La prévention du suicide, priorité nationale

La prévention du suicide, priorité nationale

Nos actions

Des actions d’envergure pour Alerter & Sensibiliser

Alliance VITA alerte les décideurs et le grand public par des campagnes nationales et internationales d’information.

Objectif : sensibiliser à la protection de la vie, au respect de la dignité humaine et à la protection des enfants.

Alliance VITA est régulièrement auditionnée par les autorités publiques et au Parlement sur les questions bioéthiques et de fin de vie.

Modes d’action 

Alliance VITA agit via des publications, articles, tribunes, conférences et débats. Des rencontres et débats sur les questions inédites posées à la société par l’évolution de la science, des techniques et des modes de vie, sont organisés.

Alliance VITA collabore avec des experts scientifiques, médicaux, juridiques et des institutions sociales.

Nos actions  

2022 :

Campagne « Changeons nos regards pour changer sa vie »

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Élections 2022 : les 20 urgences d’Alliance VITA

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2021 :

Campagne : La société
progressera

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Campagne :
Toujours ensemble

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Mobilisation contre l’allongement des délais d’avortement

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2020 :

Université de la vie 2020

 

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2019 :

2018 :

2017 :

2016 :

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Le gender avatar de la toute puissance

Le gender avatar de la toute puissance

Le gender avatar de la toute puissance

 

La théorie du genre fait couler beaucoup d’encre, d’un côté pour dénoncer son enseignement dans les écoles, de l’autre pour assurer qu’elle n’existe que dans l’esprit de ses détracteurs. Quel dialogue de sourds ! Pour Vincent Peillon, il n’existe pas de théorie du genre mais seulement une vérité fondamentale à inculquer au plus grand nombre : aucun déterminisme biologique ne saurait justifier de différence sociale entre hommes et femmes. Les stéréotypes de genre liés au sexe biologique sont des constructions sociales qui doivent être abolies dans un souci d’égalité.

Pourtant, pour réduire les inégalités, faut-il nier les différences ?

Les études du Professeur Simon Baron-Cohen et de son équipe sur le syndrome d’Asperger ont mis en lumière des différences notables du fonctionnement cérébral entre les filles et les garçons, dès la naissance. Il identifie ainsi deux pôles qu’il qualifie d’empathisant pour l’un, et de systémisant pour l’autre. Chaque personne dispose en proportions variables de ces deux modes de fonctionnement cérébral, mais le premier est souvent plus développé chez les filles, et le second plutôt chez les garçons.

Certaines formes d’autisme relèverait, à ses yeux, d’un déficit total d’empathie, et de comportements hyper-systémisants. Dans la droite ligne d’Asperger, Baron-Cohen refuse tout enfermement dans des catégories ou des stéréotypes, revendiquant pour les autistes d’être mieux compris avec leur différence. De même, gardons-nous d’enfermer hommes ou femmes dans des catégories hermétiques, car on pourra trouver des garçons très empathiques comme des filles possédant une intelligence systémique très développée.

Mais sachons respecter les différences naturelles entre hommes et femmes, qui expliquent sans doute la forte proportion d’hommes parmi les ingénieurs, ou de femmes dans les métiers médicaux ou de service à la personne.

Pourquoi un tel discours reste-t-il insupportable à certains ? Sans doute parce qu’il révèle que nous sommes en partie déterminés par notre nature, qui nous impose des limites pour certaines aptitudes, lorsqu’elle les accorde généreusement à d’autres. Nous devons donc renoncer à nos fantasmes de toute puissance et nous reconnaître dépendants les uns des autres. Injustice ? Non, merveille de la complémentarité, qui me fait chercher en l’autre ce qui manque à mon bonheur.

« La faiblesse, c’est ce qui nous rapproche !» témoignait une personne handicapée lors de l’Université de la Vie à Toulouse.

Voilà pourquoi nous devons refuser ce dogme de l’indétermination homme-femme, que nous appelons théorie du genre, pour encourager chacun à découvrir et développer les richesses qu’il a reçues de sa nature sexuée, et à respecter et apprécier les différences de l’autre sexe.

Durer, c'est capital

Faut-il admirer un feu de paille éphémère qui embrase le ciel ou le feu qui sait couver sous la cendre, résister à l’orage et se ranimer, tenace, quand on le croit mort ?
En matière d’amour comme pour un mouvement social, nous savons combien ce qui est gagnant est ce qui sait tenir au-delà de l’épreuve. Ce rapprochement n’a rien d’anodin car l’amour est notre cause. Le pouvoir en place sait tout cela. C’est la raison pour laquelle il a tout fait pour éteindre notre flamme, nous faire taire et nous décourager. C’est aussi la preuve qu’il nous craint.
Que craint-il ? Aucunement l’insurrection qu’il a voulu provoquer, pas plus que l’intégrisme ou l’extrémisme dont il est si prompt à nous accuser. Il craint notre mesure, nos arguments et notre paisible détermination.
Sa représentation de la société ne connait que les rapports de force catégoriels : que nous ne défendions pas nos intérêts personnels, mais une conception altruiste et immuable de la vie, le désarçonne. Notre douceur surtout lui est insupportable. Comme lui est insupportable le fait que nous ayons conquis paisiblement la culture de la rue qu’il croyait monopoliser. Il n’imaginait pas déclencher un élan protestataire de masse, mobilisant toutes les générations, au point que notre mouvement marquera l’histoire de notre pays. Notre mobilisation n’a-t-elle pas déjà fait naître chez beaucoup un intense désir d’engagement durable au service de la cité ? Quelle promesse !
Le couvercle de l’oppression idéologique que nous avons soulevé ne doit donc pas retomber. Certes, nous avons fait reculer le gouvernement sur la PMA ; mais nous le savons tenté par la fuite en avant sociétale… Le laisserons-nous masquer son impuissance économique et sociale par un retour de bâton anti-familles ? Quitte à nous piétiner ? Quitte à liquéfier davantage notre société ? Option fatale pour la cause des plus fragiles, des enfants, des sans-voix.
Ils sont notre avenir. C’est pour eux que nous devons tenir et durer. C’est en leur nom que nous descendrons à nouveau dans la rue le 2 février. Pour deux manifestations capitales !

Interview de Caroline Roux sur Europe 1 – Banalise-t-on l’avortement ?

Interview de Caroline Roux sur Europe 1 – Banalise-t-on l’avortement ?

Caroline Rouxsecrétaire générale d’Alliance Vita et coordonnatrice du service d’écoute SOS bébé sur les questions liées à la maternité, était l’invitée de Wendy Bouchard face à Robert Namias, sur Europe 1.

Extraits de l’intervention de Caroline Roux :

 « Lorsqu’on parle d’avortement, on met en jeu la vie d’un être humain, d’où des dilemmes complexes pour les femmes.

Du service d’écoute, il ressort que souvent les femmes avortent à contre-cœur. L’information leur est donnée à sens unique (pas d’autre alternative à l’IVG).

Souvent ce sont aussi les hommes qui les poussent dans cette direction.

Les femmes sont également soumises aux pressions économiques. Nous remarquons également un manque d’accompagnement après l’avortement : solitude des femmes, souffrance causée par le manque de l’enfant ( …). La véritable question, c’est : donne-t-on souvent la chance aux femmes, dans notre société, d’éviter l’avortement ? »

 

Observatoire Fin de Vie, rapport 2013

Le rapport 2013 de l’Observatoire National de la Fin de Vie (ONFV), rendu public le 21 janvier 2014 et consacré à l’étude de la fin de vie des personnes âgées, présente 10 propositions concrètes pour contribuer au futur projet de loi d’adaptation de la société au vieillissement.

L’ONFV a été créé en 2010, à la suite de la mission d’évaluation de la loi Leonetti de 2005. Sa mission est de mieux analyser et faire connaître les réalités humaines, médicales et sociales des différents aspects de la fin de vie en France, dans le but d’en améliorer sa prise en charge.

Le rapport 2013 reconstitue sept parcours ordinaires de personnes âgées : les histoires sont fictives, mais symboliques de ce que vivent beaucoup de Français dans la dernière période de leur vie. Les enjeux analysés autour de ces parcours mettent en lumière  des réalités méconnues et se concluent par des recommandations concrètes et pas nécessairement coûteuses.

Les aspects économiques sont également abordés, aboutissant à un plaidoyer pour le déploiement des soins palliatifs : « Non seulement les dépenses de santé des patients pris en charge en soins palliatifs sont inférieures à celles des autres patients en fin de vie, mais en outre les économies réalisées sont d’autant plus importantes que les soins palliatifs sont précoces ».

Plus de la moitié des propositions concerne la formation des personnels qui entourent les personnes âgées, que ce soit en hôpital, en maison de retraite médicalisée, ou à domicile. La mesure phare serait de mettre en place des infirmières de nuit dans les EHPAD (Etablissements d’Hébergement pour Personnes Agées Dépendantes), ce qui éviterait chaque année 18 000 hospitalisations très coûteuses de résidents en fin de vie.

Ce constat rejoint celui de l’IGAS (Inspection Générale des Affaires Sociales) qui, dans un rapport de 2009 sur la mort à l’hôpital, soulignait le manque d’anticipation qui conduisait des personnes âgées à mourir isolées dans les services d’urgence, lieux peu adaptés à l’accompagnement des derniers instants.

Au-delà des mesures opérationnelles, le rapport se conclut par des considérations éthiques et politiques qui méritent attention : « Il semble essentiel de réfléchir concrètement à de nouvelles formes de solidarités. Alors que de plus en plus de personnes vivent de plus en plus longtemps en situation de grande vulnérabilité et de grande solitude (…), ce qui n’apparaît pas dans nos travaux et qui pourtant est important est la place du bénévolat et plus largement de nouvelles formes de solidarités nécessaires pour accompagner cette réalité ».

Alliance VITA, par la diffusion de son Guide des 10 idées solidaires, se situe pleinement dans cette perspective.

Amendements IVG dans le projet de loi Egalité Femmes-Hommes : mesures inadaptées et malvenues

Des mesures relatives à l’interruption volontaire de grossesse ont été introduites dans le projet de loi pour l’égalité entre les femmes et les hommes : les principales visent d’une part à supprimer de la loi la notion de “situation de détresse” d’une femme pour recourir à l’avortement, et d’autre part à pénaliser les entraves à l’information sur l’IVG dans les locaux habilités à cet effet.

Outre le changement symbolique que revêt la suppression du mot « détresse » de la loi concernant le recours à l’avortement, cette mesure remet profondément en cause la philosophie de la loi de 1975.

Introduites par amendement en commission des lois de l’Assemblée nationale le 18 décembre dernier, ces mesures n’ont fait l’objet d’aucun examen par le Conseil d’Etat, ni d’aucune étude d’impact par le Gouvernement, alors qu’elles touchent intimement les femmes et les couples dans un contexte de crise économique et sociale profonde. Ce n’est donc ni le support législatif ad hoc, ni le moment pour engager une nouvelle réforme de l’avortement dans notre pays.

Cette réforme précipitée repose sur un déni de la réalité, alors que s’exprime de plus en plus clairement le besoin des femmes d’accéder à une information impartiale et complète avant de prendre en conscience une décision grave.

 

1-   La suppression de la « situation de détresse » 

Comment peut-on croire qu’il suffise de supprimer un mot dans un texte de loi pour faire disparaître la réalité qu’il recouvre ?

 

La situation actuelle

 –        En 2011, 222.500 interruptions volontaires de grossesse (IVG) ont été recensées en France. L’augmentation de l’IVG des mineures qui a cru de 25% entre 2002 et 2006 représente aujourd’hui 6% des IVG.  Notre pays se situe, par son taux d’IVG de 15,1 IVG pour 1000 femmes en âge de procréer, dans une moyenne élevée en Europe.  Le taux le plus élevé est observé chez les femmes âgées de 20 à 24 ans, chez lesquelles il est de 27 en France métropolitaine, et de 50 dans les départements d’outre-mer (DOM). Selon l’Institut National d’Etudes Démographiques, on estime que près de 40 % des femmes y auront recours dans leur vie.

–        Nous constatons un rajeunissement de l’âge des femmes à l’IVG, qu’il s’agisse de la première IVG ou d’une nouvelle IVG. Plus précisément, « depuis la fin des années 1980, l’âge moyen au moment de la première IVG a diminué d’un an et demi » et « les femmes dont c’est la deuxième IVG sont en 2007 âgées en moyenne de 28,8 ans », et de 30,3 ans pour celles qui ont déjà eu plus de deux IVG. Les IVG des mineures, qui ont connu une forte augmentation entre 2002 et 2006 (+ 25%), restent à un niveau élevé malgré les nombreuses mesures prises pour leur assurer la gratuité de la contraception.

–        Pourtant, le taux d’utilisation des contraceptifs en France est parmi les plus élevés au monde.  Selon le baromètre santé 2010,  90,2 % des Françaises sexuellement actives âgées de 15 à 49 ans déclarent employer une méthode contraceptive, y compris chez les jeunes (91,2 % chez les 15-19 ans, et 92,9 % chez les 20-24 ans).

–        Ce « paradoxe contraceptif français » est confirmé par le rapport de l’Inspection Générale des Affaires Sociales de février 2010. Il  révèle que 72% des femmes qui recourent à l’IVG utilisaient une méthode de contraception quand elles ont découvert leur grossesse[1], en concluant qu’ « une maîtrise totale de la fécondité est illusoire ».

 Cependant, alors que les pouvoirs publics reconnaissent qu’il y a un nombre élevé d’avortements, les solutions qu’ils proposent se bornent à renforcer la contraception ou à augmenter encore les prescripteurs de l’IVG. C’est du moins le sens des orientations prises ces dernières années.

 

Pourtant l’IVG n’est pas un acte anodin pour les femmes

 –        Pour la Haute Autorité de la Santé, citée dans le rapport de l’IGAS sur la prévention des grossesses non désirées (2010) : «L’IVG demeure un évènement souvent difficile à vivre sur le plan psychologique. Cette dimension manque d’éclairage objectif et scientifique ». Aucune évaluation n’a été conduite depuis ce constat par les pouvoirs publics.

 

 –        Selon un sondage OpinionWay pour Nordic Pharma en mars 2013, 85% des femmes déclarent avoir ressenti une souffrance au moment de l’IVG médicamenteuse, y compris une souffrance morale pour 82% d’entre elles, ou physique pour 67%. Il confirme un précèdent sondage effectué par l’IFOP en 2010 sur les femmes et l’IVG :  83% des femmes pensent que l’IVG laisse des traces psychologiques difficiles à vivre.

–        Pourtant selon le rapport de synthèse de l’IGAS sur l’évaluation des politiques de prévention des grossesses non désirées et de prise en charge des interruptions volontaires semble prôner la fatalité : « Il y aura toujours des situations d’incertitude ou de rupture affective qui remettent en cause une grossesse éventuellement souhaitée à un moment donné ».

 –        Les femmes ont plus que jamais besoin d’être écoutées et accompagnées, et non pas que la collectivité se dédouane en niant la difficulté d’un acte que les hommes, eux, n’ont pas à subir.

 La véritable égalité devrait donc intégrer une politique de prévention des pressions masculines qui s’exercent sur les femmes pour l’IVG, comme il est développé une politique volontariste à l’égard des violences faites aux femmes (cf articles 7 et suivants du projet de loi).

 

2-   L’information des femmes

 –        L’entrave concernait jusqu’à maintenant le fait d’empêcher ou de tenter d’empêcher une IVG.  A l’avenir, les sanctions concernant les entraves au fait de « pratiquer une IVG » seraient étendues au fait de « s’informer sur une IVG » dans les établissements habilités à donner cette information.

–        Cela traduit la vision partiale et technicienne, des promoteurs de cette réforme de l’IVG, au détriment d’une approche humaniste qui est, pourtant, réellement attendue des femmes.

Les femmes ont, plus que jamais, besoin d’une information impartiale et complète. Orl’information s’est dégradée depuis une dizaine d’années.

–        Ceux qui prônent l’absolu de la liberté individuelle, faisant de l’IVG un droit sans limites, dénient en même temps aux femmes le pouvoir – et le droit – d’exercer cette liberté en étant pleinement éclairées. Pour prendre une décision entre deux solutions, il faut pouvoir accéder aux informations concernant chacune des deux hypothèses possibles. Il s’agit de comparer, de peser le pour et le contre, de réfléchir sereinement, afin de décider.

–        Or, la tendance de la législation va à l’encontre de ce mouvement, puisque la loi du 4 juillet 2001 a supprimé du dossier-guide remis aux personnes qui viennent s’informer pour une éventuelle IVG, la présentation des aides et protections assurées aux femmes enceintes. De même, aucune information concernant ces droits et aides ne figure sur le site du Ministère de la santé, dans l’espace consacré à l’IVG.

Il est donc urgent de réintroduire dans la loi cette mesure garantissant une information équilibrée  sur les droits, aides et démarches pour les femmes enceintes, seules ou en couple,  ainsi que le descriptif de leur protection sociale. Cela pourrait contribuer à résoudre un grand nombre de drames personnels, en présentant aux femmes des perspectives autres que l’avortement, qui ne devrait pas  être une fatalité.

 

Conclusion

La suppression de la notion de détresse dans la loi ne protège pas les femmes :

–       elle dédouane la collectivité d’apporter une réelle aide aux femmes pour prévenir l’IVG

–       elle déresponsabilise les hommes.

Alors que ce projet de loi traite de l’égalité entre les femmes et les hommes, où est la vraie égalité ?

Notre pays a besoin d’avoir un large débat sur la politique qui est menée en matière d’IVG. Mais un débat serein, approfondi, et non biaisé. Car il s’agit de la dignité et de la souffrance des femmes et cela mérite mieux – beaucoup mieux – que deux amendements adoptés rapidement en cours de discussion parlementaire.

Janvier 2014

 

[1] Etude Cocon cité dans le rapport de l’IGAS sur la pratique de l’IVG et l’évaluation des politiques de prévention des grossesses non désirées -2010.

Décodeur n°36 – Amendements IVG dans le projet de loi Egalité Femmes-Hommes

Le décryptage d’Alliance VITA sur l’actualité législative : « Amendements IVG dans le projet de loi Egalité Femmes-Hommes » 

 

L’EVENEMENT

A partir du lundi 20 janvier 2014, l’Assemblée nationale va examiner en première lecture le projet de loi pour l’égalité entre les femmes et les hommes, dans lequel plusieurs amendements concernant l’IVG ont été introduits par des parlementaires.

L’objectif principal est de transformer l’IVG, liée jusqu’à présent à une situation de détresse, en un « acte médical comme un autre ».  Mais la suppression de l’état de détresse est une façon de nier la réalité de ce que vivent les femmes lors des grossesses difficiles : elles se retrouvent trop souvent confrontées à un choix à sens unique, faute de vraie politique de prévention pour celles, nombreuses, qui souhaitent pouvoir poursuivre leur grossesse et être soutenues dans ce sens (voir sondage IFOP, février 2010).

LE CHIFFRE

Avec 222 500 avortements par an, la France compte 15,1 IVG pour 1 000 femmes en âge de procréer, soit le double du taux observé en Allemagne (taux de 7,2).

Ce chiffre s’explique par le « paradoxe contraceptif français » : près des 3/4 des femmes (72%) qui recourent à l’IVG étaient sous contraception quand elles ont découvert leur grossesse.

 

LES AMENDEMENTS EN DISCUSSION

a) La suppression de la « situation de détresse »

– La législation en matière d’avortement a été révisée à plusieurs reprises. Elle est fondée sur une dérogation au principe général inscrit à l’article 16 du Code Civil : « La loi assure la primauté de la personne, interdit toute atteinte à la dignité de celle-ci et garantit le respect de l’être humain dès le commencement de sa vie ».  Cette dérogation est formulée ainsi : « La femme enceinte que son état place dans une situation de détresse peut demander à un médecin l’interruption de sa grossesse » (article L2212-1 du Code de la Santé publique).

– L’amendement déposé par des membres du Parti socialiste, et adopté en Commission des lois le 18 décembre dernier (devenant l’article 5 quinquies C du projet de loi), supprime la référence à la situation de détresse. Désormais, toute femme « qui ne veut pas poursuivre sa grossesse » pourrait obtenir l’IVG, sa décision n’étant liée à aucune difficulté particulière.

– Le projet de loi déposé par le Gouvernement ne prévoyait aucune disposition dans ce sens. C’est le Haut Conseil à l’Egalité entre les femmes et les hommes qui a revendiqué cette mesure, dans son rapport sur l’accès à l’IVG rendu public le 7 novembre 2013 (ce rapport contient par ailleurs de nombreuses autres demandes, comme la suppression du délai de réflexion d’une semaine, la suppression du droit à l’objection de conscience du personnel médical, etc.).

– Alors que le Sénat avait déjà voté le projet de loi en première lecture en septembre 2013, la ministre des Droits des femmes a fait en sorte que cette recommandation soit relayée par amendement au cours de l’examen par l’Assemblée nationale. La portée légale et pratique de cette décision n’a fait l’objet ni d’un examen juridique par le Conseil d’Etat, ni d’une étude d’impact par le Gouvernement, alors que ces préalables sont obligatoires pour chaque mesure contenue dans un projet de loi.

– Cette banalisation de l’acte ne serait pas seulement un changement symbolique majeur, portant encore plus gravement atteinte au droit à la vie. Ce serait également une  atteinte  à la dignité des femmes, car les conséquences humaines peuvent se révéler inverses à celles souhaitées par le Gouvernement : pressions accrues sur la femme enceinte, plus grande solitude, déresponsabilisation des hommes… Présenter un tel acte comme exclusivement « médical » constitue une régression : c’est un déni de son enjeu réel (le destin d’une vie humaine) et de ses répercussions désormais connues pour les femmes, les couples et les fratries.

b)    L’élargissement du délit d’entrave

– Lors de son examen du projet de loi en septembre 2013, le Sénat a introduit un amendement qui renforce le délit d’entrave à l’IVG. L’Assemblée nationale a confirmé cette mesure le 18 décembre 2013, en modifiant légèrement la formulation.

– Ce délit, créé en 1993, consiste dans « le fait d’empêcher ou de tenter d’empêcher une IVG ou les actes préalables » dans les établissements qui les pratiquent. Il peut être puni de deux ans d’emprisonnement et de 30 000 € d’amende.

– Ces sanctions (nouvel article 5 quinquies) s’étendraient désormais à ceux qui empêchent ou tentent d’empêcher « de s’informer sur » une IVG ou les actes préalables, dans tous les établissements habilités, par convention, à donner cette information.

– D’après l’auteur de l’amendement, qui veut lever « tous les obstacles qui s’opposent à l’exercice de ce droit », cette mesure ne concernerait pas les actions pouvant être menées sur internet. Mais la pression du Gouvernement reste forte pour chercher à limiter toute diffusion d’informations qui ne va pas dans un sens favorable à l’avortement.

c)    Le changement symbolique d’un titre du Code de la santé

 – Un troisième amendement a été voté en Commission des lois le 18 décembre. Il consiste à modifier le titre de la deuxième partie du Code de la santé publique : au lieu de s’intituler « Santé de la famille, de la mère et de l’enfant », ce titre deviendrait « Santé reproductive, droits de la femme et protection de la santé de l’enfant ».

– L’objectif très symbolique est de conforter en droit français des expressions largement utilisées par les partisans de l’avortement dans les instances internationales, en particulier l’expression ambiguë de « santé reproductive ».

– La disparition des mots « famille » et « mère », au profit des « droits de la femme », laisse également transparaître la volonté d’élargir prochainement l’utilisation des techniques de procréation artificielle au profit des personnes célibataires ou homosexuelles.

d)     Pour mémoire, les mesures récentes concernant l’IVG

Ces derniers mois, le Gouvernement a multiplié les mesures pour faciliter l’accès à l’IVG et à la contraception pour les mineures :

– Le remboursement à 100% de l’IVG par la Sécurité Sociale aux assurés sociaux a été décidé à partir de janvier 2013 (loi du 17 décembre 2012 ; auparavant, il restait une part à la charge de l’assuré social, très souvent prise en compte par sa mutuelle).

– Le tarif des IVG chirurgicales, payées par la Sécurité sociale aux établissements de santé, a été revalorisé de 50% à partir de mars 2013.

– Un nouveau site internet d’information public sur l’IVG a été ouvert fin septembre 2013. Cette initiative faisait suite à un rapport du Haut Conseil à l’Egalité entre les femmes et les hommes, qui dénonçait une trop grande visibilité sur internet de sites qu’il considère comme « opposés à l’IVG ».  Les sites en cause, qui existent depuis plusieurs années, proposent en général une écoute et donne des informations sur les aides et les alternatives possibles à l’IVG (informations qui n’existent plus depuis 2001 dans le dossier-guide remis obligatoirement aux femmes enceintes qui consultent en vue d’une éventuelle IVG).

– Les notices mises à disposition dans les tests de grossesse pourraient contenir des conseils sur l’IVG. Tel est le souhait de Najat Vallaud Belkacem, exprimé sur son blog le 11 septembre 2013, à l’annonce d’un amendement au Sénat modifiant le projet de loi sur la consommation, autorisant la vente de ces tests hors pharmacie. Cette disposition a été acceptée par l’Assemblée nationale en décembre dernier, et le Sénat doit finaliser l’ensemble du projet de loi fin janvier 2014.

– Pour les mineures, le développement de la gratuité et l’anonymat de la contraception a fait l’objet de plusieurs mesures successives depuis un an : d’abord pour les pilules contraceptives, puis pour les actes médicaux et les examens de biologie liés à tout moyen de contraception (y compris implants, stérilets …), sans oublier la baisse du taux de TVA sur les préservatifs (de 7% à 5,5%) à partir de début 2014.

e)    L’évolution de l’environnement international

A l’heure où la France tend à élargir de plus en plus les conditions d’accès à l’avortement, d’autres pays aux législations plus permissives ont adopté ou prévu d’adopter des mesures de régulation. C’est le cas dans plusieurs pays d’Europe de l’Est, en Norvège, dans certains états aux Etats-Unis.  De façon plus particulière, deux pays proches symbolisent cette tendance dans l’actualité :

– En Espagne, le gouvernement a présenté un projet de loi le 20 décembre 2013, visant à revenir aux principes en vigueur entre 1985 et 2010, avec des conditions plus strictes : l’IVG serait possible soit « en raison du grave danger pour la vie ou la santé physique ou psychologique de la femme », soit si la grossesse est une « conséquence d’un délit contre la liberté ou l’intégrité sexuelle de la femme ».

Un des objectifs affichés est de respecter la Convention de l’ONU relative aux droits des personnes handicapées du 13 décembre 2006, qui interdit les pratiques eugéniques.

– En Suisse,  un référendum est organisé le 9 février 2014 pour demander l’arrêt du financement de l’IVG par l’assurance maladie de base. Cette consultation fait suite au recueil de plus de 100 000 signatures en 2011 par le collectif « Financer l’avortement est une affaire privée« .

 

 

NOTRE COUP DE COEUR

Le 10 décembre dernier, le Parlement européen a rejeté une résolution  sur « la santé et les droits sexuels et génésiques » (SDSG). Le texte, appelé « Résolution Estrela », prévoyait notamment de nombreuses recommandations pour banaliser l’avortement : l’objectif était de le faire reconnaître comme un droit fondamental, au risque d’effacer toute notion de « droit à la vie ».

En votant une résolution alternative, les députés européens ont rappelé que l’Union européenne doit respecter le principe de subsidiarité et que cette question ne relève pas de sa compétence : « La définition et la mise en œuvre des politiques relatives aux SDSG et à l’éducation sexuelle dans les écoles relèvent de la compétence des Etats membres ».

Par la voix du Commissaire Siim Kallas, la Commission européenne vient de réaffirmer le 16 janvier 2014, devant l’Assemblée de Strasbourg, que l’Union Européenne n’a pas compétence en matière d’avortement et d’éducation sexuelle.

 

 

NOTRE COUP DE GUEULE

Le Haut Conseil à l’égalité entre les femmes et les hommes, dont le rapport sur l’accès à l’IVG est à l’origine des amendements sur l’IVG,  a réalisé un travail militant et contestable. Très présent dans la commission « Santé, Droits sexuels et reproductifs » chargée de rédiger le rapport, le Mouvement Français pour le Planning Familial (MFPF) y déploie la vision idéologique qu’il promeut depuis 40 ans.

L’objectif fixé est exprimé clairement : « Faire de l’avortement un droit à part entière et de l’IVG un acte médical comme un autre, dénué de représentations moralisatrices et d’idées reçues ».

Pour les auteurs du rapport : « L’IVG est un événement assez courant de la vie sexuelle et reproductive des femmes : près de 35% des femmes ont recours à une IVG dans leur vie. L’IVG n’est pas un problème : c’est une solution à une grossesse non désirée. » Ils « regrettent que l’IVG ne soit pas encore un droit plein et entier, du fait de l’esprit de la loi d’origine, qui perdure encore, et qui considère l’avortement comme une dérogation au respect dû à la vie fondée sur la détresse de la femme. »

 

POUR ALLER PLUS LOIN :

–       Notexpert VITA sur les amendements IVG : « Des mesures inadaptées et malvenues », 17 janvier 2014.

–       Fil d’actus VITA sur l’amendement supprimant la notion de « situation de détresse », 18 décembre 2013.

–       CP VITA sur le rapport du Haut Conseil à l’Egalité Femmes-Hommes, 7 novembre 2013.

–       La prévention de l’IVG : un enjeu social.

–       Sexualité des mineures.

–       Historique des lois concernant l’IVG de 1967 à 2010

[CP] Vincent Lambert : le tribunal a pris une juste décision

Communiqué de presse : Paris, le 16 janvier 2014

Alliance VITA tient à exprimer son soulagement devant la décision prise par le Tribunal administratif de Châlons-en-Champagne ce 16 janvier 2014, suspendant le « protocole de fin de vie » que le CHU de Reims voulait administrer à Vincent Lambert.

En désavouant la décision de l’hôpital, prise samedi dernier, d’arrêter la nutrition et l’hydratation de ce patient en état pauci-relationnel, les juges ont interprété de façon éthique la loi Leonetti fondée sur le respect du droit à la vie.

Pour le docteur Xavier Mirabel, président d’Alliance VITA : « Le tribunal a reconnu qu’alimenter une personne constitue par principe un soin de base, et qu’à ce titre cet acte médical est toujours proportionné. Le fait que l’alimentation soit apportée de façon artificielle ne change pas la nature profonde de l’acte. Dans le cas de Vincent Lambert, on était confronté à une interprétation abusive de la loi Leonetti par le corps médical : pour l’équipe en cause, nourrir et hydrater un patient dans un état comateux était devenu une obstination déraisonnable. Le tribunal, avec grande sagesse, a écarté cette vision euthanasique de l’arrêt des soins indispensables à la vie.

La division manifestée au sein de la famille de Vincent Lambert, et chez les soignants qui l’ont pris en charge depuis des années, est source de malaise, d’autant qu’elle est publique, ce qui tend à figer les positions. Cette tension traduit visiblement un épuisement de ces personnes qui se dévouent à son chevet. Cet épuisement est un signal d’alerte fort, que la société doit prendre en compte, pour réagir et assurer un soutien et un relai aux aidants de proximité.

Le transfert de Vincent Lambert dans une unité spécialisée pour accompagner au long cours les personnes en état pauci-relationnel nous parait nécessaire. Il n’est pas question ici de remettre en cause le magnifique travail accompli jusqu’à présent par ses soignants, mais de répondre au besoin impératif de prise de relai. Dans ce type de situation, l’épuisement des proches est non seulement à prendre en compte, mais à anticiper.

De façon plus globale, les prises de position suscitées par la situation de Vincent Lambert sont éclairantes sur le débat actuel concernant la fin de vie en France :

  • Certains ont dit qu’il fallait « laisser mourir » Vincent Lambert ; or il n’est aucunement mourant, il est lourdement handicapé.  
  • Certains l’ont appelé « légume » ; or c’est un terme impropre et dangereux, car jamais un être humain ne perd sa nature humaine ni sa dignité.
  •  D’autres encore ont demandé l’arrêt de son alimentation sous prétexte qu’il ne vit pas un état de pleine conscience ; or de nombreuses personnes en France vivent aujourd’hui même la situation que lui, protégés par leurs proches et leurs soignants.

Ce débat fait donc apparaitre la violence de certains arguments qui me paraissent extrêmement graves. Nous devons tous être en état d’alerte par rapport à ces réactions qui risquent de nous faire basculer vers une société de la toute-puissance qui refuse la grande fragilité de certains de ses membres. C’est donc avec force que je lance un appel aux pouvoirs publics pour demander qu’un profond travail de pédagogie soit accompli, fondé sur cette réalité : la vie de chacun est précieuse pour tous. »

Projet de loi pour l’égalité entre les femmes et les hommes – pourquoi manifester ?

Dans le cadre du projet de loi pour l’égalité entre les femmes et les hommes (à compter du lundi 20 janvier), le gouvernement entend notamment supprimer de la loi, la notion de “situation de détresse” d’une femme pour recourir à l’avortement.

Pour Alliance VITA, cette nouvelle dérive est injuste : elle dédouane la collectivité et déresponsabilise les hommes. Elle risque d’aggraver la pression qui pèse sur les femmes enceintes en difficulté, en les conduisant à l’avortement comme une fatalité. Rappelons qu’Alliance VITA, assumant le relais des pouvoirs publics, a pris à son compte depuis 2011 l’édition d’un « Guide des aides aux femmes enceintes » dont l’Etat avait abandonné la publication. Les milliers de volontaires de VITA diffusent depuis plusieurs semaines, dans toute la France, la dernière version actualisée de ce guide.

Pour Alliance VITA, manifester contre des dispositions législatives injustes est à la fois légitime et nécessaire. VITA encourage les Français à se mobiliser et soutient la Marche pour la vie. Alliance VITA formule le souhait que la manifestation, organisée à Paris le dimanche 19 janvier 2014 soit un succès :

  • qu’elle contribue à sortir l’avortement du silence, sans qu’aucune femme ou famille ayant l’expérience de l’avortement ne se sente jugée ou condamnée, car l’IVG est déjà la source de grandes souffrances morales ;
  • qu’elle favorise la prise de conscience d’une urgence : la mise en place d’une véritable politique de prévention de l’IVG, mobilisant tous les acteurs des domaines sociaux, médicaux, éducatifs, etc.

Pour sa part, au travers de son service d’écoute et d’aide SOS bébé, ainsi que de son action continue d’alerte et d’information du public et des élus, Alliance VITA agit chaque jour pour que l’avortement ne soit pas une fatalité dans la vie des femmes et des couples, et pour que ceux qui l’ont vécu ne se sentent pas stigmatisés.

Forte de son expérience, VITA intervient régulièrement pour dénoncer les pressions multiples qui pèsent sur les femmes et montrer qu’une autre politique est possible. Celle-ci devrait être à l’inverse de celle que prône le Mouvement Français pour le Planning familial, organisme qui tend à banaliser un geste qui n’a rien d’anodin, parce qu’il détermine le destin de vies humaines.

Alliance VITA demande instamment à tous ceux qui manifesteront, comme à toutes les personnes qui se sentent concernées par ce sujet difficile et intime, de s’engager par une action continue et paisible, au-delà d’une marche annuelle, aussi légitime soit-elle : soyons de plus en plus nombreux à construire ensemble, au jour le jour, une culture d’accueil de la vie.

3 minutes en vérité sur l’euthanasie

3 minutes en vérité sur l’euthanasie

Henri de Soos, coordinateur de SOS Fin de Vie d’Alliance VITA, était l’invité de Famille Chrétienne le 7 janvier 2014,  dans l’émission “3 minutes en vérité”.

Il appelle à se mobiliser face à l’enjeu essentiel du respect de la vie. Extraits de l’émission :

« La conférence de citoyens, c’est un procédé très douteux sur la forme et très dangereux sur le fond : 18 personnes – alors qu’on est 66 millions d’habitants – réunies quelques heures, prononcent un “oui” franc et massif pour le suicide assisté et un “oui”  plus timide pour l’euthanasie d’exception, alors que depuis 2 ans, sur la base de la proposition 21 du candidat Hollande, tous les gens compétents et les experts ont dit “non” à l’euthanasie et “non” au suicide. (…)  Il n’y a pas d’exception possible quand il s’agit de vie ou de mort. C’est comme pour la peine de mort. On ne peut pas dire : “je suis contre l’euthanasie sauf quelques cas exceptionnels”. Une fois que la porte est ouverte, elle ne peut pas se refermer. On n’a jamais vu la brèche d’une digue se colmater toute seule. (…) La dignité, c’est ce qui nous distingue de l’animal. Dire que “dans ma déchéance, je n’ai plus de dignité donc je dois disparaître”, c’est une vision fausse à la fois de la liberté et de la dignité. Par exemple pour notre association Alliance VITA, nous avons un Guide des 10 idées solidaires qui invite à poser des gestes simples pour accompagner les personnes ou les proches. (…) Les problèmes sont trop graves, on ne peut plus rester indifférent. Il y a quelque chose d’extrêmement important qui se passe et il faut se mobiliser. Je pense par exemple à un appel très récent, celui de “Solidaires en fin de vie” lancé par cinq personnalités très diverses (…). Il faut unir toutes les sensibilités de droite-de gauche, “cathos-pas cathos”, face à cet enjeu absolument essentiel du respect de la vie. C’est fondateur pour toutes les civilisations. Si on franchit la barrière essentielle de l’interdit de tuer, alors on va vers des dérives graves, vers une société où la fraternité n’a plus lieu. »

 

3  minutes en vérité avec Henri de Soos… par famillechretienne

IVG : détresse ignorée

Dans le cadre du projet de loi pour l’égalité entre les femmes et les hommes, un amendement a été voté mercredi 18 décembre en commission des lois de l’Assemblée nationale dans le but de supprimer la notion de « situation de détresse » d’une femme pour recourir à l’avortement.

Ce projet de loi déjà voté par le Sénat, est actuellement examiné en 1ère lecture à l’Assemblée nationale. Cet amendement est porté par le groupe socialiste. Dans l’exposé des motifs, les auteurs affirment que la référence « à l’état de détresse de la femme enceinte n’est pas utile puisque la femme est le seul juge de son état. »

Pour Alliance VITA, cet événement sonne comme un aveu : il s’agit de banaliser un acte qui est loin d’être anodin pour les femmes, au prix du déni de leur peine, et au risque d’en faire l’issue obligée de toute grossesse imprévue ou difficile. Il est d’ailleurs paradoxal de dénier aux femmes enceintes leur détresse alors qu’on prétend favoriser l’égalité femme – homme et que beaucoup d’hommes poussent leur compagne à l’IVG dans l’ignorance de ce que ce geste implique pour elle.

Selon un sondage OpinionWay pour Nordic Pharma en mars 2013, 85% des femmes déclarent avoir ressenti une souffrance au moment de l’IVG médicamenteuse, y compris une souffrance morale pour 82% d’entre elles, ou physique pour 67%. Il confirme un précèdent sondage effectué par l’IFOP en 2010 sur les femmes et l’IVG :  83% des femmes pensent que l’IVG laisse des traces psychologiques difficiles à vivre.

Pour la Haute Autorité de la Santé, citée dans le rapport de l’IGAS sur la prévention des grossesses non désirées (2010)  : «L’IVG demeure un évènement souvent difficile à vivre sur le plan psychologique. Cette dimension manque d’éclairage objectif et scientifique ».

Dans le cadre de ce projet de loi, la véritable égalité devrait comprendre une politique de prévention des pressions masculines qui s’exercent sur les femmes pour l’IVG.

Alliance VITA préconise une réelle politique de prévention de l’IVG pour les femmes enceintes et édite un guide des aides à leur attention : www.jesuisenceinteleguide.org.

[CP] « Qui est l’homme ? » – Cycle de formation bioéthique d’Alliance VITA, « L’Université de la Vie », pour la première fois dans 50 villes de France simultanément, par visioconférence

Les lundis 13, 20 et 27 janvier et 3 et 10 février 2014 à 20h30, Alliance VITA présente la 8e édition de son cycle de formation « L’Université de la Vie », 5 soirées sur les questions bioéthiques, du début à la fin de la vie, préparées à partir des services d’écoute et d’accompagnement d’Alliance VITA et de son analyse des textes législatifs, politiques, scientifiques, médiatiques sur ces sujets.

  • A l’origine de la vie humaine : anthropologie, procréation, maternité, paternité,
  • Homme ou femme : interchangeables ?
  • Fragilité, dépendance et interdépendance
  • Un temps pour vivre, un temps pour mourir
  • Le transhumanisme : vers une « intégration homme – machine » ?

Voici les thèmes que VITA estime crucial d’approfondir, afin d’apporter un début de réponse au thème 2014 « Qui est l’homme ? », alors que se profilent en France le projet de légaliser la PMA et la GPA pour des personnes de même sexe, le suicide assisté, mais aussi la banalisation de la théorie du genre ou encore l’avènement de « l’homme augmenté ». 

Parmi les intervenants, le docteur Xavier Mirabel, président d’Alliance VITA, Tugdual Derville, Délégué général, Caroline Roux, coordinatrice des services d’écoute de VITA, transmettent lors de ces soirées l’expérience d’années d’écoute, de rencontres, d’étude de la société.

L’Université de la Vie 2014 innove : retransmise en Visio conférence dans 48 villes de France, elle est proposée pour la première fois en région par des équipes VITA départementales, notamment : Nantes, Toulouse, Marseille, Lyon, Strasbourg, Rennes, mais aussi Chartres, Reims, etc. Chaque ville organise les 5 soirées en deux étapes : un temps en Visio avec Paris ; un temps local autour d’experts et de témoins de chaque département.

Pour Ségolène du Closel, coordinatrice de l’Université de la Vie, à l’origine de cette extension nationale : « C’est à la fois un défi et une chance d’organiser la première session en régions de l’Université de la Vie en Visio conférence dans près de 50 villes de France. Les Français que nous rencontrons nous disent à quel point ils ressentent le besoin d’une formation sur la bioéthique, un sujet de société qui nous concerne tous. Qui est l’homme ? Quelle société voulons-nous bâtir ? Les 5 soirées de formation VITA fourniront un fondement pour acquérir des points de repère,  réfléchir personnellement sur ces sujets et se les approprier. »

 

Alliance VITA est une association engagée pour le respect de la dignité de la vie humaine. Elle anime des services d’écoute sur le début de vie : SOS bébé, ainsi qu’un service sur la fin de vie SOS fin de vie. Elle compte 37 000 soutiens en France, et 128 équipes départementales.

Pour la carte de France de l’Université de la Vie http://www.universitedelavie.fr/villes-participantes/

Pour le programme et l’inscription www.universitedelavie.fr

Suicide assisté et exception d’euthanasie – Tudgual Derville sur Europe1

Suicide assisté et exception d’euthanasie – Tudgual Derville sur Europe1

Tugdual Derville invité de Wendy Bouchard sur Europe 1 midi pour discuter de la fin de vie en France, suite aux conclusions rendues par la conférence de citoyens, favorables au suicide assisté et à l’exception d’euthanasie.

 

Tugdual Derville sur Europe1 le 28 novembre 2013, débat avec François de Closets

Tugdual Derville, Délégué général d’Alliance VITA, était l’invité d’Europe Midi le 28 novembre 2013, de 13h30 à 14h en présence de François de Closets, membre de l’ADMD, pour débattre sur les sujets de l’euthanasie et du suicide assisté.

ECOUTER LE DEBAT [esplayer url= »https://www.alliancevita.org//wp-content/uploads/2013/11/131128-Debat-Euthanasie-Tugdual-Derville-Francois-de-Closet.mp3″ width= »200″ height= »25″]

Extraits des interventions de Tugdual Derville  :

Ses trois arguments introductifs :

–       “La prévention du suicide est une grande cause essentielle, nationale, surtout pour les personnes âgées qui sont fragilisées par la peur de la dépendance, la mort… Si on commence à laisser entendre que des personnes sont de trop, c’est une porte ouverte à l’exclusion des plus vulnérables Donc premier argument, la prévention du suicide ne souffre pas d’exception (…).

–       On laisse croire que l’euthanasie serait la solution pour éviter les souffrances insupportables ou l’agonie. Mais non, les soins palliatifs, les soins anti-douleur, l’accompagnement des souffrances psychiques, sociales, spirituelles, l’aide de ces personnes permet d’éteindre l’essentiel de ces demandes d’euthanasie. Donc les soins palliatifs doivent être développés : ni acharnement thérapeutique, ni euthanasie.

–       Troisième argument : ne pas tuer. Administrer la mort, c’est transgresser quelque chose d’essentiel pour l’humanité. Si on commence à donner la mort, on vole des instants qui peuvent être précieux (…). La sagesse populaire parlait de rémission (…). L’euthanasie, le suicide, c’est une mort violente, et qui laisse des traces et une culpabilité très forte (…).”

Dans le débat : “La mort a un impact social considérable ; on ne meurt pas seul. Nous sommes tous frappés par le suicide de proches (…). L’idée de maîtriser la mort est un piège pour notre humanité ; nul ne peut pronostiquer le jour de la mort de quelqu’un (…). Toute personne est toujours digne ; c’est ce qui nous différencie des animaux.”

[CP] Conférence de citoyens sur la fin de vie : douteux sur la forme, dangereux sur le fond

[CP] Conférence de citoyens sur la fin de vie : douteux sur la forme, dangereux sur le fond

Alliance VITA réagit aux conclusions du panel de citoyens rendu public par le Comité Consultatif National d’Ethique (CCNE) le lundi 16 décembre 2013.

Sur la forme, Alliance VITA confirme son étonnement de voir que le principe d’Etats généraux démocratiques s’est résumé à l’avis d’un panel de 18 citoyens, recrutés par un institut de sondage. En démocratie, on ne peut pas s’appuyer sur un aussi petit nombre de personnes qui « ne prétend pas à la représentativité de la population française » comme le souligne l’IFOP qui a réalisé ce panel.

Sur le fond, l’ouverture à un droit opposable au suicide viendrait profondément bouleverser la relation entre soignants et soignés ainsi que toute la politique de prévention du suicide des personnes les plus fragiles. De même, la notion ambiguë d’exception d’euthanasie ouvrirait dangereusement la porte à toutes les dérives observées aux Pays-Bas et en Belgique, comme récemment l’euthanasie des mineurs.

Pour Tugdual Derville délégué général d’Alliance VITA, fondateur du service SOS fin de vie et auteur de La bataille de l’euthanasie ( Salvator, 2012) : « C’est une illusion de penser qu’on peut à la fois promouvoir les soins palliatifs qui accompagnent et soulagent les patients, et l’euthanasie ou le suicide  qui sont des solutions radicales et violentes.  L’équilibre de la loi Leonetti, qui récuse acharnement thérapeutique et euthanasie pour promouvoir les soins palliatifs, doit être préservé. Comment mobiliser toute la société pour la prévention du suicide à tout âge, de l’adolescence à la vieillesse, et organiser une politique inverse pour les personnes dépendantes ou en fin de vie ? Ce serait laisser croire qu’il y a des « sous-vies » indignes d’être respectées. »

De son côté le docteur Xavier Mirabel, président d’Alliance VITA ajoute : « Nous attendons toujours que le président de la République tienne son engagement de renforcer de façon consistante les moyens d’accès aux soins palliatifs de qualité. Quel poids notre société va-t-elle donner à l’opinion de 18 personnes au regard d’avis beaucoup plus étayés rendus par la commission Sicard en décembre 2012 ou par le CCNE en juillet 2013 ? Penser avoir un avis autorisé sur la fin de vie sans avoir l’expérience approfondie de l’accompagnent ou du soin , c’est se placer sous emprise émotionnelle voire idéologique. C’est au jour le jour que les soignants, les soignés et leurs proches doivent trouver des solutions qui respectent la dignité de toute personne, même lourdement dépendante, jusqu’au terme naturel de leur vie. »

Alors que le président du principal mouvement de promotion de l’euthanasie a été auditionné par le panel à la demande du CCNE, Alliance VITA note qu’à aucun moment il ne lui a été proposé d’exposer son expertise pourtant reconnue.

Alliance VITA demande au gouvernement de ne pas renoncer à la véritable solidarité envers les plus fragiles.

>> Consulter le rapport de la Conférence de citoyens sur la Fin de vie

[CP] La Manif pour tous du 15 décembre 2013

Répondant à l’appel du mouvement « La manif pour tous », 30.000 manifestants (6.000 selon la police) se sont rassemblés dimanche 15 décembre dans l’après-midi à Versailles. D’autres rassemblements avaient lieu à Blois (près de 3.000 manifestants, 2.500 selon la police) et Montpellier (800 manifestants) et samedi à Bordeaux (200 voitures en défilé dans les rues du centre-ville).
Certes le mariage pour tous a été voté avec l’adoption par les couples homosexuels, mais les revendications vont beaucoup plus loin : la PMA et la GPA qui sont les étapes suivantes, la réduction du congé parental, la réforme du rythme scolaire, l’enseignement à l’école de la notion de genre…
Tugdual Derville, délégué général d’Alliance VITA et porte-parole de la Manif pour tous, précise : « Nous voulons dire au gouvernement que nous voulons nous mobiliser contre toutes ses velléités actuelles de poursuivre ce mouvement de déconstruction de la famille ».

Manif pour tous: plusieurs milliers de… par 20Minutes

Chambéry, suspicion d’euthanasies

Chambéry, suspicion d’euthanasies

Jeudi 12 décembre 2013, une aide-soignante a été mise en examen pour 6 empoisonnements et 3 tentatives d’empoisonnement de résidents d’une maison de retraite près de Chambéry.

Les décès sont survenus depuis le mois d’Octobre 2013 dans l’établissement hospitalier pour personnes âgées dépendantes (EHPAD) rattaché au centre hospitalier de Chambéry. Elle aurait administré un « cocktail de psychotropes » à neuf pensionnaires, dont trois ont survécu.

Les victimes étaient octogénaires, « en bonne santé, avec les fragilités liées à leur âge, mais elles n’étaient pas en fin de vie » selon la déclaration du vice-procureur Dietlind Baudouin. L’aide-soignante dit avoir voulu soulager leur souffrance. Mais « on arrive pas à savoir ce qu’elle entend mettre sous ce terme » souligne le vice-procureur.

La suspecte est une personne perçue comme sereine et posée. L’été dernier, elle aurait vécu la mort de sa mère comme un grand traumatisme générateur d’une fragilité pour laquelle la suivait le médecin du travail.

Cette affaire judicaire n’est pas sans rappeler celle de Christine Malèvre[1. Voir La Bataille de l’euthanasie, de Tugdual Derville, Editions Salvator, 2012 ; le chapitre 2 est consacré à cette affaire], infirmière considérée comme un « modèle de compassion et de proximité de ses patients » à l’hôpital de Mantes-la-Jolie (Yvelines). Lorsque cette dernière était passée aux aveux le 7 juillet 1998, elle revendiquait les meurtres de 30 patients incurables ; elle sera finalement condamnée à 12 ans de réclusion criminelle pour l’euthanasie de 6 personnes. A l’époque, les médias comme de nombreuses personnalités politiques l’avaient non seulement « acquittée » dès ses premières déclarations, mais surtout promue au rang d’icône « dévouée, isolée, trop humaine, pas assez froide et distante« .

La presse semble cette fois s’être emparée d’une autre terminologie en qualifiant l’aide-soignante de Chambéry d’« empoisonneuse« .

[CP] Belgique pour l’euthanasie des mineurs

[CP] Belgique pour l’euthanasie des mineurs

Communiqué de presse : Paris, le 12 décembre 2013

Dérive dramatique en Belgique : les sénateurs votent pour l’euthanasie des mineurs

Une nouvelle étape vient d’être franchie ce 12 décembre 2013, avec le vote du Sénat belge en faveur d’une proposition de loi qui vise à étendre aux mineurs, sans limite d’âge, la loi de 2002 dépénalisant l’euthanasie.

Pour Xavier Mirabel, président d’Alliance VITA : « Ce qui se passe aujourd’hui en Belgique est une illustration de la pente glissante que nous avons observée depuis la légalisation en 2002. A partir d’une loi soi-disant très encadrée pour des cas exceptionnels, on assiste à une interprétation de plus en plus large des conditions fixées : les derniers cas médiatiques d’euthanasie concernent deux frères jumeaux sourds de 45 ans qui risquaient de devenir aveugles, une personne de 44 ans en dépression après une opération ratée de changement de sexe, une femme qui souffrait d’anorexie, etc. L’euthanasie des enfants, fondée sur une articulation confuse entre leur consentement et celui de leurs parents, c’est extrêmement choquant. C’est un acte de démission et d’abandon. Comment une démocratie peut-elle à ce point perdre le sens de la dignité de toute vie ? Demain, d’autres lois sont en attente, notamment pour légaliser l’euthanasie des personnes dites « démentes » (type maladie d’Alzheimer) ou limiter l’objection de conscience. »

Alliance VITA appelle à un profond sursaut éthique des opinions publiques, en France et dans toute l’Europe, pour faire barrage à l’euthanasie et au suicide assisté. La réponse à la souffrance d’une personne ne peut être de lui donner la mort. Alliance VITA soutient la troisième voie choisie par la France : ni acharnement thérapeutique, ni euthanasie, oui au développement des soins palliatifs et au soulagement de la douleur. C’est au regard de ces repères éthiques qu’elle jugera les conclusions de la Conférence citoyenne sur la fin de vie, qui seront rendues publiques le 16 décembre prochain.

[CP] VITA salue le rejet du rapport Estrela

Europe « droits sexuels et génésiques » : le rejet du rapport Estrela est une avancée pour la démocratie européenne.

Ce 10 décembre, le Parlement européen a rejeté la proposition de résolution Estrela « sur la santé et les droits sexuels et génésiques ». Les députés ont adopté une résolution alternative, renvoyant ces questions à la compétence des Etats membres. Déjà saisie de ce texte le 22 octobre dernier, l’assemblée plénière avait décidé de son renvoi en commission, preuve s’il en est, du malaise qu’il a suscité. Les auteurs du texte avaient ensuite tenté un passage en force en accélérant les procédures et en refusant le dépôt de nouveaux amendements.

Le docteur Xavier Mirabel, président d’Alliance VITA, souligne les ambiguïtés multiples de la proposition Estrela dont les sujets ne relèvent pas de la compétence européenne : «Cette résolution portait gravement atteinte au principe de subsidiarité, principe fondateur de l’Union européenne. Derrière l’expression ambiguë «droits sexuels et génésiques » qui n’est pas clairement  définie, les auteurs de la résolution cherchaient à banaliser, au nom de la santé, la question délicate de l’avortement, ou encore à légitimer la procréation artificielle hors indication médicale. De plus, la résolution entendait restreindre le droit à l’objection de conscience et le droit des parents dans l’éducation des enfants, et elle demandait à l’Union européenne de financer l’avortement dans sa politique extérieure d’aide au développement. Je salue la prise de conscience des citoyens européens qui se sont mobilisés contre ce texte, et celle des eurodéputés qui l’ont rejeté au nom du  principe de subsidiarité. En ce 10 décembre, journée mondiale des droits de l’homme, c’est un acte fort pour le respect des droits fondamentaux et de la dignité humaine. »

Le rejet de cette proposition de résolution intervient alors que l’une des toutes premières initiatives citoyennes européennes, portant le nom UN DE NOUS, va être prochainement examinée par la Commission européenne. Près de 1 900 000 personnes l’ont signée et demandent notamment l’arrêt du financement par l’Union européenne des programmes menaçant l’être humain déjà conçu.

Un consentement suspect

Un consentement suspect

Quel point commun existe-t-il entre le projet de loi belge autorisant l’euthanasie des mineurs, le manifeste des 343 salauds, et le dernier prix Renaudot ?

A part la conjonction du calendrier, les sujets semblent assez éloignés, entre la fin de vie d’un adolescent, les charmes marchandés sur un trottoir, et l’apologie des expériences pédophiles. Pourtant, l’opinion publique semblerait s’accommoder de ces situations dont sont victimes des personnes en situation de vulnérabilité, simplement sous prétexte que ces personnes y consentent. Il serait profondément choquant que ces situations se perdent dans la banalisation ou l’indifférence, tant ils nous interpellent sur le sens que nous donnons au mot Liberté. Car le consentement d’une personne n’est en rien la garantie de sa liberté.

Ainsi, sous couvert de défendre la liberté, 343 hommes ont signé un manifeste défendant le droit d’avoir recours à la prostitution pour satisfaire leurs pulsions sexuelles. De leur côté, les professionnelles du sexe interrogées revendiquent un choix libre de leur profession. Or des études montrent que 80% des prostituées sont victimes des réseaux de proxénétisme. Et même pour les « indépendantes », que penser de la liberté de l’étudiante qui, par manque de ressources consent à vendre son corps pour payer ses études, ou de celle de l’immigrée qui privée de ressources ne trouve plus que celles de son corps ? Les clients qui profitent de ce commerce pour assouvir leurs pulsions, sont-ils eux-mêmes réellement libres ? Leur liberté semble plutôt céder à la pulsion sexuelle, trop souvent stimulée par le commerce érotique dans une société consumériste qui exploite sans scrupule les fragilités humaines.

Plus encore, qui peut prétendre qu’un enfant ou un jeune adolescent qui succombe à la séduction perverse d’un adulte et accepte de se soumettre à ses fantasmes n’est pas une victime, même s’il y consent ? Les actes pédophiles sont sévèrement réprimés par la loi française. Pourtant un ministre peut en faire état à mots découverts dans une autobiographie sans être inquiété, et on attribue encore des prix littéraires aux auteurs qui prônent ces comportements. Le consentement ne saurait justifier qu’une personne abuse de la liberté d’une autre.

C’est évident pour les abus sexuels, mais l’enfant vulnérable est aussi celui qui est confronté à la souffrance de la maladie : faut-il considérer le consentement à l’euthanasie comme la garantie d’une ultime liberté, comme certains le revendiquent ? Ceux qui s’apprêtent à légiférer sur ce sujet en Belgique, en étendant l’euthanasie aux mineurs, doivent se demander en conscience si le choix de la mort peut être vraiment libre. Comme pour toute personne malade, les liens affectifs de l’enfant avec sa famille le rendent particulièrement sensible au regard porté sur lui. Pour ses proches comme pour lui, la perspective de son décès prématuré ne peut que susciter la révolte et le désarroi. Face à la douleur et à l’émotion suscitées par la maladie et la perspective de la mort, le critère de « capacité de discernement » ne garantit aucunement un choix libre et sans contrainte.

A l’inverse, une présence attentive à apaiser toutes les souffrances, une présence qui ne ménage aucun effort pour témoigner à la personne malade qu’elle a plus de prix que ce que nous coûte la tristesse de son départ, une présence qui lui offre la perspective de vivre autant d’amour dans le temps qui lui reste que d’autres en toute une vie, une telle présence ouvre un espace de liberté bien plus précieux qu’un ultime choix sans issue. 

Alors méfions-nous des consentements qui légitiment la soumission des personnes vulnérables à la satisfaction de personnes bien-portantes.

Droits sexuels et génésiques au Parlement européen : une proposition de résolution hors sujet

Le 10 décembre prochain, le Parlement européen débattra d’une proposition de résolution « sur la santé et les droits sexuels et génésiques ».

Déjà saisie de ce texte le 22 octobre dernier, l’assemblée plénière a décidé de son renvoi en commission, preuve s’il en est du malaise qu’il suscite.

L’expression « santé et droits sexuels et génésiques » est foncièrement ambiguë. Sans claire définition, elle est notamment utilisée dans ce contexte pour banaliser, au nom de la santé, la question délicate de l’avortement ou encore légitimer la procréation artificielle hors indication médicale, pratiques qui ne relèvent pas de la compétence de l’Union européenne.

De plus la résolution s’attaque au droit à l’objection de conscience et aux droits des parents, et demande à l’Union européenne de financer l’avortement dans sa politique extérieure d’aide au développement.

En particulier, l’avortement apparaît indûment dans ce texte comme un droit, en contradiction avec une interprétation stricte du droit international et de la législation européenne. Cette interprétation abusive ne correspond pas aux réserves émises par nombre d’États, acteurs primordiaux du droit international, et sachant qu’aucune convention et qu’aucun traité international à portée universelle n’en fait mention.

Cette proposition de résolution est particulièrement contestable et doit être refusée.

 

I – Elle excède les compétences de l’Union européenne

 

Aux termes de l’Article 168 du Traité sur le fonctionnement de l’Union européenne, l’Union dispose, dans le domaine de la santé publique, des compétences pour appuyer, coordonner ou compléter les actions des États membres. Il est précisé que « l’action de l’Union est menée dans le respect des responsabilités des États membres en ce qui concerne la définition de leur politique de santé, ainsi que l’organisation et la fourniture de services de santé et de soins médicaux. Les responsabilités des États membres incluent la gestion de services de santé et de soins médicaux, ainsi que l’allocation des ressources qui leur sont affectées ».

L’absence de compétence de l’Union européenne à l’égard de l’avortement a été confirmée à plusieurs reprises par les institutions européennes (Parlement européen, Commission européenne et Conseil européen). Le 30 avril 2012, le Commissaire M. Dalli répondait à une question posée par des députés (E-002933/2012) : « Compte tenu de la dimension éthique, sociale et culturelle de l’avortement, il appartient aux États membres d’élaborer et de faire appliquer leurs politiques et leur législation en la matière. La Commission n’entend pas compléter les politiques nationales de santé publique dans ce domaine ».

De plus, les dispositions du Traité n’octroient aucune latitude supplémentaire en la matière, quand il s’agit de l’action extérieure de l’Union dont l’objectif principal reste « la réduction et, à terme, l’éradication de la pauvreté » (Article 21). La Cour européenne des droits de l’homme a également reconnu la diversité des solutions législatives concernant l’avortement et la large marge d’appréciation des États à cet égard.

De même, en voulant imposer aux Etats membres de fonder l’éducation sexuelle sur la notion « d’égalité de genre », ce texte porte atteinte aux droits des parents et des enfants.

De manière insidieuse, le texte revu par la commission a tenté d’édulcorer la question de l’accès à la PMA par les femmes célibataires et lesbienne. Pourtant, sous couvert du principe de non-discrimination, cette disposition demeure promue.

Cette résolution porte gravement atteinte au principe de subsidiarité.

 

II – Le scandale des avortements sélectifs doit inciter l’Union européenne à éviter toute ingérence en matière d’avortement

 

Cette proposition de résolution demande à l’Union européenne de financer l’avortement dans les pays en développement au moyen du Fonds de développement européen pendant la période 2014 – 2020 ; elle entend inclure « la santé et les droits sexuels et génésiques », dont l’avortement, dans le cadre de la coopération européenne au développement au motif que les « investissements dans la santé génésique et la planification familiale » seraient « parmi les moyens les plus efficaces, en matière de rapport qualité-prix et de développement, de favoriser le développement durable d’un pays » (§71).

Une telle approche ne tient pas compte de la dimension éthique, sociale et culturelle de l’avortement.

Le Parlement européen vient de se pencher, sur le scandale des avortements sélectifs selon le sexe par le vote de la résolution sur « le généricide : les femmes manquantes ? » le 8 octobre 2013 (2012/2273 INI). Le « généricide » décrit le fait de tuer délibérément une personne appartenant à un sexe du seul fait de cette appartenance. En effet, dans certains pays – tels que la Chine et l’Inde, mais aussi dans certaines régions d’Europe balkanique et du Caucase -, l’avortement des foetus féminins est répandu. Selon l’exposé des motifs du texte précité, « des estimations récentes concernant le rapport de masculinité montrent une augmentation des femmes « absentes » de la population mondiale, dont le nombre frôle les 200 millions. Il s’agit d’une augmentation extrême depuis 1990, sachant qu’à cette époque, le nombre de femmes « absentes » s’élevait à 100 millions. Les filles font toujours l’objet d’une discrimination implacable pour ce qui est de la prédétermination du sexe de l’enfant, de l’avortement, de l’abandon ou de l’infanticide de petites filles pour cette seule raison qu’elles sont de sexe féminin ».

 

Conclusion :

 

Cette proposition de résolution intervient à la veille de clôture de la collecte des signatures de l’une des toutes premières initiatives citoyennes européennes, portant le nom UN DE NOUS. Près de 1 900 000 personnes l’ont signée et demandent notamment l’arrêt du financement par l’Union européenne des programmes menaçant l’être humain déjà conçu. Comment aborder de tels enjeux alors que les citoyens européens interpellent l’Union pour qu’elle se positionne plus clairement ?

Ce type de résolution qui concerne la vie intime des citoyens européens doit absolument prendre en compte cette mobilisation citoyenne massive, inédite sur le sujet, grâce aux nouveaux outils de démocratie participative mis en place par l’Union européenne.

 

Décembre 2013

Suicide assisté et exception d’euthanasie – Tudgual Derville sur Europe1

Fin de vie : confrontation médiatique et relation personnelle

Retour sur l’émission de Wendy Bouchard sur Europe1 le jeudi 28 novembre 2013, avec la « confrontation » François de Closets représentant l’ADMD et Tugdual Derville.

D’emblée l’animatrice présente le débat de manière truquée : souffrir ou mourir (1) !

Il est très important de noter que le format de l’émission (temps d’expression chronométré !) ne permet pas d’aborder finement une question de société très intime et douloureuse.

De ce fait, la vision globale de Tugdual Derville qui prend en compte – au-delà des craintes et des angoisses de chacun devant la maladie et la mort – la situation des plus vulnérables, des sans voix, ne peux être expliquée, entendue. Bien que son analyse repose sur l’expérience d’écoute des personnes en fin de vie et de leurs proches, et aussi sur les faits ! Ce qui se passe en Belgique nous alerte et l’on constate que la loi, loin de cadrer les pratiques, entérine successivement les dérives.

En face, le sympathique François de Closets est apparu extrême et virulent dans ses propos :

« JE choisis ma mort, JE ne veux pas que VOUS m’imposiez votre vision du monde, J’AI le droit d’être assisté pour mourir, JE ne suis plus digne si je ne le ressens pas, JE refuse l’agonie… »

Terrible déni du réel de la mort et de la violence de l’acte euthanasique (qui ne peut éviter l’agonie!), refus du dialogue… Et surtout un ultra individualisme qui empêche les partisans de l’euthanasie de comprendre que leur désir met en danger les plus fragiles d’entre nous, ceux à qui l’on confisquera la parole pour dire à leur place, ceux qui seront écrasés par une médecine toute puissante qui aura droit de vie et de mort.

Mais il faut faire bien attention, cette émission partisane caricature tous les participants. Les médias occultent la vraie question qui est tabou, ce qu’est la mort dans notre société. Et trop souvent les médias empêchent les vrais dialogues. Tugdual Derville témoigne que la rencontre chaleureuse a bien eu lieu. Après, en coulisse. Il faut bien avoir en tête que – sur ces sujets si sensibles – la relation personnelle importe bien plus que les opinions.

(1) Les médecins savent aujourd’hui prendre en charge les souffrances physiques et accompagner, en soins palliatifs, les souffrances psychologiques

La tentation de l’euthanasie avec Xavier Mirabel

Mercredi 27 novembre 2013 au Back-Up Paris, près de 400 jeunes réunis autour du Dr Xavier Mirabel pour discuter de la fin de vie. Un reportage, signé KTO.

 

Au programme :

  • Soins palliatifs, euthanasie, acharnement thérapeutique : de quoi parle-t-on ?
  • La souffrance, au cœur du débat
  • Droits, liberté et dignité, que veut-on dire ?
  • La Belgique, un exemple à imiter ? Le témoignage de Bruxelles.
  • C’est dans l’actu ! Le point sur les projets gouvernementaux en cours.
  • Tous concernés ! Quelques idées pour prendre soin des personnes en fin de vie ou en situation de grande dépendance.
Faut-il légaliser l’euthanasie ? Débat sur Europe 1

Faut-il légaliser l’euthanasie ? Débat sur Europe 1

Tugdual Derville, Délégué général d’Alliance VITA, était l’invité d’Europe Midi le 28 novembre 2013, de 13h30 à 14h en présence de François de Closets, membre de l’ADMD, pour débattre sur les sujets de l’euthanasie et du suicide assisté.

ECOUTER LE DEBAT

Extraits des interventions de Tugdual Derville :

Ses trois arguments introductifs :

  • La prévention du suicide est une grande cause essentielle, nationale, surtout pour les personnes âgées qui sont fragilisées par la peur de la dépendance, la mort… Si on commence à laisser entendre que des personnes sont de trop, c’est une porte ouverte à l’exclusion des plus vulnérables Donc premier argument, la prévention du suicide ne souffre pas d’exception (…).
  • On laisse croire que l’euthanasie serait la solution pour éviter les souffrances insupportables ou l’agonie. Mais non, les soins palliatifs, les soins anti-douleur, l’accompagnement des souffrances psychiques, sociales, spirituelles, l’aide de ces personnes permet d’éteindre l’essentiel de ces demandes d’euthanasie. Donc les soins palliatifs doivent être développés : ni acharnement thérapeutique, ni euthanasie.
  • Troisième argument : ne pas tuer. Administrer la mort, c’est transgresser quelque chose d’essentiel pour l’humanité. Si on commence à donner la mort, on vole des instants qui peuvent être précieux (…). La sagesse populaire parlait de rémission (…). L’euthanasie, le suicide, c’est une mort violente, et qui laisse des traces et une culpabilité très forte (…).”

Dans le débat : »La mort a un impact social considérable ; on ne meurt pas seul. Nous sommes tous frappés par le suicide de proches (…). L’idée de maîtriser la mort est un piège pour notre humanité ; nul ne peut pronostiquer le jour de la mort de quelqu’un (…). Toute personne est toujours digne ; c’est ce qui nous différencie des animaux. »