Tugdual Derville était l’invité de CNews le 24 juillet 2019 pour réagir au projet de loi bioéthique présenté en Conseil des ministres ce même jour.
Quelques verbatim de cette intervention :
« On ampute un enfant d’un père, et l’immense majorité des Français (91%) estiment que le père a un rôle essentiel à jouer. Nous accompagnons, avec Alliance VITA, de nombreuses femmes en difficulté, seules ; Un tiers des familles monoparentales vit sous le seuil de pauvreté, et on va financer par la Sécurité sociale la fabrication d’enfants privés de pères délibérément ! C’est une absurdité ! »
« Nous nous mobilisons depuis longtemps ; j’ai pu exprimer au président de la République directement nos arguments absolument fondés : la préservation de l’intérêt supérieur de l’enfant qui ne mérite pas d’être privé d’un père, la médecine qui ne doit pas être détournée au profit d’actes qui ne sont pas médicaux. »
« Aujourd’hui, avec le mouvement des Gilets jaunes, on a vu que les Français souffrent de précarité et voilà qu’on va précariser des enfants qui n’ont pas de voix ? L’enjeu est politique ! J’observe qu’on ne tient pas compte de l’intérêt supérieur de cet enfant. »
« Il y a, derrière la PMA sans père, beaucoup de mesures qui sont prises, comme l’auto-conservation ovocytaire ; on va dire aux femmes : « congelez vos ovocytes, vous ferez des enfants plus tard, après avoir fait carrière, ça arrangera peut-être vos employeurs », alors qu’une femme sur quatre seulement qui congèle ses ovocytes peut ensuite, au prix du parcours du combattant de la FIV, avoir un enfant ! »
« On marche vraiment sur la tête, il y a une colère qui gronde, qui s’est exprimée par l’annonce, par une vingtaine d’associations dont Alliance VITA, d’une grande mobilisation nationale le dimanche 6 octobre 2019 à Paris. »
« Je réponds [aux femmes qui font des PMA à l’étranger] bienvenue à leur enfant, je lui souhaite beaucoup de bonheur, mais il ne faut pas passer sous silence la maltraitance originelle : il n’est pas légitime de priver délibérément un enfant de son père ! Il n’est pas légitime non plus que la société finance cette injustice pour les enfants. »
« Nous souffrons beaucoup trop d’un manque de pères, d’un manque de repères. Pour faire un enfant, il faut un homme et une femme, et c’est heureux : cette parité originelle est majeure dans notre histoire généalogique. »
« Il faut compter plusieurs milliers d’euros par PMA. On vient de dérembourser partiellement des médicaments contre l’hypertension artérielle ; et voilà qu’on va rembourser à 100 % cette injustice ! Les Français ont besoin d’une médecine et d’une Sécurité sociale qui soient curatives, et pas des moyens de répondre à des exigences qui sont, en fait, de convenance. »
« On va détruire des dizaines de milliers d’embryons aujourd’hui congelés dans nos laboratoires, parce que cette loi oblige à repartir à zéro. On va obliger les donneurs à donner leur nom, sinon ils ne donneront pas. On va déstabiliser tout le système, que nous avons d’ailleurs largement contesté avec Alliance VITA, car cette promesse d’anonymat faite aux donneurs était abusive. »
« L’utilitarisme anglo-saxon est à nos portes : des étudiantes espagnoles en difficulté vendent leurs ovocytes, ces cellules les plus précieuses de leurs corps ; est-ce là un progrès pour les femmes ? Aux Etats- Unis, il y a un marché secondaire de l’adoption ; faut-il imiter ce marché où des enfants sont revendus au plus offrant ? C’est un scandale ! »
« La question qui se pose derrière est : est-ce que c’est l’individualisme qui va primer ? Est-ce que tous les désirs, aussi beaux, aussi forts soient-ils, vont s’imposer au plus fragile, au plus faible, à l’enfant ? »
« Malheureusement, la GPA est la prochaine étape bien sûr : on nous avait dit exactement la même chose au moment de la loi Taubira, il était hors de question qu’il y ait la PMA, et maintenant la voilà. Emmanuel Macron a pu nous dire que la GPA ne serait pas dans la loi. Qu’est-ce qu’on voit ? Que plusieurs de ses ministres se sont positionnés pour cette nouvelle instrumentalisation du corps de la femme. Il y a une logique de déconstruction. »
« Je suis d’accord avec le premier ministre quand il a lui-même exprimé qu’il s’opposerait résolument à la PMA, et à la GPA qui est l’inéluctable issue de cette réforme, au nom de l’égalité. Il a changé d’avis, parce que les politiques malheureusement retournent leur veste en fonction de ce qu’ils croient juste pour leur carrière personnelle. »
« Pour notre part, nous sommes engagés auprès des enfants, et j’appelle les Français à voir ce qu’il y a derrière cette loi. Bien sûr il y a des situations personnelles qu’il faut accompagner, et il ne s’agit pas de jeter la pierre à des personnes qui ont transgressé nos lois éthiques à l’étranger. »
« Mais ce n’est pas une raison pour se coucher devant la prise d’otage qu’ils font, il faut donc se mobiliser très fortement, avec une colère qui est légitime, car il s’agit de porter la voix du plus fragile, de l’enfant.«
Alliance VITA constate que le projet de loi bioéthique présenté au Conseil des ministres consacre un effondrement presque complet des digues éthiques que prétendaient poser les précédentes lois, ouvrant la voie à de nouvelles injustices.
1/ L’abandon du critère d’infertilité médicale pour accéder aux techniques de PMA fait de l’enfant une prestation de service, au prix de trois injustices qui concernent tous les citoyens.
Les enfants ainsi conçus, privés de leur père et de la moitié de leur histoire généalogique, se verront imposer des généalogies absurdes alors que la grande majorité des Français (91%) considère le rôle du père comme essentiel pour un enfant.
La médecine et l’argent des prélèvements sociaux seront détournés au profit de personnes qui ne souffrent d’aucune pathologie ; c’est un enjeu qui concerne tous les Français alors que l’Etat dérembourse des médicaments et qu’un Français sur trois renonce à se soigner pour des raisons financières.
La procréation et les produits du corps humain seront livrés aux laboratoires en quête de profits ; l’auto-congélation ovocytaire de convenance pour procréer plus tard par PMA est un des grands scandales de cette loi avec en ligne de mire la mise en place de stocks d’ovocytes qui viendront alimenter les fausses espérances de grossesses tardives.
Quoi qu’absente du projet de loi, la GPA qui instrumentalise le corps de la femme est déjà revendiquée comme suite logique du « droit à l’enfant » ouvert par une PMA sans infertilité médicale.
2/ L’embryon humain perd ses dernières protections.
Il pourra être cultivé et faire l’objet de recherche sur simple déclaration préalable jusqu’à 14 jours.
Deux interdits seront levés : la création des embryons transgéniques (par CRISPR-Cas9) pouvant aboutir à la naissance de bébé OGM pourtant tant décrié internationalement et par la France ; et la création d’embryons chimère (mélangeant homme-animal) ; c’est l’intégrité de l’espèce humaine qui est menacée.
Sous prétexte de levée d’anonymat du don de gamètes, des milliers d’embryons destinés à être donnés anonymement à des couples infertiles sont voués à être détruits purement et simplement dans l’année qui vient mettant en évidence l’impasse de cette pratique.
La porte ouverte à la fabrication de gamètes artificiels nous fait basculer dans des perspectives ubuesques d’une fabrication d’enfants totalement artificialisée.
3/ L’être humain fait l’objet de pratiques de plus en plus eugénistes.
Avec de nouveaux critères de sélection génétique et d’exclusion, les apprentis sorciers de la procréation peuvent intensifier le tri des embryons.
En se dispensant d’en informer les parents, l’IMG pour les mineures, sans condition de délais, se banalise.
Le fantasme du bébé à la carte et zéro défaut se profile.
Les couples subiront encore plus de pression anxiogène imposant un enfant « normé ».
[su_box title= »Pour Tugdual Derville, délégué général d’Alliance VITA : » box_color= »#de0498″]
« Avec ce texte, et après des Etats Généraux alibi, dont on n’a aucunement tenu compte, c’est l’ensemble du dispositif bioéthique français qui basculerait dans la dérégulation. L’encadrement de la PMA et celui de la recherche sur l’embryon posé par les précédentes lois bioéthiques volerait en éclat. Les Français doivent savoir que ce travail de démolition éthique, guidé par une idéologie libertaire et scientiste, conduit à un bouleversement qui affecte tous les Français : l’enfant devient un produit hors-sol, fabriqué selon des normes étatiques. La France a jusqu’ici résisté à la marchandisation du corps ; elle serait précipitée dans le marché mondialisé de la procréation, avec la perspective d’une importation massive de sperme pour faire face à ces nouvelles demandes et, aussi, la mainmise grandissante de la bio-médecine et de l’Etat sur le corps des femmes… Même les CECOS s’en inquiètent. Un tel détournement de la médecine et de l’argent des contribuables n’est en rien justifié. Le président de la République prend la responsabilité de générer le vaste mouvement de résistance qui s’impose pour dénoncer ces injustices et défendre la vie et la dignité des plus fragiles. Nous intensifions donc notre mobilisation à destination des parlementaires et des citoyens, et nous appelons à la manifestation unitaire qui se déroulera le dimanche 6 octobre à Paris sous le label Marchons enfants ! »[/su_box]
Alliance VITA sera partie prenante de cette mobilisation.
Blanche Streb, directrice de la formation et de la recherche d’Alliance VITA, était l’invitée de France Info le 24 juillet 2019 pour réagir au projet de loi bioéthique présenté en Conseil des ministres ce même jour.
Quelques verbatim extraits de l’émission :
« Il est important que les français comprennent tous les enjeux qu’il y a derrière la PMA : c’est un véritable basculement qui consacre un droit à l’enfant, impliquant l’amputation du père, réduit à un spermatozoïde ou à quelques données médicales disponibles à 18 ans. »
« C’est un détournement de la médecine, car il n’y a rien à soigner. C’est aussi un détournement de la solidarité nationale, de la sécurité sociale, car c’est une demande pas un besoin de soin. »
« Si on demande aux Français s’ils sont favorables à un nouveau droit, ils le sont. Mais nous avons fait un sondage en nous mettant du côté de l’enfant il y a un mois, pour la fête des pères. 91% des français pensent que le père a un rôle essentiel, et 79% que les enfants qui n’ont pas connu leur père sont défavorisés. »
« Il y a une rupture d’égalité du côté des enfants dont certains seront délibérément privés de père. »
« Sur l’accès aux origines, ce sont les enfants eux-mêmes nés de dons qui nous disent que ce n’est pas simple à vivre de ne pas connaître ses origines. »
« Il y a d’autres injustices dans ce projet de loi, qui tombe devant une fascination technique ou une fascination devant de nouveaux marchés. Se mobiliser est donc un droit mais surtout un devoir. »
Tugdual Derville, délégué général d’Alliance VITA, était invité à réagir en direct sur CNews, le 11 juillet 2019, à la suite du décès de Vincent Lambert.
Verbatim extraits de l’émission :
« Ma pensée est de me recueillir, comme après chaque décès. Je pense à ses parents, à son épouse, à tous ceux qui l’ont aimé, soigné, protégé. Il y a, derrière lui, 1 700 patients en situation neuro-végétative ou pauci-relationnelle dont les proches se sont inquiétés du fait qu’on provoque la mort d’une personne si dépendante. »
« C’est tout le mystère d’une vie dépendante qui est posé. Vincent Lambert n’était pas en fin de vie il y a 10 jours ; il a été mis en fin de vie et je ressens un malaise. Je crois qu’on aurait dû, on aurait pu, s’en sortir par le haut en acceptant que Vincent Lambert soit accueilli dans un établissement adapté à son état. »
« Ces établissements, j’en ai visités et je crois que ces événements si douloureux ont permis de les connaître, de vérifier à quel point les médecins sont dévoués auprès de ces patients, ainsi que les proches, malgré la douleur. »
« Je milite, avec Alliance VITA, contre l’acharnement thérapeutique et contre l’euthanasie. La médecine très technique sauve, nous sauve, et parfois nous remet sur pied, et tant mieux, mais parfois on vit avec des séquelles, de très lourdes séquelles, et je crois que tout l’honneur de la société est de continuer de prendre soin de ces personnes. »
« Faire preuve d’humanité, c’est accorder du prix aux vies que nous risquons de mépriser parce que ces vies-là nous rappellent notre propre vulnérabilité. Il y a une question de société entre la toute puissance et le risque de passage à l’acte.«
« Personne ne veut être dans une situation neuro-végétative, mais quand une personne s’y retrouve, il faut prendre soin d’elle. Il ne s’agit pas de se projeter en elle, mais de la protéger. »
Tugdual Derville, délégué général d’Alliance VITA, était l’invité d’Etienne Loraillère, le 9 juillet 2019, dans l’émission « À la Source » pour aborder le projet de loi bioéthique qui sera présenté au Parlement en septembre.
Quelques verbatim issus de l’émission :
« On a complètement passé sous silence les résultats des Etats généraux de la bioéthique par le fait que les conclusions ne correspondaient pas à ce que le gouvernement voulait faire passer. »
« Aujourd’hui il n’y a que 5% des enfants nés de Procréation médicalement assistée qui naissent d’un donneur. A partir du moment où on l’ouvre à des femmes qui n’ont pas de problème d’infertilité, on casse tout ce qu’on avait construit avec la loi bioéthique précédente comme régulation a minima de cette procréation artificielle. N’importe qui pourra demander la PMA désormais. On passe à un marché de la procréation étatisé. C’est un changement radical. »
« Il y a un grand paradoxe : on est dans une culture de l’ultra-individualisme mais nous sommes extrêmement dépendants les uns des autres. Nous avons fait faire, à Alliance VITA, des sondages d’opinion successifs sur l’attachement des Français au père, et voilà qu’une loi va amputer définitivement toute idée de père pour certains enfants ! Cette loi méprise l’intérêt fondamental du plus fragile, l’enfant. Les générations futures nous jugeront peut-être sur les très graves dérives qu’on leur aura fait subir en ne transmettant pas des repères essentiels dont nous avons tous hérité dans notre généalogie : nous sommes tous nés d’un homme et d’une femme. »
« Les Français, s’ils étaient pleinement conscients, seraient totalement effarés de voir que, alors qu’il n’y a pas de problème d’infertilité, on va utiliser des techniques qui sont dites « médicales » qui vont être remboursées par nos impôts ; on va rembourser, financer l’injustice – plusieurs milliers d’euros pour chaque PMA – et puis ensuite, toutes ces personnes auront droit, si nous ne résistons pas, à toutes les allocations qui sont prévues pour aider des familles monoparentales qui vivent avec le poids de devoir élever seules des enfants, et ce sont souvent des femmes. Nous allons créer des situations sociales de précarité que nous allons devoir financer. On marche sur la tête. »
« La gestation par autrui est la conséquence inéluctable de cette procréation médicalement assistée dont on nous disait, il y a 5 ans, qu’elle n’adviendrait pas. Les gouvernements successifs font des promesses de digues qui ne tiennent pas avec le suivant. Il faut voir les conséquences : une forme d’atomisation de la société dans l’individualisme, dont le plus fragile fait toujours les frais. L’embryon humain qui n’a pas de voix, l’enfant qui est sans défense. »
« La loi est extrêmement complexe : sur l’embryon, il n’y a plus d’interdiction explicite d’embryons chimère-animal, dans leur fabrication ; il n’y a plus d’interdiction d’embryons génétiquement modifiés (la naissance sera interdite, mais pas l’embryon). L’interruption médicale de grossesse pourra être pratiquée sur des mineures, sans que les parents soient prévenus de cette situation très douloureuse….. »
« C’est un glissement qui provoque une vraie colère. Nous espérons que beaucoup de Français de toutes sensibilités se mobiliseront pour l’enfant, sans se laisser prendre de court par un gouvernement qui a envie de passer très vite à autre chose pour éviter un mouvement social qu’il redoute. »
Tugdual Derville, délégué général d’Alliance VITA, était l’invité de CNews, dans l’émission « Le Carrefour de l’Info », le 8 juillet 2019, pour évoquer le sort de Vincent Lambert au cours d’un débat avec le Professeur Louis Puybasset, chef de service du département d’Anesthésie-Réanimation de l’hôpital de la Pitié-Salpêtrière, et le Professeur Bernard Debré, chirurgien-urologue, ancien Ministre et ancien membre du Comité national d’éthique.
Quelques verbatim issus de l’émission :
« Je pense que pour tout le monde et pour la dignité de ce débat, le moment est venu de se recueillir, ce qui ne veut pas dire abandonner la dénonciation de ce qui est une grave injustice. Mais il s’agit d’accompagner Vincent Lambert ,qui va sans doute mourir, et de faire en sorte aussi qu’il n’y ait pas d’autre Vincent Lambert.«
« Vincent Lambert n’était pas « branché ». Cette affaire crée une grande insécurité pour toutes les autres familles concernées. »
« Il aurait fallu que Vincent Lambert quitte cet établissement et soit pris en charge autrement. Il n’était pas en fin de vie, on l’a MIS en fin de vie. Les parents ont le droit de ne pas être d’accord. »
« C’est très important les directives anticipées, mais croire que cela garantit « une bonne mort » est une illusion, c’est plus compliqué. On peut imaginer ne pas supporter une situation, mais quand cela arrive, on trouve des raisons de vivre. Il faut une personne de confiance. »
« On fait jouer aux parents un rôle de grand méchant loup, sans comprendre ce qui se passe dans l’état d’esprit de parents qui découvrent qu’on a arrêté, sans leur dire, l’alimentation de leur fils pendant 31 jours. Quand il y a des conflits très forts au sein d’une famille, il faut délocaliser. S’en sortir par le haut aurait été de leur proposer autre chose. »
« Une société très performante sur le plan médical, qui sauve des personnes qui seraient mortes sinon, n’est-ce pas tout à son honneur qu’on prenne soin des personnes gravement dépendantes ? »
Alors qu’en Chine est annoncée, à nouveau, la naissance d’un bébé génétiquement modifié, un scientifique russe cherche des femmes pour porter les embryons qu’il a conçus en éprouvette et dont il a bricolé l’ADN.
Malgré les protestations internationales, dont celle de la France, le projet de révision de la loi bioéthique envisage de lever l’interdiction de créer des embryons transgéniques, et de ne pas interdire la création de gamètes artificiels.
Alliance VITA alerte sur ces mesures incluses dans ce Projet de loi et demande solennellement au gouvernement français de maintenir ces interdictions.
[su_box title= »Pour Blanche STREB, directrice de la formation et de la recherche et auteur de l’essai Bébés sur mesure – Le monde des meilleurs : » box_color= »#de0498″]
«Des apprentis sorciers jouent avec des vies humaines, pour des raisons scientistes ou économiques, mais ce sont ces enfants qui en paieront le prix. Comment, devant ce constat, la France peut-elle envisager d’affaiblir encore sa loi bioéthique ? Le prétexte de se cantonner à la recherche ne tiendra pas longtemps, car comme ailleurs, la tentation de faire naître des bébés génétiquement modifiés, en dépit de tout principe de précaution pour la santé de ces enfants, pourrait devenir la plus forte. Comment, face au problème sérieux du dérèglement de la nature, le gouvernement peut-il à ce point maltraiter les enjeux autour de la procréation artificielle et mettre en danger l’intégrité de l’espèce humaine ? »[/su_box]
Tugdual Derville, délégué général d’Alliance VITA, était l’invité de CNews pour débattre du sort de Vincent Lambert, face à son neveu et à Georges Fenech, ancien magistrat, dans l’émission « Le Carrefour de l’Info », le 1er juillet 2019.
Quelques verbatim extraits de l’émission :
« Il y a beaucoup d’amour et de souffrance des deux côtés, dans cette affaire. En 2013, au bout de 21 jours d’un arrêt d’alimentation et d’hydratation qui leur avait été caché, dissimulé, les parents ont protesté, ils se sont battus, et ils ont obtenu 10 jours plus tard par la justice le retour de cette alimentation et hydratation. Il faut comprendre leur colère ; à partir du moment où on a tenté de faire mourir Vincent Lambert, comment peuvent-ils avoir confiance dans cet établissement hospitalier ? »
« C’est le fond de l’affaire qui m’intéresse, plus que les questions juridiques qui sont lourdes et complexes. Il y a 55 praticiens spécialisés dans ces états dits végétatif chronique ou pauci-relationnel, qui ont protesté parce qu’il n’est pas pris en charge dans un établissement adapté. Il est enfermé à clé, il n’a plus de kiné, plus de sorties depuis 2013. »
« Les parents demandent, avec par exemple Catherine Kiefer, médecin de réadaptation, le professeur Ducrocq, spécialiste de neurologie, que Vincent Lambert soit transféré ; on s’en sortirait par le haut ! Il n’y a ni urgence, ni nécessité à provoquer la mort d’une personne qui n’est pas branchée à des machines, qui respire spontanément, qui n’est pas spécifiquement malade mais gravement handicapée et dépendante, d’où cet imbroglio autour du Comité des droits des personnes handicapées de l’ONU. Quel signe va-t-on donner aux 1700 autres patients comparables à Vincent Lambert, si par hasard on provoque sa mort ? »
« L’enjeu est de mettre en place un projet de vie : j’ai visité ces établissements où des spécialistes travaillent depuis des années, organisent de sorties, de la stimulation… Catherine Kiefer, par exemple, a l’expérience d’accompagner ces personnes. Elle dit qu’on ne peut les évaluer et les accompagner que dans un cadre adapté. Le CHU de Reims est dédié aux soins palliatifs, accompagne des personnes essentiellement en fin de vie, et si le projet pour Vincent Lambert est de le mettre en fin de vie, alors il faut effectivement provoquer sa mort. »
« C’est la réalité complexe de notre situation médicale ; on sauve des personnes gravement cérébro-lésées grâce aux progrès de la médecine, offrons-leur les établissements, et ils existent, qui savent les accompagner au long cours et en prennent soin le mieux possible, en sollicitant au maximum leurs réactions quand elles en ont, et en leur donnant un projet de vie dont elles ont besoin. »
« Vincent a été évalué par le professeur Steven Laureys de Belgique, qui dit à quel point on peut se tromper dans l’évaluation de ces situations, et que souvent les personnes qui sortent de ces situations de grande dépendance y avaient trouvé une mystérieuse raison de vivre. On n’a pas à se projeter dans la situation de Vincent Lambert ; je n’ai pas envie d’être dans sa situation, personne n’en a envie. Mais on ne peut pas se projeter. Il y a une grande incertitude sur son état de conscience. C’est être irrationnel que de donner un avis définitif sur son état de conscience. »
« Je suis opposé à l’acharnement thérapeutique et à l’euthanasie, pour une voie médiane d’accompagnement des personnes. Un certain nombre de médecins ont estimé que le fait d’alimenter un patient lourdement dépendant, sans qu’il soit dépendant de machines mais uniquement de cette gastrostomie, n’était pas de l’obstination déraisonnable. Heureusement qu’on n’est pas en train de dire que la gastrostomie serait de l’obstination déraisonnable, sinon toutes les personnes qui sont nourries par ce type de sonde verraient leur vie en danger ! »
« En tant que personne engagée auprès de personnes lourdement dépendantes ou handicapées, je m’inquiète de l’idée que nous nous faisons si nous disons qu’une vie comme celle de Vincent Lambert, dont on ne sait pas sa conscience, ne mérite pas d’être vécue. »
« Vincent n’est pas maintenu en vie ; il est juste nourri. S’il a résisté à 31 jours d’arrêt d’alimentation et partiellement d’hydratation, qui avaient pour objet de provoquer sa mort, qu’il a survécu, c’est qu’il y a une vitalité qui nous échappe. On a voulu le faire mourir et il n’est pas mort. C’est paradoxal : notre société s’est battue ces derniers jours pour que les personnes vulnérables soient bien hydratées, qu’elles ne meurent pas. L’hydratation est le minimum qu’on doit à une personne fragile. Là, le but est de provoquer sa mort par arrêt d’alimentation et d’hydratation. »
« Je n’emploie jamais le mot « légume » : le risque est de laisser croire que ces personnes sont comme des végétaux, ce n’est pas le cas. On ne sait pas ce qui se passe dans son cerveau, c’est un mystère. Le laisser partir, ce n’est pas pareil que de le faire partir. C’est là toute la différence. Je ne suis pas pour l’acharnement thérapeutique : dans certains cas, il faut s’abstenir de réanimations forcenées. Mais une fois que la personne est stabilisée, qu’elle est vivante, 100 % vivante, 100 % dépendante, pour moi il faut prendre soin de cette personne, et ne pas provoquer délibérément sa mort alors qu’elle n’est même pas capable de le réclamer. »
La Cour de cassation a aujourd’hui décidé d’annuler la décision de la Cour d’appel de Paris, prise en conformité avec la demande du Comité des droits des personnes handicapées de l’ONU, ce qui revient à cautionner un sixième arrêt de l’alimentation et de l’hydratation de M. Vincent Lambert, dans l’objectif de provoquer sa mort.
Alliance VITA dénonce la poursuite de l’acharnement à faire mourir une personne cérébro-lésée, très handicapée, qui n’est pas dépendante de machines, ni malade, ni en fin de vie, ni demandeur d’une euthanasie.
[su_box title= »Pour Tugdual Derville, délégué général d’Alliance VITA : » box_color= »#de0498″]
« Alors que de nombreuses voix de soignants se sont jointes à celle des parents de M. Vincent Lambert pour demander son transfert dans une unité vraiment dédiée aux personnes lourdement cérébro-lésees, cette décision confirme l’acharnement du système judiciaire français à persévérer dans l’erreur.
En cette période de forte chaleur, pendant laquelle notre gouvernement encourage tous les citoyens, notamment les plus vulnérables, à s’hydrater, l’absurdité et le paradoxe n’en sont que plus manifestes : on veut provoquer la mort d’une personne fragile par dénutrition et déshydratation. Il est par ailleurs à la fois choquant et significatif que le procureur de la République François Molins se soit permis, dans son plaidoyer, d’invoquer l’IVG pour réclamer la mise à mort, contre la volonté de ses parents, de leur fils qui est incapable de s’exprimer. »[/su_box]
Caroline Roux, déléguée générale adjointe et coordinatrice des services d’écoute d’Alliance VITA, était l’invitée de l’émission À la Source, le 27 juin 2019, pour dénoncer la loi de bioéthique.
Verbatim extraits de l’émission
« Aujourd’hui l’Etat va organiser la fabrication d’enfants sans père mais il va aller plus loin avec la possibilité de double don de gamètes. On en vient à faire des enfants des objets qu’on revendique, qu’on finance et aussi qu’on vérifie. Il va y avoir une dérégulation qui va vers toujours plus d’eugénisme, avec le renforcement du diagnostic prénatal assorti d’interruption médicale de grossesse. Et puis enfin c’est la manipulation de l’embryon humain : le gouvernement entend faire sauter des verrous fondateurs, notamment l’interdiction de créer des embryons transgéniques. C’est donc l’ouverture à la recherche et peut-être un jour à faire naître des enfants génétiquement modifiés. »
Un décret, publié le 25 juin 2019 au Journal Officiel, a annoncé que les pères de nouveau-nés nécessitant des soins continus dans une unité hospitalière après l’accouchement, pourront bénéficier, dès le premier juillet, d’un nouveau congé paternité.
On compte environ 60 000 enfants nés prématurément par an, en France, et un rapport de l’Inspection générale des affaires sociales (IGAS) datant de 2018 avait pointé du doigt la difficulté des parents touchés par l’hospitalisation de leur nouveau-né.
L’hospitalisation en urgence d’un bébé « nécessite souvent une mobilisation des deux parents, difficile à concilier avec la reprise d’une activité professionnelle« , explique le gouvernement dans un communiqué, soulignant que « le congé de paternité est plus court que le congé de maternité« . Tous les régimes de Sécurité sociale sont concernés par ce dispositif qui se calque sur les modalités d’application du congé paternité en vigueur. Cela comprend une indemnité journalière pour chaque salarié et travailleur indépendant ; les exploitants agricoles recevront une allocation de remplacement quotidienne.
Alliance VITA a pu avoir accès à l’avant-projet de loi bioéthique. Sous réserves d’analyses juridiques plus fouillées, elle est en mesure de donner une première appréciation générale sur le fond et sur la forme.
Sur le fond, derrière la dérégulation totale de la PMA, sont en marche la chosification de l’être humain et l’étatisation d’une procréation de plus en plus eugénique.
A/ L’abandon du critère d’infertilité médicale pour accéder à la PMA (dite PMA « pour toutes ») ne conduit pas seulement à organiser la fabrication étatisée d’enfants sans père : toute la régulation de la procréation artificielle s’effondre. Les limites présentées par les gouvernements successifs comme alibi des lois bioéthiques précédentes disparaissent. Par exemple, le double-don de gamète, jusqu’ici interdit serait autorisé. L’enfant devient un objet, qu’on revendique, qu’on finance et qu’on produit après vérification. L’absence constatée dans l’avant-projet de loi de la GPA et de l’implantation de l’embryon post mortem (après la mort du père) est un leurre. Chacun sait que ces digues sont déjà attaquées, selon la logique des petits pas.
B/ L’auto-congélation ovocytaire de précaution pour toutes les femmes ayant dépassé un âge à fixer est l’autre bouleversement majeur : non seulement on pousse les femmes à la procréation artificielle tardive plutôt qu’au respect de l’écologie et de la temporalité de leur corps, mais on brade leur santé en livrant leurs ovocytes à la convoitise des chercheurs. Cette emprise de la bio-technocratie et de l’économie sur le corps des femmes est un choix politique lourd de conséquences. Le marché étatisé de la procréation se met en place, avec l’ovocyte comme matière première la plus sensible.
C/ L’embryon humain perd ses dernières protections. Il pourra désormais être « cultivé » in vitro jusqu’à 14 jours ; le régime d’autorisation de recherche fait place à une simple déclaration pour les lignes de cellules d’origine embryonnaires, désormais traitées à part pour faciliter leur usage… Subrepticement, l’interdit de créer des « embryons chimériques [mélange homme-animal] ou transgéniques » disparaît. En refusant de fermer la porte aux gamètes artificiels, la France cautionne l’artificialisation croissante de la procréation et ouvre la vertigineuse perspective d’embryons et d’enfants transgéniques.
D/ L’eugénisme pratique s’étend. L’IMG [interruption médicale de grossesse autorisée pendant toute sa durée] se banalise : suppression du délai de réflexion d’une semaine, jusqu’ici proposé ; suppression de l’information parentale pour les mineures (avec le risque de les faire passer de l’IVG à l’IMG pour étendre le délai au motif du trouble psychologique généré par une grossesse précoce) ; les conditions du Diagnostic Prénatal (DPN) et diagnostic préimplantatoire (DPI) seront traitées par arrêtés, sur proposition de l’Agence de biomédecine, agence sur laquelle le pouvoir de l’Etat se renforce, ce qui laisse craindre de nouvelles et fréquentes dérives eugéniques.
Au total, la médecine est détournée de ses fins thérapeutiques au profit de certaines revendications individualistes, de l’intérêt financier des laboratoires et de l’idéologie scientiste.
Sur la forme, balayant le résultat des Etats généraux de la bioéthique, le gouvernement tente d’étouffer toute contestation par un passage en force estival.
[su_box title= »Pour Tugdual Derville, délégué général d’Alliance VITA : » box_color= »#de0498″]
« Le gouvernement caricature l’opposition à la PMA sans père qu’il sait forte, tout en se voulant « rassurant » à bon compte sur la GPA, tout cela pour mieux passer sous silence de multiples dérives scientistes ; ces dernières ne répondent aucunement à des demandes sociales mais cèdent aux exigences du marché de la procréation.
Alors que nous avions demandé au président de la République de faire de la véritable lutte contre l’infertilité (prévention et thérapies) et contre l’eugénisme, deux grandes causes nationales, aucune disposition ne va dans ce sens. C’est un scandale pour les personnes concernées par le handicap et l’infertilité. Alliance VITA se prépare à résister à cette loi injuste par une stratégie protestataire visant les citoyens et les élus, et fondée sur les principes de la désobéissance civile. »[/su_box]
Selon des statistiques officielles publiées mercredi 18 juin 2019, l’Espagne a vu les naissances chuter de 40% depuis 2008, ce qui en fait le pays d’Europe à la plus faible natalité.
Plus précisément, sur onze ans, le pays est passé de 519 779 à 369 302 naissances entre 2008 et 2018. De plus, 20,6% des bébés sont nés, en 2018, de femmes qui n’ont pas la nationalité espagnole.
L’Institut des statistiques espagnol (INE) a également révélé dans son communiqué que cela « est dû, en partie, à la diminution du nombre d’enfants par femme ». En effet l’indice de fécondité (le nombre moyen d’enfants par femme en âge de procréer) est le plus bas depuis 2002 : de 1,31 en 2017, il est passé à 1,25 en 2018.
A titre comparatif l’indice de fécondité dans l’Union européenne était de 1,59 en 2017 et de 1,89 en France sur la même année, alors que le niveau de renouvellement des générations se situent à 2,1 dans les pays développés.
En 2018, le nombre de mariages en Espagne a baissé de 5,9 % par rapport à 2017. Sur la même période, l’âge moyen de la maternité a augmenté de 0,1 pour atteindre 32,2 ans (30,6 ans en France). Par ailleurs, le nombre de maternités tardives (mères de 40 ans et plus) a fortement augmenté de 63,1 % en 10 ans, ce qui confirme la tendance générale en Europe.
Cette évolution est aussi touchée par une crise antérieure de la natalité dans les dernières décennies à partir des années 1980. L’Espagne connait, depuis 2015, un « accroissement négatif », c’est-à-dire que le nombre de décès dépasse celui des naissances.
Tugdual Derville, délégué général d’Alliance VITA, était l’invité de CNews pour débattre de la PMA face à Dominique Boren, co-président de l’APGL, dans l’émission « Le Carrefour de l’Info », le 13 juin 2019.
Quelques verbatim extraits de l’émission :
« La Ministre de la santé vient d’exprimer un mépris très fort pour notre mobilisation : « Ils n’attendent que cela pour exister » ; depuis plus de 30 ans je me bats pour des enfants, j’accueille et j’accompagne des enfants qui ont été privés de père par des accidents de la vie. Et voilà qu’une loi va organiser l’effacement, l’escamotage du père ? Et plus encore, l’effacement de 50% des origines biologiques, généalogiques d’un enfant ? C’est pour l’enfant que nous nous mobilisons.«
« Le président de la République avait effectivement promis un débat apaisé ; ce n’était pas un engagement de son programme de campagne. Nous allons nous engager pour que les Français de demain ne soient pas privés délibérément de père par des systèmes de procréation artificielle, par des filiations qui sont bricolées. »
« J’ai été dans le bureau du Garde des Sceaux pour en discuter pendant deux heures, il n’y a pas de solution possible qui respecte profondément l’enfant dans cette histoire. On va inventer des filiations avec deux mères, dont l’une sera une vraie mère qui aura accouché de l’enfant, et l’autre sera une mère qui sera à demi mère, fausse mère au fond ; ça va être extrêmement violent pour ces deux femmes. »
« Et puis, il s’agit aussi de donner des enfants à des femmes célibataires, qui n’ont pas de problèmes médicaux, qui n’ont pas de problèmes d’infertilité, de même que les couples de femmes. Donc on détourne la médecine, on détourne les fonds publics qui n’ont pas besoin de cela, au profit d’un basculement vers le droit à l’enfant, l’enfant-objet, et vers la GPA. »
« Je reprends à mon compte les propos du Premier ministre (je les cite) : « Nous nous opposons résolument à la PMA pour les couples homosexuels féminins et à la GPA, qui au nom de l’égalité ne manquera pas d’être réclamée par la suite ». Il s’est renié, mais nous portons cette parole car il est profondément indigne que l’Etat organise cet escamotage, cette amputation du père pour l’enfant. »
« On nous a pris pour des andouilles : on nous a promis qu’il n’y aurait pas la PMA, le Premier Ministre actuel nous l’a promis, maintenant on nous promet qu’il n’y aura pas la GPA… donc nous sommes mobilisés très fortement pour l’enfant. Sans être j’espère stigmatisés, dans la mesure où nous travaillons avec des professionnels de l’enfance qui savent à quel point les enfants souffrent.«
« Notre mobilisation prendra toutes sortes de formes : auprès des parlementaires, dans la rue, mais surtout en expliquant aux Français la réalité de cette loi. 91 % des Français estiment que le rôle du père est essentiel, 79% des Français estiment que les enfants privés de père sont défavorisés par rapport à ceux qui ont leur père et leur mère, et 55% estiment qu’il n’est pas légitime de priver un enfant de père par la PMA.«
« L’APGL se victimise, comme en témoignent ces propos de 2014 : « L’homoparentalité conserve toute la puissance de subversion qui permet d’exploser le modèle, en prônant la co-parentalité, en revendiquant la possibilité d’avoir plus de deux parents. » Nous ne voulons pas que les enfants soient privés de père par une « explosion du modèle ». Il y a assez de souffrances aujourd’hui par manque de pères, pour que nous puissions résister à l’amputation du père par des personnes qui ont des revendications extrêmement subversives.«
Alliance VITA rend public le sondage réalisé par l’IFOP à la veille de la fête des pères. Ce sondage atteste l’attachement des Français au rôle du père pour l’enfant : 91% des sondés pensent que le père a un rôle essentiel et 79% que les enfants qui n’ont pas connu leur père sont défavorisés ; la majorité des Français (55%) est opposée à une PMA qui priverait un enfant de père.
[su_box title= »Pour Tugdual Derville, délégué général d’Alliance VITA, » box_color= »#de0498″]« Alors que la réforme bioéthique n’est en rien prioritaire pour les Français (cf. sondage « Les Français et la mise en oeuvre des mesures post-grand débat national »), le Premier ministre prend le risque de les diviser en profondeur. L’extension de la PMA hors infertilité médicale priverait intentionnellement les enfants de père, détournerait la médecine de sa mission thérapeutique et ferait basculer la France dans un marché de la procréation indigne de l’humanité. Edouard Philippe, en trahissant ses convictions passées – il va plus loin que François Hollande – nous pousse à lever un mouvement social type Gilets jaunes, animé par le désir de protéger l’enfant contre l’amputation de toute référence paternelle dans son identité. A long terme pourquoi faire basculer la France dans un système qui transforme l’enfant en droit qu’on exige et en objet qu’on acquiert et l’homme en producteur de gamètes ? Les Français sont très attachés à la figure du père et sont en majorité opposés à ce que l’on en prive les enfants par PMA. Cette loi, sous couvert de donner un nouveau droit, crée une triple inégalité entre les enfants selon qu’ils ont ou non un père, entre les femmes selon qu’elles sont ou pas la « vraie » mère, entre les hommes et les femmes qui réclameront inéluctablement la GPA au nom de la non-discrimination. Il y a de quoi se révolter ! »[/su_box]
Le mardi 11 juin, l’amendement adopté par le Sénat le 7 juin, visant à augmenter le délai légal pour pratiquer l’avortement de 12 à 14 semaines, a finalement été rejeté par le Sénat.
Cet amendement, déposé par la sénatrice Laurence Rossignol, avait été adopté le 7 juin, par surprise et sans aucun débat, et par un vote assis/debout de 12 sénateurs contre 10.
Cette seconde délibération est une possibilité donnée par le règlement. Elle a été demandée mardi par le président de la commission des affaires sociales, et rapporteur du texte, le sénateur LR Alain Milon, qui s’était opposé à l’allongement. Elle nécessitait l’accord du gouvernement. La ministre Agnès Buzyn a soutenu cette demande de seconde délibération. « J’estime en conscience et en responsabilité que les conditions d’adoption de l’extension du délai d’IVG n’étaient pas satisfaisantes (…) car le projet de loi est centré sur l’organisation du système de santé (…). Cette question ne peut pas être traitée dans ce texte. Le gouvernement est favorable à une seconde délibération ».
Pour Alain Milon, l’amendement n’a fait l’objet « d’aucune concertation préalable avec la communauté scientifique et médicale ». Il ajoute : « Ce n’est pas dans ces conditions et circonstances, à la fin d’un texte sur l’organisation du système de santé, que la question du délai de l’IVG est tranchée ».
Le vendredi 7 juin, a été adopté par le Sénat un amendement présenté par la sénatrice Laurence Rossignol, augmentant le délai légal pour pratiquer l’avortement, de 12 à 14 semaines de grossesse, dans le cadre du projet de loi Santé.
C’est par surprise, dans un hémicycle très clairsemé, contre l’avis du gouvernement et du rapporteur Alain Milon, que cet amendement a été adopté après un vote assis-debout 12 voix pour, 10 contre.
Cette dernière a invoqué une revendication du planning familial avançant qu’il n’existe pas de « consensus scientifique sur la matérialisation de ce délai ».
La sénatrice a aussi défendu un amendement demandant la suppression de la clause de conscience spécifique à l’IVG. Il a été quant à lui rejeté par scrutin public de 247 voix contre 92. (NB : le scrutin public permettant de voter pour les absents).
Une commission paritaire se réunira pour statuer sur le projet de loi dans son intégralité : elle devrait rejeter cette disposition.
[su_box title= »Pour Alliance VITA » box_color= »#de0498″]
Il s’agit d’un coup d’éclat idéologique, bien loin de la réalité que vivent les femmes et les couples confrontés à des grossesses inattendues. Inciter toujours plus à l’avortement sans apporter de réelles alternatives à un acte qui met la vie en jeu n’est pas responsable. Au contraire, nous réitérons notre demande d’effectuer un rapport scientifique sur les situations qui conduisent les femmes à l’avortement et sur les conséquences de cette pratique pour favoriser une véritable politique de prévention de l’avortement.[/su_box]
Un sondage IFOP publié en 2016 avait révélé que 89% des Français jugeaient que l’avortement laissait des traces psychologiques difficiles à vivre pour les femmes et 72% estimaient que la société devrait davantage aider les femmes à éviter le recours à l’IVG.
Réfléchir à ce que je souhaite jusqu’aux derniers instants de ma vie, c’est un acte de lucidité et de courage. C’est aider mes proches et les médecins qui me soigneront, de façon anticipée, à prendre les meilleures décisions respectueuses de la déontologie médicales et de mes convictions personnelles exprimées. En ce sens, les directives anticipées sont utiles et doivent être encouragées.
« L’euthanasie, l’envers du décor », ce nouvel ouvrage, portant sur la question de la fin de vie et les conséquences de l’euthanasie, vient d’être publié aux éditions Mols, Autres regards.
Préfacé par le philosophe Jacques RICOT et coordonné par le professeur Timothy DEVOS, médecin interniste-hématologue aux Hôpitaux universitaires de Louvain,ce livre recueille les témoignages de huit soignants belges, professeurs d’université, médecins, infirmiers et éthiciens reconnus, tous spécialisés en accompagnement palliatif.
Ils partagent leur vécu et leurs réflexions nées de leur confrontation aux demandes d’euthanasie et d’accompagnement en fin de vie dans un pays, la Belgique, où l’euthanasie, dépénalisée depuis 2002, est aujourd’hui souvent devenue un acte banal. Leurs récits s’adressent tant aux soignants qu’à toute personne qui s’interroge sur le sens de la mort et de la souffrance, ainsi que sur la réalité de la loi votée en 2002 qui suscite beaucoup de questions.
Le personnel des maisons de retraite a pour obligation, depuis 2016, d’informer les pensionnaires des directives anticipées. Cependant, une étude récente réalisée par le centre d’éthique clinique de l’AP-HP (Assistance publique-Hôpitaux de Paris) démontre que cela demeure difficile.
Les auteurs de l’étude révèlent qu’ « ils s’approprient peu le sujet, soit parce qu’ils ne s’y intéressent pas davantage que la population générale, soit et surtout parce qu’ils n’en sont plus capables ».
Le dispositif « personnes de confiance » est privilégié pour aborder les questions de fin de vie auprès des patients en Ehpad. C’est ce qu’a révélé un sondage publié il y a quelques jours par le Centre national de fin de vie et soins palliatifs (CNVSP) lors duquel ont été questionnés des directeurs d’Ehpad. Les proches et la famille des pensionnaires se sentent plus concernés par ces questions ; l’information est parfois difficile à communiquer auprès des personnes très âgées.
Les directives anticipées se concentrent sur l’obstination déraisonnable, ce qui n’est pas la problématique principale à laquelle sont confrontés les résidents. D’autant que l’obstination déraisonnable est interdite par la loi ;
Les discussions autour des directives anticipées permettent en revanche d’aborder d’autres questions importantes telles que la souffrance, la déchéance, la mort douce, etc. ;
Les proches sont indispensables pour mener à bien ces échanges car ils sont plus conscients des problèmes et plus présents dans la vie de leurs aînés.
Tugdual Derville, délégué général d’Alliance VITA, était l’invité de Louis Daufresne sur Radio Notre Dame, le 21 mai 2019 pour revenir sur l’affaire Vincent Lambert.
Quelques verbatim extraits de l’émission :
« J’étais au départ de la Marche blanche pour manifester ma solidarité avec cette famille, bien conscient que les souffrances sont des deux côtés, que l’amour est des deux côtés. Cette division est arrivée à partir du moment où Viviane Lambert a découvert, grâce à un de ses enfants, que son fils n’était plus alimenté depuis 21 jours. C’était en 2013. »
« Nous sommes tous, moi le premier, victimes de ce que j’appelle un syndrome de persévération : quand on commence à se tromper, et à plusieurs, avec des médecins, des magistrats… Cela demande beaucoup d’humilité de reconnaître qu’il n’est pas dans un lieu approprié aux patients EVC-EPR comme lui, soit en état pauci-relationnel avec des modes de relation indéfinissables, soit en état neuro-végétatif. Il y a en France, grâce à l’énergie de médecins et soignants très spécialisés, des petites unités dédiées à ces patients, 1700 à peu près, qui ont de graves séquelles de traumatismes crâniens, en général liés à des accidents. »
« Ce matin, si la décision de justice annoncée hier soir par la Cour d’Appel de Paris a été exécutée, il est à nouveau réalimenté, on a cessé cette sédation – en espérant qu’il n’aura pas de séquelles supplémentaires. Cette décision oblige la France à respecter les traités internationaux en matière de droit des personnes handicapées ; le CIDPH de l’ONU a demandé à la France de maintenir les soins dus à Vincent Lambert, de manière conservatoire, ensuite il y aura une évaluation de son état. »
« Ce qui a été très marquant ces derniers jours, c’est que de très nombreux soignants, médecins, notamment dédiés aux états dits EVC – EPR, ont dit à quel point ils étaient prêts à accueillir Vincent Lambert dans leurs établissements, et à quel point ils étaient aussi choqués de toutes les erreurs qu’on lit : qu’il est branché, qu’il y a des machines, qu’il est maintenu en vie… ce qui n’est pas le cas ! Il respire spontanément, il a déjà résisté à 31 jours d’arrêt d’alimentation, avec une hydratation minimale, ce qui dit quelque chose de sa vitalité. »
« Je rends hommage aux soins palliatifs, j’en ai bénéficié pour certains membres de ma famille, mais ce n’est pas le rôle des soins palliatifs que de mettre en situation de fin de vie des personnes qui ne le sont pas, ce serait retourner les soins palliatifs contre eux-mêmes. »
« On peut se demander pourquoi un certain nombre de médecins, j’en connais, par exemple le Pr Xavier Ducrocq, neurologue qui a pu rencontrer Vincent Lambert et qui dit à quel point il faut respecter sa vie, ont été comme mis à l’écart. »
« D’un certain côté, il y a comme une unanimité à prendre soin des plus fragiles. Et d’un autre côté, il y a cette tendance parfois « naturelle » à les rejeter. Le fil est ténu, et si on bascule, comme on l’a fait en Belgique ou en Hollande, dans l’euthanasie, on s’aperçoit que des voix s’élèvent en disant « il vaut mieux dégager un peu tôt pour ne pas coûter trop cher »… »
« Ceux qui revendiquent en France l’euthanasie le font habituellement selon trois critères ; que la personne soit gravement malade, en fin de vie, et qu’elle l’ait demandé. Et Vincent Lambert ne répond à aucun de ces trois critères. »
« C’est un signe d’alerte extrêmement important à relever : cette culture de l’euthanasie va très vite vers l’exclusion des plus fragiles. On passe du droit au devoir, et on finit par ne plus le demander. C’est vraiment le risque, c’est en cela qu’une levée de boucliers est nécessaire. »
« Les personnes se projettent dans l’état de Vincent Lambert ; personne n’a envie d’être comme lui dans un état pauci-relationnel ou neuro-végétatif. Et pourtant, il ne nous est pas demandé de nous projeter dans cet état, mais de le protéger dans cet état, c’est très différent ! »
« Lorsqu’on voit une famille qui exprime tant d’affection et de volonté de continuer le chemin avec leur enfant tel qu’il est, avec ce très lourd handicap, comment lui imposer la mort de cet enfant ? Cela paraît vraiment inhumain. »
« Le regard que nous portons sur les personnes fragiles dit beaucoup de la conception que nous avons d’une vie digne et d’une vie humaine. Il se joue là un choix politique absolument majeur. À Alliance VITA, nous éditons un guide des directives anticipées que nous avons énormément travaillé avec des praticiens… Mais nous ne voulons pas cautionner l’idée d’une sorte de protocolisation par avance de notre fin de vie. Nous ne savons pas la réaction que nous aurions dans telle ou telle situation. Nous insistons pour ne pas rompre la confiance soignants-soignés, continuer le dialogue, et réévaluer en fonction des situations. »
« L’exemple suisse, belge ou hollandais -les rares pays qui ont légalisé l’euthanasie- nous montrent jusqu’à quelles dérives on aboutit… La France a effectivement résisté pour le moment, mais le risque serait ce que j’appelle le syndrome de la ligne Maginot : on dit non à l’euthanasie, mais on laisse pratiquer des formes d’euthanasie qui ne disent pas leur nom. Il faut être extrêmement précis sur la définition : « action ou omission ayant comme intention et comme conséquence de provoquer la mort pour éliminer toute souffrance ». Les critères sont l’intention et le résultat. »
À la veille du scrutin des européennes, Alliance VITA communique le bilan de sa campagne « Générations fragiles ».
Alors que le vieillissement de la population et le déclin démographique constituent des défis sociaux et humanitaires communs à tous les pays européens, les Français prennent conscience de l’urgence de favoriser les solidarités entre les générations. La campagne s’est déroulée en 3 étapes :
1/ Un sondage de lancement IFOP pour VITA révèle que les Allemands et, plus encore les Français (78%), considèrent que l’Europe est devenue trop économique et financière et pas assez humaine et sociale. 52% des Français considèrent que la peur de l’avenir est un frein à la natalité.
2/ Une diffusion par 1000 volontaires de 100 000 livrets argumentaires dans 120 villes a été très bien accueillie par le public, avec 10 constats, 10 propositions et une action personnelle pour rapprocher les générations fragiles.
3/ Une enquête de rue a été réalisée par les volontaires dans 120 villes en France.
Sur 3000 personnes ayant répondu aux enquêteurs :
63% déplorent « l’individualisme ou l’égoïsme » comme raison principale de l’exclusion des générations fragiles
41% jugent que les « fractures sociales » sont la plus grande faiblesse de l’Europe
45% estiment prioritaire une « nouvelle solidarité entre les générations »
44% appellent un « changement de regard » sur les plus fragiles et 31% un « mode de vie rapprochant les générations ».
Confortée dans sa demande d’un renouveau de la solidarité vis-à-vis des plus jeunes et des plus âgés, Alliance VITA demande aux élus comme aux citoyens de s’engager à renforcer les solidarités intergénérationnelles. Face à la montée de l’individualisme, il est impératif de redonner aux Français et aux Européens la confiance dans l’avenir et le goût de la vie.
Caroline Roux, coordinatrice des services d’écoute d’Alliance VITA, dont SOS Fin de vie, était invitée à un débat sur l’affaire Vincent Lambert, face à Marie-Dominique Trébuchet, vice-présidente de la SFAP, théologienne et bénévole en Soins palliatifs et Loup Besmond de Senneville, journaliste.
Quelques verbatim extraits de l’émission :
« Depuis 2013, premier arrêt d’alimentation, les parents ont pris conscience que Vincent n’était pas pris en charge de façon adaptée. Cela a été un basculement dans la confiance envers les soignants. »
« Les parents demandent son transfert dans une unité adaptée à sa situation EVC-EPR (état végétatif chronique et pauci-relationnel). Pourquoi ce blocage ? Pourquoi ce transfert ne se fait-il pas ? Ce serait une façon de dénouer le noeud du problème. »
« Il s’agit d’accompagner le mieux possible dans un projet de vie les patients lourdement handicapés. C’est une approche différente des soins palliatifs. Vincent Lambert n’est pas en fin de vie ; il n’est pas dans le coma, n’est pas bardé de tuyaux. »
« On est dans l’obstination déraisonnable quand les traitements ne sont pas au bénéfice du patient. La question est : qu’est-ce qui est dû à une personne lourdement handicapée ? »
« Le risque est de se projeter dans ces situations. Il faut regarder les situations particulières et les soins qui sont dus à ces personnes lourdement handicapées dans les états EVC-EPR, notamment Vincent Lambert. »
« Peut-on, pour quelqu’un qui n’est pas en fin de vie, arrêter les soins de base que sont l’hydratation et l’alimentation ? »
« Vincent Lambert ne peut pas s’exprimer, il n’est pas en fin de vie. La question est de savoir comment accompagner au mieux ces situations sans se projeter ? Quelle est la vie la mieux appropriée pour la personne ? »
« Dans notre service SOS Fin de vie, on a vu se dégrader au fil des années la confiance soignants/soignés. Nous accompagnons les personnes pour retrouver cette confiance. Un vrai dialogue est nécessaire. »
« Ce qui protège dans notre loi, c’est l’interdit de tuer. Dans les décisions collégiales, cet interdit de tuer doit stimuler la créativité pour accompagner le mieux possible les personnes. »
« Dans les soins palliatifs, on accompagne les personnes dans un projet de vie vers la mort. Vincent Lambert n’est pas en fin de vie. Il faut accompagner la famille pour accueillir ce qui est possible pour le prendre en charge le mieux possible. »
« Pour s’en sortir par le haut et par le coeur, je plaide pour le transfert de Vincent dans une unité adaptée. Je rappelle que depuis 5 ans Vincent n’a plus de kiné, ne sort pas …alors qu’il pourrait être accueilli dans sa famille. »
Tugdual Derville était, le 21 mai 2019, l’invité de Christophe Hondelatte, dans l’émission « Hondelatte raconte« , sur Europe 1, pour commenter le livre de Viviane Lambert « Pour la vie de mon fils« (Plon).
Quelques verbatim extraits de cette émission :
« Il y a un mystère derrière nos existences, et spécifiquement derrière celle de ces personnes cérébrolésées. Vincent Lambert a basculé dans des états différents, pauci-relationnel avec une capacité d’expression mais sans qu’on puisse comprendre ce qu’il dit, ou neuro- végétatif où il ne peut pas s’exprimer, mais ça ne veut pas dire qu’il n’a pas une conscience d’exister, qu’il ne se passe pas des choses. Les médecins sont incapables de dire ce qu’il ressent, simplement il n’a pas la capacité de s’exprimer.«
« Certains prétendent qu’il n’a pas d’activité cérébrale, c’est archi-faux ! Le professeur Xavier Ducrocq, qui a examiné Vincent, dit qu’on ne peut pas prétendre qu’il n’a pas d’activité cérébrale.«
« La sortie de coma ressemble à un enfantement ; on retrouve des sensations de fusion, la personne est comme un tout petit enfant qui retrouve des sensations, un peu comme un petit bébé, avec des relations très particulières. Les parents, et en particulier les mères du fait de leur histoire personnelle et charnelle avec leur enfant, perçoivent des choses. On ne peut l’interdire à Madame Lambert. »
« Ça a été montré, et il a fallu le prouver à un certain moment en montrant son visage ; Vincent n’a rien de l’image que les Français s’en faisaient, qui l’imaginaient bardé de tuyaux, avec des machines. Il n’y a pas de machines, il y a juste une gastrostomie. Il respire spontanément, il a un corps qui fonctionne.«
« Ce qui s’est passé hier et qui a été interrompu ce matin, c’est au fond d’arrêter cette alimentation et cette hydratation, pour détraquer son corps, détraquer ses reins, pour aboutir à un arrêt cardiaque, voire à des lésions cérébrales si on le sédate de manière exagérée. Il n’était pas en fin de vie, il était lourdement dépendant, on l’a mis en fin de vie ; ce n’est quand-même pas ça le rôle des soins palliatifs ! Heureusement, aujourd’hui on a recommencé à alimenter et hydrater Vincent Lambert.
« Aucun d’entre nous n’a envie d’être dans l’état de Vincent Lambert, mais pour avoir accompagné beaucoup de personnes lourdement handicapées, j’ai découvert avec stupeur – et avec joie ! – que bien des personnes porteuses de lourds handicaps ont trouvé des raisons de vivre dans les situations apparemment absurdes dans lesquelles elles vivent. »
« Autrement dit, entre ce que je ressens aujourd’hui, en bonne santé, et ce que je ressentirais en mauvaise santé, il n’est pas certain que je sois capable de tout dire. Voilà pourquoi les directives anticipées, qui peuvent être écrites, méritent d’être révisées régulièrement dans une relation de confiance avec le soignant, avec ses proches, avec une personne de confiance, pour ne pas être pris au mot de choses qu’on aurait dites avant.«
« Bien des personnes en ont témoigné, par exemple Angèle Lieby (Une larme m’a sauvée) ; tout le monde pensait qu’elle ne ressentait rien, mais elle ressentait, elle entendait, et elle était heureuse qu’on ne prenne pas au mot des choses qu’elle aurait pu dire auparavant. Il y a une difficulté d’interprétation de choses qui n’ont pas été écrites, et de la situation actuelle.«
« Je suis favorable à ce qu’on respecte les personnes qui refusent un traitement ; mais il faut savoir quel type de traitement, et c’est très compliqué de le dire par avance. Par exemple, si j’ai une maladie évolutive qui aboutit à une forme d’étouffement, je peux refuser une trachéotomie dont je sais que j’aurai besoin, et par contre être sédaté pour ne pas souffrir. Mais c’est un rêve de penser qu’on peut protocoliser par avance toutes les possibilités qu’on aurait de mourir. »
« La seule façon de se sortir par le haut de ce conflit familial, c’est de privilégier celui qui est le protecteur naturel de la personne porteuse de ce lourd handicap, de cette immense dépendance. Ce que Rachel a été de manière héroïque, pendant longtemps, puis elle s’est découragée comme beaucoup se découragent. Là il y a un relais qui a été apporté par les parents.«