Grand Âge : une loi prévue pour 2021

Grand Âge : une loi prévue pour 2021

loi grand age

Le président de la République a annoncé, lors de la visite d’un EHPAD le mardi 22 septembre, un projet de loi Grand Age pour le début de l’année prochaine.

La phase de consultation pour ce projet porterait le nom de « Laroque de l’autonomie », en référence au résistant Pierre Laroque, créateur de la Sécurité Sociale en 1945.

Ce projet de loi a été reporté à plusieurs reprises mais la pandémie actuelle du Covid-19 a accéléré l’exigence de sa création. Lors de sa déclaration, Emmanuel Macron a précisé que : « Ce virus nous a réappris parfois à vivre avec la mort, notre vulnérabilité, et nous a montré que nous étions plus vulnérables à un certain âge. Il nous a conduits à regarder en face le vieillissement de notre population. Cela suppose d’adapter notre réponse. »

La crise des EHPAD, des accompagnants et l’isolement des personnes âgées sont des problèmes qui ont été mis en avant ces derniers mois. A l’issue d’une enquête parlementaire, menée par le député Eric Ciotti, un bilan a été publié, le 28 août, à ce sujet.

Alliance VITA avait, au cœur de la crise, lancé une alerte en faveur des personnes âgées fortement touchées par la crise. Le manque de moyens dans certains établissements médicaux pouvait entraîner un risque d’euthanasie des personnes âgées.

Marchons Enfants ! : conférence de presse du 24 septembre 2020

Marchons Enfants ! : conférence de presse du 24 septembre 2020

marchons enfants 10 octobre

Une conférence de presse du collectif Marchons Enfants ! s’est tenue le 24 septembre 2020 à Paris, avant la mobilisation du 10 octobre qui aura lieu dans toute la France.

Caroline Roux, déléguée générale adjointe d’Alliance VITA, participait à cette conférence de presse.

Si nous sommes très mobilisés à Alliance VITA, avec Marchons Enfants !, c’est pour alerter les Français qui ont été largement mis hors jeu de l’examen, par les députés, du projet de loi bioéthique en 2nde lecture, en plein cœur de l’été.

 

Que découvrent les Français ?

  • Un nouveau Premier ministre qui veut se débarrasser de ce texte à la sauvette
  • Un texte totalement remanié, voté par uniquement 60 députés sur 577, qui passe à côté de trois grandes urgences :
  1. la véritable lutte contre l’infertilité,
  2. l’arrêt de l’engrenage eugéniste et
  3. le respect de l’intégrité de l’espèce humaine.

Alliance VITA a systématiquement dénoncé les graves dérives de cette loi : dérégulation de la PMA, toujours plus de sélection des enfants avant la naissance, y compris sur des critères génétiques, manipulation accrue des embryons humains aboutissant à la création d’embryons chimères, mélangeant embryons animaux et cellules souches humaines.

 

Deux mesures extrêmement choquantes ont été votées.

  • la collecte et la conservation des gamètes humains par des établissements lucratifs, ce qui constitue un pas de plus vers le marché de la procréation ;
  • un amendement voté en dernière minute, sans débat, qui fait exploser l’encadrement de l’avortement en France, en ajoutant un critère invérifiable de « détresse psychosociale » pour avoir recours à un avortement dit « médical » (IMG) pendant les 9 mois de grossesse. Cette mesure a créé un électrochoc chez des personnes de tous bords, choquées par ces avortements tardifs de fœtus en pleine santé, sans proposition alternative.

A Alliance VITA, notre expérience d’aide aux femmes en situation de vulnérabilité nous a appris que :

  • Une détresse s’écoute mais qui peut prétendre l’évaluer ? La réponse à la détresse, c’est d’en combattre les causes, et de la soulager.
  • L’avortement ne devrait jamais s’imposer comme une solution de fatalité, c’est en réalité discriminatoire et culpabilisant, d’une grande violence pour les femmes sans autre alternative.

Nous demandons la mise en place d’une politique d’accompagnement et de solidarité pour les femmes enceintes en difficulté, ainsi que la conduite d’une étude épidémiologique qui analyse les causes, les conditions et les conséquences de l’avortement.

 

Avec ce projet de loi bioéthique, ce qui restait de la protection de l’être humain est gravement mis en souffrance.

Nous appelons les sénateurs à modifier la loi et à être à la hauteur des enjeux qui nous concernent tous, ainsi que les générations futures.

 

Nos équipes sont mobilisées dans toute la France, avec les autres associations de Marchons enfants !, pour défendre les droits des plus fragiles et manifester notre opposition à ce projet de loi.

Avortement : offensive idéologique, aucune réflexion sur la prévention

Avortement : offensive idéologique, aucune réflexion sur la prévention

Nos actions

Des actions d’envergure pour Alerter & Sensibiliser

Alliance VITA alerte les décideurs et le grand public par des campagnes nationales et internationales d’information.

Objectif : sensibiliser à la protection de la vie, au respect de la dignité humaine et à la protection des enfants.

Alliance VITA est régulièrement auditionnée par les autorités publiques et au Parlement sur les questions bioéthiques et de fin de vie.

Modes d’action 

Alliance VITA agit via des publications, articles, tribunes, conférences et débats. Des rencontres et débats sur les questions inédites posées à la société par l’évolution de la science, des techniques et des modes de vie, sont organisés.

Alliance VITA collabore avec des experts scientifiques, médicaux, juridiques et des institutions sociales.

Nos actions  

2022 :

Campagne « Changeons nos regards pour changer sa vie »

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Élections 2022 : les 20 urgences d’Alliance VITA

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2021 :

Campagne : La société
progressera

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Campagne :
Toujours ensemble

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Mobilisation contre l’allongement des délais d’avortement

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2020 :

Université de la vie 2020

 

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2019 :

2018 :

2017 :

2016 :

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Marchons Enfants ! : Appel à mobilisation le samedi 10 octobre

Marchons Enfants ! : Appel à mobilisation le samedi 10 octobre

marchons enfants 10 octobre

Le 26 août dernier, au cours d’une conférence de presse, les associations de Marchons enfants ! annonçaient une mobilisation contre le projet de loi bioéthique.

Avec Marchons enfants !, Alliance VITA appelle à manifester son opposition à ce projet de loi, le 10 octobre prochain dans toute la France, par attachement aux droits des plus fragiles.

Pour connaître les lieux de mobilisation : rendez-vous sur www.Marchonsenfants.org.

Un homme transgenre ne peut être reconnu comme « mère »

Un homme transgenre ne peut être reconnu comme « mère »

homme transgenre

La Cour de cassation a rejeté, ce mercredi 16 septembre, le pourvoi d’une personne transgenre pour figurer sur l’acte de naissance de sa fille comme seconde mère. Cette décision fait suite à six années de combat judiciaire.

Celle qui se fait maintenant appeler Claire, est un homme, qui a obtenu un changement de sexe à l’état civil après la naissance de ses deux premiers enfants. Puis son troisième enfant a été conçu avec son épouse avant sa transition chirurgicale. Refusant d’être inscrite comme père sur l’acte de naissance, cette personne revendique d’être reconnue comme mère.

Selon le Figaro, la Cour de cassation a estimé que « Une personne transgenre homme devenu femme qui procrée « après la modification de la mention de son sexe dans les actes de l’état civil », mais « au moyen de ses gamètes mâles », n’est « pas privée du droit de faire reconnaître un lien de filiation biologique avec l’enfant ». Mais elle ne peut le faire « qu’en ayant recours aux modes d’établissement de la filiation réservés au père ».

La Cour a également ajouté que ces dispositions étaient « conformes à l’intérêt supérieur de l’enfant » car elles permettent l’établissement de son lien de filiation avec ses deux parents et parce qu’elles correspondent « à la réalité des conditions de sa conception et de sa naissance ». Cette solution garantit « son droit à la connaissance de ses origines personnelles », précise l’arrêt. Alors que Claire a eu deux autres enfants avec son épouse avant son changement de sexe à l’état civil, la haute juridiction a enfin estimé qu’il fallait conserver pour la petite fille « la même filiation que celle de ses frère et sœur» aînés pour éviter des «discriminations au sein de la fratrie ».

Les avocats veulent porter cette affaire auprès de la Cour Européenne des droits de l’homme (CEDH).

Handicap et fin de vie : la médiatisation d’Alain Cocq

Handicap et fin de vie : la médiatisation d’Alain Cocq

handicap et fin de vie

Alain Cocq, un homme lourdement handicapé de 57 ans, a publiquement fait pression sur le président de la République dans une lettre ouverte pour obtenir un suicide assisté « à titre compassionnel », après une longue et courageuse vie marquée par la lutte contre une maladie orpheline. Accompagné par Jean-Luc Romero, président de l’association pro-euthanasie ADMD, il a été écouté par des conseillers de l’Elysée, le 25 août 2020, lors d’un rendez-vous téléphonique.

A la suite du refus du Président qui lui a répondu : « Parce que je ne me situe pas au-dessus des lois, je ne suis pas en mesure d’accéder à votre demande », Alain Cocq a annoncé, le vendredi 4 septembre, arrêter toute alimentation et toute hydratation, et être décidé à diffuser chaque journée sur Facebook, en direct, son image silencieuse jusqu’à sa mort. Militant de l’euthanasie, il ne cachait pas sa volonté d’obtenir, par sa médiatisation, un changement de la loi Claeys-Leonetti qu’il estime inhumaine. Le choix de diffuser cette mort volontaire en direct a fait débat.

Facebook a annoncé dans un communiqué, le samedi 5 septembre, avoir bloqué la diffusion en vidéo des derniers moments d’Alain Cocq : « Bien que nous respections sa décision de vouloir attirer l’attention sur cette question complexe, sur la base de conseils d’experts, nous avons pris des mesures pour empêcher la diffusion en direct sur le compte d’Alain, car nos règles ne permettent pas la représentation de tentatives de suicide », a déclaré un porte-parole de Facebook.

Après trois jours d’arrêt d’alimentation et d’hydratation, Alain Cocq a demandé à être hospitalisé, le lundi 7 septembre au soir, au CHU de Dijon où il a accepté une prise en charge palliative. Alors qu’une partie des soutiens à sa demande d’euthanasie suspectaient un abus de faiblesse, il a confirmé être bien à l’origine de cette demande de soins palliatifs et de la reprise de son alimentation. Son explication : « Je souffrais trop, je ne serais pas parti en paix dans ces conditions ». Il se réalimente et boit à nouveau dans la journée du 9 septembre : « Je devrais pouvoir rentrer chez moi dans une dizaine de jours, peut-être quinze, confirme-t-il. Le temps de récupérer et de mettre en place une hospitalisation à domicile. »

Pour les spécialistes en soins palliatifs, ce type de revirement est loin d’être exceptionnel.

« Un malade qui change d’avis, c’est le quotidien et c’est ce que la loi rend possible », constate Claire Fourcade, la présidente de la Société française d’accompagnement et de soins palliatifs (SFAP), qui y voit toute la complexité de l’être humain et de son ambivalence face à la souffrance et la mort : « Les soins palliatifs, c’est faire du cas par cas, tous les jours ». Les observations montrent que les patients refusent par exemple le matin d’être perfusés, et l’acceptent quelques heures plus tard. Les malades demandent parfois à mourir dans un moment de crise (douleurs, angoisse) et y renoncent dès que leur demande a été écoutée et prise en charge. Tugdual Derville, porte-parole de Soulager mais pas tuer, et par ailleurs délégué général d’Alliance VITA, a commenté dans un Tweet :

« Ne jamais prendre au mot une promesse de mort. Cela enferme dans la fatalité. Toujours considérer une personne comme digne, digne d’être soignée et aimée, et capable de changer d’avis, quitte à désavouer ses conseils. »

Cependant, Alain Cocq a affirmé qu’il souhaitait poursuivre son combat, d’une autre manière, pour faire évoluer la loi française sur la fin de vie.

Le Pr. Bernard Debré, médecin et membre du Comité consultatif national d’éthique (CCNE), a quant à lui dénoncé, dans une tribune « les militants de l’euthanasie [qui] feignent de ne pas voir ce qui existe déjà pour aider les patients en fin de vie ». Selon lui, l’essentiel reste toujours le dialogue entre le médecin, sa famille et le malade.

Quoique singulier, le cas d’Alain Cocq et l’emballement médiatique qu’il génère font penser à d’autres affaires qui ont bouleversé l’opinion et influencé les Français. Cf. La Bataille de l’euthanasie, édition Salvator, où Tugdual Derville en décrypte sept.

Vers un allongement du congé paternité ?

Vers un allongement du congé paternité ?

Vers un allongement du congé paternité ?

 

Une commission d’experts, présidée par le neuropsychiatre Boris Cyrulnik, a remis, le 8 septembre dernier, un rapport concernant les « 1000 premiers jours de l’enfant ».

Ce rapport fait suite à une demande du Président de la République qui avait inscrit la question des deux premières années de l’enfant au cœur de l’action du gouvernement. L’objectif était de décrypter les besoins des enfants dans cette période, d’accompagner au mieux les parents pour répondre de manière adaptée aux besoins de leurs enfants et réduire les inégalités sociales, déterminantes dans la construction de l’enfant et son avenir.

Parmi les mesures proposées : développer un accompagnement à la parentalité, étendre le congé paternité à neuf semaines et mieux soigner la dépression post-partum.

Adrien Taquet, secrétaire d’Etat chargé de l’enfance et des familles, étudiera ce rapport et pourrait introduire certaines propositions dans le projet de loi de financement de la Sécurité sociale (PLFSS) 2021.

Pour Boris Cyrulnik, la présence du père dans les premières semaines est primordiale pour favoriser son investissement éducatif par la suite, cela s’appuie sur des études scientifiques. Paradoxe, alors que le projet de loi bioéthique entend rendre la paternité optionnelle en recourant à la PMA avec donneur pour des femmes sans partenaire masculin.

Il insiste aussi sur le fait que les parents doivent être accompagnés et sécurisés dès la grossesse ce qui aura un impact sur le développement intellectuel de l’enfant. Il parle d’une « niche sensorielle » qui sera, selon l’état des parents, sécurisante ou insécurisante pour l’enfant à naître.

« Si elle est insécurisante, l’enfant subit une partie du stress maternel, qu’on sait maintenant photographier en neuro-imagerie, et ces enfants-là rentreront en maternelle avec un stock de 200 mots. Alors que quand les parents ont été sécurisés, l’enfant va se développer correctement et entrer en maternelle, à 3 ans, avec un stock de 1 000 mots. Devinez lequel va faire de longues études ? ».
Pas de fatalité, cependant.

congé paternité

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VITA Tour 2020 “Entre générations, osons la découverte !”

VITA Tour 2020 “Entre générations, osons la découverte !”

Pour le 4e été consécutif, du 2 au 28 août 2020, les équipes de jeunes d’Alliance VITA ont parcouru les routes de France pour aller à la rencontre des personnes âgées en EHPAD et sensibiliser les vacanciers aux défis du grand âge.

Cette année, le VITA Tour, sous la bannière « Entre générations, osons la découverte ! », est parti de Marseille, avec des étapes à Avignon, Lyon, le Puy-en-Velay, Rocamadour, Bordeaux, la côte Atlantique de Royan aux Sables d’Olonne, pour s’achever dans la vallée de la Loire.

Dans chaque ville étape, un stand était monté sur la plage ou à proximité d’un monument historique, avec de grandes photos représentant des moments d’échanges intergénérationnels. Des actions concrètes étaient proposées aux passants : personnaliser une carte postale avec une photo, à envoyer ensuite à un proche âgé et isolé, ou, pour les plus jeunes, réaliser des dessins destinés aux personnes âgées.

Lors de leurs échanges avec les VITA jeunes, les visiteurs ont pu s’exprimer sur l’importance de leurs relations avec leurs aînés, la façon dont elles peuvent être source de joie, mais également de souffrance lorsque ces relations deviennent difficiles par la distance physique ou la maladie. « C’est beau et important de prendre soin des personnes âgées, c’est un moment qui peut parfois être difficile mais auquel tout homme sera confronté. Nous sommes ainsi tous concernés par le lien intergénérationnel » leur confiait un homme sur la plage de Rochefort.

Les VITA Jeunes ont alterné leurs opérations de sensibilisation avec des visites dans les EHPAD pour vivre des moments de partage avec leurs résidents. Il leur ont apporté les cartes et dessins récoltés la veille sur le stand. L’accueil fut très enthousiaste. « C’est une joie immense de vous voir. Vous n’imaginez pas à quel point ça me fait plaisir. Et la carte que vous me donnez me fait plus que plaisir. Je suis très heureuse d’en écrire une à mon tour, pour réjouir une autre personne qui se sent seule », leur a dit par exemple Roselyne, âgée de 89 ans. Un homme de 95 ans leur a exprimé ainsi sa reconnaissance : « Vous étiez pour moi des inconnus, maintenant vous êtes mes amis. »

Que ce soit par le jeu, des discussions, le service du goûter ou une promenade, l’essentiel était d’instaurer une relation ou un échange, même si la communication passait parfois seulement par un regard ou un sourire. Les personnes âgées ont également pu personnaliser une carte postale avec leur photo pour l’envoyer à leur famille. De ces visites, les jeunes ont retenu la joie de donner du temps pour leurs aînés mais aussi, malheureusement, la réalité de la solitude de certaines personnes en EHPAD, qu’ils ont bien souvent pu constater.

Présentes dans plusieurs grandes villes de France, les équipes VITA Jeunes accueillent des étudiants et jeunes professionnels (de 18 à 25 ans) désireux d’approfondir les questions bioéthiques et d’agir au service des plus fragiles.

« Apprendre à t’aimer » : un film qui bouleverse les codes sur la trisomie 21

« Apprendre à t’aimer » : un film qui bouleverse les codes sur la trisomie 21

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M6 a diffusé, le mardi 8 septembre 2020, un téléfilm qui relate la vie d’un couple devenant parents d’une petite fille atteinte de trisomie 21.

Ce film, réalisé par Stéphanie Pillonca en s’inspirant de faits réels, a été salué par le public, notamment Sophie Cluzel, Secrétaire d’état chargée des personnes handicapées. 4 millions de téléspectateurs ont vu ce téléfilm.

Des jeunes parents sont confrontés à l’annonce du handicap de leur fille, à sa naissance. Au-delà du choc, nous assistons au chemin progressif de consentement du père et de la mère, dans un tempo différent qui va presque les conduire à la séparation avant de se réconcilier autour de cet enfant. Tout est ciselé dans ce scénario : les réaction des familles, celle de la société également face à cette petite fille différente. Du pire au meilleur.

Julie de Bona, l ‘actrice qui interprète la mère de la jeune fille a déclaré : « Ça remet tout à zéro. On réalise que notre société est construite sur la perfection, l’esthétisme, la productivité, la compétition. Les trisomiques n’étant pas là-dedans, si l’on veut entrer dans leur monde et jouer avec eux, cela bouleverse nos codes. »

Se laisser bousculer pour dépasser nos peurs face à la différence, accueillir ce qui est, vivre le moment présent, belles leçons de vie loin d’un angélisme qui peut changer le regard sur un handicap, particulièrement stigmatisé de nos jours .

Décryptage PJL Bioéthique : 2ème lecture Assemblée nationale

Décryptage PJL Bioéthique : 2ème lecture Assemblée nationale

pjl bioéthique 2e lecture an

Examiné à la sauvette par les députés à l’extrême fin de la session extraordinaire de juillet, en temps programmé réduit à 25 heures, le texte de la loi bioéthique issu de la seconde lecture, voté à main levée dans la nuit du 1er août, par moins de 20% des députés (60 voix contre 37 et 4 abstentions) aboutit à une complète rupture éthique.

Depuis le début de son examen, cette loi remet gravement en cause les droits des plus fragiles de notre société, en ignorant des principes fondamentaux d’écologie humaine, alors que le texte engage les générations futures et l’orientation de la recherche. La majorité présidentielle a fait prévaloir l’intérêt d’adultes au détriment des droits de l’enfant, et s’est obstinée à intensifier la manipulation du vivant, sans aucun principe de précaution.

La seconde lecture en séance valide les dispositions votées par la commission spéciale le 3 juillet dernier, à quelques exceptions près concernant des mesures fortement contestées : le DPI-A et la Réception de l’ovocyte de la partenaire (ROPA) ont été rejetés.

2 500 amendements ont été déposés sur le nouveau texte issu de la commission. Les députés de la commission ont complètement « détricoté » le texte révisé par les sénateurs en 1ère lecture. Ils ont rétabli quasi intégralement la première version votée par l’Assemblée nationale le 15 octobre 2019, tout en introduisant de nouvelles transgressions majeures, contraires à la position du gouvernement qui a été le grand absent des arbitrages en commission spéciale.

Alors que la crise sanitaire a fait prendre conscience que l’humanité est autant à protéger que la nature, le franchissement de lignes rouges est confirmé par cette seconde lecture, mettant en danger l’intégrité même de l’espèce humaine avec la création de chimères homme/animal et d’embryons humains génétiquement modifiés.

D’autre part, le vote en pleine nuit du 1er août, par surprise, d’un amendement sur les conditions d’interruption médicale de grossesse pour « détresse psychosociale » fait exploser l’encadrement de l’avortement en France. Cette disposition soulève de nombreuses critiques.

 

Principales mesures adoptées

[su_note note_color= »#e8e8e5″]Nota : Pour une meilleure compréhension de l’évolution de l’examen du texte, nous reprenons l’analyse des dispositions votées en 2nde lecture en commission spéciale et mentionnons en rouge les modifications apportées par les députés en séance.[/su_note]

 

I – Surenchère pour une procréation toujours plus artificielle (articles 1,2,3,4) :

Au total, ce texte aboutit à une technicisation accrue de la procréation, au détriment de la lutte contre l’infertilité. En première lecture, l’Assemblée nationale avait voté l’article 2bis, qui instaurait un plan de lutte contre l’infertilité englobant la prévention et la recherche sur les causes d’infertilité, notamment comportementales et environnementales. Le Sénat l’avait supprimé, mais la commission spéciale l’a réintroduit et les députés ont confirmé cette mesure en séance.
Alliance VITA, activement mobilisée sur les enjeux actuels de l’infertilité, a émis une série de propositions, issues de son expérience de terrain d’accompagnement des femmes et des couples.

1) Droit à l’enfant versus droits de l’enfant

De manière très controversée, la commission spéciale de l’Assemblée nationale a supprimé une mesure particulièrement protectrice des droits de l’enfant, introduite par le Sénat, qui affirmait que « nul n’a de droit à l’enfant ». Au contraire, l’Assistance médicale à la procréation (AMP) est définie comme « destinée à répondre à un « projet parental » (art. 1).
Sur le fond, cette définition a une forte importance symbolique puisqu’elle fait clairement sortir l’AMP de la technique thérapeutique pour la faire rentrer dans le champ du « droit à » basé sur la « volonté » individuelle.
En séance, les députés ont refusé à nouveau d’inscrire dans le marbre l’interdiction d’un droit à l’enfant et maintenu l’écriture de la commission spéciale.

 

Par contre, la méthode dite ROPA (Réception de l’ovocyte du partenaire), adoptée par la commission spéciale contre l’avis du gouvernement, a été rejetée par les députés en séance.
Il s’agit d’un don dirigé d’une femme à une autre femme. Cette pratique escamote non seulement le père, réduit à un don de sperme, mais éclate aussi la maternité entre deux femmes : la donneuse d’ovocytes et la gestatrice, pour que deux femmes puissent revendiquer être « mères » du même enfant. Le gouvernement s’était opposé, en première lecture, à cette pratique qui est en incohérence avec la loi actuelle et contredit aussi ce même projet de loi. L’article 4 dispose que « En cas d’assistance médicale à la procréation nécessitant l’intervention d’un tiers donneur, aucun lien de filiation ne peut être établi entre l’auteur du don et l’enfant issu de l’assistance médicale à la procréation ». Brillant par son absence durant l’examen en commission, le ministre de la Santé, Olivier Véran, présent cette fois en séance, a donné un avis défavorable. Cette disposition a donc été supprimée du texte.

 

2) Cinq mesures supprimées par le Sénat ont été réintroduites

Ont donc été votés en seconde lecture :

  • L’abandon du critère de l’infertilité pour l’accès à l’AMP, ouvrant l’accès à cette technique aux couples formés d’un homme et d’une femme, de deux femmes, ou toute femme non mariée, ainsi que leur prise en charge par la Sécurité sociale. C’est une mesure que le Sénat avait modifié en limitant le remboursement par l’assurance maladie aux couples homme-femme infertiles.
  • L’auto-conservation ovocytaire, sans raison médicale, pour « procréer plus tard par FIV ».
  • Le double don de gamètes (spermatozoïdes et ovocytes issus de donneurs) pour concevoir in vitro un embryon.
  • La levée de l’anonymat pour les donneurs de gamètes. Les députés ont rétabli la levée réelle de l’anonymat à la demande de l’enfant à sa majorité. Le Sénat avait remis cela en cause, pour faire primer la volonté du donneur qui pourrait décider, ou non, de divulguer son identité au moment où l’enfant en ferait la demande, ce qui vidait la levée de l’anonymat de son effectivité.
  • Le bouleversement des règles de la filiation, qui implique que deux femmes peuvent être reconnues « mères » de l’enfant. Une légère nuance a été apportée par rapport à la première version adoptée par les députés en première lecture pour tenir compte de la forte réprobation induite par le fait de ne plus reconnaître comme mère celle qui a accouché. Le texte prévoit donc que la femme qui a accouché soit reconnue de facto mère quand la seconde le serait, par reconnaissance anticipée, devant notaire, de l’enfant faite par les deux femmes au moment du consentement à l’AMP. Cependant, les règles de la filiation demeurent profondément bouleversées. Pourtant, les sénateurs avaient tenté d’atténuer cette disposition, en prévoyant que l’autre femme, celle qui n’a pas accouché, doive procéder à l’adoption de l’enfant.

D’autre part, concernant la Gestation par Autrui (GPA), le Sénat avait introduit des mesures, pour éviter les fraudes à la loi dans la retranscription d’actes de naissance d’enfants nés à l’étranger. La commission parlementaire est revenue sur ces mesures, en s’en tenant à la jurisprudence actuelle. Alors qu’il existe un consensus transpartisan pour interdire la GPA, l’urgence est que la France s’engage à agir pour son abolition au niveau international.

 

Un pas vers le business de la procréation :
En séance, les députés ont voté également la possibilité, sous couvert de « dérogation », d’organiser la collecte et la conservation des gamètes humains par des établissements à but lucratif, si aucun établissement de santé public ou privé à but non lucratif n’assure cette activité dans un département. C’est un véritable basculement pour la France qui a toujours fait du principe de non marchandisation de l’humain et des éléments de son corps, un principe éthique fondamental.

 

II – Vers une instrumentalisation croissante de l’embryon humain (articles 14, 15, 16, 17)

Ce projet de loi dérégule le régime encadrant la recherche sur l’embryon et les cellules souches embryonnaires humaines (CSEh). Il prévoit que la recherche utilisant les CSEh passe d’un régime de demande d’autorisation à celui de simple déclaration.
Tout est fait pour faciliter le travail administratif de quelques chercheurs. On banalise l’instrumentalisation de cellules qui ne sont en rien des cellules comme les autres, et dont le prélèvement conduit à supprimer un embryon. Cette banalisation de l’utilisation des cellules embryonnaires humaines (CSEh), est d’autant plus contestable qu’elles sont susceptibles d’être utilisées dans le cadre de nouvelles recherches transgressives : gamètes artificiels, chimères. Par ailleurs, est supprimée l’exigence d’une absence de recherche alternative. Ce projet de loi ouvre aussi à l’encadrement de la recherche sur les cellules souches adultes reprogrammées (IPS), les soumettant, comme les CSEh, à simple déclaration.

 

1) Trois lignes rouges sont franchies

  • “Cultiver” l’embryon jusqu’à 14 jours : la commission est revenue au délai de 14 jours alors que le Sénat avait voté une dérogation pour une recherche jusqu’à 21 jours, un stade de développement très avancé, notamment concernant la mise en place du système nerveux. Jusque-là, le délai de 7 jours avait été retenu : cette instrumentalisation accrue de l’embryon risque d’induire de nouvelles formes d’exploitation de l’embryon humain à des fins commerciales.
  • Créer des gamètes artificiels : les députés, comme les sénateurs, ont validé ces manipulations à haut risque à partir de cellules souches embryonnaires, mais aussi à partir de cellules IPS, aboutissant à créer des gamètes à partir de cellules somatiques. La commission spéciale de l’Assemblée a supprimé un garde-fou introduit par le Sénat qui consistait à interdire que ces gamètes soient fécondés, invoquant que c’était redondant avec l’interdiction de créer des embryons pour la recherche. Aujourd’hui limitée à la recherche, la création de gamètes artificiels ouvre dans le futur à des possibilités de bricolages procréatifs insensés, même s’il demeure interdit de créer des embryons pour la recherche à partir de ces gamètes.
  • Créer des embryons transgéniques et des embryons chimères : ces expérimentations rejetées par le Sénat ont été réintroduites dans le texte par la commission spéciale. Autoriser la modification génétique des embryons humains (art. 17) ouvre à la tentation de passer ensuite à des essais visant à faire naître des enfants génétiquement modifiés. Avec la possibilité d’expérimenter la création d’embryons animaux dans lesquels seraient intégrées des cellules humaines, qu’elles soient embryonnaires (art. 14) ou adultes reprogrammées, IPS, (art. 15), on brise symboliquement la frontière homme-animal. C’est une rupture anthropologique majeure.

Le texte demeure inchangé sur les recherches menées dans le cadre de l’assistance médicale à la procréation. Elles peuvent être réalisées sur des gamètes destinés à constituer un embryon ou sur l’embryon conçu in vitro avant ou après son transfert à des fins de gestation.

 

III – Intensification de la sélection prénatale : articles 19, 20, 21

Le texte revu par la commission a confirmé plusieurs mesures prévues dans le texte initial qui intensifient la pression vers toujours plus de sélection prénatale, validées ensuite en séance :

  • suppression de la proposition d’un délai de réflexion d’une semaine pour avoir recours à une IMG ;
  • alignement de la clause de conscience des médecins concernant l’IMG à celle de l’IVG qui oblige à référer la patiente à un autre médecin ;
  • délégation de la révision des critères du DPN à des autorités administratives sans contrôle du législateur ;
  • modification des pratiques du diagnostic prénatal. Avec la possibilité de modifier, « au fil des nouvelles découvertes en génétique », les pratiques du diagnostic prénatal, on s’oriente vers une intensification du passage au crible prénatal. Nos mentalités et notre société risquent de se fermer de plus en plus à l’accueil de la vulnérabilité, qui est aussi le consentement au réel.

La commission spéciale avait voté l’autorisation de deux pratiques à forte portée eugénique : le DPI-A et le renforcement du bébé médicament. Objet de longs débats en séance et d’une forte protestation de parents d’enfants atteints de trisomie, le DPI-A a finalement été rejeté. Par contre la technique du bébé médicament a été votée et même aggravée.

  • Rejet en séance de l’extension du DPI (art 19 bis).
    Le DPI-A est l’élargissement du diagnostic préimplantatoire (DPI) à la recherche d’aneuploïdie (anomalies sur le nombre des chromosomes) dont la trisomie, sur les embryons conçus in vitro. Ce tri des embryons serait ouvert, à titre expérimental, pour 3 ans. Le gouvernement s’y était fermement opposé en première lecture lorsque Madame Buzyn était ministre de la Santé. Cette question est centrale, puisque cela aboutirait à multiplier le recours à cette pratique (moins de 200 enfants naissent chaque année après DPI) et à accroître l’eugénisme : la sélection d’embryons s’élargirait à des critères non héréditaires, et donc imprévisibles, une porte ouverte vers de nombreux autres tris.
  • Renforcement de la technique dite du bébé médicament (art. 19 bis A). Le bébé médicament, que l’on appelle aussi DPI-HLA, a été autorisé, à titre expérimental, en 2004. Cette pratique consiste à effectuer une double sélection d’embryons obtenus par fécondation in vitro : d’une part, pour sélectionner les embryons indemnes de la maladie d’un membre d’une fratrie et, d’autre part, pour choisir parmi ceux-ci les embryons génétiquement compatibles avec lui, afin notamment de greffer les cellules souches de cordon ombilical prélevées sur le nouveau-né à son aîné malade. La constitution de stocks de cellules de sang de cordon, offrant une grande variété de typage, décidée lors de la dernière loi de bioéthique, avait comme objectif notamment d’éviter cette pratique. Hautement controversée au niveau de l’éthique, elle n’est plus pratiquée depuis 2014, raison pour laquelle les députés avaient adopté sa suppression en première lecture. Le Sénat l’a réintroduite en première lecture et la commission spéciale l’aggrave, en autorisant plusieurs tentatives de fécondation in vitro et de tris d’embryons si un embryon HLA compatible n’a pas pu être sélectionné.
  • Adoption par surprise de l’IMG pour « détresse psychosociale »
    Le vote, sans annonce préalable, ni étude d’impact, du critère de « détresse psychosociale » pour avoir recours à une interruption médicale de grossesse (IMG) aboutit à faire exploser l’encadrement de l’avortement en France, sachant que, depuis la loi de 1975, l’IMG est possible sans délai autorisant d’avorter jusqu’au dernier jour de grossesse. Donc concrètement, il serait possible si cette mesure était conservée d’avorter jusqu’au terme de la grossesse d’un fœtus sain. Il s’agit d’une interprétation détournée du motif originel disposant que « la poursuite de la grossesse met en péril grave la santé de la femme ». Cette disposition, votée contre l’avis du rapporteur, véritable cavalier législatif, n’a pas sa place dans le texte.

 

Conclusion

Le texte de la loi peut encore être modifié par les sénateurs en seconde lecture. Cet examen pourrait intervenir en janvier 2021 – éventuellement dès octobre 2020.

Les deux assemblées ont refusé les amendements demandant d’inscrire un principe de précaution dans la loi, alors que ce même principe a aujourd’hui valeur constitutionnelle quand il s’agit de l’environnement. L’argumentation de la garde des Sceaux, Nicole Belloubet, devant le Sénat en février dernier était révélatrice :
« le principe de précaution est à la fois un système d’évaluation et la mise en place de mesures proportionnées et provisoires en cas d’atteinte grave et irréversible. Or, en matière de bioéthique, je pense que si nous nous interrogions à l’infini sur ce qui est une atteinte grave et irréversible, nous aurions ici une difficulté. »
C’est justement ce qui mobilise tous ceux qui alertent sur ce texte et c’est aussi ce qui justifie notre opposition.

Pour aller plus loin

 

  • Communiqués

  • Autres décryptages du PJL bioéthique

Marchons Enfants ! : conférence de presse du 26 août 2020

Marchons Enfants ! : conférence de presse du 26 août 2020

marchons enfants conférence de presse

Suite à l’adoption en 2e lecture, le 1er août, du projet de loi bioéthique par l’Assemblée nationale, une conférence de presse du collectif Marchons Enfants ! s’est tenue le 26 août 2020 à Paris.

Caroline Roux, déléguée générale adjointe d’Alliance VITA, participait à cette conférence de presse.

Cette seconde lecture est un véritable naufrage éthique et législatif.

Le Premier ministre a une lourde responsabilité.
Il lui revenait de ne pas précipiter ces débats, alors que les urgences sont ailleurs. Il a voulu se débarrasser de ce texte… en prenant de grands risques pour les générations futures.

  • Non seulement le débat démocratique n’est pas respecté, avec un texte imposé à la sauvette en plein été, moins de 20% des députés présents et un temps programmé réduit à 25 heures.
  • Mais aussi les Français ont été mis hors jeu, souvent peu au courant de ce qui se trame, avec des mesures qui ne cessent de changer d’une lecture à l’autre.
    Plus on avance dans l’examen de cette loi, plus elle se vide de l’éthique et met en danger les principes de protection de la dignité et de la vie humaine.

Avec une procréation toujours plus artificielle, qui inaugure clairement « un droit à l’enfant » (les députés ont refusé d’inscrire dans le marbre que « nul n’a droit à l’enfant ») : PMA sans père, bouleversement de la filiation, double don de gamètes qui aboutit à « fabriquer » des enfants hors sol, congélation des ovocytes pour une hypothétique maternité tardive par PMA, risquée pour la santé des femmes. Un pas de plus a été franchi vers le marché de la procréation avec la collecte et la conservation des gamètes humains par des établissements lucratifs. C’est un terrible basculement pour la France qui a toujours fait du principe de non marchandisation de l’humain et des éléments de son corps, un principe éthique fondamental.

  • Par une sélection accrue des enfants avant la naissance, sur des critères génétiques, en complète contradiction avec la politique de société inclusive que le gouvernement prétend développer.
  • Avec des lignes rouges franchies mettant en danger l’intégrité même de l’espèce humaine avec la création de chimères homme/animal et d’embryons humains génétiquement modifiés.

A qui sert cette obstination à rejeter tout principe de précaution ? Alors que la crise sanitaire nous a fait prendre conscience que l’humanité est autant à protéger que la nature.

Je tiens à dire, au nom d’Alliance VITA que je représente, que nous sommes très mobilisés contre le cavalier législatif qui fait exploser l’encadrement de l’avortement en France en ajoutant un critère invérifiable de « détresse psychosociale » pour avoir recours à l’interruption médicale de grossesse, permettant d’avorter jusqu’au dernier jour de grossesse.

Nous demandons le retrait de cette disposition et la mise en place d’une politique d’accompagnement et de solidarité pour les femmes enceintes en difficulté, ainsi que la conduite d’une étude épidémiologiques sur les 20 dernières années qui analyse les causes, les conditions et les conséquences de l’avortement.

La révision de cette loi bioéthique passe à côté de trois grandes urgences :

  • la véritable lutte contre l’infertilité,
  • l’arrêt de l’engrenage eugéniste et
  • le respect de l’intégrité de l’espèce humaine.

Nous appelons les sénateurs, qui ont encore le pouvoir de modifier la loi, à se montrer à la hauteur des enjeux, pour maintenir une éthique, garante de la protection des plus fragiles. »

Avec Marchons enfants, Alliance VITA appelle à manifester son opposition à ce projet de loi le 10 octobre prochain dans toute la France par attachement aux droits des plus fragiles.

Le VITA Tour 2020 prêt au départ !

Le VITA Tour 2020 prêt au départ !

vita tour 2020

Pour le 4e été consécutif, les équipes de jeunes d’Alliance VITA parcourront, du 2 au 29 août 2020, les routes de France pour aller à la rencontre des personnes âgées en EHPAD et sensibiliser les vacanciers aux défis du grand âge.

Cette année, cette tournée, intitulée le « VITA Tour », partira de Marseille, avec des étapes à Lyon, Bordeaux et sur la côte Atlantique, pour s’achever dans la vallée de la Loire, sous la bannière « Entre générations, osons la découverte ! ».

Dans chaque ville étape, un stand sera monté sur une plage ou à proximité d’un monument historique pour interpeller les passants sur leur lien avec les autres générations. Sur des chevalets, quatre grandes photos représenteront des moments d’échanges entre générations. Les VITA Jeunes proposeront aux vacanciers d’envoyer une carte postale personnalisable avec une photo polaroïd à un proche âgé et isolé. Les enfants seront aussi invités à réaliser des dessins qui seront transmis aux résidents de l’EHPAD le lendemain.

Le lendemain, les VITA Jeunes seront attendus, par les équipes d’animation et le personnel soignant, pour vivre un moment de partage avec les résidents d’un EHPAD. Que ce soit par le jeu, des discussions, le service du goûter ou une promenade, l’essentiel est de permettre d’instaurer une relation, un échange et une communication, même si celle-ci peut parfois passer seulement par des regards et des sourires.

 

[CP] PJL Bioéthique : Alliance VITA dénonce un cavalier législatif sur l’avortement

[CP] PJL Bioéthique : Alliance VITA dénonce un cavalier législatif sur l’avortement

img loi bioethique
Alliance VITA dénonce la disposition adoptée à la sauvette en pleine nuit à la fin de l’examen du projet de loi bioéthique qui fait exploser l’encadrement de l’avortement en ajoutant le critère invérifiable de « détresse psychosociale » pour recourir à l’interruption médicale de grossesse (IMG), jusqu’au terme de la grossesse.

La condition des femmes enceintes faisant face à une détresse mérite toute l’attention de la société. Mais l’histoire a montré que, la notion de détresse étant difficile à objectiver, elle était utilisée pour détourner la loi, avec comme résultats :

  • -l’IVG présentée comme issue obligée de toute grossesse imprévue ou difficile ;
  • l’abandon de toute politique de prévention de l’avortement, malgré sa nature qui met des vies en jeu et ses conséquences difficiles pour de nombreuses femmes.

Sur un sujet aussi sensible, Alliance VITA, engagée dans l’aide aux femmes enceintes en difficulté depuis plus de 20 ans, demande :

  • le retrait de cette disposition, cavalier législatif malhonnête, qui n’a pas sa place dans le texte, l’avortement ne pouvant faire l’objet d’une mesure de circonstance, sans étude préalable ;
  • la conduite d’une étude épidémiologique sur les 20 dernières années, qui analyse les causes, les conditions et les conséquences de l’avortement ;
  • un véritable débat sur l’avortement, ses causes et ses conséquences.
[CP] PJL Bioéthique 2ème lecture : une complète rupture éthique

[CP] PJL Bioéthique 2ème lecture : une complète rupture éthique

pjl bioéthique assemblée nationale
Examiné à la sauvette par les députés à l’extrême fin de la session extraordinaire de juillet, en temps programmé réduit à 25 heures, le texte de la loi bioéthique issu de la seconde lecture aboutit à une complète rupture éthique.

Comme l’a dénoncé Alliance VITA depuis le début de son examen, cette loi remet gravement en cause les droits des plus fragiles de notre société, en ignorant des principes fondamentaux d’écologie humaine, alors que le texte engage les générations futures et l’orientation de la recherche.

Pour Caroline Roux, Déléguée générale adjointe d’Alliance VITA :

« Cette seconde lecture aboutit à une complète rupture éthique. La majorité présidentielle a fait prévaloir l’intérêt d’adultes au détriment des droits de l’enfant, et s’est obstinée à intensifier la manipulation du vivant, sans aucun principe de précaution. Au point d’entrouvrir la porte au marché de la procréation sous couvert de « dérogation » en faisant organiser la collecte et la conservation des gamètes humains par des établissements lucratifs. C’est un terrible basculement pour la France qui a toujours fait du principe de non marchandisation de l’humain et des éléments de son corps, un principe éthique fondamental. Alors que la crise sanitaire nous a fait prendre conscience que l’humanité est autant à protéger que la nature, des lignes rouges sont franchies mettant en danger l’intégrité même de l’espèce humaine avec la création de chimères homme/animal et d’embryons humains génétiquement modifiés. La révision de cette loi bioéthique passe à côté de 3 grandes urgences : la véritable lutte contre l’infertilité, l’arrêt de l’engrenage eugéniste et le respect de l’intégrité de l’espèce humaine. Nous appelons les sénateurs, qui ont encore le pouvoir de modifier la loi, à se montrer à la hauteur des enjeux, pour maintenir une éthique, garante de la protection des plus fragiles. »

D’autre part, Alliance VITA dénonce le vote en pleine nuit, sans annonce préalable, ni étude d’impact, d’un amendement qui fait exploser l’encadrement de l’avortement en France en ajoutant un critère invérifiable de « détresse psychosociale » pour avoir recours à l’interruption médicale de grossesse, permettant d’avorter jusqu’au dernier jour de grossesse.

Alliance VITA manifestera son opposition à ce projet de loi par attachement au droit des plus fragiles, par tout moyen légal, aux étapes suivantes du processus législatif.

Personnes âgées et Covid : 1er bilan de la commission d’enquête parlementaire

Personnes âgées et Covid : 1er bilan de la commission d’enquête parlementaire

personnes âgées covid

Eric Ciotti, député des Alpes-Maritimes et rapporteur de la commission d’enquête parlementaire chargée d’évaluer la gestion et les conséquences de l’épidémie de Covid-19, a dressé un premier bilan à l’Assemblée nationale le 28 juillet, après six semaines d’auditions.

Quels sont les premiers constats ?

La France était mal préparée et n’a pas anticipé cette crise majeure, comme le révèle l’évolution du stock de masques de notre pays dans les dix dernières années. A partir de 2013, une nouvelle doctrine du Secrétariat Général de la Défense et de la Sécurité Nationale (SGDSN) rend tous les employeurs, dont ceux des établissements de santé, responsables de la constitution du stock de masques, sans que les acteurs des hôpitaux publics, privés et des établissements médico-sociaux n’en aient été informés. C’est ainsi que le stock de 2,9 milliards de masques que la France avait en 2009 est tombé à 100 millions au début de la crise.

En 2018, la Direction Générale de la Santé, alertée sur l’état des stocks de masques quasiment tous périmés, n’en commandera que 50 millions soit 0,05 pour cent des besoins alors évalués à 1 milliard de masques pour répondre à une pandémie grippale.

À partir de janvier 2020, il semble que l’ampleur de la crise sanitaire n’a pas été évaluée à sa juste mesure par les scientifiques et par le pouvoir exécutif. L’activation du plan pandémie, au mois de mars seulement, a été trop tardif. Le déficit de tests au début de la crise a été un facteur majeur de la propagation de l’épidémie. Mi-mars, la France n’avait testé que 12 000 personnes alors que l’Allemagne avait déjà réalisé 500 000 tests. Ce manque de réactivité est en partie lié, d’après le rapporteur, à d’inutiles compétitions entre laboratoires et à des blocages administratifs. Pour lui, la crise a été aggravée par la « bureaucratie » française qui a empêché une forte réactivité à la pandémie.

Y a-t-il eu des tris de patients ?

L’hôpital s’est adapté à l’épidémie en reprogrammant quasiment tous les soins hors Covid, ce dont les effets collatéraux ne sont pas encore évalués.

Ce qui ressort des analyses chiffrées, c’est une chute du nombre de personnes âgées en service de réanimation qui questionne. Pour le rapporteur interrogé par le journal Le Monde : « Au pic de la crise, début avril, le nombre des personnes âgées de plus de 75 ans admises en service de réanimation chute brutalement. Nous passons de 25 % en moyenne (à la même période, au cours des années précédentes) à 14 % pendant la crise, et même à 6 % en Ile-de-France. Notre système a donc bel et bien été débordé. On a réduit les chances des personnes âgées. Beaucoup auraient pu vraisemblablement être sauvées. C’est grave. »

De nombreux médecins coordonnateurs d’EHPAD ont regretté l’absence de matériel de protection (masques, blouses…) au début de la crise. L’hospitalocentrisme qui caractérise le système de santé français a eu des conséquences sur la population : les tests n’étaient réalisés qu’à l’hôpital en début de crise et les laboratoires privés écartés. De même, 60 000 médecins libéraux ont été peu mis à contribution alors que le SAMU a été sur-sollicité.

Ces éléments du premier bilan de la commission d’enquête parlementaire confirment l’alerte lancée par Alliance VITA dès le 26 mars 2020, dans un communiqué de presse, contre les discriminations à l’égard des personnes âgées et le risque d’euthanasie en période de crise sanitaire : « Alliance VITA demande aux pouvoirs publics de comptabiliser les décès par Covid-19 des personnes âgées, de donner accès aux tests de dépistage à tout citoyen sans limite d’âge, et de réaffirmer que chaque patient a le droit, à tout âge, d’être soulagé et soigné sans être tué. »

D’après ce premier bilan, la France semble à présent mieux préparée à affronter un éventuel rebond de la pandémie. Cependant plusieurs aspects structurels doivent évoluer : la médecine de ville devra être mieux associée à la gestion de crise, la réserve sanitaire davantage mise à contribution, et les services de réanimation adaptés dans la durée.

L’urgence semble avant tout de mieux prendre en compte les personnes âgées qui ont le plus souffert de la crise, de renforcer la médicalisation des EHPAD, et de valoriser les services de soins et d’aide à domicile.

Bioéthique : Caroline Roux, invitée de CNEWS, le 27 juillet 2020

Bioéthique : Caroline Roux, invitée de CNEWS, le 27 juillet 2020

Caroline Roux, déléguée générale adjointe d’Alliance VITA, était l’invitée de CNEWS, le 27 juillet, pour parler du projet de loi bioéthique, qui revient en 2e lecture à l’Assemblée nationale.

Quelques verbatim extraits de l’émission :

« Nous trouvons cela irresponsable, de la part du gouvernement de faire voter, en plein été, ce texte qui est à l’antipode du besoin des Français après cette crise sanitaire. Cette crise nous a fait prendre conscience qu’il fallait protéger l’humain autant que la nature. Et ce texte prévoit une manipulation toujours plus intensive du vivant. »

« Certaines mesures, comme la ROPA, qui est une dissolution de la maternité et l’effacement de la paternité, sont graves et vont contre l’intérêt de l’enfant. Le DPIA – diagnostic préimplantatoire- qui est une pratique très eugéniste et une stigmatisation accrue des personnes trisomiques, ne va pas dans le sens de l’égalité ni dans le sens de l’accueil des personnes handicapées. »

« Nous demandons aux députés, qui sont attachés aux valeurs d’humanité, de solidarité, aux valeurs écologiques véritables, de voter contre ce projet de loi. D’autant plus qu’il y a une incohérence avec le slogan ‘Tous écologistes’ qui est sorti de la part du premier ministre hier et cette loi est vraiment aux antipodes de l’écologie. »

PMA : Caroline Roux, invitée de Sud Radio le 27 juillet 2020

PMA : Caroline Roux, invitée de Sud Radio le 27 juillet 2020

Caroline Roux, déléguée générale adjointe d’Alliance VITA, était l’invitée de Sud Radio, le 27 juillet, pour débattre de la PMA, face à Caroline Mécary, avocate.

 

Quelques verbatim extraits de l’émission : »

« Il y a un détournement de la médecine et de la sécurité sociale. Le père devient facultatif. Ce n’est pas dans l’intérêt de l’enfant de le priver de son père. »

« On a découvert qu’il n’y avait pas assez de recherches sur l’infertilité. On détourne la PMA de son premier objectif.« 

« On voit combien on s’est fourvoyé : on fait de la PMA un mode de procréation, quitte à priver l’enfant de son père. La PMA avec donneur pose de vrais problèmes, un malaise existentiel.« 

 

[CP] Alliance VITA appelle les députés au rejet de la loi bioéthique

[CP] Alliance VITA appelle les députés au rejet de la loi bioéthique

loi bioethique assemblee nationale

Le Gouvernement a maintenu l’examen en deuxième lecture du projet de loi bioéthique à partir de ce lundi 27 juillet pendant la session extraordinaire de l’Assemblée nationale.

Alors que notre pays doit gérer les urgences économiques, sociales et écologiques, liées à la crise sanitaire, ce texte de plus en plus controversé est examiné, dans la précipitation, au cœur de l’été, entrecoupé d’un remaniement ministériel.

Alliance VITA dénonce la manipulation du vivant incluse dans ce projet de loi bioéthique :

  • L’intensification du diagnostic prénatal en vue de sélectionner davantage les êtres humains sur des critères génétiques
  • L’aggravation du bébé médicament qui suppose un double tri des embryons en vue de faire naître un enfant sélectionné pour utiliser ses cellules, dans l’objectif de soigner un frère ou une sœur ;
  • Le financement par la sécurité sociale de la procréation médicalement assistée pour les femmes vivant à deux ou célibataires, sans mobile médical d’infertilité, assorti d’un bouleversement complet des règles de filiation conduisant à la fabrication d’enfants délibérément privés de père.
  • La création d’embryons chimères homme-animal par adjonction de cellules souches issues d’embryons humains à des embryons d’animaux ;
  • La fabrication d’embryons humains transgéniques.

Pour Alliance VITA, le gouvernement, par son obstination à faire passer ce texte, a perdu la maîtrise du processus de révision, laissant passer, en commission spéciale, des pratiques gravement transgressives auxquelles il était opposé : la méthode ROPA, qui aboutit à dissoudre la maternité entre deux femmes, l’une porteuse et l’autre donneuse d’ovocytes, tout en effaçant totalement le père de l’enfant, et le DPI-A (Diagnostic préimplantatoire) étendu aux anomalies chromosomiques comme la trisomie 21, mesure à haute portée eugénique.

Pour Caroline Roux, Déléguée générale adjointe d’Alliance VITA :

« Alors que la crise sanitaire nous a fait prendre conscience que l’humanité est autant à protéger que la nature, le gouvernement s’enferre dans sa décision de faire voter une loi qui prévoit d’intensifier la manipulation du vivant, et impacte les générations futures, sans aucun principe de précaution. On ne peut plus se baser sur les logiques d’hier. La solidarité avec les plus fragiles nécessite de remettre l’humain au centre, pas de le manipuler, ni de le sélectionner davantage, que ce soit au stade embryonnaire ou plus tard. Arrêtons de faire n’importe quoi ! Ce sont les générations à venir qui subiront les conséquences d’une telle irresponsabilité. Nous appelons les députés attachés aux valeurs d’humanité, de solidarité et de véritable écologie à voter contre ce texte. »

PJL Bioéthique : Non au passage en force

PJL Bioéthique : Non au passage en force

Tugdual Derville réagit à l’annonce de la programmation, en 2e lecture, du projet de loi bioéthique à l’Assemblée nationale la dernière semaine de juillet.

Verbatim de son intervention :

«   Il y a une folle indécence dans ce qui se prépare à l’Assemblée nationale.

En pleine crise sanitaire, sociale et économique, le gouvernement n’a rien trouvé de plus urgent et prioritaire que de programmer le débat bioéthique à partir du 27 juillet ! On se moque des Français.

Beaucoup ignorent que les ministres, obsédés par le remaniement, ont déserté le travail en commission, laissant le projet de loi glisser lamentablement vers :

– Une emprise croissante de la technique sur le corps des femmes, avec des bricolages procréatifs de plus en plus ahurissant, sans égard pour l’intérêt de l’enfant ;

– Le détournement de la médecine et de l’argent de la sécurité sociale pour des motifs individualistes qui n’ont rien à voir avec des besoins médicaux.

– Plus de sélection des êtres humains au prix de l’exclusion accrue de ceux qui sont porteurs d’un handicap ;

– La fabrication d’embryons chimères mélangeant des cellules humaines et animales et d’embryons transgéniques, au mépris de tout principe de précaution.

Est-ce cela la solidarité vis-à-vis des plus fragiles dont n’a cessé de se réclamer le président de la République ?

Est-ce cela le débat apaisé qu’il promettait sur la bioéthique ?

Comment le gouvernement peut-il en appeler à l’unité de la Nation et étouffer la voix de ceux qui défendent les plus faibles, en imposant le vote d’une loi inique au milieu de l’été ?

Nous demandons à Emmanuel Macron de se ressaisir et de stopper ce projet de loi, de cesser de faire n’importe quoi, de se concentrer sur ce qui unit et répare, et non ce qui divise et détruit.  »

PJL Bioéthique : Décryptage du vote en 2e lecture par la Commission spéciale de l’Assemblée nationale

PJL Bioéthique : Décryptage du vote en 2e lecture par la Commission spéciale de l’Assemblée nationale

pjl bioéthique commission spéciale

Alors que l’Etat d’urgence sanitaire n’était pas terminé, le gouvernement a décidé, le 16 juin dernier, de programmer en urgence l’examen du PJL de bioéthique par les députés en 2ème lecture pendant la session extraordinaire de juillet 2020.

L’examen du texte par la Commission spéciale de l’Assemblée nationale a eu lieu dès le 29 juin, bien que, d’après un sondage IFOP, 7 Français sur 10 considèrent que ce projet de loi devrait être suspendu ou retiré pour donner la priorité à la gestion des conséquences économiques et sociales de la pandémie, une grave crise multiforme qui n’en est qu’à ses débuts.

Les députés de la Commission ont complètement « détricoté » le texte révisé par les Sénateurs en 1ère lecture. Ils ont rétabli quasi intégralement la première version votée par l’Assemblée nationale, tout en introduisant de nouvelles transgressions majeures, contraires à la position du gouvernement qui a été le grand absent des arbitrages de cette seconde lecture.

Le remaniement ministériel a suspendu, puis décalé au 27 juillet, la poursuite de l’examen en séance de « ce texte de tous les dangers », selon l’expression même d’Emmanuel Macron. Le contexte actuel ne permet pas un examen dans de bonnes conditions, à la hauteur des enjeux immenses, alors même que de nombreuses dispositions nouvelles font peser de lourdes conséquences sur les générations futures.

2500 amendements ont été déposés sur le nouveau texte issu de la Commission.

 

Résumé des débats

Plusieurs députés ont dénoncé les conditions anormales du processus législatif : un examen à la hussarde, qui laisse peu de place au débat et entrave la mobilisation des citoyens, et des dérapages non contrôlés par l’exécutif. Au total les moyens de la médecine et des finances publiques, sont détournés, au mépris de tout principe de précaution.

Malgré la surprise générée par la reprise aussi rapide de l’examen de ce texte, 1200 amendements ont été déposés en deux semaines.

Evénement symbolique de ces débats débridés, un amendement, présenté par la rapporteur Coralie Dubost en dernière minute, réécrivait l’article 4 concernant le sujet hautement sensible de la filiation. Il a pris de court les députés qui ont obtenu de repousser l’examen de cet article de quelques heures pour déposer des amendements, sans pouvoir empêcher son vote qui aboutit à faire reconnaître artificiellement deux femmes comme « mères » d’un même enfant. La dissolution de la maternité est en marche.

 

Principales mesures adoptées

  • Surenchère pour une procréation toujours plus artificielle (articles 1,2,3,4) :

De manière très controversée, la commission spéciale de l’Assemblée nationale a supprimé une mesure particulièrement protectrice des droits de l’enfant, introduite par le Sénat, qui affirmait que « nul n’a de droit à l’enfant ». Au contraire, L’AMP est définie comme « destinée à répondre à un « projet parental » (art. 1). Sur le fond, cette définition a une forte importance symbolique puisqu’elle fait clairement sortir l’AMP de la technique thérapeutique pour la faire rentrer dans le champ du « droit à » basé sur la « volonté » individuelle.

Grave revirement, l’adoption de la méthode dite ROPA (Réception de l’ovocyte du partenaire) : il s’agit d’un don dirigé d’une femme à une autre femme. Cette pratique escamote non seulement le père, réduit à un don de sperme, mais éclate aussi la maternité entre deux femmes : la donneuse d’ovocytes et la gestatrice, pour que deux femmes puissent revendiquer être mères du même enfant. Le Gouvernement s’est opposé à cette pratique en première lecture. Elle est en incohérence avec la loi actuelle et contredit aussi ce même projet de loi, car l’article 4  dispose que  «En cas d’assistance médicale à la procréation nécessitant l’intervention d’un tiers donneur, aucun lien de filiation ne peut être établi entre l’auteur du don et l’enfant issu de l’assistance médicale à la procréation »

Cinq mesures supprimées par le Sénat ont été réintroduites.

  • L’abandon du critère de l’infertilité pour l’accès à l’AMP, ouvrant l’accès à cette technique aux couples formés d’un homme et d’une femme, de deux femmes, ou toute femme non mariée. C’est une mesure que le Sénat avait modifié en limitant le remboursement par l’assurance maladie aux couples homme femme infertiles.
  • L’auto-conservation ovocytaire, sans raison médicale, pour « procréer plus tard par PMA ».
  • Le double don de gamètes (spermatozoïdes et ovocytes issus de donneurs) pour concevoir in vitro un embryon.
  • La levée de l’anonymat pour les donneurs de gamètes. Les députés ont rétabli la levée réelle de l’anonymat à la demande de l’enfant à sa majorité. Le Sénat avait remis cela en cause, pour faire primer la volonté du donneur qui pourrait décider, ou non, de divulguer son identité au moment où l’enfant en ferait la demande, ce qui vidait la levée de l’anonymat de son effectivité.
  • Le bouleversement des règles de la filiation, qui implique que deux femmes peuvent être reconnues « mères » de l’enfant. Une légère nuance a été apportée par rapport à la première version adoptée par les députés en première lecture pour tenir compte de la forte réprobation induite par le fait de ne plus reconnaître comme mère celle qui a accouché. Le texte prévoit donc que la femme qui a accouché soit reconnue de facto mère quand la seconde le serait, par reconnaissance anticipée, devant notaire, de l’enfant faite par les deux femmes au moment du consentement à l’AMP. Cependant, les règles de la filiation demeurent profondément bouleversées. Pourtant, les sénateurs avaient tenté d’atténuer cette disposition, en prévoyant que l’autre femme, qui n’avait pas accouché, puisse procéder à l’adoption de l’enfant.

Au total, ce texte aboutit à une technicisation accrue de la procréation, au détriment de la lutte contre l’infertilité.

En première lecture, l’Assemblée nationale avait voté l’article 2 bis, qui instaurait un plan de lutte contre l’infertilité englobant la prévention et la recherche sur les causes d’infertilité, notamment comportementales et environnementales. Le Sénat l’avait supprimé, mais la Commission spéciale l’a réintroduite.

D’autre part, concernant la Gestation par Autrui (GPA), le Sénat avait introduit des mesures, pour éviter les fraudes à la loi dans la retranscription d’actes de naissance d’enfants nés à l’étranger, mais la Commission est revenue sur ces mesures. Alors qu’il existe un consensus transpartisan pour interdire la GPA, l’urgence est que la France s’engage à agir pour son abolition au niveau international.

  • Vers une instrumentalisation croissante de l’embryon humain (articles 14, 15, 16, 17)

Ce projet de loi dérégule le régime encadrant la recherche sur l’embryon et les cellules souches embryonnaires humaines (CSEh). Il prévoit que la recherche utilisant les CSEh passe d’un régime de demande d’autorisation à celui de simple déclaration.

Tout est fait pour faciliter le travail administratif de quelques chercheurs. On banalise l’instrumentalisation de cellules qui ne sont en rien des cellules comme les autres, et dont le prélèvement conduit à supprimer un embryon. Cette banalisation de l’utilisation des cellules embryonnaires humaines (CSEh), est d’autant plus contestable qu’elles sont susceptibles d’être utilisées dans le cadre de nouvelles recherches transgressives : gamètes artificiels, chimères. Par ailleurs, est supprimée l’exigence d’une absence de recherche alternative. Ce projet de loi ouvre aussi à l’encadrement de la recherche sur les cellules souches adultes reprogrammées (IPS), les soumettant, comme les CSEh, à simple déclaration.

Cinq lignes rouges sont franchies :

  • “Cultiver” l’embryon jusqu’à 14 jours: La commission est revenue au délai de 14 jours alors que le Sénat avait voté une dérogation pour une recherche jusqu’à 21 jours, un stade de développement très avancé, notamment concernant la mise en place du système nerveux. Jusque-là, le délai de 7 jours avait été retenu : cette instrumentalisation accrue de l’embryon risque d’induire de nouvelles formes d’exploitation de l’embryon humain à des fins commerciales.
  • Créer des gamètes artificiels : les députés, comme les sénateurs, ont validé ces manipulations à haut risque à partir de cellules souche embryonnaires, mais aussi à partir de cellules IPS, aboutissant à créer des gamètes à partir de cellules somatiques. La commission spéciale de l’Assemblée a supprimé un garde-fou introduit par le Sénat qui consistait à interdire que ces gamètes soient fécondés, invoquant que c’était redondant avec l’interdiction de créer des embryons pour la recherche. Aujourd’hui limitée à la recherche, la création de gamètes artificiels ouvre dans le futur à des possibilités de bricolages procréatifs insensés.
  • Créer des embryons transgéniques et des embryons chimères: ces expérimentations rejetées par le Sénat ont été réintroduites dans le texte par la commission spéciale. Autoriser la modification génétique des embryons humains (art 17) ouvre à la tentation de passer ensuite à des essais visant à faire naître des enfants génétiquement modifiés. Avec la possibilité d’expérimenter la création d’embryons animaux dans lesquels seraient intégrées des cellules humaines, qu’elles soient embryonnaires (art 14) ou adultes reprogrammées, IPS, (art 15), on brise symboliquement la frontière homme-animal. C’est une rupture anthropologique majeure.
  • Déréguler la recherche à partir des cellules souches embryonnaires.

Le texte demeure inchangé sur les recherches menées dans le cadre de l’assistance médicale à la procréation. Elles peuvent être réalisées sur des gamètes destinés à constituer un embryon ou sur l’embryon conçu in vitro avant ou après son transfert à des fins de gestation.

  • Intensification de la sélection prénatale : articles 19, 20, 21

La Commission spéciale a voté l’autorisation de deux pratiques à forte portée eugénique :

  • Autorisation du DPI-A (art 19 bis). C’est l’élargissement du diagnostic préimplantatoire (DPI) à la recherche d’aneuploïdie (anomalies sur le nombre des chromosomes) dont la trisomie, sur les embryons conçus in vitro. Ce tri des embryons serait ouvert, à titre expérimental, pour 3 ans. Le gouvernement s’y était fermement opposé en première lecture, du temps de Madame Buzyn. Cette question est centrale, puisque cela aboutirait à multiplier le recours à cette pratique (moins de 200 enfants naissent chaque année après DPI) et à accroître l’eugénisme : la sélection d’embryons s’élargirait à des critères non héréditaires, et donc imprévisibles, une porte ouverte vers de nombreux autres tris.
  • Renforcement du bébé médicament (art.19 bis A). Le bébé médicament, que l’on appelle aussi DPI-HLA, a été autorisé, à titre expérimental, en 2004. Cette pratique consiste à effectuer une double sélection d’embryons obtenus par fécondation in vitro : d’une part, pour sélectionner les embryons indemnes de la maladie d’un membre d’une fratrie et, d’autre part, pour choisir parmi ceux-ci les embryons génétiquement compatibles avec lui, afin notamment de greffer les cellules souches de cordon ombilical prélevées sur le nouveau-né à son aîné malade. La constitution de stocks de cellules de sang de cordon, offrant une grande variété de typage, décidée lors de la dernière loi de bioéthique, avait comme objectif notamment d’éviter cette pratique. Hautement controversée au niveau de l’éthique, elle n’est plus pratiquée depuis 2014, raison pour laquelle les députés avaient adopté sa suppression en première lecture. Le Sénat l’avait réintroduite en première lecture et la Commission spéciale, l’aggrave, en autorisant plusieurs tentatives de fécondation in vitro et de tris d’embryons si un embryon HLA compatible n’a pas pu être sélectionné.

Par ailleurs, le texte revu par la commission a confirmé plusieurs mesures prévues dans le texte initial qui intensifient la pression vers toujours plus de sélection prénatale :

  • suppression de la proposition d’un délai de réflexion d’une semaine pour avoir recours à une IMG ;
  • alignement de la clause de conscience des médecins concernant l’IMG à celle de l’IVG qui oblige à référer la patiente à un autre médecin ;
  • délégation de la révision des critères du DPN à des autorités administratives sans contrôle du législateur ;
  • modification des pratiques du diagnostic prénatal, au fil des nouvelles découvertes en génétique.

Avec la possibilité de modifier, « au fil des nouvelles découvertes en génétique », les pratiques du diagnostic prénatal, on s’oriente vers une intensification du passage au crible prénatal. Nos mentalités et notre société risquent de se fermer de plus en plus à l’accueil de la vulnérabilité, qui est aussi le consentement au réel.

 

Conclusion

Les deux assemblées ont refusé les amendements demandant d’inscrire un principe de précaution dans la loi, alors que ce même principe a aujourd’hui valeur constitutionnelle quand il s’agit de l’environnement. L’argumentation de la garde des Sceaux, Nicole Belloubet, devant le Sénat en février dernier était révélatrice :

« le principe de précaution est à la fois un système d’évaluation et la mise en place de mesures proportionnées et provisoires en cas d’atteinte grave et irréversible. Or, en matière de bioéthique, je pense que si nous nous interrogerions à l’infini sur ce qui est une atteinte grave et irréversible, nous aurions ici une difficulté. »

C’est justement ce qui mobilise tous ceux qui alertent sur ce texte et c’est aussi ce qui justifie notre opposition.

Pour aller plus loin

 

  • Communiqués

 

  • Autres décryptages du PJL bioéthique

[CP] PJL Bioéthique :  Arrêtons de faire n’importe quoi !

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Alliance VITA dénonce le passage en force de la loi bioéthique programmé à partir du 27 juillet au mépris du travail parlementaire.

Pour Tugdual Derville, délégué général d’Alliance VITA :

« La programmation, la toute dernière semaine de juillet, du projet de loi bioéthique à l’Assemblée nationale est d’une folle indécence. Le Président de la République trahit les Français, en renonçant à sa promesse d’un débat serein. Il a laissé, en plein remaniement, les manettes de ce débat aux députés les plus transgressifs de sa majorité, dans la logique de sa nomination de Jean-Louis Touraine comme rapporteur du projet de loi.

Résultat, après avoir jeté aux orties les contributions qu’il avait sollicitées au cours des états généraux et des auditions à l’Elysée, il a laissé voter, dans une commission spéciale désertée par ses ministres, de nouvelles dispositions jusqu’alors bloquées par son gouvernement. Comment peut-il en même temps contenter une micro niche électorale au mépris de l’intérêt des plus fragiles et réclamer l’unité de la nation pour aborder une crise sanitaire et économique sans précédent ? »

Les députés ont abouti, en commission spéciale, à un texte comportant de graves transgressions éthiques, votant la dissolution de la maternité par la technique de la FIV à deux mères (ROPA), le tri accru des embryons visant l’exclusion des personnes trisomiques (DPI-A), en plus de la légalisation d’une PMA sans père détournant la médecine et l’argent de la sécurité sociale, et de la création d’embryons chimères homme animal et d’embryons humains transgéniques.

Arrêtons de faire n’importe quoi ! Alliance VITA demande au premier ministre de reporter ce débat et, en tout état de cause, au gouvernement de résister aux quelques députés qui agissent en lobbyistes masqués derrière leur écharpe parlementaire.

Pour aller plus loin 

Bioéthique : que cache la « ROPA » ?

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ropa loi bioéthique
Les députés de la commission spéciale de l’Assemblée nationale ont adopté, en seconde lecture, un amendement du député et rapporteur Jean-Louis Touraine (LREM) sur la légalisation de la ROPA, disposition à laquelle le Gouvernement est opposé.

Il s’agit en réalité d’un sigle (Réception d’ovocyte de la partenaire) inventé de toute pièce par ses promoteurs pour désigner le don d’ovocyte dirigé d’une femme à une autre femme. Cette pratique aboutit, pour l’enfant qui en naît, , non seulement à faire disparaître le père, mais aussi à éclater la maternité entre deux femmes, la donneuse d’ovocytes et la gestatrice, au prix de brouiller encore plus la filiation des enfants.

 

[CP] Remaniement : Alliance VITA appelle à reporter le projet de loi bioéthique

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loi bioethique assemblee nationale

En réaction à l’annonce de la suspension du processus législatif sur le projet de loi bioéthique, Alliance VITA dénonce les graves transgressions ajoutées en 2ème lecture par la Commission spéciale de l’Assemblée nationale.

Les députés les plus transgressifs ont réussi à faire passer, en commission, l’extension du DPI aux anomalies chromosomiques comme la trisomie 21 ainsi que la légalisation de la ROPA, disposition à laquelle le Gouvernement s’était jusqu’ici opposé. Il s’agit en réalité d’un sigle masqué pour désigner le don d’ovocyte dirigé d’une femme à une autre femme. Cette pratique, non contente d’escamoter le père, éclate la maternité entre deux femmes, la donneuse d’ovocytes et la gestatrice, au prix de brouiller encore plus la filiation des enfants

Par ailleurs, avec le soutien du gouvernement, ont été réinstaurées des dispositions controversées comme :

  • la fabrication d’embryons chimères homme-animal par adjonction de cellules souches issues d’embryons humains à des embryons d’animaux ;
  • la légalisation de la fabrication d’embryons transgéniques ;
  • le procédé du bébé médicament qui suppose un double tri des embryons en vue de faire naître un enfant sélectionné pour utiliser ses cellules dans l’objectif de soigner un frère ou une sœur ;
  • le financement par la sécurité sociale d’enfants privés de père sans mobile d’infertilité médicale, avec un bouleversement complet des règles de filiation.

Tugdual Derville, Délégué général de l’association, réagit :

« Nous dénonçons ces dérapages, non contrôlés par l’exécutif, qui détournent les moyens de la médecine et des finances publiques, au mépris de tout principe de précaution, faisant peser sur les générations futures de lourdes conséquences. Le débat bioéthique doit être reporté afin que l’énergie politique soit prioritairement mise en œuvre sur les sujets imposés par cette pandémie, qui n’est pas achevée, et ses lourdes conséquences économiques et sociales, plutôt que de céder aux revendications individualistes. L’enjeu est de vraiment protéger les plus fragiles, à commencer par les personnes âgées, les personnes handicapées et les enfants. »

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Pour aller plus loin :

[su_button url= »https://www.alliancevita.org/2020/02/principales-modifications-adoptees-par-le-senat-en-premiere-lecture/ »]Principales modifications adoptées par le Sénat en 1ère lecture[/su_button]

 

[su_button url= »https://www.alliancevita.org/2020/02/cp-pjl-bioethique-alliance-vita-denonce-le-vote-transgressif-du-senat/ »]Réaction d’Alliance VITA au vote du PJL en 1ère lecture au Sénat[/su_button]

 

[su_button url= »https://www.alliancevita.org/2019/11/pjl-bioethique-decryptage-du-texte-vote-a-lassemblee-nationale/ »]Décryptage du PJL voté en 1ère lecture à l’Assemblée nationale[/su_button]