Les VITA jeunes planchent sur la solidarité intergénérationnelle au Parlement européen

Les VITA jeunes planchent sur la solidarité intergénérationnelle au Parlement européen

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Une délégation de VITA Jeunes a participé, les 1er et 2 juin 2018, à la rencontre des jeunes européens, EYE 2018, organisée par le Parlement européen à Strasbourg où ils ont pu promouvoir les relations intergénérationnelles.
Cet événement, qui a lieu tous les deux ans, rassemble, à Strasbourg, plus de 8 000 jeunes venus de toute l’Europe. Au programme : conférences, tables rondes et groupes de travail sur des sujets choisis par le Parlement.

Cette année, les jeunes de VITA ont animé un atelier de réflexion sur la place du digital comme moyen de rassembler les générations et non les séparer. 40 jeunes de différentes nationalités y ont participé. Le positionnement face au numérique est mesuré : les jeunes ne se leurrent pas sur les potentiels dangers, et restent très attachés aux relations interpersonnelles, ancrées dans la rencontre réelle.

Ils ont également participé, pour l’un d’entre eux, à une table ronde sur ce même thème. Ce fut l’occasion de rappeler, devant l’ensemble des jeunes présents, l’importance du rapport au réel : le digital ne peut suppléer ou remplacer les relations incarnées. Plus que jamais, il apparaît urgent de se mobiliser pour lutter contre l’isolement des générations.

Dans le même élan, VITA Jeunes continuera son travail de terrain pour renforcer les liens intergénérationnels. Bon nombre d’entre eux repartent cet été sur les routes de France pour la nouvelle édition du « VITA Tour » qui avait rencontré un vif succès l’an passé.

Grand âge et autonomie : la feuille de route gouvernementale

Grand âge et autonomie : la feuille de route gouvernementale

Grand âge et autonomie : la feuille de route gouvernementale

 

Dans le contexte de crise dans les EHPAD marqué par différents mouvements sociaux et des rapports alarmants, la ministre des Solidarités et de la Santé, Agnès Buzyn, a présenté, le 30 mai dernier, sa feuille de route pour les personnes âgées en clôture d’une journée de travail menée par la Caisse nationale de solidarité pour l’autonomie (CNSA) et l’Assemblée des départements de France.

En France, 1,5 million de personnes avaient plus de 85 ans en 2017 mais elles seront 4,8 millions en 2050. Se basant sur ces chiffres, la ministre a énoncé un certain nombre de mesures d’urgence visant à améliorer la qualité de vie des personnes âgées et prévenir la perte de l’autonomie.

Parmi celles-ci, des mesures visant à faire de la prévention une priorité, à domicile comme en établissement. Ainsi, 15 millions d’euros en 2018, puis 30 millions à partir de 2019, seront affectés à un plan de prévention en EHPAD piloté par les agences régionales de santé. La Haute Autorité de Santé (HAS) est chargée de conduire des enquêtes de satisfaction dans les EHPAD pour mieux définir les actions prioritaires à mener.

Des mesures seront également mises en place pour répondre aux besoins croissants de soins médicaux.

  • Les EHPAD recevront, de 2019 à 2021, 360 millions d’euros pour recruter du personnel soignant.
  • Dans un souci de réduire les hospitalisations en urgence évitables et sécuriser les prises en charge de nuit, 36 millions d’euros seront dédiés à la généralisation de présence d’infirmiers la nuit d’ici à 2020.
  • Sur la période 2018-2022, l’accès à la télémédecine sera généralisé en EHPAD (40 millions d’euros).
  • 1 000 places d’hébergement temporaire en EHPAD vont être créées à destination des personnes sortant d’une hospitalisation et favoriser leur retour à domicile (15 millions d’euros dès 2019 financés par l’assurance maladie).
  • L’accompagnement à la rénovation des EHPAD (plan de soutien à l’investissement en EHPAD d’au moins 100 millions d’euros par an à partir de 2019)
  • Le renforcement du nombre et des effectifs mobiles de gériatrie (16 millions d’euros d’ici à 2020).

 

D’autres types de mesures sont développés pour favoriser le maintien à domicile en adaptant les lieux de vie et en proposant un plan de soutien aux aidants ou encore pour soutenir les professionnels et améliorer leur qualité de vie au travail.

Si l’effort financier est significatif, les premières mesures annoncées ne répondent que partiellement au défi du vieillissement qui s’annonce, estiment différents acteurs du secteur. De son côté, la FNADEPA pointe le manque d’engagement sur le renforcement de moyens humains, la fidélisation des professionnels et la revalorisation des métiers.

Si l’une des mesures les plus attendues va augmenter le nombre de soignants auprès des résidents, le budget ne permettra pas d’atteindre le ratio de 60 soignants pour 100 résidents préconisé par le rapport des députés Monique Iborra et Caroline Fiat sur la situation dans les EHPAD (mars 2018).

Au-delà de ces annonces présentées comme une première étape, la ministre des Solidarités et de la Santé a déclaré vouloir lancer un débat national associant l’ensemble des acteurs et des citoyens pour réfléchir sur l’adaptation de la société au vieillissement et le financement de la prise en charge de la dépendance. En termes de calendrier, il s’agit d’aboutir à des propositions pour le début de l’année 2019. Insistant sur la nécessité de ne pas en rester à un débat d’ordre purement budgétaire, la ministre fait état de trois blocs de réflexion :

  • Quelles sont nos priorités, le socle de biens et de services qui doivent être à l’avenir accessibles à toutes les personnes âgées pour accompagner le vieillissement et la perte d’autonomie ?
  • Quels sont les scénarios de répartition des contributions de chaque acteur pour assurer un financement pérenne et solidaire de la perte d’autonomie ?
  • Comment faire évoluer la gouvernance nationale et territoriale des politiques publiques du vieillissement et de la perte d’autonomie ?
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PMA/GPA en France : Tugdual Derville, invité de Sud Radio

PMA/GPA en France : Tugdual Derville, invité de Sud Radio

Tugdual Derville, délégué général d’Alliance VITA, était l’invité de Philippe David, dans l’émission « Prenez la parole » sur Sud Radio, le 5 juin 2018, dont le sujet était « PMA en France : faut-il aller plus vite pour légiférer ?« . Il débattait face à Flora Bolter, membre du centre LGBT de Paris.

Quelques verbatim issus de l’émission :

« La PMA est normalement réservée aux couples qui ont un problème d’infertilité médicale. La question de l’infertilité est un défi de santé publique. Les demandes minoritaires de PMA « pour toutes » changent complètement la donne : il y a des revendications sociétales, sans problèmes médicaux. Plus la médecine est performante, plus elle doit être sage et humble dans son usage. »

« Au lieu de faire les bébés sous les couettes, on va avoir des normes de bébés éprouvettes qui sont des normes marchandes, éventuellement étatiques, et très lourdes de conséquences. »

« Il y a une différence entre pallier une infertilité médicalement reconnue et concevoir délibérément un enfant privé de son père. La loi est là pour réguler nos désirs afin que le plus fragile n’en fasse pas les frais. »

« Un enfant confié à l’adoption mérite d’avoir un père et une mère : cela fait partie des fondamentaux de l’écologie humaine. Nous sommes tous nés d’un homme et d’une femme. »

« La science ne cesse de découvrir la puissance, la richesse des interactions entre la mère et l’enfant. Et on va dire à une femme, par contrat de gestation par autrui, « vous n’allez pas vous attacher à lui » ! »

« C’est la politique des petits pas : la loi de bioéthique édicte des digues qui permettent d’en faire sauter d’autres et ces digues s’effondrent, on en crée d’autres et on dérive avec le cadre. Il y a un coup d’arrêt à apporter. »

« Nous souffrons, en France, d’un secret de famille : l’eugénisme. La France a quasiment le record du monde de l’eugénisme anténatal.« 

Débat sur la PMA : Tugdual Derville invité sur ARTE

Débat sur la PMA : Tugdual Derville invité sur ARTE

Tugdual Derville, délégué général d’Alliance VITA, était l’invité d’Elisabeth Quin sur ARTE, le 5 juin 2018 dans l’émission « 28 Minutes », dont le thème était « La PMA pour toutes, fin de la famille traditionnelle ? », alors que le rapport de synthèse des États généraux de la bioéthique, consécutif à des débats organisés de mi-janvier à fin-avril 2018, était rendu public ce mardi 5 juin, et remis à la ministre de la Santé Agnès Buzyn. Il était face à Caroline Mécary, avocate spécialiste du droit de la famille et des personnes LGBT et Jean-François Delfraissy, président du Comité consultatif national d’éthique (CCNE).

Quelques verbatim issus de l’émission :

« C’est un rapport de convictions. Quelles sont les convictions qui s’opposent ?
D’un côté, j’entends l’égalité pour donner accès aux femmes à un système de procréation qui, à mes yeux, escamote le père, de l’autre côté, une revendication d’égalité pour l’enfant. C’est là que se situe le point de crispation. »

« Un enfant né par un système de procréation médicalement assistée a le droit de se voir donner un père et une mère. Père et mère sont deux réalités complémentaires. Le déficit de père est une source de souffrance pour beaucoup d’enfants. »

« Est-ce qu’on va programmer délibérément des enfants privés de pères dans notre pays, la France, pays des droits de l’homme, alors qu’il y a tellement de souffrances et que tant de familles reposent sur des femmes seules ? Quel paradoxe d’ouvrir la procréation à des femmes célibataires alors que bien des femmes souffrent de tout porter toutes seules ! »

« L’enjeu est d’être écouté et entendu dans notre protection des plus fragiles. On peut peut-être se rejoindre là-dessus : le risque d’un basculement vers un nouveau paradigme procréatif, avec une procréation technicisée : livrer son corps et ses gamètes à des spécialistes, est-ce ça que les couples veulent ? L’enjeu majeur de santé publique est l’infertilité. »

A propos de la congélation ovocytaire précoce dite « de précaution » :

« L’enjeu – le Comité d’éthique et d’autres l’ont dit – c’est l’âge de la première naissance, à plus de 30 ans désormais. Les femmes qui viennent se confier à nous dans nos services d’écoute nous disent « J’ai 24 ans, je suis enceinte mais il n’y a que les « vieilles » qui sont enceintes… » (…) Nous avons énormément de témoignages de cet ordre.

L’enjeu, c’est effectivement un enjeu de fertilité. Mais dire aux femmes : « on va régler cet enjeu en vous demandant de donner vos plus précieuses cellules – les ovocytes – avec un prélèvement ovocytaire qui n’est absolument pas rien sur le plan médical, leur proposer, comme l’ont fait de grandes entreprises américaines, qui disent « Vous le faites et comme cela vous aurez une carrière devant vous… » (…) tout cela pour avoir des fécondations in vitro derrière… Franchement ! Est-ce qu’on ne devrait pas plutôt respecter l’écologie de la femme, le cycle féminin, l’écologie de son corps, plutôt que de proposer aux femmes d’avoir des grossesses tardives qui sont dangereuses pour elles, médicalement, qui n’ont rien d’anodin et qui les livrent à la technique… ? Et la FIV ne marche pas dans la moitié des cas. (…)

Tout cela est extrêmement dangereux pour la biologie de la femme et pour l’équilibre de la société. C’est à la société de s’adapter aux femmes qui veulent concilier vie familiale et vie professionnelle ; c’est une question d’écologie humaine et de respect des femmes. Leur proposer des FIV tardives, c’est absolument absurde. Qui a envie de vivre le parcours du combattant de la FIV ? »

[CP] Etats Généraux de la Bioéthique : Mise en garde contre la marchandisation du corps humain

[CP] Etats Généraux de la Bioéthique : Mise en garde contre la marchandisation du corps humain

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Auditionnée par le Comité Consultatif National d’Ethique, l’Académie Nationale de Médecine, le Conseil Economique, Social et Environnemental, et le Conseil d’état, Alliance VITA prend acte de la remise du rapport sur les Etats Généraux de la Bioéthique ce mardi 5 juin.

[su_button url= »https://etatsgenerauxdelabioethique.fr/media/default/0001/01/013928888b8655e9c41fac63a51385185d5860c8.pdf » target= »blank » background= »#FF0066″ color= »#ffffff » size= »4″ center= »yes » icon= »icon: arrow-circle-right » text_shadow= »0px 0px 0px #000000″]Voir le rapport de synthèse du CCNE.[/su_button]

 

Parmi les sujets mis en discussion, celui de l’ouverture de la PMA à des femmes seules ou à des couples de femmes a mobilisé beaucoup d’attention. Pour Alliance VITA, c’est la question de l’infertilité qui devrait constituer une cause nationale de santé publique tant dans le domaine de la prévention que dans celui de la recherche et des véritables traitements thérapeutiques.

Au contraire, l’abandon du critère d’infertilité médicale pour accéder à la Procréation Médicalement Assistée constituerait un basculement inédit vers un marché de la procréation humaine, qu’il soit libéral ou étatisé. De fait, ce marché considère les femmes et les hommes comme des fournisseurs de main-d’œuvre et des producteurs de matière première – ovocytes, sperme, utérus – pour fabriquer l’enfant sur commande, voire sur mesure.

Alliance VITA n’a pu que constater le rapport de convictions qui s’est établi tout au long du processus participatif : de nombreux citoyens ont argumenté dans le sens d’une préservation de la procréation fondée sur la parité homme femmes dans l’engendrement ; une minorité a demandé le changement de la loi sur ce point.

C’est maintenant au pouvoir politique de prendre position. Il serait difficilement compréhensible qu’il ne tienne pas compte de ce qui ressort des Etats Généraux alors que le Président de la République s’est engagé en faveur d’un débat apaisé.

Dans un contexte de technicisation grandissante, Alliance VITA exprime une vision globale de la procréation et met en garde contre un marché de la procréation dont les composantes eugéniques, inégalitaires, voire totalitaires, sont à prendre au sérieux.

L’association prendra des initiatives les jours prochains pour entamer l’information et la mobilisation du public sur ces questions essentielles qui touchent à l’humanité, à son devenir mais aussi au rôle spécifique de la France, attachée à la dignité humaine et à la non marchandisation du corps humain et de ses produits.

Agir pour la VIE avec Alliance VITA

Agir pour la VIE avec Alliance VITA

 

1. Rejoindre une équipe Alliance VITA

Alliance VITA anime un réseau de terrain de plus de 1.000 membres engagés. Ces volontaires se réunissent régulièrement en équipe départementale tout au long de l’année, au moins une fois par mois, et parfois chaque semaine. Ils se forment sur les sujets bioéthiques, représentent localement l’association et déploient ses campagnes de sensibilisation.
Constituées en délégations départementales (78 actuellement), sous la responsabilité d’un délégué, les 156 équipes d’Alliance VITA prennent des initiatives adaptées à la situation de leur département : organisation de conférences et de débats, relation avec les médias locaux, avec des professionnels de santé, etc.
[su_button url= »https://www.alliancevita.org//equipes-locales » target= »blank » background= »#ff0066″ color= »#ffffff » size= »4″ wide= »yes » icon= »icon: arrow-circle-right » text_shadow= »0px 0px 0px #000000″ desc= »Compléter le formulaire en ligne »]Rejoindre une équipe locale VITA[/su_button]
Depuis 2014, des équipes VITA jeunes sont venues renforcer le réseau des volontaires, avec une centaine d’étudiants et jeunes professionnels, entre 18 et 25 ans.
[su_button url= »https://www.alliancevita.org//jeunes » target= »blank » background= »#ff0066″ color= »#ffffff » size= »4″ wide= »yes » icon= »icon: arrow-circle-right » text_shadow= »0px 0px 0px #000000″ desc= »Voir l’espace dédié aux équipes VITA jeunes »]Rejoindre une équipe VITA jeunes[/su_button]


2. Faire un don

Alliance VITA est une association d’intérêt général qui ne vit que de la générosité de ses donateurs. Nous ne percevons aucune subvention ; les dons sont notre seule ressource.
Merci de votre générosité.

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Débat sur l'euthanasie : Tugdual Derville invité de RFI le 27 mai 2018

Tugdual Derville, délégué général d’Alliance VITA, était l’invité de Chantal Lorho sur RFI, le 27 mai, dans l’émission « les Religions du monde » pour débattre du sujet de la fin de vie et de l’euthanasie.

Revoir l’émission

Quelques verbatim issus de l’émission :
« Je pense que c’est une ligne rouge que de passer à l’acte pour un médecin : qui suis-je pour tuer ? qui suis-je pour faire ce geste qui ne correspond pas à la déontologie médicale, qui aussi interdit ce qu’il pourrait arriver après ?« 

« Pour moi, la prévention du suicide ne doit pas avoir d’exception, surtout dans les cas les plus ultimes. On le voit pour la légalisation qui s’est passée en Belgique en 2002, pour des cas extrêmement encadrés au démarrage, on arrive à un total de plus de 15000 euthanasies, on arrive à une loi qui a autorisé l’euthanasie des enfants, sans limite d’âge, et la commission de contrôle n’a jamais, ou presque, porté devant la justice les euthanasies non déclarées.« 

« Il y a des euthanasies clandestines qui se sont développées très fortement, jusqu’à 42% dans certaines régions. On lève les tabous, ça devient très difficile de résister : ce que nous voyons c’est qu’une porte entrouverte est une porte ouverte, et ça glisse ensuite comme on le voit aujourd’hui.

« Il y a un choix truqué qui trompe les Français ; on leur fait croire qu’il faudrait choisir entre et mourir et souffrir, alors que nous avons les moyens [de soulager la souffrance]. C’est un scandale lorsqu’une personne demande la mort car elle souffre, cela veut dire que sa douleur n’est pas bien traitée, que sa souffrance morale, sociale, éventuellement spirituelle, n’est pas bien traitée. On a cette nécessité de se faire solidaires de ceux qui souffrent. »
« [Dans le cadre de] la loi révisée Claeys-Leonetti, à Alliance VITA nous avons été très prudents et réticents face à cette notion d’un droit à la sédation profonde et continue jusqu’au décès ; considérant que la sédation est parfois nécessaire à titre tout à fait exceptionnel, parce qu’elle enlève toute liberté d’échange, de relation ; quand effectivement les souffrances sont réfractaires, il peut être nécessaire, en expliquant bien à la personne, de la sédater afin de la soulager, quand on ne peut vraiment pas faire autrement. Mais nous sommes inquiets si la sédation est utilisée pour déguiser une forme d’euthanasie, et nous l’avons dénoncé. »
« Alliance VITA a proposé un formulaire très pédagogique de directives anticipées, nous croyons que la fin de vie est un sujet extrêmement complexe ; on ne peut pas résoudre cette complexité simplement avec cette notion de sédation, voire de directives anticipées, qui heureusement en France sont contraignantes mais non pas opposables, parce que le patient ne peut pas être un prescripteur ; c’est le médecin qui a la connaissance. »
« À partir du moment où on ouvre la porte à certains types de douleurs ou de souffrances, ce n’est plus la maladie qui tue, mais le médecin, qui transgresse dans une forme de toute-puissance, ça devient extrêmement difficile pour une personne fragile de résister à une pression collective. Des associations, en Belgique, demandent désormais qu’une personne de plus de 75 ans, « fatiguée de vivre », puisse avoir accès à l’euthanasie. On voit bien que de glissement en glissement, ça pousse les personnes vers l’exclusion. »
« Nous avons en France un problème monumental de personnes âgées dans des EHPAD qui sont parfois abandonnées par leurs proches ou par nous tous, avec des difficultés énormes ; quel sens allons-nous pouvoir donner à la vie de ces personnes, si se développe cette culture qui laisse accroire que des personnes, passé un certain âge, ne sont plus vraiment dignes de rester parmi nous ? C’est un grand risque. »
« Une société qui refuse l’euthanasie doit aussi lutter contre l’ euthanasie sociale des personnes âgées, leur exclusion, leur ghettoïsation. On ne peut pas à la fois leur dire « Prenez place dans la société » et ne pas leur donner cette place. Dans nos pays nous trouvons parfois des personnes âgées décédées à domicile plusieurs mois après, ce qui veut dire qu’elles n’étaient plus socialisées, c’est un scandale. C’est un défi, qui doit nous mobiliser pour que nous soyons solidaires de ces personnes, plutôt que de les laisser de côté. »
Le Parlement portugais rejette l’euthanasie

Le Parlement portugais rejette l’euthanasie

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Le Parlement portugais a rejeté la légalisation de l’euthanasie et du suicide assisté le mardi 29 mai 2018.

Quatre propositions de loi étaient présentées au vote, dont l’une émanant du parti majoritaire : le Parti socialiste. Les autres textes étaient présentés par les Verts, l’Extrême gauche (Bloc de gauche) et le Parti des Animaux et de la Nature.

A droite, le parti PSD (centre droit) n’avait pas donné de consignes de vote, tandis que le parti minoritaire de droite s’opposait à ces propositions.

Quant au parti communiste, il s’est déclaré opposé à toute légalisation de l’euthanasie et du suicide assisté. Dans un manifeste, il affirme que le progrès social ne consiste pas, pour la société, à se dégager de ses responsabilités en provoquant la mort de manière anticipée, mais d’ « assurer les conditions d’une vie digne, de mobiliser tous les moyens et possibilités d’ordre social, la science et la technologie pour surmonter la souffrance et la maladie et d’assurer l’inclusion sociale et le soutien de la famille. »

Un récent sondage, commandité par la plateforme Pensar&Debater, révélait que la grande majorité (89%) des personnes interrogées préféraient le développement des soins palliatifs et l’accompagnement, en cas de maladie grave, plutôt que l’euthanasie.

Infertilité féminine : une découverte prometteuse

Infertilité féminine : une découverte prometteuse

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Des chercheurs de l’INSERM (Institut national de la santé et de la recherche médicale) et de l’université de Lille ont récemment découvert la cause du syndrome des ovaires polykystiques ou « SOPK » qui concerne environ une femme sur dix en âge de procréer et qui est l’une des premières causes d’infertilité féminine. 
Ces travaux effectués sur des souris, sont très prometteurs. Une étude publiée dans la revue Nature Medicine montre un lien entre le SOPK et l’exposition prénatale, dans l’utérus, à un facteur de croissance, l’hormone anti-müllérienne (AMH). Or, cette hormone est responsable d’un déséquilibre hormonal dans l’utérus et donc chez les fœtus féminins.
En effet, selon les chercheurs, l’hormone anti-mullërienne semble provoquer une sur-stimulation d’un ensemble de cellules dans le cerveau qui sont directement impliquées dans la gestion des taux de testostérone, ce qui conduit à l’augmentation de cette hormone dans le sang et l’utérus. Les chercheurs ont montré que des souris traitées à l’AMH pendant la gestation donnent naissance à des femelles qui développent les symptômes caractéristiques du SOPK à l’âge adulte : le fœtus féminin affiche alors un taux élevé de testostérone, ce qui perturbe les mécanismes de croissance des follicules ovariens et provoque des dysfonctionnements de l’ovulation qui sont à l’origine d’une infertilité.
Jusqu’à ce jour, il n’y avait aucun traitement préventif ou curatif pour les femmes atteintes de SOPK mais les chercheurs auraient trouvé un moyen de traiter l’affection au moyen d’une molécule qui permettrait de réguler le fonctionnement des cellules du cerveau en question. Il s’agit du cetrorelix, utilisé pour la fécondation in vitro (FIV). Ce traitement a été utilisé avec succès chez des souris souffrant de ce syndrome et pourrait être testé sur des femmes atteintes de SOPK dans un essai scientifique en cours de mise en place.

Sondage : la majorité des Portugais opposée à l’euthanasie

Sondage : la majorité des Portugais opposée à l’euthanasie

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Un sondage sur les soins palliatifs et l’euthanasie a été publié, le 18 mai 2018, sur la plateforme portugaise « Pensar & Debater » révélant qu’ une large majorité de la population préfère le développement des soins palliatifs à la légalisation de l’euthanasie.

Ce sondage a été effectué alors que plusieurs propositions de lois ont été déposées par des partis de gauche ; elles visent la légalisation de l’euthanasie et seront débattues le 29 mai prochain.

Il ressort de cette enquête effectuée par L’Instituto de Marketing Research (IMR) qu’une minorité de la population portugaise serait favorable à l’euthanasie (seulement 7%). 89% des personnes interrogées affichent une préférence pour les soins palliatifs et l’accompagnement en cas de maladie grave.

Les principales craintes exprimées en fin de vie concernent la peur de souffrir (72% des sondés), la crainte d’être un poids pour la famille et pour l’entourage (61%), tandis que 35% redoutent la solitude.

Au-delà de ces peurs, ce sondage a mis en lumière une forte méconnaissance des dispositions légales actuelles. Par exemple, le fait que la loi portugaise interdise l’acharnement thérapeutique et le droit du patient de refuser des soins sont ignorés par 75% des citoyens. Cette opacité révèle les raisons de l’approbation de certains pour l’euthanasie.

Malgré tout, ce sont les dérives entraînées par l’euthanasie qui sont pointées du doigt par 67% de la population. La majorité des Portugais dénoncent des éventuelles pressions sur les patients âgés ou fragilisés (67%), des euthanasies abusives sans le consentement du patient (57%) et pour des raisons financières (53%).

Suicide assisté : le fondateur de Dignitas devant la justice

Suicide assisté : le fondateur de Dignitas devant la justice

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Mise à jour du 1er juin 2018 :

La justice a acquitté, le 1er juin, Ludwig A. Minelli, le Tribunal de district d’Uster ayant estimé que l’avocat zurichois n’avait pas exigé trop d’argent pour ses activités.

L’avocat et fondateur de l’association suisse d’aide au suicide Dignitas, Ludwig A. Minelli, est accusé d’avoir perçu plus d’argent que les coûts effectifs de ses services sur trois cas de suicide assisté.

Vingt ans après la création de l’organisation, M. Minelli, âgé aujourd’hui de 85 ans, a comparu le 18 mai devant le tribunal de district d’Uster (ZH). En 2003, il aurait accepté d’une Allemande de 80 ans un don de 100 000 francs suisse, alors que le coût de son assistance s’élevait à quelques milliers de francs. Puis en 2010, une mère et sa fille auraient chacune payé environ 10 000 francs, soit le double des coûts effectifs, selon l’accusation.

Selon le Code pénal suisse, l’assistance au suicide devient illégale si elle est « poussée par des motifs égoïstes » et punissable de 5 ans de prison. Il s’agit d’un délit poursuivi d’office. Lors de son réquisitoire, le procureur a déclaré que Ludwig A. Minelli use d’une « tactique commerciale non autorisée (…). Les forfaits sont trop élevés et n’ont rien à voir avec les coûts effectifs ». Il a également fait valoir que Dignitas disposait d’un capital de 1,8 million de francs. Par comparaison, Exit, la plus grosse organisation de suicide assisté en Suisse et qui compte plus de membres, dispose de son côté d’un capital de 200 000 francs.

Le procureur requiert en conséquent une peine pécuniaire avec sursis de 360 jours-amende à 180 francs, soit 65 000 francs, ainsi qu’une amende de 7 500 francs.

Par ailleurs, le fondateur de Dignitas se verse un honoraire de 150 000 francs (environ 129 400€) par an, ce qu’il n’estime pas trop généreux. « Tout travail mérite salaire », avance-t-il en se défendant de s’être enrichi.

En novembre 2017, le tribunal avait renvoyé l’acte d’accusation au Ministère public pour modifications, le dossier présentant des lacunes. Le jugement sera rendu ultérieurement. Ce procès, le premier du genre, semble être l’occasion de clarifier des questions de base sur l’assistance au suicide et la hauteur admissible de ses coûts.

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A propos de l’organisation Dignitas

Contrairement à l’association Exit qui ne s’adresse qu’aux Suisses, Dignitas accueille des étrangers. Pour bénéficier des prestations de Dignitas, il faut adhérer auparavant à l’association. Cette dernière fait aussi partie de la Fédération mondiale des associations pour le droit à mourir, dont est membre l’Association pour le droit de mourir dans la dignité (ADMD), principale association française en faveur de l’euthanasie et du suicide assisté.

Avis du CCNE sur les enjeux éthiques du vieillissement

Avis du CCNE sur les enjeux éthiques du vieillissement

Avis du CCNE sur les enjeux éthiques du vieillissement

 

Dans un avis rendu public le 17 mai 2018, le Comité consultatif national d’éthique (CCNE) pointe les enjeux éthiques du vieillissement, spécialement les risques d’exclusion sociale.

Les auteurs de l’avis dénoncent une forme de dénégation collective vis-à-vis des personnes âgées dépendantes qui peut se traduire par une maltraitance, une exclusion sociale et même une ghettoïsation de celles-ci.

Le texte rappelle que le nombre de personnes âgées dépendantes en France, supérieur au million en 2010, est estimé à 1.5 million en 2030. Les personnes vivant en EHPAD dont l’âge moyen est aujourd’hui de 85 ans, se trouvent, dans bon nombre de cas, « mis à l’écart » et « exclus de fait de la société ». Chez les personnes âgées de 75 ans et plus, le taux de suicide est le double de la moyenne nationale (30 pour 100 000 comparé à 14.9).

Le CCNE appelle à une prise de conscience sur la manière dont notre société considère les aînés et pointe également les media qui, selon lui, jouent un rôle de « déformation ou de désinformation » en ne faisant pas état de « la réalité des personnes fragiles ».

Parmi les recommandations formulées par le CCNE, on retrouve des préconisations proches de celles exposées dans des rapports parlementaires récents.

  • Un soutien plus systématique aux proches et aux aidants dans l’accompagnement du vieillissement, condition sine qua non du maintien à domicile.
  • Le développement de nouvelles formes de bénévolat pour matérialiser les solidarités entre ceux qui bénéficient de la santé et ceux qui souffrent de maladie ou de handicap et leurs proches.
  • Le développement de dynamiques intergénérationnelles entre bien portants et personnes malades ou handicapées, entre jeunes et personnes âgées, entre actifs ayant un emploi, personnes sans emploi et retraités…

 

Suite au vote de la loi de l’adaptation de la société au vieillissement entrée en vigueur en janvier 2016, le gouvernement avait installé, en février dernier, une commission pour prévenir la maltraitance chez les personnes âgées ou handicapées.

avis du ccne sur les enjeux éthiques du vieillissement

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« Vous avez dit homophobe ?  » : l'édito de Tugdual Derville sur RCF

« Vous avez dit homophobe ?  » : l'édito de Tugdual Derville sur RCF

matinalercf tugdualderville
Depuis le début de l’année 2018, Tugdual Derville, délégué général d’Alliance VITA, présente chaque vendredi matin un Édito de 3 minutes sur un sujet de bioéthique ou de société, dans l’émission « la Matinale » de RCF. Le 18 mai, le sujet de son édito était « Vous avez dit homophobe ? ».

«  Le jour où débutent les débats parlementaires pour évaluer la loi bioéthique à réviser tombe, statistiques à l’appui, un mot qui soudain tétanise : homophobie ! C’est une officine médiatisée qui le brandit. Son nom, c’est son programme, apparemment incontestable : SOS homophobie. Mais l’homophobie est un concept à tiroirs. Et c’est là que les choses se corsent. (…)  »

[su_button url= »https://rcf.fr/la-matinale/vous-avez-dit-homophobe » target= »blank » background= »#FF0066″ color= »#ffffff » size= »4″ center= »yes » icon= »icon: arrow-circle-right » text_shadow= »0px 0px 0px #000000″]Pour écouter l’émission dans son intégralité, cliquer ici.[/su_button]
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Vous pouvez écouter l’édito de Tugdual Derville en direct sur RCF à 7h55 le vendredi matin ou retrouver tous ses Éditos sur le site de RCF.
 

Finlande : le parlement rejette la légalisation de l’euthanasie

Finlande : le parlement rejette la légalisation de l’euthanasie

finlande

Le 13 mai dernier, les députés finlandais ont rejeté, par 129 voix contre 60, une proposition de légaliser l’euthanasie.

Cette proposition avait été soumise par un député du Rassemblement national suite à une initiative populaire demandant la légalisation de l’euthanasie. Le parlement a soutenu l’avis de la commission des Affaires sociales et de la Santé, défavorable à la légalisation, de créer un groupe de travail pour améliorer les soins palliatifs.

L’euthanasie reste très minoritaire en Europe et n’est légalisée que dans trois pays : les Pays-Bas, la Belgique et le Luxembourg.

Recherche sur l’embryon : Blanche Streb, invitée de RCF

Recherche sur l’embryon : Blanche Streb, invitée de RCF

Blanche Streb, directrice de la formation et de la recherche d’Alliance VITA, était l’invitée de RCF dans l’émission « Le Temps de le Dire » le 14 mai 2018, afin de débattre de la recherche sur l’embryon.

Quelques verbatim issus de l’émission :

« On a pu observer un détricotage permanent jusqu’en 2013 où la recherche sur l’embryon a été autorisée en passant par une niche parlementaire avec vote bloqué. »

« Le marché ne doit pas être ce qui dicte à la bioéthique. La loi de bioéthique doit protéger les plus fragiles contre des tentations d’instrumentalisation. Si l’embryon n’est plus protégé, qui sera protégé dans notre société ? »

« Quels sont les critères pour avoir le droit de vivre aujourd’hui ? Avec les tests qui existent actuellement, peu d’entre nous passeraient entre les mailles du filet : nous sommes tous génétiquement imparfaits. »

« Les recherches sur l’embryon n’ont pas donné de résultat concluant à ce stade alors que la recherche sur le sang de cordon donne des perspectives en thérapeutique. Mettre des gardes-fous éthiques n’empêche pas de promouvoir une recherche qui peut être éthique. »

Irlande : un référendum sur l’avortement sous pression

Irlande : un référendum sur l’avortement sous pression

referendum

L’Irlande organise, le 25 mai prochain, un référendum sur l’avortement.

L’avortement a toujours été illégal en Irlande sur les deux territoires : Irlande du Nord, rattachée au Royaume Uni et Irlande du Sud, état indépendant. Son interdiction a été insérée dans la Constitution en 1983, dans le 8ème amendement qui vise à protéger « le droit à la vie de l’enfant à naître ». Si toute femme ou personne aidant une femme à accéder à l’avortement est passible d’une peine de 14 ans de prison, depuis 2013, l’avortement est possible en cas de risque mortel pour la mère.

Il s’agit du 6ème référendum en 35 ans sur ce sujet. Cette fois le referendum porte sur l’abrogation de l’article 40.3.3, connu comme le 8ème amendement de la constitution. Cet article n’interdit pas l’avortement explicitement : il donne un égal droit à la vie à la mère et à l’enfant qu’elle porte.

Depuis deux semaines, le débat anime le pays opposant les pour et les contre sur fond de fortes pressions internationales. En cas de majorité à l’issue du référendum, le gouvernement entend élaborer un projet de loi pour autoriser l’avortement dans les douze premières semaines de grossesse et au-delà en cas de risque vital pour la mère ou si le fœtus risque de mourir avant la naissance ou peu après.

Le risque évident est que l’idéologie prime sans véritable débat de fond alors que la question cruciale demeure celle de la prévention de l’avortement et l’accompagnement des femmes confrontées à des grossesses inattendues.

PMA : Une clinique espagnole offre de rembourser ses clients sans bébé

PMA : Une clinique espagnole offre de rembourser ses clients sans bébé

contrat

Mi-avril, l’Institut Valencien de l’Infertilité (IVI), un groupe privé de cliniques spécialisées en médecine reproductive, a lancé le programme « IVI Baby », qui s’engage à rembourser les femmes et les couples qui l’auront suivi s’ils ne réussissent pas à avoir d’enfant.

L’objectif affiché est de pouvoir permettre aux clients d’être sereins et de leur garantir d’aboutir à une naissance au bout du parcours de procréation médicalement assistée (PMA). « Avec IVI Baby, vous aurez votre bébé à la maison dans un délai maximum de 24 mois », affiche le site Internet. Néanmoins, avant de pouvoir suivre le programme, différents critères doivent être remplis liés à l’âge de la patiente, son indice de masse corporelle, son parcours de santé…

Selon le docteur Antonio Requena, directeur général médical d’IVI, « la qualité des protocoles médicaux, nos laboratoires avancés et leur technologie de pointe, ainsi que nos professionnels hautement qualifiés nous permettent d’offrir ce programme novateur avec suffisamment de confiance pour garantir la naissance d’un enfant ». Présent dans 13 pays, IVI regroupe plus de 70 cliniques dédiées à la médecine reproductive et se positionne à l’avant-garde des technologies de procréation assistée. 160 000 enfants seraient nés depuis 27 ans via IVI.

[su_box title= »Pour Caroline Roux, délégué générale adjointe d’Alliance VITA et coordinatrice de ses services d’écoute :  » box_color= »#de0498″]« Ce type de société a fait de la procréation un business : « Satisfait ou remboursé », voilà en résumé l’offre commerciale, présentée comme ‘novatrice’. Pourtant il est clair que nous sommes en pleine régression : le vocabulaire marketing de ce commerce de la procréation réduit l’enfant à un objet à acquérir.

Quand Alliance VITA alerte sur les risques de basculement dans le marché de la procréation, ce n’est pas un fantasme. La France a résisté jusqu’à aujourd’hui. Nous nous battons pour que la loi bioéthique qui doit être révisée soit garante de la non marchandisation de la procréation. Ce qui serait réellement novateur, c’est d’engager une politique de recherche sur les causes de l’infertilité pour la prévenir et offrir des traitements de restauration de la fertilité afin de rendre leur autonomie procréative aux couples. »[/su_box]

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Pour aller plus loin : Conférence de presse sur le marché de la procréation

Vincent Lambert : nomination de 3 médecins pour une nouvelle expertise

Vincent Lambert : nomination de 3 médecins pour une nouvelle expertise

medecins

Le tribunal administratif de Châlons-en-Champagne a annoncé, le 3 mai 2018, la nomination d’un collège de trois médecins-experts qui seront chargés d’examiner l’état clinique de Vincent Lambert.

Le 9 avril dernier, le Dr Sanchez, médecin en charge de Vincent Lambert au CHU de Reims, faisait part de sa décision de mettre en œuvre un « arrêt des traitements » en stoppant sa nutrition et son hydratation sous 10 jours. Les parents ont, avant la fin de ce délai, déposé un recours en référé devant le tribunal administratif de Châlons-en-Champagne. Celui-ci a ordonné le 20 avril une expertise, avant de statuer sur les différents aspects du recours des parents.

Les médecins-experts, qui viennent d’être désignés par le président du tribunal administratif, sont qualifiés en neurologie ou en médecine physique et de réadaptation. Ils devront déterminer si l’état de santé de Vincent Lambert a évolué depuis la dernière expertise réalisée en 2014 par le Conseil d’état. « L’ordonnance portant sur la désignation du collège d’experts a été prise » et « les experts doivent déposer leur rapport d’ici un mois », a déclaré le tribunal administratif de Châlons-en-Champagne.

Après l’examen du rapport du collège des médecins, une nouvelle audience du tribunal devra confirmer ou annuler la décision du CHU d’arrêter les traitements.

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Pour revoir les procédures judiciaires concernant Vincent Lambert, cliquer ici.

Procédures judiciaires concernant Vincent Lambert

Procédures judiciaires concernant Vincent Lambert

Procédures judiciaires concernant Vincent Lambert

 

POUR TÉLÉCHARGER LE DOCUMENT DE SYNTHÈSE

« Affaire Vincent Lambert : les procédures judiciaires »  : cliquer ici.

 

Vincent Lambert est décédé le 11 juillet 2019 au CHU de Reims.

Le Dr Sanchez avait annoncé le 2 juillet qu’il mettait à nouveau en œuvre  le protocole d’arrêt de l’alimentation et de l’hydratation de Vincent Lambert, associée à une sédation profonde et continue jusqu’à son décès.

La Cour de cassation avait annulé, le 28 juin, la décision de la Cour d’appel de Paris qui avait demandé le 20 mai au soir à l’État français de « faire respecter les mesures provisoires demandées par le Comité international des droits des personnes handicapées le 3 mai 2019, tendant au maintien de l’alimentation et l’hydratation entérales de M. Vincent Lambert, jusqu’à la décision à venir. »

La décision de la Cour d’appel était intervenue alors que le matin-même du 20 mai, le Dr Sanchez, médecin responsable au CHU de REIMS, avait mis en œuvre le protocole pour arrêter ces soins et mettre Vincent Lambert sous sédation profonde et continue jusqu’au décès.

Le Comité des droits des personnes handicapées (CDPH), organe chargé de veiller à la bonne application de la Convention internationale des droits des personnes handicapées (CIDPH) de l’ONU, a pris le 3 mai une décision de «mesures provisoires» demandant à l’État français de ne pas mettre à exécution la décision d’arrêt d’alimentation et d’hydratation. Cette demande avait été renouvelée le 17 mai, mais l’État français considérait que cette décision n’était pas contraignante.

Le 2 juillet, suite à l’annonce par le Dr Sanchez de la relance du processus en vue du décès de Vincent Lambert, le Comité de l’ONU  a réitéré une 3ème fois en urgence auprès de l’Etat Français sa demande de maintien de l’alimentation et de l’hydratation à titre conservatoire, en rappelant le caractère obligatoire des mesures conservatoires afin de garantir l’effectivité du recours auprès du CDPH.

Voir ci-dessous le détail du déroulement des différentes procédures depuis 2013, ainsi que les nouvelles plaintes au pénal déposées par les parents et par le neveu de Vincent Lambert.

 

A. Procédures en cours, liées aux décisions du Dr Sanchez depuis septembre 2017

 

  • La Cour administrative d’appel de Nancy décide le 16/6/2016, sur l’appel de François Lambert, que le fait de suspendre la procédure initiée par le Dr Simon n’est pas légal, notamment parce que celle-ci ne peut pas être prolongée sans limite. En conséquence, les médecins doivent reprendre la procédure de consultation d’experts pouvant conduire à l’arrêt des soins. Le Conseil d’Etat confirme cette décision le 19 juillet 2017 (voir ci-dessous).
  • Une quatrième procédure collégiale commence fin septembre 2017 à l’initiative du docteur Vincent Sanchez (après les deux premières initiées par le Dr Kariger en 2013-2014, et celle non aboutie du Dr Simon en juillet 2015). Le Dr Sanchez reçoit les différentes parties concernées et tient des réunions de concertation avec des médecins et avec l’équipe médicale de l’hôpital.
  • Conseil d’Etat : le 31 janvier 2018, les juges rejettent le recours des parents de Vincent Lambert qui contestaient le bien-fondé et le déroulement de cette procédure collégiale. Cette décision confirme le jugement du tribunal administratif de Châlons-en-Champagne, qui avait été saisi d’un recours en référé pour interrompre la procédure de consultation.
  • CHU de Reims : le 9 avril 2018, le Dr Sanchez annonce sa décision « d’arrêter les traitements » (nutrition et hydratation) de Vincent Lambert sous 10 jours. Sa mère publie dans le Figaro du 11 avril une lettre ouverte au Président de la République (après un nouveau courrier le 7 juin, elle aura finalement un entretien le 16 juillet avec deux conseillers de l’Élysée). Le 18 avril, le Figaro publie également un appel de 70 professionnels de santé opposés à cette décision.
  • Tribunal administratif de Châlons-en-Champagne : le 20 avril 2018, sur le recours en référé par les parents de Vincent Lambert, les juges ordonnent une nouvelle expertise, confiée à trois médecins, qui devront rendre un rapport dans un délai d’un mois. Le 24 mai, les avocats des parents déposent un recours auprès du même tribunal administratif pour contester la composition de cette équipe d’experts. Ce recours  est rejeté le 6 juin, mais les trois médecins-experts se désistent le 10 juin. Le 2 juillet, les juges ordonnent qu’il sera procédé à une nouvelle « expertise confiée à un collège de médecins désignés par le président du tribunal ». Les trois nouveaux experts sont nommés le 3 juillet, avec mission de déposer leur rapport avant le 31 octobre.
  • Le rapport des experts est remis le 22 novembre 2018. Il considère que « Vincent Lambert est dans une situation d’impotence fonctionnelle totale du fait des lésions encéphaliques irréversibles dont il a été victime en 2008 », confirmant ainsi son état végétatif chronique irréversible. Les experts estiment cependant que « la réponse aux besoins fondamentaux primaires (alimentation, hydratation, émonctoires, prévention cutanée, hygiène de base) ne relève pas pour certains patients en état végétatif avéré, tel que Vincent Lambert, de l’acharnement thérapeutique ou d’une obstination déraisonnable ».

En conséquence, sa condition médicale « n’est pas unique, ne pose pas de difficultés de prise en charge dans notre pays, n’appelle aucune mesure d’urgence. Il existe en France des structures pouvant accueillir jusqu’à sa disparition si le maintien au CHU de Reims s’avérait impossible pour des raisons autres que relevant de la simple technique médicale. »

  • La demande de dépaysement de la procédure : alors que le tribunal administratif de Châlons-en-Champagne devait tenir une audience le 19 décembre, les avocats des parents déposent un recours le 6 décembre pour « cause de suspicion légitime » devant la Cour administrative d’appel de Nancy, afin que l’affaire soit jugée par un autre tribunal. Les avocats dénoncent, notamment, de « graves défauts de procédure du président du tribunal administratif, de la partialité, des préjugements ».

Par une décision du 16 janvier 2019, cette Cour administrative d’appel rejette le dépaysement de la procédure. Les parents ayant fait un recours en cassation de ce jugement devant le Conseil d’État (mais ce recours n’est pas suspensif), ce dernier juge le 25 mars qu’il n’y a « pas lieu de statuer » : « Les conclusions du pourvoi sont sans objet », car entre temps, le tribunal administratif concerné a rendu son jugement sur l’arrêt des traitements (cf ci-dessous).

  • Le tribunal administratif de Châlons-en-Champagne tient une audience le 21 janvier, et sa décision est rendue publique le 31 janvier. Après avoir établi que  » la procédure d’expertise n’a pas été entachée d’irrégularité« , les juges considèrent que « le maintien des soins et traitements constitue une obstination déraisonnable » car ils n’ont pour effet « que le seul maintien artificiel de la vie du patient ». Par ailleurs, ils estiment qu’est établie «la volonté de Vincent Lambert de ne pas être maintenu en vie, dans l’hypothèse où il se trouverait dans l’état qui est le sien depuis dix ans ». Sur ces deux points essentiels, la position du tribunal est donc l’inverse de celle qu’il avait prise en janvier 2014, alors que la situation médicale de Vincent Lambert n’a pas fondamentalement changé. Les avocats des parents annoncent leur intention de faire appel devant le Conseil d’État pour demander un complément d’expertise.
  • Le Conseil d’État, statuant en référé à 3 juges et après avoir examiné l’appel des parents le 29 mars, décide le 24 avril 2019 que « la décision du Dr Sanchez du 9 avril 2018 d’arrêter l’alimentation et l’hydratation artificielles de M. Lambert et d’assortir l’arrêt de ce traitement d’une sédation profonde et continue, ne peut être tenue pour illégale ». Il valide donc l’arrêt du tribunal administratif de Châlons-en-Champagne du 31 janvier. Les parents annoncent aussitôt deux nouveaux recours : l’un devant la Cour européenne des droits de l’homme (CEDH), l’autre auprès du Comité de protection des droits des personnes handicapées (CDPH), organe chargé de veiller à la bonne application de la Convention internationale des droits des personnes handicapées (CIDPH) de l’ONU.
  • La Cour européenne des droits de l’homme (CEDH) refuse le 30 avril « les demandes de mesures provisoires qui lui ont été présentées, à savoir de suspendre l’exécution de l’arrêt du Conseil d’État du 24 avril 2019 et prononcer une interdiction de sortie du territoire de Vincent Lambert ». Elle confirme ainsi implicitement sa position prise en juin 2015 (cf. ci-dessous).
  • Le Comité des droits des personnes handicapées (CDPH) de l’ONU, dans une décision prise le 3 mai, demande l’application de mesures conservatoires pour ne pas interrompre l’alimentation et l’hydratation de Vincent Lambert, avant de pouvoir statuer sur le fond. Le gouvernement français, qui avait six mois pour répondre à cette demande, répond dès le 7 mai qu’il estime ne pas devoir suivre cette demande au motif que les recommandations du CDPH ne sont pas juridiquement contraignantes. Le CDPH renouvelle sa demande le 17 mai.
  • Plusieurs recours en référé sont mis en œuvre par les avocats des parents, suite à l’annonce du Dr Sanchez le 11 mai de mettre sa décision du 9 avril 2018 (c’est à dire le protocole de fin de vie) à exécution la semaine du 20 mai 2019 : auprès du Tribunal administratif de Paris, qui rejette la demande le 15 mai ; auprès du Défenseur des droits, qui s’estime incompétent le 17 mai ; auprès du tribunal de grande instance (TGI) de Paris, qui s’estime également incompétent le 17 mai ; auprès de la CEDH, qui rejette le recours le 20 mai. Les avocats écrivent par ailleurs le 18 mai une lettre ouverte au Président de la République, Emmanuel Macron, pour lui demander d’intervenir : celui-ci répond le 20 mai qu’il ne lui « appartient pas de suspendre une décision qui relève de l’appréciation des médecins (de Vincent Lambert) et qui est en conformité avec nos lois ».
  • La Cour d’appel de Paris, saisie pour « voie de fait » par les parents suite à la décision du TGI de Paris, ordonne le 20 mai à l’État français « de prendre toutes mesures aux fins de faire respecter les mesures provisoires demandées par le Comité international des droits des personnes handicapées le 3 mai 2019 tendant au maintien de l’alimentation et l’hydratation entérales de M. Vincent Lambert, jusqu’à la décision à venir ». Ces soins, interrompus le matin-même par le Dr Sanchez, sont rétablis en conséquence. L’État français dépose un recours contre cette décision auprès de la Cour de cassation le 31 mai.
  • Des procédures au pénal sont initiées suite aux évènements du 20 mai. D’une part, les parents assignent  le 20 mai le CHU de Reims et le docteur Vincent Sanchez, par voie de citation directe devant le tribunal correctionnel de Reims, pour « non assistance à personne en péril » ; l’examen de cette plainte par le tribunal correctionnel de Reims est fixé au 26 novembre 2019. D’autre part, le neveu François Lambert dépose une plainte le 4 juin pour « délit d’atteinte à l’image d’une personne hors d’état de se protéger », suite à la présentation, par les parents, d’une vidéo de leurs fils au cours de l’audience de la Cour d’appel du 20 mai (vidéo accessible ensuite sur certains médias).
  • La Cour de cassation annule, le 28 juin, la décision de la Cour d’appel de Paris du 20 mai 2019, au motif que celle-ci n’était pas compétente pour se prononcer sur ce litige, la voie de fait n’étant pas établie.

 

 

B. Procédures terminées, liées aux précédentes décisions médicales du CHU de Reims depuis 2013

 

1. Décision d’arrêt des traitements prise par le Dr Kariger (2013-2014)

  • CHU de Reims: le 10 avril 2013, selon un processus collégial interne mené par le Dr Kariger et avec l’accord de l’épouse Rachel Lambert, mais sans informer les parents et les frères et sœurs, l’hôpital décide de mettre fin à la vie de Vincent par arrêt de son alimentation et restriction drastique de son hydratation. Le 26 avril 2013, les parents apprennent la nouvelle et s’y opposent catégoriquement, mais l’hôpital refuse de modifier sa décision.
  • Tribunal administratif de Châlons-en-Champagne : le 11 mai 2013, saisi par les parents via une requête de référé-liberté, le juge ordonne que l’alimentation soit immédiatement reprise, la procédure collégiale légale n’ayant pas été respectée. Vincent a survécu, bien que privé de nourriture pendant 31 jours. Dans les mois qui suivent, deux autres recours sont menés, l’un par son épouse devant le juge des référés, l’autre par son neveu François devant le tribunal administratif, mais la justice maintient sa décision.
  • CHU de Reims: au second semestre 2013, le Dr Kariger reprend la procédure collégiale et multiplie les consultations du corps médical et des membres de la famille. Le 11/1/2014, considérant que Vincent Lambert est maintenu dans une situation d’obstination déraisonnable, il prend à nouveau la décision de mettre en œuvre le « protocole de fin de vie » (arrêt alimentation-hydratation) à compter du 13/1/2014.
  • Tribunal administratif de Châlons-en-Champagne : de nouveau saisi en référé par les parents, le tribunal décide le 16/01/2014 de suspendre la décision de l’hôpital.
  • Conseil d’Etat : le 14/02/14, suite au recours en appel déposé par l’épouse de Vincent Lambert et le CHU de Reims, les juges ordonnent une expertise médicale auprès de 3 médecins spécialistes et des « observations écrites » à l’Académie de médecine, au CCNE, au Conseil de l’Ordre des médecins et au député Jean Leonetti (rapporteur de la loi sur la fin de vie de 2005).
  • Conseil d’Etat : le 24/6/2014, les juges statuent sur le fond, au vu des rapports d’experts et des observations remises, et décident que la procédure suivie par l’hôpital de Reims est conforme aux dispositions légales sur « l’arrêt de l’obstination déraisonnable ».
  • CEDH (Cour Européenne des Droits de l’Homme) : ce même 24/6/2014, saisie en urgence par les parents, la Cour ordonne la suspension immédiate de la décision du Conseil d’Etat. L’affaire est examinée sur le fond en « Grande Chambre » : l’audience publique se tient le 7/1/2015, et par un arrêt rendu le 5/6/2015, la Cour valide la décision du Conseil d’Etat, considérant qu’il n’y a pas violation de la convention européenne des droits de l’homme.

 

2. Procédure initiée par le Dr Simon et nomination d’un tuteur (2015-2016)

  • CHU de Reims: le 10/7/2015, l’hôpital annonce qu’il va engager une nouvelle procédure d’arrêt des traitements, sous la direction d’un autre médecin, le Dr Simon (le Dr Kariger ayant démissionné entre-temps). La famille est convoquée à une réunion d’information le 15/7/2015. Mais le 23/7/2015, la direction de l’hôpital dénonce des « pressions extérieures » et affirme que les conditions « de sérénité et de sécurité nécessaires » ne sont pas réunies : elle décide alors de suspendre la procédure médicale et de saisir la justice pour nommer un tuteur.
  • Tribunal d’instance de Reims: le 26/8/2015, le procureur saisit le juge des tutelles pour qu’il nomme un tuteur, envisagé selon toute probabilité en dehors de la famille.
  • Juge des tutelles de Reims: le 10/3/16, ce juge décide de nommer l’épouse Rachel Lambert comme tuteur, et l’UDAF (Union Départementale des Associations Familiales) de la Marne comme subrogé-tuteur.
  • Cour d’appel de Reims: le 8/7/16, suite à l’appel des parents, la Cour confirme la décision du juge des tutelles de nommer Mme Rachel Lambert comme tuteur.
  • Cour de Cassation : le 8/12/2016, le pourvoi en cassation des parents est rejeté et Rachel Lambert est confirmée comme tutrice de son époux.

 

3. Demande de transfert dans un autre établissement (2015-2017)

  • Depuis le début du conflit avec le médecin compétent, qui s’occupe d’un service principalement dédié aux soins palliatifs, les parents de Vincent demandent son transfert dans un établissement spécialisé.
  • Le 10/9/15, les parents de Vincent déposent une assignation du CHU devant le Tribunal de Grande Instance (TGI) de Reims pour obtenir le transfert de leur fils dans un autre établissement mieux adapté à son état, 5 établissements s’étant déclarés disponibles à l’accueillir. Cette procédure a été provisoirement mise de côté à partir du moment où le juge des tutelles a été saisi (cf ci-dessus).
  • Juge des tutelles de Reims : le 20/10/2016, ce juge refuse la demande de transfert réclamée par les parents de Vincent le 12/8/2016, sans même recevoir ceux-ci, et déclare leur demande irrecevable.
  • Cour d’appel de Reims : le 24 /3/2017, suite à l’appel des parents, la Cour infirme partiellement la décision du juge des tutelles en déclarant les parents recevables, mais rejette la demande de transfert. Un pourvoi en cassation est en cours.
  • Cour de cassation : le 15/12/2017, sur le pourvoi des parents, la Cour désavoue la Cour d’appel en considérant que les parents n’étaient pas recevables pour demander ce transfert : seul le tuteur (en l’occurrence son épouse, Rachel Lambert) pouvait saisir le juge des tutelles pour cet « acte grave ».
  • A noter : les parents de Vincent Lambert continuent à demander son transfert vers un établissement spécialisé, dans le cadre de la procédure concernant la décision du Dr Sanchez (cf ci-dessus).

 

4. Procédures initiées par le neveu François Lambert

  • François Lambert: le 9/9/15, il saisit le tribunal administratif de Châlons-en-Champagne avec deux recours. Le premier est en « référé-suspension », pour enjoindre le CHU de Reims « de cesser sous quinzaine l’alimentation et l’hydratation artificielles de Vincent Lambert », en application de la décision prise par le Dr Kariger en janvier 2014. Le second recours est déposé pour « excès de pouvoir » à l’encontre du CHU, afin d’obtenir le même résultat.
  • Tribunal administratif de Châlons-en-Champagne  le 9 octobre 2015, la procédure en référé du neveu François Lambert ayant été rejetée, le tribunal rejette également sur le fond la demande d’arrêt des traitements. Il estime que les médecins sont en droit, « en vertu de leur indépendance professionnelle et morale », de maintenir le patient en vie malgré les décisions de justice précédentes.
  • Cour administrative d’appel de Nancy: le 16/6/2016, sur l’appel de François Lambert, la Cour décide que la suspension de la procédure par le Dr Simon doit donc être annulée, notamment parce qu’elle ne peut pas être prolongée sans limite. En conséquence, les médecins doivent reprendre la procédure de consultation d’experts pouvant conduire à l’arrêt des soins.
  • Conseil d’Etat : saisi à la fois par les parents et par François Lambert, les juges confirment le 19 juillet 2017 l’arrêt rendu par la Cour administrative d’appel de Nancy. Conformément à l’avis du rapporteur public exprimé lors de l’audience du 10 juillet, les pourvois en cassation des parents de Vincent et du neveu François Lambert sont rejetés : l’annulation de la procédure suspendue sans limitation de durée par le Dr Simon est confirmée, et une éventuelle autre procédure devra alors être recommencée depuis le début, le médecin responsable de Vincent n’étant plus le même (entre-temps, le Dr Simon a démissionné du CHU de Reims).

 

 

C. Procédures au pénal initiées par les parents

 

1. Plaintes de 2015-2016

  • Contre le CHU de Reims et plusieurs médecins (dont le Dr Kariger et le Dr Simon) : le 16/7/2015, une plainte est déposée pour « tentative d’assassinat sur personne vulnérable », « maltraitances », « séquestration » et « non-assistance à personne en péril ». Cette démarche étant restée sans réponse, une nouvelle plainte avec constitution de partie civile est déposée fin décembre 2016 et complétée par le « délaissement de personne hors d’état de se protéger ». Cette plainte a été déclarée irrecevable par le juge d’instruction du TGI de Reims, décision confirmée par la Cour d’appel de Reims le 30 novembre 2017, puis par la Cour de cassation le 5 mars 2019.
  • Contre le Dr Kariger spécifiquement : la plainte initiale le vise pour « violation du secret médical » au sujet du livre qu’il a rédigé et fait publier le matin-même de l’audience de la CEDH, en janvier 2015 (cf ci-dessus). Elle semble être restée sans réponse.
  • Contre Rachel Lambert : le 16/7/2015, une autre plainte est déposée pour « fausses attestations », « faux témoignage », « usage de faux », et « tentative d’escroquerie au jugement ». Cette plainte a également été déclarée irrecevable par le juge d’instruction du TGI de Reims, décision confirmée par la Cour d’appel de Reims le 30 novembre 2017, puis par la Cour de cassation le 20 mars 2019.

 

2. Plaintes de mai-juin 2019

  • Voir la fin du paragraphe A sur les plaintes en cours

 

procédures judiciaires concernant vincent lambert

En savoir plus sur l’affaire Vincent Lambert

[CP] François-Xavier Pérès, président d’Alliance VITA pour 4 ans de plus

[CP] François-Xavier Pérès, président d’Alliance VITA pour 4 ans de plus

Au terme d’un processus électoral qui a commencé lors d’un week-end du Conseil VITA les 17 et 18 mars derniers et s’est achevé le dimanche 29 avril par un vote final, François-Xavier Pérès a été réélu président d’Alliance VITA. Il va donc effectuer un second mandat de quatre ans, correspondant à la fin du quinquennat de l’actuel président de la République. François-Xavier Pérès avait été élu président de VITA une première fois en 2014.

Le Conseil VITA compte une centaine de membres ; il est composé des délégués départementaux, des responsables régionaux et des experts de VITA auxquels s’adjoignent les membres de l’équipe de permanents de l’association, dont le délégué général est Tugdual Derville.

François-Xavier Pérès, 37 ans, a rejoint l’équipe VITA de Montauban (82) en 2010. En 2012, il accepte la responsabilité de délégué de Loire-Atlantique, à l’occasion d’une mutation dans ce département. Marié, père de 3 enfants, il exerce son activité professionnelle de ressources humaines dans le domaine de la gestion des risques.

En conclusion de l’Université de la vie 2018 d’Alliance VITA, qui a rassemblé 7300 personnes en visioconférence dans 140 salles, François-Xavier Pérès avait déclaré : « Il n’y a pas de bonne raison de s’exclure de l’engagement en faveur de la vie et de la dignité de l’homme. Cet engagement n’est pas réservé aux partis politiques, aux comités d’éthique ou encore aux soignants. Nous sommes tous concernés, là où nous vivons et travaillons… Partout, c’est une question de justice et d’humanité. »

Avis du CCNE sur les enjeux éthiques du vieillissement

Dépendance : le CESE appelle à un grand débat public

Dépendance : le CESE appelle à un grand débat public

 

Le Conseil économique, social et environnemental (CESE) a appelé le gouvernement à lancer un grand débat public sur la dépendance, dans un avis remis à la ministre de la Santé, Agnès Buzyn, le 24 avril.

Le CESE s’est auto-saisi de la question du vieillissement et de la dépendance, en pleine crise sur le personnel des maisons de retraite, qui a abouti au vote d’un avis, intitulé « Vieillir dans la dignité », assorti de quinze recommandations lors de son assemblée plénière du 24 avril. Alors que les personnels des EHPAD sont en grande souffrance à cause du manque d’effectif et de conditions de travail dégradées, le CESE reprend notamment la recommandation-phare d’une mission parlementaire qui est de doubler les effectifs d’aides-soignants et infirmiers d’ici quatre ans.

L’offre d’hébergement et de services pour personnes âgées « n’est pas adaptée aux besoins et aux attentes », souligne ce rapport. Il convient « d’ouvrir sans tarder un large débat public sur les sources de financement de la prise en charge collective de la perte d’autonomie », estime le CESE parmi 15 recommandations de cet avis. Le CESE recommande également de réunir l’ensemble des acteurs du secteur pour « déterminer les grands principes d’un financement solvable et pérenne des services d’aide à domicile ».

Il suggère de réaliser des études pour mieux cerner « les disparités sociales et territoriales dans les plans d’aide » octroyés par les départements, afin de rapprocher les niveaux de l’Allocation personnalisée d’autonomie (APA).

Enfin, l’avis met l’accent sur la nécessité de la prévention de la perte d’autonomie, « tout au long de la vie » et « notamment au travail » afin de « limiter ou de retarder les effets liés au vieillissement ». Le CESE recommande également de « lever très rapidement » les obstacles à l’utilisation des dispositifs de répit créés pour les aidants. Le rapport insiste également sur le maintien du lien social et la lutte contre l’isolement.

L’ensemble des préconisations contribue positivement à la large réflexion entreprise depuis plusieurs mois en France sur la prise en charge du vieillissement. En revanche, cette position du CESE est fragilisée par un récent avis sur la fin de vie, hautement controversé, qui préconisait de légaliser l’euthanasie, en l’assimilant à un soin.

En effet, comme le soulignait Tugdual Derville, délégué général d’Alliance VITA* : « Il y a aujourd’hui des personnes âgées qui sont en marge de la société ; quelle tentation pour nous de considérer que leur vie ne vaut pas la peine d’être vécue !

Lorsqu’elles entrent dans un processus de glissement, quelle tentation d’utiliser des moyens pour qu’enfin elles puissent être « débarrassées » de cette vie qui leur pèserait trop ! C’est un énorme risque ! C’est dans les moments les plus difficiles que le fait de savoir qu’on ne passera pas à l’acte nous oblige à une solidarité beaucoup plus inventive que celle de procédés expéditifs. »

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* Extrait du discours prononcé lors de la Table ronde sur la fin de vie organisée par la Commission des Affaires sociales de l’Assemblée nationale, le 18 avril 2018

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