Un amendement au projet de loi Santé visant à contrôler l’accès effectif à l’interruption volontaire de grossesse a été adopté en première lecture à l’Assemblée nationale, sans débat ni proposition de prévention.
Cet amendement dispose que le gouvernement doit remettre au Parlement, dans un délai de 6 mois après la promulgation de la loi, un rapport sur « l’accès effectif à l’interruption volontaire de grossesse et sur les difficultés d’accès rencontrées dans les territoires, y compris celles liées aux refus de pratiquer une interruption volontaire de grossesse par certains praticiens. »
En ligne de mire, la clause de conscience des professionnels de santé que certains entendent faire supprimer. En effet, des amendements avaient été déposés contre l’avis du gouvernement en commission des affaires sociales pour supprimer cette clause spécifique concernant l’acte d’avortement. Si ces amendements ont été rejetés, cette demande de rapport est une manière de revenir par la fenêtre et de mettre le corps médical sous pression de manière particulièrement injuste. En effet, comme l’a rappelé Alliance VITA, la France détient un fort taux d’IVG avec plus de 210 000 avortements par an. C’est l’absence d’une réelle politique de prévention de l’avortement qui devrait alarmer les responsables politiques, plutôt que la stigmatisation des professionnels de santé qui agissent selon leur conscience.
Alliance VITA demande qu’un rapport soit effectué sur les situations qui conduisent les femmes actuellement à l’avortement et sur les conséquences de cette pratique pour favoriser les politiques de prévention adaptées. Un sondage IFOP publié en 2016 a révélé que 89% des Français jugent que l’avortement laisse des traces psychologiques difficiles à vivre pour les femmes et 72% estiment que la société devrait davantage aider les femmes à éviter le recours à l’interruption volontaire de grossesse.
Le rapport « Grand âge et autonomie » a été remis, ce jeudi 28 mars, à la ministre de la Santé, Agnès Buzyn, par Dominique Libault, président du Haut Conseil du financement de la protection sociale, à la suite de cinq mois de concertation avec différents acteurs sociaux.
Le constat est le suivant : la France compte aujourd’hui 1,5 million de personnes âgées de plus de 85 ans. D’ici 2050, leur nombre aura triplé pour atteindre 4,8 millions et le nombre de personnes dépendantes pourrait presque doubler. « Nous n’avons pas le temps d’attendre. C’est un luxe qui ne nous est pas donné » s’inquiète M. Libault dans la préface de son rapport. « Tout le rapport vise à passer d’une gestion de la dépendance au soutien à l’autonomie. (…) Les personnes âgées doivent continuer à être incluses dans l’ensemble de la société, elles ne doivent pas être isolées, soit chez elles, soit entre elles dans des établissements, il faut concevoir un autre regard, une autre prise en charge des personnes âgées dans notre société ».
Pour prendre en charge quelque 40.000 personnes dépendantes supplémentaires par an à partir de 2030, le rapporteur propose 175 mesures, dont une dizaine sont des « priorités » pour répondre à trois objectifs : favoriser le maintien à domicile (solution plébiscitée par les Français), améliorer la prise en charge en établissement d’hébergement pour personnes âgées dépendantes (EHPAD) et remédier à la pénurie de candidats aux « métiers du grand âge ».
Afin de favoriser le maintien à domicile, « nous proposons pour les aidants qui sont encore salariés, qui sont encore au travail d’indemniser le proche aidant, son congé », pour un peu plus de 50 euros par jour, sur le modèle de l’allocation journalière de présence parentale.
La problématique du personnel soignant en sous effectif dans les EHPAD a fait couler beaucoup d’encre ces deux dernières années. Le rapporteur préconise d’augmenter de « 25 % le taux d’encadrement d’une personne âgée en Ehpad d’ici à 2024 par rapport à 2015 ».
Face à la pénurie de personnels à domicile et en établissement, va être lancé un « plan national pour les métiers du grand âge » pour les rendre plus attractifs.
Les acteurs de la concertation regrettent que les tentatives de solidarités de proximité soient trop faibles et pas assez appuyées.
Une partie de ces mesures ne nécessiteront pas une réforme législative et pourraient être annoncées avant l’été. Mme Buzyn a annoncé qu’elle déposerait un projet de loi à l’automne.
La question du vieillissement est un enjeu essentiel, non seulement pour la France, mais dans toute l’Europe. C’est un défi majeur qu’Alliance VITA souhaite souligner par une campagne à destination des candidats aux Européennes pour bâtir une Europe solidaire, qui prenne en compte le droit des plus fragiles.
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Pour aller plus loin : discours de Mme Buzyn, lors de la remise du rapport Libault
Un petit bébé japonais né très grand prématuré, à 22 semaines de grossesse (24 semaines d’aménorrhée) et ne pesant que 268 grammes, vient de rentrer chez lui en bonne santé, après 5 mois d’hospitalisation. Un nouveau record a été franchi dans le domaine de la néonatalogie.
Depuis trente ans, la médecine néonatale a réalisé de très grands progrès dans la prise en charge des enfants nés prématurément. Edward Bell, médecin en néonatologie et professeur de pédiatrie à l’Université de l’Iowa (États-Unis) le constate : « Je fais ce métier depuis 40 ans, et j’ai vu le seuil de viabilité reculer d’une semaine tous les 10 ans dans mon hôpital ».
Une naissance prématurée a lieu avant le terme de la grossesse qui correspond à 41 semaines d’aménorrhée (à compter de la date des dernières règles). Un enfant est considéré comme prématuré s’il naît avant 37 semaines d’aménorrhée (SA), soit à 8 mois et demi de grossesse. On distingue trois niveaux de prématurité :
la prématurité moyenne qui correspond à une naissance intervenant entre la 32e et la 36e semaine d’aménorrhée révolue (7 mois à 8 mois de grossesse),
la grande prématurité correspondant à une naissance intervenant entre la 28e et la 32e SA (6 mois à 7 mois de grossesse),
et la très grande prématurité pour les naissances intervenant avant 28 semaines, soit en deçà de 6 mois de grossesse.
Parmi les traitements permettant les progrès de la médecine néonatale figurent l’invention des surfactants artificiels (facilitant la respiration des prématurés aux poumons immatures), l’injection de stéroïdes à la maman avant l’accouchement, lorsque cela est possible (ce qui aide les poumons du bébé à maturer plus rapidement) ainsi que le perfectionnement des appareils respiratoires. D’immenses progrès ont été réalisés grâce au soin accordé à la relation de l’enfant avec ses parents, en particulier la relation mère-enfant. La présence des parents auprès des enfants est vivement encouragée et facilitée, ce qui améliore grandement le développement des bébés et réduit leur inconfort, en particulier affectif. Le personnel médical encourage le « peau à peau » et les conditions de mise en place de l’allaitement.
La survie et le développement sans séquelles du nouveau-né dépendent de plusieurs facteurs, en particulier l’âge gestationnel, le poids, les conditions de naissance, le sexe et les raisons de la prématurité. Les risques sont liés à l’immaturité globale, en particulier des poumons, du système digestif, du cerveau et du cœur. Le nouveau- né doit pouvoir continuer son développement dans des conditions bien plus difficiles qu’in utero.
Jean-Christophe Rozé, professeur de pédiatrie à l’Université de Nantes explique qu’ « en France, la limite inférieure de prise en charge se situe à 24 semaines d’aménorrhée du fait d’un certain nombre de complications dont on pense qu’elles ne seraient pas acceptées, comme les troubles de cécité ». Pour le vice-président de la société française de néonatalogie « La France est plutôt considérée comme une société handicapophobe, c’est-à-dire qu’elle fait peu de place au handicap. Or, dans la prise en charge des extrêmes prématurés la question n’est pas de faire survivre un poumon, un cœur, deux jambes et deux bras mais bien d’assurer le meilleur développement possible à l’enfant. En d’autres termes, il convient de mesurer les conséquences ultérieures associées à la prématurité ». Mais le professeur de pédiatrie précise qu’ « on a également récemment fait des progrès pour remédier à cette peur du handicap et de difficulté développementale. »
On est train d’évoluer. Notamment, une grande étude, nommée EPIPAGE, a été menée sur les enfants prématurés nés en 2011. Ce professeur explique que « Les résultats initiaux à la sortie de la maternité mettaient en évidence qu’en France, nous étions un peu en retard par rapport à d‘autres pays c’est-à-dire dans tous les centres on ne prenait pas en charge ou peu entre 24 et 25 semaines d’aménorrhée. Pour résumer, comme on n’avait pas de bons résultats, on ne proposait pas aux familles la prise en charge comme on ne prenait pas en charge activement on ne préparait pas bien le fœtus à la naissance, donc on n’avait pas de bons résultats et on était ainsi dans un raisonnement circulaire. On s’est posé beaucoup de questions après cette étude, qui ont conduit à prendre en charge de manière plus active ces enfants à 24 semaines un peu partout en France. Et depuis, progressivement, on abaisse le seuil de prise en charge ».
Deux études très récentes attestent aussi de ces immenses progrès. D’abord, celle du Journal of the American Medical Association détaillant les chances de survie des grands-prématurés en Suède. Le taux de survie des plus petits, naissant à 22 semaines, est passé de 3,6 à 20 %. Les nouveau-nés à 26 semaines survivent, quant à eux, huit fois sur dix.
La deuxième concerne les États-Unis et s’est intéressée à la survie des bébés nés entre 22 et 26 semaines à moins de 400 grammes dans 21 hôpitaux entre 2008 et 2016. 13 % des bébés de cette catégorie ont survécu, le plus petit d’entre eux pesait seulement 330 grammes.
La prise en charge de la prématurité est un problème de santé publique très important.
En France, selon l’INSERM, entre 50 000 et 60 000 enfants naissent prématurément chaque année. Parmi eux, 85% sont des prématurés moyens (32-37 SA), 10% sont des grands prématurés (28-32 SA) et 5% sont des très grands prématurés, nés à moins de 28 SA.
Comme dans de nombreux pays développés, le taux de naissances prématurées augmente régulièrement en France, il est passé de 5,9% des naissances en 1995 à 7,4% en 2010.
Pour améliorer encore la prise en charge de ces tout-petits, le professeur Jean-Christophe Rozé rappelle qu’ « Il y a un élément majeur qu’on a du mal à faire entendre aux autorités, c’est de parvenir à un ratio soignant-soigné extrêmement élevé, c’est-à-dire quasiment une infirmière pour un patient. Actuellement dans la loi c’est une infirmière pour deux patients. Ensuite, tout repose sur un meilleur suivi de ces enfants né prématurés sur le long terme ».
Le professeur Picaud, chef de service de néonatologie et de réanimation néonatale à l’Hôpital de la Croix-Rousse à Lyon, explique que les taux de survie des très grands prématurés varient donc selon les pays. « En 2005, les chiffres estimaient que la survie des très grands prématurés nés à 24 semaines d’aménorrhée au Japon était de 77%. Elles n’est que de 31% en France, 55% aux États-Unis et 67% en Suède, qui a le meilleur résultat d’Europe. Le Japon est un pays très riche qui peut bénéficier d’un soin au « un pour un » : une infirmière ou un médecin pour un bébé, ce qui autorise de très bons résultats. Les compétences du Japon dans ce domaine sont réputées dans le monde entier. En France, nous n’avons en général qu’une infirmière pour deux bébés en réanimation, puis une pour trois en soins intensifs et, enfin, une pour six en pédiatrie néonatale ».
Un nouveau moratoire sur les Bébés OGM, stop ou encore ?
Dans une communication via la revue Nature du 13 mars 2019, d’imminents scientifiques – dont l’une des co-découvreuses de CRISPR-Cas9, la française Emmanuelle Charpentier – appellent à un « moratoire mondial » sur l’utilisation des techniques de modifications génétiques sur les embryons et les gamètes humains, visant à faire naître des bébés génétiquement modifiés.
Immédiatement après son titre accrocheur, cette tribune précise que ce moratoire ne s’adresse pas à la recherche scientifique : toute expérimentation devrait rester possible, à partir du moment où les embryons ne seraient pas implantés dans des utérus, en vue de faire naître des bébés génétiquement modifiés.
Bien que les auteurs s’accordent à reconnaître que la modification de l’ADN n’est ni sûre, ni efficace et que les risques d’induire des mutations non intentionnelles sont élevés, ils ne demandent aucunement une interdiction. Ils proposent que chaque pays reste libre de ses choix et suggèrent simplement de n’appliquer cette technique sur des embryons ou des gamètes pour faire naître des bébés OGM que si « certaines conditions sont remplies »…
Les auteurs estiment qu’il convient de se donner encore du temps (ils évoquent une période de 5 ans), pour continuer à étudier les implications techniques, scientifiques, médicales, sociétales, morales, afin de mettre au point un encadrement international. Chaque pays pouvant ensuite librement décider de maintenir un statu quo, d’interdire ou au contraire de réfléchir à autoriser ces nouvelles pratiques intervenant dans la procréation humaine.
Les signataires proposent que les pays qui souhaiteraient légaliser cette nouvelle pratique procèdent au préalable à une consultation pluridisciplinaire et publique, pour vérifier si la demande est justifiée, pour informer ses concitoyens tout en vérifiant qu’il existe un consensus favorable dans la société.
[su_box title= »Pour Blanche STREB, directrice de la formation d’Alliance VITA et auteur de Bébés sur mesure – Le monde des meilleurs : » box_color= »#de0498″]« Cet appel porte bien son nom… Moratoire vient du latin moratorius qui veut dire « retarder ». Clairement, ce que proposent ces scientifiques de premier plan se résume en : « reculer pour mieux sauter » ! Ce type de déclaration en demi-teinte n’est pas de nature à nous rassurer. Pourtant, la secousse liée à l’annonce des premiers bébés OGM nés en Chine devrait susciter des prises de positions politiques et scientifiques beaucoup plus fermes. Il convient de prémunir l’humanité contre ces tentations de bricoler ainsi l’être humain à son commencement, en dépit de tout principe de précaution pour ces enfants cobayes ».[/su_box]
Les auteurs suggèrent qu’un « organe de coordination » mondial soit mis en place, chargé notamment de fournir aux pays qui le souhaitent les informations requises pour entrer dans une démarche de consultation et d’autorisation. Cet organe, qui pourrait dépendre, selon eux, de l’Organisation mondiale de la santé, devrait aussi publier des rapports régulièrement. Les signataires expliquent qu’il serait préférable que deux sous-groupes distincts soient créés dans cet organe.
L’un composé de spécialistes biomédicaux pour les considérations techniques, scientifiques et médicales, et l’autre composé de spécialistes des questions de société, d’éthique et de morale.
L’OMS a par ailleurs annoncé récemment avoir créé un Comité consultatif d’experts pour l’élaboration de normes mondiales pour la gouvernance et la surveillance de la modification du génome humain. Il doit se réunir justement les 18 et 19 mars à Genève pour convenir du plan de travail pour les 12 à 18 prochains mois.
___________________ Pour aller plus loin :
Retrouvez l’action « Stop Bébés OGM » qu’Alliance VITA a lancée en 2016.
CRISPR-Cas9: La modification du génome humain en question
Alliance VITA dénonce la tentative de suppression de la clause de conscience des médecins et des professionnels de santé au détour d’amendements à l’article 17 du projet de loi santé, examinés en commission des affaires sociales aujourd’hui.
Alors que le projet de loi vise à réformer le système de santé, quelques députés LREM et France insoumise s’en prennent, contre l’avis du gouvernement, au droit à la liberté de conscience des professionnels de santé concernant la pratique de l’avortement, clairement inscrit dans la loi. L’article Article L2212-8 du code de la santé publique dispose que « un médecin n’est jamais tenu de pratiquer une interruption volontaire de grossesse mais il doit informer, sans délai, l’intéressée de son refus et lui communiquer immédiatement le nom de praticiens susceptibles de réaliser cette intervention (…). Aucune sage-femme, aucun infirmier ou infirmière, aucun auxiliaire médical, quel qu’il soit, n’est tenu de concourir à une interruption de grossesse. »
[su_box title= »Pour Tugdual Derville, Délégué général d’Alliance VITA : » box_color= »#de0498″]
« Si la loi de 1975 a assorti la pratique de l’avortement d’une clause de conscience explicite pour les professionnels de santé, c’est en raison de la nature même d’un acte qui met fin à une vie humaine. On ne peut forcer un professionnel à agir en contradiction formelle avec sa conscience. La manœuvre idéologique de certains députés laisse aujourd’hui entendre que les professionnels de santé ne sont que des prestataires de service. Or, la clause de conscience légitimement reconnue dans le cas de l’IVG, par respect pour les convictions personnelles des soignants, est indispensable à la protection de leur liberté de conscience. Cette liberté démocratique fondamentale est bafouée dès lors qu’on se trouve forcé de pratiquer des actes gravement contraires à sa conscience. Cette attaque contre la clause de conscience risque d’insécuriser davantage de nombreux soignants, au moment où l’on affirme travailler à la restructuration du système de santé. Elle peut aussi entraîner de graves discriminations entre soignants dans la mesure où certains seront contraints à abandonner le métier qu’ils ont choisi. »[/su_box]
La France détient un fort taux d’IVG avec plus de 210 000 avortements par an. Pour Alliance VITA, c’est l’absence d’une réelle politique de prévention de l’avortement qui devrait alarmer les responsables politiques, plutôt que la stigmatisation des professionnels de santé qui agissent selon leur conscience. Alors que notre pays traverse une crise sociale grave, nous demandons solennellement au gouvernement de prendre ses responsabilités et de rejeter fermement cette disposition liberticide.
Mise à jour du 15 mars 2019 : Les amendements de suppression de la clause de conscience des professionnels de santé relatifs à l’avortement ont été rejetés par la Commission des affaires sociales de l’Assemblée nationale.
Un documentaire polémique diffusé sur France 3 avait motivé cette décision : il dénonçait des dysfonctionnements dans le circuit de protection de l’enfance (violences dans les foyers, jeunes ballottés de foyer en familles d’accueil, carence de formation chez les éducateurs, etc.). Perrine Goulet, Député LREM, elle-même enfant placée, avait dès janvier entraîné plusieurs autres députés pour créer une commission d’enquête sur le fonctionnement de l’aide sociale à l’enfance.
En France, 341 000 mineurs sont concernés par une mesure de protection de l’enfance (fin 2017) et plus de la moitié d’entre eux sont placés dans des institutions spécialisées ou dans des familles d’accueil.
23 députés participent à cette mission d’information. Parmi les sujets qui y seront abordés figurera la question de la répartition des compétences entre l’État et les départements, celle de la formation des personnels et aussi celle de la mise en œuvre de mesures éducatives. Cette mission, qui sera applicable jusqu’au bout de la législature, impliquera des déplacements dans toute la France et à l’étranger.
En parallèle, un plan a été initié fin janvier par le gouvernement pour la protection de l’enfance avec des mesures qui devront être confirmées cet été. La prise en charge par l’aide sociale à l’enfance, la formation des professionnels et leurs moyens de recrutement sont également des sujets importants pour une « exécution plus rapide des mesures judiciaires de placement« , selon Adrien Taquet, secrétaire d’État à la protection de l’enfance.
L’autre enjeu important est d’éviter un abandon de l’État lorsque la majorité est dépassée et d’instaurer un dispositif pour accompagner ces jeunes, qui finissent pour une partie d’entre eux sans abri après leurs 18 ans. Selon une enquête de l’INSEE publiée en 2016, 23% des adultes privés de logement sont des anciens enfants placés.
Le Tribunal de Grande Instance (TGI) de Versailles, dans une décision du 26 février 2019, a condamné l’hébergeur d’un site Internet espagnol qui faisait en France la promotion de services de Gestation pour autrui (GPA).
Cette décision intervient après le refus du site Internet Subrogalia (société située en Espagne) de supprimer ses contenus à destination de la France. L’association des Juristes pour l’enfance avait en effet, en 2016, réclamé une mise en demeure pour retirer son contenu perçu comme illicite sur le territoire français, la GPA y étant interdite. La société Subrogalia n’ayant pas répondu à cette demande, l’association s’est adressé à l’hébergeur qui a refusé lui aussi de supprimer le contenu du site.
La juridiction compétente a été saisie et le Tribunal de Grande Instance de Versailles a validé la demande de l’association au titre de l’illégalité de l’activité du contenu mais aussi en vérifiant si l’hébergeur de ce site avait pris connaissance de l’illicéité de ce site.
Au terme de cette décision, l’hébergeur est aujourd’hui tenu de suspendre l’hébergement du site Subrogalia.
Alliance VITA dénonce la médiatisation via le site de reportage Konbini d’une femme qui déclare avoir tué son enfant de trois ans, lourdement handicapé, il y a plus de trente ans.
Pour Caroline Roux, Déléguée générale adjointe d’Alliance VITA : « Faire publiquement la promotion de l’infanticide est inadmissible. Tous les enfants ont droit à être protégés, tout particulièrement quand ils sont fragilisés par un handicap. Cette médiatisation constitue une grave insulte envers les personnes handicapées et leurs proches. »
Alliance VITA a développé un service d’écoute spécialisé sur les questions liées à la grande dépendance et à la fin de vie. L’Association est particulièrement sensible aux difficultés liées à la dépendance et à l’épuisement des aidants : « On peut comprendre que ces parents aient été fragilisés par l’état de leur fils, c’est justement dans ces moments qu’il faut se faire aider. Or cette femme en revendiquant son geste met en danger d’autres enfants et leurs parents, avec un risque d’épidémie comme on l’a vu à partir d’autres reportages publiés sur ce même site », poursuit Caroline Roux.
Il y a quelques mois, le même site diffusait la vidéo d’une autre femme, Jacqueline Jencquel, qui déclarait vouloir mourir par suicide assisté en Suisse en 2020 : elle revendiquait ne pas vouloir dépasser un certain âge pour ne pas trop perdre de capacité. Des personnes handicapées ont dénoncé avec force cette déclaration qui les blessait profondément et constituait une atteinte à leur dignité. Pendant les semaines qui ont suivi, cela a produit une forme d’épidémie de demandes d’information sur le suicide assisté adressée au service SOS Fin de vie, de la part de personnes fragiles psychiquement.
Caroline Roux, déléguée générale adjointe et coordinatrice des services d’écoute d’Alliance VITA, était l’invitée de l’émission À la Source, le 28 février 2019, pour encourager à participer au Grand Débat national.
Verbatim d’Olivier de Keranflech’
« L’ADMD, une association qui revendique la légalisation de l’euthanasie et du suicide assisté, instrumentalise-t-elle le grand débat national ? C’est en tout cas ce que dénonce Alliance VITA qui a déploré dans un communiqué l’organisation de réunions publiques par cet organisme, labellisé « Grand débat national » où l’on promeut l’euthanasie. C’est pourquoi Alliance VITA s’engage dans le Grand débat national pour porter les réflexions liées à la famille et à la vie. »
Verbatim de Caroline Roux
« Notre objectif est que les plus défavorisés, les plus fragiles puissent être pris en compte dans tous ces débats et sur les sujets qui nous concernent autour de la maternité, de la famille mais aussi dans la grande dépendance et des situations de fin de vie et qui sont importantes à prendre en compte aujourd’hui. Ce sont des préoccupations qui sont remontées dans nos services d’écoute SOS bébé ou SOS fin de vie. C’est ainsi que nous nous sommes emparés du Grand débat national pour faire entendre les voix des plus fragiles dans ce contexte d’arbitrage des finances publiques. »
Des personnalités plaidant la cause des ainés ont publié, le 27 février, leur Charte européenne de l’avancée en âge. Ce texte a pour objectif d’interpeller les candidats aux prochaines élections européennes, qui auront lieu du 23 au 26 mai 2019, pour faire toute leur place aux personnes âgées dans la société.
Les rédacteurs de cette Charte sont des responsables d’associations, des universitaires, des médecins, des personnalités engagées dans les secteurs de l’inclusion et de l’autonomie. Leur leitmotiv est de « lutter contre l’âgisme, comme processus de discrimination et de stigmatisation. »
Parmi les signataires de cette Charte figurent Gregoire Bellut (Collectif Habiter autrement), Edouard de Hennezel (président fondateur du Cercle vulnérabilité et société), Alain Villez (président des Petits Frères des pauvres), etc. Les signataires se sont engagés à titre personnel, sans responsabiliser la structure à laquelle ils appartiennent. Romain Gizolme, directeur de l’AD-PA (Association des Directeurs au service des Personnes Agées) insiste sur le fait que la discrimination due à l’âge est peu connue du grand public « mal connue, sous-estimée, mal repérée, alors que l’âgisme est par exemple très prégnant dans le monde du travail ». Les signataires proposent donc une « refonte du pacte entre les générations » à intégrer dans le programme des candidats aux élections européennes.
De leur côté, 4.000 membres de la Société française de gériatrie et de gérontologie (SFGG) ont signé, le 25 février, une tribune nommée « Nous sommes tous le vieux de quelqu’un ». Ils souhaitent qu’un « jour prochain, comme le sexisme et le racisme, il sera possible de changer les normes sociales. »
La dépendance, particulièrement la dépendance des personnes âgées, sera un enjeu majeur des prochaines décennies. Certains décrivent la situation des personnes âgées comme une forme d’« euthanasie sociale », évolution d’une société mue par l’utilité et la rentabilité. Promouvoir une culture qui donne toute sa place au grand âge au cœur de la société est essentiel pour la cohésion sociale. Appel également à prendre conscience que le « vieillissement par le haut » ou l’ allongement de l’espérance de vie s’accompagne d’un « vieillissement par le bas » ou l’abaissement de la fécondité quasi général sur toute la planète comme le souligne une étude parue en 2016. On ne peut dissocier ces deux phénomènes dans les politiques futures sans risquer de briser les dynamiques intergénérationnelles de solidarité.
Lors de son annonce qui avait suscité un tollé mondial, He Jiankui expliquait avoir franchi cette ligne rouge car il poursuivait l’hypothèse de « rendre ces bébés résistants au VIH », en désactivant un gène, le gène CCR5. Ce gène CCR5 code, notamment, pour un récepteur placé sur des cellules du système immunitaire (les lymphocytes). Or, le virus VIH utilise justement ce récepteur pour pénétrer ces cellules et les infecter.
Mais ce gène est impliqué dans d’autres fonctions biologiques, si bien que l’impact de cette modification et les éventuels dégâts collatéraux de cette expérimentation grandeur nature pourraient ne se révéler que petit à petit, en observant le développement des fillettes, véritables cobayes de la technique qui les a créés.
Ce gène CCR5 est aussi impliqué dans les facultés cognitives, il permettrait également d’améliorer la récupération après un accident vasculaire cérébral. Les personnes porteuses d’une mutation génétique nommée ∆32 CCR5, qui empêche le gène de s’exprimer, montreraient de meilleurs résultats scolaires, c’est ce que révèle une étude publiée le 21 février dans la revue Cell. Le magazine scientifique américain MIT Technology Review, de la célèbre Université de Cambridge, le Massachusetts Institute of Technology (MIT) s’est penché sur cette publication et a interrogé Thomas Carmichael, qui a dirigé l’étude. Il estime que le lien avec la réussite scolaire est intéressant mais que de nouvelles études doivent être menées pour confirmer cette corrélation.
Rien ne permet d’affirmer que la véritable intention du scientifique chinois était d’agir sur le cerveau, mais des voix se lèvent pour l’évoquer. Des études de 2016 portant sur les souris montraient le lien entre ce gène et la mémoire et la cognition, ce que He Jiankui ne pouvait méconnaître.
He Jiankui fait l’objet d’une enquête policière et ses travaux ont été suspendus. A ce stade, les enquêtes précisent que le scientifique aurait agi seul, en contrefaisant des documents officiels, une thèse qui avouerait de nombreuses failles dans le système institutionnel chinois.
Bien que la Chine ait annoncé qu’elle allait rédiger une nouvelle réglementation afin de superviser la recherche génétique, de nombreux chercheurs chinois et étrangers soupçonnent le gouvernement chinois d’avoir encouragé financièrement ces travaux.
Retour sur la journée de conférences « TEDx » organisée par l’EM Lyon sur le thème « Perfect (im)perfection » ; Blanche STREB était l’une des dix invités de la 6ème édition de cet évènement.
Un danseur étoile, des créateurs de start-up, un lauréat de Masterchef, un aventurier du tour du Monde, le Porte-parole de l’Association Française Transhumaniste se sont succédé pour partager leur vision de la perfection, cadrés par l’ambition de TED qui se résume en un slogan : partager auprès du plus grand nombre « des idées qui valent la peine d’être diffusées ».
Verbatim du talk de Blanche Streb, intitulé « Irremplaçable »
« Nos limites, tout comme les innombrables talents et dons que nous possédons tous, sont à l’origine de “qui on est”. Nos fragilités, celles de ceux qu’on aime ou celles de personnes que nous rencontrons deviennent parfois le lieu même d’une intense créativité, de pulsions de vie, c’est parfois ce qui déclenche des vocations, ou donne sens à une mission, nous donne l’élan de nous surpasser, car l’épreuve permet de faire ses preuves. Cela peut donner l’énergie de nous améliorer, de vouloir prendre soin des autres, ou même chez certains, donne la fougue d’espérer changer le monde ».
« Et si, à mesure que la technique court derrière l’illusion de perfectionner l’espèce humaine, dans cette tentation de vouloir rendre autrui “meilleur”, c’était nous-même, et notre société que nous rendions moins meilleurs… ? »
« Se savoir porteur d’une prédisposition peut être source d’un progrès immense, dans la mesure où cela permet une surveillance ajustée, une médecine personnalisée. La connaissance génétique est une bonne nouvelle. Tout dépend cependant de ce qu’on en fait…. »
« Le monde se construit avec des forts et des faibles, l’un pouvant devenir l’autre à tout moment, l’un étant l’autre à tout moment. Quand je suis faible, c’est alors que je suis fort. Chacun de nous est imparfait. Mais chacun de nous est le seul à pouvoir prendre la place qui l’attend, car chacun est unique, singulier…Et c’est ça qui fait de chacun de nous une irremplaçable parfaite imperfection… »
Le 13 février dernier, le Consulat espagnol à Kiev a bloqué plusieurs inscriptions d’enfants nés par mères porteuses en Ukraine ; l’Espagne souhaite dissuader le recours à cette pratique qui contrevient gravement aux droits humains.
Une source du ministère de la justice explique que « Ces parents ont eu recours à une pratique qui est illégale en Espagne, elle sert à exploiter des femmes qui vendent leur corps ».
Une dizaine de bébés seraient inscrits chaque mois en Ukraine au nom de commanditaires espagnols. Les anciens dossiers seront traités au cas par cas, selon l’Ambassade, mais aucun nouveau dossier ne sera accepté.
Déjà l’été dernier, des dizaines de citoyens espagnols avaient été bloqués plusieurs semaines avec des enfants nés par GPA en Ukraine. Le gouvernement espagnol avait invoqué des fautes médicales et des problématiques pouvant se rapprocher de la traite d’êtres humains.
Le parti socialiste au pouvoir en Espagne est fortement opposé à la GPA, ainsi que le Parti populaire de droite et Podemos. Seuls les libéraux centristes de Ciudadanos y sont favorables.
En Ukraine, la législation permet la GPA pour les couples composés d’un homme et d’une femme, qu’ils soient ressortissants ukrainiens ou étrangers. Les prix sont connus pour être moins onéreux qu’ailleurs, même s’ils s’élèvent malgré tout à 50 000 euros, dont une rémunération – qui n’est pas encadrée – pour la mère porteuse. Par ailleurs, la loi ukrainienne dispose que l’enfant conçu par GPA est légalement et automatiquement celui des commanditaires à l’origine de la démarche, évinçant la mère porteuse qui n’a aucun droit parental dès la conception.
Bien que la GPA soit une pratique illégale en Espagne, des agences commerciales incitent sa pratique à l’étranger, actuellement en toute impunité.
Alors que notre pays traverse une crise sociale inédite, l’ADMD fait campagne, organisant des réunions publiques labellisées « Grand Débat National », pour promouvoir la légalisation de l’euthanasie et du suicide assisté, relayée largement par certains médias, sans débat. Alliance VITA dénonce cette récupération idéologique de la fracture sociogéographique.
[su_box title= »Pour Tugdual Derville, délégué général d’Alliance VITA et auteur de « La bataille de l’euthanasie » (Editions Salvator) : » box_color= »#de0498″]
« La crise des Gilets jaunes ne peut se traduire par une forme de mise à l’écart des personnes devenues vulnérables, alors que c’est de soutien et de protection dont elles ont besoin. La tentative de récupération de la crise sociale par les promoteurs de l’euthanasie nous préoccupe car nous connaissons le risque qu’une impuissance gouvernementale en matière sociale se traduise en une fuite en avant dans le domaine sociétal, avec, comme observé en Belgique, une grave dénaturation des soins palliatifs. Dans les rares pays où l’euthanasie a été légalisée, des personnes malades ou dépendantes sont soumises à des pressions croissantes avec le sentiment d’être un poids pour la société.
Le danger en période de crise serait donc pour la France de légaliser l’euthanasie pour éviter d’investir dans le développement des soins palliatifs et le renforcement de notre système de santé auprès des personnes dépendantes et fragiles.
Nous encourageons quant à nous les citoyens à intervenir paisiblement pour que d’une part tous les français qui en ont besoin aient accès au service public de soins palliatifs de qualité et, d’autre part, que l’accompagnement des personnes âgées dépendantes soit une véritable priorité pour notre pays. »[/su_box]
Un rapport publié le 26 février 2019 par le Haut Conseil de la famille, de l’enfance et de l’âge (HCFEA) préconise de réformer le congé parental pour mieux concilier vie familiale et vie professionnelle.
Constatant l’échec de la réforme du congé parental mise en œuvre en 2015, ce rapport concerne la garde par les parents, et les aides financières dont ils peuvent bénéficier s’ils interrompent ou réduisent leur activité professionnelle.
En effet le rapport souligne que « le recours à la PreParE (prestation partagée d’éducation de l’enfant) recule très rapidement (-32 % entre 2016 et 2017, -52 % depuis 2009), ce qui montre une forte inadaptation de cette prestation aux besoins des familles, liée en partie à la faiblesse de son montant, à ses conditions d’attribution et à la réduction de sa durée. ». Le montant de la prestation congé parental « s’est dévalorisé de 38 % par rapport aux salaires, ce qui est une des raisons de sa faible attractivité ». Les rapporteurs proposent de mettre en place un système d’indexation pérenne de son montant pour l’avenir, basé sur un index salarial.
D’autre part, le congé parental a été réduit à 2 ans si la mère est seule à le prendre. Or « Il s’avère qu’en dépit de la perte du droit à une prestation accompagnant l’interruption d’activité professionnelle, les mères sont restées inactives jusqu’aux 3 ans de leur benjamin, voire jusqu’à son entrée à l’école maternelle. » La perte de revenus a eu pour conséquence de doubler la part des familles pauvres : le pourcentage de mères vivant dans un ménage pauvre passe de 16 % à 33 % si la mère est en congé parental.
En réalité, la baisse de la durée d’indemnisation aux deux ans de l’enfant a fortement contraint les parents dans leur libre choix, qui guide depuis de longues années en France les politiques d’accueil du jeune enfant. Le rapport rappelle que « l’un des critères les plus importants exprimé est de pouvoir recourir à un mode d’accueil stable jusqu’à la rentrée à l’école de l’enfant ».
Les préconisations visent donc à un assouplissement des conditions et à une adaptation aux aspirations des familles. Il est notamment proposé de continuer à percevoir une prestation de congé parental jusqu’à ce que l’enfant entre en maternelle, de favoriser le temps partiel permettant de prolonger le congé parental sur une plus longue durée ou de mieux indemniser des congés courts.
Les propositions sont articulées autour de quatre axes :
Agir sur les modes d’accueil de la petite enfance ;
Agir sur le maintien ou l’insertion professionnelle des parents de jeunes enfants ;
Agir sur le congé parental et son indemnisation ;
Agir pour un meilleur partage des temps parentaux et lutter contre les inégalités femmes – hommes.
Les rapporteurs soulignent que « Les coûts immédiats seraient alors plus élevés, et une telle orientation nécessitera certainement des arbitrages en termes de calendrier des actions. Elle paraît cependant hautement nécessaire. Elle s’inscrit, enfin, dans une perspective d’investissement social et devra, à cet égard, être considérée, non pas seulement à l’aune de ses coûts immédiats pour les finances publiques, mais aussi au regard des bénéfices attendus pour la société, à commencer pour les enfants. ». Ce constat devrait être mis en perspective avec l’inadaptation de la PreParE aux besoins des familles qui s’est traduite par une diminution de plus d’un milliard d’euros des prestations versées à ce titre entre 2013 et 2018.
Cette question de la conciliation vie familiale et vie professionnelle est d’ailleurs à l’ordre du jour au niveau européen avec un accord intervenu le 24 janvier 2019, ouvrant la voie à une nouvelle directive, comme l’indique l’annexe 1 du rapport.
Alliance VITA encourage tous les citoyens à participer au Grand Débat National en soutenant quatre propositions dans deux domaines : politique familiale et maternité, d’une part, et dépendance et fin de vie, d’autre part.
Alliance VITA a pris acte de l’organisation de ce Grand Débat National qui entend donner la parole aux citoyens sur quatre thèmes prédéfinis. Certes, l’expérience des Etats généraux de la bioéthique montre que le processus participatif ne garantit en rien la prise en compte des avis majoritairement exprimés : « Nous n’avons pas d’illusion sur le résultat de ce Grand Débat National », précise Tugdual Derville, Délégué Général de l’association « nous encourageons néanmoins les citoyens à y participer et à soutenir les quatre propositions que nous avons élaborées, afin que l’intérêt des personnes plus fragiles de notre société puisse aussi être porté et défendu, dans un contexte d’arbitrage des dépenses publiques. »
« Nous constatons les pressions économiques et sociales qui s’exercent sur les femmes et influent sur leur décision de conduire ou non une grossesse jusqu’à son terme » observe Caroline Roux, Déléguée Générale Adjointe et coordinatrice des services d’écoute d’Alliance VITA. Cette observation s’inscrit dans le contexte d’une réduction progressive de toutes les composantes de la politique familiale (quotient familial, allocations…), alors que la France enregistre une baisse continue de la natalité et du taux de fécondité. D’où les propositions d’Alliance VITA de soutenir la maternité et une politique familiale universaliste.
A l’autre extrémité de la vie, Alliance VITA constate la façon dont certains mouvements tablent sur le Grand Débat National pour prôner l’euthanasie. La réponse suggérée par Alliance VITA est tout autre : aider les familles à supporter le coût croissant de la dépendance sans se désengager de leurs proches âgés, et offrir un accès aux soins palliatifs généralisé, sans discrimination régionale.
Alliance VITA soutient donc aujourd’hui des propositions pour :
adapter les mesures sociales pour concilier maternité et vie professionnelle ;
retrouver une politique familiale ambitieuse ;
financer la dépendance tout en mobilisant les ressources intergénérationnelles ;
développer l’accès aux soins palliatifs pour toutes les personnes en ayant besoin.
Le magazine scientifique américain MIT Technology Review, de la célèbre Université de Cambridge, le Massachusetts Institute of Technology (MIT) vient de publier un bilan estimant que plus de 26 millions de personnes auraient déjà eu recours à un test génétique.
Si cette tendance et cette croissance se confirment, les sociétés qui proposent ces kits détiendront l’information génétique de plus de 100 millions de personnes.
Ces tests, en vente sur Internet, sont très simples à utiliser. Fournis avec une notice, un écouvillon permet de prélever un peu de salive, à renvoyer au laboratoire et, en quelques semaines, les résultats sont adressés au client par e-mail.
Ces tests comparent le profil génétique d’un individu à une base de données de populations de plusieurs parties du monde et peuvent également comparer le pourcentage d’ADN partagé avec d’autres personnes ayant déjà réalisé un test et dont les données génétiques sont donc disponibles. En collectant, pour chaque client, des informations sur leur patrimoine génétique, ces sociétés ont, peu à peu, créé d’immenses bases de données.
Deux entreprises occupent quasiment tout le marché. Il y a d’abord Ancestry DNA qui propose d’étudier les origines ethniques de ses clients ou de les aider à retrouver une personne avec laquelle ils ont des liens familiaux. Et 23andMe, filiale de Google, qui, à l’origine, proposait ces tests pour délivrer des informations concernant la santé et les risques génétiques et permet, désormais, aussi à des personnes de retrouver un membre de leur famille, comme Arthur Kermalvezen, né par Procréation médicalement assistée avec donneur anonyme, qui a retrouvé son géniteur grâce à ces bases de données. Son épouse, également née de don, a retrouvé, de la même façon, une demi-sœur et un demi-frère.
Ces tests, en vente libre sur Internet, ne sont pas dénués d’enjeux majeurs. Outre la protection des données qui peut poser problème, la fiabilité des résultats – pas toujours optimale – et les informations reçues en dehors de tout accompagnement médical peuvent être violentes : découverte d’une prédisposition à une maladie comme Parkinson ou Alzheimer…
En France, les tests génétiques ne sont autorisés que dans un cadre médical, pour la recherche ou dans une enquête policière. Le fait, pour une personne, de solliciter l’examen de ses caractéristiques génétiques ou de celles d’un tiers ou l’identification d’une personne par ses empreintes génétiques en dehors des conditions prévues par la loi est puni de 3.750 € d’amende[1].
__________________________________ [1] d’après l’article 226-28-1 du code pénal.
Alliance VITA, qui vient d’être accréditée avec un statut spécial à l’ONU auprès du Conseil économique et social (Ecosoc), participe à la 57ème session de la Commission des affaires sociales qui a lieu du 11 au 21 février 2019 à New York.
Au programme de cette session : « la lutte contre les inégalités sociales par l’adaptation des politiques fiscales et salariales« . Il s’agit pour cette Commission d’évaluer l’avancement de cet objectif de développement durable pour 2030.
Caroline Roux, directrice de VITA International, est intervenue dans le cadre d’une réflexion sur « La valeur du travail non rémunéré ». Elle a souligné la nécessité de promouvoir les conditions sociales permettant aux parents, en particulier aux mères de jeunes enfants, de concilier vie familiale et vie professionnelle. Reconnaître la valeur du travail non rémunéré au même titre qu’une expérience professionnelle permettrait aux femmes de ne pas être pénalisées quand elles souhaitent revenir sur le marché du travail.
Contrairement aux promesses des promoteurs de la loi Taubira, l’Assemblée Nationale vient d’imposer l’effacement des mots « père » et « mère » des formulaires scolaires au profit des formules « parent 1 » et « parent 2 ».
Alliance VITA conteste l’injustice de cette disposition votée contre l’avis du Gouvernement – pour des motifs davantage juridiques que de fond – et appellera, si elle n’est pas annulée, à la désobéissance civile des parents attachés à la richesse de la parité dans le couple parental.
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« On nous prétendait que le mariage entre personnes de même sexe ne ferait rien perdre aux familles attachées à l’altérité sexuelle, celles que les promoteurs de cet amendement traitent aujourd’hui d’« arriérées ». En réalité, voilà qu’on vole aux familles et aux enfants deux précieux mots de la langue française, père et mère, qui sont surtout deux précieux repères pour l’immense majorité de nos concitoyens, tout cela pour céder à des revendications idéologiques ultra-minoritaires que nous avons toujours contestées. Par ailleurs, alors que l’égale dignité du père et de la mère est à protéger, cette réforme instaure une hiérarchie entre les parents en les numérotant. Ce n’est pas conforme à l’intérêt des familles : chacun mérite d’être appelé pour ce qu’il est, sans nier la dualité entre l’homme et la femme. Cette nouvelle offensive de la neutralisation du genre contredit un principe d’écologie humaine universel : tout enfant est né d’un homme et d’une femme. Nous inviterons, le moment venu, les parents à refuser de s’inscrire dans des cases qui prétendent effacer leur identité dans l’indifférenciation sexuelle. Au gouvernement de décider s’il prend le risque d’un mouvement de désobéissance civile des citoyens qui refuseront d’être neutralisés et numérotés. » [/su_box]
L’Institut national des études démographiques (INED) a publié, le 23 janvier dernier, une étude, réalisée par deux chercheurs, sur les maternités tardives qui sont de plus en plus fréquentes dans les pays développés.
Les évolutions économiques et sociales du 20e siècle ont profondément bouleversé la fécondité des femmes vivant dans des pays développés. Les chercheurs pointent du doigt un phénomène : les femmes reculent de plus en plus leur première maternité, jusqu’à la quarantaine et au-delà. En 1984, note l’étude, les premières naissances survenant à 40 ans étaient inférieures à 0,5% du total des premières naissances. En 2014, elles représentaient entre 2% et 4,7% selon les pays : une hausse spectaculaire en partie due à la procréation médicalement assisté (PMA).
Les causes de ce retard se cumulent : rallongement des études supérieures, retard de l’entrée sur le marché du travail, planification des naissances, hétérogénéité des parcours sentimentaux, les grossesses issues d’une deuxième union. L’élargissement de la contraception, et l’Interruption Volontaire de grossesse sont aussi évoqués comme des causes importantes.
Aujourd’hui, on remarque même une hausse de la maternité chez les femmes de plus de 50 ans. Elles étaient 287 en 2002, contre 1 293 en 2016 dans l’Union Européenne. Pourtant, plusieurs études mettent en garde contre les complications des grossesses tardives : pré-éclampsie, hypertension, diabète gestationnel, ainsi qu’un pourcentage plus élevé de césariennes et de naissances prématurées…
Par ailleurs, l’auto-conservation des ovocytes, qui est à l’ordre du jour du nouveau projet de loi de bioéthique, fait partie des fausses bonnes idées, laissant croire aux femmes qu’elles peuvent reculer l’âge de la maternité, au-delà du possible et du « raisonnable ».
Déjà en 2005, Le Haut Conseil de la population et de la famille s’inquiétait « des risques sanitaires pour l’enfant et pour la mère » liés aux grossesses tardives en dénonçant un « problème de société » et un « véritable problème de santé publique ». Face à ce tableau noir, le Haut Conseil appelait les pouvoirs publics à « un impérieux devoir d’information de la population afin qu’elle fasse ses choix en connaissance de cause » et à un « encadrement plus strict des méthodes de procréation assistée ».
Comme Alliance VITA l’a préconisé dans le cadre de ses auditions sur la révision de la loi bioéthique, il est urgent de faire des campagnes d’information auprès des jeunes filles et garçons, les alertant sur l’importance de connaître l’horloge biologique et le fait d’avoir des enfants dans leur période de fertilité, relativement jeunes. La prévention de l’infertilité passe par une information réaliste sur la fertilité et un réel engagement politique pour favoriser les conditions sociales qui permettent aux femmes jeunes de concilier études plus ou moins longues, entrée dans la vie professionnelle et maternité.
Les suicides en France : mieux les connaître pour mieux les prévenir
À l’occasion de la journée nationale de la prévention du suicide, le 5 février 2019, l’agence sanitaire Santé publique France a publié plusieurs articles très documentés sur les tentatives de suicide et les suicides en France ces dernières années.
La France présente un taux de suicide élevé
En 2015, il y a eu 8.948 décès par suicides en France métropolitaine, selon les données du Centre d’épidémiologie sur les causes médicales de décès (CépiDc-Inserm). Ce nombre est en baisse par rapport au début des années 2000 1, même si on estime généralement qu’il est sous-évalué d’environ 10%. La moyenne nationale des morts par suicide est de 15,8 pour 100.000 habitants.
Ce chiffre recouvre de fortes disparités, notamment selon les régions. Quatre régions du quart nord-ouest sont largement au-dessus, sans qu’il soit aisé d’en déterminer précisément les causes : la Bretagne (24,7), les Pays-de-la-Loire (21,3), les Hauts-de-France (20,7) et la Normandie (19,5). A l’inverse, l’Ile-de-France a le taux le plus bas (7,6 soit moitié moins que la moyenne nationale). Une étude des certificats de décès entre 2000 et 2014 montre par ailleurs que les suicides représentent 1,9% du total des décès et touchent en majorité les hommes (74%). 40% des suicides étaient associés à la présence de troubles mentaux.
Il s’agissait en grande majorité de troubles dépressifs (38% chez les femmes et 28% chez les hommes). Ceux-ci étaient 41 fois plus fréquemment associés aux suicides qu’aux autres décès.
D’autres études antérieures ont par ailleurs montré des disparités importantes selon l’âge, la profession, l’environnement familial, etc.
L’analyse des tentatives de suicides en France
En 2017, le Baromètre de Santé publique France a interrogé 25 319 personnes de 18 à 75 ans sur les pensées suicidaires au cours des 12 derniers mois, ainsi que les tentatives de suicide au cours de la vie et des 12 derniers mois. Les principaux résultats sont les suivants :
7,2% des personnes interrogées avaient tenté de se suicider au cours de leur vie.
4,7% ont déclaré avoir pensé à se suicider au cours des 12 derniers mois. Le facteur le plus associé aux pensées suicidaires est d’avoir vécu un épisode dépressif caractérisé au cours de l’année.
Le fait d’être une femme, les situations financières difficiles, le fait d’être célibataire, divorcé ou veuf, l’inactivité professionnelle ainsi que les évènements traumatisants (problèmes intrafamiliaux, violences sexuelles…) sont les facteurs les plus associés aux comportements suicidaires.
La plus grande partie des adultes qui ont déjà tenté de se suicider l’ont fait entre 15 et 19 ans chez les femmes, 30% ont eu lieu à cet âge (19,5% chez les hommes).
Il y a plus de tentatives de suicide chez les femmes (9,9% d’entre elles disent être passées à l’acte) que chez les hommes (4,4%). Pourtant, il y a plus d’hommes que de femmes qui meurent après un suicide, ceux-ci utilisant des moyens plus létaux (armes à feu, pendaison).
L’urgence de mieux prévenir les suicides
Dans l’éditorial du Bulletin épidémiologique hebdomadaire qui publie les études évoquées, Pierre Thomas, professeur de psychiatrie à Lille, insiste sur le drame national que représentent les morts par suicide : « Chaque suicide est une catastrophe, à l’origine de beaucoup de douleur et de traumatismes chez les proches, et il peut être l’un des évènements les plus pénibles auxquels sont confrontés les professionnels de santé.
On considère qu’un suicide endeuille en moyenne sept proches et impacte plus de 20 personnes. Or, il est démontré que le risque de suicide augmente significativement dans l’entourage d’une personne suicidée (famille, camarades de classe, collègues de travail, etc.) ».
Les auteurs du baromètre de 2017 concluent, quant à eux, en insistant sur la priorité de poursuivre une politique ciblée de prévention : « Nos résultats confirment l’intérêt d’engager une politique de prévention du suicide ciblée sur les personnes à haut risque et d’intervenir en amont de la crise suicidaire, dans une logique de repérage et de prise en charge précoce des situations de souffrance psychique. Ils plaident également pour une prise en charge multidisciplinaire et intersectorielle (sanitaire, sociale, médicosociale), en particulier à destination des populations vulnérables. »
___________________ ↑1 Selon le 3ème rapport de l’Observatoire national du suicide, publié en février 2018, 8 885 décès par suicide ont été officiellement enregistrés en France métropolitaine en 2014, soit un par heure en moyenne ; un chiffre en diminution de près d’un quart (– 26 %) par rapport à 2003.
Cette quatrième, et dernière soirée de notre cycle de formation bioéthique a eu pour interrogation : « La vie, sous pression ? »
Le philosophe et mathématicien Olivier Rey auteur de « Leurre et malheur du Transhumanisme » (Desclée de Brouwer, 2018) a débuté la soirée en parlant des difficultés de l’homme à s’adapter à un environnement qu’il a lui-même créé et qui le dépasse. D’où ce mouvement scientifique vers un homme augmenté : « Le transhumanisme flatte des fantasmes infantiles de toute puissance, mais il prépare des états de dépendance totale. C’est bien pourquoi il bénéficie du soutien de puissantes firmes qui tireraient grand profit de cette totale dépendance.».
Tugdual Derville, Délégué général d’Alliance VITA et auteur de « Le temps de l’homme » (Plon, 2016), a décrit l’écartèlement de l’humanité entre « quatre idéologies pratiques » : le technologisme, l’antispécisme, le malthusianisme et l’eugénisme, qui entrent toutes en résonance, induisant une confusion sur l’identité, la dignité, la souveraineté et la responsabilité des êtres humains. Coincée entre les animaux et les robots, l’humanité est par ailleurs attaquée par ceux qui contestent sa quantité ou veulent lui imposer des normes de qualité. Trois antidotes sont proposées pour résister à ces idéologies : se réconcilier avec la nature, se rapprocher des plus faibles et s’ouvrir à la transcendance.
Le grand témoin de cette soirée était le Général Henri Marescaux, fondateur de l’association « Tamaris » qui aide les personnes françaises et étrangères à sortir de la prostitution et auteur de « Les prostituées nous précèdent » (Médiaspaul, 2018). Il a expliqué son quotidien consistant à aider des femmes à sortir de ce terrible engrenage. Il a insisté également sur le fait que les lois votées depuis plusieurs années sur ce sujet étaient malheureusement beaucoup trop éloignées de la réalité, que cela soit la pénalisation des clients ou l’attribution des papiers octroyant la nationalité française.
Le décodeur bioéthique était animé par Blanche Streb, la directrice de la formation d’Alliance VITA et auteur de « Bébés sur mesure-Le monde des meilleurs » (Artège, 2018) sur le thème « Éthique ou pathétique ». Elle y a abordé la question de l’affect utilisé à mauvais escient dans notre société actuelle. Le pathos est régulièrement sollicité pour justifier des transgressions scientifiques : « La vie est sous pression…Ce murmure qui monte de notre conscience témoigne que la vie compte pour nous. Et qu’ainsi, elle compte sur nous. Nous sommes vraiment dans un affrontement culturel entre la technique, considérée comme un absolu, et la responsabilité morale de l’homme ».
Caroline Roux, Déléguée générale adjointe et directrice de VITA International, est intervenue sur l’entraide internationale : « Concernant l’éthique, le problème majeur est le glissement de l’interprétation des droits de l’Homme vers une réponse aux revendications de droits individuels, au détriment des plus fragiles et de la protection de la vie humaine ». Elle a souligné qu’Alliance VITA venait d’être accréditée au Conseil économique et social de l’ONU et que cela ouvrait de nouvelles perspectives de coopération pour faire valoir la voix des plus fragiles aux Nations-Unies.
François-Xavier Pérès, Président d’Alliance VITA, a clôturé ce cycle de formation en invitant toutes les personnes sensibles à la protection de la vie et des plus fragiles à se mobiliser. Dans un climat politique incertain, avec une révision de la loi bioéthique en discussion, il nous a appelés à intervenir dans le débat national à venir : « S’engager, c’est donc répondre à un appel qui coûte. Notre cœur voit, vibre, et naît en nous le désir de nous mettre en mouvement. Si nous disons « oui », alors c’est parti, c’est l’aventure, avec ses risques ! »
Cette soirée a fait la clôture d’une édition exceptionnelle par son affluence et son rayonnement en France et à l’étranger.
Mon corps est-il à moi ? », Tugdual Derville, délégué général d’Alliance VITA était l’un des intervenants de la table ronde sur l’interruption volontaire de grossesse.
Verbatim extraits de l’intervention de Tugdual Derville :
« Au sein d’Alliance VITA, nous accompagnons chaque année 2.500 femmes et couples confrontés aux problèmes de grossesse au sens large (deuils ante et post nataux, IVG, IMG, infertilité…) ; nous avons reçu plus de 10.000 témoignages de femmes sur la question de l’avortement.«
« Nous avons tous séjourné longtemps dans le corps d’une femme, émergé du corps d’une autre. Cet « emboîtement », fait d’autonomie et d’interdépendance, dessine la problématique douloureuse de l’IVG. Quand suis-je devenu moi-même ? Nous devons tous la vie à un « oui » maternel, à un moment donné. Pas sur un « amas de cellules », mais sur le début de notre corps, qui s’est développé jusqu’à maintenant sans que la science ne puisse dire qu’à aucun moment, il n’y ait eu une discontinuité.«
« Avec cette question de savoir si « mon corps m’appartient », on a inventé une sorte de fiction (peut-être libératrice, déculpabilisante dans l’intention) considérant que l’embryon in utero, ce n’était pas un être humain pleinement digne de respect. Plutôt que de poursuivre cette fiction, on peut s’interroger : Pourquoi en est-on arrivé là ? À cause de la souffrance que sa venue peut provoquer.«
« Dans la lutte contre les violences faites aux femmes, il faut regarder avec réalisme la place de l’IVG. La première question souvent posée aux femmes par le gynécologue est « Est-ce une grossesse désirée ? » Cela pousse les femmes à une réponse binaire, c’est violent, alors qu’on sait que c’est une période d’ambivalence naturelle des sentiments : on vit en même temps l’effroi et la joie, la peur et l’impatience, l’angoisse et le désir. »
« Énormément de femmes que nous accompagnons subissent de puissantes pressions du compagnon, avec du chantage affectif et des menaces de séparation, alors que l’IVG est censée reposer sur le choix de la femme. Les hommes ne ressentent pas la grossesse dans leurs corps, ils ne se sentent pas devenir pères ; ils ont besoin de temps pour réaliser. »
« Les femmes subissent également une pression liée aux conditions matérielles. Un rapport de la Halde avait montré que la pression de l’employeur rentre en ligne de compte dans leur choix de l’IVG. Elles n’osent pas annoncer leur grossesse dans le monde du travail, où on voit que la grossesse peut induire un jugement extérieur (grossesses trop rapprochées…) Les normes sociales comme l’âge pèsent aussi sur les femmes confrontées à une grosses imprévue. »
« Notre société a projeté un idéal d’enfant programmé, comme dans cette publicité qui parle de « réussir son bébé » ; il doit être bien désiré, bien programmé, bien en bonne santé. Quand l’un ou l’autre de ces éléments n’est pas là, il est difficile de résister aux normes. Il pèse une forme d’injonction sociale, qui interdit le consentement à l’imprévu.«
« 72 % des femmes qui vivent une IVG étaient sous contraception réputée fiable lorsqu’elles se sont retrouvées enceintes. C’est le fameux paradoxe contraceptif français : un fort taux de contraception et un fort taux d’IVG.«
« Selon un sondage IFOP, 91% des femmes françaises estiment qu’une IVG laisse des traces psychologiques difficiles à vivre ; et 72 % aimeraient que la société fasse davantage pour aider les femmes à éviter l’IVG.«
« Il manque 80 millions de femmes en Inde et en Chine, à cause du féminicide de l’avortement sexo-sélectif, qui provoque un grave déséquilibre démographique. Il faut regarder en face que quantitativement, ce sont les femmes qui sont les premières victimes d’une technique censée les émanciper.«
« Notre pays détient le triste record du monde de l’IMG de 96 % des fœtus atteints de trisomie 21 : comment peut-on dire à la fois aux personnes porteuses de handicap de prendre toute leur place dans la société, et tout faire pour les supprimer avant la naissance ?«
« L’IVG n’a rien d’anodin, la plupart des femmes souhaiteraient l’éviter. Faisons tout pour qu’aucune femme n’avorte à contre-cœur, poussée par une ambivalence de désir qui n’a pas été écoutée, par un compagnon qui a fait pression, par des raisons économiques ou des normes culturelles. L’enjeu est de réconcilier les femmes et les hommes avec la vie, que nous avons tous reçue, et qui est pleinement respectable.«
L’Institut européen de bioéthique a analysé le nouveau Code en matière d’euthanasie qui vient d’être publié par les commissions régionales de contrôle de l’euthanasie.
Ce texte détaille la manière dont doivent être interprétés les critères de loi relatifs à l’euthanasie, et dévoile les ambiguïtés et les contradictions d’une pratique qui ne cesse de dériver.
6.585 euthanasies ont été pratiquées en 2017 selon le dernier rapport, soit 4,4% du total des décès et 8% de plus que l’année précédente et 32.000 personnes sont décédées suite à une sédation palliative. Des psychiatres avaient lancé une pétition pour alerter sur les euthanasies pratiquées sur des personnes ayant des troubles psychiatriques.