur la fin de vie a pu se focaliser sur le choix entre la légalisation de l’euthanasie et celle du suicide assisté, ce dernier étant parfois promu comme un moindre mal. Danger !

Entre deux maux, il faut choisir le moindre. L’interprétation biaisée de ce proverbe de bon sens, répété à l’envie, s’apparente à la figure dialectique du « choix truqué ». Le choix truqué consiste à présenter une alternative (par exemple « C’est maintenant ou jamais ! ») en occultant ou niant l’existence d’autres possibilités. Le « choix » truqué est un choix dégradé. En elles-mêmes, les alternatives qui entendent forcer l’adhésion entre deux maux, comme s’il n’y avait pas d’autre issue, ont quelque chose de violent.

Elles sont par ailleurs manipulatrices quand il y a bien d’autres issues. Les parents utilisent efficacement le choix truqué quand ils tentent de canaliser un enfant : « Soit tu finis ton assiette, soit tu vas te coucher. » La force de l’alternative est hypnotique : elle fait oublier les autres possibilités, jusqu’au moment où le petit rebelle aura assez de présence d’esprit pour rétorquer à sa façon : « Je ne veux ni l’un, ni l’autre. ».

Nombre de sondages réalisés par l’Association pour le droit de mourir dans la dignité (ADMD, pro-euthanasie) utilisent ce stratagème. Quand elle demande aux sondés de choisir entre « subir des souffrances insupportables » et « le droit de mourir sans souffrir », la mort est présentée comme l’alternative supportable à la souffrance insupportable (littéralement « impossible à supporter »).

Pas étonnant que 9 français sur 10 « choisissent » alors l’euthanasie. Il faut prendre assez de recul sur la question pour déjouer le piège : « Ni l’un ni l’autre, je ne souhaite ni le droit à l’euthanasie, ni qu’on force les gens à endurer des souffrances insupportables. Qu’ils soient plutôt soulagés de leurs souffrances, sans pour autant être tués. » Bien souvent, la justification d’un acte au nom du moindre mal résulte de ce genre de piège.

Et l’empire du mal s’étend insidieusement. Hannah Arendt le notait en analysant les compromissions des démocraties européennes et de certaines personnalités avec le régime nazi : « Politiquement, la faiblesse de l’argument du moindre mal a toujours été que ceux qui choisissent le moindre mal oublient très vite qu’ils ont choisi le mal. » L’adhésion au moindre mal s’effectue en effet souvent au prix de l’escamotage du bien, de la possibilité du bien. Le moindre mal se déguise en bien.

Nous avons constaté de multiples tentatives pour réduire le débat sur la fin de vie, en France, à un choix truqué entre euthanasie et suicide assisté. Un certain nombre de soignants ont pu croire que, « foutu pour foutu », pour éviter l’euthanasie, ils devaient se résoudre à accepter le suicide assisté.

Au moins ce dernier, affirmaient-ils, protège davantage les soignants. C’est très discutable : d’une part, des soignants seraient forcément impliqués dans le processus du suicide assisté (évaluation des patients, diagnostic les rendant éligibles ou pas à l’euthanasie, prescription et fourniture des produits létaux) ; d’autre part, d’après l’analyse du comité consultatif national d’éthique (CCNE) lui-même, la légalisation du suicide assisté conduirait ipso facto à celle de l’euthanasie, au nom du principe d’égalité, pour les patients incapables de s’administrer eux-mêmes la mort. Paradoxalement, le prétendu moindre mal devient alors le moyen imparable de glisser vers le pire des maux, qu’on prétendait éviter.

En somme, la théorie du moindre mal est souvent une façon de se donner bonne conscience en exonérant un mal de toute critique, une façon d’y consentir implicitement au lieu de tenter de l’éviter. Entre deux mots, il faudrait en principe ne pas avoir à choisir, pas plus qu’on ne devrait devoir choisir entre « Charybde et Scylla » ou la peste et le choléra.

Un tel choix forcé contredit la liberté véritable. Le proverbe qui introduit notre réflexion mérite quelques précisions : entre cent maux, il ne faudra choisir le moindre qu’à condition qu’aucune cent-unième issue, même plus exigeante et risquée, ne puisse être appelée « bien » ! Pour déjouer le piège du moindre mal, il faut penser davantage à la possibilité du choix du bien, car, note également Hannah Arendt : « C’est dans le vide de la pensée que s’inscrit le mal ».

moindre mal et choix truqué

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Où en sont les discussions sur la fin de vie ?

Où en sont les discussions sur la fin de vie ?

Où en sont les discussions sur la fin de vie ?

 

Débat législatif retardé ?

La promesse du précédent gouvernement d’inscrire la reprise des débats à l’Assemblée nationale début février s’est heurtée à la réalité budgétaire. La motion de censure votée, le temps de nomination et d’installation du nouveau gouvernement, et surtout l’impératif d’avoir une politique budgétaire compliquent la programmation du débat.

Pour autant, les partisans de l’euthanasie maintiennent une pression sans commune mesure avec les vraies priorités du pays. La proposition de loi déposée par Olivier Falorni le 17 septembre dernier a recueilli 236 signataires.

Lors de son discours de politique générale, le nouveau Premier ministre François Bayrou a remis ce débat législatif à l’initiative des députés : « Le Parlement a des prérogatives qui doivent être respectées. Je pense en particulier à son pouvoir d’initiative qu’il ne manquera pas d’exercer sur des sujets importants dans notre société, comme la fin de vie « . En clair, les députés peuvent examiner la proposition de loi Falorni lors d’une niche d’un groupe parlementaire ou lors d’une semaine dédiée. Les niches durent une journée. En 2021, lors de l’examen d’une proposition de loi, déjà initiée par Olivier Falorni, seul le premier article avait pu être adopté.

Ce renvoi à l’initiative parlementaire a déjà suscité le mécontentement du camp pro-euthanasie. La présidente de l’Assemblée nationale, fervente partisane de la mort provoquée, s’était alors dit déçue de l’absence d’engagement de François Bayrou

 

Sauver le soin, refuser la mort administrée

Cette semaine, l’entourage du Premier ministre a laissé filtrer une autre piste : reprendre le projet de loi, donc à l’initiative du gouvernement, en séparant le volet « soins palliatifs » du volet euthanasie et suicide assisté.

Des députés de tous bords avaient plaidé pour cette dissociation dans une tribune parue en septembre 2023 dans L’Express.

La proposition a un mérite : celui de distinguer le soin de la mort administrée. Il n’est pas acceptable de faire croire que l’euthanasie est un geste de compassion, ou relève du soin. Selon les mots de François Bayrou rapportés par la presse : les soins palliatifs relèvent « d’un devoir de la société à l’égard de ceux qui traversent cette épreuve ». En réalité, soins palliatifs et euthanasie ou suicide assisté sont incompatibles car leurs logiques sont radicalement différentes.

Les exemples des pays qui ont légalisé ces pratiques montrent qu’il est impossible de tenir un tout éthique et effectif pour les patients en conjuguant deux approches diamétralement opposées.

Au Canada, par exemple, la frontière entre ce qui relève des gestes soignants d’un côté et du geste létal de l’autre s’est progressivement effacée. Lors de la Rencontre internationale organisée par Alliance VITA en février 2024, un intervenant québécois rapportait qu’à l’hôpital où se pratique l’euthanasie, l’expression « Quand Madame va-t-elle recevoir son soin ? » signifiait tout simplement « quand a lieu son euthanasie ? ».

L’anecdote est révélatrice. Le soin est proprement  » une action ou un ensemble d’actions qu’une personne décide ou accomplit pour elle-même et pour autrui, afin d’entretenir la vie, de maintenir, restaurer et promouvoir la santé ». Entretenir la vie, il est clair que l’euthanasie ou le suicide assisté sont l’exact opposé.

Pour les partisans de l’euthanasie en revanche, cette séparation des deux volets mettrait « en péril la fin de vie » , comme l’a déclaré  Yaël Braun-Pivet lors de ses vœux à la presse le 23 janvier. Elle a aussi prévenu : « Si nous ne l’examinons pas rapidement, nous ne pourrons pas le terminer à la fin du quinquennat. »

 

Légaliser le suicide assisté et l’euthanasie : un projet contraire à la dignité et à la fraternité

Sur le fond, le projet de légalisation du suicide assisté et de l’euthanasie reste profondément contraire à la dignité humaine et à la fraternité.

Lors de la mobilisation organisée par Alliance VITA pendant le débat à l’Assemblée nationale sur le projet de loi fin de vie, le professeur d’éthique de la santé et membre du Conseil de la Santé néerlandais, Theo Boer, lançait ce message en forme d’avertissement :

« la légalisation de l’euthanasie n’est pas la solution. Elle met en mouvement une dynamique qui change toute notre société. Que personne ne dise donc que l’euthanasie légale est une simple question de liberté individuelle : elle envoie un message selon lequel il vaut mieux que certaines personnes cessent d’exister. Le cynisme de cette liberté ne peut être sous-estimé. »

A l’heure où l’instabilité politique menace l’adoption d’un budget, à l’heure où les Français continuent de placer la santé en tête de leurs priorités, il est du devoir des pouvoirs publics de tout mettre en œuvre pour soulager les douleurs physiques, d’accompagner les souffrances psychiques des personnes en fin de vie et celles de leurs proches, de soutenir les personnes handicapées ou malades sans jamais rien céder sur la dignité de chacun.

où en sont les discussions sur la fin de vie

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Santé mentale : urgence pour une Grande cause !

Santé mentale : urgence pour une Grande cause !

Santé mentale : urgence pour une Grande cause !

Les objectifs de la Grande cause 2025

La santé mentale est la Grande cause nationale de cette année, une décision portée par l’ancien Premier ministre Michel Barnier et confirmée par le nouveau Premier ministre.

Le gouvernement avait présenté quatre objectifs prioritaires pour soutenir cette cause :

  1. Changer le regard des Français sur les troubles psychiques et mentaux.
  2. Développer la prévention et le repérage précoce.
  3. Améliorer l’accès aux soins.
  4. Accompagner les personnes touchées dans toutes les dimensions de leur vie quotidienne : emploi, logement, loisirs…

 

Santé mentale : de quoi parle-t-on ?

Selon l’OMS (Organisation Mondiale de la Santé), la santé mentale « correspond à un état de bien-être mental qui nous permet de faire face aux sources de stress de la vie, de réaliser notre potentiel, de bien apprendre et de bien travailler, et de contribuer à la vie de la communauté. Elle a une valeur en soi et en tant que facteur favorable, et fait partie intégrante de notre bien-être« .

Le site Ameli précise quelques critères pour jauger de notre niveau de santé mentale :

Vous éprouvez un sentiment de bien-être mental si :

  • vous parvenez à exprimer vos talents et qualités ;
  • vous vous sentez capable de réaliser vos projets et de gérer votre vie ;
  • vous supportez les tensions normales de la vie et les tracas du quotidien ;
  • vous jouez un rôle actif au sein de votre famille, de vos amis, de votre communauté et dans votre travail (ou dans vos études).

 

Une situation préoccupante : l’état des lieux sur les états dépressifs publié par la DREES

Dans une étude publiée en début d’année, la DREES (Direction de la Recherche, des Etudes, de l’Evaluation et des Statistiques) présente un panorama des états dépressifs. Un des intérêts de cette étude réside dans l’exercice de comparaison à l’échelle européenne :

« En 2019, juste avant la crise sanitaire, environ 6 % de la population européenne souffre de syndromes dépressifs, mais avec de fortes disparités selon les pays et les régions. C’est en Europe de l’Ouest et du Nord qu’on trouve les taux les plus élevés, notamment en France (11 %) et en Suède (10 %). Ces chiffres sont plus bas dans le Sud et l’Est, en particulier en Serbie ou à Chypre (2 %)« .

Derrière ces différences par pays, d’autres disparités existent : les femmes « risquent en moyenne davantage que les hommes de souffrir de dépression« .

Par ailleurs, le lien entre l’âge et le risque de dépression est différent selon les pays. Les auteurs notent qu’ « en Europe du Nord, c’est parmi les 15-24 ans que la dépression est la plus fréquente ; elle diminue au fur et à mesure que l’âge augmente, jusqu’à 70 ans« . En Europe de l’ouest, « elle est élevée pour toutes les tranches d’âge, avec un pic entre 45 et 59 ans, avant de diminuer légèrement autour de 60-69 ans – ce qui coïncide approximativement avec l’âge de départ à la retraite – jusqu’à 70 ans, où elle remonte un peu« .

Pour les personnes âgées (70 ans et plus), sans surprise malheureusement « les Européens âgés ayant un mauvais état de santé sont, de manière systématique, plus souvent sujets aux syndromes dépressifs que ceux en bonne santé ». Le niveau de soutien social est également un facteur déterminant. Le veuvage a aussi un impact, sauf en Europe du Nord. Les auteurs rappellent que : « ce résultat est cohérent avec la littérature scientifique, qui indique que le deuil constitue un facteur important de la dépression« .

Chez les jeunes (entre 15 et 24 ans), le rapport met en avant l’isolement social comme « un facteur significatif de dépression chez les jeunes ». Ainsi « de manière générale, les pays qui affichent les taux de dépression les plus élevés chez les jeunes sont aussi ceux où ces derniers quittent le foyer parental le plus tôt« . On retrouve l’importance du soutien social : « Les jeunes les plus entourés ont ainsi 12 points de pourcentage de risque en moins de souffrir de dépression, comparativement aux moins entourés, et même 36 points en Europe du Nord« .

Les auteurs rappellent qu’à la suite de la crise sanitaire de la COVID 19 « depuis 2020, une dégradation marquée et durable de la santé mentale des jeunes a été observée : en France, on observe une hausse notable des symptômes dépressifs et anxieux chez les jeunes adultes en 2020; des études portant sur d’autres pays européens confirment une tendance comparable, par exemple au Royaume-Uni« .

 

Un geste simple pour soutenir cette cause

La situation appelle de réels moyens pour inverser la tendance. Il appartient aux pouvoirs publics d’adresser la dégradation des soins psychiatriques dénoncée par de nombreux acteurs.

Chacun de nous peut aussi apporter son soutien concret. Dans d’autres pays, des campagnes d’affichage insistent sur les petits gestes. Au Royaume uni, des affiches proclament « le pouvoir du petit » parce qu’une « petite conversation sur la santé mentale a un grand pouvoir pour faire la différence« .

Garder ou reprendre le contact, un petit geste qui fait du bien. Nous sommes des êtres de liens, le début d’année est propice à poser cette question simple autour de nous : »comment ça va? ».

santé mentale : urgence pour une grande cause !

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Analyse des variations de la fécondité en France

Analyse des variations de la fécondité en France

Notexpert Analyse des variations de la fécondité en France

 

Les variations de la fécondité en France sont fréquentes et ont déjà eu lieu ces 30 dernières années. En effet, la baisse du taux de fécondité conjoncturel observée actuellement (-9% en tendance par rapport au niveau de 1,79 de 2022) nous ramène aux niveaux les plus bas observés il y a 30 ans (aux alentours de 1,6) au milieu des années 1990. Ce taux de fécondité était ensuite remonté jusqu’en 2007 pour atteindre et dépasser 2 enfants par femme avant de redescendre ensuite au niveau actuel. Analyser ces fortes variations annuelles implique d’adopter une vision à plus long terme sur plusieurs décennies.

Il convient également d’examiner les facteurs à l’origine de ces mouvements de balanciers et de fournir quelques indications sur la persistance de ces explications dans les années à venir.

Indicateurs de fécondité : comment mesurer la fécondité d’un pays ?

Il y a plusieurs moyens de mesurer la fécondité des femmes en France selon que l’on se place dans une perspective à court ou à long terme.

La première mesure est le taux de fécondité générale. Pour le calculer de manière simple, il suffit d’avoir le nombre de naissances (par exemple 722 000 en 2022) et le nombre de femmes en âge de procréer entre 15 et 50 ans en 2022 soit 14,418 millions. Ainsi, le taux de fécondité général est de 722000/14418000 soit 5 enfants pour 100 femmes en âge de procréer. Pour une femme de 15-50 ans, la probabilité annuelle de donner naissance est de 5% si l’on prend une femme de cette catégorie au hasard quel que soit son âge.

Afin de pouvoir produire un indicateur interprétable et accessible, les démographes ont préféré transformer cet indicateur en une projection sur le nombre d’enfants par femme à la fin de sa vie féconde. Ainsi, en première approximation, afin de pouvoir convertir cette probabilité annuelle à l’issue de sa vie féconde en probabilité finale d’avoir des enfants, on additionne ces probabilités sur les 35 ans de la vie féconde d’une femme soit dans le cas de 2022 : 5%*35=175% de chance d’avoir un enfant. Cette probabilité peut donc aussi se traduire en un nombre d’enfants par femme soit 1,75 enfants pour une femme à l’issue de sa vie féconde si le taux moyen de fécondité général est appliqué.

Cet indicateur s’appelle l’indicateur conjoncturel de fécondité (ICF) qui représente une photo annuelle. Afin de raffiner cet indicateur, la réalité de la fécondité étant très différente selon les classes d’âge, le calcul de l’ICF est construit en additionnant les probabilités par classe d’âge. Ainsi, dans le tableau ci-dessous, en 2022, la décomposition par catégorie d’âge montre que la probabilité de donner naissance peut être beaucoup plus importante que 5% avec des taux oscillant entre 7,2 % et 12,4% pour les femmes âgées de 25 à 39 ans ou beaucoup plus faibles (entre 1 et 2%) pour les 15-24 ans et les 40-50 ans.

En considérant que les taux sont stables au sein des tranches d’âge (par exemple, le taux de 2% de naissances par femme est stable pour les 10 années de 15 à 24 ans), le calcul de l’ICF basé sur les classes d’âge en 2022 donne 2*10+10,1*5+12,4*5+7,2*5+1*10=178,5 naissances pour 100 femmes soit 1,785 enfants/femme.

figure 1 analyse de la baisse de la natalité

Lorsque la granularité des données est disponible par âge (et non plus par classe d’âge), l’indicateur conjoncturel de fécondité d’une année donnée peut être encore affiné en se basant sur le nombre d’enfants qu’ont eus les femmes de cet âge dans l’année. On additionne ensuite les taux observés à chaque âge de 15 à 50 ans. L’indicateur ainsi obtenu agrège en une valeur unique les comportements féconds relatifs à 35 générations différentes observés lors d’une année donnée.

Il indique le nombre total d’enfants qu’aurait un groupe de femmes ayant à chaque âge au fil de leur existence les taux observés cette année-là. Selon la définition de l’INSEE, l’indicateur conjoncturel de féconditésert donc uniquement à caractériser d’une façon synthétique la situation démographique au cours d’une année donnée, sans qu’on puisse en tirer des conclusions certaines sur l’avenir de la population.

A l’inverse, un indicateur structurel de la fécondité appelé aussi la descendance finale, ne s’applique pas à une année de calendrier, mais à une génération de femmes. La descendance finale de celles nées en 1969 (qui ont fêté leur 50e anniversaire en 2019), soit 2,00 enfants, est le nombre moyen d’enfants qu’elles ont eus au cours de leur existence féconde. Contrairement à l’indicateur conjoncturel de fécondité qui fait référence à une génération fictive, cette mesure s’applique à des femmes bien réelles. Elle a cependant l’inconvénient de ne pouvoir être mesurée que pour des générations ayant atteint ou dépassé l’âge de 50 ans.

figure 2 analyse des variations de la fécondité

Lorsqu’on observe l’historique de ces indicateurs sur le dernier siècle (cf. figure ci-dessus issue de [1]), on notera que l’ICF est bien plus fluctuant (car correspondant à une photo annuelle) que la descendance finale qui suit “des tendances de long terme de choix du nombre total d’enfants par femme à la fin de sa vie reproductive qui reste stable vers deux pour le moment (projection fiable pour les femmes nées en 1980). » [1]

 

Les signaux donnés par l’Indicateur Conjoncturel de Fécondité sont des signaux court terme qui sont à compléter et à mettre en perspective avec des tendances de long terme observables avec la descendance finale de nombreuses années après sur plusieurs décennies.  

Explication des évolutions de l’ICF sur les 30 dernières années

analyse des variations de la fécondité en france

Source : INSEE Bilan démographique 2022 provisoire  +  Âge moyen de la mère à l’accouchement Données annuelles de 1994 à 2022, Janvier 2023

 

Lors des 30 dernières années, le niveau de l’ICF, relativement bas au milieu des années 1990 (1,66), venait d’un mouvement de retard des maternités selon G. Pinson et S. Dauphin [1]:

les femmes des générations les plus âgées avaient déjà eu leurs enfants et elles n’en mettaient plus au monde et les générations plus jeunes attendaient pour avoir les leurs (le nombre de descendance finale étant le même que la génération précédente)”.

Il en a résulté un nombre de naissances relativement faible durant cette période. Ce mouvement de retard des maternités a été ensuite rattrapé par les générations de femmes qui avaient différé leur projet de naissance entraînant une hausse de l’indicateur conjoncturel de fécondité au-dessus de 2 entre les années 2007 et 2011. On observe ce mouvement de rattrapage de 1994 à 2012 sur la figure ci-dessous du taux de fécondité par classe d’âge.

Entre 1994 et 2012, les augmentations majeures concernent les mères âgées de 30-34 ans (+39%) concomitamment aux 35-39 ans (+74%) tandis que le taux reste élevé chez les 25-29 ans.

 

figure 4 analyse des variations de la fécondité en france

Sources : INSEE La situation démographique en 2012 État civil et estimations de population – Insee Résultats-Juin 2014 + Bilan démographique 2022 provisoire (Janvier 2023)

 

Ensuite, sur la période 2012-2022, alors que les taux de fécondité entre 30 et 39 ans se sont stabilisés (respectivement autour de 13 chez les 30-34 ans et de 7 chez les 35-39 ans), celui des 15-24 est passé de 3 à 2 (-33%). Le taux de fécondité des 25-29 ans n’a fait que descendre de 12,5 à 10 enfants par femme (-25%) de cette tranche d’âge.

Cette baisse significative d’un des moteurs principaux de la fécondité (les femmes âgées de 25 à 29 ans) en France n’a pas pu être compensée par la hausse des 40-50 ans : si cette hausse, en valeur relative, est significative (+25%), elle n’est que très faible en contribution absolue avec 1 enfant par femme pour cette tranche d’âge.

D’après les démographes Gilles Pinson et Sandrine Dauphin [1], la baisse débutée en 2012 est liée à la montée du chômage qui a rendu le futur plus incertain.

Ce mouvement a perduré même la crise passée, signe qu’une nouvelle tendance non liée à la conjoncture économique est peut-être également à l’œuvre. Il reste en effet à savoir si les jeunes générations, qui ont aujourd’hui moins de 30 ans, suivront le même schéma et rattraperont elles-aussi leur retard, ou adopteront un autre chemin avec une descendance finale nettement moindre, comme on l’observe dans beaucoup d’autres pays développés ?”

En effet, comme l’indique la figure ci-dessous issue de l’OCDE représentant l’évolution de la descendance finale (Completed Cohort fertility en anglais), la France n’a pas subi de baisse de sa descendance finale à l’instar de la Suède, la Norvège, la Finlande, les Etats Unis pour les femmes nées en 1950, 60 et 70. A l’inverse les autres pays développés ont tous observé une baisse plus ou moins forte de cette descendance finale. Par exemple, les descendances finales des pays comme l’Espagne, l’Italie, le Japon ou l’Allemagne ont chuté à des niveaux très bas aux alentours de 1,4 / 1,5.

analyse des variations de la fécondité en france

Evolution de la descendance finale pour les pays de l’OCDE (source OCDE) 

 

Cette analyse permet de comprendre les dynamiques expliquant la hausse de l’ICF entre 1994 et 2012 principalement liée à une entrée en maternité plus tardive comprise entre 30 et 40 ans tout en maintenant un flux de naissance significatif pour les mères de 25 à 29 ans.

La baisse des dix dernières années 2012-2022 provient principalement de la baisse significative de la fécondité des moins de 30 ans.

Est-ce que la descendance finale de cette génération née entre 1983 et 1997 se maintiendra à 2 ou baissera comme dans de nombreux pays ? Nous ne pourrons le savoir qu’entre 2023 et 2037 au plus tôt une fois qu’elles auront atteint leurs 40 ans.

Naissance et fécondité : à quoi s’attendre demain ?

 

Le retard des maternités va-t-il se poursuivre ?

L’âge moyen à la maternité continue de croître régulièrement : il atteint pour le premier enfant 31 ans en 2022, alors qu’il était de 30,7 ans en 2019, de 29,3 ans vingt ans plus tôt et de 24-25 ans en 1977. Le report de l’âge des maternités continue de progresser. D’après l’INED [1], il n’est pas exclu que l’âge moyen à la maternité atteigne voire dépasse 32 ans, comme c’est déjà le cas en Espagne (32,2 ans en 2018). Mais il est peu probable qu’il augmente jusqu’à 35 ou 40 ans. La raison en est d’abord biologique :

À trop attendre pour devenir mères, les femmes risquent de ne plus pouvoir enfanter quand elles le décident.”

Par ailleurs, le taux d’infertilité naturel augmente vite avec l’âge : 4 % à 20 ans, 14 % à 35 ans, 35 % à 40 ans et près de 80 % à 45 ans selon le site de la sécurité sociale :

De plus, selon ce même site, l’âge de la mère n’est pas le seul facteur de la baisse de la fécondité :  l’âge du père et du couple sont aussi des facteurs déterminants.

En effet, d’une part, “le génome des spermatozoïdes s’altère avec l’âge par fragmentation de son ADN, source de plus de difficulté à concevoir, augmentation des fausses couches, des risques génétiques dans la descendance”, d’autre part, “il existe un effet cumulatif de l’âge des deux partenaires : par exemple, la fragmentation de l’ADN des spermatozoïdes n’est plus réparable par les facteurs ovocytaires de la femme âgée et le taux de fausses couches est multiplié par 6,7 si l’homme a plus de 40 ans et la femme plus de 35 ans.”.

La figure ci-dessous illustre la hausse continue de l’âge des pères à la naissance de leurs enfants.

figure 6 baisse de la natalité fécondité en france

Source : INSEE La situation démographique en 2021 État civil et estimations de population – Insee Résultats – Juin 2023

L’aide médicale à la procréation (AMP) s’est beaucoup développée récemment. Selon l’agence de la biomédecine, en France, en 2021, 27 609 enfants sont nés suite à une AMP réalisée en soit près d’un enfant sur 27. Selon l’INED [1], elle laisse espérer une solution aux couples qui ont des difficultés de conception.

Toutefois la médecine reste souvent impuissante après 40 ans. Les enfants nés de mère de 40 ans ou plus ne représentent qu’une fraction minime des naissances (5 % en France en 2019). Même en hausse, elles ne devraient pas représenter une part importante des naissances, sauf à utiliser d’autres moyens de procréation comme la Gestation Par Autrui ou des innovations technologiques telles que les greffes d’utérus, l’ectogenèse (dit utérus artificiel…), une perspective qui relève pour l’instant de la “démographie-fiction” selon les démographes Gilles Pinson et Sandrine Dauphin [1].

 

Les couples auront-ils le nombre d’enfants souhaités ?

 

Selon des enquêtes menées par l’UNAF sur plusieurs années, le nombre souhaité d’enfants est de manière persistante à 2,39 enfants soit 0,56 au-dessus de l’ICF 2020 (année de l’enquête). Les raisons invoquées pour renoncer à ce nombre d’enfants sont principalement :  avoir un logement adapté pour accueillir un enfant (60%) et qu’un des membres du couple (36%) ou les deux (43%) bénéficie(nt) d’un travail stable.

Un sondage récent de 2023 pour l’IFOP précise et confirme ces raisons économiques en demandant aux personnes qui ont renoncé à avoir un enfant ou un enfant supplémentaire : 44% des répondants mentionnent en effet des difficultés financières ou d’emploi, 27% le coût des modes de garde et 21% des difficultés à loger cet enfant.

D’après G. Pinson, et S. Dauphin [1], “les situations de précarité professionnelle conduisent à abandonner le projet d’enfant.” Le projet initial peut être revu à la baisse pour différentes raisons : âge, problèmes de fertilité, situation de couple, nombre d’enfants déjà nés, mais aussi situation professionnelle des conjoints.

Le projet de fécondité a d’autant plus de chances d’avoir été concrétisé que la femme occupe un emploi stable. A l’inverse, une situation de chômage – particulièrement des femmes – compromet la réalisation des projets initiaux de fécondité et peut conduire à un report de naissance, voire à un renoncement.”

En effet, le report des naissances ne réduit pas seulement le nombre désiré d’enfants mais également la probabilité d’avoir les enfants souhaités. Ainsi, à partir de 35 ans, la majorité des intentions non réalisées se soldent par un renoncement.

 

Les politiques familiales influencent-elles les comportements en matière de fécondité ?

 

Il existe trois leviers de politiques familiales liées à la natalité :

  • L’octroi de congé lié à une naissance,
  • Les prestations financières (incluant le quotient familial)
  • L’offre de services pour la petite enfance.

Toutes les formes d’aide exercent un effet positif sur la fécondité, toutes choses étant égales par ailleurs, suggérant ainsi qu’une combinaison de ces aides est susceptible de favoriser la fécondité. Toutefois, selon l’INED [1], l’effet de la durée du congé et des dépenses associées apparaît, en moyenne, particulièrement faible par rapport à l’effet du taux de couverture des services d’accueil pour les enfants de moins de 3 ans. Ainsi, les études existantes tendent à montrer que l’impact des incitations financières est très limité tandis que l’existence de services d’accueil de la petite enfance facilite la possibilité pour les couples d’avoir le nombre d’enfants souhaités.

La durabilité de ces structures d’accueil permet aux futurs parents de se projeter pour accueillir un enfant.

Paradoxalement, les mesures introduites avec un objectif explicite de soutien à la fécondité ont un effet assez limité, alors que celles qui soutiennent la “conciliation entre travail et vie familiale ou qui améliorent les conditions de vie – sans faire du soutien à la fécondité leur objectif premier – semblent avoir un effet plus tangible sur la fécondité.”

 

La tendance lourde de recul de l’âge de la maternité (alimenté notamment par l’insécurité matérielle, économique et par manque de structures d’accueil de l’enfant) atteint une limite biologique qui ne pourra pas être surmontée par les promesses des technologies de procréation. Cette confrontation au “mur biologique” pour les femmes (combiné au recul de l’âge de la paternité et des couples) entrainera probablement des renoncements aux projets d’enfants qui auront un impact à la baisse sur la natalité.

 

 

Conclusions et Perspectives

La remontée de l’indice conjoncturel de fécondité du début des années 2000 avait été imputable à un rattrapage du mouvement de retard observé sur la période précédente pour atteindre une descendance finale de 2 pour les générations de femmes concernées. Cette nouvelle baisse initiée depuis 2012 sera-t-elle uniquement conjoncturelle ou plus structurelle ? Plusieurs facteurs déjà identifiés dans le passé vont continuer à jouer un rôle dans l’évolution de la fécondité :

  • Les normes procréatives (l’arrivée d’un enfant est soumise à des critères comme le fait d’être installé dans la vie, avec des diplômes, un emploi stable, un logement et une vie de couple stable) ont joué un rôle conjoncturel très important dans le recul de l’âge pour procréer. Dans le futur, elles pourraient avoir un rôle structurel accru sur la descendance finale des femmes car la capacité à étendre l’âge de la procréation est limitée par les contraintes biologiques au risque de renoncer aux projets d’enfants.
  • Les conditions matérielles et économiques dégradées, en particulier la précarité des emplois des femmes ont et auront un impact direct réduisant la concrétisation des projets d’enfants.
  • L’axe de la politique familiale visant à étendre la couverture de services d’accueil de la petite enfance jouera un rôle essentiel sur la décision des couples d’avoir le nombre d’enfants souhaités (plus important que les aides financières et les congés natalité). Il s’agit d’inscrire l’accueil de l’enfant au centre du projet de la société française.
 

De nouvelles tendances sociétales pourraient avoir un impact (sans pouvoir en estimer la prévalence) telles que :

  • L’éco-anxiété qui pousse les jeunes générations et plus particulièrement les “child free” à remettre en question l’arrivée d’êtres humains supplémentaires sur la planète.
  • Certains sondages évoquent aussi les difficultés d’engagement durable dans une société qui privilégie la liberté, l’épanouissement personnel et le non-attachement.
  • Les évolutions des normes, exigences et injonctions parentales / éducatives qui pèsent sur les potentiels parents.
  • Les promesses des technologies de procréations (congélation des gamètes, stimulation ovarienne…)

 

Pour Alliance VITA, toutes ces analyses soulignent les efforts indispensables pour donner la pleine capacité aux familles d’accueillir des enfants.

 

 

Référence principale

[1] Gilles Pison et Sandrine Dauphin, Enjeux et perspectives démographiques en France 2020-2050. Un état des connaissances, Paris, INED, Document de travail, 259, Novembre 2020 https://www.ined.fr/fichier/s_rubrique/30829/dt.259.2020.projections.demographiques.france2.fr.pd

Baisse de la natalité en France : tendance conjoncturelle ou structurelle ?

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D’après les données de l’INSEE, la natalité ne cesse de baisser : en 2024, 663 000 bébés sont nés soit 2,2% de moins qu’en 2023 et 21,5% de moins qu’en 2010. Le taux de fécondité (ou nombre d’enfants par femme), est passé de 1,66 en 2023 à 1,62 en 2024. Selon la Drees« Depuis la fin de la Première Guerre mondiale, cet indicateur n’a jamais été aussi bas. »Ces chiffres reflètent-ils des phénomènes conjoncturels ou s’inscrivent-ils au contraire dans des tendances plus durables ? Quels sont les facteurs de cette baisse de la natalité ?

 

Comment mesurer la fécondité d’un pays ?

Il y a plusieurs moyens de mesurer la fécondité des femmes en France selon que l’on se place dans une perspective à court ou à long terme.

Selon la définition de l’INSEE, l’Indicateur Conjoncturel de Fécondité (ICF) “sert donc uniquement à caractériser d’une façon synthétique la situation démographique au cours d’une année donnée, sans qu’on puisse en tirer des conclusions certaines sur l’avenir de la population.

A l’inverse, un indicateur structurel de la fécondité, appelé aussi la descendance finale, ne s’applique pas à une année de calendrier, mais à une génération de femmes.

Les signaux donnés par l’Indicateur Conjoncturel de Fécondité sont des signaux court terme qui sont à compléter et à mettre en perspective avec des tendances de long terme observables avec la descendance finale de nombreuses années après sur plusieurs décennies.

Lors des 30 dernières années, le niveau de l’ICF, relativement bas au milieu des années 1990 (1,66), venait d’un mouvement de retard des maternités selon une étude de l’Ined de 2020 [1] : “ les femmes des générations les plus âgées avaient déjà eu leurs enfants et elles n’en mettaient plus au monde et les générations plus jeunes attendaient pour avoir les leurs (le nombre de descendance finale étant le même que la génération précédente)”.

Ce mouvement de retard des maternités a été ensuite rattrapé par les générations de femmes qui avaient différé leur projet de naissance entraînant une hausse de l’Indicateur Conjoncturel de Fécondité au-dessus de 2 entre les années 2007 et 2011.

La diminution observée depuis 2012 provient principalement de la baisse significative de la fécondité des moins de 30 ans.

Pour autant ce n’est qu’entre 2024 et 2037 que la descendance finale de la génération née entre 1983 et 1997 sera connue. Reste à savoir si elle se maintiendra à 2 ou baissera comme dans de nombreux pays.

 

Naissance et fécondité : à quoi s’attendre demain ?

Plusieurs facteurs déjà identifiés dans le passé vont continuer à jouer un rôle dans l’évolution de la fécondité :

  • Les normes procréatives (l’arrivée d’un enfant est soumise à des critères comme le fait d’être installé dans la vie, avec des diplômes, un emploi stable, un logement et une vie de couple stable) ont joué un rôle conjoncturel très important dans le recul de l’âge pour procréer. Dans le futur, elles pourraient avoir un rôle structurel accru sur la descendance finale des femmes car la capacité à étendre l’âge de la procréation est limitée par les contraintes biologiques au risque de renoncer au projet d’avoir un enfant.
  • Les conditions matérielles et économiques dégradées, en particulier la précarité des emplois des femmes ont et auront un impact direct réduisant la concrétisation des projets d’avoir un enfant.
  • L’axe de la politique familiale visant à étendre la couverture de services d’accueil de la petite enfance jouera un rôle essentiel sur la décision des couples d’avoir le nombre d’enfants souhaités (plus important que les aides financières et les congés natalité qui restent cependant des facteurs qui comptent). Il s’agit d’inscrire l’accueil de l’enfant au centre du projet de la société française.

De nouvelles tendances sociétales pourraient avoir un impact sans qu’il soit possible d’en estimer la prévalence :

  • L’éco-anxiété qui pousse les jeunes générations et plus particulièrement les “child free” à remettre en question l’arrivée d’êtres humains supplémentaires sur la planète.
  • Certains sondages évoquent aussi les difficultés d’engagement durable dans une société qui privilégie la liberté, l’épanouissement personnel et le non-attachement.
  • Les évolutions des normes, exigences et injonctions parentales / éducatives qui pèsent sur les potentiels parents.
  • Les promesses des technologies de procréations (congélation des gamètes, stimulation ovarienne…)

 

Pour Alliance VITA, toutes ces analyses soulignent les efforts indispensables pour donner la pleine capacité aux familles d’accueillir des enfants.

 

[1] Gilles Pison et Sandrine Dauphin, Enjeux et perspectives démographiques en France 2020-2050. Un état des connaissances, Paris, INED, Document de travail, 259, Novembre 2020 https://www.ined.fr/fichier/s_rubrique/30829/dt.259.2020.projections.demographiques.france2.fr.pdf

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Université de la vie 2025 – Première soirée : « Être en lien »

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Première séquence : « Être en lien »

« Nous rentrons en relation entre humains alors que nous sommes en interaction avec les machines. […] Notre intelligence est plus que performante : elle est infinie, elle est en perpétuelle évolution et relation. Elle est puissante. »

 

Blanche Streb, directrice de la formation d’Alliance VITA, emmène ensuite les participants au cœur de l’épigénétique. Explorant comment des marques chimiques influencent l’expression des gènes, cette récente discipline scientifique montre que nos expériences, notre environnement et notre mode de vie peuvent modeler notre biologie de manière réversible ou durable. Tout en dépassant le déterminisme génétique, elle explique la transmission intergénérationnelle de traumatismes ou d’effets environnementaux, et ouvre également des perspectives thérapeutiques. En révélant la plasticité et la complexité du vivant, elle nous invite à admirer les liens profonds entre ce que nous sommes et ce que nous vivons.

Maman adoptante de deux enfants de 11 et 7 ans, Sabine Blanchard a livré un témoignage bouleversant sur les ravages que cette séparation dramatique avec leur mère de naissance a pu causer à ses enfants. Ce point de départ douloureux, elle le voit comme un mystère dans la vie de ses enfants, une blessure qu’elle et son mari s’efforcent d’accompagner avec humilité, « en cultivant, en famille, la gratitude pour la vie ». Pour elle « l’adoption, c’est réparer ensemble cet accident. »

« Être, c’est dire oui à ce monde qui est le nôtre et à cette condition qui est la mienne. Mais pas un oui résigné ; un oui qui va de l’avant. »

Spécialiste des questions bioéthiques, il est revenu sur la difficulté de la société à accepter ses propres limites et à accueillir l’imprévu. Face aux tentatives de maîtriser la vie à son début ou à sa fin, il y a quelque chose de radicalement insaisissable. Affirmant que « les sources d’espérance naissent des rencontres et des échanges en profondeur », il ajoute que selon lui, « l’humanité c’est à la fois de vrais individus à part entière et des individus en relation les uns avec les autres. »

Dans de très nombreuses villes de France et de l’étranger, les soirées se sont conclues par des témoignages locaux : de médecins, soignants, de bénévoles, d’écoutants, de parents…

Prochaine soirée le 27 janvier autour du thème « Être vulnérable ».

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Sites pornographiques et âge légal, quelles réalités ?

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Sites pornographiques et âge légal

La pornographie est un fléau. Tant dans l’étendue de son usage que dans ses méfaits. Personnes exploitées par un marché sordide et colossal, impact psychologique sur les consommateurs, en particulier sur les plus jeunes, phénomènes d’addictions, image dégradée de la femme et de la sexualité, augmentation de la violence, détérioration des relations humaines… Les impacts sont nombreux. Et touchent toute la société. La pornographie est une industrie qui a « fait de l’exploitation et la marchandisation du corps et de la sexualité des femmes un business à l’échelle mondiale ».

Un rapport d’information cosigné par 4 sénatrices de différents partis publié en septembre 2022 sous le titre choc de « l’enfer du décor » mettait en lumière l’emprise de l’industrie pornographique et ses impacts néfastes. Il y a urgence à mener une lutte contre ce fléau. Celle-ci passe par des interdictions et de la prévention. L’un des enjeux prioritaires est celui de la protection des mineurs. Les chiffres sont effarants. L’Arcom a publié une étude en mai 2023 sur la consommation des mineurs : 51% des garçons de 12 ans se rendent sur un site pornographique chaque mois, 65% des garçons de 16 ans également.

Pour limiter l’accès de ces contenus aux mineurs, des tentatives de réglementation émergent. Un changement est intervenu le 11 janvier 2025. Depuis cette date, des règles émanant d’un référentiel de l’Arcom sont entrées en vigueur. Les sites doivent désormais vérifier que leurs utilisateurs ont bien l’âge de la majorité légale, en utilisant un système d’authentification. Un groupe de travail vient d’être créer pour suivre la mise en conformité des sites pornographiques avec la réglementation. Les sites qui ne respecteraient pas cela pourraient se voir menacer d’être bloqués.

 

Comment l’âge est-il vérifié ?

Le rapport préconise d’encadrer ce contrôle de l’âge des utilisateurs tout en respectant leur vie privée. Cela ne concerne donc pas l’identité ni les documents légaux. Il a donc été retenu un principe de « double anonymat ». D’un côté, l’utilisateur partage « quelque chose » qui peut attester de sa majorité à « un tiers », ce tiers étant une application ou un site dédié à ce type de contrôle, et, de l’autre, la plateforme de contenus pour adultes reçoit, via ce tiers, l’information concernant l’âge du visiteur. Depuis la publication de référentiel en octobre dernier, de nombreuses start-up (près d’une dizaine rien qu’en France) ont développé des solutions pour répondre à cette problématique de double anonymat. C’est un nouveau marché qui s’est ouvert.

 

Quel est l’impact de cette vérification ?

Cette disposition est un premier pas. Exprimer par la réglementation que cet accès n’est pas disponible pour les mineurs permet de rappeler la loi. Celle-ci n’est pas qu’un interdit mais a une valeur expressive et symbolique : celle de la protection des mineurs. L’accès à la pornographie pour un mineur est en effet interdit. Le code pénal stipule que la diffusion de contenu pornographique à des mineurs est puni de trois ans d’emprisonnement et de 75 000 euros d’amende.

Abandonner la lutte contre cet accès reviendrait, de fait, à l’autoriser. Sur ce sujet, comme celui de la consommation de drogue, l’accès aux réseaux sociaux pour les très jeunes, le téléphone portable à l’école…les arguments pour maintenir l’interdiction et la rendre plus effective s’appuient sur les impacts pour les jeunes et leur santé, mentale et physique.

Mais des questions subsistent sur les résultats qui peuvent en être attendus.

Pour commencer, la vérification en elle-même n’est pas très exigeante. Pour prouver son âge, un simple compte email, l’envoi d’un selfie vidéo, ou la preuve d’une transaction unique sur une application peut suffire. D’après Clara Chappaz, ministre du Numérique :

« les acteurs (de ce contrôle, ndlr), ça peut être une utilisation à base d’intelligence artificielle qui identifie les traits du visages, il peut s’agir de solutions qui identifient les mouvements de la main, il y a tout un tas de solutions sur le marché qui existent. Ce n’est pas à nous de dire au site Internet laquelle ils peuvent utiliser »

Autre problème, les sites les plus visités ne sont pas domiciliés en France, ils ne sont donc pas concernés. L’Europe n’est pas dotée de ce type de protection. L’objectif de la France, annoncée par la ministre, est d’encourager l’Europe à emboiter ce pas. Clara Chappa a saisi l’Europe sur cette question et affirme que d’ici quelques mois, les sites basés dans l’Union européenne auront à suivre cette régulation.

Par ailleurs, il est possible de contourner le système. Le contrôle ne s’appliquant que pour les visiteurs français, il suffira de faire croire qu’on est un internaute à l’étranger pour y échapper. Cela est notamment rendu possible par l’emploi d’un réseau privé virtuel (VPN) qui rend la connexion anonyme et masque la localisation de l’internaute en changeant son adresse IP. Il peut alors prétendre être dans un autre pays et contourner les règles françaises.

Il est vraisemblable qu’ « une partie du trafic va se tourner vers les VPN », pronostique déjà Jacky Lamraoui, patron de la start-up française IdxLab, qui fournit une solution de vérification d’âge à une vingtaine de sites X. D’après le site spécialisé DataReportal, 28 % des internautes âgés de 16 à 64 ans utilisaient un VPN en 2022, un chiffre en forte progression ces dernières années.

Enfin, les procédures de blocage sont complexes, et peuvent prendre plusieurs mois. Par exemple, en octobre la Cour d’appel de Paris avait ordonné le blocage de quatre sites X. 4 mois plus tard, ils sont encore accessibles.

Par ailleurs, la ministre chargée du numérique ne semble pas vouloir s’attaquer au problème de la pornographie de manière globale. Dans son entretien, elle insiste à deux reprises sur le fait que cette réglementation « ne doit pas empiéter sur le droit des adultes » et elle précise bien : « je veux rassurer les adultes qui sont dans leur plus grande liberté de consommer ces contenus… ».

Pour Alliance VITA, la pornographie est contraire à la dignité humaine et au respect du corps humain. Elle entretient également la traite des êtres humains et la prostitution. Renforcer, par tous les moyens, la protection des mineurs est prioritaire. Mais c’est un plan d’action ambitieux et global que mérite ce sujet.

 

Pour aller plus loin

La pornographie : un poison pour la dignité – Sophie Ascarino. Université de la vie 2021. Vidéo disponible ici

Pornographie : le Sénat alerte sur l’enfer du décor – Pornographie et Prostitution – Octobre 2022

sites pornographiques et âge légal, quelles réalités ?

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50 ans de la loi sur l’IVG Où est passée la prévention ?

50 ans de la loi sur l’IVG Où est passée la prévention ?

COMMUNIQUE DE PRESSE – 16 janvier 2025

50 ans de la loi sur l’IVG
Où est passée la prévention ?

Pourtant entre 1975 et 2022, la loi a été modifiée 9 fois, toujours dans le but de généraliser l’accès à l’IVG et en supprimant tous les dispositifs présentant des alternatives. D’une exception, l’avortement est devenu une liberté désormais inscrite dans la Constitution et expurgé de toute mesure de prévention.

Dès lors comment s’étonner que le nombre d’IVG affichent un niveau record, soit 243 623 en 2023 ? Peut-on se satisfaire d’un taux d’avortement parmi les plus élevés en Europe ?

La prévention est la priorité de toutes les politiques de santé… sauf pour l’IVG. Les pouvoirs publics semblent même s’interdire d’évaluer ses causes autant que ses conséquences, et n’osent pas afficher une volonté d’en protéger les femmes, autant que possible. Tout questionnement sur ce sujet devient suspect voire illégal. Pourtant, l’avortement pose toujours question. Parce qu’il s’agit d’un acte irréversible qui met des vies en jeu, l’avortement ne devrait jamais s’imposer aux femmes comme une fatalité. Il s’agit au contraire de regarder en face les causes et les conditions qui poussent les femmes à avorter :

  • Echecs de contraception, près des trois-quarts des femmes qui recourent à l’IVG étaient sous contraception lorsqu’elles sont devenues enceintes.
  • Normes procréatives qui se sont progressivement rigidifiées : pour avoir un enfant, il faut être ni trop jeune, ni trop âgée, avoir un couple et un travail stables, des revenus suffisants, etc
  • Difficultés économiques : selon une analyse de la Drees les taux de recours à l’IVG sont plus importants parmi les femmes aux niveaux de vie les plus faibles.
  • Violences : pour 40 % des 201 000 femmes concernées chaque année par les violences du conjoint, celles-ci ont débuté à la première grossesse.

D’ailleurs, dans un sondage réalisé par l’Ifop* cette semaine, 80% des Français se disent favorables à ce que soit intégré dans le livret officiel remis aux femmes, le détail des aides aux femmes enceintes et aux jeunes mères. 65% d’entre eux pensent aussi que la société devrait davantage aider les femmes à éviter le recours à l’IVG.

Même si les oppositions sur ce sujet demeurent irréductibles, notre société devrait pouvoir s’accorder sur la nécessité d‘une prévention pour les femmes qui souhaiteraient éviter l’IVG. Protéger les femmes de toutes pressions et leur offrir des alternatives sont plus que jamais une urgence sociale.

*Sondage Ifop, Les Français et l’Interruption volontaire de grossesse, (IVG), Janvier 2025

50 ans de la loi sur l’ivg où est passée la prévention ?

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[CP] – Lancement de l’Université de la vie le 20 janvier 2025

[CP] – Lancement de l’Université de la vie le 20 janvier 2025

COMMUNIQUE DE PRESSE – 14 janvier 2025

Lancement de l’Université de la vie le 20 janvier 2025 Être humain et le rester demain

L’Université de la vie, événement unique en son genre qui fait le pari renouvelé d’éveiller les esprits aux questions bioéthiques, ouvre ses portes le lundi 20 janvier 2025. Au programme de cette première soirée : Être en lien.

Il est encore temps de s’inscrire dans l’une des 200 villes organisatrices en France, en Outre-Mer et à l’étranger.

Participer à l’Université de la vie, c’est s’offrir le temps de réfléchir à des sujets essentiels, acquérir des outils concrets pour comprendre et agir, faire des rencontres et tisser des liens, nourrir son engagement au service des plus fragiles. C’est aussi l’occasion de découvrir des intervenants aussi bien experts que témoins.

Pour sa première soirée, l’UDV donne la parole à Jean André, Blanche Streb, Sabine Blanchard, Nicole Quinsat et Florian Laguens. Chacun d’entre eux creusera la question des liens qui nous unissent, grâce à des enseignements et témoignages variés :

  • L’intelligence humaine en puissance
  • Le génie de l’épigénétique
  • « La blessure d’abandon de mes enfants »
  • Être de liens
  • Rester humain, demain.

Contact presse  : Claire-Anne Brulé

+ 33(0)6 67 77 14 80 – contactpresse@alliancevita.org

lancement de l’université de la vie le 20 janvier 2025</p>
<p>être humain et le rester demain

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6 bonnes raisons de s’inscrire à l’Université de la vie

6 bonnes raisons de s’inscrire à l’Université de la vie

6 bonnes raisons de s’inscrire à l’Université de la vie

 

Participez à un événement unique en son genre au programme inédit !

Initiée à Paris en 2006, l’Université de la vie a désormais lieu dans près de 200 villes et 20 pays différents, rassemblant 8 000 participants annuels. Renouvelé chaque année, le thème est pour cette édition 2025 « Être humain et le rester demain« .

Voici 6 bonnes raisons de s’inscrire à l’Université de la vie :

 

  • S’offrir le temps de réfléchir à des sujets essentiels

Peu de lieux permettent d’aborder les sujets touchant à la vie humaine, pourtant essentiels. Dans notre monde qui va trop vite, il est fondamental de savoir s’arrêter pour penser la société dans laquelle nous vivons.

  • Découvrir des intervenants variés, experts et témoins

Permanents d’Alliance VITA, experts du monde médical, universitaire ou associatif, personnes touchées par la vulnérabilité : chacun apporte son regard sur l’être humain et les problématiques de notre époque : intelligence humaine, infertilité, puissance de la vulnérabilité, capacité à se dépasser, prévention du suicide, épigénétique, solidarité, accompagnement en fin de vie…

  • Acquérir des outils concrets pour comprendre et oser en parler

Témoignages, éclairages, arguments, données, chiffres : les éléments apportés sont ancrés dans la réalité et abordés avec humanité.

 

  • Suivre une formation de qualité dans une ambiance conviviale

Accueil par les membres VITA, vidéos de qualité, documentation disponible sur place, librairie, carnet du participant personnalisé qui donne accès à de multiples ressources (infographies, définitions, chiffres, décryptages et bien d’autres).

  • Faire des rencontres et tisser des liens

Les soirées permettent des temps d’échange entre participants et sont parfois agrémentées d’un verre convivial.

 
  • Nourrir son engagement au service des plus fragiles

Se former, c’est la première étape indispensable à l’engagement et à l’action.

 

 

Vous hésitez encore ?

  • Un prix imbattable : 25€ le cycle complet (tarif réduit 15€), incluant le carnet du participant
  • Il y a (sûrement) une Université de la vie près de chez vous ! Vérifiez sur la carte
  • Ça commence le 20 janvier, ce sont les derniers moments pour prendre votre décision !
6 bonnes raisons de s’inscrire à l’université de la vie

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L’accès aux soins, une préoccupation majeure des Français

L’accès aux soins, une préoccupation majeure des Français

L’accès aux soins, une préoccupation majeure des Français menacée par l’instabilité politique

 

Des effets conjoncturels de l’instabilité ministérielle

Le 23 décembre dernier, Catherine Vautrin a récupéré le grand ministère du Travail, de la Santé, des Solidarités et des Familles qu’elle dirigeait déjà au sein du gouvernement Attal. Sous sa tutelle, Yannick Neuder est nommé ministre délégué à la Santé et à l’Accès aux soins et devient le 7ème à occuper ce poste depuis 2022. Son prédécesseur, Frédéric Valletoux, a déploré cet organigramme qui « ne met pas à sa juste place le sujet majeur de la santé et de l’accès aux soins ».

L’instabilité crée non seulement de l’incertitude chez les professionnels de santé et les institutions mais elle ralentit aussi les décisions. La censure du précédent gouvernement a par exemple entrainé l’arrêt de plusieurs mesures qui étaient inscrites dans le Projet de Loi de Financement de la Sécurité Sociale 2025 non adopté :

  • Une hausse des crédits publics aux Ehpad.
  • Des crédits supplémentaires aux départements pour compenser leurs dépenses de prestations sociales versées aux personnes âgées et handicapées.
  • Les 100 millions d’euros programmés pour les soins palliatifs dans le cadre du plan de 1 milliard d’euros supplémentaires sur dix ans pour la filière.

 

Des défis structurels exacerbés

Si les ministres se succèdent, les problématiques, elles, demeurent.

  • La France fait face à un manque critique de médecins généralistes et de spécialistes, amplifié par le départ de nombreux professionnels en retraite et que l’arrivée de nouveaux diplômés ne suffit pas à combler. Certaines régions sont de plus en plus dépourvues de praticiens, compliquant l’accès aux soins pour des millions de Français. Face aux délais d’attente ou aux difficultés à obtenir un rendez-vous, nombre d’entre eux renoncent ou reportent leurs soins, aggravant des pathologies qui pourraient être traitées plus tôt. Les urgences sont saturées, et les délais pour des consultations ou des opérations augmentent.
  • L’incapacité à affronter le défi du vieillissement et de son corollaire, la dépendance, pèse à la fois sur les personnes âgées, trop souvent mal prises en charge, et sur le système de santé lui-même. Indispensable, l’adoption d’une loi grand âge, maintes fois annoncée puis reportée, nécessite une vision qui s’inscrive dans la durée.

Ces attentes doivent pleinement mobiliser le gouvernement et les élus. Par conséquent, le retour d’un texte sur la fin de vie apparaitrait comme une diversion voire une manœuvre aussi irresponsable qu’indécente.  Il est urgent de répondre à cette demande criante d’accès aux soins, certainement pas d’ouvrir la porte à l’euthanasie ou au suicide sur ordonnance.

« Ma grande tante est décédée en Isère, dans de grandes souffrances, d’un cancer généralisé. Elle aurait dû bénéficier de soins palliatifs pour la soulager, mais il n’y avait pas de lit de soins palliatifs à l’hôpital. Ils l’ont renvoyée chez elle avec de la morphine et c’est tout. »

 

« Après une opération cardiaque je devais suivre des séances de kiné. J’ai téléphoné à 14 kinés. Tous étaient surbookés, aucun n’a pu me prendre ! J’ai donc laissé tomber. A Bordeaux en décembre 2024 ! »

J’attends des soins, pas l’euthanasie !

l’accès aux soins, une préoccupation majeure des français

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Rapport annuel : toujours plus d’euthanasies au Canada

Rapport annuel : toujours plus d’euthanasies au Canada

Rapport annuel : toujours plus d’euthanasies au Canada

 

Santé Canada vient de publier son 5ème rapport sur l’euthanasie révélant une hausse de 15,8% pour 2023 ce qui représente 15 543 personnes euthanasiées, soit 4,7% des décès.

Désignée sous l’euphémisme « Aide médicale à mourir ou AMM », la pratique de l’euthanasie s’est généralisée tandis que moins de 5 cas de suicides assistés ont été répertoriés. 19 660 demandes ont été en réalité déclarées, mais 2906 personnes sont mortes avant l’acte, 915 demandes ont été jugées inéligibles et 496 personnes ont retiré leur demande.

 

Le Québec, record canadien de « l’AMM »

Trois provinces représentent 85% des euthanasies pratiquées : le Québec (36,5%), l’Ontario (30,3%) et la Colombie Britannique (18%).

Le rapport indique que « Une sensibilisation accrue à l’aide médicale à mourir dans le cadre du continuum de soins, le vieillissement de la population et les schémas de maladie associés, les croyances, l’acceptation sociétale, ainsi que la disponibilité des praticiens qui fournissent l’aide médicale à mourir sont autant de facteurs qui peuvent influencer le nombre de cas ».

Le Québec détient le triste record : en tout, 5717 Québécois ont reçu « l’aide médicale à mourir » en 2023-2024, ce qui représente 7,3 % des décès dans la province.

 

Des euthanasies sans que la mort soit « raisonnablement prévisible » en augmentation

La loi canadienne a été modifiée plusieurs fois en moins de 10 ans depuis la première légalisation en 2016.

En 2021 l’euthanasie a été étendue à des personnes handicapées dont la mort naturelle n’est pas « raisonnablement prévisible » ce qui correspond dans le rapport à la dénomination Voie2*, soit 4,1% des cas (622 personnes), en augmentation de 34% par rapport à l’année précédente. Parmi ces personnes, les problèmes de santé les plus fréquents sont pour moitié des troubles neurologiques et pour l’autre moitié ce qui est classé dans « autres ».

Les problèmes de santé désignés dans cette seconde catégorie recouvrent le diabète, la fragilité, les maladies auto-immunes, les douleurs chroniques et les troubles mentaux. Mais comme le souligne le rapport « les praticiens ont parfois énuméré d’autres problèmes de santé comme les problèmes articulaires et musculaires, les problèmes auditifs et visuels et diverses maladies internes dans les domaines de déclaration. »

 

Près de la moitié des personnes ont invoqué la souffrance d’être une charge pour les proches

Parmi les 96% personnes dont la mort était « raisonnablement prévisible » dénommée Voie 1*,le cancer est la maladie la plus mentionnée suivie de la catégorie « autres ». Une catégorie spéciale intitulée « fragilités » a été invoquée pour 1319 personnes.

Elle peut comprendre « la perte de masse musculaire et de force musculaire, une déficience cognitive, la fatigue ou l’épuisement, la faiblesse et une tolérance réduite aux interventions médicales, ce qui entraîne de mauvais résultats pour la santé ». Il est cependant signalé par les rapporteurs que des médecins éprouvent des difficultés dans « les évaluations de l’AMM » pour les personnes fragiles, « compte tenu de la nature dynamique de la fragilité et des ambiguïtés dans l’interprétation des critères d’admissibilité en ce qui a trait à la fragilité ». On découvre également que 81 personnes ont été euthanasiées pour démence, ce qui comprend la maladie d’Alzheimer.

Le rapport évalue également la nature des souffrances déclarées. Près de la moitié des demandeurs d’euthanasie invoquent le fait d’être une charge pour la famille ou l’entourage (Voie 1 et voie 2). Chiffre très alarmant, 47% des personnes dont la mort n’est pas raisonnablement prévisible invoquent l’isolement ou la solitude.

 

Les soins palliatifs en souffrance

Le rapport rappelle que la demande d’euthanasie ne devrait pas se faire en raison d’un manque d‘options en matière de soins de fin de vie ou de services de soutien aux personnes handicapées. Cependant 23 % des personnes euthanasiées (Voie 1) n’ont pas reçu de soins palliatifs : le chiffre monte à 70 % pour les personnes dont la mort n’était pas « raisonnablement prévisible ».

22% des euthanasies ont lieu dans des centres de soins palliatifs. Comme en a témoigné Dr Leonie Herx, ex présidente de la société canadienne des médecins de soins palliatifs lors de la rencontre internationale sur la fin de vie en février 2024 : « Légaliser l’euthanasie et le suicide assisté a totalement changé la médecine et la pratique des soins palliatifs au Canada. Pas un jour ne passe désormais sans que l’euthanasie n’occupe mon temps, et il devient de plus en plus difficile d’arriver à fournir notre expertise unique pour soulager la souffrance. De nombreux cliniciens en soins palliatifs sont épuisés et démoralisés et quittent ou changent de travail. » Elle dénonçait le manque de moyens donnés aux véritables soins palliatifs.

L’augmentation continue de l’euthanasie au Canada montre combien les systèmes de contrôles sont illusoires. A l’heure où les pressions s’intensifient pour une légalisation en France, ces chiffres et ces situations devraient alerter et inciter à la plus grande prudence. Une fois levé l’interdit de tuer, aucun cadre ne tient.

rapport annuel : toujours plus d’euthanasies au canada

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Université de la vie 2025  Être humain et le rester demain

Université de la vie 2025 Être humain et le rester demain

Université de la vie 2025

Être humain et le rester demain

Après avoir attiré plus de 8000 personnes en 2024, l’Université de la vie revient en 2025 pour une nouvelle édition centrée sur le thème « Être humain et le rester demain ». Au programme, des enseignements, des témoignages, des exercices pour examiner le propre de l’humain et son devenir.

Près de 200 villes en France et à l’étranger accueilleront des milliers de participants lors de 3 soirées :

  • 20 janvier : Être en lien – Intelligence relationnelle, épigénétique, ou comment biologie et environnement interagissent, besoin de liens, particulièrement en fin de vie…
  • 27 janvier : Être vulnérable – La vulnérabilité constitue un caractère essentiel de la condition humaine : quand on est porteur de handicap ou fragilisé par la maladie mentale, au moment de la grossesse ou face à l’infertilité…
  • 3 février : Rester solidaire – En nous reconnaissant comme des êtres incarnés, en nous faisant sentinelles les uns pour les autres, en progressant en humanité et en nous dépassant.

 

Experts, grands témoins, témoins locaux et intervenants d’Alliance VITA se succèderont pour explorer les liens qui nous unissent, la vulnérabilité qui nous humanise et la solidarité qui nous élève. Parmi eux : Florian Dosne, auteur, Cécile Gandon, auteur, Christophe Bichet, coach et conférencier, Florian Laguens, Docteur en philosophie, Marie-Ange de Montesquieu, journaliste…

 

Informations et inscriptions sur www.universitedelavie.fr

 Contact presse : Claire-Anne Brulé + 33(0)6 67 77 14 80 – contactpresse@alliancevita.org

inscriptions à l'université de la vie 2025

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[CP ] – Le gouvernement tombe, les urgences demeurent

[CP ] – Le gouvernement tombe, les urgences demeurent

Le gouvernement tombe, les urgences demeurent

 

Avec le vote de la motion de censure contre le gouvernement de Michel Barnier, l’examen du texte sur la fin de vie, annoncé début février, est certes suspendu mais pas les urgences pour le système de santé et les soins palliatifs et malheureusement pas non plus les revendications pro euthanasie. La proposition de loi portée par le député Falorni pourrait survivre à un remaniement gouvernemental.

A l’heure où l’instabilité politique domine, seules les préoccupations prioritaires des Français devraient mobiliser les parlementaires : réparer le système de santé et garantir l’accès aux soins, relever le défi du vieillissement de la population en adoptant une loi grand âge, autant de vrais enjeux que doivent saisir les politiques sans attendre.

Depuis le lancement de sa campagne « J’attends des soins, pas l’euthanasie ! », Alliance VITA a récolté des milliers de témoignages illustrant les embouteillages croissants dans les parcours de soins : « Après une attente trop longue pour avoir un rendez-vous et un diagnostic, le cancer de ma jumelle a évolué plus vite que les soins. À mon immense chagrin j’ai perdu ma sœur faute d’un diagnostic rapide et traitement avant que ce soit trop tard. »

Les législateurs auraient tort d’ignorer ces difficultés ; pire, ils commettraient l’irréparable en y répondant par la légalisation du suicide assisté et de l’euthanasie. Veut-on que des personnes en souffrance se tournent vers la mort provoquée par défaut d’accès aux soins ?

Alliance VITA demande que la priorité soit donnée aux besoins de nos concitoyens : les Français attendent des soins … Les politiques doivent répondre en urgence à ces attentes, et ne surtout pas voter une loi ultralibérale d’euthanasie.

Contact presse : Claire-Anne Brulé + 33(0)6 67 77 14 80 – contactpresse@alliancevita.org

 

Retrouvez tous nos articles sur l’euthanasie et le suicide assisté.

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