Campagne pour le don de gamètes : où est l’intérêt de l’enfant ?

Campagne pour le don de gamètes : où est l’intérêt de l’enfant ?

Campagne pour le don de gamètes : où est l’intérêt de l’enfant ?

 

L’Agence de la biomédecine (ABM) a lancé une nouvelle campagne nationale pour inciter les Français à donner leurs gamètes, s’appuyant sur un argument « marketing » qui porte préjudice à l’intérêt de l’enfant.

Selon l’ABM, malgré les 38% de hausse du nombre de donneurs entre 2015 et 2016, cela n’est pas suffisant pour répondre aux 5 000 demandes de couples infertiles à l’heure actuelle.

Cette tendance est vouée à perdurer car le projet de loi bioéthique actuellement en discussion prévoit une levée de l’anonymat du donneur « toute personne conçue grâce à un don de gamètes pourra accéder, dès sa majorité, à des informations dites « non identifiantes », telles que l’âge, la situation professionnelle ou le pays de naissance de son donneur, ainsi qu’à l’identité. En cas de refus des donneurs de communiquer de telles informations, ils ne pourront procéder au don. ».

Les donneurs seront dorénavant confrontés à leurs responsabilités vis-à-vis de l’enfant conçu à l’aide de leurs gamètes et cela pourrait avoir une incidence sur les dons.

Le slogan de la campagne, qui se déroule entre le 16 novembre et le 6 décembre 2020, fait du donneur potentiel, un héros généreux : « faire un don, c’est donner à des milliers de personnes l’espoir de devenir parents »… Toutefois, le dossier de presse de cette campagne explique, parmi les raisons de donner, le fait que « jusqu’à la promulgation de la nouvelle loi de bioéthique, actuellement en discussion au Parlement, c’est le cadre actuel de la loi qui continue de s’appliquer pour le don de gamètes. »

Cela est en réalité une injonction à donner le plus rapidement possible ses gamètes avant que la loi ne soit votée. L’intérêt supérieur de l’enfant passe clairement derrière celui des adultes.

Le prochain basculement qui apparaît en filigrane est celui de la marchandisation des gamètes pointés par des observateurs des évolutions bioéthiques. Une nette hausse des PMA avec donneurs se profilera si cette pratique s’étend à des femmes seules ou à deux. En Belgique, où cette pratique est autorisée et où le don est, comme en France, gratuit, les banques de sperme sont en manque de dons : elles doivent se fournir auprès de banques de sperme payantes danoises pour 80 % des demandes.

Ce marché se nourrit de l’industrialisation des modes de procréation. Il considère les femmes et les hommes comme des fournisseurs de matières premières – ovocytes, sperme,– pour fabriquer des enfants sur commande.

Un pas de plus a été franchi cet été avec l’adoption d’un amendement au projet de loi bioéthique ouvrant la collecte et la conservation des gamètes humains à des établissements lucratifs. Les Sénateurs sont maintenant en première ligne pour rejeter cette nouvelle forme de marchandisation humaine.

 

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Réforme de l’adoption : des experts alertent sur les dangers

Réforme de l’adoption : des experts alertent sur les dangers

Réforme de l’adoption : des experts alertent sur les dangers

 

Plusieurs associations et experts alertent sur des mesures litigieuses de la proposition de loi visant à réformer l’adoption qui remettent en cause l’intérêt supérieur de l’enfant.

Cette proposition de loi, portée par la députée Monique Limon et ses collègues du groupe La République en Marche (LREM), fait suite au rapport sur la réforme de l’adoption, dont les préconisations ont été remises à Adrien Taquet, secrétaire d’État chargé de la protection à l’enfance le 10 octobre 2019. Déjà, des professionnels s’inquiétaient de certaines propositions, comme la promotion de l’adoption simple, moins protectrice pour l’enfant ainsi que l’élargissement de l’adoption à des couples non mariés.

L’objectif avancé de cette loi est de favoriser l’adoption d’enfants confiés à l’Aide sociale à l’enfance, sans pouvoir être adoptés. Un millier d’enfants sont ainsi placés en foyers ou maisons d’accueil, sans être pupilles de l’Etat.

Selon le dernier rapport annuel de l’Observatoire national de la protection de l’enfance (ONPE), le nombre d’agréments en cours de validité s’élevait fin 2018 à 10.676 : 647 enfants, pupilles de l’État, ont été adoptés en France cette même année, et 615 enfants par le biais de l’adoption internationale selon le ministère des Affaires étrangères (contre 2.000 en 2011 et 4.000 en 2006).

Dans une note détaillée, l’association Juristes pour l’enfance (JPE) alerte sur les graves écueils de cette loi, notamment la suppression de la possibilité pour des parents de confier leur enfant, en vue de leur adoption, à un organisme autorisé pour l’adoption (OAA) en France.

Les juristes soulignent que « dans la proposition de loi, lorsqu’un parent remet son enfant à l’ASE, il consent à l’admission de l’enfant dans le statut de pupille de l’Etat. C’est ensuite le Conseil de famille qui va définir un projet de vie pour cet enfant, comportant ou non adoption. Or, un parent peut vouloir confier son enfant avec pour celui-ci le seul projet de le voir adopté. Cette certitude ne pouvant être obtenue lorsque l’enfant est admis dans le statut de pupille de l’Etat, tout parent doit avoir la possibilité de s’adresser à un OAA pour être certain que son enfant sera adopté par une famille. »

En outre, les OAA sont en mesure de recueillir des enfants porteurs de handicaps pour lesquels ils trouvent des familles adoptives en raison du travail associatif qu’ils réalisent dans ce domaine. « Avec cette proposition de loi, un OAA comme Emmanuel-SOS adoption disparaîtra, alors que chaque année l’ASE elle-même s’adresse à cette association pour trouver des familles pour des pupilles de l’Etat lourdement handicapés.

L’OAA présente à l’ASE des foyers candidats non seulement agréés, mais également préparés spécialement par lui pour accueillir de tels enfants. Depuis 1975, date de sa création, Emmanuel SOS adoption a donné une famille à plus de 2 000 enfants dont plus de la moitié étaient atteints d’une maladie grave ou d’un handicap lourd. »

Plusieurs experts, rapporte le journal La Croix, dénoncent une entrave aux libertés fondamentales. Un groupe, composé de juristes et d’acteurs de l’adoption ont publié un livre blanc décryptant le texte de loi : ils demandent le report de l’examen législatif. Leur analyse et leurs propositions sont consignés dans un livre blanc adressé aux parlementaires.

D’autre part, le texte a pour but, selon ses auteurs, de déconnecter l’adoption du statut matrimonial de l’adoptant pour autoriser l’adoption à des couples pacsés ou concubins et éviter des discriminations entre les personnes qu’elles soient seules, en couple ou de même sexe.

Dans sa note, JPE rappelle que « L’adoption, qui répond à l’intérêt de l’enfant et « uniquement » à son intérêt, ne vise pas à assurer l’égalité entre les candidats à l’adoption. Elle doit se préoccuper du seul intérêt de l’enfant. » L’adoption ne peut servir de variable d’ajustement de revendications d’adultes.

Adopté en commission des lois de l’Assemblée nationale, le 24 novembre 2020, le texte sera examiné en séance plénière à l’Assemblée nationale à partir du 2 décembre prochain.

 

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Rapport Euthanasie : des chiffres en nette hausse en Belgique

Rapport Euthanasie : des chiffres en nette hausse en Belgique

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La Commission fédérale de contrôle et d’évaluation de l’euthanasie a publié son neuvième rapport pour le pouvoir législatif belge retraçant un bilan de cette pratique sur le territoire national entre 2018 et 2019.

Le nombre d’euthanasies en Belgique est en nette augmentation : + 12,6% en un an. Le rapport ne mentionne que celles qui ont été déclarées, ce qui laisse planer des zones d’ombre. Depuis la légalisation de l’euthanasie, 22 081 personnes ont été euthanasiées en Belgique, selon les chiffres officiels.

Le rapport répond à plusieurs interrogations pour classer ces données.

Le régime linguistique des déclarations d’euthanasie, le nombre d’euthanasies déclarées par rapport au nombre d’euthanasies non déclarées (avec des informations impossibles à fournir), l’âge des personnes euthanasiées avec une hausse inquiétante des cas de 30-39 ans et de 69-89 ans.

L’étude ajoute la question de la rédaction des déclarations anticipées, le lieu où le médecin a pratiqué l’euthanasie, la liste des affections qui ont entraîné la demande d’euthanasie. Le cancer reste la principale cause de demande d’euthanasie (62%) ; en revanche, les demandes dans des cas de souffrances psychiques ont doublé depuis le rapport précédent.

Sur la moitié des 45 patients euthanasiés en Belgique et résidant à l’étranger, la mort n’était pas prévue à brève échéance. D’autre part, 18 euthanasies ont été pratiquées avec don d’organes en 2019.

Le cas des souffrances psychiques, est très controversé, comme pour l’affaire Tine Nys , une femme de 38 ans euthanasiée pour souffrance psychique jugée « irréversible ». Sa famille s’était constituée partie civile, la jeune femme ayant été diagnostiquée autiste tandis que le ministère public estimait également que les conditions de la loi sur l’euthanasie n’avaient pas été respectées.

L’institut Européen de Bioéthique a publié une analyse complète de ces données : il conclut « on remarque au fil des rapports bisannuels que la Commission interprète très librement le texte de la loi jusqu’à en arriver à réduire à néant le contrôle qu’elle doit exercer sur un certain nombre de conditions légales (ex : subjectivité du caractère insupportable de la souffrance, gravité de l’état de santé du patient du fait d’une combinaison de pathologies qui ne sont pas graves en elles-mêmes, distinction entre les conditions substantielles et non substantielles, ces dernières ne justifiant pas un renvoi au procureur du Roi,…) »

 

Canada : retirer le critère de « fin de vie » pour recourir à l’euthanasie ?

Canada : retirer le critère de « fin de vie » pour recourir à l’euthanasie ?

canada euthanasie

 

Le Ministre de la Justice et procureur général du Canada vient de déposer un projet de loi, le 6 octobre 2020, pour modifier la loi sur l’euthanasie et le suicide assisté dite « loi sur l’aide médicale à mourir AMM », en retirant le critère de fin de vie pour recourir à l’euthanasie.

Une telle disposition ferait du Canada le pays le plus permissif en matière d’euthanasie, mettant en grand risque les personnes en situation de fragilité.

Ce projet de loi, sous le nom de « projet de loi C-7 » avait déjà été déposé en février dernier, juste avant les élections fédérales et l’élection d’un nouveau parlement. C’est donc la même loi, redéposée en termes identiques, qui est actuellement en examen.

Les lois qui dépénalisent l’euthanasie au Québec (2015) et au niveau fédéral (2016) à tout le Canada sont particulièrement transgressives. Cependant, un an après leur mise en application, les premières demandes d’élargissement de la loi font surface par l’intermédiaire d’un certain nombre de cas emblématiques.

C’est ainsi que ce projet de loi répond à une adaptation du jugement de la cour supérieure du Québec le 11 septembre 2019 dans l’affaire Truchon c. Procureur général du Canada. « M. Jean Truchon et Mme Nicole Gladu, deux adultes aptes souffrant de handicaps majeurs irréversibles et éprouvant des souffrances intolérables ne compromettant toutefois pas leur espérance de vie, ont introduit en 2017 une demande judiciaire pour obtenir une déclaration d’inconstitutionnalité des critères restrictifs fédéral et provincial. Les demandeurs prétendaient donc que la Loi fédérale et la Loi québécoise portaient atteinte à leur droit à la vie, la liberté et la sécurité prévu à l’article 7 de la Charte, ainsi qu’à leur droit à l’égalité prévu à l’article 15 de la Charte. »

Dans son jugement, la Cour suprême a statué que le critère « en fin de vie » de la loi ouvrant à l’euthanasie au Québec était inconstitutionnel. Elle intimait de modifier le Code Criminel en supprimant le critère de « mort naturelle raisonnablement prévisible » dans un délai de 6 mois. Ce délai a finalement été prorogé à deux reprises et prend fin le 18 décembre 2020.

Le gouvernement fédéral aurait pu faire appel de cette décision et éviter le risque d’aboutir à une loi qui remet dangereusement en cause le droit des plus fragiles. C’est ce que dénonçaient 71 associations de défense des personnes handicapées et de la dignité humaine après ce jugement, réclamant au procureur général du Canada un pourvoi au nom du droit des personnes handicapées.
Ignorant ces alertes, le gouvernement fédéral propose une loi comportant une série de mesures qui attentent gravement aux droits des personnes handicapées.

Les conditions d’accès à l’euthanasie et au suicide assisté varieraient selon que le décès du demandeur est raisonnablement prévisible ou pas. Dans les deux cas, la demande d’ « aide médicale à mourir » doit être écrite et signée devant un seul témoin (et non deux selon la loi actuelle), et la situation médicale du demandeur évaluée par deux médecins ou infirmiers. Le projet de loi supprime l’exigence d’un délai de 10 jours entre la demande et la pratique de l’euthanasie ou suicide assisté en cas de mort naturelle prévisible, si bien que la mort pourrait intervenir en suivant l’expression de la demande. Si la mort naturelle n’est pas raisonnablement prévisible, la personne doit être informée des moyens disponibles pour soulager sa souffrance, et « l’évaluation de l’admissibilité doit prendre au moins 90 jours, à moins que les évaluations aient été effectuées et que la perte de capacité soit imminente ».

D’autre part, cette loi prévoit de renoncer au consentement final, pour les personnes qui risquent de perdre leur capacité de prise de décision avant la date choisie pour recevoir l’AMM. « Le projet de loi rendrait également invalide cette renonciation au consentement final si la personne, après avoir perdu sa capacité de prise de décision, démontre un refus ou une résistance à l’administration de l’AMM. Les réflexes et autres types de mouvements involontaires, comme la réaction au toucher ou l’insertion d’une aiguille, ne constitueront pas un refus ou une résistance. » Ce renoncement serait également appliqué aux personnes qui procèdent à un suicide assisté et dont la procédure échoue, permettant ainsi à un médecin de poursuivre sans son consentement à une euthanasie.

Le 10 novembre 2020, l’association Vivre dans la Dignité a partagé au Comité permanent de la justice et des droits de la personne (JUST) un mémoire. Cette association, experte sur les questions de fin de vie, analyse les conditions (mesures de sauvegarde) dont le projet de loi propose la suppression ou la modification pour les personnes en fin de vie et les risques de l’introduction de l’ « aide médicale à mourir » pour les personnes qui ne sont pas en fin de vie. Elle livre ses principales recommandations: rien n’oblige le gouvernement à modifier les mesures de sauvegarde pour les personnes en fin de vie; ne pas ouvrir l’accès de l’AMM aux personnes qui ne sont pas en fin de vie.

Dans une lettre ouverte publiée le 9 octobre, le réseau citoyen Vivre dans la Dignité déplorait la reprise des débats alors qu’« Une pandémie mondiale sépare février d’octobre 2020. Au cours des derniers mois, nous avons vécu une prise de conscience collective sur l’importance de protéger les personnes les plus vulnérables. Alors que la détresse psychologique semble en augmentation partout au pays, nous nous apprêtons à ouvrir l’accès à l’euthanasie à des personnes malades ou vivant avec un handicap grave et incurable. » Ce mouvement citoyen appelle les élus fédéraux à profondément amender cette loi dont la date limite de dépôt était fixée au 19 novembre 2020.

Décryptage EHPAD : analyse et propositions du Cercle Vulnérabilités et Société

Décryptage EHPAD : analyse et propositions du Cercle Vulnérabilités et Société

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L’épidémie de COVID-19 a été un révélateur des insuffisances de la politique d’accompagnement du vieillissement et de la fin de vie et une invitation à les repenser. C’est dans cette démarche que s’inscrit l’analyse du Cercle Vulnérabilités et Société « Fin de vie en EHPAD : de l’hébergement à l’accompagnement », rendue publique au mois d’octobre 2020, qui interroge les insuffisances et les nouveaux défis.

Un quart des personnes qui décèdent chaque année en France, vivaient en EHPAD. Ces établissements médico-sociaux pourraient devenir des lieux de référence en matière d’accompagnement de la fin de la vie.

La sous-médicalisation des EHPAD, le déficit de compétences spécifiques en matière de fin de vie, un manque de temps et de reconnaissance de l’importance des aspects relationnels, trop peu d’anticipation et de réflexion collégiale interdisciplinaire, s’ajoutent à des freins administratifs et financiers importants. Pour faire en sorte que les EHPAD, lieux d’hébergement des personnes âgées dépendantes, deviennent des lieux d’accompagnement de la vie jusqu’à son terme, le travail réalisé par le Cercle Vulnérabilités et Société fixe cinq objectifs desquels découlent cinquante propositions concrètes.

Cinq principes pour guider l’action

1 – Favoriser le développement d’une culture décomplexée de la mort dans les EHPAD.

2 – Mettre en avant la force des EHPAD comme établissements sanitaires et sociaux pour construire avec eux une expertise spécifique et plus globale sur les questions de fin de vie.

3 – Valoriser explicitement, autour du vécu de la fin de la vie, le temps et la qualité de la relation humaine.

4 – Promouvoir la décision collégiale et la réflexion éthique, si décisives devant la singularité des situations de fin de vie.

5 – Renforcer les moyens administratifs, financiers, humains.

Quelques exemples et propositions concrètes

  • Comment dépasser le tabou de la mort en EHPAD ?

De nombreuses familles ont perdu un parent au début du printemps 2020, sans pouvoir lui rendre un dernier hommage, ce qui rend le processus de deuil difficile. La crise sanitaire a révélé – ici et là – de grandes capacités d’adaptation et un fort engagement des professionnels, mais aussi les limites d’une approche strictement sanitaire et sécuritaire. L’enjeu est, à présent, pour les EHPAD de libérer la parole et faire de la fin de vie un sujet de dialogue et de lien social entre résidents, avec les familles et avec les professionnels. Chaque établissement est invité à initier une réflexion pour définir des rituels spécifiques permettant d’informer les résidents du décès d’un autre résident et rendre hommage à ce dernier. Une « haie d’honneur funéraire » a par exemple été mise en place dans un EHPAD : lorsque le corps d’un résident quitte l’établissement, ses proches, les équipes, les résidents qui le souhaitent, forment une haie d’honneur sur une musique qu’aimait le défunt, au milieu de laquelle les employés des pompes funèbres passent avec le corps.

Permettre ainsi de donner du sens et une réalité à l’accompagnement de la fin de vie, favoriserait l’amélioration de la motivation et de la santé psychique des professionnels d’EHPAD, d’après le travail du Cercle Vulnérabilités et Société.

  • Faire du temps de la fin de vie un réel temps de vie

En dehors des urgences, le temps de la fin de vie est souvent un temps ralenti dont le rythme est différent. L’action des professionnels doit se dérouler dans une temporalité respectueuse de chacun, et pas seulement dans un temps objectif et technique de traitement et de gestion. Les priorités peuvent s’inverser au moment de la fin de la vie d’une personne. Les moments relationnels, affectifs, sensoriels, émotionnels, sont donc primordiaux et doivent être privilégiés. Afin de favoriser le temps de l’intimité et de l’adieu, des établissements proposent, par exemple, aux proches de rester aux côtés de leur parent de jour comme de nuit. Les équipes prennent le temps de l’écoute en offrant un café pour favoriser les échanges, le soutien, le partage de souvenirs et permettre aux proches de se sentir accueillis et soutenus. La musicothérapie est aussi une solution thérapeutique innovante qui permet de réduire l’anxiété, le stress des résidents, des proches et du personnel, dans les situations de fin de vie.

  • Permettre aux EHPAD d’assumer leur dimension sanitaire et sociale en devenant experts de la fin de vie

Pour associer l’irréprochabilité sanitaire et l’excellence relationnelle, les EHPAD doivent miser sur l’interdisciplinarité et la collégialité dans le but d’accompagner un renversement des priorités : en fin de vie, la qualité de la vie tend à primer sur la quantité de vie. Dans certains établissements, une check-list individualisée est peu à peu enrichie pour favoriser une approche globale et éthique d’un « projet d’une vie qui prend fin » : prise en charge de la douleur et des symptômes d’inconfort, soins infirmiers et nursing, soutien psychologique, adaptation de l’alimentation et de la nutrition, volontés de fin de vie du résident (directives anticipées, personne de confiance, précautions à prendre suite au décès, tenue prévue…), souhaits du résident en matière de confort (odeur, fond musical, mise en place d’huiles essentielles), ainsi que la place souhaitée par la famille dans les derniers moments.

Un changement de la terminologie « EHPAD » pourrait peut-être permettre de valoriser la mission d’accompagnement de la vie jusqu’à la mort par un message positif. L’enjeu est de faire de chaque fin de vie et de chaque décès un temps signifiant et constructif dans la vie d’un établissement.

La formation d’un nombre suffisant de membres du personnel des établissements à une culture palliative paraît essentielle et des conventions signées avec des équipes mobiles de soins palliatifs permettraient de solliciter leur expertise médico-psychologique sur des situations très spécifiques qui ne pourraient être traitées avec les seules ressources de l’EHPAD. La Société Française d’Accompagnement et de Soins Palliatifs (SFAP) rappelle que l’organisation des soins doit être pensée de manière à ce que les soins palliatifs soient toujours un droit garanti par la loi partout et pour tous, même en période épidémique, dans les institutions, à domicile et dans les établissements médico-sociaux.

Quelle est l’offre sanitaire globale, mais aussi plus spécifiquement de soins palliatifs, aujourd’hui en France ?

La nouvelle édition de l’Atlas national des soins palliatifs et de la fin de vie, publiée par le Centre National des Soins Palliatifs et de la Fin de Vie le 26 octobre 2020, a pour mission d’aider à appréhender les enjeux et les réalités de l’accompagnement de la fin de vie et de la place des soins palliatifs en France aujourd’hui. Une cartographie permet de visualiser le développement et la transformation de l’offre sanitaire face aux besoins des patients.

Nouveaux enjeux pour les EHPAD

L’offre palliative hospitalière et les possibilités d’accompagnement de la fin de vie à domicile ne sont pas assez développées, comme le dénoncent régulièrement les rapports de l’IGAS. Le groupe de travail du Cercle Vulnérabilités et Société, souligne que les EHPAD pourraient devenir, à l’échelle locale et nationale, des lieux de référence dans la manière de mieux accompagner la fin de vie, en cherchant à améliorer la qualité de la vie jusqu’au bout. Ce travail peut contribuer à la réflexion du plan « Grand âge et autonomie » en cours.

Au début de l’épidémie, les patients décédés en EHPAD ont été exclus des statistiques de mortalité de la COVID-19, comme si leur mort prévisible ne comptait pas. Dans un second temps, le confinement sanitaire strict a été vécu aux dépens de l’accompagnement. L’équilibre est difficile à trouver entre la sécurité sanitaire et un accompagnement indispensable dans ce qui reste de vie et qui est encore la vie. Comment concilier la protection des plus fragiles et la préservation de leur autonomie ? Comment garantir à la personne qui décline un regard respectueux face à son inaltérable dignité et lui garantir une qualité de vie dans la fin de sa vie ?

Des initiatives de terrains – comme l’auto-confinement de certains professionnels avec les résidents au printemps 2020 – constituent des leviers réels pour promouvoir, au sein des EHPAD, une expertise de la fin de vie. Les EHPAD peuvent se nourrir de tout ce qui a été élaboré par le mouvement des soins palliatifs, et initier une approche spécifique où le respect de la dimension relationnelle doit être considéré avec autant d’importance que la dimension sanitaire, dans une approche globale de la personne, abordée très en amont de la toute fin de vie.

Covid : nouvel arrêté controversé sur l’IVG à domicile

Covid : nouvel arrêté controversé sur l’IVG à domicile

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Prétextant le nouvel état d’urgence sanitaire, le ministre des solidarités et de la santé a émis un arrêté, le 7 novembre 2020, pour autoriser un allongement de la pratique de l’IVG médicamenteuse à domicile de 5 semaines de grossesse (7 semaines d’aménorrhée, SA) à 7 semaines de grossesse (9 SA).

L’état d’urgence sanitaire sur l’ensemble du territoire national a été déclaré par décret, à compter du 17 octobre 2020 à minuit, et prolongé jusqu’au 16 février 2021, par la loi autorisant la prorogation de l’état d’urgence sanitaire et portant diverses mesures de gestion de la crise sanitaire, votée le 7 novembre 2020. Une saisine du conseil constitutionnel, déposée en date du 7 novembre 2020, par au moins soixante sénateurs et soixante députés suspend actuellement la promulgation de la loi.

L’arrêté du 7 novembre reprend les termes de l’arrêté du 14 avril 2020, pris sous la pression de mouvements qui visent à « désencadrer » l’avortement.

Alors que la pratique de l’IVG médicamenteuse est autorisée jusqu’à 5 semaines de grossesse à domicile, et jusqu’à 7 semaines de grossesse dans un établissement hospitalier, pour des questions de sécurité sanitaire, l’arrêté autorise par dérogation l’avortement à domicile jusqu’à 7 semaines de grossesse. La Haute Autorité de Santé (HAS), saisie par le ministère de la Santé avait émis un avis, le 9 avril 2020, précisant qu’un protocole médicamenteux spécifique était nécessaire au-delà de 6 semaines de grossesse (8SA), notamment de doubler les doses de misoprostol, non recommandées et hors AMM (autorisation de mise sur le marché). D’autre part, la femme doit se trouver à moins d’une heure de l’établissement de santé référent auquel elle pourra s’adresser en cas de complications, notamment d’hémorragie (jusqu’à 5% de risque selon la fiche BUM (HAS 2018). Les douleurs étant plus importantes à ce stade de la grossesse, il est en outre préconisé de ne pas rester seule à domicile, sans pour autant que cela soit vérifiable.

Plusieurs associations, dont Alliance VITA, avaient introduit une requête, en avril dernier, pour dénoncer un excès de pouvoir du ministre de la Santé et une mise en danger de la santé des femmes, qui n’a, à ce jour, pas encore été jugé sur le fond.

Au-delà des questions cruciales de mise en danger de la santé des femmes, d’autres questions demeurent. A nouveau, l’arrêté précise que les consultations obligatoires d’IVG peuvent se faire par téléconsultation, sans préciser comment la proposition de soutien et d’écoute peut être envisagée, selon les conditions prévues par la loi. De plus, par dérogation, les produits de l’IVG seront fournis directement à la femme en pharmacie, alors que ces produits sont délivrés, dans les conditions actuelles, uniquement par un médecin ou une sage-femme. Il est, au demeurant, paradoxal de supprimer la consultation en présentiel, respectant les normes sanitaires, et d’envoyer la femme en pharmacie où le risque de contagion peut s’avérer plus problématique.

Une nouvelle fois, sans étude d’impact, les pouvoirs publics réitèrent cet arrêté, sans données ni retour d’expérience, de la mise en application du précédent arrêté. D’autant que, depuis le premier confinement, la situation a évolué avec la généralisation des gestes barrières et du port du masque, ainsi qu’une nette incitation des pouvoirs publics à continuer à se soigner sans baisser en exigence pour toutes les pathologies hors Covid.

C’est pourquoi Alliance VITA a décidé de déposer une nouvelle requête en excès de pouvoir, en raison des risques graves, qui demeurent identiques, pour les femmes.

Parents d’enfants porteurs de handicap : rapport de la Drees

Parents d’enfants porteurs de handicap : rapport de la Drees

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La Direction de la Recherche des Etudes de l’Evaluation et des Statistiques (DREES) a publié, le 6 novembre 2020, un rapport sur le niveau social et économique des ménages avec un enfant porteur de handicap. Ce travail a été mené en 2016 et 2017.

Les ménages bénéficiant de l’allocation d’éducation de l’enfant handicapé (AAEH) sont, selon l’étude, plus âgés que les autres parents. Cela s’explique par le temps de dépistage du handicap de l’enfant qui peut être parfois long : « Six mères bénéficiaires de l’AEEH sur dix ont 40 ans ou plus, contre cinq sur dix pour les autres mères d’enfants de moins de 20 ans. De même, sept pères bénéficiaires de l’AEEH sur dix ont 40 ans ou plus, contre six sur dix pour les autres pères ».

Les chiffres révèlent également que les ménages qui touchent cette allocation sont en majorité des familles monoparentales : « 30% sont dans cette situation (…) soit 7 points de plus que les autres ménages avec enfants de moins de 20 ans ». L’enquête ajoute que les milieux sociaux plus défavorisés sont plus susceptibles d’être dans cette situation. L’indisponibilité de la mère qui s’occupe de son enfant à retrouver un conjoint ou des troubles plus profonds (cognitifs ou psychiques) souvent révélés au cours de la scolarité peuvent être la cause de la pauvreté.

L’étude montre aussi que dans les ménages avec un enfant porteur de handicap, l’un des deux parents ne travaillerait pas, et 51% des familles monoparentales ne sont pas actives professionnellement. Pour l’aménagement du temps de travail : « presque la moitié des mères d’enfant handicapé en emploi sont à temps partiel : 42% contre 31% des autres mères ».

Pour conclure, les résultats annoncent que « Les ménages bénéficiaires de l’AAEH vivent ainsi plus souvent sous le seuil de pauvreté : 24% sont pauvres contre 17% des autres ménages avec enfant de moins de 20 ans ».

[CP] Alliance VITA mobilisée contre le risque d’« euthanasie sociale » des personnes fragiles.

[CP] Alliance VITA mobilisée contre le risque d’« euthanasie sociale » des personnes fragiles.

coronavirus fin de vie

A trois jours de la journée de commémoration des défunts, et au lendemain des nouvelles annonces par le Président de la République, du confinement des Français, Alliance VITA souhaite alerter contre le risque d’un isolement croissant de nombreuses personnes fragiles, notamment de personnes âgées, face à la pandémie, à ses incertitudes, et au repli sur soi qui tente nombre de nos concitoyens.

Certes, la solidarité familiale, notamment entre générations, peut atténuer pour un certain nombre de personnes la fragilité liée à l’âge et induite par le coronavirus.

On estime que 4 millions de nos concitoyens sont dans une situation d’extrême solitude. Pour de nombreuses personnes qui ne bénéficient pas d’une solidarité de proximité, en raison de leur isolement, l’épisode qui vient est à haut risque de désespérance.

Alliance VITA souhaite donc mettre en garde contre ce que l’on peut nommer une forme d’« euthanasie sociale » de personnes âgées. Il ne s’agit pas ici de contester les « gestes barrières » que les autorités sanitaires recommandent pour protéger ces personnes âgées, mais d’appeler nos concitoyens à maintenir, par tous moyens possibles, des liens avec leurs proches mais aussi avec des personnes âgées isolées et sans relation.

Alors que dans un moment où tant de familles sont déjà endeuillées par le Covid-19, certains prétendent faire de la journée de commémoration des défunts, une journée de revendication de l’euthanasie ; nous demandons qu’au contraire la société s’engage plus que jamais contre toute forme d’« euthanasie sociale » des personnes fragiles. Alliance VITA conduira dans les semaines qui viennent, une campagne de sensibilisation et d’action visant à rétablir ou renforcer les liens entre les générations, dans ces moments difficiles que vit la communauté nationale :  aucune personne ne doit se sentir indigne d’être soignée ou d’être aimée.

Alliance VITA anime, depuis 2003, le service SOS fin de vie, qui propose écoute et soutien aux personnes confrontées à des fins de vie ou des deuils difficiles ou à des dilemmes éthiques liés à la maladie, à la grande dépendance, à l’accompagnement social ou à la prise en charge médicale.

PLFSS : expérimentation de l’IVG chirurgicale par les sages-femmes ?

PLFSS : expérimentation de l’IVG chirurgicale par les sages-femmes ?

lien intergénérationnel

Au 4ème jour de l’examen du projet de loi de financement de la sécurité sociale (PLFSS), un amendement a été adopté par les députés autorisant la pratique de l’IVG chirurgicale par les sages-femmes, à titre expérimental.

Dans l’exposé des motifs, les auteurs issus du groupe MODEM entendent « tirer les conséquences du manque de médecins pratiquant l’avortement, notamment dans les territoires ruraux. » Cette disposition avait été rejetée en commission. Malgré l’absence de données fiables et d’étude d’impact, le gouvernement par la voix du ministre des solidarités et de la Santé Olivier Véran a soutenu cette mesure controversée.

Cette disposition avait déjà été votée en première lecture d’une proposition de loi visant le renforcement de l’avortement, présentée par un groupe minoritaire, Ecologie Démocratie Solidarité.

Soutenant que cette proposition avait peu de chance d’aboutir, le ministre de la Santé utilise ainsi un cadre législatif budgétaire pour faire adopter au forcing des modifications de la loi sur l’avortement en évitant tout débat.

La formation et la qualification d’une sage-femme n’étant pas celle d’un médecin, ce dispositif pose des questions aussi bien pour des raisons de sécurité évidentes qu’eu égard à la nature même de la mission des sages-femmes. D’autant que les sages-femmes seraient ainsi conduites à pratiquer des IVG jusqu’à 12 semaines.

Alliance VITA dénonce à nouveau une fuite en avant et demande au gouvernement de prendre ses responsabilités et de conduire une étude épidémiologique impartiale sur les causes, les conditions et les conséquences de l’avortement.

 

Pologne : l’avortement pour cause de handicap contraire à la Constitution

Pologne : l’avortement pour cause de handicap contraire à la Constitution

lien intergénérationnel

Pologne : l’avortement pour cause de handicap contraire à la Constitution.

Le 22 octobre 2020, Le Tribunal constitutionnel Polonais réuni en Assemblée plénière a déclaré l’interruption médicale de grossesse (IMG) pour des raisons de handicap ou de maladie de l’enfant à naître, contraire à la Constitution Polonaise.

Le Tribunal a également réclamé de l’aide de la part des pouvoirs publics, aux familles confrontées à la question du handicap et de la maladie de leur enfant.

L’arrêt a déclaré inconstitutionnelle l’IMG en cas de « malformation grave et irréversible » du fœtus ou d’une « maladie incurable ou potentiellement mortelle ».

Le tribunal a insisté sur le fait que toute vie humaine devait être protégée dès la conception et que cela avait plus de valeur que la santé. Il s’est inspiré également d’un document officiel du Conseil des droits des personnes handicapées de l’Organisation des Nations unies datant de 2018 : « Les lois qui autorisent explicitement l’avortement en raison d’un handicap violent la Convention des droits des personnes handicapées (Art. 4,5 et 8). ».

Cet arrêt entrera en vigueur dès sa publication au journal officiel, c’est-à-dire dans quelques jours.

 

« Une vie d’écart » : le bénéfice du lien intergénérationnel

« Une vie d’écart » : le bénéfice du lien intergénérationnel

lien intergénérationnel
La série « Une vie d’écart », diffusée les 7 et 14 octobre sur Canal plus, s’appuie sur une expérience inédite de lien intergénérationnel. Réalisée par Caroline Delage, le concept est de mettre en lien des personnes résidant en EHPAD et des enfants de moyenne section d’une école maternelle (5 ans).

En complément des activités communes avec les jeunes enfants, l’expérience est commentée par une gériatre, une pédiatre et un psychologue qui observent les fruits de cette rencontre. Au-delà de la tendresse des interactions et de la découverte enrichissante des uns et des autres, le bilan est aussi très positif. Les résidents n’ont plus beaucoup de contacts avec leur famille, ni avec l’extérieur, et sont, au début de l’aventure, assez désespérés de leur situation. Certains vivent leur séjour comme un emprisonnement à vie.

Après ces rencontres, ils témoignent se sentir moins isolés car cela a créé un lien entre eux et amélioré leur moral et leur santé. Les enfants ont, quant à eux, bénéficié de la bienveillance des personnes âgées et d’une plus grande discipline envers les adultes. Il y a, par exemple, des cours de cuisine et de dessin au cours desquels les aînés transmettent leur savoir aux écoliers. Cette expérience a pour objectif d’encourager ce type d’initiative au sein des EHPAD.

Cette action de rapprochement entre les générations rejoint l’expérience du VITA Tour, déployé par les jeunes d’Alliance VITA pendant les mois d’été : ces étudiants vont à la rencontre des personnes âgées en EHPAD et sensibilisent les vacanciers aux défis du grand âge.

Euthanasie en Espagne : le Comité de bioéthique opposé à sa légalisation

Euthanasie en Espagne : le Comité de bioéthique opposé à sa légalisation

euthanasie en espagne

Le Comité de bioéthique espagnol a publié, le 30 septembre 2020, un avis s’opposant à un projet de loi relatif à l’euthanasie.

Le Comité de bioéthique considère que l’euthanasie n’est pas un droit : il recommande, au contraire, le large développement des soins palliatifs et l’encadrement des pratiques de sédation en cas de souffrances existentielles réfractaires. Enfin, il propose de renforcer la lutte contre la douleur et l’amélioration de la qualité de vie des patients. Pour le Comité, l’euthanasie n’est pas un signe de progrès, mais au contraire un signe de recul de la civilisation si la vie humaine est conditionnée par des critères d’utilité sociale, d’intérêts économiques, de charge familiale ou de budget public. Dans son avis, il met en garde contre une pratique que les patients solliciteraient, persuadés que c’est l’unique option et que les pouvoirs publics considéreraient comme une solution pour réduire le coût de l’assistance sanitaire.

Au lendemain de la publication de l’avis du Comité de bioéthique, 160 juristes ont demandé au gouvernement de ne pas poursuivre ce projet de loi, contraire à la dignité humaine et aux droits les plus fondamentaux qui sont garantis par la Constitution et la Convention internationale des droits de l’homme.

Ils explicitent qu’une telle légalisation entre en contradiction avec plusieurs articles de la Constitution espagnole. En effet, cette dernière protège la dignité de toute personne humaine et ses droits inaliénables à l’égalité et à la non-discrimination, à la conservation de sa vie et à la protection de la santé, y compris quand elle se trouve affaiblie, et spécialement quand elle subit des atteintes physiques, sensorielles et psychiques, ou quand la personne atteint un âge avancé. 

Légaliser l’euthanasie est une grave menace faite aux personnes malades et âgées.

La pandémie, au travers de scandales survenus dans des maisons de retraite espagnoles, a mis en lumière le besoin urgent de mettre en place une vraie société de soin qui prend en charge la vulnérabilité de la condition humaine et ouvre à la solidarité et l’inclusion.

GPA : OVH mis en demeure de déconnecter un site commercial

GPA : OVH mis en demeure de déconnecter un site commercial

gpa site internet

Le 13 octobre 2020, la Cour d’appel de Versailles a condamné la société OVH qui avait hébergé un site proposant des Gestations pour Autrui (GPA). La justice avait été saisie en première instance, en 2016, par l’association Juristes pour l’enfance.

Le site espagnol de GPA Subrogalia ne sera donc plus hébergé par OVH et cette décision devrait faire jurisprudence. Le 13 juin 2016, l’association Juristes pour l’enfance avait informé l’hébergeur de la présence de ce site délictueux et l’avait mis en demeure de le retirer.

Le 26 février 2019, le Tribunal de Grande Instance de Versailles avait rendu un jugement allant dans ce sens, en demandant à OVH de retirer le site internet de son service et de verser un montant de 3 000 euros de dommages et intérêt à Juristes pour l’enfance pour préjudice moral. Pour la Cour d’appel de Versailles : « Les juges relèvent en l’espèce que « le contenu du site était à l’évidence « manifestement illicite » en ce qu’il contrevenait explicitement aux dispositions de droit français – dépourvues d’ambiguïté – prohibant la gestation pour autrui ». « Il incombait donc à la société OVH d’agir promptement ». La société OVH avait alors fait appel de cette décision.

Ce jugement intervient alors que d’autres affaires sont en cours, grâce à la vigilance d’associations. Rappelons que plusieurs associations avaient saisi la justice concernant le Salon Désir d’enfant qui s’était tenu à Paris le 6 septembre dernier. Ce salon faisait ouvertement la promotion de la GPA sur le territoire français, alors que le Gouvernement avait qualifié cette pratique interdite de « ligne rouge à ne pas franchir » lors des débats sur le projet de loi bioéthique.

Avortement : L’Ordre des Médecins et l’Académie de médecine opposés à la PPL IVG

Avortement : L’Ordre des Médecins et l’Académie de médecine opposés à la PPL IVG

ivg clause de conscience et délai

Le Conseil national de l’Ordre des médecins a diffusé un communiqué de presse, le 10 octobre dernier, pour exprimer son opposition à la suppression de la clause de conscience spécifique à l’avortement : « Parce que cela ne permettra pas de garantir l’accès sans entrave à l’IVG, l’Ordre s’oppose à la suppression de la clause de conscience spécifique. ».

De son côté, l’Académie Nationale de Médecine s’oppose à l’allongement des délais pour des questions médicales : « L’allongement du délai à 16 semaines d’aménorrhée ne répond à aucune demande légitime des femmes qui espèrent au contraire une prise en charge plus rapide, avec le risque d’augmenter le délai de leur démarche, – cet allongement entraînera inéluctablement une augmentation significative des complications à court ou à long terme. ». D’autre part, l’Académie déconseille la pratique de l’avortement chirurgical par les sages-femmes, quel qu’en soit le terme et compte tenu de leur absence actuelle de qualification chirurgicale.

Pourquoi ces prises de position interviennent-elles après le vote par les députés, en première lecture, de la proposition de loi « visant à renforcer le droit à l’avortement » ? En réalité, ni les représentants des professionnels de la santé, ni d’ailleurs la société civile, n’ont été consultés. La rapidité avec laquelle cette proposition de loi a été examinée, à peine un mois après son dépôt, a pris tout le monde de court, sans possibilité de débat public.

Pourtant, le sondage IFOP « les Français et l’IVG« , publié le 7 octobre dernier, révèle que la préoccupation des Français n’est pas de faciliter ou banaliser encore plus l’avortement. Au contraire, les Français pensent que la société aide davantage les femmes à éviter l’IVG et sont favorables à ce que les pouvoirs publics mettent en place une véritable politique de prévention de l’IVG.

Marchons Enfants ! : discours de Caroline Roux le 10 octobre 2020

Marchons Enfants ! : discours de Caroline Roux le 10 octobre 2020

 

Caroline Roux, déléguée générale adjointe d’Alliance VITA, sur le podium de la mobilisation “Marchons Enfants !” contre le projet de loi bioéthique.

Le nouveau Premier ministre et le président de la République, ont tenté de se débarrasser de ce texte, en plein été, dans la nuit du 31 juillet au 1er août, alors que notre pays était confronté à tant d’urgences politiques, économiques, sanitaires et sociales.

Les Français ont été mis hors-jeu, privés d’informations sur certaines mesures qui n’avaient jamais été inscrites dans le projet de loi, ni débattues dans la phase de consultation. On s’est moqué de nous. On a joué avec le fonctionnement de la démocratie.

On a surtout ignoré, nié et piétiné, l’intérêt des plus fragiles.

Le texte, totalement remanié en seconde lecture, n’a été voté que par 60 députés sur 577, à la sauvette.

Ce texte passe à côté de trois grandes urgences, qui devraient être trois grandes causes nationales :

  • la véritable lutte contre l’infertilité,
  • l’arrêt de l’engrenage eugéniste,
  • le respect de l’intégrité de l’espèce humaine.

 

Cette loi crée des injustices et discriminations à rebours des impératifs écologiques :

  • avec une procréation toujours plus artificielle, qui cautionne « un droit à l’enfant » :
    PMA sans père, bouleversement de la filiation rendant la paternité optionnelle, double don de gamètes… (On va donc jusqu’à promouvoir la « fabrication » d’enfants privés de toute origine), mais aussi congélation des ovocytes de femmes jeunes pour une hypothétique maternité tardive par PMA, risquée pour la santé des femmes.
    Un pas de plus a été franchi cet été avec l’adoption d’un amendement ouvrant la collecte et la conservation des gamètes humains à des établissements lucratifs. Cela ouvre la porte au « marché de la procréation ».
  • discrimination aussi avec une sélection accrue des enfants avant la naissance, y compris sur des critères génétiques en complète contradiction avec la politique de société inclusive que le gouvernement prétend développer en faveur des personnes en situation de handicap. Comment oser leur dire, les yeux dans les yeux, « prenez toute votre place dans la société » si, en même temps, on leur fait comprendre que tout est fait pour les empêcher de naître, car leur vie ne vaudrait pas la peine d’être vécue ?

Enfin, plusieurs lignes rouges ont été réintroduites sans précaution pour l’intégrité même de l’espèce humaine avec :

  • cette création de chimères homme/animal qu’à Alliance VITA, nous avons dénoncé dès le début en tant que lanceur d’alerte,
  • mais aussi la création d’embryons humains génétiquement modifiés. Ce serait jouer aux apprentis sorciers, à l’heure où la naissance d’enfants génétiquement modifiés en Chine a provoqué une réprobation mondiale et éclabousse le monde de la recherche.

 

Pourquoi cette obstination à rejeter tout principe de précaution ? 

La crise sanitaire a changé la donne et nous devons en tenir compte : elle nous a fait prendre conscience que l’humanité est fragile, qu’elle est à protéger autant que la nature.

 

Enfin, au nom d’Alliance VITA que je représente ici, j’ajoute un dernier point : nous sommes particulièrement mobilisés contre l’adoption, sans aucun débat préalable, en pleine nuit du 31 juillet qui fait exploser l’encadrement de l’avortement en France. Il ajoute un critère de « détresse psychosociale » pour avoir recours à l’interruption médicale de grossesse et avorter pendant les 9 mois de la grossesse.

 

Cet ajout a créé un électrochoc chez des personnes de toute sensibilité, choquées à l’idée de ces avortements tardifs de foetus en pleine santé, pour des femmes confrontées à une situation de vulnérabilité ou de précarité.

 

A Alliance VITA, notre expérience d’aide aux femmes en situation de vulnérabilité nous a appris :

  • qu’une détresse s’écoute. Mais qui peut prétendre l’évaluer ? La réponse à une détresse c’est d’en combattre les causes et de la soulager.
  • que l’avortement ne devrait jamais s’imposer comme une solution de fatalité. C’est en réalité discriminatoire, culpabilisant et d’une grande violence pour les femmes sans véritable politique de solidarité.

 

Avec ce projet de loi bioéthique, ce qui restait de la protection de l’être humain est gravement mis en souffrance.

Nous appelons le gouvernement à prendre ses responsabilités et à retirer ce projet de loi.

Si nous sommes mobilisés dans toute la France, avec les autres associations de Marchons enfants!, c’est pour défendre les droits des plus fragiles et alerter les sénateurs qui sont maintenant en première ligne sur ces enjeux qui, je le rappelle, nous concernent tous, ainsi que les générations futures.

Prix Nobel pour CRISPR-Cas9

Prix Nobel pour CRISPR-Cas9

Prix Nobel pour CRISPR-Cas9

 

Le prix Nobel de chimie récompense cette année l’extraordinaire découverte de génie génétique : CRISPR-Cas9. Il a en effet été attribué aux deux brillantes chercheuses qui ont contribué à la mettre au point : l’Américaine, Jennifer Doudna et la Française, Emmanuelle Charpentier.

Depuis sa mise au point, CRISPR-Cas9 a révolutionné le domaine de la science moléculaire. C’est une technique permettant de modifier le code génétique de n’importe quelle cellule par l’enlèvement, la modification ou l’ajout d’un ou de plusieurs gènes.

C’est une sorte de « ciseau génétique » avec lequel modifier un ADN devient presque aussi simple qu’un « copier-coller » dans un traitement de texte. La combinaison CRISPR-Cas9 joue le rôle d’une tête chercheuse qui localise le segment d’ADN à modifier : il est possible de supprimer un gène néfaste ou déficient, de l’inhiber, ou encore de le remplacer par un autre morceau d’ADN. CRISPR-Cas9 est simple à utiliser, peu coûteux et rapide, si bien que cette technologie est devenue incontournable dans les laboratoires de biologie.

En santé humaine, cette thérapie génique ouvre de nouvelles perspectives pour comprendre et traiter de nombreuses maladies. Il y a déjà plus de 30 essais cliniques dans le monde, sur différentes pathologies, ciblant la modification des cellules malades : maladies sanguines, immunitaires, cancer, cécité

Mais cette nouvelle technologie n’est pas sans risque éthique lié à son potentiel mésusage. En effet, il est possible de l’utiliser sur les cellules germinales (spermatozoïdes, ovocytes, embryon humain), ce qui ouvre la voie au bébé sur mesure.

Cette ligne rouge a malheureusement déjà été franchie en Chine, puisque des bébés génétiquement modifiés y sont nés fin 2018, suscitant une légitime indignation mondiale.

Alliance VITA est mobilisée, depuis la découverte de cette prodigieuse technologie, pour décrypter et alerter sur les possibles dérives et demander au législateur de préserver d’essentiels garde-fous.

Mais l’actuel projet de loi bioéthique, qui arrivera prochainement en deuxième lecture au Sénat, ouvre, dans son article 17, à la possibilité de créer des embryons transgéniques, dans le cadre de la recherche. Une transgression majeure qui chosifie gravement l’embryon humain et dont la logique ouvre à la tentation de passer ensuite à des essais visant à faire naître des enfants génétiquement modifiés.

 

Pour aller plus loin, retrouvez le dossier CRISPR-Cas9.

crispr-cas9 prix nobel

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[CP] Alliance VITA avec Marchons Enfants !, le samedi 10 octobre

[CP] Alliance VITA avec Marchons Enfants !, le samedi 10 octobre

marchons enfants 10 octobre

Alliance VITA, avec les 22 associations réunies au sein de Marchons Enfants !, sera mobilisée dans 61 villes, le samedi 10 octobre, pour défendre les droits des plus fragiles et manifester son opposition au projet de loi bioéthique.

Alliance VITA a dénoncé, à chaque étape du processus législatif, les graves dérives de cette loi :

  • dérégulation de la PMA,
  • bouleversement de la filiation,
  • sélection accrue des enfants avant la naissance,
  • manipulation extrême des embryons humains aboutissant à la création d’embryons chimères mélangeant des embryons animaux et des cellules souches humaines,
  • création d’embryons génétiquement modifiés.

Ce projet de loi passe à côté de trois grandes urgences :

  1. la véritable lutte contre l’infertilité
  2. l’arrêt de l’engrenage eugéniste
  3. le respect de l’intégrité humaine.

 

Pour Caroline Roux, déléguée générale adjointe d’Alliance VITA :

« Nous sommes à quelques semaines de l’examen du projet de loi bioéthique par le Sénat, dont la moitié des membres a été renouvelée fin septembre. Nous voulons alerter les citoyens et les sénateurs sur les dérives de ce texte qui met gravement en danger les droits de l’enfant, avec la PMA sans père, ouvre la voie au marché de la procréation et à un eugénisme grandissant. Il porte également atteinte à l’intégrité humaine, entrant en contradiction avec les impératifs écologiques qui nous concernent tous. Le projet de loi a été adopté en seconde lecture par les députés, au forcing, fin juillet, en plein été, privant les Français de toute expression démocratique. Cette situation est d’autant plus critique que de nouvelles injustices ont été introduites, par surprise et sans débat. Le rajout du critère « psychosocial » pour avoir recours à des avortements tardifs pendant les 9 mois de grossesse a créé un électrochoc chez des personnes de toutes sensibilités. Ce qui restait de la protection de l’être humain est en péril si cette loi est votée. C’est la raison de notre mobilisation déterminée pour défendre les droits des plus fragiles. »

A Paris, la manifestation aura lieu à partir de 15h, place Vendôme.

[CP] PPL IVG : Alliance VITA dénonce l’absence de prévention de l’avortement

[CP] PPL IVG : Alliance VITA dénonce l’absence de prévention de l’avortement

ppl ivg

La proposition de loi sur l’IVG, que l’Assemblée nationale vient d’adopter, fait voler en éclat l’encadrement de l’avortement sans apporter aucune mesure de prévention.

Les députés ont même repoussé la proposition d’organiser un débat public avant toute modification de la législation de l’avortement. Pourtant le dernier sondage IFOP « Les Français et l’IVG« , conduit fin septembre 2020, montre des attentes fortes des Français pour éviter l’avortement aux femmes.

Pour Caroline Roux, déléguée générale adjointe d’Alliance VITA :

« Allonger les délais de l’avortement en supprimant le délai de réflexion pour les mineures et la clause de conscience du personnel soignant constitue une véritable régression pour le respect des libertés. Ce texte est en complet décalage avec la réalité et les attentes des Françaises et des Français alors que le taux de recours à l’avortement n’a jamais été aussi élevé, et que les dernières statistiques révèlent que les femmes les plus pauvres avortent plus fréquemment. L’avortement est un marqueur d’inégalité sociale qui doit alerter les pouvoirs publicsIl est aujourd’hui irresponsable de prendre des mesures pour prétendre « faciliter » l’IVG sans aucune réflexion, ni données fiables alors que l’avortement tend à s’imposer pour des femmes en situation de précarité affective ou matérielleNous demandons au gouvernement de prendre ses responsabilités et de conduire une étude épidémiologique impartiale sur les causes, les conditions et les conséquences de l’avortement. »

[CP] Sondage IFOP : les Français et l’IVG

[CP] Sondage IFOP : les Français et l’IVG

sondage ifop ivg

Le 8 octobre, la proposition de loi proposée par le groupe minoritaire Ecologie, Démocratie, Solidarité (EDS) sera examinée à l’Assemblée Nationale. Cette proposition a pour objectif de renforcer l’avortement, notamment en allongeant le délai légal de recours à l’IVG de 12 à 14 semaines et en supprimant la clause de conscience pour les soignants.

L’IFOP a, à cette occasion, réalisé un sondage commandité par Alliance VITA mettant en lumière les véritables attentes des Français à propos de l’IVG.

  • Alors que 232 200 avortements ont été pratiqués pour 753 000 naissances en 2019, la majorité des Français (51%), considèrent que la situation est préoccupante car avorter reste un acte que l’on préfèrerait éviter.
  • 92 % des Français pensent qu’un avortement laisse des traces psychologiques difficiles à vivre pour les femmes et 73% que la société devrait davantage aider les femmes à éviter le recours à l’IVG.
  • 84% sont favorables à l’intégration de détail des aides aux femmes enceintes et aux jeunes mères dans le livret officiel d’information remis aux femmes enceintes qui consultent en vue d’une IVG.
  • Enfin, 88% sont favorables à ce que les pouvoirs publics lancent une véritable prévention de l’avortement et qu’ils conduisent une étude pour analyser les causes, les conditions et les conséquences de l’avortement.

Pour Caroline Roux, déléguée générale adjointe d’Alliance VITA :

« Ce baromètre a été réalisé à plusieurs reprises ces vingt dernières années, la dernière fois en 2016. Les résultats d’aujourd’hui confirment les attentes des Français, et surtout des femmes, en pleine contradiction avec la fuite en avant où la nouvelle proposition de loi veut nous entraîner. Le groupe, minoritaire, de députés qui l’a déposée récuse toute idée de prévention de l’IVG. Nos concitoyens, conscients des conséquences de l’avortement sont demandeurs d’une véritable solidarité pour aider les femmes à l’éviter. Il est d’ailleurs remarquable de noter que les femmes sont toujours nettement plus majoritaires que les hommes à la demander. Nous constatons, par notre expérience d’écoute des femmes enceintes confrontées à une grossesse difficile ou inattendue, que les pressions masculines vers l’IVG sont fréquemment citées dans l’expression de leurs hésitations à poursuivre leur grossesse. C’est pourquoi nous appelons le gouvernement à conduire une étude approfondie sur les causes et conséquences de l’avortement pour mener une véritable politique de prévention de l’avortement, ce que plébiscite la grande majorité des personnes interrogées. Il est aujourd’hui irresponsable de prendre des mesures pour faciliter l’IVG sans aucune réflexion, ni données fiables. Il est temps d’engager une politique de prévention de l’avortement. »

PPL IVG : surenchère pour toujours plus d’avortements

PPL IVG : surenchère pour toujours plus d’avortements

ppl ivg
Le 8 octobre prochain, l’Assemblée nationale examinera, au titre de l’ordre du jour réservé au groupe Ecologie Démocratie Solidarité, la proposition de loi n° 3292, déposée par la députée Albane Gaillot, « visant à renforcer le droit à l’avortement ».

Les auteurs de cette proposition de loi prétendent que l’accès à l’avortement serait de plus en plus difficile, alors que les dernières statistiques de l’avortement pour 2019 révèlent que leur nombre n’a jamais été aussi élevé en France. Aucune mesure de prévention de l’avortement n’est envisagée. Depuis plusieurs mois, prenant prétexte du confinement, les tenants de l’avortement font pression pour modifier la loi et faire voler en éclat son encadrement, sans étude, ni réflexion sur les moyens de l’éviter aux femmes.

C’est ainsi que le texte prévoit l’allongement des délais légaux d’accès à l’IVG de douze à quatorze semaines de grossesse et la suppression de la clause de conscience spécifique à l’avortement des professionnels de santé.

Est maintenue uniquement la possibilité pour les médecins et les sages-femmes de refuser de pratiquer l’IVG et d’adresser obligatoirement la femme vers un autre praticien. En réalité cette clause de conscience spécifique concerne non seulement les médecins mais tous les professionnels de santé (infirmiers, aides-soignants, auxiliaires de santé), ce qui constitue un déni de leur liberté de conscience (voir à ce sujet notre dossier).

Le 30 septembre 2020, la commission des affaires sociales a encore aggravé le texte en adoptant trois amendements soutenus par le groupe La République en Marche (LREM)

  • la possibilité pour les sages-femmes de pratiquer des avortements chirurgicaux jusqu’à la 10ème semaine de grossesse ;
  • la suppression du délai de deux jours entre la confirmation écrite d’une femme et la pratique de l’IVG, qui pourrait ainsi se faire sans délai, dans la foulée de la consultation ;
  • la remise par le gouvernement au parlement d’un rapport sur « l’application de la législation relative au délit d’entrave à l’interruption volontaire de grossesse identifiant, le cas échéant, des pistes d’amélioration du dispositif ».

Alliance VITA dénonce une fuite en avant idéologique et la confiscation de tout débat sur une question aussi sensible qui met des vies en jeu. L’urgence est de conduire une véritable étude épidémiologique sur les causes, les conditions et les conséquences de l’avortement.

IVG : Décryptage de la PPL visant à renforcer le droit à l’avortement

IVG : Décryptage de la PPL visant à renforcer le droit à l’avortement

ivg

Le 8 octobre prochain, l’Assemblée nationale examinera, au titre de l’ordre du jour réservé au groupe Ecologie Démocratie Solidarité, la proposition de loi n° 3292, déposée par Mme Albane GAILLOT, visant à renforcer le droit à l’avortement.

Prétendant que l’accès à l’IVG serait, aujourd’hui, de plus en plus difficile, le texte prévoit l’allongement des délais légaux d’accès à l’IVG de douze à quatorze semaines et la suppression de la clause de conscience des professionnels de santé.
Convaincue que la nécessité est plus que jamais à la prévention de l’avortement, Alliance VITA analyse ici les dernières évolutions de l’avortement en France et formule des propositions.

 

I – Le nombre d’IVG au niveau le plus élevé

« Interruptions volontaires de grossesse : une hausse confirmée en 2019 » titre le n° 1163 (septembre 2020) des Etudes et Résultats de la Direction de la Recherche, des Etudes, de l’Evaluation et des Statistiques du Ministère de la Santé.
En 2019, 232 200 interruptions volontaires de grossesse (IVG) ont été réalisées en France (contre 224 300 en 2018), dont 217 500 concernent des femmes résidant en métropole.
Le taux de recours à l’IVG est à son niveau le plus élevé depuis 1990, soit 16,1 IVG pour 1 000 femmes âgées de 15 à 49 ans. Il atteint 15,6 IVG en métropole et 28,2 dans les départements et régions d’outre-mer (DROM), alors que le nombre des naissances est en déclin depuis 2014.

Si les plus forts taux d’avortement demeurent dans la tranche des 20 – 29 ans (27,9), l’étude note que les femmes trentenaires ont davantage recours à l’IVG depuis les années 2010. À l’inverse, le taux de recours diminue chez les femmes de moins de 20 ans : chez les jeunes filles de 15-17 ans, il est passé de 10,5 pour 1000 en 2010 à 5,7 en 2019, chez les 18-19 ans, de 22,2 à 16,7 IVG sur la même période

Les écarts régionaux perdurent, les taux de recours allant du simple au triple selon les régions. En métropole, ils varient de 11,8 IVG pour 1 000 femmes en Pays de la Loire à 22,9 IVG en Provence-Alpes-Côte d’Azur. Plus élevés dans les DROM, ils dépassent 39 pour 1 000 en Guadeloupe et en Guyane.

En 2019, la part des avortements médicamenteux atteint 70%.
61 500 IVG ont été réalisées hors d’une structure hospitalière, « à domicile », soit 25,4 % du total des IVG.

Pour la première fois, les données sur l’IVG ont été appariées avec des données fiscales pour l’année 2016, démontrant ainsi une corrélation nette entre niveau de vie et IVG : il en ressort que les femmes aux revenus les plus faibles y ont davantage recours. « Ces écarts ne s’expliquent pas uniquement par des différences d’âge ou de statut matrimonial de ces groupes de femmes, puisqu’à groupe d’âge et situation conjugale donnés, les femmes dont le niveau de vie est classé parmi les 10 % les moins élevés ont une probabilité de recourir à l’IVG dans l’année supérieure de 40 % à celle des femmes ayant un niveau de vie médian ».

Le nombre élevé des IVG pratiquées, en augmentation d’une année sur l’autre, démontre que l’accès à l’avortement n’est pas entravé. Par contre, l’avortement peut s’avérer un marqueur d’inégalité sociale qui doit alerter les pouvoirs publics.

 

II – Confinement et crise sanitaire, prétexte pour modifier la loi

Cela n’a pas empêché les partisans d’une libéralisation totale de l’avortement de prendre prétexte du confinement pour tenter de modifier la loi, au détriment de la protection des femmes.

Lors de la discussion en séance au Sénat du projet de loi Urgence Covid-19, le 19 mars dernier, la sénatrice Laurence Rossignol avait défendu un amendement prévoyant d’allonger de deux semaines le délai légal pour avoir recours à une IVG, faisant valoir que le confinement risquait d’entraver et retarder les demandes d’avortement. Pourtant, l’avortement avait été classé parmi les soins d’urgence.
L’amendement avait été rejeté, le Gouvernement, ainsi que la Commission des lois du Sénat, ayant émis des avis défavorables.

De nouveau, lors des questions au gouvernement du 1er avril, la sénatrice s’est appuyée sur une tribune parue dans le Monde la veille, signée par une centaine de professionnels de l’avortement qui revendiquaient des mesures pour faciliter l’IVG :
• un allongement des délais pour la pratique de l’IVG médicamenteuse à domicile de 5 à 7 semaines de grossesse ;
• la dispense du délai de 48 heures pour les mineures entre la consultation psychologique préalable obligatoire et le consentement écrit pour l’IVG, en proposant que l’avortement soit pratiqué dans la foulée de la première consultation ;
• un allongement des délais légaux de 12 à 14 semaines de grossesse pour les femmes qui seraient hors délai, du fait de difficultés liées au confinement.

En réponse à la question, le ministre de la Santé, Olivier Véran a parlé d’ « une réduction inquiétante du recours à l’IVG », a dit examiner les aspects techniques pour l’allongement de délai des IVG médicamenteuses à domicile et affirmé que la question des IVG hors délai pourrait être évaluée à la fin du confinement, si cela se justifiait.

Interrogée sur France Inter dans la matinale du 1er avril, une des cosignataires de la tribune reconnaissait que des collègues gynécologues leur avaient reproché de vouloir profiter de la situation pour faire passer des revendications, ce dont elle s’est défendue.

 

III – L’arrêté du 14 avril 2020 : allongement des délais des IVG médicamenteuses à domicile

En écho aux recommandations du collège des gynécologues, le ministre de la Santé préconisa donc d’encourager les IVG médicamenteuses, tout en « garantissant le libre choix des femmes » sur la méthode d’avortement.

Pour rappel, les IVG médicamenteuses sont pratiquées jusqu’à 5 semaines de grossesse à domicile et 7 semaines en établissement hospitalier. Au-delà de ces délais, l’avortement chirurgical est pratiqué.

Saisie le 7 avril par le ministre de la Santé, la Haute Autorité de Santé (HAS) a rendu son avis le 9 avril. Pour expliquer ses « réponses rapides », la HAS a indiqué qu’« il est impératif dans la situation épidémique actuelle de garantir une réponse aux demandes d’IVG, dans des conditions ne conduisant pas à dépasser les délais légaux d’IVG, tout en limitant les expositions des patientes et des professionnels au COVID-19, et en ménageant les ressources des établissements de santé ».
Le document précise que ces « réponses rapides » s’appliquent uniquement à la période d’urgence sanitaire liée à l’épidémie.

  • La HAS propose un protocole médicamenteux spécifique au-delà de 8 SA, notamment de doubler les doses de misoprostol, non recommandées et hors AMM (autorisation de mise sur le marché) jusque-là.
  • La femme doit se trouver à moins d’une heure de l’établissement de santé référent auquel elle pourra s’adresser en cas de complications, notamment d’hémorragie (jusqu’à 5% de risque selon la fiche BUM (HAS 2018). D’autre part, les douleurs sont plus importantes. Il est préconisé de ne pas rester seule à domicile.

Par arrêté du 14 avril 2020, le délai d’accès à l’IVG médicamenteuse à domicile a été allongé de 2 semaines, passant de 5 à 7 semaines de grossesse (ce qui correspond à un allongement de 7 à 9 semaines d’aménorrhée (SA)), pendant la crise sanitaire du Coronavirus.

L’arrêté précise que les consultations obligatoires d’IVG peuvent se faire par téléconsultation, sans préciser comment la confirmation écrite de la femme pour l’avortement est obtenue, ni comment la proposition de soutien et d’écoute peut être envisagée, selon les conditions prévues par la loi. De plus, par dérogation, les produits de l’IVG (l’association de deux produits mifepristone et misoprostol) pris à 36 ou 48 heures d’intervalle seront fournis directement à la femme en pharmacie, alors que ces produits sont délivrés, dans les conditions actuelles, uniquement par un médecin ou une sage-femme.

 

Analyse d’Alliance Vita :

« C’est une mesure grave qui peut avoir des conséquences sanitaires et psychologiques importantes pour les femmes. Promouvoir ainsi l’IVG médicamenteuse à domicile a une incidence sur la précipitation de la décision, et peut laisser entendre que c’est la solution privilégiée, tout en laissant les femmes dans une grande solitude dans cette période de crise sanitaire. De plus, il est connu que ces avortements pratiqués plus tardivement induisent un risque sanitaire supplémentaire et nécessitent un suivi précis sachant que les douleurs sont plus importantes à des âges gestationnels plus avancés, avec des saignements plus abondants, et des risques hémorragiques augmentés. Inciter à “avorter confinée” et mobiliser les soignants pour ce type d’acte en urgence, est-ce vraiment la priorité, est-ce respecter les femmes ? ».

 

IV – Le rapport de la Délégation aux droits des femmes (16 septembre 2020) : vers un démembrement total de l’encadrement à l’avortement

Après le rapport du Haut Conseil à l’Egalité (29 avril 2020), intitulé « Garantir l’accès à l’IVG à toutes les femmes » qui prenait prétexte de la durée du confinement pour préconiser de modifier l’encadrement de l’avortement, la Délégation aux droits des femmes de l’Assemblée nationale vient de formuler 25 recommandations parmi lesquelles :

  • l’allongement du délai durant lequel l’IVG chirurgicale peut être pratiquée en le portant à 14 semaines de grossesse au lieu de 12 ;
  • la suppression de la clause de conscience spécifique des professionnels de santé en matière d’IVG ;
  • la modification de l’article L.2213-1 du code de la Santé publique pour ce qui concerne l’accès à l’IMG pour des raisons psychosociales ;
  • la pérennisation de l’allongement du délai de recours à l’IVG médicamenteuse en ville de 5 à 7 semaines de grossesse.

 

Deux propositions doivent être ici, plus particulièrement, examinées :

1) IMG et détresse psychosociale : la fuite en avant législative

Dès le mois d’avril, le ministre avait cependant dit étudier, selon les réelles demandes à la fin du confinement, la proposition de qualification d’IMG pour « détresse psychosociale » sans en préciser la définition, autorisant à avorter jusqu’au terme de la grossesse si la pandémie a retardé l’IVG.

Sans attendre la moindre évaluation, le Gouvernement – qui s’en est remis à « la sagesse » des députés – a laissé adopter à la sauvette en pleine nuit (du 31 juillet au 1er août 2020) à la fin de l’examen du projet de loi bioéthique une disposition qui fait exploser l’encadrement de l’avortement en ajoutant le critère flou de « détresse psychosociale » pour recourir à l’interruption médicale de grossesse (IMG), jusqu’au terme de la grossesse.

La condition des femmes enceintes faisant face à une détresse mérite toute l’attention de la société.
Une détresse doit toujours être écoutée.
Prétendre évaluer les détresses « psychosociales » est un facteur important de pression sur les femmes en situation de vulnérabilité. Le regard extérieur posé sur les situations personnelles peut avoir un impact déterminant sur la poursuite ou non d’une grossesse, spécialement quand des perspectives d’accompagnement et de soutien ne sont pas offertes. Quelles catégories de détresse devraient être jugées comme conduisant de facto à avorter et à ne pouvoir être éligible à la solidarité ?
Des femmes sans domicile fixe, migrantes ou victimes de violence conjugale ou encore faisant face à des difficultés psychiques devraient-elles être catégorisées comme devant forcément avorter ?

Sous-estimer les conséquences sur les femmes d’avortements sous contrainte « psychosociale » serait irresponsable. Des femmes avouent leur déchirement d’avorter de leur enfant à naître en pleine santé à cause de leur situation matérielle, affective ou psychique. Cela doit nous interroger collectivement sur les réelles solidarités à exercer plutôt que de renvoyer à certaines femmes qu’elles seraient en incapacité de devenir mères.
La réponse à une détresse, c’est d’en combattre les causes, et de la soulager.
L’IVG ne devrait jamais s’imposer comme une solution de fatalité. C’est en réalité discriminatoire et culpabilisant, d’une grande violence pour les femmes. Or en regard de cette disposition, aucune alternative ou soutien spécifique n’a été proposé.

2) La pérennisation de l’allongement du délai de recours à l’IVG médicamenteuse en ville, de 5 à 7 semaines

Déjà hautement contestable, cette disposition ne saurait être pérennisée. En effet, elle met en danger la santé physique et psychologique des femmes du fait de l’augmentation de la douleur et de la détresse psychologique entrainée par l’allongement du délai.

L’IVG médicamenteuse est souvent difficile à vivre car la femme est confrontée seule à la douleur et l’expulsion du fœtus. Les anti-douleurs prescrits soulagent plus ou moins cette douleur alors que l’isolement ajoute à la détresse psychologique. Une étude de l’Inserm publiée en 2016 souligne que « 27% des femmes ayant réalisé une IVG médicamenteuse ont ressenti des douleurs très intenses au 3ème jour de l’IVG. 83% des femmes affirment avoir pris des antidouleurs lors des cinq jours du traitement¹. Plus d’1 femme sur 4 a également déclaré avoir été inquiète des saignements provoqués par la prise des médicaments ».

 

V – Faut-il de nouveau légiférer ?

Depuis 1975, le législateur n’a cessé d’intervenir pour étendre la loi.

  • 1975 : loi dite « Veil » : pour 5 ans à titre expérimental
    o IVG pour « détresse » (jusqu’à 10 semaines de grossesse)
    o IMG si la grossesse met en péril grave la santé de la femme ou s’il existe une forte probabilité que l’enfant à naître soit atteint d’une affection d’une particulière gravité (sans délai jusqu’à la naissance)
  • 1979 : Reconduction de la loi de 1975 sans limite de temps
    o Abandon de la promesse de mise en place de commissions d’aides à la maternité
  • 1982 : loi instaurant le remboursement de l’IVG par la Sécurité Sociale,
  • 1993 : loi dite « Neiertz » instaurant un «délit d’entrave à l’IVG »,
  • 2001 : loi dite «Aubry» :
    o extension du délai légal de l’IVG qui passe de 10 à 12 semaines de grossesse,
    o suppression de l’entretien préalable obligatoire, sauf pour les mineures,
    o suppression de l’autorisation parentale pour les mineures,
    o suppression du droit à l’objection de conscience pour les chefs de service,
    o IVG médicamenteuse (par RU 486) autorisée “à domicile” par des médecins de ville agréés,
    o autorisation de la publicité pour l’avortement
  • 2007 : Autorisation de la prescription de l’IVG médicamenteuse ”à domicile” aux centres de santé et aux centres de planification ou d’éducation familiales (CPEF) agréés.
  • 2012 : Hausse de 50% des “forfaits IVG” payés aux établissements de santé,
  • 2013 : Remboursement de l’IVG à 100% par la Sécurité sociale,
  • 2014 : Loi sur l’égalité femmes-hommes :
    o Suppression de la notion de détresse pour l’IVG
    o Délit d’entrave à l’IVG élargi à l’accès à l’information
    o Résolution à l’Assemblée nationale pour réaffirmer le “droit fondamental à l’IVG”
  • 2015 : Loi « Santé » :
    o Suppression du délai de réflexion d’une semaine pour l’IVG,
    o Autorisation de la pratique des IVG médicamenteuses par les sages-femmes,
    o Autorisation donnée aux Centres de santé de pratiquer des IVG chirurgicales,
    o Création de plans d’action régionaux pour l’accès à l’IVG.

Les révisions successives de la loi sur l’avortement n’ont conduit à aucune évaluation, ni étude épidémiologiques sur les causes et les conséquences de l’IVG, pourtant considérée comme un acte qui n’est pas anodin. On devrait pourtant s’interroger sur le taux français d’IVG qui est plus que le double de celui de l’Allemagne.
D’autre part, aucun le bilan de ce qui s’est passé en matière d’IVG pendant le confinement n’a été dressé.

 

VI – La proposition de loi n° 3292 visant à renforcer le droit l’avortement

Ce texte contient deux dispositions :

1) L’allongement des délais légaux d’accès à l’IVG de 12 à 14 semaines

Dans l’exposé des motifs de la proposition de loi, on peut lire « qu’aucun argument médical ou scientifique ne justifie de s’opposer à l’allongement des délais ». En réalité, sur un plan médical, l’opération est rendue plus complexe, compte tenu de la plus grande taille du fœtus.

Quelle est la justification d’une telle disposition ?

Des femmes dépasseraient le délai légal et seraient alors contraintes d’aller avorter à l’étranger, nous dit-on. Leur nombre se situerait entre 3 000 et 5 000 femmes par an… C’est le même chiffre qui avait été avancé lors de l’allongement des délais en 2001. Les pays receveurs – Belgique et Espagne, en particulier – ne confirment pas ces chiffres. Selon les données consignées dans le dernier rapport de la Délégation aux droits des femmes, les estimations variaient de 80 à 1000 Françaises venant subir une IVG hors délai en Espagne et de 810 Françaises s’étant rendues aux Pays-Bas en 2018.
Nous ne disposons aujourd’hui d’aucune analyse fiable ni sur les chiffres ni sur les raisons pour lesquelles un certain nombre de femmes iraient à l’étranger. Ces données pourraient éclairer sur les carences éventuelles des politiques publiques et les politiques de prévention à conduire.

2) La suppression de la clause de conscience spécifique à l’IVG

D’après les auteurs de la proposition de loi, il y aurait une « double clause de conscience », une spécifique à l’IVG et l’autre de nature générale. Les deux clauses auraient la même portée et concerneraient tout le personnel soignant. Et donc il y aurait une clause de trop (celle de l’article L2212-8 du code la santé publique), qu’il faudrait supprimer pour ne pas « stigmatiser » l’IVG par rapport aux autres actes médicaux.

Cet argument est fallacieux pour au moins quatre raisons :

La clause générale existait avant la loi de 1975 sur l’avortement. Si donc le législateur a cru bon d’en introduire une spécifique à l’occasion du vote de cette loi, c’est bien qu’il fallait une protection supplémentaire pour le médecin, compte tenu de la portée de l’acte en cause. Refuser de supprimer une vie n’est pas la même chose que de refuser de prendre en charge un patient qui se présente, ou refuser de prescrire certains traitements médicaux.

2° La clause générale du médecin est de portée plus restreinte. Celle-ci commence par le principe suivant : « Quelles que soient les circonstances, la continuité des soins aux malades doit être assurée. » Ce principe limite le pouvoir d’appréciation du médecin dans au moins deux circonstances citées dans le texte, « le cas d’urgence et celui où il manquerait à ses devoirs d’humanité ». Ce cadre juridique est de fait plus restrictif et plus contraignant pour le médecin que l’affirmation solennelle selon laquelle « un médecin n’est jamais tenu de pratiquer une interruption volontaire de grossesse ».

La clause générale n’est pas de nature législative, mais réglementaire. La différence est fondamentale. Une loi apporte une garantie de liberté bien meilleure qu’un décret ministériel. Une loi ne peut être modifiée que par une autre loi discutée au Parlement, avec des débats, des amendements, des votes, une censure possible du Conseil constitutionnel, etc. Un décret peut être modifié du jour au lendemain par le gouvernement, sans contrainte particulière auprès de l’opinion publique ou des élus. Si on supprime la clause de conscience de l’article L2212-8 du code de la santé publique, de nature législative, il ne restera plus que celle de l’article R.4127-47, de nature réglementaire, donc beaucoup moins protectrice.

4° La clause générale n’existe pas pour tous les autres personnels soignants. Certes, une clause générale similaire à celle du médecin existe pour des sages-femmes (article R.4127-328 du code de la santé publique), et pour la profession d’infirmier (article R.4312-12 du même code). Mais ces clauses générales, de nature réglementaire, comportent les mêmes limites et conditions que la clause du médecin (voir analyses dans le 2° et le 3°). Par ailleurs, il existe d’autres professions qui pourraient être amenées à participer, de près ou de loin, à la réalisation d’une IVG, comme par exemple celle d’aide-soignant. Or la clause spécifique IVG dispose clairement que « Aucune sage-femme, aucun infirmier ou infirmière, aucun auxiliaire médical, quel qu’il soit, n’est tenu de concourir à une interruption de grossesse. »

On ne peut, en effet, forcer un professionnel à agir en contradiction formelle avec sa conscience. Il s’agit d’un droit fondamental des soignants qui sont tenus d’agir en responsabilité et de manière éclairée.

Supprimer cette clause reviendrait à transformer les professionnels de santé en prestataires de service, ce qui remettrait en cause la spécificité de ces professions, à l’encontre de la déontologie médicale. De nombreux professionnels seraient alors insécurisés. Interdire la liberté de conscience, c’est la porte ouverte à des discriminations contraignant certains à abandonner leur métier. Autant dire qu’il s’agit d’une atteinte à la liberté d’expression et de pensée contraire aux droits de l’Homme.

 

VII – Le texte adopté par la Commission des Affaires sociales

Outre les deux dispositions contenues dans la version initiale de la proposition de loi et exposées ci-dessus, la Commission des Affaires sociales, lors de sa réunion du 30 septembre 2020, a ajouté trois articles tout aussi contestables, tant ils portent atteinte à l’intégrité physique et morale des femmes :

  • Permettre aux sages-femmes de réaliser des interruptions volontaires de grossesse par voie chirurgicale jusqu’à la fin de la dixième semaine de grossesse (art. 1er bis nouveau).

La formation et la qualification d’une sage-femme n’étant pas celle d’un médecin, aussi bien pour des raisons de sécurité évidentes qu’eu égard à la nature même de la mission des sages-femmes, une interruption volontaire de grossesse chirurgicale ne peut être pratiquée que par un médecin.

  • Suppression du délai de deux jours au terme duquel la femme doit confirmer par écrit sa volonté d’interrompre sa grossesse (art. 1er ter nouveau).

La loi Santé du 26 janvier 2016 a supprimé le délai de réflexion de 7 jours entre la première consultation d’avortement et la seconde au cours de laquelle la femme doit confirmer sa demande par écrit. Cependant, la loi prévoit qu’un entretien préalable supplémentaire doit être systématiquement proposé « au cours duquel une assistance ou des conseils appropriés à la situation de l’intéressée lui sont apportés » (art. 2212-4 du code de la santé publique) . Cet entretien est obligatoire pour les mineures. Un délai de deux jours a été maintenu pour toutes les femmes qui suivent cet entretien préalable, avant de pouvoir confirmer par écrit la demande d’IVG. Supprimer ce délai de réflexion de deux jours, déjà très court, alors que l’IVG concerne un geste scellant le destin d’une existence humaine, ne respecte pas les femmes, spécialement les jeunes mineures. Par contre, la loi impose 2 semaines de réflexion avant une chirurgie esthétique.
Cette disposition est gravement attentatoire à la liberté de la femme avec un risque de précipitation vers l’avortement, qui pourrait en l’absence de délai de réflexion, se pratiquer dans la foulée d’un entretien préalable.

  • Présenter au Parlement, dans les six mois de la publication de la présente loi, un rapport sur l’application de la législation relative au délit d’entrave à l’IVG (art. 2 bis nouveau),

Au lieu de légiférer de nouveau sur l’avortement, la priorité est aujourd’hui de conduire une véritable étude épidémiologique impartiale, qui analyse les causes, les conditions et les conséquences de l’avortement pour la mise en place d’une réelle politique de prévention de l’avortement.

 

VIII – Pour une vraie prévention de l’avortement

L’urgence est à la protection des femmes contre toutes violences, spécialement celles que constituent les pressions – souvent masculines – mais aussi sociales pour les femmes les plus vulnérables qui les poussent trop souvent à avorter à contrecœur.
Un sondage, publié en 2016, a révélé que 89% des Français jugent que l’avortement laisse des traces psychologiques difficiles à vivre pour les femmes et 72% estiment que la société devrait davantage aider les femmes à éviter le recours à l’interruption volontaire de grossesse.

C’est pourquoi Alliance VITA demande :

  • de ne pas légiférer,
  • la conduite d’une étude épidémiologique sur les 20 dernières années, qui analyse les causes, les conditions et les conséquences de l’avortement,
  • un véritable débat sur l’avortement, ses causes et ses conséquences,
  • la mise en place d’une véritable politique de prévention de l’avortement assortie de la délivrance d’une information plus équilibrée aux femmes confrontées à une grossesse inattendue, notamment sur les aides et droits spécifiques aux femmes enceintes.
[CP] Alliance VITA demande un vrai bilan sur l’avortement en France

[CP] Alliance VITA demande un vrai bilan sur l’avortement en France

proposition de loi ivg
La commission des affaires sociales de l’Assemblée nationale doit examiner, le 30 septembre, la proposition de loi n°3292, déposée par Mme Albane Gaillot, visant à renforcer le droit à l’avortement. Cette proposition de loi doit être examinée en séance, le 8 octobre prochain, au titre de l’ordre du jour réservé au groupe Ecologie Démocratie Solidarité.

Prétendant que l’accès à l’IVG serait, aujourd’hui, de plus en plus difficile, le texte prévoit l’allongement des délais légaux d’accès à l’IVG de douze à quatorze semaines de grossesse et la suppression de la clause de conscience des professionnels de santé. La publication récente des statistiques de l’IVG pour l’année 2019 montre que le taux de recours à l’IVG est à son niveau le plus élevé en France, soit 16,1 IVG pour 1000 femmes âgées de 15 à 49 ans avec 232 200 avortements, alors que le nombre de naissances ne cesse de décroître depuis 2014.

Cette situation est d’autant plus alarmante que, pour la première fois, les données ont été étudiées en prenant en compte les données fiscales des femmes concernées : il en ressort que les femmes aux revenus les plus faibles y ont davantage recours. Alliance VITA dénonce une fuite en avant idéologique niant la réalité, véritable violence faite aux femmes qui, pour certaines, sont contraintes de subir une IVG en raison de leur situation de précarité ou de pressions extérieures. Pour Caroline Roux, déléguée générale adjointe et coordinatrice des services d’écoute :

« Nous assistons à une véritable offensive idéologique, sans aucune réflexion sur la prévention de l’avortement. Nous sommes en effet régulièrement témoins des hésitations douloureuses de femmes à propos de leur grossesse. L’urgence est à la protection des femmes contre toute violence, spécialement celles que constituent les pressions – souvent masculines mais aussi sociales – pour les femmes les plus vulnérables qui les poussent trop souvent à avorter à contrecœur. L’IVG est un marqueur d’inégalité sociale qui doit alerter les pouvoirs publics. Le législateur ne doit pas se laisser aveugler par le harcèlement idéologique de certains qui prônent un avortement sans limite. »

Alliance VITA demande de ne pas légiférer et que soit conduite une étude épidémiologique, qui analyse les causes, les conditions et les conséquences de l’avortement. La véritable priorité en 2020 est la mise en place d’une véritable politique de prévention de l’avortement, assortie de la délivrance d’une information plus équilibrée aux femmes confrontées à une grossesse inattendue, notamment sur les aides et droits spécifiques aux femmes enceintes.

Avortement : un taux record en France

Avortement : un taux record en France

avortement statistiques

Avec 232 000 avortements (versus 224 300 en 2018), l’année 2019 a connu son niveau le plus haut en France selon la DREES (Direction de la recherche, des études, de l’évaluation et des statistiques) qui publie chaque année les statistiques sur les interruptions volontaires de grossesse.

Publiée le 24 septembre 2020, l’étude révèle que le taux d’avortement atteint 16,1 (nombre d’IVG pour 1 000 femmes en âge de procréer), alors qu’il est autour de 7 en Allemagne. Cette tendance à la hausse est confirmée depuis 1995.

De fortes disparités apparaissent selon les lieux d’habitation, qui peuvent varier du simple au triple. En France métropolitaine, c’est la région PACA qui connaît le plus fort taux (22,7). Plus élevés dans les départements et territoires d’outre-mer, ces taux dépassent 39 pour 1000 en Guadeloupe et en Guyane.

Fait marquant de ces dernières années, le nombre de naissances diminue, alors que le nombre d’avortements augmente.

Si les plus forts taux d’avortement demeurent dans la tranche des 20-29 ans, l’étude note que les femmes trentenaires ont davantage recours à l’IVG depuis les années 2010. À l’inverse, le taux de recours diminue chez les femmes de moins de 20 ans : chez les jeunes filles de 15-17 ans, il est passé de 10,5 pour 1000 en 2010 à 5,7 en 2019, chez les 18-19 ans, de 22,2 à 16,7 IVG.

La part des avortements médicamenteux ne cesse de croître pour atteindre 70% en 2019. Cette procédure d’avortement est réalisée avant 5 semaines de grossesse à domicile et 7 semaines à l’hôpital.

Les statistiques montrent que 12 000 avortements ont eu lieu entre 10 et 12 semaines de grossesse.

« Les IVG réalisées durant les deux dernières semaines du délai légal (uniquement par méthode instrumentale) peuvent en partie rendre compte de difficultés de parcours et d’accès, du fait d’une offre insuffisante ou d’une méconnaissance du système de santé par les femmes concernées », selon les auteurs.

Ce commentaire nécessiterait une étude plus approfondie et des nuances, notamment sur les hésitations douloureuses de femmes à poursuivre leur grossesse. D’autant que, pour la première fois, les données ont été étudiées en prenant en compte le niveau social des femmes concernées : il en ressort que les femmes aux revenus les plus faibles y ont davantage recours.

« Ces écarts ne s’expliquent pas uniquement par des différences d’âge ou de statut matrimonial de ces groupes de femmes, puisqu’à groupe d’âge et situation conjugale donnés, les femmes dont le niveau de vie est classé parmi les 10 % les moins élevés ont une probabilité de recourir à l’IVG dans l’année supérieure de 40 % à celle des femmes ayant un niveau de vie médian. »

Autant dire que l’avortement peut s’avérer un marqueur d’inégalité sociale qui doit alerter les pouvoirs publics. Année après année, ces chiffres sont publiés sans analyse sur les causes et les conséquences de l’avortement. Un sondage IFOP, publié en 2016, avait révélé que 89% des Français pensaient que l’avortement laissait des traces psychologiques difficiles à vivre pour les femmes et 72% estimaient que la société devait davantage aider les femmes à éviter le recours à l’interruption volontaire de grossesse.

Cette étude est publiée alors qu’une proposition de loi doit être examinée, le 8 octobre prochain, au titre de l’ordre du jour réservé au groupe Ecologie Démocratie Solidarité. Cette proposition a toutes les chances de ne pas être adoptée, mais elle contribue à faire avancer l’idéologie de l’avortement sans limite.

Alliance VITA, appelle à une véritable prévention de l’avortement et à la conduite d’une étude épidémiologique sur les 20 dernières années, pour analyser les causes, les conditions et les conséquences de l’avortement.

GPA : la crise sanitaire met en lumière de graves dérives

GPA : la crise sanitaire met en lumière de graves dérives

gpa covid
Depuis le début de la crise du Covid-19, des centaines de nouveaux-nés issus de procédures de Gestation par Autrui (GPA) ont été placés dans des orphelinats ou dans des lieux gérés par des « nounous », en attendant la réouverture des frontières internationales entre la Chine, la Russie et l’Ukraine. Les clients chinois ont dû quitter le territoire avant la fermeture des frontières et leurs visas ont été annulés.

« Quand la police trouve plusieurs bébés chinois sans papiers dans une maison avec un inconnu, cela ressemble à un trafic d’enfants pour la vente d’organes« , déclare Dmitriy Sitzko, directeur marketing pour la Chine de l’agence de GPA Vera à Saint-Pétersbourg.

Ce marché de la procréation s’est mis en place avec l’assouplissement de la politique de l’enfant unique en Chine et l’interdiction de la GPA dans ce pays. Les couples sont parfois trop âgés et donc n’ont pas pu bénéficier de cette réforme. Les Chinois commandent donc des enfants dans des agences russes, ukrainiennes et laotiennes, majoritairement. Le Cambodge a également interdit la GPA à cause de ce phénomène qui exploite le corps des femmes les plus défavorisées.

Déjà au mois de mai dernier, FranceTV Info révélait le même type de situation en Ukraine, gros fournisseur de GPA, avec des clients venus du monde entier. Une centaine de bébés étaient placés dans des chambres d’hôtel transformées en pouponnières pour l’occasion. Certains commanditaires avaient pu obtenir un visa de leur pays d’origine, mais pas ceux issus de pays interdisant la GPA sur leur territoire.

La crise sanitaire met en lumière les conséquences dramatiques du marché de la procréation et l’urgence d’accords internationaux pour interdire la GPA.

Les sociétés commerciales proposant la GPA tentent le forcing en France malgré l’interdiction de cette pratique. En septembre dernier, plusieurs associations ont formé des recours en justice contre le salon Désir d’enfant, qui s’est tenu le 6 septembre dernier, avec plusieurs entreprises étrangères proposant des GPA aux Français, alors que cela est totalement illégal dans ce pays et que le Gouvernement l’avait qualifié de « ligne rouge » à ne pas franchir dans les débats sur le projet de loi bioéthique.