Bilan démographique 2016 : fin de l’exception française ?

Bilan démographique 2016 : fin de l’exception française ?

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L’année 2016 a marqué une continuité dans l’inversion de tendance sur le plan démographique observée en 2015, avec une baisse des naissances (785 000 naissances, représentant une baisse de 14.000 naissances). L’indicateur de fécondité poursuit sa baisse à 1,93 enfant par femme (contre 1,96 enfant par femme en 2015 et 2 en 2014) ; la France s’installe ainsi sous la barre symbolique des 2 enfants par femme. Pour l’instant, elle reste en tête dans le palmarès européen des naissances, mais pour combien de temps encore ?

Quelles peuvent être les causes de cette baisse démographique ?

Hormis le nombre de femmes en âge d’avoir des enfants en légère baisse ces dernières années (dernières générations de « baby-boomers ») ainsi que la crise économique actuelle, il y a aussi, selon un sondage IFOP commandé par la Manif pour tous, les effets de la politique familiale « la politique familiale de ces dernières années est de nature à conduire les couples à renoncer à une nouvelle naissance ou à la différer ».

La bonne nouvelle de ce bilan démographique, c’est la diminution du nombre de décès en 2016, avec 587.000 morts au lieu de 600.000 en 2015 qui étaient dus notamment à un épisode de canicule et à une épidémie de grippe meurtrière.

Le solde naturel (différence entre les nombres de naissances et de décès) s’élève à 198.000 personnes, au plus bas depuis quarante ans.

L’espérance de vie, en baisse en 2015, repart à la hausse, avec une bonne nouvelle pour les hommes : l’écart entre les sexes se réduit, passant de 7,9 ans en 1996 à 6,1 ans en 2016. Mais cette augmentation de l’espérance de vie est aussi  le signe du vieillissement continu de la population. Les jeunes représentent désormais moins d’un quart de la population française, alors qu’un habitant sur cinq est âgé de plus de 65 ans. Il faut par ailleurs rappeler que la France est le pays européen qui compte le plus de centenaires.

L’Insee considère que le bilan démographique français n’a rien d’alarmant même si la France, comme les autres pays d’Europe, demeure en dessous du taux de renouvellement des générations qui se situe à 2,1. La France compte aujourd’hui près de 67 millions d’habitants et reste le second pays le plus peuplé après l’Allemagne.

GPA : la CEDH condamne à nouveau la France

GPA : la CEDH condamne à nouveau la France

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La Cour européenne des Droits de l’Homme vient à nouveau de condamner la France, dans l’affaire Laborie c. France, pour avoir refusé la transcription à l’état civil des actes de naissance de jumeaux nés en Ukraine par gestation pour le compte d’autrui (GPA).

La CEDH, comme dans les 4 précédentes affaires similaires sur lesquelles elle s’est prononcée en 2014 et 2016, ne considère pas qu’il y a eu violation de la vie familiale, mais manquement au droit des jumeaux à leur vie privée.

Dans son arrêt, la Cour mentionne avoir pris note du revirement de la Cour de Cassation française, suite à sa décision dans l’affaire Mennesson-Labassée, donnant la possibilité d’établir un lien de filiation avec le père génétique par voie de la reconnaissance de paternité.

Comme Alliance VITA l’avait déjà souligné lors de la première décision dans l’Affaire Mennesson : «Ces décisions risquent de remettre en cause le droit français et de fragiliser toute dissuasion au tourisme de la procréation. Elles demeurent bancales pour l’enfant à qui l’on reconnaît la seule filiation biologique paternelle alors que le processus de procréation fait voler en éclat le lien biologique maternel. C’est le principe même de cette pratique qui doit être remis en cause.. ».

En matière de GPA, une autre décision très attendue sera rendue mardi 24 janvier concernant l’affaire Paradiso, pour laquelle le gouvernement italien avait fait appel. Elle concerne la prise en charge par les services sociaux italiens d’un enfant de neuf mois né en Russie à la suite d’un contrat de gestation par autrui (GPA), conclu par un couple dont il fut ultérieurement établi qu’il n’avait aucun lien biologique avec l’enfant.

[CP] IVG : Pourquoi le HCE ignore-t-il la pression abortive qui pèse sur les femmes ?

[CP] IVG : Pourquoi le HCE ignore-t-il la pression abortive qui pèse sur les femmes ?

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Alliance VITA a pris connaissance du rapport du Haut Conseil à l’égalité entre les femmes et les hommes (HCE) qui recommande de faciliter encore plus l’IVG sans aucune proposition pour aider les femmes à l’éviter.

Alliance VITA dénonce l’état d’esprit à sens unique qui transparaît dans ces préconisations qui se retournent contre les femmes en interdisant toute liberté d’expression à propos de l’avortement. Le HCE révèle notamment son idéologie en recommandant de supprimer toute clause de conscience des personnels de santé. Il soutient également l’extension du délit d’entrave à l’IVG, qui vise ceux qui ne se résignent pas à la banalisation de l’avortement.

[su_box title= »Pour Caroline Roux, coordinatrice des services d’écoute d’Alliance VITA : » box_color= »#de0498″]

« Il est temps de sortir des idées reçues pour regarder la réalité de ce que vivent les femmes. Peut-on continuer de biaiser tout débat sur l’avortement par l’affirmation de l’IVG comme élément fondamental de l’égalité entre les femmes et les hommes ? Faut-il rappeler que l’IVG est en réalité un acte qui s’impose souvent aux femmes à contrecœur tandis que les hommes n’ont pas à le vivre ? Nous constatons d’ailleurs, en accompagnant des femmes qui se posent la question de poursuivre une grossesse, que ce sont souvent les hommes qui font pression pour l’avortement. L’IVG devient alors une véritable violence faite aux femmes confrontées à des grossesses inattendues, une violence totalement passée sous silence par le HCE. Promouvoir la véritable égalité, ce serait aider les femmes à éviter l’IVG, acte qui n’est jamais vécu de gaieté de cœur. Il y a une place pour une véritable prévention de l’IVG par une information plus équilibrée ouvrant les femmes à d’autres horizons que l’avortement quand elles le souhaitent. Et il est essentiel également de s’engager dans une prévention de l’IVG à destination des hommes pour lever les malentendus grandissants entre les femmes et les hommes sur l’IVG. »[/su_box]

[su_box title= »Tugdual Derville, délégué général d’Alliance VITA  s’interroge : » box_color= »#de0498″]

« Comment le HCE, qui prétend défendre la cause des femmes, peut-il se réjouir de la suppression du critère de détresse et du délai de réflexion pour avoir recours à l’IVG ? Nous le constatons dans notre écoute des femmes, ces deux critères ont longtemps constitué le dernier rempart protecteur de la pression abortive qu’elles subissent. Le soutien du HCE au projet gouvernemental de l’instauration au forceps d’un nouveau délit d’entrave, livre davantage les femmes à la pression abortive. Pourquoi intimider ceux qui proposent une alternative à l’IVG aux femmes découvrant une grossesse inattendue ? Dans ce domaine, l’instauration d’une police de la pensée relève du déni du réel : dans tout avortement subi, c’est le destin d’une autre vie humaine qui est scellé. Cela ne sera jamais anodin, ni pour les femmes, ni pour la société. C’est pourquoi la politique de prévention de l’IVG ne doit pas hésiter à assumer comme objectif d’aider les femmes à l’éviter. »[/su_box]

 

Alliance VITA plaide pour une véritable politique de prévention de l’avortement.

L’association a lancé, en novembre dernier, une campagne inédite de sensibilisation et de prévention de l’IVG à destination des hommes sur des malentendus qui persistent sur la sexualité, la contraception et la grossesse. Ils expliquent beaucoup des avortements subis par les femmes à contrecœur, et qui pourraient être évités.

Alors qu’un nouveau délit d’entrave à l’IVG, imposé par le gouvernement en urgence et sans véritable débat, devrait être voté très prochainement, Alliance VITA soutient La Marche pour la vie qui aura lieu dimanche 22 janvier à Paris.

L’infécondité des Européennes en hausse

L’infécondité des Européennes en hausse

Comme le révèle une étude de l’Ined (Institut national d’études démographiques) parue le 11 janvier 2017, la proportion du nombre de femmes sans enfant ne cesse d’augmenter en Europe puisqu’une Européenne sur 7 n’a pas d’enfant. On parle d’infécondité pour décrire une femme qui ne met pas d’enfant au monde, volontairement ou non.

Dans toute l’Europe, les couples sans enfant sont de plus en plus nombreux. Les chercheurs expliquent ainsi ce phénomène : « la plupart des évolutions économiques et culturelles de la deuxième moitié du XXe siècle semblent également avoir éloigné les femmes et les hommes de la parentalité ».

L’Ined fait remonter ses études à l’après Première Guerre mondiale, époque où bon nombre de femmes se retrouvent célibataires à cause des décès entraînés par la guerre. Chez les femmes nées entre 1900 et 1910, l’infécondité est alors très forte : 17 à 25% d’entre elles n’ont pas d’enfant. Après la deuxième guerre mondiale, il y a un boom des mariages et des naissances, une pression sociale incitant à avoir des enfants, seule une femme sur dix née au début des années 40 en moyenne reste sans enfant.

L’évolution de la fécondité en Europe varie ensuite selon les régions.

Jusqu’aux années 60 en Europe de l’Ouest, on revient à des taux semblables à ceux du début du siècle, pour des raisons à la fois sociétales et économiques : montée de l’individualisme, plus grande tolérance envers les façons de vivre non conventionnelles, contraception plus efficace, début de vie en couple et arrivée des enfants plus tardifs, plus grande stabilité de l’emploi. L’infécondité se stabilise ensuite au début des années 70, « probablement grâce à une conciliation plus facile entre travail et famille« .

En Europe du Centre et de l’Est, le schéma est semblable quoiqu’un peu décalé dans le temps en raison d’une plus forte pression sociale poussant à avoir des enfants. Mais dès les années 60, l’infécondité augmente aussi. En cause : « La transition brutale vers le capitalisme, les nouvelles incertitudes du marché de l’emploi mais aussi la progression des études supérieures et les nouvelles opportunités de carrière« , écrivent les chercheurs de l’Institut.

L’infécondité augmente de façon encore plus importante dans les pays du sud de l’Europe: 20% des femmes nées au début des années 70 en Grèce sont sans enfant. En Italie, la situation est encore plus préoccupante : le taux de fécondité est l’un des plus bas du monde avec 1,37 enfant par femme (25% des Italiennes n’ont pas d’enfant et 25% n’en ont qu’un seul), une véritable démographie de temps de guerre pour le pays le plus âgé du monde après le Japon ! Les raisons principales sont le taux de chômage élevé, ainsi que des politiques familiales peu développées. Les chercheurs estiment, d’après leurs analyses, que l’infécondité va encore progresser dans ces pays.

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Communiqué : Alliance VITA soutient la Marche pour la vie

Communiqué : Alliance VITA soutient la Marche pour la vie

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« Avortement, tous concernés » : cette interpellation qui réunira cette année les participants de la Marche pour la vie résonne, de manière particulière, à la veille de l’adoption d’un nouveau délit d’entrave à l’IVG, imposé par le gouvernement en urgence et sans véritable débat.

Alliance VITA encourage ses sympathisants à se joindre à cette Marche qui aura lieu le dimanche 22 janvier à Paris.

Pour Alliance VITA, engagée dans l’écoute et l’aide aux femmes enceintes ou ayant subi une IVG, la politique du gouvernement visant à museler ceux qui ne se résignent pas à la banalisation de l’avortement constitue un abus de pouvoir. Cette censure unilatérale ne respecte pas les femmes, et constitue une atteinte inédite à la liberté d’expression dans notre pays.

Chaque jour, Alliance VITA est témoin des contraintes qui pèsent sur les femmes enceintes, qu’elles viennent de leur compagnon, de leur employeur, ou, plus généralement, d’un état d’esprit qui tend à stigmatiser toute grossesse imprévue ou difficile. Ce n’est ni en forçant la banalisation de l’avortement, ni en imposant le silence sur cet acte qu’on répond aux besoins des femmes : elles ont surtout besoin d’écoute, de respect, d’aide et de consolation dans la mesure où beaucoup subissent des pressions et endurent des souffrances.

Une véritable prévention de l’IVG demeure nécessaire, particulièrement chez les plus jeunes, et cette politique est aujourd’hui de plus en plus abandonnée par les services publics. Les mesures prises durant ce dernier quinquennat conduisent toujours plus à déresponsabiliser la société : suppression de la notion de détresse et du délai de réflexion d’une semaine pour avoir recours à l’IVG, notamment. En réalité, hommes et femmes, nous sommes tous concernés.

C’est pourquoi en soutenant ce rassemblement, Alliance VITA appelle à une mobilisation nationale, en cette période électorale, pour une véritable politique de prévention de l’avortement qui passe d’abord par une information publique qui ne soit ni tronquée, ni faussée. Par une lettre recommandée adressée à la ministre de la Santé Marisol Touraine, par son avocat, Alliance VITA a demandé officiellement en décembre à ce que soient retirées du site Internet du gouvernement dédié à l’IVG (www.ivg.social-sante.gouv.fr), les informations inexactes ou non objectives sur l’avortement, qui peuvent induire en erreur les personnes qui consultent ce site.

Alliance VITA plaide pour que l’on reconnaisse aux femmes le droit de s’exprimer librement et pour qu’elles soient, librement, aidées à éviter l’IVG, ce que beaucoup d’entre elles souhaitent.

Université de la vie : une formation pour agir, nous relier et assumer une part de l’Histoire – François-Xavier Pérès

Université de la vie : une formation pour agir, nous relier et assumer une part de l’Histoire – François-Xavier Pérès

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« L’actualité de notre pays est remplie d’événements politiques qui se succèdent à un rythme effréné. Dans cette surabondance d’images et de débats, il est trop rare d’entendre aborder les questions de la protection de la vie ou de la dignité de l’homme.
Pourtant, la vision de notre société sur la vie humaine conditionne tous les domaines de l’action politique, et influence profondément nos existences. C’est ce dont Alliance VITA est chaque jour le témoin, à travers son travail et ses contacts avec les personnes souffrantes, avec le grand public, ou encore avec nos décideurs.
Notre expérience nous convainc également que le véritable changement politique commence en chacun de nous, par une prise de conscience : nous sommes tous capables d’avoir un impact positif sur notre milieu de vie, d’agir autour de nous, de nous relier à d’autres et d’assumer une part de l’Histoire…
C’est ce que nous allons creuser ensemble au cours de cette nouvelle Université de la vie, acceptant d’avance de nous laisser transformer par ce que nous allons échanger : c’est ainsi que nous mettrons en oeuvre un réel changement biopolitique pour le bien de tous. »
François-Xavier Pérès, président d’Alliance VITA
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Divorce sans juge et PACS en mairie : quels effets ?

Divorce sans juge et PACS en mairie : quels effets ?

rendez-vous avec un avocat pour un divorce

Dans le cadre de la loi « Justice du XXIème siècle » qui a été adoptée en octobre 2016, deux mesures emblématiques concernant la famille entrent en vigueur en 2017. 

Le divorce par consentement mutuel sans juge, une « révolution » juridique

 

Cette mesure, très controversée, s’applique dès le 1er janvier 2017. Le ministère de la Justice pense que la nouvelle règle permettra de divorcer en un mois, contre 3 en moyenne actuellement pour les divorces par consentement mutuel (pour les divorces par contentieux, il y a environ deux ans d’attente). Selon l’Insee, 123.500 divorces ont été prononcés en 2014 (- 1,1 % par rapport à 2013), soit 338 par jour. Plus d’un sur deux (54 %) était un divorce par consentement mutuel.

Selon cette nouvelle procédure sans juge, la convention de divorce sera préparée par les avocats représentant chacun des époux (un avocat unique suffisait auparavant), et sera déposée chez un notaire qui enregistrera l’acte et le rendra exécutoire au terme d’un délai de rétractation de 15 jours. La disparition du juge n’est pas sans conséquence : ce dernier contrôlait l’équilibre et le fond de l’accord trouvé entre les époux, ainsi que la liberté de leur consentement. Il était garant de l’intérêt de l’enfant.

Au cours de la navette parlementaire, le Sénat avait tenté de restreindre cette procédure aux couples sans enfant. Le texte adopté prévoit au contraire qu’en cas d’enfants mineurs, ceux-ci devront être informés par les parents qu’ils peuvent demander à être entendus par un juge, auquel cas la procédure avec juge s’appliquera.

Désormais considéré comme un contrat, le divorce pourra « faire l’objet d’actions en nullité et être annulé » en justice, souligne Me Mulon qui parle d’une révolution et se dit  « pas tout à fait certaine que le législateur en ait pris la mesure ».

 Cette « révolution » en matière de droit de la famille suscite des inquiétudes concernant la protection des enfants et des époux après la séparation.

 « Lorsqu’il y a violences dans le couple, les femmes qui en sont victimes souhaitent que la séparation se fasse le plus vite possible et elles sont souvent prêtes à brader leurs droits« , estiment des associations féministes. « Le juge est un garde-fou, un protecteur, et il est indépendant« , ajoute l’Union nationale des associations familiales. Les associations s’inquiètent aussi d’un risque de hausse du coût du divorce en laissant aux avocats la possibilité d’une surenchère de leurs honoraires. 

Le PACS en mairie, un symbole fort passé inaperçu

 

La seconde mesure concerne la signature du PACS en mairie : elle sera applicable au mois de novembre 2017. Il est à noter que ce changement symbolique est passé pratiquement sans aucune opposition, alors qu’au moment du vote de la loi sur le PACS en 1999, la signature de ce contrat au Tribunal d’Instance avait été considérée comme un point d’équilibre majeur, pour ne pas l’identifier au mariage. Il avait alors été affirmé que jamais le PACS ne ferait l’objet d’une signature en mairie…

Don ou dû d’organes ?

Don ou dû d’organes ?

don d'organes

A partir du 1er janvier 2017, l’incitation au don d’organes post-mortem est renforcée en application de la loi Santé du 26 janvier 2016.  

L’obligation faite au médecin de rechercher auprès des proches du défunt sa volonté de donner ou non ses organes a été supprimée du Code de la Santé publique. La réforme, qui maintient le principe du consentement présumé au don, vise à faire passer en trois ans le taux d’opposition des familles de 32,5 % à 25 %.

L’équipe médicale doit néanmoins prendre en compte tout refus exprimé par la personne, « principalement » par l’inscription au registre national des refus, mais aussi par simple écrit ou attestation d’un proche.*

Le don d’organes relève d’une forme de solidarité permettant de sauver de nombreuses vies chaque année. Pour autant, la pénurie d’organes ne doit pas faire dériver un encadrement strictement réglementé.

Cette nouvelle réglementation soulève de nombreuses questions éthiques « Il est légitime de vouloir augmenter les prélèvements. Mais il faut aussi veiller à ne pas maltraiter ni faire culpabiliser les familles du donneur », souligne le docteur Rogier qui préside la Société française de médecine des prélèvements d’organes et tissus (SFMPOT).

Au cours des débats sur le sujet, la majorité des professionnels de santé s’est montrée opposée au prélèvement d’organes sans demander l’avis des familles. Outre les arguments refusant de considérer un patient comme un « réservoir de pièces détachées », beaucoup ont surtout insisté sur l’importance de conserver un lien de confiance avec les familles.

« Décider de donner un organe, c’est un acte volontaire, un acte de générosité. Cela ne peut pas devenir un automatisme pour remédier à une situation de pénurie. N’aurait-il pas mieux fallu créer un registre national d’acceptation du don ? » demande Emmanuel Hirsch, professeur d’éthique médicale à l’université Paris-Sud.

____________________________

* Trois modalités d’expression du refus :

– en parler à son entourage proche, qui pourra faire connaître sa position aux médecins ;

– s’inscrire sur le registre des refus. « Aujourd’hui, il faut envoyer un courrier téléchargé sur notre site. À partir du 23 janvier, il sera aussi possible de s’inscrire directement en ligne en scannant sa pièce d’identité », précise le professeur Bastien, de l’Agence de la biomédecine ;

– rédiger par écrit un texte faisant part de son opposition et le confier à un proche ou le garder dans son portefeuille.

Sang de cordon – banque privée : un jugement inquiétant et contestable

Sang de cordon – banque privée : un jugement inquiétant et contestable

nouveau né

 

Le tribunal de Grasse vient de rendre un jugement autorisant les parents d’un enfant qui doit naître prochainement à prélever le sang de son cordon ombilical, et à le conserver dans une « banque privée » en contradiction avec les termes de la loi bioéthique actuelle.

Le sang de cordon est le sang présent dans le placenta et le cordon ombilical, il contient des cellules souches hématopoïétiques qui produisent les cellules sanguines (globules rouges, globules blancs ou plaquettes) et présente donc un fort intérêt médical. Ces cellules peuvent être utilisées pour traiter des maladies du sang (leucémies, lymphomes) et peuvent remplacer la greffe de moelle osseuse dans certaines indications. En 2015, 126 greffes de sang de cordon ont été effectuées en France. Le prélèvement et l’utilisation du sang de cordon et placentaire ne présentent pas de problématiques éthiques, s’il est réalisé avec le consentement de la mère et dans le respect de la mère et de l’enfant, selon les circonstances de la naissance. Ce type de greffon est très utile, en thérapeutique comme en recherche.

Encadré par la loi de bioéthique, comme tout autre don d’organes ou de cellules en France, le don est anonyme, gratuit et pour la collectivité.

Les parents ont fait ce recours en justice, arguant du fait qu’ils étaient confrontés à des cancers dans leurs deux familles et qu’il souhaitaient en protéger leur enfant avec la perspective que les cellules du sang de cordon pourraient éventuellement contribuer à le guérir s’il était lui-même atteint d’un de ces cancers un jour ou l’autre. Leur objectif était d’assurer la conservation (contre paiement) des cellules du sang du cordon de leur enfant  par une société privée britannique. La loi actuelle autorise ce type de prélèvements uniquement dans le cadre d’une utilisation solidaire à destination des patients qui en ont réellement besoin. Une seule exception est admise, quand il s’agit d’un don dédié à l’enfant né ou aux frères ou sœurs de cet enfant en cas de nécessité thérapeutique avérée et dûment justifiée lors du prélèvement, ce qui n’est pas le cas dans cette situation.

Cette décision de justice, qui soulève des problématiques éthiques,  a été l’objet de contestations de plusieurs ordres.

– Ce prélèvement a été autorisé « par anticipation », alors qu’il n’est pas certain que cet enfant développe un jour ou l’autre une maladie. Cette démarche n’a  pas de sens médicalement parlant.

En effet, il n’existe pas aujourd’hui d’éléments scientifiques permettant de penser que le cordon ombilical contient des cellules qui pourront un jour traiter n’importe quel type de pathologie, notamment cancéreuse, ou régénérer des tissus, selon l’avis même du Dr Luc Douay, professeur d’hématologie à l’Université Pierre et Marie Curie à Paris.

L’Agence de biomédecine, qui supervise en France le don de sang de cordon et les banques dans lesquelles ce sang est conservé, rappelle sur son site web que « conserver le sang du cordon de son enfant dans une banque pour le soigner avec ses propres cellules au cas où il serait malade plus tard ne repose actuellement sur aucun fondement scientifique validé par un consensus d’experts ». Pour Jean Leonetti, rapporteur de la loi relative à la bioéthique de 2011, il s’agit « d’une transgression éthique et d’une illusion scientifique. On essaie de calmer l’angoisse des parents en leur donnant l’illusion qu’en gardant le cordon, ils vont pouvoir le sauver de toutes les pathologies possibles ».

– Ouvrir la possibilité d’accéder à des banques privées pour un usage pour soi-même très hypothétique,  constitue une fragilisation du principe de solidarité nationale qui entoure le don.

Est ainsi  cautionnée implicitement l’idée d’une médecine à plusieurs vitesses. Notre système actuel est fondé sur le partage, le bénévolat, l’anonymat et la gratuité. En France, la conservation n’est autorisée que pour soigner d’autres patients, de façon anonyme et gratuite, dans des banques autorisées à conserver ces préparations de thérapie cellulaire constituant le Réseau français de sang placentaire (RFSP) qui compte 28 maternités et 11 banques.

La vice-présidente du tribunal de Grasse, a contourné la loi, « en sachant que son ordonnance vient mettre à mal le système patiemment construit en France et intégré dans la loi de bioéthique », précise Jean-Yves Nau, médecin et journaliste.  Le grand risque est que cette décision fasse jurisprudence, aboutissant à fragiliser un système de prélèvement et de conservation qui peine à s’instaurer en France et qui devrait être encouragé. « On verra se développer des démarches plus commerciales que médicales » précise le Pr Ibrahim Yakoub-Agha, responsable des greffes au CHU de Lille.

[CP] IVG : recours auprès du ministère de la Santé contre le site du gouvernement

[CP] IVG : recours auprès du ministère de la Santé contre le site du gouvernement

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Alors qu’une commission mixte paritaire doit se réunir prochainement pour tenter de trouver un texte commun entre députés et sénateurs sur l’élargissement du délit d’entrave à l’IVG, Alliance VITA a décidé d’adresser un recours au ministère de la Santé.

Par une lettre recommandée adressée à la ministre de la Santé Marisol Touraine, par son avocat maître Hugues Hourdin, Alliance VITA demande officiellement à ce que soient retirées du site Internet du gouvernement dédié à l’IVG (www.ivg.social-sante.gouv.fr), les informations inexactes ou non objectives sur l’avortement, qui peuvent induire en erreur les personnes qui consultent ce site.

Le recours concerne particulièrement une vidéo intitulée « Y a-t-il des conséquences psychologiques après une IVG ? », dans laquelle un gynécologue affirme « qu’il n’y a pas de séquelle à long terme psychologique de l’avortement ». Cette affirmation va à l’encontre du rapport de l’IGAS en 2010, qui souligne le manque d’étude objective sur les conséquences de l’IVG qui « demeure un évènement souvent difficile à vivre sur le plan psychologique. »

Dans le courrier de son avocat, Alliance VITA souligne que « le déni de toute séquelle à long terme consécutive à un tel évènement est susceptible de tromper les femmes, non seulement lorsqu’elles hésitent, mais aussi lorsqu’elles ressentent ce type de souffrance longtemps après une IVG. »

Alliance VITA demande également dans cette lettre la mise à jour du dossier-guide contenant les informations sur l’IVG, qui date de novembre 2014. Or l’article L.2212-3 du code de la Santé publique impose une mise à jour annuelle, d’autant plus nécessaire que les dispositions sur l’IVG ont changé à plusieurs reprises depuis cette date.

Au cas où le ministère n’apporterait pas une réponse favorable à ces demandes, Alliance VITA annonce se réserver le droit d’introduire un recours contentieux auprès du tribunal administratif.

Pourquoi cette action ? Alors qu’une police de la pensée prétend banaliser l’avortement en censurant toute contestation, le gouvernement n’hésite pas à désinformer les femmes sur son propre site officiel en niant la réalité de l’IVG et de ses conséquences. Alliance VITA plaide pour que d’une part l’on reconnaisse aux femmes le droit de s’exprimer librement, et d’autre part pour qu’elles soient librement aidées à éviter l’IVG quand elles le souhaitent.

Aborder la réalité de l’IVG sans cacher ses conséquences, c’est une question de justice et d’humanité.

LIRE : Lettre de recours d’Alliance VITA à la Ministre de la Santé

Université de la vie : une formation pour agir, nous relier et assumer une part de l’Histoire – François-Xavier Pérès

[CP] Entrave IVG : « Rien ne pourra bâillonner la vérité ! »

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Le Sénat a voté un texte amendé sur le délit d’entrave à l’IVG, élargissant ce délit à l’exercice par tout moyen de « pressions » contraires à l’avortement sur toute personne cherchant à s’informer sur l’IVG.  

Alliance VITA, dont le service d’écoute SOS Bébé a été mentionné dans plusieurs médias, dénonce la manière dont le gouvernement et les parlementaires censurent ceux qui ne se résignent pas à la banalisation de l’avortement.  La question de l’objectivité de l’information est réellement en jeu, mais aussi la prévention des pressions abortives qui s’exercent sur les femmes.

[su_box title= »Caroline Roux, coordinatrice des services d’écoute d’Alliance VITA, souligne que :  » box_color= »#de0498″]

« Cibler des sites internet, mais aussi pêle-mêle tout moyen de communication, n’est pas acceptable : informer les femmes sur d’autres possibilités que l’IVG va-t-il devenir un délit ? Sera-t-il encore possible de se montrer solidaires de la détresse des femmes, spécialement des plus jeunes, des plus démunies ou de celles qui sont soumises à des violences masculines les poussant à l’IVG ? L’information des pouvoirs publics en matière d’IVG fait la totale impasse sur les hésitations des femmes et sur les pressions qui pèsent sur certaines. De plus, le site gouvernemental  « officiel » affirme que l’IVG n’a pas de conséquence psychologique à long terme, ce qui constitue une désinformation flagrante. Cela va à l’encontre de notre expérience et de ce que vivent un certain nombre de femmes. L’immense majorité des femmes souhaite une véritable politique de prévention de l’IVG. Il est donc irresponsable de cacher la réalité d’un acte qui n’a rien d’anodin dans la mesure où c’est, à chaque fois, le destin de vies humaines qui est en jeu. Le sondage IFOP « les Français et l’IVG », publié fin septembre, révèle la sensibilité des Français sur ce sujet : 72% des Français souhaitent que la société s’engage plus pour éviter aux femmes l’IVG. » [/su_box]

[su_box title= »Pour Tugdual Derville, délégué général, d’Alliance VITA :  » box_color= »#de0498″]

« Le nouveau texte du Sénat accentue le parti pris que nous dénonçons : le gouvernement ne reconnaît comme « pressions » contestables que celles qui feraient entrave à l’avortement. C’est d’abord injuste, car personne ne pourra plus protéger les femmes des très nombreuses pressions qu’elles subissent en direction de l’IVG, spécialement de la part de leur compagnon. A bien des égards, il faudrait reconnaître que l’IVG est souvent une forme de violence ultime faite aux femmes, car exigée par des hommes. C’est ensuite dangereux pour tout citoyen conscient que chaque IVG est un drame qu’on souhaiterait éviter. Devra-t-il s’interdire de proposer une aide qui serait utile aux femmes découvrant une grossesse inattendue, par peur d’une action en justice ? D’autant que ce délit étendu pourrait être invoqué par toute personne venant s’informer sur l’IVG, même si elle n’est pas directement concernée. Quoiqu’il en soit nous ne nous laisserons pas bâillonner ni par la censure, ni par les menaces, car les femmes ont droit à la vérité. » [/su_box]

Alors qu’une police de la pensée prétend banaliser l’avortement en censurant toute contestation et que le gouvernement n’hésite pas à désinformer les femmes sur son propre site officiel, en niant la réalité de l’IVG et de ses conséquences, Alliance VITA continuera, dans la bienveillance et le respect de tous, à s’exprimer librement, en offrant une écoute, un soutien et une information fiable à toute personne faisant appel à son service d’aide.

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Décodeur n° 48 : « IVG : les députés votent le délit d’entrave numérique »

Décodeur n° 48 : « IVG : les députés votent le délit d’entrave numérique »

L’EVENEMENT

Le 1er décembre 2016, les députés ont adopté en première lecture une proposition de loi présentée par le groupe socialiste, qui vise à étendre le délit d’entrave à l’interruption volontaire de grossesse (IVG).

Le gouvernement est à l’origine de cette initiative, car il considère que certains sites internet donnent de fausses informations sur l’IVG et cherchent « à induire intentionnellement en erreur, dans un but dissuasif »les femmes qui consultent ces sites.

Par contre, ne sont pas visés les sites qui donnent des informations inexactes ou partielles et qu’on pourrait considérer comme agissant « dans un but incitatif » à l’IVG, ce qui d’emblée prouve le manque d’objectivité d’une démarche idéologique conduite dans l’urgence.

La ministre Laurence Rossignol a d’abord cherché, en vain, à faire adopter par le Sénat un amendement au projet de loi Egalité et Citoyenneté, en septembre dernier. Le groupe socialiste à l’Assemblée nationale a alors pris le relais en présentant une proposition de loi (PPL) contenant ce même amendement. Le gouvernement a déclaré l’urgence sur ce texte, pour qu’il soit adopté avant la fin de la législature.

Le Sénat va donc examiner la PPL, qui ne contient qu’un seul article, dès le mardi 6 décembre en commission, et mercredi 7 décembre en séance publique. En cas de vote différent de celui des députés, une commission mixte paritaire (CMP) sera convoquée.  Si la CMP aboutit à un accord, un dernier vote formel aura lieu dans chaque assemblée. Si la CMP échoue, une nouvelle lecture dans chaque assemblée aura lieu vraisemblablement début 2017. En cas de désaccord persistant, les députés auront de toute façon le dernier mot, avant le 28 février 2017 qui marque la fin de la session.

 

Mise à jour le 7 décembre 2016 : Le Sénat a voté ce jour en séance publique, par 173 voix contre 126, une nouvelle version du texte. Celui-ci ajoute l’expression « par tout moyen » dans le dernier paragraphe consacré aux pressions morales et psychologiques, et élargit sensiblement le champ d’application en visant aussi les « personnes cherchant à s’informer sur une IVG ».
Ce qui donne la version suivante (les ajouts sont en gras) :
Le dernier alinéa de l’article L. 2223-2 du code de la santé publique est ainsi rédigé :
« – soit en exerçant, par tout moyen, des pressions morales et psychologiques, des menaces ou tout acte d’intimidation à l’encontre des personnes cherchant à s’informer sur une interruption volontaire de grossesse, des personnels médicaux et non médicaux travaillant dans les établissements mentionnés au même article L. 2212-2, des femmes venues y subir une interruption volontaire de grossesse ou de l’entourage de ces dernières.»

 

>> Pour en savoir plus, consulter les documents d’Alliance VITA :

  • La note d’analyse juridique sur la proposition de loi
  • Les publications sur le site internet, dans le dossier « La prévention de l’IVG, un enjeu social».

LE CHIFFRE

218 000 : c’est le nombre d’avortements en France en 2015, à comparer aux 800 000 naissances cette même année. Cela correspond à un taux annuel de 15 IVG pour 1000 femmes âgées de 15 à 49 ans.

Il y a deux fois plus d’IVG en France qu’en Allemagne : ce pays a recensé 99 000 IVG en 2015 pour une population supérieure à la France (82 millions d’habitants), soit un taux de 7,7 pour 1000 femmes en âge de procréer.

L’EXAMEN DE LA PROPOSITION DE LOI

1. Le texte élargit le délit d’entrave existant

Entre la loi initiale de 1975 dépénalisant l’IVG et aujourd’hui, la législation a profondément évolué en France : on est passé du délit de provocation à l’avortement au délit inverse d’entrave à l’IVG, considéré dans un sens de plus en plus large (voir en annexe, l’historique de cette évolution).

L’actuel délit d’entrave à l’IVG (article L. 2223-2 du code de la santé publique) est formulé ainsi : « Est puni de deux ans d’emprisonnement et de 30000 euros d’amende le fait d’empêcher ou de tenter d’empêcher de pratiquer ou de s’informer sur une interruption de grossesse ou les actes préalables prévus par les articles L. 2212-3 à L. 2212-8.

       – soit en perturbant de quelque manière que ce soit l’accès aux établissements mentionnés à l’article L. 2212-2, la libre circulation des personnes à l’intérieur de ces établissements ou les conditions de travail des personnels médicaux et non médicaux ;

       – soit en exerçant des pressions morales et psychologiques, des menaces ou tout acte d’intimidation à l’encontre des personnels médicaux et non médicaux travaillant dans ces établissements, des femmes venues y subir ou s’informer sur une interruption volontaire de grossesse ou de l’entourage de ces dernières ».

Le texte voté le 1er décembre par les députés consiste à rajouter, à la fin du premier alinéa de l’article ci-dessus, les mots suivants : « par tout moyen, y compris en diffusant ou en transmettant par voie électronique ou en ligne, des allégations, indications de nature à induire intentionnellement en erreur, dans un but dissuasif, sur les caractéristiques ou les conséquences médicales d’une interruption volontaire de grossesse. »

2. Le déroulement des débats

Au cours des débats qui ont duré plusieurs heures, les positions sont restées tranchées et les échanges parfois vifs : d’un côté, l’affirmation d’un droit des femmes à disposer de leur corps et donc d’un « droit fondamental à l’IVG » qui ne doit supporter aucune mise en cause ; de l’autre, l’inquiétude pour la liberté d’expression et le droit des femmes à s’informer ailleurs que sur les sites gouvernementaux.

Une motion de rejet préalable a été débattue avant l’examen des amendements sur l’article unique de la PPL. Présentée par Christian Kert, député des Bouches-du-Rhône, elle a été repoussée par 73 voix contre19.

Mme Catherine Coutelle, députée de la Vienne et rapporteur du texte, a fait voter deux amendements (le 36 et le 37) pour élargir la portée du délit d’entrave à toutes les formes d’entrave physique, et pas seulement psychologique comme prévu initialement. N’est-il cependant pas curieux d’envisager que des paroles ou des écrits peuvent perturber physiquement l’accès aux sites réalisant des IVG ? Cette modification de la formulation est la troisième depuis le projet du gouvernement, sans doute pour chercher à éviter une censure par le Conseil constitutionnel.

Les 74 autres amendements ont tous été rejetés : ceux qui demandaient la suppression de l’article lui-même, ceux qui visaient à atténuer sa portée, et ceux qui introduisaient d’autres dispositions dans le dispositif général de l’IVG. La rapporteur et la ministre ont refusé toute discussion sur le fond de ces amendements, rendant les débats purement formels pendant plusieurs heures.

Plusieurs députés ont précisé au cours de leur prise de parole, qu’ils allaient soumettre le texte au Conseil constitutionnel, doutant de sa conformité à la Constitution sur le plan de la liberté d’expression et sur celui de la légalité des délits et des peines.

UN TEXTE INACCEPTABLE ET INAPPLICABLE

1. Une grave atteinte à la liberté d’expression

La disposition proposée porte une atteinte grave au droit à la liberté d’expression, reconnue comme un des principaux droits constitutionnels (article 11 de la Déclaration des droits de l’homme et du citoyen de 1789) que le Conseil constitutionnel veille attentivement à garantir dans ses multiples applications.

Ce droit est garanti également à toute personne physique ou morale par l’article 10 de la Convention Européenne des Droits de l’Homme, et pour l’exercice duquel la Cour Européenne a rappelé toute l’importance de l’internet. De même, l’article 8 de la Convention, concernant le droit au respect de la vie privée et familiale, reconnaît le droit des femmes à l’accès aux informations qu’elles jugent utiles pour leur santé, en vertu de leur droit à l’intégrité physique et morale.

Interdire la diffusion d’informations par internet revient à entraver le droit des femmes à y accéder, car personne n’oblige une femme à se rendre sur un site internet, et pas davantage à prendre son téléphone pour avoir un interlocuteur à qui parler.

En réalité, l’information s’est dégradée depuis une quinzaine d’années : la loi du 4 juillet 2001 a supprimé du dossier-guide, remis aux femmes qui viennent s’informer pour une éventuelle IVG, la présentation des aides financières et sociales assurées aux femmes enceintes. De même, aucune information concernant ces droits et aides ne figure sur le site officiel du Ministère de la santé, dans l’espace consacré à l’IVG.

Si certaines associations offrent des services qui sont autant sollicités, malgré toutes les mises en garde du gouvernement, c’est que les femmes concernées ont un besoin réel d’informations complémentaires, d’écoute et de dialogue. De nombreuses femmes sont ambivalentes devant l’arrivée d’une grossesse inattendue : connaître les aides matérielles et financières auxquelles elles ont droit, par exemple, peut se révéler nécessaire pour prendre une décision en conscience.

Si certaines personnes ont donné des informations notoirement fausses, que ce soit dans un but dissuasif ou dans un but incitatif, faut-il une loi pour gérer des cas particuliers ? Une action en justice, sur la base de la législation actuelle, devrait suffire. Car avec 220 000 IVG annuelles, en moyenne depuis plus de 10 ans, la réalité de l’entrave est loin d’être prouvée.

2. Un délit confus et source d’interprétations contradictoires

Les informations visées doivent porter sur « les caractéristiques ou les conséquences médicales » d’une IVG, le fait de les diffuser étant un élément constitutif du délit.

Selon le principe constitutionnel de légalité des délits et des peines, associé au principe de l’interprétation stricte en droit pénal, il faudrait que chacun de ces termes soit clairement défini pour que l’infraction soit constituéeOr ce n’est pas le cas, surtout pour les conséquences de l’IVG.

Il n’y a pas de « vérité de référence » en la matière, notamment sur les séquelles psychologiques possibles : sur le site du gouvernement, dans une vidéo, un gynécologue affirme qu’il n’y en a pas ; pourtant, les témoignages abondent pour dire le contraire, et un récent sondage IFOP révèle que 90% des Françaises pensent « qu’un avortement laisse des traces psychologiques difficiles à vivre pour les femmes ».

3. Une large opposition à cette initiative, à droite comme à gauche

Il est logique que des parlementaires de l’opposition contestent une proposition de loi socialiste : ils sont dans leur rôle pour proposer des amendements à un texte considéré comme très idéologique et, s’il était voté, pour le soumettre au Conseil constitutionnel.

Il est beaucoup plus rare que le président de la Conférence des évêques de France, Mgr Pontier, écrive personnellement au président de la République pour exprimer « sa grande préoccupation » devant ce qui lui « semble être une atteinte très grave aux principes de la démocratie », et demander de ne pas laisser « une telle mesure arriver à son terme ».

Il est surtout significatif que dans la société civile, un nombre croissant de professionnels de tout bord (journalistes, avocats, médecins…) s’élèvent avec force contre cette initiative gouvernementale qui s’avère improvisée, dangereuse et source de dérives multiples.

Dès le mois de septembre, à la présentation de l’amendement initial par la ministre Laurence Rossignol, des commentateurs influents, comme l’enseignant Dominique Reynié ou le blogueur Koztoujours, ont souligné l’atteinte manifeste à la liberté d’expression.

Ces derniers jours, ce sont de multiples personnalités, y compris celles connues pour leurs convictions de gauche, qui ont à leur tour dénoncé les dangers pour les femmes concernées et les risques de dérive vers d’autres sujets polémiques :

  • Le Professeur Israël Nisand, gynécologue, souligne dans une interview du Figaro le 29 novembre que tout en comprenant l’objectif poursuivi, « il n’est pas politiquement correct de dire qu’il peut y avoir des troubles psychiques ou des regrets en aval d’une IVGC’est un phénomène sur lequel on manque d’études scientifiques mais, sur le terrain, en consultation, on voit bien que cela existe. Il arrive que des femmes soient atteintes par la culpabilité et elles en paient seules le prix. »
  • Le Professeur de pédiatrie Emmanuel Sapin s’interroge, dans une autre tribune du Figaro le 30 novembre : « Si la loi passe, il ne sera plus permis d’écouter la détresse de la femme, de l’assurer de l’absence de jugement sur la personne, sans pourtant cacher qu’il s’agit d’arrêter une vie ? »
  • L’avocate Caroline Mécary, lors d’un débat sur FranceInfo le 30 novembre, exprime ainsi son malaise après avoir rappelé que « l’IVG est un droit fondamental conquis de haute lutte par les femmes» : le texte ouvre « une boîte de Pandore qu’on aurait mieux fait de ne pas ouvrir, car il y a d’autres moyens » dans l’arsenal pénal français (notamment la poursuite pour fausse information) ; il est « très compliqué » dans sa formulation, relève sans doute de « l’atteinte à la liberté d’expression », et la qualification pénale lui paraît « extrêmement périlleuse ».
  • Le journaliste de Charlie Hebdo, Guillaume Erner, dans son billet du 30 novembre, rappelle la fameuse phrase attribuée à Voltaire (« Je ne suis pas d’accord avec ce que vous venez de dire, mais je me battrai jusqu’au bout pour que vous puissiez le dire ») pour affirmer : « Ce délit d’entrave à l’IVG est une très mauvaise nouvelle pour tous ceux qui sont favorables au droit à l’avortement. Croyons-nous nos arguments si faibles qu’il faille interdire ceux de nos adversaires ?»
  • Un éditorialiste du Monde, le 3 décembre, affirme que « cette rédaction soulève des questions de constitutionnalité » et que « si cette voie était retenue, on pourrait très bien pénaliser les sites qui entravent le droit à la santé en prônant de ne plus vacciner les enfants », avant de conclure: « si la cause est bonne, l’outil est contestable, voire dangereux ».

Alliance VITA, pour sa part, a également largement contribué au débat dans les médias, en lien avec une enquête de rue réalisée dans toute la France fin novembre (AtlanticoValeurs actuellesPublic SénatFamille chrétienneKTORadio Vatican, etc). Ses porte-parole Tugdual Derville et Caroline Roux ont notamment souligné combien cette mesure constituait un grave déni de la réalité et une injustice : la sanction vise ceux qui cherchent à compenser le manque d’information objective de la part des sites officiels, alors que ces derniers ne sont pas dissuadés d’inciter à l’IVG.

COUP DE COEUR

… à Yannick Moreau, député de Vendée, soutenu par Isabelle Le Callennec, députée d’Ile-et-Vilaine.

Ils ont défendu un amendement (n°34) visant, dans le livret officiel d’information remis aux femmes enceintes consultant en vue d’une IVG, à ajouter le détail des aides proposées aux femmes enceintes et aux jeunes mères. Mme Le Callennec a insisté en élargissant la demande à internet : « Ne peut-on imaginer que l’information officielle et objective (…) figure sur le site internet officiel du ministère de la santé ? » Enervées, la rapporteur et la ministre ont répondu qu’il suffisait d’aller sur le site de la CAF.

En réalité, les droits ou les aides matérielles et sociales en jeu comprennent non seulement toutes les aides financières de la CAF ou d’autres organismes, mais aussi les solutions d’hébergement temporaire, la protection contre les violences, la protection de l’emploi, la poursuite des études pour les jeunes, etc. Le seul document vraiment exhaustif qui existe aujourd’hui et qui remplit une vraie mission de service public, c’est celui d’Alliance VITA et de son service d’aide SOSbébé (voir également le site www.jesuisenceinteleguide.org).

COUP DE GUEULE

… à Catherine Lemorton, députée de Haute-Garonne et présidente de la commission des affaires sociales : son soutien à Catherine Coutelle, députée de la Vienne et rapporteure de la PPL, a été remarqué par sa virulence et sa vision très idéologique de l’attente d’un enfant à la suite d’une grossesse inattendue.

Dès sa première prise de parole, Mme Lemorton a affirmé avec virulence : « Un enfant n’a d’existence, même virtuelle, que s’il existe un projet parental ! S’il n’y en a pas, si une grossesse n’est pas voulue, comment concevez-vous l’arrivée de cet enfant ? (…) L’enfant qu’on obligerait à naître devra certainement être suivi psychologiquement. » Elle a insisté dans la discussion générale : « Dans cette alternative, donc, la femme va au bout de sa grossesse, accouchant d’un enfant non voulu et non attendu. Le projet parental est donc absent, l’enfant imaginaire n’a pas existé. (…) Un enfant qui arrive sans avoir été attendu peut être ensuite abandonné, hélas, ou faire l’objet d’un accouchement sous X ».

De tels propos dénotent, d’abord, un déni de l’humanité de l’enfant qui ne serait pas désiré, comme si le projet parental était un critère d’humanisation de l’embryon ou du fœtus… Ensuite, la députée inscrit dans la fatalité l’avenir des enfants qui n’auraient pas bénéficié d’un tel projet, comme s’ils étaient abonnés, par essence, à l’accompagnement psychologique… Au total, ces deux assertions constituent une incitation à l’avortement, en cas de grossesse inattendue, par deux fausses allégations.

ANNEXE : HISTORIQUE DU DELIT D’ENTRAVE

Sur ces 40 dernières années, on a assisté à une évolution considérable du dispositif de l’IVG : pratiquement toutes les conditions ou modalités ont été assouplies, ou profondément remaniées, voire supprimées : remboursement partiel puis total par la Sécurité sociale, allongement du délai à 12 semaines, suppression de l’entretien préalable obligatoire pour les femmes majeures, suppression de l’autorisation parentale pour les mineures, limitation de la clause de conscience des médecins, etc. En 2014, le critère de détresse a été supprimé, et dans la dernière loi Santé du 26 janvier 2016, le délai de réflexion d’une semaine a lui aussi été supprimé.

Concernant le volet pénal de l’interdiction des pressions sur les femmes qui consultent en vue d’une éventuelle IVG, une inversion totale de la législation a été opérée : ce qui était interdit – inciter à l’avortement – est désormais toléré, voire encouragé ; et ce qui était la référence légale de bon sens – conseiller d’éviter l’IVG, si possible – est désormais fortement sanctionné.

Plusieurs étapes législatives sont à distinguer :

1975     La loi du 17 janvier 1975 dépénalise l’avortement, mais celui-ci est toujours considéré comme « l’exception, un ultime recours pour des situations sans issue » (discours de Simone Veil devant les députés). En conséquence, le délit de provocation à l’avortement est maintenu. Ce délit spécifique date d’une loi du 31 juillet 1920, qui est différent de la pénalisation de l’avortement lui-même datant de 1810.

1993     La loi Neiertz du 27 janvier 1993 introduit un « délit d’entrave à l’IVG » : l’objectif annoncé est d’empêcher les actions de certains groupes qui gênent l’accès aux centres d’IVG (entrave physique) ou font des menaces (entrave psychologiques).
La loi donne également le droit de se porter partie civile aux associations qui militent pour l’accès à l’IVG (cf MFPF…).

Entre 1993 et 2001, de façon encore assez équilibrée, il est donc à la fois interdit d’inciter à l’IVG (loi de 1920) et interdit de l’entraver (loi de 1993) : toute pression, dans un sens ou dans un autre, est sanctionnée.

2001  La loi Aubry du 4 juillet 2001 modifie de nombreuses dispositions : le délai passe de 10 à 12 semaines, l’IVG médicamenteuse est autorisée, l’autorisation parentale pour les mineures est supprimée, la liste des aides matérielles et financières disparaît du dossier-guide, etc. Concernant le délit d’entrave, la loi :

  • supprime le délit de provocation à l’avortement (loi de 1920).
  • élargit le délit d’entrave physique aux « conditions de travail du personnel », ajoute la notion de « pressions morales et psychologiques», et vise également l’entourage des femmes.
  • alourdit les sanctions en ne prévoyant que le maximum de peine (2 ans de prison et 30 000 € d’amende).

2014    La loi Egalité Femmes-Hommes du 4 août 2014 élargit encore le délit d’entrave aux évènements en amont des actes d’IVG.

Jusqu’alors, seuls étaient sanctionnés les actes autour de la pratique de l’IVG. Désormais, sont également sanctionnées les actions concernant l’accès à l’information en vue d’une IVG.

A l’époque, le gouvernement avait clairement précisé que cette extension ne visait pas le sites internet, mais seulement les lieux physiques où les femmes venaient s’informer.

[CP] Entrave IVG : l’information officielle doit cesser de tromper les femmes

[CP] Entrave IVG : l’information officielle doit cesser de tromper les femmes

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En votant un nouveau délit d’entrave à l’IVG s’appliquant spécialement à l’information sur Internet, les députés signent une grave atteinte à la liberté d’expression.

Alliance VITA, dont le service d’écoute SOS Bébé a été mentionné dans plusieurs médias, dénonce la manière dont le gouvernement censure ceux qui ne se résignent pas à la banalisation de l’avortement. Cibler certains sites internet n’est pas acceptable : informer les femmes sur d’autres possibilités que l’IVG va-t-il devenir un délit ?  La question de l’objectivité de l’information est réellement en jeu.

Caroline Roux, coordinatrice des services d’écoute, souligne que :

« En réalité, l’information des pouvoirs publics en matière d’IVG s’est dégradée depuis 15 ans. Ils ont renoncé à indiquer aux femmes, qui consultent en vue d’une IVG, les aides aux femmes enceintes auxquelles elles auraient droit. Le gouvernement sur son propre « site officiel » n’en fait aucune mention. De plus sur ce site, un prétendu expert affirme qu’il n’y a pas de séquelles psychologiques à long terme après un avortement. Cela va à l’encontre de notre expérience et de ce que vivent un certain nombre de femmes. Le sondage IFOP « les Français et l’IVG », publié fin septembre, révèle la sensibilité des Français sur ce sujet.  La Haute Autorité de Santé regrette le manque d’évaluation sur ce point.  L’immense majorité des femmes souhaite une véritable politique de prévention de l’IVG. Il est donc irresponsable de cacher la réalité d’un acte qui n’a rien d’anodin dans la mesure où c’est, à chaque fois, le destin de vies humaines qui est en jeu. Et nous accompagnons des femmes qui en endurent souvent des conséquences difficiles, dans la solitude. »

Tugdual Derville, délégué général :

« Ce que nous dénonçons surtout c’est la double désinformation que subissent les femmes consultant le site gouvernemental avec d’abord un slogan bien éloigné de la neutralité, « le droit à disposer de son corps »,  et ensuite le déni de toute souffrance psychologique à long terme des femmes ayant vécu une IVG. Cette tromperie doit cesser.

Au-delà du scandale que constitue, dans le contexte que nous connaissons, le fait de décider un état d’urgence législatif sur un sujet nécessitant discernement, recul et vrai débat, il est irresponsable de mettre sur la sellette notre service d’écoute. Depuis plus de 20 ans, il fait un travail de service public déserté par les pouvoirs publics. Notre site SOS Bébé a été cité à maintes reprises par les médias depuis qu’a éclaté la polémique lancée par Madame Rossignol, sans que nous ayons été appelés par ses services pour connaître les informations qui seraient en cause, ou s’intéresser à notre expérience de terrain. Nous avons demandé un rendez-vous à la ministre qui n’a toujours pas répondu. L’urgence est d’instaurer un débat dépassionné sur les conditions d’une véritable politique de prévention de l’avortement, spécialement pour les femmes confrontées à des grossesses inattendues. »

Alliance VITA a lancé le 29 novembre une campagne de sensibilisation et de prévention de l’IVG à destination des hommes en levant voile sur des malentendus qui persistent sur la sexualité, la contraception et la grossesse. Ils expliquent beaucoup des avortements subis par les femmes à contrecœur, et qui pourraient être évités.

IVG – délit d’entrave numérique : Caroline Roux sur KTO

IVG – délit d’entrave numérique : Caroline Roux sur KTO

Caroline ROUX, déléguée générale adjointe et coordinatrice des services d’écoute d’alliance VITA,  était l’invitée d’Olivier de Keranflec’h dans l’émission « A la Source » de KTOTV, le 29 novembre 2016, alors que les députés vont débattre, le 1er décembre d’une proposition de loi sur le délit d’entrave numérique à l’IVG.

[CP] Délit d’entrave numérique à l’IVG – conférence de presse

[CP] Délit d’entrave numérique à l’IVG – conférence de presse

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A la veille du premier débat sur le délit d’entrave à l’IVG décidé par le gouvernement selon la procédure accélérée, Alliance VITA, au cours de cette conférence de presse, a tenu à apporter son expertise sur ce sujet, maltraité à ses yeux.

Tugdual Derville, délégué général de l’association, a explicité le décalage entre la démarche du gouvernement, qui confine à la censure des voix résistant à la banalisation de l’IVG, et le besoin d’une politique de prévention de l’avortement, qui réponde aux aspirations des Français, et particulièrement des Françaises. Il s’est appuyé en particulier sur le tout dernier sondage Les Français et l’IVG, réalisé par l’IFOP à la demande de l’association.

La conférence de presse a également été l’occasion de souligner à quel point le débat préalable au primaire de la droite et du centre fut en décalage sur le même sujet.

 

Explication de la situation réelle de l’avortement

Caroline Roux et Valérie Boulanger, respectivement responsable des services d’écoute d’Alliance VITA et responsable de son service d‘aide SOS Bébé, ont explicité la situation réelle de l’avortement telle que les femmes le confient aux écoutantes d’Alliance VITA.

Le site sosbebe.org est consulté plus de 800 000 fois annuellement ; SOS Bébé écoute chaque année plusieurs milliers de femmes ou de couples sur des problématiques liées à la grossesse et principalement à l’avortement. L’expérience d’Alliance VITA montre que l’apparente banalisation quantitative de l’avortement cache des problématiques de malentendus hommes/femmes qu’il faut regarder en face.

 

Analyse du débat sur la création d’un délit d’entrave numérique

Henri de Soos, secrétaire général d’Alliance VITA, a proposé une analyse de ce nouveau délit en débat, tel qu’il a été modifié par la Commission des Affaires sociales de l’Assemblée nationale.

Il a montré à quel point la loi originelle de 1975 avait progressivement perdu toutes les dispositions qui prétendaient lui conférer un équilibre en assumant une politique de prévention de l’IVG. Il a enfin révélé la demande effectuée, le jour même, par Alliance VITA, exigeant que le site gouvernemental supprime la vidéo d’un médecin qui y affirme que l’IVG ne laisse pas de séquelle psychologique à long terme pour les femmes, ce qui constitue une désinformation flagrante.

 

L’association a par ailleurs révélé que plus de 45 000 personnes ont d’ores et déjà signé son appel contre le délit d’entrave à l’IVG et pour une information ajustée sur ce sujet.

 

Lancement d’une campagne d’information

Enfin, Alliance VITA a tiré les premiers enseignements du lancement de sa campagne originale d’enquête et d’information, débutée la veille.

Réalisée par 600 femmes volontaires de l’association et destinée exclusivement aux hommes, elle révèle la nécessité de les impliquer plus fortement dans la prévention de l’IVG, en raison des malentendus qui persistent entre hommes et femmes sur la sexualité, la contraception, la grossesse, et la paternité.

L’excellent accueil fait par les hommes aux enquêteuses et leur intérêt pour le dépliant de 24 volets réalisé à leur intention, confirme la pertinence de les impliquer, afin que les femmes ne soient plus conduites à avorter à contre cœur sous la pression d’un compagnon ou dans la panique sans avoir pris le temps du recul et de la réflexion.

 

Alliance VITA, qui avait prévu de longue date cette campagne inédite, est fermement décidée à assumer, dans la logique de son guide des aides aux femmes enceintes, son travail de service public d’information en direction des femmes, sans se laisser intimider par les postures idéologiques de quelques responsables politiques qui prétendent réserver la parole aux tenants de la banalisation de l’avortement.


 


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[CP] Alliance VITA lance une campagne nationale inédite d’information et de prévention de l’IVG à destination des hommes

[CP] Alliance VITA lance une campagne nationale inédite d’information et de prévention de l’IVG à destination des hommes

Mardi 29 novembre 2017, Alliance VITA a lancé, dans toute la France une campagne d’enquête et d’information originale, destinée aux hommes. Elle se développe à la fois dans la rue, avec la mobilisation de 600 femmes volontaires du réseau d’Alliance VITA. 

Et si la prévention de l’IVG passait aussi par les hommes ?

C’est la conviction qui anime Alliance VITA au travers de cette campagne : elle conduit ses volontaires à aller à la rencontre des hommes sur ce sujet, pour réaliser un micro trottoir et une enquête de rue. La place des hommes est souvent ignorée dans le débat sur l’avortement… Pourtant derrière chaque grossesse, il y a un homme. Le travail du service d’écoute et d’aide SOS bébé ne cesse de montrer que de grands malentendus persistent chez les hommes sur la sexualité, la contraception et la grossesse. Ces malentendus expliquent beaucoup d’avortements subis par les femmes à contrecœur, et qui pourraient être évités.

Sexualité, maternité, paternité : il est temps de réconcilier les hommes et les femmes. C’est, pour  Alliance VITA, la condition d’une véritable politique de prévention de l’IVG.

[CP] Alliance Vita réagit à l’élection de François Fillon à la Primaire de la Droite et du Centre

Pour Tugdual Derville, délégué général d’Alliance VITA : « Nous prenons acte de ce résultat, avec lucidité, c’est-à-dire sans naïveté. Certes, l’opposition qui s’est manifestée contre François Fillon dans la semaine qui a précédé ce second tour a tenté de le décrédibiliser, en l’affublant soudainement du déguisement caricatural qu’on tente, depuis des années, de faire endosser aux défenseurs de la famille et de la vie. François Fillon ne mérite évidemment ni cet excès d’honneur, ni cette indignité.

S’il a pris une position courageuse sur la question de la filiation, celle-ci reste ambiguë et demeure inconciliable avec la protection concrète des enfants : sa proposition de l’adoption simple par deux personnes de même sexe demeure une solution bancale, qui prive l’enfant de la complémentarité père-mère dans l’éducation.

Sur le sujet de l’avortement, la position « personnelle » affichée par François Fillon est incohérente avec son soutien revendiqué aux réformes de la loi de 1975 votées par l’actuelle législature (suppression du critère de détresse, du délai de réflexion etc.), contribuant à présenter le recours à l’IVG comme banal. Et interdisant toute politique de prévention.

Certes, le « procès en sorcellerie » qui a été fait à François Fillon s’est visiblement retourné contre ses auteurs. Signe que l’opinion publique ne se laisse pas intimider par les accusations gratuites, par ailleurs absurdes, d’intégrisme, qui visent toujours à décrédibiliser leur cible.

Nous constatons qu’autour de François Fillon, un certain nombre de personnalités politiques courageuses ont visiblement la famille à cœur, ainsi que la protection des êtres humains les plus fragiles. Nous sommes décidés à nous impliquer fortement, quels que soient les partis politiques au pouvoir, pour que les nouveaux gouvernants cessent de cautionner les réformes de leurs prédécesseurs quand elles ont contribué à liquéfier la société. Nous attendons surtout de François Fillon qu’il renonce à l’attitude habituelle des gouvernements de droite qui ont, depuis des dizaines d’années, systématiquement maintenu et parfois aggravé les réformes sociétales inspirées de l’idéologie de Mai 68. Le véritable redressement de la France ne peut faire l’économie d’une « biopolitique », respectueuse de la vie et de la dignité des citoyens les plus fragiles. »

IVG dans le débat de la primaire droite/centre : réaction de Tugdual Derville

IVG dans le débat de la primaire droite/centre : réaction de Tugdual Derville

Tugdual Derville, délégué général d’Alliance VITA, est intervenu, dans l’émission « A la Source » d’Olivier de Keranflec’h du 24 novembre 2016, afin de réagir sur le sujet de l’IVG dans le débat de l’entre deux-tours de la primaire de la droite et du centre. Pour lui c’est un « débat caricatural loin des réalités ».

 

Université de la vie : une formation pour agir, nous relier et assumer une part de l’Histoire – François-Xavier Pérès

[CP] Formation Université de la vie 2017 : FONDER LA BIOPOLITIQUE


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La 12ème édition de l’Université de la vie, cycle de formation en bioéthique d’Alliance VITA, aura lieu les lundis 9, 16, 23 et 30 janvier 2017. Dans le contexte du débat électoral français, mais aussi des enjeux internationaux des débats bioéthiques, cette session aura pour thème : Fonder la BiopolitiqueComment agir pour une politique au service de la vie. Cette formation se déroulera en visioconférence dans une centaine de villes, en France et dans une douzaine d’autres pays.

Déjà suivie par plus de 25 000 personnes les années précédentes, l’Université de la vie 2017 s’adresse autant à ceux qui y ont déjà participé qu’aux « nouveaux arrivants ».


Cette année, la formation propose un passage de la politique vers la biopolitique.
L’enjeu clé des années à venir est la place de l’homme dans la société. Le thème «Fonder la Biopolitique» permet de s’interroger sur :

  • ce qui fonde la dignité humaine, entre l’animal et le robot.
  • l’impact du statut du début de la vie humaine, dès l’embryon, sur l’ensemble d’un projet de société.
  • le rôle politique de la famille, dans la société liquide.
  • l’importance clé du statut du corps humain dans le corps social face à l’explosion des biotechnologies et au défi transhumaniste.

 

Pour rendre possibles des options biopolitiques humaines, les seules dignes de l’homme, il faut se former pour pouvoir ensuite agir. C’est le but de ces quatre soirées, qui permettront à chacun de réfléchir et de prendre position personnellement face aux défis humanitaires, politiques et culturels à relever.

Le thème 2017 sera abordé avec l’approche spécifique d’Alliance VITA nourrie d’une part, de l’expérience de ses services d’écoute, et d’autre part, de son travail de sensibilisation du public et des décideurs.

François-Xavier Pérès, Tugdual Derville, Caroline Roux, Henri de Soos et Valérie Boulanger partageront leurs analyses et expliciteront les convictions et les façons d’agir de l’association, avec une animation globale assurée par Blanche Streb.

Leurs interventions seront complétées, comme chaque année, par de très nombreux invités : philosophes, sociologues, ainsi que par les témoignages de personnalités engagées sur le terrain.

Seront présents : Tanguy Chatel, sociologue, Thibaud Collin, philosophe, Mathieu Detchessahar, professeur à l’Institut d’économie et de management de l’université de Nantes, Guillaume Drago, professeur de droit public à l’Université Panthéon Assas, Gilles Heriard-Dubreuil, consultant en gestion des crises environnementales et en gouvernance de la transition écologique, Bernadette Lemoine, psychologue, Sophie Lutz, philosophe, Xavier Mirabel, cancérologue et conseiller médical d’Alliance VITA, Aude Mirkovic, juriste, Delphine Ollive, gynécologue-obstétricienne et Martin Steffens, philosophe.

Pour​ la quatrième fois, l’Université de la vie sera diffusée dans toute la France en simultané dans une centaine de salles, par un système de visioconférence depuis une salle parisienne. L’Université de la vie sera également proposée à l’international. Les villes de Bruxelles, Lausanne, Zürich, notamment, assureront une retransmission. Un effort particulier sera de plus effectué pour faciliter l’interactivité au sein des salles et entre elles.

​​Dates des soirées : les lundis 9, 16 et 23 et 30 janvier, de 20h15 à 22h30.

​​Informations et inscriptions sur : http://www.universitedelavie.fr

[CP] Primaires de droite : un débat caricatural sur l’IVG, loin des réalités

Les attaques que se renvoient les deux candidats finalistes concernant l’IVG sont indignes du débat politique français ; elles montrent comment l’idéologie libertaire muselle depuis des années un véritable débat sur la prévention de l’IVG.

Quand près de 40 % des Françaises recourront à l’avortement une fois dans leur vie, traiter cette question sanitaire et sociale majeure sous forme d’invectives personnelles, en référence à une loi votée en 1975 qui a été maintes fois remaniée, est lamentable.

 

Pour Caroline Roux, coordinatrice des services d’écoute d’Alliance VITA,  spécialiste des questions de grossesse et de maternité : « Cette querelle montre combien les politiques sont encore loin du terrain. Il s’agit d’un débat caricatural sur l’IVG, loin des réalités.  La France connait deux fois plus d’avortements que l’Allemagne. C’est un sujet sensible et douloureux, personne ne peut souhaiter à une femme d’avorter. On a tant parlé de l’avortement comme de la revendication à un droit fondamental, qu’on laisse sur le bord du chemin toutes celles qui en souffrent et qui préféreraient l’éviter, spécialement quand elles sont soumises aux pressions de leur compagnon, parfois très violentes, ou de leur environnement professionnelC’est la réalité d’aujourd’huiLes conséquences psychologiques de l’IVG sur les femmes sont largement déniées. Et nous manquons d’études objectives, comme l’a reconnu la Haute Autorité de Santé. »

 

Tugdual Derville, délégué général d’Alliance VITA, insiste : « Nous attendons de nos responsables politiques qu’ils s’occupent des réels traumatismes liés à l’IVG. Le gouvernement annonce aujourd’hui un 5ème plan ministériel de mobilisation et de lutte contre toutes les violences faites aux femmes, il serait temps de s’interroger sur les violences subies par les femmes enceintes. Plusieurs enquêtes reprises par le Haut Conseil à l’Egalité Femme Homme montrent que, dans 40% des cas, les violences du conjoint débutaient à la première grossesse.  Une étude avance que 27% des demandes d’IVG sont directement liées à des violences. Durant ce quinquennat, les maigres mesures censées protéger les femmes face à l’IVG ont été supprimées : notion de détresse, délai d’une semaine de réflexionLa société s’est progressivement déresponsabilisée. Tout responsable politique qui prétend à l’alternance devrait se libérer des injonctions idéologues libertaires pour aborder ce sujet avec lucidité, sans calcul, ni caricature. »

 

A l’heure où le gouvernement de gauche s’apprête à imposer un nouveau délit d’entrave menaçant des associations qui refusent la banalisation de l’avortement et apportent aux femmes une information sur les aides et droits qui peuvent aider celles qui le souhaitent à éviter l’IVG, nous attendons des futurs présidentiables des prises de position courageuses pour libérer la parole sur ce sujet délicat et proposer une véritable prévention de l’IVG.

[CP] IVG médicamenteuse : les femmes ont droit à une information qui ne soit pas faussée

[CP] IVG médicamenteuse : les femmes ont droit à une information qui ne soit pas faussée

L’étude présentée aujourd’hui par la Fondation de l’Avenir et des chercheurs de l’INSERM qui dénonce le manque d’information sur les conséquences de l’IVG médicamenteuse lève enfin le voile sur la réalité d’une méthode d’avortement injustement présentée depuis des années comme « moins traumatisante » :  27% des femmes ayant réalisé une IVG médicamenteuse ont perçu des « douleurs très intenses » notées 8 sur une échelle de 10 ; un tiers a eu des saignements qui leur ont paru « inquiétants » ou « très inquiétants ». Cette étude recommande des protocoles de prise en charge de la douleur plus puissants.

 

[su_box title= »Pour Caroline Roux, coordinatrice des services d’écoute d’Alliance VITA  » box_color= »#de0498″]« Pourquoi avoir caché l’intensité des effets secondaires de l’IVG médicamenteuse ? Les femmes ont droit à une information qui ne soit pas faussée.

Cela fait des années que nous demandons des études sur la réalité et les conséquences de l’avortement. En effet, nous sommes régulièrement confrontés à des femmes en souffrance à qui on a présenté l’IVG médicamenteuse comme indolore et facile, et qui sont en vraie panique devant les symptômes qu’elles ressentent, tant en matière de douleur que de saignements mais aussi de détresse psychologique.

On est abasourdi par le silence qui a pesé dans les milieux médicaux et la manière dont on a menti aux femmes en présentant cette méthode d’avortement comme moins traumatisante.

Nous avons régulièrement des appels, les week-ends ou le soir, de femmes livrées à elles-mêmes à domicile, seules, après avoir obtenu l’IVG hors hôpital, chez un médecin en ville ou dans un centre de planification. Nous constatons la pression exercée pour ce mode d’avortement. Il est pratiqué avant 7 semaines de grossesse (et 5 semaines hors hôpital) ce qui condamne les femmes à une décision rapide, les coupant d’un temps de réflexion, spécialement quand elles subissent des pressions de leur environnement ou des violences conjugales. Or les violences psychiques qui conduisent à l’avortement sont gravement ignorées.»[/su_box]

[su_box title= »Pour Tugdual Derville, délégué général d’Alliance VITA :  » box_color= »#de0498″]« Le gouvernement, qui prétend décréter un délit d’entrave en matière d’information sur l’IVG, devrait profondément se remettre en question sur sa propre politique d’information.

Dans une vidéo sur le site d‘information sur l’IVG du ministère de la Santé, un gynécologue affirme que l’avortement ne laisse pas de séquelles psychologiques à long terme.

Plutôt que des gesticulations autour d’un prétendu délit d’entrave qui vise à étouffer toute contestation de la banalisation de l’IVG, la priorité des pouvoirs publics doit être de donner une information fiable aux femmes.

  • Il est urgent de conduire des études sur les conséquences physiologiques mais aussi psychologiques de l’avortement. Nous manquons de données objectives, comme l’a reconnu la Haute Autorité de Santé.
  • Il est également prioritaire d’entreprendre une véritable politique de prévention de l’avortement, notamment en rétablissant une information sur les aides et droits des femmes enceintes. C’est la mission de service public qu’Alliance VITA conduit depuis 2010 pour pallier l’insuffisance de la politique gouvernementale. »[/su_box]
Des exosquelettes pour aider les personnes handicapées

Des exosquelettes pour aider les personnes handicapées

Wandercraft, une start-up française fondée par Nicolas Simon, un jeune polytechnicien, vient d’annoncer la phase de test de son exosquelette médical, nommé Atalante. L’objectif de cet exosquelette est de permettre à des personnes tétraplégiques ou atteintes de myopathie de se lever et de marcher sans aide.
Depuis quelques années, les progrès technologiques redonnent espoir aux personnes handicapées, en particulier aux personnes paraplégiques ; certaines ont ainsi pu remarcher, grâce à des exosquelettes ou autres prothèses bioniques.
En juin dernier, une Américaine passionnée de randonnée et paraplégique depuis 2014 a gravi les Appalaches grâce à un exosquelette développé par la société Ottobock.
Aux derniers jeux paralympiques de Rio l’été dernier, une Française, Marie-Amélie Le Fur qui courait grâce à une lame à la place de sa jambe gauche, a remporté deux médailles d’or et une médaille de bronze.
En septembre dernier, une jeune anglaise, Claire Lomas, paralysée depuis une chute à cheval en 2007, a pu achever le semi-marathon Great North Run au Royaume-Uni en cinq jours grâce à un exosquelette.
En octobre dernier, a été organisé, en Suisse, le Cybathlon 2016, une compétition sportive réservée aux athlètes avec handicap et équipés de matériels technologiques, tels que des exosquelettes. Cet événement ne se concentrait pas sur des performances sportives mais sur les prouesses techniques : des athlètes handicapés de 25 pays utilisaient des appareils de haute technologie.
Pourtant, la frontière entre réparation et augmentation est parfois ténue. Ainsi, récemment, Marie-Amélie Le Fur confiait ses inquiétudes et questionnements par rapport à toutes ces technologies qui évoluent de plus en plus vite : « Cela ne sert à rien de vouloir pallier un handicap pour être plus fort qu’avant. (…) Je me suis parfois demandé jusqu’où j’étais prête à aller. Le transhumanisme me fait peur. A trop vouloir instrumentaliser le corps, on dérive. Saura-t-on contrôler la machinerie que l’on peut nous mettre sur le corps ? Pas sûr. »
Plusieurs condamnations dans une affaire de GPA en France

Plusieurs condamnations dans une affaire de GPA en France

tribunal correctionnel de paris

Ce jeudi 18 novembre, le tribunal correctionnel de Paris a été saisi d’une affaire de Gestation par Autrui (GPA), une pratique interdite en France.

Le couple ayant commandé l’enfant ainsi que l’entremetteuse (la mère de la mère porteuse) ont été condamnés à  trois mois de prison avec sursis et 4 000 euros d’amende. Le médecin qui avait procédé à l’insémination a lui aussi été condamné à six mois de prison avec sursis, à 1 euro de dommages et intérêts, et 1 000 euros pour les frais de justice à l’Ordre des médecins qui s’était constitué partie civile.

Tout a commencé par une plainte déposée en septembre 2013 par la mère porteuse elle-même, une jeune femme originaire du Gabon. Elle explique être venue en France pour porter l’enfant de ce couple, à la demande de sa mère, qui a servi d’intermédiaire. La femme commanditaire a déjà trois enfants, avec un autre homme. Agée de 44 ans au moment des faits, ne parvenant pas à tomber enceinte de l’homme avec qui elle vit, ils décident d’avoir recours à une GPA.  Après la naissance de l’enfant, des désaccords entre la mère de l’enfant et le couple éclatent, notamment sur la fréquence à laquelle la jeune femme peut voir la petite fille qu’elle a mis au monde. Elle en obtient finalement la garde.

Pour rappel, la GPA n’est pas autorisée en France et la convention qui l’organise est frappée d’une nullité d’ordre public :« Toute convention portant sur la procréation ou la gestation pour le compte d’autrui est nulle » (Code civil, article 16-7). Cela signifie que ce contrat ne peut produire aucun effet juridique. Le Code pénal, cependant, ne punit la GPA que de manière indirecte, en sanctionnant l’entremise par des intermédiaires (Code pénal, article 227-12) ou la simulation de maternité (Code pénal, article 227-13).